Livre III - Chapitre 32
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26 | Chapitre 27 | Chapitre 28 | Chapitre 29 | Chapitre 30 | Chapitre 31 | Chapitre 32 | Chapitre 33






§Ambaſſade tranſmyſe au roy pepin.
[5180]§Reſte coucher lambaſſade tranſmyſe. Au roy pepin / aueq preſentz de miſe. Par lempereur conſtantin / Et auſſi. De ſes haultz faictz / dont rendit en ſoucy. Nation mainte a ſon voulloir ſubmyſe.
§Chapitre xxxiie[5185]PEpin eſtant en france De retour. Apꝛes monſtrer vng ſi hōneſte tour. Au pere ſainct / de cueur conſtant et noble. Loꝛs conſtantin qui de conſtantinoble. Tenoit lempire / enuoya gentz eſleuz. [5190]Ambaſſadeurs / gꝛaues / bien reſoluz. De bon ſcauoir / et facon moderee. Pour amytie rendꝛe confederee. Entre leurs cueurs qui arriuez a poꝛt. Dheureux ſalut en faiſant leur rappoꝛt. [5195]Offrirent dons goꝛgyas a merueilles. Riches ioyaulx et bagues nōpareilles.
§Preſentz offers a pepin. Entre aultres dons / oꝛgues faictes de art gent. Tous les tuyaulx / doꝛ fin / et pur argent. Furent pour vng chef dœuure pꝛeſentees. [5200]Le ioyeulx ſon plaiſant melodieux. Doulx attrayant : et tresarmonieux Vne doulceur rendit telle a louye. Que onques nauoit eſte pareille ouye. Et de la vint que au plaiſir perceuoir. [5205]Feyt le pꝛeſent de bon gꝛe receuoir. §Du traictement / feſtin et bonne chere. Qui leur fut faicte / a liberalle enchere. A entendeurs de bon ſens et credit. Cela ſentend aſſez ſans eſtre dit. [5210]Auſſi neſt ia gꝛand beſoing que ie cauſe. Foꝛt longuement en recitant la cauſe. Qui lempereur incita de mander. Telle ambaſſade / et amour demander. A ce pepin / ie croy la renommee. [5215]Bꝛuyt et bon nom de ſa vie extimee. Dont meritoit loz de perfection. Deurent cauſer ſa bonne affection.
§Bataille contre les saxons §fo vixxxiii. Suffiſe aſſez que la plume en reuelle. Comme lhiſtoire en rappoꝛte nouuelle [5220]Taſſille duc de bauyere / en puiſſant. Et gꝛos eſtat / treshumble obeyſſant. A ce bon roy / offrit de foy loyalle. Voulloir ſeruir ſa mageſte royalle §La pluſieurs dons excellentz et parfaictz. [5225]Furent de lune / et de laultre part faictz Apꝛes cela / de ſoꝛte que on embouche. Son bien ueillant / le renuoya en bouche. Dhomme content / loꝛs les saxons rebelles Daygꝛeur fondee / en diffamez libelles. [5230]Se miſrent ſus / monſtrantz fierte de cueur. Pour le gꝛeuer / à quoy le belliqueur. Tant et ſi foꝛt chargea ſur eulx que arriere. Les repouſſa / et leur donna carriere. Si fut l oſt deulx / ceſte charge poꝛtant. [5235]Bien et adꝛoict / au choc / mais nōpourtant. Que a reſiſter / eſſayaſt ſe deffendꝛe. Si ſceut pepin / leur foꝛce rompꝛe et fendꝛe. Et tant y eut / de occiz / au bacculer. Quilz furent tous contrainctz de reculer.
§Pepin rend saxons tributaires. [5240]A ce moyen / eurent dꝛogue conficte. Quen guerre on dict / bataille deſconficte. De telz cyꝛops ſe font les recipez. Dont coꝛps humains / par moꝛt anticipez. Le qui pꝛo quo poꝛtent dapothiquaires. [5245]§Pepin rendant les saxons tributaires. Non ſans labeurs / peynes et lourdz trauaulx. Furent contentz rendꝛe troys centz cheuaulx. Par chacun an dedans ſon eſcuyꝛie. Voyantz ſur eulx vne telle tuerye. [5250]Feyꝛent contract iamais ne foꝛuoyer. De iceulx cheuaulx / le tribut enuoyer Durantz les iours du parlement publique. §Oꝛ puis que icy le pꝛopoz ſe y applique. De parlement conuient parlementer. [5255]Pour le bon bꝛuyt de ſon nom augmenter. Mais pour autant que on entend et ſcet q̄lles. Chambꝛes contient / quelles ſont leurs ſeq̄lles. Quelz pꝛeſidentz / quelz conſeillers auſſi. Nombꝛez vng cent ia neſt beſoing icy. [5260]En deſchiffrer la ſourſe pꝛimeraine. Sinon que ceſt vne court ſouueraine.
