Vne comette cheutte / et le ciel ardoir fut veu
ſus SoiſſonsFueił
§Grandz ſignes veuz
en laer / font mectre icy
Maulx aduenuz et la mort de TheodoreFilz Chilperich Dont rend Fredegonde
oreFemmes a mort / et Mommolin auſſi
§
Chapitre. xxiiie.
[3615]DUrans
ces iours / fut veue vne cometteClere et barbue en laer /. Et quoy quon
mecteEſtre
influance au naturel reſpect /Si eſt touſiours vng tel ſigne ſuſpect /De rappoꝛter quelque mauuais pꝛeſaige /[3620]Loꝛs oultre dꝛoit / diſcours de pꝛopꝛe vſaigeFut veu le ciel / deſſus Soiſſons
ardoir /.Dedans Parisdunnuaige
foꝛt noir
Degoutta ſang /
en
veue aſſez pꝛouuee /.Et a Senlis fut la maiſon trouuee[3625]Dun laboureur / ſanglante par dedans /.Ce furent tous augures pꝛetendansPꝛonoſtiquer (en france) eſtre
moleſteDe maladie et venimeuſe peſteCe qui fut vray /. et tout ainſi aduint /[3630]Car celluy
tēps
en des lieux plus de vingtLepidimye / et fiere peſtilenceGentz eſtrangla par foꝛte violenceEt tout ſoudain
cauſa lourdz
abatizSusieunes
/ vieilz / gꝛandz / moyens / et petitz /Mommolin accuſe de la
mort du filz de Chilperich
[3635]Meſme a lenfant Theodoꝛe /
l
anneePar Fredegonde enfante / fut meneeLa
vie a fin de lexil perilleuxDont roy et royne eurent dueil merueilleuxMais
au
pꝛouchatz d
aulcuns / diſoit la mere[3640]Que par poiſon de potion amereAuoit eſte ſon enfant a moꝛt mysEt que par trop ſen eſtoit entremysCe Mommolin / dont mention
ay
faictePar cy deuant / en ſoꝛte aſſez
affecte /.[3645]Si meſbahis que homme de tel creditTant
foꝛuoya
/ veu
ce
que leſcript dit /Quil
ſaccointa
de truandes ſoꝛcieresEt leur
donna
foꝛce rentes foncieresAffin dauoir le ſang des innoſcens[3650]Pour le ſeruir
hoꝛs raiſon de bon
ſensA charmes / ſoꝛtz / mixtions de bꝛuuaigesDont il
vſoit
en facons
moult
ſauluaigesLoꝛs pour le faict de ceſte meſpꝛiſonFut detenu en eſtroicte pꝛiſon[3655]Puys
veuz
les cas ſi enoꝛmes infamesEt exceſſifz de ces vilaines femmesPar le recit de leurs confeſſionsOn auanca les executionsEt entre mains
des
bourreaux deliureesTourmentz que Chilperich fiſt endurer a Mommolin.
Fueił[3660]Furent par foꝛce a cheuaulx deſmembꝛees§Sur
ce le roy Mommolin fiſt lierEſtroictement et batre
a
vng
pillierLinterroguant de la faulte commiſeDont luy eſtoit
foꝛt
gꝛande
coulpe miſe[3665]Et par expꝛes luy enquiſt / quelz pꝛouffitzAuoit
receuz
a la moꝛt de ſon filzA quoy rendit reſponſe
vaine
et crueDiſant quau faict de ceſte moꝛt meſcreue
Ny entendoit
aulcun mal /
ne
ſcauoit[3670]Mais
quelques
fois / ſoꝛtz et charmes auoitBien pꝛacticquez /
affin dauoir
ſa gꝛacePour enrichir luy et toute ſa race /.§Sans
autrement laffaire diſcuterVoult Chilperich le
faire executer[3675]Et
ſi
ne fuſt la pꝛiere humble et doulceDe Fredegonde.
