[465]§Qui trop au loing
naura les yeulx eſparsIcy verra clotaire bonnes partz.Donner aux ſiens en certaines prouinces.Et en monſtrant que honneur ſiet bien a princesVouldra quicter le tribut aux lombardz.
§Chapitre .iiie.
[470]LE roy clotaire /
entieremēt paiſible.De toute gaulle / hoꝛs mys trou ble nuyſible.Voullant vzer de liberalite.Bonte pꝛiuee et coꝛdialite.Manda vers luy ſa nobleſſe / fournye.[475]De foꝛt honneſte et belle baronnye.Et comme bꝛuyt ſoudain en place court.La ſe trouua vne ſi gꝛoſſe court.Que de ſeigneurs y eut terre couuerte.Loꝛs commanda tenir maiſon ouuerte.§Des
liberalitez.[480]Et feyt banquetz plantureux apꝛeſter.Pour gꝛandz / moyens / et petitz bien traicter.Si que au plaiſir et vueil de ſon entente.Bende ny euſt / qui ne fuſt trescontente.Oꝛ auoit il la gꝛace de tenir.[485]Telle parolle / a gentz entretenir.Que tout viuant de bonne fantaſie.Trouuoit en luy doulceur et courtoiſye.§De luy ne fut oncques
homme
engygne.Il eſtoit ſaige / et bien
moꝛigine.[490]Bening piteux / de bonne pacience.Les gentz aymant de ſaine conſcience.Aux humbles / doulx / courtoys et gꝛacieux.Dur aygꝛe et fier / aux fiers et vicieux.Il pugniſſoit tout cryme et maleffice.[495]Il pourueoit doffice ou benefficeCeulx quil ſcauoit lauoir bien deſſeruy.Tant enuers dieu ſe rendit aſſeruy.Quen ſa penſee eut touſiours / ſans contraīcteLimpꝛeſſion de ſon amour et craincte[500]Tant quen ce cours / terreſte demoura.Religion obſeruee honnoꝛa.§De clotaire.§foxi.§Science ayma
/ et gentz de bonne lettre.Il fut hardy foꝛt pꝛeux et bien a dextre.Et neſt trouue quen armes il ayt fait.[505]Iamais vng tour de laſche et vil effect.Le meſtier ſceut de chaſſes bien conduyꝛe.Et ſe y voulut ſouuenteſfoiz deſduyꝛe.En cas piteux / pꝛiue / ou general.Fut aulmoſnier treslarge et liberal.[510]Bꝛief comme au long ſa geſte dit et pꝛeuue.Ce fut vng roy de bien loyale eſpꝛeuue.§Oꝛ pour rentrer au
pꝛopos deuant mys.Apꝛes auoir / feſtoye ſes amys.Il deſploya treſoꝛs damples richeſſes.[515]Et leur monſtra telz ſignes de largeſſes.Que a peine loꝛs ſceuſſent alleguer dons.De plus peſans et ſumptueux
guerdons.§A ce garnier / dont mencion eſt faicte.Eut vollunte ſi tresbonne et affecte.[520]Quil leſtablit a tiltre de bon heur.De ſon palays pꝛeuoſt et gouuerneur.Comme extime auoir charge totale.De ſa cite et ville capitale.§Folle ſuaſion de
lendemond eueſque.§En auſtraſie inſtitua Rhadon.[525]Pour gouuerneur / en bourgongne
Herpon.Qui furent deux notables pꝛeudes hōmesDignes de auoir gꝛoſſes charges et ſommes.Fuſt temps de paix / ou guerre / comme ceulx.A bien ouurer / iamais non pareſſeux.[530]§Le xxxme an du regne a ce clotaire.Fut aux lombardz / le deuoir tributaire.Par luy quicte / dont ſes pꝛedeceſſeurs.Depuis gontran furent vrays poſſeſſeurs.§Cauſe alleguer
/ ſur ce ny en ſcay que vne.[535]Ceſt que au moyen de certaine pecune.Donnee a luy / ſa debonnairete.Les myct a pleine et pure liberte.§En ce meſme an comme
pluſieurs au monde.Sont empeſchez du crime et vice immmunde.[540]Qui fraulde a dol par trahyſon ſemond.Le faulx eueſque appele lendemond.A lappetit du ſeducteur althee.Folle parolle / en ſon cueur relatee.Vng iour penſant parler diſcrettement.[545]Deuers la royne alla ſecrettement.§A la
royne.§foxii.Luy conſeillant.