§Du parlement de paris fo vixxxiiii Par tout nommee eſtre la court des cours Qui en tout temps faict les iours longs des courtz Et la raiſon ay ſouuent bien ouye. [5265]Du mot commun / a qui attend ennuye §Ô le gꝛand bien que feyſſent telles gentz Si quelque peu fuſſent plus diligentz. Dexpedier les pꝛocez que on intente. Car ſans mentir / trop longue en eſt lattente. [5270]Ceſt gꝛand pitie douyꝛ les attendantz. Faiſantz regꝛetz / dont il y a tant de ans. Quilz ſont apꝛes / souuent ſi longue ſuytte Cauſe pluſieurs / mourir a la pourſuytte. Soliciteurs en ce royal manoir. [5275]Voyt on courir ſur paue blanc et noyꝛ Soirs et matins pour pꝛeſenter requeſtes. A pꝛeſidentz et ſeigneurs des enqueſtes. Genoulx flechiz de main de bouche et de yeulx. Les vont ainſi adoꝛant comme dieux. [5280]Leur hault ſcauoir / gꝛand ſens / lāgue hebꝛaiq̄. Gꝛecque / latine et vertuz heroyque. Au vif ſemblant des ſenateurs romains. Font q̄ apꝛes eulx courent et courrōt maintz.
§Louanges des bons conſeillers. Telz hommes ſont dꝛoictz cōme ioncz ou cyerges [5285]Patrons dhonneur / de iuſtice concierges. Pilliers de paix / arches de verite. Qui ſans faueur / heyne ou ſeuerite. Font leur renom luyꝛe comme en verriere. Luyt le ſoleil / et nont huys de derriere. [5290]§Le dꝛoict garde / par leurs fermes arreſtz. Iugent deſpendz dommaiges intereſtz. Myſes et couſtz a aulcuns bien pꝛopices. Aux aultres mal Car trop y a deſpices. Ceſt incident / mais tous pꝛoces hoꝛs mys. [5295]Bien heureux eſt qui na plait nennemys. Qui a repoz deſperit vie affecte. Achepte paix / touſiours / et maiſon faicte.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[5180]§Reste coucher l'ambassade transmyse Au roy PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, aveq presentz de mise Par l'empereur ConstantinConstantin V (718 — 775) Empereur byzantin de 741 à 775 ; et aussi De ses haultz faictz, dont rendit en soucy Natïon mainte à son voulloir submyse.
§Chapitre xxxiie[5185]PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
estant en France de retour, Aprés monstrer ung si honneste tour Au pere sainct, de cueur constant et noble, Lors ConstantinConstantin V (718 — 775) Empereur byzantin de 741 à 775 qui de Constantinoble Tenoit l'empire, envoya gentz esleuz [5190]Ambassadeurs, graves, bien resoluz, De bon sçavoir et façon moderee, Pour amytié rendre confederee Entre leurs cueurs, qui, arrivez à port D'heureux salut, en faisant leur rapport, [5195]Offrirent dons gorgyas à merveilles, Riches joyaulx et bagues non pareilles.
§Presentz offers à PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
Entre aultres dons, orgues faictes de art gent, Tous les tuyaulx d'or fin et pur argent, Furent pour ung chef d'œuvre presentees. [5200]Le joyeulx son plaisant, melodïeux, Doulx, attrayant et trés armonïeux. Une doulceur rendit telle à l'ouÿe Que onques n'avoit esté pareille ouÿe. Et de là vint que au plaisir percevoir [5205]Feyt le present de bon gré recevoir. §Du traictement, festin et bonne chere Qui leur fut faicte à liberalle enchere, À entendeurs de bon sens et credit, Cela s'entend assez sans estre dit. [5210]Aussi n'est ja grand besoing que je cause Fort longuement en recitant la cause Qui l'empereur incita de mander Telle ambassade, et amour demander À ce PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
; je croy la renommee, [5215]Bruyt et bon nom de sa vie extimee, Dont meritoit loz de perfectïon, Deurent causer sa bonne affectïon.
