§Du roy ſuiuant dit
clotaire le tiers.[3445]Sexcuſeroit ma plume volluntiers.Le contenu en ſa geſte deſcripre.Mais il conuient bon et mauuais eſcripre.Pour retenir les propoz plus entiers.
§Chapitrexxiie
APres clouys / regna ſon filzclotaire.[3450]Tiers de ce nō / que on deuroit voulloir taire.Veu quil ne peult que a murmur exciter.Ceulx qui oꝛront ſes beaulx faictz reciter.Beaulx dieu le ſcet / ſe repoſer en laſtre.Fait haultlouer / vng homme ſi folaſtre.§Tiers de ce
nom.§foiiiixxviii.[3455]Que autant luy ſoit aux cendꝛes ſe tenir.Que peſantz fex des armes ſouſtenir.Ce roy neut ſoing cure et ſolicitude.Du bien commun /
mais toute ſon eſtude.Fut a plaiſir de vaine volupte.[3460]Le long de lan tant lyuer que leſte.De ſon palays ne faiſoit departie.Et la tenoit la ſeconde partie.Vous mentendez / a tous plaiſirs charnelz.Auoit ſes ſens ſi tresfoꝛt acharnez.[3465]Que ainſi encloz / faiſoit ſa deſtinee.Sans ſe monſtrer ſinon la matinee.Du pꝛemier iour de may /
loꝛs beaulx p̄ſentz.Et gꝛandz ſalutz / populaires pꝛeſentz.On luy faiſoit / Auſſi amples richeſſes.[3470]Leur pꝛeſentoit pour monſtrer ſes largeſſes.Ce faict / penſant / de tous foꝛt bien voulu.Se retiroit iuſqua lan reuolu.Eſtoit ce tour dung pꝛince debonnaire.Non / mais de vray cazannier oꝛdinaire.[3475]Cazannier quoy voire et ſot pareſſeux.A luy peult on extimer pareilz /
ceulx.§Le mal que peult
faire vng gouuerneur.Qui ainſi font /
quant en ce que ont a faire.Tant de leur faict que du publique affaire.Pour quelque caz que on ſaiche pꝛopoſer.[3480]Sur eſperitz ſe veullent repoſer.Deſquelz ilz nont pꝛeuue de leur ſcience.Dꝛoicte equite et bonne conſcience.Car ſoy attendꝛe a homme pou ſcauant.Que la foꝛtune en credit pouſſe auant.[3485]Se par vertu de bonte acomplye.Sens naturel / a lacquiz / ne ſupplie.Ia ne ſera du ſalut enſeigneur.Loz et pꝛoffit de ſon maiſtre et ſeigneur.Mais emplyꝛa par ſes pꝛatiques males.[3490]Gꝛanges / gꝛeniers / celiers coffres et males.Sil eſt ſcauant et homme vicieux.Ambicieux et auaricieux.Il trouuera de inuencions ſubtiles.Vng dꝛoict millier non pas gueres vtiles.[3495]Sinon a luy /
mais bien aſſez ſouffit.Sil peult de tout en faire ſon pꝛouffit.La ſcience enfle et vain cueur moꝛtiffye.Sil na vertu / charite ediffye.§Auquel le prince
ſe attend.§§foiiiixxix.Et a conduyꝛe vng regne tempoꝛel.[3500]Eſt plus requis / le bon ſens
naturel.En cueur loyal / que vng clerc ſil neſt pꝛeudhōme.Et que pour tel cry publiq le renomme.Car vng
bezot plus enfle que eſcargot.Fera ſemblant / auoir / comme bigot/.[3505]Au bien commun / gꝛand zelle Et lypocrite.Soubz vmbꝛe et poꝛt de quelque loy eſcripte.Mal appliquee en gloze et texte rond.Ainſi que gentz ſcauantz atteſteront.Inuentera nouueaultez nompareilles.[3510]Dont conuiendꝛa faire gꝛandes oꝛeilles.Et qui piz eſt bouches du tout fermer.Sans en ozer verite affermer.Tel homme auoit ce roy peu ſaige
nyce.Et nonchalant / comme eſt de ſa genyce.[3515]Le ſot vacher gardant vaches au boys.Qui de ſes chiens nentend crys et abays.Laiſſant manger aux loupz la poure beſte.§Loꝛs commenca durant
