Cretin ne
paraît pas se rendre compte de l'incohérence de son propos. Après
avoir présenté, au chapitre 31, Bertoald et Protade comme des rivaux
actifs à la cour de Théodebert II, le second ayant la faveur de
Brunehaut (conformément à sa source ; voir la note du v. 4794), il
démarre ce chapitre en annonçant que Protade est en réalité un
favori de Thierry II, à la cour duquel Brunehaut jouit d'une grande
influence. La source que suit, amplifie et corrige désormais Cretin,
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXVr,
continue de faire l'erreur et de confondre Thierry II et Théodebert
II : « Entre les maistres et officiers de l'hostel du roy
Thidebert estoit ung Italien nommé Prothadius, lequel (comme
l'on croyoit) avoit compaignye de luxure avecques Brunechilde,
pour raison de quoy elle s'efforçoit de tout son pouoir à le
avance et mettre en grant dignité et auctorité envers le roy. Et
certes il pouoit beaucoup, car cest Italien, à cause de son
engin et astuce, estoit au roy moult agreable, mais pour sa
singuliere avarice de pecune trempoit en la hayne de tous les
seigneurs. »
Ce
développement moralisateur est de Cretin. Il en exhibe la vocation
édifiante par le verbe « on notte », qu'il fait rimer
avec une variante du proverbe attesté dès le XVe siècle « (Au partir) il faut
compter à l'hôte », signifiant que tout finit par se
payer.
« Mettre les fers au
feu » signifie « commencer à travailler à quelque chose, à
s'occuper d'une affaire ». Cette locution proverbiale prépare
habilement l'hyperbole du vers suivant.
Tout en escamotant la mention des
ambassadeurs qui ralentit le propos, Cretin continue de suivre [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXVr, dont le
compte rendu est un peu obscur du fait de la confusion antérieure
entre Théodebert II et Thierry II : « Brunechilde doncques
joyssant de ce Prothadius, et laquelle pas ne aymoyt Thidebert,
roy de Metz, qui l'avoit bannye de sa compagnye, donna entre à
Thierry, frere dudit Thidebert, qu'il avoit desrobé les tresors
de son pere, partie desqeulz il devoit estre heritier, et qui
plus est, que Thidebert estoit bastard, né et engendré d'ung
jardinier. Par quoy, convenoit qu'il envoyast par devers luy ses
ambassadeurs pour repeter et avoir de son pere et la sienne
pecune avecques tous les biens meubles et ustancilles delaissez
par son deceez. »
Ces quatre vers, qui ne se retrouvent pas dans les sources de
Cretin, et dont celui-ci souligne les deux premiers par une rime
équivoquée, font indubitablement écho à la jeunesse et aux prouesses
de François Ier, tout en l'invitant à ne
pas céder à la « lascivité ».
Une fois n'est pas coutume, lorsqu'il s'agit d'un récit de
bataille, Cretin amplifie considérablement [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXVr, et modifie le lieu de
l'affrontement, ne reconnaissant vraisemblablement pas
Quierzy-sur-Oise dans la localité mentionnée : « De tel
conseil, Thierry, souventesfoys animé, voyant que en vain
admnnestoit Thidebert, grant compaignye de gens d'armes amassee,
marcha contre Thidebert et assist ses tentes à Carise. Et pource
que Thidebert n'estoit loing de luy, instruysit son armee pour
batailler le lendemain. »
Cretin
poursuit sa réécriture de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXVr : « Mais les plus principaulx
de l'armee, pensans que c'estoit une chose vile et honteuse les
freres se entrebatre et batailler l'ung contre l'aultre,
saichans aussi l'effect des guerres par lesquelles les royaulmes
et seigneuries ont de coustume estre rompuz et aucunesfoys
reprimez et destruitz, se transporterent vers le roy. Le
prierent qu'ilz [sic] ne violast follement la pityé et charité
fraternelle, et davantaige que chose ne commette par quoy sa
dignité et ses fortunes en soient pires. » Ces pourparlers
faits au moment où la bataille est sur le point de débuter sont une
topique de la Chronique française : on en trouve
d'autres occurrences aux v. 484-494, 3532-3557 et
5074-5087.
Cretin transforme
le discours direct qu'il trouve chez [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXVr en discours indirect :
« Au contraire, Prothadius, voulant faire ployer le roy en
autre oppinion : « Ce n'est pas (dit il), chose decente de
soudain traicter paix pour une legiere cause, mais fault
tenter le couraige de l'adversaire se d'aventure il vouldra
acquiescer aux demandes qui luy seront faictes. » Par
lesquelles parolles les seigneurs irritez conspirerent en la
mort de Prothadius. »
Cretin continue sa réécriture de [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XXVr, abrégeant
significativement un passage dans lequel les seigneurs désobéissent
au roi : « Incontinent se leva tumulte, lequel fut apperceu par
le roy Thierry, estant à l'entree de sa tente, par aucune
conjecture. Lors le roy prohibant que l'on ne fist aucune
violence à Prothadius, fut empesché et detenu par aucuns des
conspirateurs qu'il ne passast plus avant. Neautmoins,
perseverant en sa sentence, appella Uselin auquel enjoignyt
signifier aux gens d'armes qu'ilz ne feissent nuysance à
Prothadius. Mais Uselin, consentant de ceste conspiration de
tant que Prothadius estoit de tous hay, venant aux conjurateurs
: « Le roy (dist il) vous mande que Prothadius soit
occis. » À ceste cause les gens d'armes et chevaliers
coururent legierement et tuerent cest homme jouant aux tables
avecques ung nommé Pierre, medecin. Laquelle chose commise, tous
coururent à la tente du roy, le prians qu'il ne soit couroucé de
la mort du trés mausvais homme qu'ilz savoient estre ennemy de
paix et amityé. À cecy esmeu Thierry l'homicide froyschement
fait, comme n'y eust voye ne occasion d'estre provoqué à ire à
l'encontre de plusieurs, retira son couraige et à paix se
accorda, laquelle faite par le conseil des chevaliers avant que
batailler et combatre en armes, chascun s'en
alla. »
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxxiii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappitre xxxiiie
BnFfr17274 Chapitre xxxiiie
Cha515 Chappitre .xxxiiie.
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 ce
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965 tel
BnFfr17274, BnFfr23146 sa
Cha515 acointent ;
BnFfr4964, BnFfr4965 accointtent ;
Aix419 accoinctent ;
BnFfr17274 accointent ;
BnFfr23146 accoinctent
BnFfr2818 porte leçon rejetée
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 portent
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 aux
BnFfr4964, BnFfr4965, BnFfr17274, Cha515 leur
Aix419 leur
BnFfr23146 leurs
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 jeunesse
BnFfr17274, BnFfr23146 om.
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 jeu n'esse
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 Trop
BnFfr4965, BnFfr23146, BnFfr17274 en
Aix419 coustilleur
BnFfr17274 coustiller
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 pour tout bien
Aix419, BnFfr17274, Cha515, BnFfr4964 voyans ;
BnFfr23146 veoians ;
BnFfr4965 voyantz