Il auoit la ſecouſſeMais tant requiſt (pour luy) et
ſuppliaQuen ſa faueur le roy
a
ce pliaEt le remiſt
a
plaine deliurance[3680]Si neut il pas
pourtant la
recouuranceDe ſa ſante /. Car ſes membꝛes caſſezDes maulx receuz / furent trop plus que aſſezPar tant dennuys / triſteſſes
langoureuſesTourmentz et gꝛiefz de peines douloureuſesLa royne Fredegonde enceinte dun filz.[3685]
Que eut en pꝛiſon /. en trois ou quatre pasFranchit le
ſault
/ de lextreme treſpas
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Une comette cheutte et le ciel ardoir fut veu
sus Soissons
§Grandz signes veuz
en l'aer font mectre icy+24 [BnFfr4965]Maulx advenuz et la mort de TheodoreThierry (582 — 584) (?-?) Fils de Chilpéric I,Filz ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , dont rend FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584)
oreFemmes à mort et MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier aussi.
[3615]Durans+Durant [BnFfr17274] ces jours, fut veue une cometteClere et barbue en l'aer. Et quoy qu'on mecte+om. [BnFfr4965]Estre+Ceste [BnFfr23146, BnFfr17274] influance au naturel respect,Si est tousjours ung tel signe suspectDe rapporter quelque mauvais presaige1.[3620]Lors, oultre droit discours de propre usaige,Fut veu le ciel, dessus Soissons,
ardoir.Dedans Paris, d'un+ung [BnFfr23146]nuaige+ymaige [BnFfr17274] fort noir,
Degoutta sang
en+à [BnFfr23146] veue assez prouvee2,Et, à Senlis, fut la maison trouvee[3625]D'un laboureur sanglante par dedans.Ce furent tous augures pretendansPronostiquer en France estre
molesteDe maladie et venimeuse peste,Ce qui fut vray et tout ainsi advint.[3630]Car celluy temps+an [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965], en des lieux plus de vingt,L'epidimye et fiere pestilenceGentz estrangla par forte vïolence,Et tout soudain causa lourdz
abatizSusjeunes+jeune [BnFfr23146], vieilz, grandz, moyens et petitz3.MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier accusé de la
mort du filz de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) [3635]Mesme à l'enfant TheodoreThierry (582 — 584) (?-?) Fils de Chilpéric I,
l'+telle [BnFfr4965, BnFfr23146]celle [BnFfr17274] anneePar FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) enfanté, fut meneeLa vie à fin de l'exil perilleux,Dont roy et royne eurent dueil merveilleux.Mais au
prouchatz d'
aulcuns, disoit la mere[3640]Que par poison de potïon amereAvoit esté son enfant à mort mys,Et que par trop s'en estoit entremysCe MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier, dont mentïon ay+est [Aix419] faicte+Par cy devant, en sorte assez affecte [BnFfr4965]Par cy devant, en sorte assez
affecte.+Ce Mommolin, dont mentïon ay faicte [BnFfr4965][3645]Si m'esbahis que homme de tel creditTant forvoya+forvoié [BnFfr23146]fourvoyé [BnFfr17274], veu ce+se [BnFfr23146] que l'escript dit,Qu'il
s'accointa+s'accoincte [BnFfr23146] de truandes sorcieres4Et leur donna+donne [BnFfr23146] force rentes foncieres,Affin d'avoir le sang des innoscens[3650]Pour le servir hors raison de bon sens+sang [BnFfr23146],À charmes, sortz, mixtïons de bruvaiges,Dont il usoit en façons moult+trop [BnFfr4965] saulvaiges.Lors pour le faict de ceste mesprisonFut detenu en estroicte prison.[3655]Puys veuz+veu [BnFfr17274, BnFfr23146]
les cas si enormes, infamesEt excessifz de ces vilaines femmes,Par le recit de leurs confessïons,On avança les executïonsEt entre mains des+de [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] bourreaux delivreesTourmentz que ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) fist endurer à MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier[3660]Furent par force à chevaulx desmembrees5.§Sur