À plains coffres et
bouges.Tous ſes treſoꝛs faire poꝛter a bourges.Pour la raiſon que le roy ſon mary.Dont neantmoins monſtroit eſtre marry.[550]Deuoit ſelon fatale deſtinee.Comme il diſoit / deceder ceſte annee.Oultre luy dit que althee eſtoit ſeigneur.Comble de biens de vertuz et honneur.Et pꝛomettoit laiſſer ſa pꝛopꝛe femme.[555]Pour leſpouſer / ſans y penſer diffame.Selle vouloit apꝛes la moꝛt du roy.A ce moyen au train de noble arroy.Seroit touſiours haultement gouuernee.Et par deux foys en france couronnee.[560]§La bonne dame apꝛes
auoir ouy.Ce ſot pꝛopos / ſans non dire ne ouy.Pꝛiſe de dueil ſe gecta ſur ſa couche.Ainſi que faict celle que regꝛet touche.Tant du deſpit qui aſpꝛement la moꝛd.[565]Voyant ainſi pꝛonoſtiquer la moꝛt.De ſon eſpoux / que pour laygꝛeur / trenchanteDeſtre extimee ainſi laſche et meſchante.§Althee
proditeur.Que ſon honneur voulſiſt mettre au deſtour.De conſentir faire au roy vng tel tour.[570]§Loꝛs lendemond plein de malice caulte.Doubtant ſe veoir / pour ceſte blourde faulte.A honte mys / et deſhonneſtete.Deuers auſtraſe / homme de ſainctete.Se retira le pꝛiant au roy faire.[575]Humble requeſte affin que tel affaire.Luy pardonnaſt / en quoy auoit meſpꝛis.Mettant ſa foy a peu dextime et pꝛis.§Le bon pꝛeudhomme apꝛes
larmes piteuſes.Ne feyt reffus ſur ces choſes doubteuſes.[580]Ains tant requiſt le roy et ſupplia.Que a pardonner / ce mal conceu /
plya.Et qui plus eſt fut content de permettre.Celuy pꝛelat en ſon ſiege remettre.Mais bien ayant conſideracion.[585]A la menee et conſpiracion.Du
pꝛoditeur deuant nomme
althee.Voulut la cauſe eſtre miſe et traictee.Deuant pluſieurs legiſtes / gentz expers.Dont le pꝛoces / pꝛeſentz les douze pers.§Condampne a
mort.§foxiii.[590]Faict et conclud / ſa confeſſion pꝛiſe.Sur le deffault de ſi lourde meſpꝛiſe.Fut declaire du cas magnifeſte.Crime encouru de leze mageſte.Loꝛs condampne / a peyne capitalle.[595]Celle attropos furieuſe fatalle.Trencha le fil / dont aultres criminelz.Furent ce iour
quant et luy
terminez.§Deux femmes eut clotaire / la pꝛemiere.Fut bergedꝛude / et laultre puis derniere.[600]Sichilde eut nom /
de lune /
dagobert.Son filz naſquit / et de laultre /
aribert.Apꝛes la moꝛt de celle bergedꝛude.Dont le dueil fut a luy / foꝛt dur et rude.Car bien laymoit / et ſi faiſoit chaſcun.[605]Laultre eſpouſa /
mais ſil y a quelcun.Diſant deuoir delles maiſon et race.Eſcripꝛe icy / endꝛoict /
Saulue ſa gꝛace.Ie ne puis pas en mettre ne coucher.Foꝛs ce que voy la cronique en toucher.[610]§Oꝛ feyt le roy
/ lenffent dagobert mettre.A diſcipline / et oꝛdonna ſon maiſtre.Et pꝛecepteur / leueſque loꝛs de metz.Non pour linſtruyꝛe en plaiſance oꝛde /
MaisEn bonnes meurs / et moꝛale ſcience.[615]Car homme eſtoit de lettre et conſcience.A tant le laiſſe et ny vueil arreſter.Pour cy apꝛes a mon pꝛopos traicter.Quelque incident qui ſemble raiſonnable.En la matiere / et aſſez conuenable.
