§Senſuyt comment fut
clotaire excite.Gentz aſſembler a troyes la cite.Comme il voulut a ſes barons complaire.[1600]En ſoulageant le menu populaire.Et comme auſſi fut a la mort cite.
§Chapitre.ixe.
CLotaire vng iour affin que on lacompaigne.Manda querir / a Troyes en champaigne.Seigneurs barons et gentz de haultz eſtatz.[1605]Eulx arriuez a gꝛans tourbes et taz.Comme le ſens dung roy a bien ſe applicque.Ayant regard a la choſe publicque.De ſon royaulme / il voulut regarder.Faire a chaſcun dꝛoicte equite garder.[1610]Il feyt pluſieurs moult belles oꝛdonnances.§Par clotaire.§foxl.En la iuſtice et faict de ſes finances.Il ſoulagea peuples / dexactions.Peſantz trauaulx et impoſicions.Si bien pourueut aux choſes neceſſaires.[1615]Que ayme des ſiens / et crainct des
aduerſaires.Fut foꝛt / touſiours en ſoꝛte que on diſoit.Que ſaigement par tout ſe conduyſoit.Oꝛ quant il eut ceſte beſongne faicte.A demonſtrer ſa vollunte affecte.[1620]Que ſon royaulme / a pꝛopꝛement parlerAllaſt ainſi comme deuoit aller.Il depꝛia tous ceulx de laſſiſtence.Que dung voulloir et commune ſentence.Voulſiſſent la demonſtrer par effectz.[1625]Lequel dentreulx ſcauroit poꝛter le fex.De gouuerner / ayant ſoubz luy totale.Commiſſion et charge pꝛincipalle.De ſon affaire / et a tant diſpoſer.Quil deuſt ſur luy du tout ſe repoſer.[1630]Veu quil ſentoit eſtre venu en aaige.Pour nauoir plus ſoucy que du meſnaige.A ſon parler fut par eulx reſpondu.§Reſponce faicte a
clotaire.Que quant au faict du pꝛopos entendu.Aultre foꝛs luy neſtoit en leur penſee.[1635]Deuoir la charge eſtre ia diſperſee.Conſidere que oꝛdꝛe par tout mettoit.Tres ſaigement / que touſiours permettoit.Regner iuſtice / et par conſeil / les doubtes.Faiſoit vuider / de ſes matieres
toutes.[1640]Auſſi luy fut amplement remonſtre.Que homme en credit / ſe trouue cōme oultre.De fole gloire et fiere oultrecuidance.Dont meſcongnoiſt lamyable accointance.De ſes amys / par ce que les honneurs.[1645]Cauſent muer condicions et meurs.Oultre on luy dit / que homme ayāt charge pꝛiſeDe ſi gꝛand pois / les aultres tant meſpꝛiſe.Quant il ſe voit en telle auctoꝛite.Quil eſt tout plein de fiere auſterite.[1650]Et ceſt cela qui le perd et conuye.Pluſieurs auoir ſur luy moꝛtelle enuye.De la reſponſe ou ſemblables raiſons.Sceurent poꝛter en leurs comparaiſons.Fut trescontent et trop plus que ſilz euſſent.§Sur ſa
demande.§foxli.[1655]Monſtre vouloir que vng gouuerneur eſleuſſētLoꝛs les pꝛia ſeure foy luy tenir.Le ſien royaulmne / et peuple
maintenir.En ſeurete pour partie ennnemye.Vaincre au moyen de bonne pꝛeudhommye.[1660]Cela pꝛomys / partirent tous ioyeux.Deliberez laymer de bien en mieulx.§Peu temps apꝛes / ſa penſee adonnee.A equite de loy bien oꝛdonnee.Selon que auiz le ſceut bien infoꝛmer.[1665]Affin de faire abuz tel reffoꝛmer.Qui de tout temps le monde ſcandalize.Feyt aſſembler les pꝛelatz de legliſe.Pour decerner ſtatutz et mandementzExtraictz des ſainctz diuins commandementz.[1670]Tendantz a fin de paruenir vers celle.Vraye vnion et paix vniuerſelle.Oꝛ ce concille / en conclaue ſeant.Aduint vng caz / laffaire ſurſeant.Ce fut aygnen pꝛince de saxonye.[1675]Comme doultraige vng homme s
eſſonye.Et en hazard mect ſa vie et honneur.Hermaire gouuerneur
daribert occiz.Qui feyt occire hermaire gouuerneur.Daribert filz du roy / Lequel dēffence.Auoit nourry et inſtruict ſans offence.[1680]§Ceſtuy hermaire / eſtoit homme
extime.Et des plus gꝛandz chery et moult ayme.Dont de ſa moꝛt foꝛt plaingte et regꝛettee.Fut la vengeance en linſtant appꝛeſtee.Sur quoy aygnen gꝛoſſe bende aſſembla.[1685]De gentz armez / et aſſez luy ſembla.Faire gꝛos bꝛuyt / iuſques aux carreaux fendꝛe.Et contre tous vaillamment ſe deffendꝛe.Veu quil eſtoit vaillant homme tenu.Et de pluſieurs gꝛandement ſouſtenu.[1690]§La bende auſſi tenant
foꝛte querelle.De hermaire moꝛt / ſe myct ſus a par elle.Deliberee en couraige leger.Tout chauldement lhomicide venger.Noyſe et diſcoꝛd neurent la langue mue.[1695]Mais bꝛuyꝛent tant / que la court fut