ce, le roy, MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier fist lïerEstroictement et batre à+en [BnFfr4965] ung pillier+pillé [BnFfr23146],L'interroguant de la faulte commiseDont luy estoit fort+om. [BnFfr4965]+à [BnFfr17274] grande coulpe mise.[3665]Et, par exprés, luy enquist quelz prouffitzAvoit receuz+receu [BnFfr23146] à la mort de son filz.À quoy rendit response vaine+vifve [BnFfr23146] et crue,Disant qu'au faict de ceste mort mescreue N'y entendoit
aulcun mal,
ne sçavoit,[3670]Mais quelques+quelque [BnFfr23146] fois, sortz et charmes avoitBien practicquez,
affin d'avoir+pour mieulx
avoir [BnFfr17274] sa gracePour enrichir luy et toute sa race6.§Sans
autrement l'affaire discuter,Voult ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) le
faire executer,[3675]Et si+s'il [BnFfr4965] ne fust la prïere humble et doulceDe FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ,
il avoit la secousse.Mais tant requist pour luy et
supplïa,Qu'en sa faveur le roy à+en [BnFfr23146] ce plïaEt le remist à+en [BnFfr23146] plaine delivrance.[3680]Si n'eut il pas pourtant la recouvranceDe sa santé. Car ses membres cassezDes maulx receuz, furent trop plus que assezPar tant d'ennuys, tristesses
langoureuses,Tourmentz et griefz de peines douloureusesLa royne FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) enceinte d'un filz[3685] Que eut en prison, en trois ou quatre pasFranchit le sault+pas [BnFfr4965] de l'extreme trespas7.
Cretin développe l'interprétation de cette comète
dont la description est reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « Durant ces jours, fut veue une
comette environnee de nuee obscure, resplendissant d'ung seul ray. »
Sur ces phénomènes et leur interprétation, voir la note au v.
2648.
Cretin est
un peu moins spécifique que [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « À Paris degoutta sang d'une nee
es vestemens de plusieurs. »
Cretin amplifie [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr tout en lui empruntant l'unique
symptôme signalé de cette maladie : « Après ces signes merveilleux
vint une peste venimeuse, laquelle beaucoup de gens estrangla.
»
Cretin suit [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXr de si près qu'il reproduit ses choix lexicaux et le renvoi
interne erroné : « Durant que ces choses se faisoient mourut
Theodore, que la royne Fredegonde avoit de nouvel enfanté, la mort
duquel a l'instigation et prochaz de aucuns la mere mectoit sus à
Mommolin (duquel j'ay fait cy dessus mention) et aussi à quelques
femmes sortieres. » En réalité, il ne s'agit pas du Eunius MummolusMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier évoqué aux v.
2185-2240, et alors présenté comme un capitaine de Gontran. Le «
Mommolin » dont il est ici question évolue à la cour de Chilpéric et
Frédégonde, où il meurt (v. 3688-3693). Eunius Mummolus, passé du
service de Gontran à celui de GondovaldGondovald (VIe siècle — ?)Roi français, est quant à lui tué au siège de Bordeaux
(en réalité Saint-Bertrand-de-Comminges) de 585, ainsi que l'évoque
la Chronique française aux v. 4392-4397.
Cretin amplifie le récit de [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XXr tout en
simplifiant le supplice et en retranchant, étrangement, l'aveu
explicite des accusées d'avoir commis l'assassinat de Thierry : «
Ces femmes apprehendees, fut congneu qu'elles avoient fait mourir
plusieurs perosnnes, le sang desquelles avoit proffitté à Mommolin.
Et après confesserent que en semblable maniere avoit Theodore esté
occis. D'icelles femmes fut faicte punition, les unes vives
bruslees, les aultres torses et desmembrees. »
Rien ne correspond chez [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXr à l'interrogatoire par
Chilpéric de Mommolin confessant avoir tué sans mobile précis.