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[465]§Qui trop au loing
n'aura les yeulx espars,Icy verra ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) bonnes partzDonner aux siens en certaines provinces.Et en monstrant que honneur siet bien à princes,Vouldra quicter le tribut aux Lombardz.
§Chapitre iiie
[470]Le roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) entierement paisible,De toute Gaulle hors mys trouble nuysible,Voullant uzer de liberalité,Bonté privee et cordïalité,Manda vers luy sa noblesse, fournye[475]De fort honneste et belle baronnye.Et comme bruyt soudain en place court,Là se trouva une si grosse courtQue de seigneurs y eut terre couverte.Lors commanda tenir maison ouverte,§Des
liberalitez[480]Et feyt banquetz plantureux aprester,Pour grandz, moyens, et petitz bien traicter,Si que au plaisir et vueil de son entente,Bende n'y eust qui ne fust trés contente.Or avoit il la grace de tenir[485]Telle parolle, à gentz entretenir,Que tout vivant de bonne fantasieTrouvoit en luy doulceur et courtoisye.§De luy ne fut oncques
homme
engygné,Il estoit saige et bien
moriginé.[490]Bening, piteux, de bonne pacïence,Les gentz aymant de saine conscïence,Aux humbles doulx, courtoys et gracïeux,Dur, aygre et fier aux fiers et vicïeux,Il pugnissoit tout cryme et maleffice,[495]Il pourveoit d'office ou benefficeCeulx qu'il sçavoit l'avoir bien desservy.Tant envers DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme se rendit asservy,Qu'en sa pensee eut tousjours, sans contraincte,L'impressïon de son amour et craincte.[500]Tant qu'en ce cours terreste demoura,Religïon observee honnora.§De ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) §Scïence ayma et gentz de bonne lettre.Il fut hardy, fort preux et bien à dextre,Et n'est trouvé qu'en armes il ayt fait[505]Jamais ung tour de lasche et vil effect.Le mestier sceut de chasses bien conduyreEt se y voulut souventesfoiz desduyre.En cas piteux, privé ou general,Fut aulmosnier trés large et liberal.[510]Brief, comme au long sa geste dit et preuve,Ce fut ung roy de bien loyale espreuve.§Or, pour rentrer au
propos devant mys,Aprés avoir festoyé ses amys,Il desploya tresors d'amples richesses,[515]Et leur monstra telz signes de largesses,Que à peine lors sceussent alleguer donsDe plus pesans et sumptueux
guerdons.§À ce GarnierWarnachaire II (circa VI siècle avant J.C. — 627)Maire du palais, dont mencïon est faicte,Eut vollunté si trés bonne et affecte,[520]Qu'il l'establit à tiltre de bon heurDe son palays prevost et gouverneur,Comme extimé avoir charge totaleDe sa cité et ville capitale.§Folle suasion de
LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse evesque§En Austrasie, institua RhadonRhadon (Fin VI siècle — VII siècle)Sénéchal d'Austrasie[525]Pour gouverneur, en BourgongneHerponHerpon d'Orléans (Fin VI siècle — VII siècle)Duc de Burgondie,Qui furent d'eux notables preudes hommes.Dignes de avoir grosses charges et sommes,Fust temps de paix ou guerre, comme ceulxÀ bien ouvrer jamais non paresseux.[530]§Le .xxxme. an du regne à ce ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) ,Fut, aux Lombardz, le devoir tributairePar luy quicte, dont ses predecesseurs,Depuis GontranGontran (532 — 30/03/593)Roi des Francs de Bourgogne (561-593) Saint catholique, roi franc de Bourgogne, furent vrays possesseurs.§Cause alleguer sur ce, n'y en sçay que une,[535]C'est que au moyen de certaine pecuneDonnee à luy, sa debonnairetéLes myct à pleine et pure liberté.§En ce mesme an, comme
plusieurs au monde,Sont empeschez du crime et vice immmunde[540]Qui fraulde à dol, par trahyson semond.Le faulx evesque appelé LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse,À l'appetit du seducteur AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie,Folle parolle, en son cueur, relatee,Ung jour, pensant parler discrettement,[545]Devers la royne alla secrettement,§À la