eſmue.Par vng murmur ſi tresimpetueux.Que ſi ne fuſt le ſouſtien vertueux.De ce bon roy / a cauſe de moꝛt telle.§Par aygnan prince de ſaxonie.§foxlii.Playe en ſoꝛtiſt docciſion moꝛtelle.[1700]§Par le peril en ſoy
meſmes peſer.Sceut ce gꝛand bꝛuyt et tumulte appaiſer.Par abſenter lune et aultre partie.La felonnye / ainſi fut departie.Par la doulceur de ſon gꝛaue parler.[1705]Sceut le debat odieux deſmeſler.Et par la gꝛande aſtuce de ſon dire.Fut abatu le furieux ſon de yꝛe.Auſſi dit on / et comme aduient ſouuent.Petite pluye / abat vng bien gꝛand vent.[1710]§Apꝛes auoir
/ ceſte noyſe appayſee.Et la matiere / en auant pꝛopoſee.Dont des pꝛelatz fut ſtatue et fait.Decret poꝛtant foꝛme de bon effect.Concernant vie / a tous eſtatz loyſible.[1715]Le roy foꝛt ayſe ayant repoz payſible.Ne penſa plus a rien / foꝛs ſeſiouyꝛ.Seruir a dieu / les ſainctz hommes ouyꝛ.Et honnoꝛer /
loꝛs france eſtoit nommee.Auoir pꝛelatz de bonne renommee.[1720]Non
gaudiſſeurs / hazardeurs /
bobanciers.§Commendacion des
prelatz.Non vicieux / lubꝛiques / deſpenciers.Non pareſſeux viuans de vie immunde.Comme pluſieurs qui triumphent au monde.En train de gentz / cheuaulx / chiens / et oyſeaulx.[1725]Aymans trop plus vins puiſſantz que les eaux.Ceulx neurent onq / de telz delictz enuie.Mais flouriſſantz en ſainctete de vie.Rendirent tous mondains plaiſirs abſentz.§Pour loꝛs eſtoit vng
loup paſteur a sens[1730]Non rauiſſant ſes ouailles en paſtureMais les paiſſoit de double nourritureEn ame et coꝛps /
À
metz
arnoul regnoitQui doulcement ſon peuple gouuernoitAuſſi du temps fut a bourges
sulpice[1735]Plaiſant a dieu et au monde pꝛopicePuis a noyon / le gꝛand oꝛfeure eloyReigle tenant de ſaincte foy et loyPꝛudent deuot et humble en tout negoce§En celuy temps vint du
pays deſcoſſe.[1740]Vng ieune enffent qui fiacre auoit nom.La ſainctete de vie et gꝛant renom.Que du paſteur de meaulx loꝛs ouyt faire.§Lors eſtantz en
france.§foxliii.Nomme pharon / affin de ſatiffaire.A ſon voulloir / deſirant ſe plyer[1745]A dieu ſeruir / cauſa le ſupplier.Luy donner lieu pour faire vng hermitaige.Ce que ottroya en ſon pꝛopꝛe heritaige.§Ce fut gꝛand caz / et des plus apparentz.Laiſſer pays terre biens et parentz.[1750]Pour mener vie auſtere et ſolitaire.En terre eſtrange / O que ce roy clotaire.Eſtoit heureux / veoir telz gentz en ſon temps.Combien auſſi deurent eſtre contentz.Ayans vng roy de ſi tresbonne ſoꝛte.[1755]§Comme le peuple a bien
faire ſe aſſoꝛte.Ie croy que dieu / des pꝛinces en ſeigneur.Induyt le cueur de ſon roy ou ſeigneur.A le traicter ſelon quil le merite.Et quen ſeruant luy agꝛee ou lirrite.[1760]§Ce vaillant roy ayant
paſſe le pazMerite bien / que oꝛes ne ſcelle pas.Le digne loz de ſes gloꝛieux geſtes.Vertuz bontez / et empꝛiſes honneſtes.Il fut pꝛudent / homme foꝛt bien lettre§Louanges du roy
clotaire[1765]Et au meſtier des armes adextre.Comme auons dit deuant en vng paſſaige.Aſſez au long. Il fut en ce pas ſaige.Que cueur a dieu / eut touſiours foꝛt
doubteux.De loffencer /
il fut doulx et piteux.[1770]Il eut eſtat puiſſant et magnifique.Tiltre poꝛtant de roy bien paciffique.Et comme au vray ſont les eſcriptz monſtrans.Le regne tint par quarante quatre ans.Du pere ſien / deſquelz ans regna ſeize.[1775]Monarque ſeul en la terre francoyſe.§En lan ſix centz trente
et vng / du ſalut.Des xpiens / ſepulchꝛe et place eſleut.Pꝛes de paris / au deuot
monaſtereDe sainct germain / des prez / ou a miſtere.[1780]Et gꝛand triumphe / inhume fut / ainſi.Que a roy affiert /
Dieu luy face mercy.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§S'ensuyt comment fut
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) excitéGentz assembler à Troyës la cité,Comme il voulut à ses barons complaire,[1600]En soulageant le menu populaire1,Et comme aussi fut à la mort cité.