Cretin s'inspire ici des GCF, liv. III, chap. 17
(vol. 1, p. 305-306) : « Li rois le [Mummolus] fist venir devant lui
estraint et lié de buies et de chaynes, pendre le fist à I tref les
mains derriere le dos, puis li demanda se il savoit riens du cas
dont les fames l'avoient acusé. Il respondi que de la mort son fiuz
ne savoit-il riens ; mès il requenut bien que aucune foiz il reçut
de eles aucuns bevrages et divers charmes pour aquerre la grâce du
roy et de la royne. Lors le fist li rois despendre et giter en
prison ».
Chez Cretin, Mommolin est condamné par Chilpéric
pour ses manoeuvres illicites, alors que les GCF,
liv. III, chap. 17 (vol. 1, p. 306) qu'il suivait quelques lignes
plus tôt indiquaient qu'il devait sa perte à une fanfaronnade peu au
goût de Chilpéric : « et puis li [Chilpéric] manda cil Mommoles,
quant il fu en prison, que de quanque l'en li avoit fez de tourmenz,
il n'en avoit senti nul mal. Moult s'en merveilla li rois et dist
que ce estoit uns enchantierres. En tel haine le cueilli por ceste
parole que il commanda qu'il fust ocis. » Quoi qu'il en soit, la
conclusion de cet épisode dans la Chronique
française, qui met en scène une surprenante mansuétude de la
part de Frédégonde que Cretin ne cherche pas à expliquer, est
reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XXr, qui n'en dit pas plus sur le soudain revirement de la reine : «
Et jaçoit que Chilperic eust ordonné faire mourir Mommolin,
toutesvoyes par les prieres de Fredegonde le laissa, mais comme il
fust tout en son corps par divers tourmens rompu et brisé, peu après
alla de vie à trespas. »
Vne comette cheutte / et le ciel ardoir fut veu
ſus SoiſſonsFueił
§Grandz ſignes veuz
en laer / font mectre icy
Maulx aduenuz et la mort de TheodoreFilz Chilperich Dont rend Fredegonde
oreFemmes a mort / et Mommolin auſſi
§
Chapitre. xxiiie.
[3615]DUrans
ces iours / fut veue vne cometteClere et barbue en laer /. Et quoy quon
mecteEſtre
influance au naturel reſpect /Si eſt touſiours vng tel ſigne ſuſpect /De rappoꝛter quelque mauuais pꝛeſaige /[3620]Loꝛs oultre dꝛoit / diſcours de pꝛopꝛe vſaigeFut veu le ciel / deſſus Soiſſons
ardoir /.Dedans Parisdunnuaige
foꝛt noir
Degoutta ſang /
en
veue aſſez pꝛouuee /.Et a Senlis fut la maiſon trouuee[3625]Dun laboureur / ſanglante par dedans /.Ce furent tous augures pꝛetendansPꝛonoſtiquer (en france) eſtre
moleſteDe maladie et venimeuſe peſteCe qui fut vray /. et tout ainſi aduint /[3630]Car celluy
tēps
en des lieux plus de vingtLepidimye / et fiere peſtilenceGentz eſtrangla par foꝛte violenceEt tout ſoudain
cauſa lourdz
abatizSusieunes
/ vieilz / gꝛandz / moyens / et petitz /Mommolin accuſe de la
mort du filz de Chilperich
[3635]Meſme a lenfant Theodoꝛe /
l
anneePar Fredegonde enfante / fut meneeLa
vie a fin de lexil perilleuxDont roy et royne eurent dueil merueilleuxMais
au
pꝛouchatz d
aulcuns / diſoit la mere[3640]Que par poiſon de potion amereAuoit eſte ſon enfant a moꝛt mysEt que par trop ſen eſtoit entremysCe Mommolin / dont mention
ay
faictePar cy deuant / en ſoꝛte aſſez
affecte /.[3645]Si meſbahis que homme de tel creditTant
foꝛuoya
/ veu
ce
que leſcript dit /Quil
ſaccointa
de truandes ſoꝛcieresEt leur
donna
foꝛce rentes foncieresAffin dauoir le ſang des innoſcens[3650]Pour le ſeruir
hoꝛs raiſon de bon
ſensA charmes / ſoꝛtz / mixtions de bꝛuuaigesDont il
vſoit
en facons
moult
ſauluaigesLoꝛs pour le faict de ceſte meſpꝛiſonFut detenu en eſtroicte pꝛiſon[3655]Puys
veuz
les cas ſi enoꝛmes infamesEt exceſſifz de ces vilaines femmesPar le recit de leurs confeſſionsOn auanca les executionsEt entre mains
des
bourreaux deliureesTourmentz que Chilperich fiſt endurer a Mommolin.