royneLuy conseillant,
à plains coffres et
bouges,Tous ses tresors faire porter à Bourges,Pour la raison que le roy, son mary,Dont neantmoins monstroit estre marry,[550]Devoit, selon fatale destinee,Comme il disoit, deceder ceste annee.Oultre luy dit que AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie estoit seigneurComblé de biens de vertuz et honneur,Et promettoit laisser sa propre femme[555]Pour l'espouser, sans y penser diffame,S'elle vouloit, aprés la mort du roy.À ce moyen, au train de noble arroy,Seroit tousjours haultement gouvernee,Et par deux foys en France couronnee.[560]§La bonne dame, aprés
avoir ouÿCe sot propos, sans non dire ne ouy,Prise de dueil, se gecta sur sa couche,Ainsi que faict celle que regret touche,Tant du despit qui asprement la mord,[565]Voyant ainsi pronostiquer la mortDe son espoux, que pour l'aygreur trenchanteD'estre extimee ainsi lasche et meschante,§AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie
proditeurQue son honneur voulsist mettre au destourDe consentir faire au roy ung tel tour.[570]§Lors LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse, plein de malice caulte,Doubtant se veoir, pour ceste lourde faulte,À honte mys et deshonnesteté,Devers AustraseEustache de Luxeuil (circa 560 — circa 629)Saint catholique, homme de saincteté,Se retira, le prïant au roy faire[575]Humble requeste, affin que tel affaireLuy pardonnast, en quoy avoit mespris,Mettant sa foy à peu d'extime et pris.§Le bon preud'homme, aprés
larmes piteuses,Ne feyt reffus sur ces choses doubteuses,[580]Ains tant requist le roy et supplïa,Que à pardonner ce mal conceu
plya.Et qui plus est, fut content de permettreCeluy prelat en son siege remettre.Mais bien ayant consideracïon[585]À la menee et conspiracïonDu
proditeur, devant nommé
AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie,Voulut la cause estre mise et traictee.Devant plusieurs legistes, gentz expers,Dont le procés, presentz les douze pers,§Condampné à
mort[590]Faict et conclud, sa confessïon prise,Sur le deffault de si lourde mesprise,Fut declairé du cas magnifesté,Crime encouru de leze magesté.Lors, condampné à peyne capitalle,[595]Celle AttroposAtroposDivinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la
vie, furieuse fatalle,Trencha le fil, dont aultres criminelzFurent ce jour
quant et luy
terminez.§Deux femmes eut ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) : la premiereFut BergedrudeBertrude ( — 618)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II et l'aultre puis derniere,[600]SichildeSichilde ( — 627)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II eut nom.
De l'une,
DagobertDagobert Ier (611 — 19/01/639)Roi des Francs de la dynastie mérovingienneSon filz nasquit, et de l'aultre,
AribertCaribert Ier (520 — 567)Roi des Francs de Paris (561-567) .Aprés la mort de celle BergedrudeBertrude ( — 618)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II,Dont le dueil fut à luy fort dur et rude,Car bien l'aymoit et si faisoit chascun,[605]L'aultre espousa.
Mais s'il y a quelc'unDisant devoir d'elles maison et race,Escripre icy endroict,
saulve sa grace,Je ne puis pas en mettre ne coucher,Fors ce que voy la cronique en toucher.[610]§Or feyt le roy l'enffent DagobertDagobert Ier (611 — 19/01/639)Roi des Francs de la dynastie mérovingienne mettreÀ discipline, et ordonna son maistreEt precepteur, l'evesque lors de Metz,Non pour l'instruyre en plaisance orde,
mais,En bonnes meurs et morale scïence,[615]Car homme estoit de lettre et conscïence.À tant le laisse et n'y vueil arrester,Pour cy aprés à mon propos traicterQuelque incident qui semble raisonnableEn la matiere et assez convenable.
