Livre II - Chapitre 26
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Fueił xx
§Larticle tient que Fredegonde enuoye Prier Gontran vouloir eſtre tuteur Du roy ſon filz./ Diſant que repute heur Si vers Paris ſaccorde mectre en voye.
§ Chapitre. xxuie.
Le roy Gontran fut tuteur de ſon nepueu Clotaire.Fueił xx [3975]milestoneCHilperich moꝛt / comme auons recite Eut Fredegonde ardant cueur excite Dedans Paris aller ſans doubte de ame Et a lenclos du cloiſtre noſtre dame Se alla loger / ou quant leueſque ſceut [3980]Son arriuee / humblement la receut Elle / ſon filz / et toute ſa richeſſe Dont bien eſtoit fournie a gꝛand largeſſe §milestoneLe roy Gontran aduerty de ce faict Part dorleans / et diligence fait [3985]Vers Fredegonde aller /. Affin que delle Et de ſon filz accepte la tutelle Luy arriue a paris / et receu Comme regent /. milestoneChildebert ayant ſceu Le treſpas tel / de ſon oncle /. voult faire [3990]Oudit paris / quelque trouble en laffaire Mais au moyen que dentree eut reffus En ſes pays ſen retourna confus /. §milestoneLa tution receue et acceptee Gontran monſtrant ſa penſe affectee [3995]Au ieune roy /. le commanda poꝛter De ſes ſeigneurs / barons /. et tranſpoꝛter Par les citez / et villes pꝛincipalles De ſon royaulme / affin de oſter totalles Pꝛeſumptions dimpoꝛtun deceuoir
Gontran parle aux pariſiens. [4000]Et les ſermentz en ſon nom recepuoir §milestoneDepuys voyant linconſtance mobile Du populaire / aſſez freſle et debile Aduint vng iour / comme en legliſe eſtoit De noſtre dame / ou gꝛand monde aſſiſtoit [4005]Silence a tous enioincte et impoſee Leur fiſt harengue en telz motz pꝛopoſee /. Pariſiens / en ce lieu aſſemblez milestoneQui foꝛt legiers de couraige ſemblez Pour eſtre meuz et mutinez en lheure [4010] milestoneTenez vers moy ( Ie vous pꝛy) foy meilleure Que au roy deffunct / mon frere / nauez fait Si quon me voye en parolle et deffect Nourrir en paix mon nepueu / et vous puiſſe Bien et deuement adminiſtrer iuſtice /. [4015] Quil ne periſſe en deffault de tuteur Et vous / dauoir bon adminiſtrateur /. milestoneSe eſtes feaulx / et telz / que debuez eſtre Cy deuant dieu / par ma royalle dextre Iure et pꝛomectz tres bien vous maintenir [4020] Et a dꝛoit poꝛt de liberte tenir /. §Son oꝛaiſon parfaicte et acomplie Le peuple foꝛt ioyeux / a dieu ſupplie Que ſain et ſauf touſiours le tienne et gard §milestoneDurant ce temps / Childebert eu eſgard
Ambaſſades de Childebert enuoye au roy Gontran ſon oncle.Fueił xx [4025] A ce que auoit Gontran ſus luy repꝛiſes Terres pluſieurs /. et fait moult dentrepꝛiſes Delibera lenuoyer aduertir Luy rendꝛe tout /. milestoneEt pour le conuertir Ambaſſadeurs deſperit foꝛt agilles [4030]A ce commiſt /. deſquelz le chef fut Gilles Pour loꝛs eſtant archeueſque de Reins /. Venu en court / et les ſeigneurs Loꝛrains Apꝛes auoir licence demandee Et que leur fut laudiance accoꝛdee [4035]De pꝛopoſer larcheueſque entendit Bien haranguer ſelon ſon intendit Et pꝛetendoit par raiſons blandiſſantes Gaigner le roy en parolles plaiſantes Selon le train delegant oꝛateur /. [4040] Gꝛaces rendons (diſt il) au createur Que au tres puiſſant Gontran plein de clemence Donne de paix / la diuine ſemence /. Oyant le roy ces louanges ouffrir De plus parler ne le voulut ſouffrir [4045]Et le repꝛiſt en telz motz / milestoneO inicque Et deſloyal pꝛelat /. dꝛoit canonicque Ne me permect tes blandiemens ouyꝛ Ny en blaſons ſimulez meſiouyꝛ / Comme entre tous les eueſques du monde
Gontran reprend larcheueſque gilles. [4050] Celluy textime / ou plus de mal habonde. Celluy es tu / qui d affette caquet Soubz ſimple habit de lin / et blanc roquet Signe poꝛtant dhonneſte vie et ſaincte De ta parolle adulatoire et faincte [4055] Pleine de dol / fraude et pꝛodition Ames et coꝛps mectz a perdition /. Celluy es tu ſoubz humble toyſon d ouaille Loup rauiſſant / a qui ne chault ou aille Perte / dommaige / ou gaing /. et te ſouffit [4060] Faire de tout ton ſingulier pꝛouffit /. Exaction teſt recepte oꝛdinaire /. Paſteur nes tu /. mais laſche mercennaire /. milestoneLe bon paſteur ſon ame expoſe et mect Pour ſes bꝛebiz /. Le mercennaire admect [4065] Les loups entrer / fuyant de veue apperte Sans regarder / qui pꝛouffitte ou a perte /. Tout tel es tu / qui vas fuyant en court Loꝛs que le loup ſus ton parc ſault et court /. Celluy es tu / qui par ypocriſie [4070] Et faulx ſemblant couuert de courtoiſie Arme dabus / fraulde / deception Et cault engin / de ma poſſeſſion As cauſe veoir maintes places bꝛuſlees Hommes occis / et femmes violees
Ambaſſades du roy Childebert parlent au roy Gontran.Fueił xx [4075] A bꝛief parler /. tes parolles et faictz Poꝛtent tres faulx / et dangereux effectz Pour ce ne vueil que cy endꝛoit blaſonnes Ne par fineſſe auecques moy raiſonnes §Voyant ſus luy ces termes applicquer [4080]Depuys noſa vng ſeul mot replicquer milestoneLoꝛs ſauanca celluy plus dapparence De lambaſſade /. et en la reuerence Deue en tel cas /. ſa pꝛopoſition Miſt en auant / poꝛtant ſommation [4085]Ainſi parlant / milestoneSire / le roy mon maiſtre Et ton nepueu / que bien congnois homme eſtre A extimer /. par nous te fait ſcauoir Que de toy quiert dꝛoicte iuſtice auoir Quant a deux poinctz /. Lun / ceſt que vueilles rendꝛe [4090] Ce que ſus luy as fait (ſans cauſe) pꝛendꝛe En vſurpant par male extoꝛtion De ſon royaulme aulcune poꝛtion /. Lautre / inſtamment te requiert et demande Celle que tiens oꝛes en ta commande [4095] Ceſt Fredegonde / affin de vengement Pꝛendꝛe a raiſon de iuſte iugement Sus lhomicide et cruel vitupere Par elle faiz en ſes feuz oncle et pere. §milestoneSur ce le roy ſans tarder peu ne point
Reſponce de Gontran aux ambaſſadeurs de Childebert. [4100]Luy reſpondit /. que quant au pꝛemier poinct / Auoit pieca ſes reſponſes rendues Et que touchant les terres pꝛetendues Il ne penſoit place ou terre tenir Qui ne luy deuſt par dꝛoit appartenir [4105]Selon leſdit des matieres traictees Et pactions entre eulx deux contractees / milestoneDe redegonde auſſi quil pꝛetendoit Trencha le mot /. diſant que nentendoit Femme de roy deuoir eſtre ſubmiſe [4110]Peine endurer / pour la faulte commiſe Ou maintenoit nauoir donne aulcun Conſentement /. milestoneAloꝛs parla quelcun De lambaſſade / et fonda ſa replicque Comme ſenſuyt / Roy Gontran / Se iapplicque [4115] Sus toy le mal dont ton gꝛos cueur repais Quant guerre pꝛendz / pour mectre arriere paix Ne teſbahy / Ta parolle confitte En foꝛte aigꝛeur / monſtre que ne pꝛouffitte Icy endꝛoit noſtre legation [4120] Par quoy / ſans faire autre allegation Puys que paix eſt de toy tant deſdaignee Croy de certain que la pꝛopꝛe congnee Qui le tien frere a occis /. de rechief Demeure et pend (pour marque ) ſus ton chief /.