§Chapitre ixe
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) , ung jour, affin que on l'acompaigne,Manda querir, à Troyës en Champaigne,Seigneurs, barons et gentz de haultz estatz.[1605]Eulx arrivez à grans tourbes et taz,Comme le sens d'ung roy à bien se applicque,Ayant regard à la chose publicqueDe son royaulme, il voulut regarderFaire à chascun droicte equité garder.[1610]Il feyt plusieurs moult belles ordonnances,§Par ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) En la justice et faict de ses finances.Il soulagea peuples d'exactïons,Pesantz travaulx et imposicïons.Si bien pourveut aux choses necessaires[1615]Que aymé des siens et crainct des
adversairesFut fort, tousjours en sorte que on disoitQue saigement par tout se conduysoit.Or, quant il eut ceste besongne faicte,À demonstrer sa vollunté affecte,[1620]Que son royaulme, à proprement parler,Allast ainsi comme devoit aller,Il depria tous ceulx de l'assistenceQue, d'ung voulloir et commune sentence,Voulsissent là demonstrer, par effectz,[1625]Lequel d'entr'eulx sçauroit porter le fexDe gouverner, ayant soubz luy totaleCommissïon et charge principalleDe son affaire, et à tant disposerQu'il deust sur luy du tout se reposer,[1630]Veu qu'il sentoit estre venu en aaigePour n'avoir plus soucy que du mesnaige.À son parler fut par eulx respondu§Responce faicte à
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Que quant au faict du propos entendu,Aultre fors luy n'estoit, en leur pensee,[1635]Devoir la charge estre ja dispersee,Consideré que ordre par tout mettoitTrés saigement, que tousjours permettoitRegner justice et, par conseil, les doubtesFaisoit vuider de ses matieres
toutes.[1640]Aussi luy fut amplement remonstréQue homme en credit se trouve comme oultréDe fole gloire et fiere oultrecuidance,Dont mescongnoist l'amÿable accointanceDe ses amys, parce que les honneurs[1645]Causent müer condicïons et meurs.Oultre on luy dit que homme ayant charge priseDe si grand pois, les aultres tant mesprise,Quant il se voit en telle auctorité,Qu'il est tout plein de fiere austerité.[1650]Et c'est cela qui le perd et convyePlusieurs avoir sur luy mortelle envye.De la response où semblables raisonsSceurent porter en leurs comparaisons,Fut trés content, et trop plus que s'ilz eussent§Sur sa
demande[1655]Monstré vouloir que ung gouverneur esleussent.Lors les prïa seure foy luy tenir,Le sien royaulmne et peuple
maintenirEn seureté, pour partie ennnemye,Vaincre au moyen de bonne preud'hommye.[1660]Cela promys, partirent tous joyeux,Deliberez l'aymer de bien en mieulx.§Peu temps aprés, sa pensee adonneeÀ equité de loy bien ordonnee,Selon que aviz le sceut bien informer,[1665]Affin de faire abuz tel refformer,Qui de tout temps le monde scandalize,Feyt assembler les prelatz de l'eglise,Pour decerner statutz et mandementzExtraictz des sainctz divins commandementz,[1670]Tendantz à fin de parvenir vers celleVraye unïon et paix universelle.Or ce concille en conclave sëant,Advint ung caz, l'affaire sursëant.Ce fut AygnenAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie, prince de Saxonye,[1675]Comme d'oultraige ung homme s'
essonyeEt en hazard mect sa vie et honneur,HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II gouverneur
d'AribertCaribert II (606 — 632)Roi d'Aquitaine (?-?) Fils de Clotaire II, demi-frère de Dagobert I occizQui feyt occire HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II, gouverneurD'AribertCaribert II (606 — 632)Roi d'Aquitaine (?-?) Fils de Clotaire II, demi-frère de Dagobert I, filz du roy. Lequel, d'enffence,Avoit nourry et instruict sans offence.[1680]§Cestuy HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II estoit homme
extiméEt des plus grandz chery et moult aymé,Dont de sa mort, fort plaingte et regrettee,Fut la vengeance en l'instant apprestee.Sur quoy, AygnenAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie grosse bende assembla[1685]De gentz armez, et assez luy semblaFaire gros bruyt, jusques aux carreaux fendre,Et contre tous vaillamment se deffendre,Veu qu'il estoit vaillant homme tenuEt de plusieurs grandement soustenu.[1690]§La bende aussi, tenant
forte querelleDe HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II mort, se myct sus à par elle,Deliberee, en couraige leger,Tout chauldement l'homicide venger.Noyse et discord n'eurent la langue mue,[1695]Mais bruyrent tant que la court fut
esmuePar ung murmur si trés impetueuxQue si ne fust le soustien vertüeuxDe ce bon roy, à cause de mort telle,§Par AygnanAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie prince de saxoniePlaye en sortist d'occisïon mortelle.[1700]§Par le peril en soy
mesmes peser,Sceut ce grand bruyt et tumulte appaiser.Par absenter l'une et aultre partie,La felonnye ainsi fut departie.Par la doulceur de son grave parler,[1705]Sceut le debat odïeux desmesler.Et par la grande astuce de son dire,Fut abatu le furïeux son de yre.Aussi dit on et comme advient souvent,Petite pluye abat ung bien grand vent2.[1710]§Aprés avoir ceste noyse appaysee,Et la matiere en avant proposeeDont des prelatz fut statué et fait,Decret portant forme de bon effect,Concernant vie à tous estatz loysible,[1715]Le roy, fort ayse ayant repoz paysible,Ne pensa plus à rien, fors s'esjouÿr,Servir à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme, les sainctz hommes ouÿrEt honnorer.