celle tempeſte.France venir a declin Et
depuis.[3520]Eut gꝛand deffault de pilliers et appuys.§Du gouuerneur
ebroyn.Pource que adonq les roys ſi peu vacquoient.A leur affaire / et ne communiquoient.Auec le peuple / excepte en ce iour.Pꝛemier de may / Ceſtoit tenu ſeiour.[3525]Aſſez et fuſt pour enfiler des perles.Par trop ennuye aux eſtourneaulx et merles.Qui ſont en caige / et pappegays que on tient.Si longuement :
La cronique contient.Que ainſi leurs temps / pluſieurs roys expoſerēt.[3530]Et de tous faictz ſur ceulx ſe repoſerent.Dictz gouuerneurs / et maiſtres du palays.Dont les
aulcuns ne laiſſerent
pas lays.De bon renom faiſantz par felonnyes.Peuple traicter / a loix de tyꝛannyes.[3535]Teſmoing celuy Ebꝛoyn / qui du temps.De ce roy / feyt tant de gentz mal
contentz.Piller / naurer / et pluſieurs faire occire.Il en ouuroit ainſi comme de cyꝛe.Foy eut petite eſtroicte leaulte.[3540]Courte pitie et gꝛande cruaulte.Tant feyt de maulx et dexces quil nous liure.Matiere aſſez den emplir tout vng liure.§Et treſpaz de
clotaire.foiiiixxx.Si men tairay iuſques a laduenir.Quil men pourra peult eſtre ſouuenir.[3545]Quant a ce roy nomme le tiers clotaire.Qui paſſetemps chercha ſi ſolitaire.Oncques / ce croy / ne marcha iuſqua
trans.Apꝛes regner tant ſeullement quatre ans.Vers attropos paya tribut de hommaige.[3550]Laiſſons le la / ce neſt pas gꝛand dommaige.
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§Du roy suivant, dit
ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde le tiers,[3445]S'excuseroit ma plume volluntiersLe contenu en sa geste d'escripre.Mais il convient bon et mauvais escripre,Pour retenir les propoz plus entiers.
§Chapitre.xxiie.
Aprés ClovysClovis II (635 — 657)Roi des Francs de Neustrie et de Bourgogne (?-?) Fils de Dagobert Ier et de Nantilde, regna son filzClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde,[3450]Tiers de ce nom, que on devroit voulloir taire,Veu qu'il ne peult que à murmur exciterCeulx qui orront ses beaulx faictz reciter.Beaulx, DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme le scet se reposer en l'astre,Fait hault louer ung homme si folastre§Tiers de ce
nom[3455]Que autant luy soit aux cendres se tenirQue pesantz fex des armes soustenir.Ce roy n'eut soing, cure et solicitudeDu bien commun.
Mais toute son estudeFut à plaisir de vaine volupté.[3460]Le long de l'an, tant l'yver que l'esté,De son palays ne faisoit departie,Et là tenoit la seconde partie.Vous m'entendez, à tous plaisirs charnelzAvoit ses sens si trés fort acharnez[3465]Que ainsi encloz, faisoit sa destinee,Sans se monstrer, sinon la matineeDu premier jour de may.
Lors, beaulx presentzEt grandz salutz, populaires presentz,On luy faisoit. Aussi, amples richesses[3470]Leur presentoit, pour monstrer ses largesses.Ce faict, pensant de tous fort bien voulu,Se retiroit jusqu'à l'an revolu.Estoit ce tour d'ung prince debonnaire?Non, mais de vray cazannier ordinaire.[3475]Cazannier quoy ? voire et sot paresseux.À luy peult on extimer pareilz
ceulx§Le mal que peult
faire ung gouverneurQui ainsi font.