§Bataille contre les Saxons Suffise assez que la plume en revelle Comme l'histoire en rapporte nouvelle. [5220]TassilleTassilon III (circa 741 — circa 798) Duc de Bavière, duc de Bavyere, en puissant Et gros estat, trés humble obeyssant À ce bon roy, offrit, de foy loyalle, Voulloir servir sa magesté royalle. §Là, plusieurs dons excellentz et parfaictz [5225]Furent de l'une et de l'aultre part faictz. Aprés cela, de sorte que on embouche Son bienveillant, le renvoya en bouche D'homme content. Lors, les Saxons rebelles, D'aygreur fondee en diffamez libelles, [5230]Se misrent sus, monstrantz fierté de cueur, Pour le grever. À quoy le belliqueur Tant et si fort chargea sur eulx, que arriere Les repoussa et leur donna carriere. Si fut l' ost d'eulx ceste charge portant, [5235]Bien et adroict au choc; mais non pourtant Que à resister essayast se deffendre, Si sceut PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
leur force rompre et fendre, Et tant y eut de occiz au bacculer, Qu'ilz furent tous contrainctz de reculer.
§PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
rend Saxons tributaires [5240]À ce moyen eurent drogue conficte, Qu'en guerre on dict : bataille desconficte. De telz cyrops se font les recipez Dont corps humains, par mort anticipez, Le qui pro quo portent d'apothiquaires. [5245]§PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, rendant les Saxons tributaires, Non sans labeurs, peynes et lourdz travaulx, Furent contentz rendre troys centz chevaulx, Par chacun an, dedans son escuyrie. Voyantz sur eulx une telle tuerye, [5250]Feyrent contract jamais ne forvoyer, De iceulx chevaulx, le tribut envoyer Durantz les jours du parlement publique. §Or puisque icy le propoz se y applique, De parlement convient parlementer, [5255]Pour le bon bruyt de son nom augmenter. Mais pour autant que on entend et scet quelles Chambres contient, quelles sont leurs sequelles, Quelz presidentz, quelz conseillers aussi, Nombrez ung cent ja n'est besoing icy [5260]En deschiffrer la sourse primeraine, Sinon que c'est une court souveraine,
§Du parlement de Paris Par tout nommee estre la court des cours, Qui en tout temps faict les jours longs des courtz, Et la raison ay souvent bien ouÿe [5265]Du mot commun : à qui attend ennuye1. §Ô le grand bien que feyssent telles gentz Si quelque peu fussent plus diligentz D'expedier les procez que on intente ! Car sans mentir, trop longue en est l'attente. [5270]C'est grand pitié d'ouÿr les attendantz Faisantz regretz, dont il y a tant de ans Qu'ilz sont aprés ! Souvent, si longue suytte Cause plusieurs mourir à la poursuytte. Soliciteurs, en ce royal manoir, [5275]Voyt on courir sur pavé blanc et noyr, Soirs et matins, pour presenter requestes À presidentz et seigneurs des enquestes, Genoulx flechiz, de main, de bouche et de yeulx, Les vont ainsi adorant, comme dieux ! [5280]Leur hault sçavoir, grand sens, langue hebraïque, Grecque, latine et vertuz heroÿque, Au vif semblant des senateurs romains, Font que aprés eulx courent et courront maintz.
§Louanges des bons conseillers Telz hommes sont droictz comme joncz ou cyerges, [5285]Patrons d'honneur, de justice concierges, Pilliers de paix, arches de verité, Qui sans faveur, heyne ou severité, Font leur renom luyre, comme en verriere Luyt le soleil et n'ont huys de derriere. [5290]§Le droict garde, par leurs fermes arrestz, Jugent despendz, dommaiges, interestz, Myses et coustz, à aulcuns bien propices, Aux aultres mal, car trop y a d'espices. C'est incident. Mais tous procés hors mys, [5295]Bien heureux est qui n'a plait n'ennemys, Qui à repoz d'esperit vie affecte, Achepte paix, tousjours, et maison faicte.
Note n°1
Selon le DMF, le
proverbe se trouve dès le Jugement du Roy de Navarre
de Guillaume de Machaut (1349) ; on en trouve trace jusqu'à la fin
du XVIIe siècle, dans la première
édition du Dictionnaire de l'Académie (1694), puis il
disparaît ensuite.
Travail en cours






§Ambaſſade tranſmyſe au roy pepin.