Lors France estoit nommeeAvoir prelatz de bonne renommee,[1720]Non
gaudisseurs, hazardeurs,
bobanciers,§Commendacion des
prelatzNon vicïeux, lubriques, despenciers,Non paresseux vivans de vie immunde,Comme plusieurs qui triumphent au monde,En train de gentz, chevaulx, chiens et oyseaulx,[1725]Aymans trop plus vins puissantz que les eaux.Ceulx n'eurent onq de telz delictz envie,Mais flourissantz en saincteté de vie,Rendirent tous mondains plaisirs absentz.§Pour lors estoit ung
loup pasteur à Sens.[1730]Non ravissant ses ouailles en pasture.Mais les paissoit de double nourriture.En ame et corps
à
MetzArnoulArnoul de Metz (circa 582 — circa 641)Saint catholique et évêque de Metz regnoit.Qui doulcement son peuple gouvernoit.Aussi du temps fut à BourgesSulpiceSulpice le Pieux (576 — 17/01/646)Évêque de Bourges et saint catholique.[1735]Plaisant à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme et au monde propice.Puis à Noyon le grand orfevre EloyEloi de Noyon, saint (588 — circa 660)Prélat catholique.Reigle tenant de saincte foy et loy.Prudent devot et humble en tout negoce.§En celuy temps vint, du
paÿs d'Escosse,[1740]Ung jeune enffent qui FïacreFiacre, saint (607 — 668)Saint catholique irlandais avoit nom.La saincteté de vie et grant renom,Que du pasteur de Meaulx lors ouÿt faire,§Lors estantz en
FranceNommé PharonFaron de Meaux (596 — 675)Evêque de Meaux, affin de satiffaireÀ son voulloir, desirant se plÿer.[1745]À DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme servir, causa le supplïerLuy donner lieu pour faire ung hermitaige,Ce que ottroya en son propre heritaige.§Ce fut grand caz, et des plus apparentz,Laisser paÿs, terre, biens et parentz,[1750]Pour mener vie austere et solitaireEn terre estrange. O que ce roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Estoit heureux, veoir telz gentz en son temps !Combien aussi deurent estre contentz,Ayans ung roy de si trés bonne sorte ![1755]§Comme le peuple à bien
faire se assorte,Je croy que DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme, des princes en seigneur,Induyt le cueur de son roy ou seigneurÀ le traicter selon qu'il le merite,Et qu'en servant luy agree ou l'irrite.[1760]§Ce vaillant roy, ayant
passé le pazMerité bien, que ores ne scelle pasLe digne loz de ses glorïeux gestes,Vertuz, bontez, et emprises honnestes,Il fut prudent, homme fort bien lettré.§Louanges du roy
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) [1765]Et au mestier des armes adextré.Comme avons dit devant en ung passaige,Assez au long. Il fut, en ce pas, saige,Que cueur à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme eut tousjours fort
doubteuxDe l'offencer.
Il fut doulx et piteux,[1770]Il eut estat puissant et magnifique,Tiltre portant de roy bien paciffique.Et comme au vray sont les escriptz monstrans,Le regne tint, par quarante quatre ans,Du pere sien, desquelz ans regna seize,[1775]Monarque seul en la terre françoyse.§En l'an six centz trente
et ung, du salutDes crestiens, sepulchre et place esleutPrès de Paris au devot
monastere3.De Sainct Germain des Prez, ou à mistere,[1780]Et grand triumphe, inhumé fut, ainsiQue à roy affiert.
DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme luy face mercy.
Proverbe attesté depuis le XVe siècle, signifiant
qu'un peu de douceur peut calmer de grands emportements. Rabelais
reprendra l'expression dans un sens
scatologique.
Le « devot monastere »
est une image dont Cretin fait fréquemment usage : voir liv. I, v.
2510 (Joyenval), liv. III, v. 2522 (Saint-Denis), liv. V, v. 4589
(Saint-Benoît-sur-Loire). On rencontre également « devot
couvent » (liv. III, v. 4824) et « devot oratoire » (liv.
III, v. 909 ; liv. V, v. 2267)/
Travail en cours
§Senſuyt comment fut
clotaire excite.Gentz aſſembler a troyes la cite.Comme il voulut a ſes barons complaire.[1600]En ſoulageant le menu populaire.Et comme auſſi fut a la mort cite.
§Chapitre.ixe.