Fueił[3660]Furent par foꝛce a cheuaulx deſmembꝛees§Sur
ce le roy Mommolin fiſt lierEſtroictement et batre
a
vng
pillierLinterroguant de la faulte commiſeDont luy eſtoit
foꝛt
gꝛande
coulpe miſe[3665]Et par expꝛes luy enquiſt / quelz pꝛouffitzAuoit
receuz
a la moꝛt de ſon filzA quoy rendit reſponſe
vaine
et crueDiſant quau faict de ceſte moꝛt meſcreue
Ny entendoit
aulcun mal /
ne
ſcauoit[3670]Mais
quelques
fois / ſoꝛtz et charmes auoitBien pꝛacticquez /
affin dauoir
ſa gꝛacePour enrichir luy et toute ſa race /.§Sans
autrement laffaire diſcuterVoult Chilperich le
faire executer[3675]Et
ſi
ne fuſt la pꝛiere humble et doulceDe Fredegonde.
Il auoit la ſecouſſeMais tant requiſt (pour luy) et
ſuppliaQuen ſa faueur le roy
a
ce pliaEt le remiſt
a
plaine deliurance[3680]Si neut il pas
pourtant la
recouuranceDe ſa ſante /. Car ſes membꝛes caſſezDes maulx receuz / furent trop plus que aſſezPar tant dennuys / triſteſſes
langoureuſesTourmentz et gꝛiefz de peines douloureuſesLa royne Fredegonde enceinte dun filz.[3685]
Que eut en pꝛiſon /. en trois ou quatre pasFranchit le
ſault
/ de lextreme treſpas
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Une comette cheutte et le ciel ardoir fut veu
sus Soissons
§Grandz signes veuz
en l'aer font mectre icy+24 [BnFfr4965]Maulx advenuz et la mort de TheodoreThierry (582 — 584) (?-?) Fils de Chilpéric I,Filz ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , dont rend FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584)
oreFemmes à mort et MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier aussi.