Travail en cours
Travail en cours
§Des vertuz du roy
clotaire
[465]§Qui trop au loing
naura les yeulx eſparsIcy verra clotaire bonnes partz.Donner aux ſiens en certaines prouinces.Et en monſtrant que honneur ſiet bien a princesVouldra quicter le tribut aux lombardz.
§Chapitre .iiie.
[470]LE roy clotaire /
entieremēt paiſible.De toute gaulle / hoꝛs mys trou ble nuyſible.Voullant vzer de liberalite.Bonte pꝛiuee et coꝛdialite.Manda vers luy ſa nobleſſe / fournye.[475]De foꝛt honneſte et belle baronnye.Et comme bꝛuyt ſoudain en place court.La ſe trouua vne ſi gꝛoſſe court.Que de ſeigneurs y eut terre couuerte.Loꝛs commanda tenir maiſon ouuerte.§Des
liberalitez.[480]Et feyt banquetz plantureux apꝛeſter.Pour gꝛandz / moyens / et petitz bien traicter.Si que au plaiſir et vueil de ſon entente.Bende ny euſt / qui ne fuſt trescontente.Oꝛ auoit il la gꝛace de tenir.[485]Telle parolle / a gentz entretenir.Que tout viuant de bonne fantaſie.Trouuoit en luy doulceur et courtoiſye.§De luy ne fut oncques
homme
engygne.Il eſtoit ſaige / et bien
moꝛigine.[490]Bening piteux / de bonne pacience.Les gentz aymant de ſaine conſcience.Aux humbles / doulx / courtoys et gꝛacieux.Dur aygꝛe et fier / aux fiers et vicieux.Il pugniſſoit tout cryme et maleffice.[495]Il pourueoit doffice ou benefficeCeulx quil ſcauoit lauoir bien deſſeruy.Tant enuers dieu ſe rendit aſſeruy.Quen ſa penſee eut touſiours / ſans contraīcteLimpꝛeſſion de ſon amour et craincte[500]Tant quen ce cours / terreſte demoura.Religion obſeruee honnoꝛa.§De clotaire.§foxi.§Science ayma
/ et gentz de bonne lettre.Il fut hardy foꝛt pꝛeux et bien a dextre.Et neſt trouue quen armes il ayt fait.[505]Iamais vng tour de laſche et vil effect.Le meſtier ſceut de chaſſes bien conduyꝛe.Et ſe y voulut ſouuenteſfoiz deſduyꝛe.En cas piteux / pꝛiue / ou general.Fut aulmoſnier treslarge et liberal.[510]Bꝛief comme au long ſa geſte dit et pꝛeuue.Ce fut vng roy de bien loyale eſpꝛeuue.§Oꝛ pour rentrer au
pꝛopos deuant mys.Apꝛes auoir / feſtoye ſes amys.Il deſploya treſoꝛs damples richeſſes.[515]Et leur monſtra telz ſignes de largeſſes.Que a peine loꝛs ſceuſſent alleguer dons.De plus peſans et ſumptueux
guerdons.§A ce garnier / dont mencion eſt faicte.Eut vollunte ſi tresbonne et affecte.[520]Quil leſtablit a tiltre de bon heur.De ſon palays pꝛeuoſt et gouuerneur.Comme extime auoir charge totale.De ſa cite et ville capitale.§Folle ſuaſion de
lendemond eueſque.§En auſtraſie inſtitua Rhadon.[525]Pour gouuerneur / en bourgongne
Herpon.Qui furent deux notables pꝛeudes hōmesDignes de auoir gꝛoſſes charges et ſommes.Fuſt temps de paix / ou guerre / comme ceulx.A bien ouurer / iamais non pareſſeux.[530]§Le xxxme an du regne a ce clotaire.Fut aux lombardz / le deuoir tributaire.Par luy quicte / dont ſes pꝛedeceſſeurs.Depuis gontran furent vrays poſſeſſeurs.§Cauſe alleguer
/ ſur ce ny en ſcay que vne.[535]Ceſt que au moyen de certaine pecune.Donnee a luy / ſa debonnairete.Les myct a pleine et pure liberte.§En ce meſme an comme
pluſieurs au monde.Sont empeſchez du crime et vice immmunde.[540]Qui fraulde a dol par trahyſon ſemond.Le faulx eueſque appele lendemond.A lappetit du ſeducteur althee.Folle parolle / en ſon cueur relatee.Vng iour penſant parler diſcrettement.[545]Deuers la royne alla ſecrettement.§A la
royne.§foxii.Luy conſeillant.