[5180]§Reſte coucher lambaſſade tranſmyſe. Au roy pepin / aueq preſentz de miſe. Par lempereur conſtantin / Et auſſi. De ſes haultz faictz / dont rendit en ſoucy. Nation mainte a ſon voulloir ſubmyſe.
§Chapitre xxxiie[5185]PEpin eſtant en france De retour. Apꝛes monſtrer vng ſi hōneſte tour. Au pere ſainct / de cueur conſtant et noble. Loꝛs conſtantin qui de conſtantinoble. Tenoit lempire / enuoya gentz eſleuz. [5190]Ambaſſadeurs / gꝛaues / bien reſoluz. De bon ſcauoir / et facon moderee. Pour amytie rendꝛe confederee. Entre leurs cueurs qui arriuez a poꝛt. Dheureux ſalut en faiſant leur rappoꝛt. [5195]Offrirent dons goꝛgyas a merueilles. Riches ioyaulx et bagues nōpareilles.
§Preſentz offers a pepin. Entre aultres dons / oꝛgues faictes de art gent. Tous les tuyaulx / doꝛ fin / et pur argent. Furent pour vng chef dœuure pꝛeſentees. [5200]Le ioyeulx ſon plaiſant melodieux. Doulx attrayant : et tresarmonieux Vne doulceur rendit telle a louye. Que onques nauoit eſte pareille ouye. Et de la vint que au plaiſir perceuoir. [5205]Feyt le pꝛeſent de bon gꝛe receuoir. §Du traictement / feſtin et bonne chere. Qui leur fut faicte / a liberalle enchere. A entendeurs de bon ſens et credit. Cela ſentend aſſez ſans eſtre dit. [5210]Auſſi neſt ia gꝛand beſoing que ie cauſe. Foꝛt longuement en recitant la cauſe. Qui lempereur incita de mander. Telle ambaſſade / et amour demander. A ce pepin / ie croy la renommee. [5215]Bꝛuyt et bon nom de ſa vie extimee. Dont meritoit loz de perfection. Deurent cauſer ſa bonne affection.
§Bataille contre les saxons §fo vixxxiii. Suffiſe aſſez que la plume en reuelle. Comme lhiſtoire en rappoꝛte nouuelle [5220]Taſſille duc de bauyere / en puiſſant. Et gꝛos eſtat / treshumble obeyſſant. A ce bon roy / offrit de foy loyalle. Voulloir ſeruir ſa mageſte royalle §La pluſieurs dons excellentz et parfaictz. [5225]Furent de lune / et de laultre part faictz Apꝛes cela / de ſoꝛte que on embouche. Son bien ueillant / le renuoya en bouche. Dhomme content / loꝛs les saxons rebelles Daygꝛeur fondee / en diffamez libelles. [5230]Se miſrent ſus / monſtrantz fierte de cueur. Pour le gꝛeuer / à quoy le belliqueur. Tant et ſi foꝛt chargea ſur eulx que arriere. Les repouſſa / et leur donna carriere. Si fut l oſt deulx / ceſte charge poꝛtant. [5235]Bien et adꝛoict / au choc / mais nōpourtant. Que a reſiſter / eſſayaſt ſe deffendꝛe. Si ſceut pepin / leur foꝛce rompꝛe et fendꝛe. Et tant y eut / de occiz / au bacculer. Quilz furent tous contrainctz de reculer.
§Pepin rend saxons tributaires. [5240]A ce moyen / eurent dꝛogue conficte. Quen guerre on dict / bataille deſconficte. De telz cyꝛops ſe font les recipez. Dont coꝛps humains / par moꝛt anticipez. Le qui pꝛo quo poꝛtent dapothiquaires. [5245]§Pepin rendant les saxons tributaires. Non ſans labeurs / peynes et lourdz trauaulx. Furent contentz rendꝛe troys centz cheuaulx. Par chacun an dedans ſon eſcuyꝛie. Voyantz ſur eulx vne telle tuerye. [5250]Feyꝛent contract iamais ne foꝛuoyer. De iceulx cheuaulx / le tribut enuoyer Durantz les iours du parlement publique. §Oꝛ puis que icy le pꝛopoz ſe y applique. De parlement conuient parlementer. [5255]Pour le bon bꝛuyt de ſon nom augmenter. Mais pour autant que on entend et ſcet q̄lles. Chambꝛes contient / quelles ſont leurs ſeq̄lles. Quelz pꝛeſidentz / quelz conſeillers auſſi. Nombꝛez vng cent ia neſt beſoing icy. [5260]En deſchiffrer la ſourſe pꝛimeraine. Sinon que ceſt vne court ſouueraine.