[3615]Durans+Durant [BnFfr17274] ces jours, fut veue une cometteClere et barbue en l'aer. Et quoy qu'on mecte+om. [BnFfr4965]Estre+Ceste [BnFfr23146, BnFfr17274] influance au naturel respect,Si est tousjours ung tel signe suspectDe rapporter quelque mauvais presaige1.[3620]Lors, oultre droit discours de propre usaige,Fut veu le ciel, dessus Soissons,
ardoir.Dedans Paris, d'un+ung [BnFfr23146]nuaige+ymaige [BnFfr17274] fort noir,
Degoutta sang
en+à [BnFfr23146] veue assez prouvee2,Et, à Senlis, fut la maison trouvee[3625]D'un laboureur sanglante par dedans.Ce furent tous augures pretendansPronostiquer en France estre
molesteDe maladie et venimeuse peste,Ce qui fut vray et tout ainsi advint.[3630]Car celluy temps+an [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965], en des lieux plus de vingt,L'epidimye et fiere pestilenceGentz estrangla par forte vïolence,Et tout soudain causa lourdz
abatizSusjeunes+jeune [BnFfr23146], vieilz, grandz, moyens et petitz3.MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier accusé de la
mort du filz de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) [3635]Mesme à l'enfant TheodoreThierry (582 — 584) (?-?) Fils de Chilpéric I,
l'+telle [BnFfr4965, BnFfr23146]celle [BnFfr17274] anneePar FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) enfanté, fut meneeLa vie à fin de l'exil perilleux,Dont roy et royne eurent dueil merveilleux.Mais au
prouchatz d'
aulcuns, disoit la mere[3640]Que par poison de potïon amereAvoit esté son enfant à mort mys,Et que par trop s'en estoit entremysCe MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier, dont mentïon ay+est [Aix419] faicte+Par cy devant, en sorte assez affecte [BnFfr4965]Par cy devant, en sorte assez
affecte.+Ce Mommolin, dont mentïon ay faicte [BnFfr4965][3645]Si m'esbahis que homme de tel creditTant forvoya+forvoié [BnFfr23146]fourvoyé [BnFfr17274], veu ce+se [BnFfr23146] que l'escript dit,Qu'il
s'accointa+s'accoincte [BnFfr23146] de truandes sorcieres4Et leur donna+donne [BnFfr23146] force rentes foncieres,Affin d'avoir le sang des innoscens[3650]Pour le servir hors raison de bon sens+sang [BnFfr23146],À charmes, sortz, mixtïons de bruvaiges,Dont il usoit en façons moult+trop [BnFfr4965] saulvaiges.Lors pour le faict de ceste mesprisonFut detenu en estroicte prison.[3655]Puys veuz+veu [BnFfr17274, BnFfr23146]
les cas si enormes, infamesEt excessifz de ces vilaines femmes,Par le recit de leurs confessïons,On avança les executïonsEt entre mains des+de [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] bourreaux delivreesTourmentz que ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) fist endurer à MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier[3660]Furent par force à chevaulx desmembrees5.§Sur
ce, le roy, MommolinMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier fist lïerEstroictement et batre à+en [BnFfr4965] ung pillier+pillé [BnFfr23146],L'interroguant de la faulte commiseDont luy estoit fort+om. [BnFfr4965]+à [BnFfr17274] grande coulpe mise.[3665]Et, par exprés, luy enquist quelz prouffitzAvoit receuz+receu [BnFfr23146] à la mort de son filz.À quoy rendit response vaine+vifve [BnFfr23146] et crue,Disant qu'au faict de ceste mort mescreue N'y entendoit
aulcun mal,
ne sçavoit,[3670]Mais quelques+quelque [BnFfr23146] fois, sortz et charmes avoitBien practicquez,
affin d'avoir+pour mieulx
avoir [BnFfr17274] sa gracePour enrichir luy et toute sa race6.§Sans
autrement l'affaire discuter,Voult ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) le
faire executer,[3675]Et si+s'il [BnFfr4965] ne fust la prïere humble et doulceDe FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ,
il avoit la secousse.Mais tant requist pour luy et
supplïa,Qu'en sa faveur le roy à+en [BnFfr23146] ce plïaEt le remist à+en [BnFfr23146] plaine delivrance.[3680]Si n'eut il pas pourtant la recouvranceDe sa santé. Car ses membres cassezDes maulx receuz, furent trop plus que assezPar tant d'ennuys, tristesses
langoureuses,Tourmentz et griefz de peines douloureusesLa royne FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) enceinte d'un filz[3685] Que eut en prison, en trois ou quatre pasFranchit le sault+pas [BnFfr4965] de l'extreme trespas7.
Cretin développe l'interprétation de cette comète
dont la description est reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « Durant ces jours, fut veue une
comette environnee de nuee obscure, resplendissant d'ung seul ray. »
Sur ces phénomènes et leur interprétation, voir la note au v.
2648.