CLotaire vng iour affin que on lacompaigne.Manda querir / a Troyes en champaigne.Seigneurs barons et gentz de haultz eſtatz.[1605]Eulx arriuez a gꝛans tourbes et taz.Comme le ſens dung roy a bien ſe applicque.Ayant regard a la choſe publicque.De ſon royaulme / il voulut regarder.Faire a chaſcun dꝛoicte equite garder.[1610]Il feyt pluſieurs moult belles oꝛdonnances.§Par clotaire.§foxl.En la iuſtice et faict de ſes finances.Il ſoulagea peuples / dexactions.Peſantz trauaulx et impoſicions.Si bien pourueut aux choſes neceſſaires.[1615]Que ayme des ſiens / et crainct des
aduerſaires.Fut foꝛt / touſiours en ſoꝛte que on diſoit.Que ſaigement par tout ſe conduyſoit.Oꝛ quant il eut ceſte beſongne faicte.A demonſtrer ſa vollunte affecte.[1620]Que ſon royaulme / a pꝛopꝛement parlerAllaſt ainſi comme deuoit aller.Il depꝛia tous ceulx de laſſiſtence.Que dung voulloir et commune ſentence.Voulſiſſent la demonſtrer par effectz.[1625]Lequel dentreulx ſcauroit poꝛter le fex.De gouuerner / ayant ſoubz luy totale.Commiſſion et charge pꝛincipalle.De ſon affaire / et a tant diſpoſer.Quil deuſt ſur luy du tout ſe repoſer.[1630]Veu quil ſentoit eſtre venu en aaige.Pour nauoir plus ſoucy que du meſnaige.A ſon parler fut par eulx reſpondu.§Reſponce faicte a
clotaire.Que quant au faict du pꝛopos entendu.Aultre foꝛs luy neſtoit en leur penſee.[1635]Deuoir la charge eſtre ia diſperſee.Conſidere que oꝛdꝛe par tout mettoit.Tres ſaigement / que touſiours permettoit.Regner iuſtice / et par conſeil / les doubtes.Faiſoit vuider / de ſes matieres
toutes.[1640]Auſſi luy fut amplement remonſtre.Que homme en credit / ſe trouue cōme oultre.De fole gloire et fiere oultrecuidance.Dont meſcongnoiſt lamyable accointance.De ſes amys / par ce que les honneurs.[1645]Cauſent muer condicions et meurs.Oultre on luy dit / que homme ayāt charge pꝛiſeDe ſi gꝛand pois / les aultres tant meſpꝛiſe.Quant il ſe voit en telle auctoꝛite.Quil eſt tout plein de fiere auſterite.[1650]Et ceſt cela qui le perd et conuye.Pluſieurs auoir ſur luy moꝛtelle enuye.De la reſponſe ou ſemblables raiſons.Sceurent poꝛter en leurs comparaiſons.Fut trescontent et trop plus que ſilz euſſent.§Sur ſa
demande.§foxli.[1655]Monſtre vouloir que vng gouuerneur eſleuſſētLoꝛs les pꝛia ſeure foy luy tenir.Le ſien royaulmne / et peuple
maintenir.En ſeurete pour partie ennnemye.Vaincre au moyen de bonne pꝛeudhommye.[1660]Cela pꝛomys / partirent tous ioyeux.Deliberez laymer de bien en mieulx.§Peu temps apꝛes / ſa penſee adonnee.A equite de loy bien oꝛdonnee.Selon que auiz le ſceut bien infoꝛmer.[1665]Affin de faire abuz tel reffoꝛmer.Qui de tout temps le monde ſcandalize.Feyt aſſembler les pꝛelatz de legliſe.Pour decerner ſtatutz et mandementzExtraictz des ſainctz diuins commandementz.[1670]Tendantz a fin de paruenir vers celle.Vraye vnion et paix vniuerſelle.Oꝛ ce concille / en conclaue ſeant.Aduint vng caz / laffaire ſurſeant.Ce fut aygnen pꝛince de saxonye.[1675]Comme doultraige vng homme s
eſſonye.Et en hazard mect ſa vie et honneur.Hermaire gouuerneur
daribert occiz.Qui feyt occire hermaire gouuerneur.Daribert filz du roy / Lequel dēffence.Auoit nourry et inſtruict ſans offence.[1680]§Ceſtuy hermaire / eſtoit homme
extime.Et des plus gꝛandz chery et moult ayme.Dont de ſa moꝛt foꝛt plaingte et regꝛettee.Fut la vengeance en linſtant appꝛeſtee.Sur quoy aygnen gꝛoſſe bende aſſembla.[1685]De gentz armez / et aſſez luy ſembla.Faire gꝛos bꝛuyt / iuſques aux carreaux fendꝛe.Et contre tous vaillamment ſe deffendꝛe.Veu quil eſtoit vaillant homme tenu.Et de pluſieurs gꝛandement ſouſtenu.[1690]§La bende auſſi tenant
foꝛte querelle.De hermaire moꝛt / ſe myct ſus a par elle.Deliberee en couraige leger.Tout chauldement lhomicide venger.Noyſe et diſcoꝛd neurent la langue mue.[1695]Mais bꝛuyꝛent tant / que la court fut