Liniure faicte aux ambaſſades de Childebert /. par Gontran.Fueił xx [4125]§milestoneCeſte parolle ainſi au roy gectee Rendit ſoudain ſa penſee agiſtee Au fier deſpit / qui cueur enfle et toſt rend Impetueux / comme leau dun toꝛrent Car oultre loy dobſeruance commune [4130]Poꝛtant garder (ſans offence neſune ) Tout meſſaigier /. fiſt chaſſer du palais Ambaſſadeurs./ Et oultre /. de valetz Et garſonneaux par manieres eſtranges Leur commanda / immundices / et fanges [4135]Gecter aux yeulx /. dont ſoꝛtirent ſur piedz Entre les roys / gꝛoſſes inimitiez milestoneEn ce meſme an / redegonde tranſmiſe A Noꝛmandie / empꝛes Rouan fut miſe Comme eſlongnee / et hoꝛs credit de court [4140]Ou ſe voyant tenue aſſez de court Eut gꝛoſſe enuie en ſon ame conceue /. Tantoſt apꝛes auoir nouuelle ſceue Du ſien haynneux Pꝛetexte rappelle Au parauant par ſa fraulde expelle [4145]milestoneElle eut deſpit de ſe veoir meſpꝛiſee Et Bꝛunechilde ainſi auctoꝛiſee Quelle obtenoit tout ce que pourſuyuoit Si que chaſcun par honneur la ſuyuoit. milestoneElle eut deſdain veoir foꝛtune duyſante
Hauldry pugny pource quil faillit a empoiſonner Brunechilde. [4150]De ce coſte /. pour luy eſtre nuyſante Tant dueil receut / la voyant triumpher Que bien voulſiſt la mectre au fons denfer Tant de couroux poꝛta ceſte peruerſe Quelle conclud par moꝛt luy eſtre aduerſe [4155]Loꝛs ſaccoincta dun appelle Hauldꝛy Qui en ſon temps maint homme auoit meurdꝛy Le quel pꝛomiſt ce chief dœuure parfaire Et de poyſon / ou glayue la deffaire Mais il ne ſceut /. Car tantoſt deſcouuert [4160]Fuſtigue fut pour ſon meffait ouuert Et renuoye auecques peine et honte A redegonde /. Et pour la fin du compte Quant lapperceut /. de tourmentz inhumains Le fiſt pugnir / luy trenchant piedz et mains [4165]Ayant deſpit / que par ſa negligence Elle nauoit de ceſte la vengence Dont tant ſeſtoit a luy voulu fier Ou cela fiſt / penſant ſignifier Ne luy auoir donne ne pꝛomys ayde [4170]Touchant le faict de ce vil homicide. §milestoneLe roy Gontran fut foꝛt (ce temps ſuyuant) Des criminelz laffaire pourſuyuant Quil ſceut trouuer par indices pꝛobables Eſtre en la moꝛt de Chilperich coulpables
La mort de Ferulphe meurdrier de Chilperich. Fueił xx [4175]Entre leſquelz / Ferulphe / capital Aucteur du crime /. eut reffuge total En la ſacree et digne ſepulture De ſainct martin /. Dedans celle cloſture Franchiſe tint /. Mais la ſuaſion [4180]De foy mentie /. et par labuſion Faulſe malice / et cauteleuſe fraulde Dun quil penſoit ſon amy /. nomme Claude Tire dehoꝛs (quoy que luy euſt pꝛomys Le pꝛeſeruer) il fut en pieces mys /. [4185]Ses biens ſaiſiz / et ſa maiſon deſerte Receut loyer de meſmes la deſſerte /. milestoneCeſt le payement de tel laſche marchand Qui ſus la vie a aultruy va marchant /. Ceſt iuſte loy / que meſchant homme herite [4190]Salaire / ainſi / que acquiert ſon demerite /. Mais le mauluais eſt bien / comme appercoy Souuent pugny par vng pire que ſoy.
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§L'article tient que FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
envoye Prier GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne vouloir estre tuteur Du roy son filz, disant que repute heur Si vers Paris s'accorde mectre en voye.
§ Chapitre xxvie+Chapitre xxvii me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappitre xxviime. [Aix419]Chapitre xxviie [BnFfr17274]Chappittre .xxviie. [Cha515]
Le roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne fut tuteur de son nepveu ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
[3975]milestoneChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
mort, comme avons recité, Eut FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
ardant cueur excité Dedans Paris aller, sans doubte de ame, Et à l'enclos+l'ancost [BnFfr23146] du cloistre Nostre Dame Se alla loger où, quant l'evesque sceut [3980]Son arrivee, humblement la receut, Elle, +et [BnFfr23146] son filz et toute sa richesse, Dont bien estoit fournie à grand largesse1. §milestoneLe roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, adverty de ce faict, Part d'Orleans et diligence fait [3985]Vers FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
aller, affin que d'elle Et de son filz accepte la tutelle. Luy arrivé à Paris et receu Comme regent2, milestoneChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais ayant sceu Le trespas tel de son oncle, voult+veult [BnFfr23146] faire [3990]Oudit Paris quelque trouble en+à [BnFfr23146] l'affaire. Mais, au moyen que d'entree eut reffus, En ses paÿs s'en+om. [BnFfr4965] retourna confus3. §milestoneLa tutïon receue et acceptee, GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne monstrant sa [pensee]4 affectee, [3995]Au jeune roy le commanda porter De ses seigneurs barons et transporter Par les citez et villes principalles De son royaulme, affin de oster totalles Presumptïons d'importun decevoir
GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne parle aux Parisiens, [4000]Et les sermentz en son nom recepvoir5. §milestoneDepuys, voyant l'inconstance mobile Du populaire, assez fresle et debile, Advint, ung jour, comme en l'eglise estoit De Nostre Dame, où grand monde assistoit, [4005]Silence à tous enjoincte et imposee, Leur fist harengue en telz motz proposee6 : « Parisïens, en ce lieu assemblez, milestoneQui fort legiers de couraige+couraiges [Aix419, BnFfr17274] semblez, Pour estre meuz+esmeuz [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, Cha515]esmus [BnFfr23146] et mutinez en l'heure7, [4010] milestoneTenez vers+en [BnFfr23146] moy, je vous pry, foy meilleure Que au roy deffunct mon frere n'avez fait8, Si qu'on me voye en parolle et d'effect Nourrir en paix mon nepveu, et vous puisse Bien et deuement administrer justice. [4015] Qu'il ne perisse en deffault+
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais eu+eust [BnFfr17274]eut [BnFfr23146] esgard
Ambassades de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais envoyé au roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne son oncle [4025] À ce que avoit GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, sus luy, reprises Terres plusieurs, et fait moult d'entreprises, Delibera l'envoyer advertir Luy rendre tout10. milestoneEt, pour le convertir, Ambassadeurs d'esperit+d'esperitz [Aix419]d'esperitz [BnFfr17274] fort agilles [4030]À ce commist, desquelz le chef fut GillesEgidius de Reims (VI siècle — VI siècle) Évêque de Reims jusqu'en 590, Pour lors estant archevesque de Reins. Venu+Venus [BnFfr23146] en court, et les seigneurs lorrains, Aprés avoir licence demandee, Et que leur fut l'audïance+audïence [BnFfr17274]odïence [BnFfr23146] accordee, [4035]De proposer, l'archevesque entendit Bien haranguer selon son intendit,+om. [BnFfr23146] Et pretendoit, par raisons blandissantes, Gaigner le roy en parolles plaisantes, Selon le train d'elegant+d'eloquent [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, Cha515]d'elloquent [BnFfr17274]d'eloquent [BnFfr23146] orateur : [4040] « Graces rendons, dist il, au CreateurDieu Concept de Dieu dans le christianisme, Que au trés puissant GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, plein de clemence, Donne de paix la divine +
GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne reprend l'archevesque GillesEgidius de Reims (VI siècle — VI siècle) Évêque de Reims jusqu'en 590 [4050] Celluy t'extime ou plus de mal habonde. Celluy es+est [BnFfr23146] tu qui d' affetté caquet, Soubz simple habit de lin et blanc roquet, Signe portant d'honneste vie et +
Ambassades du roy ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais parlent au roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne [4075] À brief parler, tes parolles et faictz Portent trés faulx et dangereux effectz. Pour+Par [BnFfr23146] ce ne vueil+veit [BnFfr23146] que cy endroit blasonnes, Ne par finesse+finesses [BnFfr23146] avecques moy raisonnes13. » §Voyant sus luy ces termes applicquer, [4080]Depuys n'osa ung seul mot replicquer. milestoneLors s'avança celluy plus d'apparence De l'ambassade, et en la reverence Deue en tel cas, sa propositïon Mist en avant, portant sommatïon, [4085]Ainsi parlant14 : « milestoneSire, le roy mon maistre, Et ton nepveu, que bien congnois homme estre À extimer, par nous te fait sçavoir Que, de toy, quiert droicte justice avoir, Quant à deux poinctz+point [BnFfr23146]. L'un, c'est que vueilles+veille [BnFfr23146] rendre [4090] Ce que sus luy as fait, sans cause, prendre, En usurpant, par male extortïon, De son royaulme aulcune portïon. L'autre, instamment te requiert et demande Celle que tiens ores en ta commande, [4095] C'est FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
, affin de vengement Prendre à raison de juste jugement, Sus l'homicide et crüel vitupere Par elle faiz en+faict à [BnFfr23146] ses feuz+om. [BnFfr4965] oncle et pere15. » §milestoneSur ce, le roy, sans tarder +neu [BnFfr4965] peu ne point,
Responce de GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne aux ambassadeurs de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais [4100]Luy respondit que, quant au premier poinct, Avoit pieça ses responses rendues, Et que touchant les terres pretendues, Il ne pensoit place ou terre tenir Qui ne luy deust, par droit, appartenir, [4105]Selon l'esdit des matieres traictees Et pactïons entre eulx deux +
aussi qu'il pretendoit, Trencha+Tranchant [BnFfr23146] le mot, disant que n'entendoit Femme de roy devoir+om. [BnFfr4965] estre submise [4110]Peine endurer, pour la faulte commise Où maintenoit+maintiennent [Aix419] n'avoir donné aulcun Consentement17. milestoneAlors parla quelc'un De l'ambassade et fonda sa replicque Comme s'ensuyt : « Roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, se j'applicque [4115] Sus toy le mal dont ton gros cueur repais, Quant guerre prendz pour mectre arriere+arriere mectre [Cha515] paix, Ne t'esbahy. Ta parolle confitte En forte+fort [BnFfr17274, BnFfr23146] aigreur monstre que ne prouffitte Icy endroit nostre legatïon, [4120] Par quoy sans faire autre allegatïon, Puysque paix est de toy tant desdaignee, Croy de certain que la propre congnee Qui le tien frere a occis derechief Demeure et pend, pour marque+marquer [BnFfr23146], sus ton chief18. »
L'injure faicte aux ambassades de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais par GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne [4125]§milestoneCeste parolle ainsi au roy+au roy ainsy [BnFfr17274]au roy ainsi [BnFfr23146] gectee, Rendit soudain sa pensee+parolle [BnFfr17274] agistee Au fier despit qui +le [BnFfr23146] cueur enfle et tost+tost [BnFfr23146] rend Impetueux, comme l'eau d'un torrent. Car oultre loy d'observance commune, [4130]Portant garder sans offence nesune Tout messaigier, fist+Toutz messagiez faict [BnFfr17274]Tous messagers faict [BnFfr23146] chasser du palais Ambassadeurs. Et oultre, de valetz Et garsonneaux, par manieres estranges Leur commanda immundices et fanges [4135]Gecter aux yeulx, dont sortirent sur piedz, Entre les roys, grosses inimitïez19. milestoneEn ce mesme an, FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
transmise À Normandie, emprés Rouan fut mise, Comme eslongnee et hors credit de court, [4140]Où, se voyant tenue assez de court, Eut grosse+grant [BnFfr4965] envie en son ame conceue, Tantost aprés avoir nouvelle sceue Du+De [BnFfr23146] sien haynneux Pretexte+Protexte [Aix419]Prétextat (Ve siècle — entre 25/02/586 et 16/04/586) Evêque de Rouen rappellé, Auparavant par sa fraulde expellé20. [4145]milestoneElle eut despit de se veoir mesprisee, Et BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
ainsi auctorisee Qu'elle obtenoit tout ce+se [BnFfr23146] que poursuyvoit, Si que chascun par honneur la suyvoit21. milestoneElle eut desdain veoir fortune duysante
HauldryHauldry ( — ) pugny pource qu'il faillit à empoisonner BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
[4150]De ce costé, pour luy estre nuysante. Tant dueil+d'oeil [BnFfr23146] receut, la voyant triumpher, Que bien voulsist la mectre au fons d'enfer. Tant de couroux porta+porte [BnFfr23146] ceste perverse, Qu'elle conclud par mort luy estre adverse. [4155]Lors s'accoincta+s'accoincte [BnFfr23146] d'un appellé HauldryHauldry ( — ) Qui en son temps maint homme avoit meurdry. Lequel promist ce+promectz se [BnFfr23146] chief d'œuvre parfaire, Et de poyson ou+en [BnFfr4965] glayve la deffaire. Mais il ne sceut+ceust [BnFfr23146]. Car+que [BnFfr4965], tantost descouvert, [4160]Fustigué fut pour son meffait ouvert, Et renvoyé avecques peine et honte À FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
. Et pour la fin du compte, Quant l'apperceut, de tourmentz inhumains Le fist pugnir, luy trenchant piedz et mains, [4165]Ayant despit que, par sa negligence, Elle n'avoit de ceste là vengence Dont tant+om. [BnFfr17274]elle [BnFfr23146] s'estoit à luy voulu fïer. Ou cela fist+faict [BnFfr23146] pensant signifïer Ne luy avoir donné ne promys+permis ny donner [BnFfr23146] ayde [4170]Touchant le faict de ce vil homicide22. §milestoneLe roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne fut fort, ce temps suyvant, Des criminelz l'affaire poursuyvant Qu'il sceut trouver+trouvé [BnFfr23146], par indices probables, Estre en la mort de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
coulpables.