À plains coffres et
bouges.Tous ſes treſoꝛs faire poꝛter a bourges.Pour la raiſon que le roy ſon mary.Dont neantmoins monſtroit eſtre marry.[550]Deuoit ſelon fatale deſtinee.Comme il diſoit / deceder ceſte annee.Oultre luy dit que althee eſtoit ſeigneur.Comble de biens de vertuz et honneur.Et pꝛomettoit laiſſer ſa pꝛopꝛe femme.[555]Pour leſpouſer / ſans y penſer diffame.Selle vouloit apꝛes la moꝛt du roy.A ce moyen au train de noble arroy.Seroit touſiours haultement gouuernee.Et par deux foys en france couronnee.[560]§La bonne dame apꝛes
auoir ouy.Ce ſot pꝛopos / ſans non dire ne ouy.Pꝛiſe de dueil ſe gecta ſur ſa couche.Ainſi que faict celle que regꝛet touche.Tant du deſpit qui aſpꝛement la moꝛd.[565]Voyant ainſi pꝛonoſtiquer la moꝛt.De ſon eſpoux / que pour laygꝛeur / trenchanteDeſtre extimee ainſi laſche et meſchante.§Althee
proditeur.Que ſon honneur voulſiſt mettre au deſtour.De conſentir faire au roy vng tel tour.[570]§Loꝛs lendemond plein de malice caulte.Doubtant ſe veoir / pour ceſte blourde faulte.A honte mys / et deſhonneſtete.Deuers auſtraſe / homme de ſainctete.Se retira le pꝛiant au roy faire.[575]Humble requeſte affin que tel affaire.Luy pardonnaſt / en quoy auoit meſpꝛis.Mettant ſa foy a peu dextime et pꝛis.§Le bon pꝛeudhomme apꝛes
larmes piteuſes.Ne feyt reffus ſur ces choſes doubteuſes.[580]Ains tant requiſt le roy et ſupplia.Que a pardonner / ce mal conceu /
plya.Et qui plus eſt fut content de permettre.Celuy pꝛelat en ſon ſiege remettre.Mais bien ayant conſideracion.[585]A la menee et conſpiracion.Du
pꝛoditeur deuant nomme
althee.Voulut la cauſe eſtre miſe et traictee.Deuant pluſieurs legiſtes / gentz expers.Dont le pꝛoces / pꝛeſentz les douze pers.§Condampne a
mort.§foxiii.[590]Faict et conclud / ſa confeſſion pꝛiſe.Sur le deffault de ſi lourde meſpꝛiſe.Fut declaire du cas magnifeſte.Crime encouru de leze mageſte.Loꝛs condampne / a peyne capitalle.[595]Celle attropos furieuſe fatalle.Trencha le fil / dont aultres criminelz.Furent ce iour
quant et luy
terminez.§Deux femmes eut clotaire / la pꝛemiere.Fut bergedꝛude / et laultre puis derniere.[600]Sichilde eut nom /
de lune /
dagobert.Son filz naſquit / et de laultre /
aribert.Apꝛes la moꝛt de celle bergedꝛude.Dont le dueil fut a luy / foꝛt dur et rude.Car bien laymoit / et ſi faiſoit chaſcun.[605]Laultre eſpouſa /
mais ſil y a quelcun.Diſant deuoir delles maiſon et race.Eſcripꝛe icy / endꝛoict /
Saulue ſa gꝛace.Ie ne puis pas en mettre ne coucher.Foꝛs ce que voy la cronique en toucher.[610]§Oꝛ feyt le roy
/ lenffent dagobert mettre.A diſcipline / et oꝛdonna ſon maiſtre.Et pꝛecepteur / leueſque loꝛs de metz.Non pour linſtruyꝛe en plaiſance oꝛde /
MaisEn bonnes meurs / et moꝛale ſcience.[615]Car homme eſtoit de lettre et conſcience.A tant le laiſſe et ny vueil arreſter.Pour cy apꝛes a mon pꝛopos traicter.Quelque incident qui ſemble raiſonnable.En la matiere / et aſſez conuenable.