eſmue.Par vng murmur ſi tresimpetueux.Que ſi ne fuſt le ſouſtien vertueux.De ce bon roy / a cauſe de moꝛt telle.§Par aygnan prince de ſaxonie.§foxlii.Playe en ſoꝛtiſt docciſion moꝛtelle.[1700]§Par le peril en ſoy
meſmes peſer.Sceut ce gꝛand bꝛuyt et tumulte appaiſer.Par abſenter lune et aultre partie.La felonnye / ainſi fut departie.Par la doulceur de ſon gꝛaue parler.[1705]Sceut le debat odieux deſmeſler.Et par la gꝛande aſtuce de ſon dire.Fut abatu le furieux ſon de yꝛe.Auſſi dit on / et comme aduient ſouuent.Petite pluye / abat vng bien gꝛand vent.[1710]§Apꝛes auoir
/ ceſte noyſe appayſee.Et la matiere / en auant pꝛopoſee.Dont des pꝛelatz fut ſtatue et fait.Decret poꝛtant foꝛme de bon effect.Concernant vie / a tous eſtatz loyſible.[1715]Le roy foꝛt ayſe ayant repoz payſible.Ne penſa plus a rien / foꝛs ſeſiouyꝛ.Seruir a dieu / les ſainctz hommes ouyꝛ.Et honnoꝛer /
loꝛs france eſtoit nommee.Auoir pꝛelatz de bonne renommee.[1720]Non
gaudiſſeurs / hazardeurs /
bobanciers.§Commendacion des
prelatz.Non vicieux / lubꝛiques / deſpenciers.Non pareſſeux viuans de vie immunde.Comme pluſieurs qui triumphent au monde.En train de gentz / cheuaulx / chiens / et oyſeaulx.[1725]Aymans trop plus vins puiſſantz que les eaux.Ceulx neurent onq / de telz delictz enuie.Mais flouriſſantz en ſainctete de vie.Rendirent tous mondains plaiſirs abſentz.§Pour loꝛs eſtoit vng
loup paſteur a sens[1730]Non rauiſſant ſes ouailles en paſtureMais les paiſſoit de double nourritureEn ame et coꝛps /
À
metz
arnoul regnoitQui doulcement ſon peuple gouuernoitAuſſi du temps fut a bourges
sulpice[1735]Plaiſant a dieu et au monde pꝛopicePuis a noyon / le gꝛand oꝛfeure eloyReigle tenant de ſaincte foy et loyPꝛudent deuot et humble en tout negoce§En celuy temps vint du
pays deſcoſſe.[1740]Vng ieune enffent qui fiacre auoit nom.La ſainctete de vie et gꝛant renom.Que du paſteur de meaulx loꝛs ouyt faire.§Lors eſtantz en
france.§foxliii.Nomme pharon / affin de ſatiffaire.A ſon voulloir / deſirant ſe plyer[1745]A dieu ſeruir / cauſa le ſupplier.Luy donner lieu pour faire vng hermitaige.Ce que ottroya en ſon pꝛopꝛe heritaige.§Ce fut gꝛand caz / et des plus apparentz.Laiſſer pays terre biens et parentz.[1750]Pour mener vie auſtere et ſolitaire.En terre eſtrange / O que ce roy clotaire.Eſtoit heureux / veoir telz gentz en ſon temps.Combien auſſi deurent eſtre contentz.Ayans vng roy de ſi tresbonne ſoꝛte.[1755]§Comme le peuple a bien
faire ſe aſſoꝛte.Ie croy que dieu / des pꝛinces en ſeigneur.Induyt le cueur de ſon roy ou ſeigneur.A le traicter ſelon quil le merite.Et quen ſeruant luy agꝛee ou lirrite.[1760]§Ce vaillant roy ayant
paſſe le pazMerite bien / que oꝛes ne ſcelle pas.Le digne loz de ſes gloꝛieux geſtes.Vertuz bontez / et empꝛiſes honneſtes.Il fut pꝛudent / homme foꝛt bien lettre§Louanges du roy
clotaire[1765]Et au meſtier des armes adextre.Comme auons dit deuant en vng paſſaige.Aſſez au long. Il fut en ce pas ſaige.Que cueur a dieu / eut touſiours foꝛt
doubteux.De loffencer /
il fut doulx et piteux.[1770]Il eut eſtat puiſſant et magnifique.Tiltre poꝛtant de roy bien paciffique.Et comme au vray ſont les eſcriptz monſtrans.Le regne tint par quarante quatre ans.Du pere ſien / deſquelz ans regna ſeize.[1775]Monarque ſeul en la terre francoyſe.§En lan ſix centz trente
et vng / du ſalut.Des xpiens / ſepulchꝛe et place eſleut.Pꝛes de paris / au deuot
monaſtereDe sainct germain / des prez / ou a miſtere.[1780]Et gꝛand triumphe / inhume fut / ainſi.Que a roy affiert /
Dieu luy face mercy.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§S'ensuyt comment fut
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) excitéGentz assembler à Troyës la cité,Comme il voulut à ses barons complaire,[1600]En soulageant le menu populaire1,Et comme aussi fut à la mort cité.