La mort de FerulpheEbérulphe ( — ) meurdrier de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
[4175]Entre lesquelz Ferulphe+Seralphe [BnFfr17274]Ebérulphe ( — ), capital Aucteur du+de [BnFfr23146] crime, eut reffuge total En la sacree et digne sepulture De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397) Saint catholique et orthodoxe. Dedans celle+ceste [BnFfr23146] closture, Franchise tint. Mais la suasïon [4180]De foy mentie et, par l'abusïon, Faulse malice et cauteleuse fraulde D'un qu'il pensoit son amy, nommé ClaudeClaude ; Claudie ( — ), Tiré dehors, quoy que luy eust promys Le preserver, il fut en pieces+piece [BnFfr23146] mys, [4185]Ses biens saisiz et sa maison deserte Receut loyer de mesmes+mesme [BnFfr17274, BnFfr23146] la desserte23. milestoneC'est le payement de tel lasche marchand Qui sus la vie à aultruy va marchant. C'est juste loy que meschant homme herite [4190]Salaire ainsi que acquiert son demerite. Mais le maulvais+neanmoint [BnFfr23146] est bien, comme apperçoy, Souvent pugny par ung pire que soy24.
Note n°1
La réécriture que propose Cretin de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr semble signaler comme un détail la mise à l'abri des
richesses, alors qu'il s'agit du principal motif de l'installation
de Frédégonde à Notre-Dame de Paris : « Chilperic occis, Fredegonde,
craignant perdre ses biens, se transporta avecques toutes ses
richesses en l'eglise de la benoiste dame Marie de Paris, comme en
lieu sacré, seur et sauf, laquelle fut liberallement receue par
l'evesque du lieu. » De façon symtomatique, Cretin omet de rapporter
l'événement décrit dans la phrase suivante, et qui porte encore sur
des questions de trésor : « Le trezor qui estoit vers Chilperic au
bourg de Callet prindrent aucuns officiers domestiques, et à
Childebert le porterent. » Par ailleurs, les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) conservent le nom du prélat que
Cretin ne nomme pas : « Li evesques Renemons la reçut, lui et toutes
ses choses. »
Note n°2
La
Chronique française ne donne pas une image claire
de la transmission des différentes parties de l'ancien royaume de
Clotaire après le partage de 561. Alors que Cretin semblait
jusqu'ici (v. 1113 et 3496) attribuer à Gontran l'héritage du
royaume de Paris après la mort de Caribert, le fils de Chilpéric,
roi de Soissons, est ici présenté comme l'héritier du royaume de
Paris dont Gontran exerce la régence après la mort de Chilpéric. Cet
ordre de succession est encore plus explicite aux v. 4017-4018. Par
ailleurs, Cretin ne signale pas que cette régence est demandée par
Frédégonde elle-même, s'écartant du témoignange de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr : « Mais Fredegonde desirant plus seurement donner conseil
et ordre à ses besongnes et à son filz, envoya par ses messagers
prier Gontran, roy d'Orleans, qu'il fust tuteur d'elle et de
Clotaire. Riens ne tarda Gontran, venant à Paris, sortit la royne de
la ville et alla au devant de luy. »
Note n°3
Cet événement
est évoqué à l'endroit correspondant dans les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) : « Après revint li rois
Childebers, mès li citoien li devéerent l'entrée et li fermerent les
portes. » Gaguin-Desrey, fol. XXIr y fait référence un peu plus
tard, au moment d'évoquer le conflit entre Gontran et Childebert : «
Peu après, Childebert, que les Parisiens après la mort de Chilperic
venant à Paris n'avoient voulu recevoir, envoya [...] ».
Note n°4
Nous corrigeons « pense » en
« pensee », afin de se conformer au sens du vers, aux
règles de la métrique et aux autres
manuscrits.
Note n°5
Cretin est ici si proche de Gaguin-Desrey, fol. XXIr
que la Chronique française n'offre qu'une
versification de sa source : « La tuytion de son nepveu prinse et
acceptee, Gontran commanda porter l'enfant Clotaire par toutes les
principalles villes du royaulme. Et les seigneurs qui le portoient
les villes recevoient au serment de fidélité au nom de Gontran.
»
Note n°6
Cretin, réécrivant Gaguin-Desrey, fol. XXIr qui est
plus explicite, ne précise pas le sujet de la phrase, identique à
celui de la précédente : « Mais Gontran, non ignorant l'inconstance
populaire, comme il estoit en l'eglise de Nostre Dame où assistoit
grant tourbe de peuple, silence faicte, va dire : [...]. »
Note n°7
Cette caractérisation des Parisiens est de Cretin et ne figure
pas dans le discours de Gontran tel que le rapportent
Gaguin-Desrey, fol. XXIr et les GCF, liv. III,
chap. 20 (vol. 1, p. 318).
Note n°8
Contradiction patente avec
l'information donnée au v. 1113, selon laquelle Gontran, et non
Chilpéric, avait hérité du royaume de Paris après la mort de
Caribert.
Note n°9
Ce serment est une
addition de Cretin au discours de Gontran par rapport à ses deux
sources principales.
Note n°10
Le
vocabulaire choisi par Cretin donne l'impression que le droit est du
côté de Childebert, impression qui ne ressort pas du tout du texte
de Gaguin-Desrey, fol. XXIr dont il s'inspire : « Durant ce temps,
furent aucuns mouvemens de guerre, Gontran repetant et reprenant les
lieux et places que Childebert occupoit. » Cretin omet la phrase
suivante : « Mais Ganesque, comte de Poictiers soustenant le party
de Childebert, tint soubz sa foy les Lymosins et Poictevins et
davantage essaya avoir les Tourengelz. Toutesvoyes, resistant
l'arcevesque de la ville de Tours, persista la cité en la foy de
Gontran. »
Note n°11
C'est la deuxième
apparition (voir v. 3458-3459 et 3477) de ce personnage que
Cretin paraît initialement tenir en estime, et dont il modifie
l'orthographe du nom par rapport à Gaguin-Desrey, fol. XXIr
qu'il reprend : « Peu après, Childebert, que les Parisiens après
la mort de Chilperic venant à Paris n'avoient voulu recevoir,
envoya Gillon arcevesque de Rains avec aultres nobles et grans
seigneurs en ambassade vers Gontran. Les mabassadeurs receuz,
Gillon en saharengue usant de parolles blandissantes, au
commencement à Dieu graces rendit que à Gontran clement et très
puissant roy avoit baillé pure paix. » Les GCF,
liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 325) l'appellent « Giles li
arcevesques de Rains ».
Note n°12
Réminiscence du bon pasteur évoqué
par Luc 15 : 3-7 et Jean 10 : 11-16.
Note n°13
Cette harengue de 34 vers est l'une des plus longues prises de
parole dans le livre II de la Chronique
française. Pour une raison qui n'est pas entièrement
claire et qui doit dépasser le simple goût de l'auteur pour les
discours, Cretin amplifie considérablement le discours de
Gontran qu'il trouve chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : «
“Maulvais, dist il [Gontran], et inique prelat, toy parlant
elegamment, je ne preste voluntiers mon ouye à tes blandicemens
et flateries, car comme entre tous les aultres qui sont vivans,
tu soyes le plus traistre et desloyal soubz umbre de ce rocquet
et vestement de lin, demonstrant et simulant saincteté. Par
fraulde et prodition deçoys et trompes le monde. Par ton conseil
plusieurs villes qui à moy appartiennent son arses et bruslees.”
» Voir le passage équivalent dans les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 325).