Cretin est
un peu moins spécifique que [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « À Paris degoutta sang d'une nee
es vestemens de plusieurs. »
Cretin amplifie [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr tout en lui empruntant l'unique
symptôme signalé de cette maladie : « Après ces signes merveilleux
vint une peste venimeuse, laquelle beaucoup de gens estrangla.
»
Cretin suit [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXr de si près qu'il reproduit ses choix lexicaux et le renvoi
interne erroné : « Durant que ces choses se faisoient mourut
Theodore, que la royne Fredegonde avoit de nouvel enfanté, la mort
duquel a l'instigation et prochaz de aucuns la mere mectoit sus à
Mommolin (duquel j'ay fait cy dessus mention) et aussi à quelques
femmes sortieres. » En réalité, il ne s'agit pas du Eunius MummolusMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier évoqué aux v.
2185-2240, et alors présenté comme un capitaine de Gontran. Le «
Mommolin » dont il est ici question évolue à la cour de Chilpéric et
Frédégonde, où il meurt (v. 3688-3693). Eunius Mummolus, passé du
service de Gontran à celui de GondovaldGondovald (VIe siècle — ?)Roi français, est quant à lui tué au siège de Bordeaux
(en réalité Saint-Bertrand-de-Comminges) de 585, ainsi que l'évoque
la Chronique française aux v. 4392-4397.
Cretin amplifie le récit de [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XXr tout en
simplifiant le supplice et en retranchant, étrangement, l'aveu
explicite des accusées d'avoir commis l'assassinat de Thierry : «
Ces femmes apprehendees, fut congneu qu'elles avoient fait mourir
plusieurs perosnnes, le sang desquelles avoit proffitté à Mommolin.
Et après confesserent que en semblable maniere avoit Theodore esté
occis. D'icelles femmes fut faicte punition, les unes vives
bruslees, les aultres torses et desmembrees. »
Rien ne correspond chez [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXr à l'interrogatoire par
Chilpéric de Mommolin confessant avoir tué sans mobile précis.
Cretin s'inspire ici des GCF, liv. III, chap. 17
(vol. 1, p. 305-306) : « Li rois le [Mummolus] fist venir devant lui
estraint et lié de buies et de chaynes, pendre le fist à I tref les
mains derriere le dos, puis li demanda se il savoit riens du cas
dont les fames l'avoient acusé. Il respondi que de la mort son fiuz
ne savoit-il riens ; mès il requenut bien que aucune foiz il reçut
de eles aucuns bevrages et divers charmes pour aquerre la grâce du
roy et de la royne. Lors le fist li rois despendre et giter en
prison ».
Chez Cretin, Mommolin est condamné par Chilpéric
pour ses manoeuvres illicites, alors que les GCF,
liv. III, chap. 17 (vol. 1, p. 306) qu'il suivait quelques lignes
plus tôt indiquaient qu'il devait sa perte à une fanfaronnade peu au
goût de Chilpéric : « et puis li [Chilpéric] manda cil Mommoles,
quant il fu en prison, que de quanque l'en li avoit fez de tourmenz,
il n'en avoit senti nul mal. Moult s'en merveilla li rois et dist
que ce estoit uns enchantierres. En tel haine le cueilli por ceste
parole que il commanda qu'il fust ocis. » Quoi qu'il en soit, la
conclusion de cet épisode dans la Chronique
française, qui met en scène une surprenante mansuétude de la
part de Frédégonde que Cretin ne cherche pas à expliquer, est
reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XXr, qui n'en dit pas plus sur le soudain revirement de la reine : «
Et jaçoit que Chilperic eust ordonné faire mourir Mommolin,
toutesvoyes par les prieres de Fredegonde le laissa, mais comme il
fust tout en son corps par divers tourmens rompu et brisé, peu après
alla de vie à trespas. »
Cretin développe l'interprétation de cette comète
dont la description est reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « Durant ces jours, fut veue une
comette environnee de nuee obscure, resplendissant d'ung seul ray. »
Sur ces phénomènes et leur interprétation, voir la note au v.