Quant en ce que ont à faireTant de leur faict que du publique affaire,Pour quelque caz que on saiche proposer,[3480]Sur esperitz se veullent reposer,Desquelz ilz n'ont preuve de leur scïence,Droicte equité et bonne conscïence.Car soy attendre à homme pou sçavant,Que la FortuneFortuneAllégorie en credit pousse avant,[3485]Se par vertu de bonté acomplye,Sens naturel, à l'acquiz ne supplie,Ja ne sera du salut enseigneur,Loz et proffit de son maistre et seigneur.Mais emplyra, par ses pratiques males,[3490]Granges, greniers, celiers, coffres et males.S'il est sçavant et homme vicïeux,Ambicïeux et avaricïeux,Il trouvera, de invencïons subtiles,Ung droict millier, non pas gueres utiles,[3495]Sinon à luy.
Mais bien assez souffit,S'il peult de tout en faire son prouffit.La science enflé et vain cueur mortiffyé,S'il n'a vertu, charité ediffyé.§Auquel le prince
se attendEt à conduyre ung regne temporel,[3500]Est plus requis le bon sens
naturelEn cueur loyal, que ung clerc s'il n'est preud'homme.Et que pour tel, cry publiq le renomme,Car ung
bezot, plus enflé que escargot,Fera semblant avoir comme bigot,[3505]Au bien commun, grand zelle. Et l'ypocrite,Soubz umbre et port de quelque loy escripte,Mal appliquee en gloze et texte rond,Ainsi que gentz sçavantz attesteront,Inventera nouveaultez nompareilles,[3510]Dont conviendra faire grandes oreillesEt, qui piz est, bouches du tout fermer,Sans en ozer verité affermer,Tel homme avoit ce roy peu saige,
nyceEt nonchalant, comme est de sa genyce,[3515]Le sot vacher gardant vaches au boys,Qui de ses chiens n'entend crys et abays,Laissant manger aux loupz la povre beste.§Lors commença, durant
celle tempeste,France venir à declin. Et
depuis[3520]Eut grand deffault de pilliers et appuys,§Du gouverneur
EbroÿnEbroïn (VII siècle — circa 681)Maire du palais de NeustriePource que adonq les roys si peu vacquoientÀ leur affaire, et ne communiquoientAvec le peuple, excepté en ce jourPremier de may. C'estoit tenu sejour[3525]Assez, et fust pour enfiler des perles,Par trop ennuye aux estourneaulx et merlesQui sont en caige, et pappegays que on tientSi longuement,
la cronique contientQue ainsi leurs temps plusieurs roys exposerentt,[3530]Et de tous faictz sur ceulx se reposerent,Dictz gouverneurs et maistres du palays,Dont les
aulcuns ne laisserent
pas lays,De bon renom, faisantz, par felonnyes,Peuple traicter à loix de tyrannyes.[3535]Tesmoing celuy EbroÿnEbroïn (VII siècle — circa 681)Maire du palais de Neustrie, qui du tempsDe ce roy feyt tant de gentz mal
contentzPiller, navrer, et plusieurs faire occire.Il en ouvroit ainsi comme de cyre.Foy eut petite, estroicte lëaulté,[3540]Courte pitié et grande cruaulté.Tant feyt de maulx et d'excés qu'il nous livreMatiere assez d'en emplir tout ung livre.§Et trespaz de
ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de BathildeSi m'en tairay jusques à l'advenir,Qu'il m'en pourra peult estre souvenir.[3545]Quant à ce roy nommé le tiers ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde,Qui passetemps chercha si solitaire,Oncques, ce croy, ne marcha jusqu'à
trans,Aprés regner tant seullement quatre ans.Vers AttroposAtroposDivinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la
vie paya tribut de hommaige.[3550]Laissons le là, ce n'est pas grand dommaige.