Note n°14
Cretin
introduit parmi les messagers une hiérarchie qui n'est pas chez
Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Mais l'altre des ambassadeurs
declairant en peu de langaige le mandement de Childebert, commensa à
dire : [...]. »
Note n°15
Cretin
réunit en une seule prise de parole les deux interventions de
l'ambassadeur que rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIr-XXIv : «
“Nostre glorieux roy Childebert commande nous a de toy repeter
sa portion du royaulme paternel que luy as ostée.” Respondit
Gontran [...]. Et pour ce que l'ambassadeur entendit en vain
estriver contre le roy : “Nous voyons, dit il, que nostre
legation ne proufficte. Le reste, c'est pour faire fin que nous
voullons quelque chose impetrer de ta justice. Devers toy est
Fredegonde, vefve de Chilperic, laquelle Sigebert pere de nostre
prince et a fait mourir depuis peu de jours en ça. Chilperic a
occis femme digne de grande punition. Pour ce demande Childebert
ceste cy luy estre envoyee, laquelle pour la crudelité et
horreur de ses crimes et delitz fera punyr selon ses merites.”
Respondit Gontran [...]. » Cet échange reproduit ce que
rapportent les GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1,
p. 325-326).
Note n°16
Cretin
reporte ici la première réponse donnée par Gontran dans son dialogue
avec l'ambassadeur chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Respondit
Gontran que dés longtemps avoit à ce rendu responce, riens n'avoir
de Childebert usurpé, oultre la forme des conventions entre eulx
faictes, pour raison de quoy avoit intention de retenir tout ce que
legitimement et justement possedoit, sinon tant seullement ce qu'il
auroit deliberé donner par sa grace ou pour sa liberalité. » Il est
intéressant de noter que Cretin n'a pas reproduit cette dernière
clause, dont l'enseignement serait que les rois disposent du royaume
comme d'un bien ordinaire et jouissent du droit d'en aliéner tout ou
partie, ce qui n'est pas concevable au début du XVIe siècle. Les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 326) sont moins explicites, et évoquent
seulement la possibilité pour Gontran de déroger aux conventions «
se ce n'est par grâce et par amistié. »
Note n°17
Cette réponse
correspond à la deuxième prise de parole de Gontran dans son échange
avec l'ambassadeur tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIv : «
Respondit Gontran à l'ambassadeur que luy sembloit inique et
desraisonnable de ravyr à punition une femme anoblye de dignité
royalle, laquelle aussi point ne cuydoit estre coulpable des cas que
l'on luy imposoit. »
Note n°18
Cretin reprend
et amplifie ce discours à Gaguin-Desrey, fol. XXIv, tout en
escamotant la place prééminente que ce dernier accorde au
locuteur : « Et par ainsi les ambassadeurs se departans sans
proffitter en leur legation, le principal parleur va dire :
“Gontran grant roy, puisque reffuses la paix, saiches que la
coignee dont ton frere a esté occis pend à ton chief.” » Les
GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 326-328)
enregistrent encore, entre la deuxième réponse de Gontran et
cette ultime menace d'un ambassadeur, un échange entre Gontran
Boson et Gontran à propos de Gondovald.
Note n°19
Cretin
précise à qui Gontran ordonne de dégrader les ambassadeurs de
Childebert, à l'inverse de Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il reprend :
« À ces parolles, esmeu le roy, les ambassadeurs commanda expulser
et jecter hors du palais, et cheminans par la voye les fist de fange
et ordure contaminer et soueiller, dont entre les roys furent
provoquees et incitees griefves inimitiez. »
Note n°20
Cretin ne précise pas que c'est à l'initiative de
Gontran que Frédégonde est envoyée à Rouen, mais il exagère
l'isolement de la reine tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol.
XXIv. En outre, il impute à la seule Frédégonde, à l'inverse de sa
source, la chute de Prétextat : « Gontran après ce envoya Fredegonde
à Neustrie, dit Normandie, où elle habiteroit assez près de Rouen, à
laquelle aucuns nobles de France, comme s'ilz eussent eu pitié de sa
fortune, se offirrent luy promectans aider de tout leur pouoir.
Quant fut congneu que Pretexe, que Chilperic avoit eu prisonnier,
estoit delivré par Gontran, moult fut trise et dolente Fredegonde
que decheute de la haultesse de royalle dignité, estoit tant peu
prisee. » L'omission des soutiens que reçoit Frédégonde en Normandie
est dommageable au bon fonctionnement du récit, puisque Cretin y
fait référence plus loin comme d'une chose acquise (voir v.
4476-4481).
Note n°21
Cretin, pas plus que Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il
suit, n'explique en quoi consiste la faveur de Brunehaut, et à quoi
est dû son retour en grâce, sauf à considérer que la libération de
Prétextat constitue par elle-même une victoire pour Brunehaut : «
Avecques ce, pour sa douleur accroistre, luy venoit en memoire la
presente felicité de Brunechilde, qu'elle veoit plus puissante que
soy et plus honnoree. »
Note n°22
Cretin suit de près Gaguin-Desrey, fol. XXIv, au
coompte rendu de qui il retranche les circonstances de l'échec de
Hauldry : « De laquelle envye ceste femme tormentee, secretement
appella quelque homme nommé Hauldry, hardy et acoustumé à faire
meurdres, lequel elle chargea de grandes et belles promesses s'il
tuoit la royne Brunechilde. Marché fait de ceste occision, Hauldry,
ayant acquis familiarité et conversation avecques la Royne
Brunechilde, par blandicemens et flateries de jour en jour,
toutesvoyes apperceu plus grant blandiceur vint en suspition.
Apprehendé et par tourmens affligé, le crime confessa, pour lequel
fustigé et diffamé fut envoyé à Fredegonde, laquelle comme femme de
sang luy fist trancher piedz et mains, le arguant de negligence et
paresse, pour ce que comme lasche et failly avoit passé l'occasion
de occir Brunechilde, ou pour ce qu'elle voulloit monstrer et
signifier ne luy avoir commandé aucune chose de cestuy homicide. »
Dans les GCF, liv. III, chap. 23 (vol. 1, p. 331), le
nom de l'assassin mandaté par Frédégonde est orthographié «
Holeriques ». Jules Viard, l'éditeur des GCF, signale
que ce nom est issu d'une erreur de compréhension du texte source
d'Aimoin, qui dit clericum quendam
: le c initial a été lu comme un o.
Note n°23
Soucieux de situer
cet assassinat hors d'une église, Cretin élabore à partir du récit
très bref de Gaguin-Desrey, fol. XXIv : « Dosrenavant, print Gontran
sollicitude de poursuyvyr les coulpables de la mort de Chilperic,
entre lesquelz Cherulphe, accusé qui avoit esté son premier
cubiculaire, s'en fouyt au sepulchre Sainct Martin de Tours, où
finablement par le commandement de Gontran et de Claude fut à force
de playes occis, ses biens, dont très riche estoit desclairez,
confisquez. » Les GCF, liv. III, chap. 24 (vol. 1, p.
332-337) donnent un récit plus détaillé et assez différent,
précisant que « par Fredegonde li [Gontran] fu dit que Berulphes,
qui estoit maistres chambellens dou palais, avoit esté chevetains et
principaus dou fait. » L'accusation est manifestement fausse et
fondée sur un désir de vengeance : « Pour ce [Frédégonde] l'acusa
que il l'avoit lessié et que il ne voloit demorer ovec lui
[Frédégonde]. » C'est probablement dans les GCF, liv.