§Chapitre ixe
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) , ung jour, affin que on l'acompaigne,Manda querir, à Troyës en Champaigne,Seigneurs, barons et gentz de haultz estatz.[1605]Eulx arrivez à grans tourbes et taz,Comme le sens d'ung roy à bien se applicque,Ayant regard à la chose publicqueDe son royaulme, il voulut regarderFaire à chascun droicte equité garder.[1610]Il feyt plusieurs moult belles ordonnances,§Par ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) En la justice et faict de ses finances.Il soulagea peuples d'exactïons,Pesantz travaulx et imposicïons.Si bien pourveut aux choses necessaires[1615]Que aymé des siens et crainct des
adversairesFut fort, tousjours en sorte que on disoitQue saigement par tout se conduysoit.Or, quant il eut ceste besongne faicte,À demonstrer sa vollunté affecte,[1620]Que son royaulme, à proprement parler,Allast ainsi comme devoit aller,Il depria tous ceulx de l'assistenceQue, d'ung voulloir et commune sentence,Voulsissent là demonstrer, par effectz,[1625]Lequel d'entr'eulx sçauroit porter le fexDe gouverner, ayant soubz luy totaleCommissïon et charge principalleDe son affaire, et à tant disposerQu'il deust sur luy du tout se reposer,[1630]Veu qu'il sentoit estre venu en aaigePour n'avoir plus soucy que du mesnaige.À son parler fut par eulx respondu§Responce faicte à
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Que quant au faict du propos entendu,Aultre fors luy n'estoit, en leur pensee,[1635]Devoir la charge estre ja dispersee,Consideré que ordre par tout mettoitTrés saigement, que tousjours permettoitRegner justice et, par conseil, les doubtesFaisoit vuider de ses matieres
toutes.[1640]Aussi luy fut amplement remonstréQue homme en credit se trouve comme oultréDe fole gloire et fiere oultrecuidance,Dont mescongnoist l'amÿable accointanceDe ses amys, parce que les honneurs[1645]Causent müer condicïons et meurs.Oultre on luy dit que homme ayant charge priseDe si grand pois, les aultres tant mesprise,Quant il se voit en telle auctorité,Qu'il est tout plein de fiere austerité.[1650]Et c'est cela qui le perd et convyePlusieurs avoir sur luy mortelle envye.De la response où semblables raisonsSceurent porter en leurs comparaisons,Fut trés content, et trop plus que s'ilz eussent§Sur sa
demande[1655]Monstré vouloir que ung gouverneur esleussent.Lors les prïa seure foy luy tenir,Le sien royaulmne et peuple
maintenirEn seureté, pour partie ennnemye,Vaincre au moyen de bonne preud'hommye.[1660]Cela promys, partirent tous joyeux,Deliberez l'aymer de bien en mieulx.§Peu temps aprés, sa pensee adonneeÀ equité de loy bien ordonnee,Selon que aviz le sceut bien informer,[1665]Affin de faire abuz tel refformer,Qui de tout temps le monde scandalize,Feyt assembler les prelatz de l'eglise,Pour decerner statutz et mandementzExtraictz des sainctz divins commandementz,[1670]Tendantz à fin de parvenir vers celleVraye unïon et paix universelle.Or ce concille en conclave sëant,Advint ung caz, l'affaire sursëant.Ce fut AygnenAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie, prince de Saxonye,[1675]Comme d'oultraige ung homme s'
essonyeEt en hazard mect sa vie et honneur,HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II gouverneur
d'AribertCaribert II (606 — 632)Roi d'Aquitaine (?-?) Fils de Clotaire II, demi-frère de Dagobert I occizQui feyt occire HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II, gouverneurD'AribertCaribert II (606 — 632)Roi d'Aquitaine (?-?) Fils de Clotaire II, demi-frère de Dagobert I, filz du roy. Lequel, d'enffence,Avoit nourry et instruict sans offence.[1680]§Cestuy HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II estoit homme
extiméEt des plus grandz chery et moult aymé,Dont de sa mort, fort plaingte et regrettee,Fut la vengeance en l'instant apprestee.Sur quoy, AygnenAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie grosse bende assembla[1685]De gentz armez, et assez luy semblaFaire gros bruyt, jusques aux carreaux fendre,Et contre tous vaillamment se deffendre,Veu qu'il estoit vaillant homme tenuEt de plusieurs grandement soustenu.[1690]§La bende aussi, tenant
forte querelleDe HermaireHarmaire ( — )Conseiller de Caribert II mort, se myct sus à par elle,Deliberee, en couraige leger,Tout chauldement l'homicide venger.Noyse et discord n'eurent la langue mue,[1695]Mais bruyrent tant que la court fut
esmuePar ung murmur si trés impetueuxQue si ne fust le soustien vertüeuxDe ce bon roy, à cause de mort telle,§Par AygnanAighinan (VI siècle — 638)Duc de Vasconie prince de saxoniePlaye en sortist d'occisïon mortelle.[1700]§Par le peril en soy
mesmes peser,Sceut ce grand bruyt et tumulte appaiser.Par absenter l'une et aultre partie,La felonnye ainsi fut departie.Par la doulceur de son grave parler,[1705]Sceut le debat odïeux desmesler.Et par la grande astuce de son dire,Fut abatu le furïeux son de yre.Aussi dit on et comme advient souvent,Petite pluye abat ung bien grand vent2.[1710]§Aprés avoir ceste noyse appaysee,Et la matiere en avant proposeeDont des prelatz fut statué et fait,Decret portant forme de bon effect,Concernant vie à tous estatz loysible,[1715]Le roy, fort ayse ayant repoz paysible,Ne pensa plus à rien, fors s'esjouÿr,Servir à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme, les sainctz hommes ouÿrEt honnorer.