Travail en cours
Travail en cours
§Du roy ſuiuant dit
clotaire le tiers.[3445]Sexcuſeroit ma plume volluntiers.Le contenu en ſa geſte deſcripre.Mais il conuient bon et mauuais eſcripre.Pour retenir les propoz plus entiers.
§Chapitrexxiie
APres clouys / regna ſon filzclotaire.[3450]Tiers de ce nō / que on deuroit voulloir taire.Veu quil ne peult que a murmur exciter.Ceulx qui oꝛront ſes beaulx faictz reciter.Beaulx dieu le ſcet / ſe repoſer en laſtre.Fait haultlouer / vng homme ſi folaſtre.§Tiers de ce
nom.§foiiiixxviii.[3455]Que autant luy ſoit aux cendꝛes ſe tenir.Que peſantz fex des armes ſouſtenir.Ce roy neut ſoing cure et ſolicitude.Du bien commun /
mais toute ſon eſtude.Fut a plaiſir de vaine volupte.[3460]Le long de lan tant lyuer que leſte.De ſon palays ne faiſoit departie.Et la tenoit la ſeconde partie.Vous mentendez / a tous plaiſirs charnelz.Auoit ſes ſens ſi tresfoꝛt acharnez.[3465]Que ainſi encloz / faiſoit ſa deſtinee.Sans ſe monſtrer ſinon la matinee.Du pꝛemier iour de may /
loꝛs beaulx p̄ſentz.Et gꝛandz ſalutz / populaires pꝛeſentz.On luy faiſoit / Auſſi amples richeſſes.[3470]Leur pꝛeſentoit pour monſtrer ſes largeſſes.Ce faict / penſant / de tous foꝛt bien voulu.Se retiroit iuſqua lan reuolu.Eſtoit ce tour dung pꝛince debonnaire.Non / mais de vray cazannier oꝛdinaire.[3475]Cazannier quoy voire et ſot pareſſeux.A luy peult on extimer pareilz /
ceulx.§Le mal que peult
faire vng gouuerneur.Qui ainſi font /
quant en ce que ont a faire.Tant de leur faict que du publique affaire.Pour quelque caz que on ſaiche pꝛopoſer.[3480]Sur eſperitz ſe veullent repoſer.Deſquelz ilz nont pꝛeuue de leur ſcience.Dꝛoicte equite et bonne conſcience.Car ſoy attendꝛe a homme pou ſcauant.Que la foꝛtune en credit pouſſe auant.[3485]Se par vertu de bonte acomplye.Sens naturel / a lacquiz / ne ſupplie.Ia ne ſera du ſalut enſeigneur.Loz et pꝛoffit de ſon maiſtre et ſeigneur.Mais emplyꝛa par ſes pꝛatiques males.[3490]Gꝛanges / gꝛeniers / celiers coffres et males.Sil eſt ſcauant et homme vicieux.Ambicieux et auaricieux.Il trouuera de inuencions ſubtiles.Vng dꝛoict millier non pas gueres vtiles.[3495]Sinon a luy /
mais bien aſſez ſouffit.Sil peult de tout en faire ſon pꝛouffit.La ſcience enfle et vain cueur moꝛtiffye.Sil na vertu / charite ediffye.§Auquel le prince
ſe attend.§§foiiiixxix.Et a conduyꝛe vng regne tempoꝛel.[3500]Eſt plus requis / le bon ſens
naturel.En cueur loyal / que vng clerc ſil neſt pꝛeudhōme.Et que pour tel cry publiq le renomme.Car vng
bezot plus enfle que eſcargot.Fera ſemblant / auoir / comme bigot/.[3505]Au bien commun / gꝛand zelle Et lypocrite.Soubz vmbꝛe et poꝛt de quelque loy eſcripte.Mal appliquee en gloze et texte rond.Ainſi que gentz ſcauantz atteſteront.Inuentera nouueaultez nompareilles.[3510]Dont conuiendꝛa faire gꝛandes oꝛeilles.Et qui piz eſt bouches du tout fermer.Sans en ozer verite affermer.Tel homme auoit ce roy peu ſaige
nyce.Et nonchalant / comme eſt de ſa genyce.[3515]Le ſot vacher gardant vaches au boys.Qui de ſes chiens nentend crys et abays.Laiſſant manger aux loupz la poure beſte.§Loꝛs commenca durant