III, chap. 24 (vol. 1, p. 335-336) que Cretin a trouvé les
informations qu'il rapporte à propos de Claude : « Uns tiex hons,
qui avoit non Claudies, se poroffri au roi et li dist que il avoit
trové bon procureor de tel besoigne. Li rois li promist grant loier
se il povoit ce faire. Atant s'en parti et vint à Eberulphe, et li
jura par Dieu et par ses sains que il ne troveroit nului qui mieuz
li peust ne vosist aidier vers le roi que il feroit. Li malicieus
pensoit bien que il ne le povoit autrement mieuz decevoir que par
son faus sairement ; cil le crut qui cuida que il li deist voir pour
le sairement que il li avoit fait. » La mise à mort a ensuite lieu
dans l'église, à l'inverse de ce que rapporte Cretin.
Note n°24
Cette morale du chapitre est de
Cretin.
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxvii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappitre xxviime.
BnFfr17274 Chapitre xxviie
Cha515 Chappittre .xxviie.
BnFfr23146 l'ancost
BnFfr23146 et
BnFfr23146 veult
BnFfr23146 à
BnFfr4965 om.
Aix419, BnFfr17274 couraiges
BnFfr23146 en
BnFfr17274 deffaulte
BnFfr23146 Si
BnFfr4965 entretenir
BnFfr4965 et
BnFfr23146 Venus
Non num.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, Cha515 d'eloquent
BnFfr17274 d'elloquent
BnFfr23146 d'eloquent
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 luy
BnFfr4965 telz
BnFfr23146 est
Aix419 adultaire
BnFfr23146 est
Aix419 qui
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 l'humble
BnFfr4965, BnFfr17274 du
BnFfr17274 fuyans
BnFfr4964 qui
BnFfr17274 ayt
BnFfr17274, BnFfr23146 saulte
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 causer
BnFfr23146 Par
BnFfr23146 veit
BnFfr23146 finesses
BnFfr23146 point
BnFfr23146 veille
BnFfr23146 faict à
BnFfr4965 om.
BnFfr4965 neu
BnFfr4965 accordees
BnFfr23146 Tranchant
BnFfr4965 om.
Aix419 maintiennent
Cha515 arriere mectre
BnFfr17274, BnFfr23146 fort
BnFfr23146 marquer
BnFfr17274 parolle
BnFfr23146 le
BnFfr23146 tost
BnFfr4965 grant
BnFfr23146 De
Aix419 Protexte
BnFfr23146 se
BnFfr23146 d'oeil
BnFfr23146 porte
BnFfr23146 s'accoincte
BnFfr23146 promectz se
BnFfr4965 en
BnFfr23146 ceust
BnFfr4965 que
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 permis ny donner
BnFfr23146 trouvé
BnFfr17274 Seralphe
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ceste
BnFfr23146 piece
BnFfr17274, BnFfr23146 mesme
BnFfr23146 neanmoint











Fueił xx
§Larticle tient que Fredegonde enuoye Prier Gontran vouloir eſtre tuteur Du roy ſon filz./ Diſant que repute heur Si vers Paris ſaccorde mectre en voye.
§ Chapitre. xxuie.
Le roy Gontran fut tuteur de ſon nepueu Clotaire.Fueił xx [3975]milestoneCHilperich moꝛt / comme auons recite Eut Fredegonde ardant cueur excite Dedans Paris aller ſans doubte de ame Et a lenclos du cloiſtre noſtre dame Se alla loger / ou quant leueſque ſceut [3980]Son arriuee / humblement la receut Elle / ſon filz / et toute ſa richeſſe Dont bien eſtoit fournie a gꝛand largeſſe §milestoneLe roy Gontran aduerty de ce faict Part dorleans / et diligence fait [3985]Vers Fredegonde aller /. Affin que delle Et de ſon filz accepte la tutelle Luy arriue a paris / et receu Comme regent /. milestoneChildebert ayant ſceu Le treſpas tel / de ſon oncle /. voult faire [3990]Oudit paris / quelque trouble en laffaire Mais au moyen que dentree eut reffus En ſes pays ſen retourna confus /. §milestoneLa tution receue et acceptee Gontran monſtrant ſa penſe affectee [3995]Au ieune roy /. le commanda poꝛter De ſes ſeigneurs / barons /. et tranſpoꝛter Par les citez / et villes pꝛincipalles De ſon royaulme / affin de oſter totalles Pꝛeſumptions dimpoꝛtun deceuoir
Gontran parle aux pariſiens. [4000]Et les ſermentz en ſon nom recepuoir §milestoneDepuys voyant linconſtance mobile Du populaire / aſſez freſle et debile Aduint vng iour / comme en legliſe eſtoit De noſtre dame / ou gꝛand monde aſſiſtoit [4005]Silence a tous enioincte et impoſee Leur fiſt harengue en telz motz pꝛopoſee /. Pariſiens / en ce lieu aſſemblez milestoneQui foꝛt legiers de couraige ſemblez Pour eſtre meuz et mutinez en lheure [4010] milestoneTenez vers moy ( Ie vous pꝛy) foy meilleure Que au roy deffunct / mon frere / nauez fait Si quon me voye en parolle et deffect Nourrir en paix mon nepueu / et vous puiſſe Bien et deuement adminiſtrer iuſtice /. [4015] Quil ne periſſe en deffault de tuteur Et vous / dauoir bon adminiſtrateur /. milestoneSe eſtes feaulx / et telz / que debuez eſtre Cy deuant dieu / par ma royalle dextre Iure et pꝛomectz tres bien vous maintenir [4020] Et a dꝛoit poꝛt de liberte tenir /. §Son oꝛaiſon parfaicte et acomplie Le peuple foꝛt ioyeux / a dieu ſupplie Que ſain et ſauf touſiours le tienne et gard §milestoneDurant ce temps / Childebert eu eſgard
Ambaſſades de Childebert enuoye au roy Gontran ſon oncle.Fueił xx [4025] A ce que auoit Gontran ſus luy repꝛiſes Terres pluſieurs /. et fait moult dentrepꝛiſes Delibera lenuoyer aduertir Luy rendꝛe tout /. milestoneEt pour le conuertir Ambaſſadeurs deſperit foꝛt agilles [4030]A ce commiſt /. deſquelz le chef fut Gilles Pour loꝛs eſtant archeueſque de Reins /. Venu en court / et les ſeigneurs Loꝛrains Apꝛes auoir licence demandee Et que leur fut laudiance accoꝛdee [4035]De pꝛopoſer larcheueſque entendit Bien haranguer ſelon ſon intendit Et pꝛetendoit par raiſons blandiſſantes Gaigner le roy en parolles plaiſantes Selon le train delegant oꝛateur /. [4040] Gꝛaces rendons (diſt il) au createur Que au tres puiſſant Gontran plein de clemence Donne de paix / la diuine ſemence /. Oyant le roy ces louanges ouffrir De plus parler ne le voulut ſouffrir [4045]Et le repꝛiſt en telz motz / milestoneO inicque Et deſloyal pꝛelat /. dꝛoit canonicque Ne me permect tes blandiemens ouyꝛ Ny en blaſons ſimulez meſiouyꝛ / Comme entre tous les eueſques du monde