§Du parlement de paris fo vixxxiiii Par tout nommee eſtre la court des cours Qui en tout temps faict les iours longs des courtz Et la raiſon ay ſouuent bien ouye. [5265]Du mot commun / a qui attend ennuye §Ô le gꝛand bien que feyſſent telles gentz Si quelque peu fuſſent plus diligentz. Dexpedier les pꝛocez que on intente. Car ſans mentir / trop longue en eſt lattente. [5270]Ceſt gꝛand pitie douyꝛ les attendantz. Faiſantz regꝛetz / dont il y a tant de ans. Quilz ſont apꝛes / souuent ſi longue ſuytte Cauſe pluſieurs / mourir a la pourſuytte. Soliciteurs en ce royal manoir. [5275]Voyt on courir ſur paue blanc et noyꝛ Soirs et matins pour pꝛeſenter requeſtes. A pꝛeſidentz et ſeigneurs des enqueſtes. Genoulx flechiz de main de bouche et de yeulx. Les vont ainſi adoꝛant comme dieux. [5280]Leur hault ſcauoir / gꝛand ſens / lāgue hebꝛaiq̄. Gꝛecque / latine et vertuz heroyque. Au vif ſemblant des ſenateurs romains. Font q̄ apꝛes eulx courent et courrōt maintz.
§Louanges des bons conſeillers. Telz hommes ſont dꝛoictz cōme ioncz ou cyerges [5285]Patrons dhonneur / de iuſtice concierges. Pilliers de paix / arches de verite. Qui ſans faueur / heyne ou ſeuerite. Font leur renom luyꝛe comme en verriere. Luyt le ſoleil / et nont huys de derriere. [5290]§Le dꝛoict garde / par leurs fermes arreſtz. Iugent deſpendz dommaiges intereſtz. Myſes et couſtz a aulcuns bien pꝛopices. Aux aultres mal Car trop y a deſpices. Ceſt incident / mais tous pꝛoces hoꝛs mys. [5295]Bien heureux eſt qui na plait nennemys. Qui a repoz deſperit vie affecte. Achepte paix / touſiours / et maiſon faicte.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[5180]§Reste coucher l'ambassade transmyse Au roy PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, aveq presentz de mise Par l'empereur ConstantinConstantin V (718 — 775) Empereur byzantin de 741 à 775 ; et aussi De ses haultz faictz, dont rendit en soucy Natïon mainte à son voulloir submyse.
§Chapitre xxxiie[5185]PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
estant en France de retour, Aprés monstrer ung si honneste tour Au pere sainct, de cueur constant et noble, Lors ConstantinConstantin V (718 — 775) Empereur byzantin de 741 à 775 qui de Constantinoble Tenoit l'empire, envoya gentz esleuz [5190]Ambassadeurs, graves, bien resoluz, De bon sçavoir et façon moderee, Pour amytié rendre confederee Entre leurs cueurs, qui, arrivez à port D'heureux salut, en faisant leur rapport, [5195]Offrirent dons gorgyas à merveilles, Riches joyaulx et bagues non pareilles.
§Presentz offers à PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
Entre aultres dons, orgues faictes de art gent, Tous les tuyaulx d'or fin et pur argent, Furent pour ung chef d'œuvre presentees. [5200]Le joyeulx son plaisant, melodïeux, Doulx, attrayant et trés armonïeux. Une doulceur rendit telle à l'ouÿe Que onques n'avoit esté pareille ouÿe. Et de là vint que au plaisir percevoir [5205]Feyt le present de bon gré recevoir. §Du traictement, festin et bonne chere Qui leur fut faicte à liberalle enchere, À entendeurs de bon sens et credit, Cela s'entend assez sans estre dit. [5210]Aussi n'est ja grand besoing que je cause Fort longuement en recitant la cause Qui l'empereur incita de mander Telle ambassade, et amour demander À ce PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
; je croy la renommee, [5215]Bruyt et bon nom de sa vie extimee, Dont meritoit loz de perfectïon, Deurent causer sa bonne affectïon.