2648.
Cretin est
un peu moins spécifique que [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr : « À Paris degoutta sang d'une nee
es vestemens de plusieurs. »
Cretin amplifie [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXr tout en lui empruntant l'unique
symptôme signalé de cette maladie : « Après ces signes merveilleux
vint une peste venimeuse, laquelle beaucoup de gens estrangla.
»
Cretin suit [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXr de si près qu'il reproduit ses choix lexicaux et le renvoi
interne erroné : « Durant que ces choses se faisoient mourut
Theodore, que la royne Fredegonde avoit de nouvel enfanté, la mort
duquel a l'instigation et prochaz de aucuns la mere mectoit sus à
Mommolin (duquel j'ay fait cy dessus mention) et aussi à quelques
femmes sortieres. » En réalité, il ne s'agit pas du Eunius MummolusMummolus (VIe siècle — VIe siècle)Préfet ou maire de palais de Chilpéric Ier évoqué aux v.
2185-2240, et alors présenté comme un capitaine de Gontran. Le «
Mommolin » dont il est ici question évolue à la cour de Chilpéric et
Frédégonde, où il meurt (v. 3688-3693). Eunius Mummolus, passé du
service de Gontran à celui de GondovaldGondovald (VIe siècle — ?)Roi français, est quant à lui tué au siège de Bordeaux
(en réalité Saint-Bertrand-de-Comminges) de 585, ainsi que l'évoque
la Chronique française aux v. 4392-4397.
Cretin amplifie le récit de [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XXr tout en
simplifiant le supplice et en retranchant, étrangement, l'aveu
explicite des accusées d'avoir commis l'assassinat de Thierry : «
Ces femmes apprehendees, fut congneu qu'elles avoient fait mourir
plusieurs perosnnes, le sang desquelles avoit proffitté à Mommolin.
Et après confesserent que en semblable maniere avoit Theodore esté
occis. D'icelles femmes fut faicte punition, les unes vives
bruslees, les aultres torses et desmembrees. »
Rien ne correspond chez [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXr à l'interrogatoire par
Chilpéric de Mommolin confessant avoir tué sans mobile précis.
Cretin s'inspire ici des GCF, liv. III, chap. 17
(vol. 1, p. 305-306) : « Li rois le [Mummolus] fist venir devant lui
estraint et lié de buies et de chaynes, pendre le fist à I tref les
mains derriere le dos, puis li demanda se il savoit riens du cas
dont les fames l'avoient acusé. Il respondi que de la mort son fiuz
ne savoit-il riens ; mès il requenut bien que aucune foiz il reçut
de eles aucuns bevrages et divers charmes pour aquerre la grâce du
roy et de la royne. Lors le fist li rois despendre et giter en
prison ».
Chez Cretin, Mommolin est condamné par Chilpéric
pour ses manoeuvres illicites, alors que les GCF,
liv. III, chap. 17 (vol. 1, p. 306) qu'il suivait quelques lignes
plus tôt indiquaient qu'il devait sa perte à une fanfaronnade peu au
goût de Chilpéric : « et puis li [Chilpéric] manda cil Mommoles,
quant il fu en prison, que de quanque l'en li avoit fez de tourmenz,
il n'en avoit senti nul mal. Moult s'en merveilla li rois et dist
que ce estoit uns enchantierres. En tel haine le cueilli por ceste
parole que il commanda qu'il fust ocis. » Quoi qu'il en soit, la
conclusion de cet épisode dans la Chronique
française, qui met en scène une surprenante mansuétude de la
part de Frédégonde que Cretin ne cherche pas à expliquer, est
reprise à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XXr, qui n'en dit pas plus sur le soudain revirement de la reine : «
Et jaçoit que Chilperic eust ordonné faire mourir Mommolin,
toutesvoyes par les prieres de Fredegonde le laissa, mais comme il
fust tout en son corps par divers tourmens rompu et brisé, peu après
alla de vie à trespas. »