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[465]§Qui trop au loing
n'aura les yeulx espars,Icy verra ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) bonnes partzDonner aux siens en certaines provinces.Et en monstrant que honneur siet bien à princes,Vouldra quicter le tribut aux Lombardz.
§Chapitre iiie
[470]Le roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) entierement paisible,De toute Gaulle hors mys trouble nuysible,Voullant uzer de liberalité,Bonté privee et cordïalité,Manda vers luy sa noblesse, fournye[475]De fort honneste et belle baronnye.Et comme bruyt soudain en place court,Là se trouva une si grosse courtQue de seigneurs y eut terre couverte.Lors commanda tenir maison ouverte,§Des
liberalitez[480]Et feyt banquetz plantureux aprester,Pour grandz, moyens, et petitz bien traicter,Si que au plaisir et vueil de son entente,Bende n'y eust qui ne fust trés contente.Or avoit il la grace de tenir[485]Telle parolle, à gentz entretenir,Que tout vivant de bonne fantasieTrouvoit en luy doulceur et courtoisye.§De luy ne fut oncques
homme
engygné,Il estoit saige et bien
moriginé.[490]Bening, piteux, de bonne pacïence,Les gentz aymant de saine conscïence,Aux humbles doulx, courtoys et gracïeux,Dur, aygre et fier aux fiers et vicïeux,Il pugnissoit tout cryme et maleffice,[495]Il pourveoit d'office ou benefficeCeulx qu'il sçavoit l'avoir bien desservy.Tant envers DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme se rendit asservy,Qu'en sa pensee eut tousjours, sans contraincte,L'impressïon de son amour et craincte.[500]Tant qu'en ce cours terreste demoura,Religïon observee honnora.§De ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) §Scïence ayma et gentz de bonne lettre.Il fut hardy, fort preux et bien à dextre,Et n'est trouvé qu'en armes il ayt fait[505]Jamais ung tour de lasche et vil effect.Le mestier sceut de chasses bien conduyreEt se y voulut souventesfoiz desduyre.En cas piteux, privé ou general,Fut aulmosnier trés large et liberal.[510]Brief, comme au long sa geste dit et preuve,Ce fut ung roy de bien loyale espreuve.§Or, pour rentrer au
propos devant mys,Aprés avoir festoyé ses amys,Il desploya tresors d'amples richesses,[515]Et leur monstra telz signes de largesses,Que à peine lors sceussent alleguer donsDe plus pesans et sumptueux
guerdons.§À ce GarnierWarnachaire II (circa VI siècle avant J.C. — 627)Maire du palais, dont mencïon est faicte,Eut vollunté si trés bonne et affecte,[520]Qu'il l'establit à tiltre de bon heurDe son palays prevost et gouverneur,Comme extimé avoir charge totaleDe sa cité et ville capitale.§Folle suasion de
LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse evesque§En Austrasie, institua RhadonRhadon (Fin VI siècle — VII siècle)Sénéchal d'Austrasie[525]Pour gouverneur, en BourgongneHerponHerpon d'Orléans (Fin VI siècle — VII siècle)Duc de Burgondie,Qui furent d'eux notables preudes hommes.Dignes de avoir grosses charges et sommes,Fust temps de paix ou guerre, comme ceulxÀ bien ouvrer jamais non paresseux.[530]§Le .xxxme. an du regne à ce ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) ,Fut, aux Lombardz, le devoir tributairePar luy quicte, dont ses predecesseurs,Depuis GontranGontran (532 — 30/03/593)Roi des Francs de Bourgogne (561-593) Saint catholique, roi franc de Bourgogne, furent vrays possesseurs.§Cause alleguer sur ce, n'y en sçay que une,[535]C'est que au moyen de certaine pecuneDonnee à luy, sa debonnairetéLes myct à pleine et pure liberté.§En ce mesme an, comme
plusieurs au monde,Sont empeschez du crime et vice immmunde[540]Qui fraulde à dol, par trahyson semond.Le faulx evesque appelé LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse,À l'appetit du seducteur AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie,Folle parolle, en son cueur, relatee,Ung jour, pensant parler discrettement,[545]Devers la royne alla secrettement,§À la