celle tempeſte.France venir a declin Et
depuis.[3520]Eut gꝛand deffault de pilliers et appuys.§Du gouuerneur
ebroyn.Pource que adonq les roys ſi peu vacquoient.A leur affaire / et ne communiquoient.Auec le peuple / excepte en ce iour.Pꝛemier de may / Ceſtoit tenu ſeiour.[3525]Aſſez et fuſt pour enfiler des perles.Par trop ennuye aux eſtourneaulx et merles.Qui ſont en caige / et pappegays que on tient.Si longuement :
La cronique contient.Que ainſi leurs temps / pluſieurs roys expoſerēt.[3530]Et de tous faictz ſur ceulx ſe repoſerent.Dictz gouuerneurs / et maiſtres du palays.Dont les
aulcuns ne laiſſerent
pas lays.De bon renom faiſantz par felonnyes.Peuple traicter / a loix de tyꝛannyes.[3535]Teſmoing celuy Ebꝛoyn / qui du temps.De ce roy / feyt tant de gentz mal
contentz.Piller / naurer / et pluſieurs faire occire.Il en ouuroit ainſi comme de cyꝛe.Foy eut petite eſtroicte leaulte.[3540]Courte pitie et gꝛande cruaulte.Tant feyt de maulx et dexces quil nous liure.Matiere aſſez den emplir tout vng liure.§Et treſpaz de
clotaire.foiiiixxx.Si men tairay iuſques a laduenir.Quil men pourra peult eſtre ſouuenir.[3545]Quant a ce roy nomme le tiers clotaire.Qui paſſetemps chercha ſi ſolitaire.Oncques / ce croy / ne marcha iuſqua
trans.Apꝛes regner tant ſeullement quatre ans.Vers attropos paya tribut de hommaige.[3550]Laiſſons le la / ce neſt pas gꝛand dommaige.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Du roy suivant, dit
ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde le tiers,[3445]S'excuseroit ma plume volluntiersLe contenu en sa geste d'escripre.Mais il convient bon et mauvais escripre,Pour retenir les propoz plus entiers.
§Chapitre.xxiie.
Aprés ClovysClovis II (635 — 657)Roi des Francs de Neustrie et de Bourgogne (?-?) Fils de Dagobert Ier et de Nantilde, regna son filzClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde,[3450]Tiers de ce nom, que on devroit voulloir taire,Veu qu'il ne peult que à murmur exciterCeulx qui orront ses beaulx faictz reciter.Beaulx, DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme le scet se reposer en l'astre,Fait hault louer ung homme si folastre§Tiers de ce
nom[3455]Que autant luy soit aux cendres se tenirQue pesantz fex des armes soustenir.Ce roy n'eut soing, cure et solicitudeDu bien commun.
Mais toute son estudeFut à plaisir de vaine volupté.[3460]Le long de l'an, tant l'yver que l'esté,De son palays ne faisoit departie,Et là tenoit la seconde partie.Vous m'entendez, à tous plaisirs charnelzAvoit ses sens si trés fort acharnez[3465]Que ainsi encloz, faisoit sa destinee,Sans se monstrer, sinon la matineeDu premier jour de may.
Lors, beaulx presentzEt grandz salutz, populaires presentz,On luy faisoit. Aussi, amples richesses[3470]Leur presentoit, pour monstrer ses largesses.Ce faict, pensant de tous fort bien voulu,Se retiroit jusqu'à l'an revolu.Estoit ce tour d'ung prince debonnaire?Non, mais de vray cazannier ordinaire.[3475]Cazannier quoy ? voire et sot paresseux.À luy peult on extimer pareilz
ceulx§Le mal que peult
faire ung gouverneurQui ainsi font.