Gontran reprend larcheueſque gilles. [4050] Celluy textime / ou plus de mal habonde. Celluy es tu / qui d affette caquet Soubz ſimple habit de lin / et blanc roquet Signe poꝛtant dhonneſte vie et ſaincte De ta parolle adulatoire et faincte [4055] Pleine de dol / fraude et pꝛodition Ames et coꝛps mectz a perdition /. Celluy es tu ſoubz humble toyſon d ouaille Loup rauiſſant / a qui ne chault ou aille Perte / dommaige / ou gaing /. et te ſouffit [4060] Faire de tout ton ſingulier pꝛouffit /. Exaction teſt recepte oꝛdinaire /. Paſteur nes tu /. mais laſche mercennaire /. milestoneLe bon paſteur ſon ame expoſe et mect Pour ſes bꝛebiz /. Le mercennaire admect [4065] Les loups entrer / fuyant de veue apperte Sans regarder / qui pꝛouffitte ou a perte /. Tout tel es tu / qui vas fuyant en court Loꝛs que le loup ſus ton parc ſault et court /. Celluy es tu / qui par ypocriſie [4070] Et faulx ſemblant couuert de courtoiſie Arme dabus / fraulde / deception Et cault engin / de ma poſſeſſion As cauſe veoir maintes places bꝛuſlees Hommes occis / et femmes violees
Ambaſſades du roy Childebert parlent au roy Gontran.Fueił xx [4075] A bꝛief parler /. tes parolles et faictz Poꝛtent tres faulx / et dangereux effectz Pour ce ne vueil que cy endꝛoit blaſonnes Ne par fineſſe auecques moy raiſonnes §Voyant ſus luy ces termes applicquer [4080]Depuys noſa vng ſeul mot replicquer milestoneLoꝛs ſauanca celluy plus dapparence De lambaſſade /. et en la reuerence Deue en tel cas /. ſa pꝛopoſition Miſt en auant / poꝛtant ſommation [4085]Ainſi parlant / milestoneSire / le roy mon maiſtre Et ton nepueu / que bien congnois homme eſtre A extimer /. par nous te fait ſcauoir Que de toy quiert dꝛoicte iuſtice auoir Quant a deux poinctz /. Lun / ceſt que vueilles rendꝛe [4090] Ce que ſus luy as fait (ſans cauſe) pꝛendꝛe En vſurpant par male extoꝛtion De ſon royaulme aulcune poꝛtion /. Lautre / inſtamment te requiert et demande Celle que tiens oꝛes en ta commande [4095] Ceſt Fredegonde / affin de vengement Pꝛendꝛe a raiſon de iuſte iugement Sus lhomicide et cruel vitupere Par elle faiz en ſes feuz oncle et pere. §milestoneSur ce le roy ſans tarder peu ne point
Reſponce de Gontran aux ambaſſadeurs de Childebert. [4100]Luy reſpondit /. que quant au pꝛemier poinct / Auoit pieca ſes reſponſes rendues Et que touchant les terres pꝛetendues Il ne penſoit place ou terre tenir Qui ne luy deuſt par dꝛoit appartenir [4105]Selon leſdit des matieres traictees Et pactions entre eulx deux contractees / milestoneDe redegonde auſſi quil pꝛetendoit Trencha le mot /. diſant que nentendoit Femme de roy deuoir eſtre ſubmiſe [4110]Peine endurer / pour la faulte commiſe Ou maintenoit nauoir donne aulcun Conſentement /. milestoneAloꝛs parla quelcun De lambaſſade / et fonda ſa replicque Comme ſenſuyt / Roy Gontran / Se iapplicque [4115] Sus toy le mal dont ton gꝛos cueur repais Quant guerre pꝛendz / pour mectre arriere paix Ne teſbahy / Ta parolle confitte En foꝛte aigꝛeur / monſtre que ne pꝛouffitte Icy endꝛoit noſtre legation [4120] Par quoy / ſans faire autre allegation Puys que paix eſt de toy tant deſdaignee Croy de certain que la pꝛopꝛe congnee Qui le tien frere a occis /. de rechief Demeure et pend (pour marque ) ſus ton chief /.
Liniure faicte aux ambaſſades de Childebert /. par Gontran.Fueił xx [4125]§milestoneCeſte parolle ainſi au roy gectee Rendit ſoudain ſa penſee agiſtee Au fier deſpit / qui cueur enfle et toſt rend Impetueux / comme leau dun toꝛrent Car oultre loy dobſeruance commune [4130]Poꝛtant garder (ſans offence neſune ) Tout meſſaigier /. fiſt chaſſer du palais Ambaſſadeurs./ Et oultre /. de valetz Et garſonneaux par manieres eſtranges Leur commanda / immundices / et fanges [4135]Gecter aux yeulx /. dont ſoꝛtirent ſur piedz Entre les roys / gꝛoſſes inimitiez milestoneEn ce meſme an / redegonde tranſmiſe A Noꝛmandie / empꝛes Rouan fut miſe Comme eſlongnee / et hoꝛs credit de court [4140]Ou ſe voyant tenue aſſez de court Eut gꝛoſſe enuie en ſon ame conceue /. Tantoſt apꝛes auoir nouuelle ſceue Du ſien haynneux Pꝛetexte rappelle Au parauant par ſa fraulde expelle [4145]milestoneElle eut deſpit de ſe veoir meſpꝛiſee Et Bꝛunechilde ainſi auctoꝛiſee Quelle obtenoit tout ce que pourſuyuoit Si que chaſcun par honneur la ſuyuoit. milestoneElle eut deſdain veoir foꝛtune duyſante
Hauldry pugny pource quil faillit a empoiſonner Brunechilde. [4150]De ce coſte /. pour luy eſtre nuyſante Tant dueil receut / la voyant triumpher Que bien voulſiſt la mectre au fons denfer Tant de couroux poꝛta ceſte peruerſe Quelle conclud par moꝛt luy eſtre aduerſe [4155]Loꝛs ſaccoincta dun appelle Hauldꝛy Qui en ſon temps maint homme auoit meurdꝛy Le quel pꝛomiſt ce chief dœuure parfaire Et de poyſon / ou glayue la deffaire Mais il ne ſceut /. Car tantoſt deſcouuert [4160]Fuſtigue fut pour ſon meffait ouuert Et renuoye auecques peine et honte A redegonde /. Et pour la fin du compte Quant lapperceut /. de tourmentz inhumains Le fiſt pugnir / luy trenchant piedz et mains [4165]Ayant deſpit / que par ſa negligence Elle nauoit de ceſte la vengence Dont tant ſeſtoit a luy voulu fier Ou cela fiſt / penſant ſignifier Ne luy auoir donne ne pꝛomys ayde [4170]Touchant le faict de ce vil homicide. §milestoneLe roy Gontran fut foꝛt (ce temps ſuyuant) Des criminelz laffaire pourſuyuant Quil ſceut trouuer par indices pꝛobables Eſtre en la moꝛt de Chilperich coulpables
La mort de Ferulphe meurdrier de Chilperich. Fueił xx [4175]Entre leſquelz / Ferulphe / capital Aucteur du crime /. eut reffuge total En la ſacree et digne ſepulture De ſainct martin /. Dedans celle cloſture Franchiſe tint /. Mais la ſuaſion [4180]De foy mentie /. et par labuſion Faulſe malice / et cauteleuſe fraulde Dun quil penſoit ſon amy /. nomme Claude Tire dehoꝛs (quoy que luy euſt pꝛomys Le pꝛeſeruer) il fut en pieces mys /. [4185]Ses biens ſaiſiz / et ſa maiſon deſerte Receut loyer de meſmes la deſſerte /. milestoneCeſt le payement de tel laſche marchand Qui ſus la vie a aultruy va marchant /. Ceſt iuſte loy / que meſchant homme herite [4190]Salaire / ainſi / que acquiert ſon demerite /. Mais le mauluais eſt bien / comme appercoy Souuent pugny par vng pire que ſoy.
