Le sujet de ce verbe et le suivant est « le
grand veneur ».
La prétérition, ici, ne se réduit pas
qu'à une figure de style : Cretin manifeste une certaine connivence
avec le roi, son lecteur, par ailleurs féru de chasse à courre et
amateur de traités de vénerie. Guillaume Budé en rédige un à son
attention, sous la forme d'un dialogue entre lui-même et le roi (bibl.
Très rapidement (l'expression usuelle est « plus tost
que dire pic »).
Ce passage gonfle une brève mention présente chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIIIr entre
le pélerinage de Clotaire à Saint-Martin de Tours (traité à la fin
du chapitre 1 dans la Chronique française) et le
dénombrement de ses femmes (évoqué au début du chapitre 2) :
« Bientost après [Clotaire] retourna à Soyssons et dés
incontinent (comme c'est la vaine coustume de la noblesse de
France) se applicqua à chacer et prendre les bestes saulvaiges,
en laquelle chace se delectant à courir et cryer plus qu'il
n'est digne et decent à ung roy, tomba en grieve
malladye. » Cretin enrichit le passage d'une réécriture
d'un poème qu'il avait antérieurement consacré à la chasse : le
Debat entre deux dames sur le passetemps des chiens et
oyseaux (bibl). En voici quelques vers : « La noise alors commence de
plus belle, / Veneurs s'en vont apres les chiens huant : / « Merlant, Rigault, Marteau, appelle, appelle ! » / C'est ung
deduict d'oyr telle chappelle, / « La, compaing, la, va, veez le
cy fuyant ! » » (v. 631-635). À noter que le Débat
entre deux dames de Cretin est lui-même la réécriture
d'une partie du Livre des deduis du Roy Modus, traité
de chasse composé dans la deuxième moitié du XIVe siècle, parfois attribué à Henri de
Ferrières, et qui a pu nourrir l'intégralité de ce chapitre,
notamment pour la précision de son vocabulaire cynégétique. Sur
cette intertextualité, voir bibl et bibl.
Si ce développement est de Cretin,
il rappelle la désapprobation qu'exprime également [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIIIr dans le
compte rendu de cet épisode, qui qualifie la chasse de « vaine
coustume de la noblesse de France ». Les
GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 189-190) ne se
prononcent pas, quant à elles, contre la chasse : « Un jor
avint que il [Clotaire] ala chacier en forez pour soi deduire,
si come costume est de François, qui plus volentiers s'i
esbatent que nules autres genz par costume. » Dans la
Chronique française, le propos semble directement
adressé à François Ier et le met en
garde, de façon insistante, contre une pratique excessive de son
loisir. Peut-être ce passage a-t-il été écrit à la suite d'un
événement particulier. Philibert le Beau, duc de Savoie, est mort en
1504 d’un refroidissement subi lors d’une partie de chasse, ce que
rappelle Jean Lemaire de Belges dans La Couronne
Margartique. On sait également, par le journal de Louise
de Savoie, sa mère, que François Ier a
été blessé par une branche d'arbre, alors qu'il chassait, le 23
septembre 1519 (bibl). Quarante ans
plus tard, le roi Henri II est mortellement blessé lors d'un
tournoi...
En marge du manuscrit BnF, fr. 23146 : « nota ».
Le récit de l'agonie de Clotaire et son dernier discours n'ont pas
d'équivalent chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIr, et sont inspirés du passage
correspondant dans les GCF, liv. II, chap. 22 (vol.
1, p. 190-191), auquel Cretin ajoute l'administration de l'extrême
onction : « En ce point que il estoit ensi tormentez de
diverses passions de froideur et de chaleur, et que il tornoit
et retornoit en son lit et souspiroit parfondement come cil qui
moult estoit à grant mesaise de concience pour ses pechiez, il
commença à crier en tel maniere : « Heu, va ! Heu, va ! Com
est granz et de merveilleuse puissance cil celestieus rois
qui ensi humilie et met au desouz les plus puissanz rois de
terre ! Com il ne soit pas mortiex, il est sanz comparoison
mieudres dou plus grant prince de terre ; s'il est donques
mieudres, il est plus puissanz, et s'il est plus puissanz,
il est misericors, car il ne se delite pas en la veniance de
ceus qui l'ont deservi, ausi com font maint mortel prince ;
ençois a plus chiere la repentance et la penitance des
pecheors selonc sa grant pitié. L'on doit donques desirer
par grant affection le don et la grace de sa misericorde, de
laquele nus, tant soit pechierres, ne se doit
desesperer. » Tandis com il recensoit tels paroles en
grant repentance et en grant contriction, il rendi son esperit ;
son cors lessa à la terre et son roiaume à ses fiuz. L et un an
regna noblement et puissanment, et toz jors crut et multiplia sa
seigneurie jusques à la fin de sa vie. » Le récit de la
mort de Clotaire chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIr est beaucoup plus sobre :
« De laquelle [maladie], aprés le cinquante et ungyesme an
de son regne fut assoupi. »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIv ne se montre pas aussi précis
quant au lieu exact de l'inhumation : « Les quattre filz [de
Clotaire] suyvirent les funerailles de leur pere par ung convoy
triumphant jusques à Soyssons, où dignement l'ensevelirent au
tombeau qui preparé luy estoit. » Un peu plus loin, il est néanmoins
question de Saint-Médard : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire]
fut commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » ([Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XIVr). Plus avant
dans [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVv, au moment de relater les funérailles
de son fils Sigebert, la localisation de la sépulture de Clotaire
est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de Soyssons où il
[Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de Clotaire ». Cretin n'a
peut-être pas eu besoin de revenir en arrière pour insérer ici le
nom de l'église ; le compte rendu de l'inhumation de Clotaire dans
GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 191) dit ainsi
: « Portez fu à Soisons et honorablement mis en sepouture en l'abaïe
Saint Maart, si comme il avoit avant devisé. »
Il est vraisemblable que Cretin
continue ici à suivre les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 191) : « IIII fiuz out droiz hoirs de son cors : li
premiers out non Chereberz, li secons Gontrans, li tierz
Chilperis, et li quarz Sigeberz. Portez fu à Soisons et
honorablement mis en sepouture en l'abaïe Saint Maart, si comme
il avoit avant devisé. XXX miles et plus avoit de là où il
trespassa jusques là où il fu portez. Si IIII fil estoient
present, qui moult honestement le firent porter toute la voie à
granz processions de clers et de genz de religion, qui l'ame
recommandoient à Nostre Seigneur et fesoient ce qui à tel office
apartenoit. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIv relate l'enterreme de Clotaire
après avoir évoqué les différentes femmes du roi (dont la
Chronique française parle au début du chapitre 2,
et il ne se montre pas aussi précis quant au lieu exact de
l'inhumation : « Les quattre filz [de Clotaire] suyvirent les
funerailles de leur pere par ung convoy triumphant jusques à
Soyssons, où dignement l'ensevelirent au tombeau qui preparé luy
estoit. » Un peu plus loin, Saint-Médard est néanmoins
cité nommément : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire] fut
commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » ([Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIVr). Plus
avant dans [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVv, au moment de relater les
funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la sépulture de
Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de Soyssons
où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de
Clotaire ». Il convient par ailleurs de noter que la
multiplication des sépultures de Clotaire évoquée au v. 996 est une
originalité de Cretin, et c'est d'ailleurs un anachronisme : la
tripartition du corps (ossements, cœur et entrailles) ou dilaceratio corporis est une pratique
qui n'est pas antérieure aux Capétiens et aux Valois.