royneLuy conseillant,
à plains coffres et
bouges,Tous ses tresors faire porter à Bourges,Pour la raison que le roy, son mary,Dont neantmoins monstroit estre marry,[550]Devoit, selon fatale destinee,Comme il disoit, deceder ceste annee.Oultre luy dit que AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie estoit seigneurComblé de biens de vertuz et honneur,Et promettoit laisser sa propre femme[555]Pour l'espouser, sans y penser diffame,S'elle vouloit, aprés la mort du roy.À ce moyen, au train de noble arroy,Seroit tousjours haultement gouvernee,Et par deux foys en France couronnee.[560]§La bonne dame, aprés
avoir ouÿCe sot propos, sans non dire ne ouy,Prise de dueil, se gecta sur sa couche,Ainsi que faict celle que regret touche,Tant du despit qui asprement la mord,[565]Voyant ainsi pronostiquer la mortDe son espoux, que pour l'aygreur trenchanteD'estre extimee ainsi lasche et meschante,§AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie
proditeurQue son honneur voulsist mettre au destourDe consentir faire au roy ung tel tour.[570]§Lors LendemondLendemond (Fin VI siècle — VII siècle)Evêque de Sion en Suisse, plein de malice caulte,Doubtant se veoir, pour ceste lourde faulte,À honte mys et deshonnesteté,Devers AustraseEustache de Luxeuil (circa 560 — circa 629)Saint catholique, homme de saincteté,Se retira, le prïant au roy faire[575]Humble requeste, affin que tel affaireLuy pardonnast, en quoy avoit mespris,Mettant sa foy à peu d'extime et pris.§Le bon preud'homme, aprés
larmes piteuses,Ne feyt reffus sur ces choses doubteuses,[580]Ains tant requist le roy et supplïa,Que à pardonner ce mal conceu
plya.Et qui plus est, fut content de permettreCeluy prelat en son siege remettre.Mais bien ayant consideracïon[585]À la menee et conspiracïonDu
proditeur, devant nommé
AltheeAletheus (VI siècle — 616)Patrice de Burgondie,Voulut la cause estre mise et traictee.Devant plusieurs legistes, gentz expers,Dont le procés, presentz les douze pers,§Condampné à
mort[590]Faict et conclud, sa confessïon prise,Sur le deffault de si lourde mesprise,Fut declairé du cas magnifesté,Crime encouru de leze magesté.Lors, condampné à peyne capitalle,[595]Celle AttroposAtroposDivinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la
vie, furieuse fatalle,Trencha le fil, dont aultres criminelzFurent ce jour
quant et luy
terminez.§Deux femmes eut ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) : la premiereFut BergedrudeBertrude ( — 618)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II et l'aultre puis derniere,[600]SichildeSichilde ( — 627)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II eut nom.
De l'une,
DagobertDagobert Ier (611 — 19/01/639)Roi des Francs de la dynastie mérovingienneSon filz nasquit, et de l'aultre,
AribertCaribert Ier (520 — 567)Roi des Francs de Paris (561-567) .Aprés la mort de celle BergedrudeBertrude ( — 618)Reine des Francs (?-?) Epouse de Clotaire II,Dont le dueil fut à luy fort dur et rude,Car bien l'aymoit et si faisoit chascun,[605]L'aultre espousa.
Mais s'il y a quelc'unDisant devoir d'elles maison et race,Escripre icy endroict,
saulve sa grace,Je ne puis pas en mettre ne coucher,Fors ce que voy la cronique en toucher.[610]§Or feyt le roy l'enffent DagobertDagobert Ier (611 — 19/01/639)Roi des Francs de la dynastie mérovingienne mettreÀ discipline, et ordonna son maistreEt precepteur, l'evesque lors de Metz,Non pour l'instruyre en plaisance orde,
mais,En bonnes meurs et morale scïence,[615]Car homme estoit de lettre et conscïence.À tant le laisse et n'y vueil arrester,Pour cy aprés à mon propos traicterQuelque incident qui semble raisonnableEn la matiere et assez convenable.