Quant en ce que ont à faireTant de leur faict que du publique affaire,Pour quelque caz que on saiche proposer,[3480]Sur esperitz se veullent reposer,Desquelz ilz n'ont preuve de leur scïence,Droicte equité et bonne conscïence.Car soy attendre à homme pou sçavant,Que la FortuneFortuneAllégorie en credit pousse avant,[3485]Se par vertu de bonté acomplye,Sens naturel, à l'acquiz ne supplie,Ja ne sera du salut enseigneur,Loz et proffit de son maistre et seigneur.Mais emplyra, par ses pratiques males,[3490]Granges, greniers, celiers, coffres et males.S'il est sçavant et homme vicïeux,Ambicïeux et avaricïeux,Il trouvera, de invencïons subtiles,Ung droict millier, non pas gueres utiles,[3495]Sinon à luy.
Mais bien assez souffit,S'il peult de tout en faire son prouffit.La science enflé et vain cueur mortiffyé,S'il n'a vertu, charité ediffyé.§Auquel le prince
se attendEt à conduyre ung regne temporel,[3500]Est plus requis le bon sens
naturelEn cueur loyal, que ung clerc s'il n'est preud'homme.Et que pour tel, cry publiq le renomme,Car ung
bezot, plus enflé que escargot,Fera semblant avoir comme bigot,[3505]Au bien commun, grand zelle. Et l'ypocrite,Soubz umbre et port de quelque loy escripte,Mal appliquee en gloze et texte rond,Ainsi que gentz sçavantz attesteront,Inventera nouveaultez nompareilles,[3510]Dont conviendra faire grandes oreillesEt, qui piz est, bouches du tout fermer,Sans en ozer verité affermer,Tel homme avoit ce roy peu saige,
nyceEt nonchalant, comme est de sa genyce,[3515]Le sot vacher gardant vaches au boys,Qui de ses chiens n'entend crys et abays,Laissant manger aux loupz la povre beste.§Lors commença, durant
celle tempeste,France venir à declin. Et
depuis[3520]Eut grand deffault de pilliers et appuys,§Du gouverneur
EbroÿnEbroïn (VII siècle — circa 681)Maire du palais de NeustriePource que adonq les roys si peu vacquoientÀ leur affaire, et ne communiquoientAvec le peuple, excepté en ce jourPremier de may. C'estoit tenu sejour[3525]Assez, et fust pour enfiler des perles,Par trop ennuye aux estourneaulx et merlesQui sont en caige, et pappegays que on tientSi longuement,
la cronique contientQue ainsi leurs temps plusieurs roys exposerentt,[3530]Et de tous faictz sur ceulx se reposerent,Dictz gouverneurs et maistres du palays,Dont les
aulcuns ne laisserent
pas lays,De bon renom, faisantz, par felonnyes,Peuple traicter à loix de tyrannyes.[3535]Tesmoing celuy EbroÿnEbroïn (VII siècle — circa 681)Maire du palais de Neustrie, qui du tempsDe ce roy feyt tant de gentz mal
contentzPiller, navrer, et plusieurs faire occire.Il en ouvroit ainsi comme de cyre.Foy eut petite, estroicte lëaulté,[3540]Courte pitié et grande cruaulté.Tant feyt de maulx et d'excés qu'il nous livreMatiere assez d'en emplir tout ung livre.§Et trespaz de
ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de BathildeSi m'en tairay jusques à l'advenir,Qu'il m'en pourra peult estre souvenir.[3545]Quant à ce roy nommé le tiers ClotaireClotaire III (652 — 673)Roi des Francs de Neustrie et de Burgondie (657-673) Fils de Clovis II et de Bathilde,Qui passetemps chercha si solitaire,Oncques, ce croy, ne marcha jusqu'à
trans,Aprés regner tant seullement quatre ans.Vers AttroposAtroposDivinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la
vie paya tribut de hommaige.[3550]Laissons le là, ce n'est pas grand dommaige.