§Bataille contre les Saxons Suffise assez que la plume en revelle Comme l'histoire en rapporte nouvelle. [5220]TassilleTassilon III (circa 741 — circa 798) Duc de Bavière, duc de Bavyere, en puissant Et gros estat, trés humble obeyssant À ce bon roy, offrit, de foy loyalle, Voulloir servir sa magesté royalle. §Là, plusieurs dons excellentz et parfaictz [5225]Furent de l'une et de l'aultre part faictz. Aprés cela, de sorte que on embouche Son bienveillant, le renvoya en bouche D'homme content. Lors, les Saxons rebelles, D'aygreur fondee en diffamez libelles, [5230]Se misrent sus, monstrantz fierté de cueur, Pour le grever. À quoy le belliqueur Tant et si fort chargea sur eulx, que arriere Les repoussa et leur donna carriere. Si fut l' ost d'eulx ceste charge portant, [5235]Bien et adroict au choc; mais non pourtant Que à resister essayast se deffendre, Si sceut PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
leur force rompre et fendre, Et tant y eut de occiz au bacculer, Qu'ilz furent tous contrainctz de reculer.
§PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
rend Saxons tributaires [5240]À ce moyen eurent drogue conficte, Qu'en guerre on dict : bataille desconficte. De telz cyrops se font les recipez Dont corps humains, par mort anticipez, Le qui pro quo portent d'apothiquaires. [5245]§PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, rendant les Saxons tributaires, Non sans labeurs, peynes et lourdz travaulx, Furent contentz rendre troys centz chevaulx, Par chacun an, dedans son escuyrie. Voyantz sur eulx une telle tuerye, [5250]Feyrent contract jamais ne forvoyer, De iceulx chevaulx, le tribut envoyer Durantz les jours du parlement publique. §Or puisque icy le propoz se y applique, De parlement convient parlementer, [5255]Pour le bon bruyt de son nom augmenter. Mais pour autant que on entend et scet quelles Chambres contient, quelles sont leurs sequelles, Quelz presidentz, quelz conseillers aussi, Nombrez ung cent ja n'est besoing icy [5260]En deschiffrer la sourse primeraine, Sinon que c'est une court souveraine,
§Du parlement de Paris Par tout nommee estre la court des cours, Qui en tout temps faict les jours longs des courtz, Et la raison ay souvent bien ouÿe [5265]Du mot commun : à qui attend ennuye1. §Ô le grand bien que feyssent telles gentz Si quelque peu fussent plus diligentz D'expedier les procez que on intente ! Car sans mentir, trop longue en est l'attente. [5270]C'est grand pitié d'ouÿr les attendantz Faisantz regretz, dont il y a tant de ans Qu'ilz sont aprés ! Souvent, si longue suytte Cause plusieurs mourir à la poursuytte. Soliciteurs, en ce royal manoir, [5275]Voyt on courir sur pavé blanc et noyr, Soirs et matins, pour presenter requestes À presidentz et seigneurs des enquestes, Genoulx flechiz, de main, de bouche et de yeulx, Les vont ainsi adorant, comme dieux ! [5280]Leur hault sçavoir, grand sens, langue hebraïque, Grecque, latine et vertuz heroÿque, Au vif semblant des senateurs romains, Font que aprés eulx courent et courront maintz.
§Louanges des bons conseillers Telz hommes sont droictz comme joncz ou cyerges, [5285]Patrons d'honneur, de justice concierges, Pilliers de paix, arches de verité, Qui sans faveur, heyne ou severité, Font leur renom luyre, comme en verriere Luyt le soleil et n'ont huys de derriere. [5290]§Le droict garde, par leurs fermes arrestz, Jugent despendz, dommaiges, interestz, Myses et coustz, à aulcuns bien propices, Aux aultres mal, car trop y a d'espices. C'est incident. Mais tous procés hors mys, [5295]Bien heureux est qui n'a plait n'ennemys, Qui à repoz d'esperit vie affecte, Achepte paix, tousjours, et maison faicte.
Note n°1
Selon le DMF, le
proverbe se trouve dès le Jugement du Roy de Navarre
de Guillaume de Machaut (1349) ; on en trouve trace jusqu'à la fin
du XVIIe siècle, dans la première
édition du Dictionnaire de l'Académie (1694), puis il
disparaît ensuite.
Travail en cours
Note n°1
Selon le DMF, le
proverbe se trouve dès le Jugement du Roy de Navarre
de Guillaume de Machaut (1349) ; on en trouve trace jusqu'à la fin
du XVIIe siècle, dans la première
édition du Dictionnaire de l'Académie (1694), puis il
disparaît ensuite.
Travail en cours