Lors France estoit nommeeAvoir prelatz de bonne renommee,[1720]Non
gaudisseurs, hazardeurs,
bobanciers,§Commendacion des
prelatzNon vicïeux, lubriques, despenciers,Non paresseux vivans de vie immunde,Comme plusieurs qui triumphent au monde,En train de gentz, chevaulx, chiens et oyseaulx,[1725]Aymans trop plus vins puissantz que les eaux.Ceulx n'eurent onq de telz delictz envie,Mais flourissantz en saincteté de vie,Rendirent tous mondains plaisirs absentz.§Pour lors estoit ung
loup pasteur à Sens.[1730]Non ravissant ses ouailles en pasture.Mais les paissoit de double nourriture.En ame et corps
à
MetzArnoulArnoul de Metz (circa 582 — circa 641)Saint catholique et évêque de Metz regnoit.Qui doulcement son peuple gouvernoit.Aussi du temps fut à BourgesSulpiceSulpice le Pieux (576 — 17/01/646)Évêque de Bourges et saint catholique.[1735]Plaisant à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme et au monde propice.Puis à Noyon le grand orfevre EloyEloi de Noyon, saint (588 — circa 660)Prélat catholique.Reigle tenant de saincte foy et loy.Prudent devot et humble en tout negoce.§En celuy temps vint, du
paÿs d'Escosse,[1740]Ung jeune enffent qui FïacreFiacre, saint (607 — 668)Saint catholique irlandais avoit nom.La saincteté de vie et grant renom,Que du pasteur de Meaulx lors ouÿt faire,§Lors estantz en
FranceNommé PharonFaron de Meaux (596 — 675)Evêque de Meaux, affin de satiffaireÀ son voulloir, desirant se plÿer.[1745]À DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme servir, causa le supplïerLuy donner lieu pour faire ung hermitaige,Ce que ottroya en son propre heritaige.§Ce fut grand caz, et des plus apparentz,Laisser paÿs, terre, biens et parentz,[1750]Pour mener vie austere et solitaireEn terre estrange. O que ce roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Estoit heureux, veoir telz gentz en son temps !Combien aussi deurent estre contentz,Ayans ung roy de si trés bonne sorte ![1755]§Comme le peuple à bien
faire se assorte,Je croy que DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme, des princes en seigneur,Induyt le cueur de son roy ou seigneurÀ le traicter selon qu'il le merite,Et qu'en servant luy agree ou l'irrite.[1760]§Ce vaillant roy, ayant
passé le pazMerité bien, que ores ne scelle pasLe digne loz de ses glorïeux gestes,Vertuz, bontez, et emprises honnestes,Il fut prudent, homme fort bien lettré.§Louanges du roy
ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) [1765]Et au mestier des armes adextré.Comme avons dit devant en ung passaige,Assez au long. Il fut, en ce pas, saige,Que cueur à DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme eut tousjours fort
doubteuxDe l'offencer.
Il fut doulx et piteux,[1770]Il eut estat puissant et magnifique,Tiltre portant de roy bien paciffique.Et comme au vray sont les escriptz monstrans,Le regne tint, par quarante quatre ans,Du pere sien, desquelz ans regna seize,[1775]Monarque seul en la terre françoyse.§En l'an six centz trente
et ung, du salutDes crestiens, sepulchre et place esleutPrès de Paris au devot
monastere3.De Sainct Germain des Prez, ou à mistere,[1780]Et grand triumphe, inhumé fut, ainsiQue à roy affiert.
DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme luy face mercy.
Proverbe attesté depuis le XVe siècle, signifiant
qu'un peu de douceur peut calmer de grands emportements. Rabelais
reprendra l'expression dans un sens
scatologique.
Le « devot monastere »
est une image dont Cretin fait fréquemment usage : voir liv. I, v.
2510 (Joyenval), liv. III, v. 2522 (Saint-Denis), liv. V, v. 4589
(Saint-Benoît-sur-Loire). On rencontre également « devot
couvent » (liv. III, v. 4824) et « devot oratoire » (liv.
III, v. 909 ; liv. V, v. 2267)/
Proverbe attesté depuis le XVe siècle, signifiant
qu'un peu de douceur peut calmer de grands emportements. Rabelais
reprendra l'expression dans un sens
scatologique.
Le « devot monastere »
est une image dont Cretin fait fréquemment usage : voir liv. I, v.
2510 (Joyenval), liv. III, v. 2522 (Saint-Denis), liv. V, v. 4589
(Saint-Benoît-sur-Loire). On rencontre également « devot
couvent » (liv. III, v. 4824) et « devot oratoire » (liv.
III, v. 909 ; liv. V, v. 2267)/