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§L'article tient que FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
envoye Prier GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne vouloir estre tuteur Du roy son filz, disant que repute heur Si vers Paris s'accorde mectre en voye.
§ Chapitre xxvie+Chapitre xxvii me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappitre xxviime. [Aix419]Chapitre xxviie [BnFfr17274]Chappittre .xxviie. [Cha515]
Le roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne fut tuteur de son nepveu ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
[3975]milestoneChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
mort, comme avons recité, Eut FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
ardant cueur excité Dedans Paris aller, sans doubte de ame, Et à l'enclos+l'ancost [BnFfr23146] du cloistre Nostre Dame Se alla loger où, quant l'evesque sceut [3980]Son arrivee, humblement la receut, Elle, +et [BnFfr23146] son filz et toute sa richesse, Dont bien estoit fournie à grand largesse1. §milestoneLe roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, adverty de ce faict, Part d'Orleans et diligence fait [3985]Vers FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
aller, affin que d'elle Et de son filz accepte la tutelle. Luy arrivé à Paris et receu Comme regent2, milestoneChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais ayant sceu Le trespas tel de son oncle, voult+veult [BnFfr23146] faire [3990]Oudit Paris quelque trouble en+à [BnFfr23146] l'affaire. Mais, au moyen que d'entree eut reffus, En ses paÿs s'en+om. [BnFfr4965] retourna confus3. §milestoneLa tutïon receue et acceptee, GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne monstrant sa [pensee]4 affectee, [3995]Au jeune roy le commanda porter De ses seigneurs barons et transporter Par les citez et villes principalles De son royaulme, affin de oster totalles Presumptïons d'importun decevoir
GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne parle aux Parisiens, [4000]Et les sermentz en son nom recepvoir5. §milestoneDepuys, voyant l'inconstance mobile Du populaire, assez fresle et debile, Advint, ung jour, comme en l'eglise estoit De Nostre Dame, où grand monde assistoit, [4005]Silence à tous enjoincte et imposee, Leur fist harengue en telz motz proposee6 : « Parisïens, en ce lieu assemblez, milestoneQui fort legiers de couraige+couraiges [Aix419, BnFfr17274] semblez, Pour estre meuz+esmeuz [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, Cha515]esmus [BnFfr23146] et mutinez en l'heure7, [4010] milestoneTenez vers+en [BnFfr23146] moy, je vous pry, foy meilleure Que au roy deffunct mon frere n'avez fait8, Si qu'on me voye en parolle et d'effect Nourrir en paix mon nepveu, et vous puisse Bien et deuement administrer justice. [4015] Qu'il ne perisse en deffault+
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais eu+eust [BnFfr17274]eut [BnFfr23146] esgard
Ambassades de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais envoyé au roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne son oncle [4025] À ce que avoit GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, sus luy, reprises Terres plusieurs, et fait moult d'entreprises, Delibera l'envoyer advertir Luy rendre tout10. milestoneEt, pour le convertir, Ambassadeurs d'esperit+d'esperitz [Aix419]d'esperitz [BnFfr17274] fort agilles [4030]À ce commist, desquelz le chef fut GillesEgidius de Reims (VI siècle — VI siècle) Évêque de Reims jusqu'en 590, Pour lors estant archevesque de Reins. Venu+Venus [BnFfr23146] en court, et les seigneurs lorrains, Aprés avoir licence demandee, Et que leur fut l'audïance+audïence [BnFfr17274]odïence [BnFfr23146] accordee, [4035]De proposer, l'archevesque entendit Bien haranguer selon son intendit,+om. [BnFfr23146] Et pretendoit, par raisons blandissantes, Gaigner le roy en parolles plaisantes, Selon le train d'elegant+d'eloquent [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, Cha515]d'elloquent [BnFfr17274]d'eloquent [BnFfr23146] orateur : [4040] « Graces rendons, dist il, au CreateurDieu Concept de Dieu dans le christianisme, Que au trés puissant GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, plein de clemence, Donne de paix la divine +
GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne reprend l'archevesque GillesEgidius de Reims (VI siècle — VI siècle) Évêque de Reims jusqu'en 590 [4050] Celluy t'extime ou plus de mal habonde. Celluy es+est [BnFfr23146] tu qui d' affetté caquet, Soubz simple habit de lin et blanc roquet, Signe portant d'honneste vie et +
Ambassades du roy ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais parlent au roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne [4075] À brief parler, tes parolles et faictz Portent trés faulx et dangereux effectz. Pour+Par [BnFfr23146] ce ne vueil+veit [BnFfr23146] que cy endroit blasonnes, Ne par finesse+finesses [BnFfr23146] avecques moy raisonnes13. » §Voyant sus luy ces termes applicquer, [4080]Depuys n'osa ung seul mot replicquer. milestoneLors s'avança celluy plus d'apparence De l'ambassade, et en la reverence Deue en tel cas, sa propositïon Mist en avant, portant sommatïon, [4085]Ainsi parlant14 : « milestoneSire, le roy mon maistre, Et ton nepveu, que bien congnois homme estre À extimer, par nous te fait sçavoir Que, de toy, quiert droicte justice avoir, Quant à deux poinctz+point [BnFfr23146]. L'un, c'est que vueilles+veille [BnFfr23146] rendre [4090] Ce que sus luy as fait, sans cause, prendre, En usurpant, par male extortïon, De son royaulme aulcune portïon. L'autre, instamment te requiert et demande Celle que tiens ores en ta commande, [4095] C'est FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
, affin de vengement Prendre à raison de juste jugement, Sus l'homicide et crüel vitupere Par elle faiz en+faict à [BnFfr23146] ses feuz+om. [BnFfr4965] oncle et pere15. » §milestoneSur ce, le roy, sans tarder +neu [BnFfr4965] peu ne point,
Responce de GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne aux ambassadeurs de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais [4100]Luy respondit que, quant au premier poinct, Avoit pieça ses responses rendues, Et que touchant les terres pretendues, Il ne pensoit place ou terre tenir Qui ne luy deust, par droit, appartenir, [4105]Selon l'esdit des matieres traictees Et pactïons entre eulx deux +
aussi qu'il pretendoit, Trencha+Tranchant [BnFfr23146] le mot, disant que n'entendoit Femme de roy devoir+om. [BnFfr4965] estre submise [4110]Peine endurer, pour la faulte commise Où maintenoit+maintiennent [Aix419] n'avoir donné aulcun Consentement17. milestoneAlors parla quelc'un De l'ambassade et fonda sa replicque Comme s'ensuyt : « Roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne, se j'applicque [4115] Sus toy le mal dont ton gros cueur repais, Quant guerre prendz pour mectre arriere+arriere mectre [Cha515] paix, Ne t'esbahy. Ta parolle confitte En forte+fort [BnFfr17274, BnFfr23146] aigreur monstre que ne prouffitte Icy endroit nostre legatïon, [4120] Par quoy sans faire autre allegatïon, Puysque paix est de toy tant desdaignee, Croy de certain que la propre congnee Qui le tien frere a occis derechief Demeure et pend, pour marque+marquer [BnFfr23146], sus ton chief18. »
L'injure faicte aux ambassades de ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de l’Orléanais par GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne [4125]§milestoneCeste parolle ainsi au roy+au roy ainsy [BnFfr17274]au roy ainsi [BnFfr23146] gectee, Rendit soudain sa pensee+parolle [BnFfr17274] agistee Au fier despit qui +le [BnFfr23146] cueur enfle et tost+tost [BnFfr23146] rend Impetueux, comme l'eau d'un torrent. Car oultre loy d'observance commune, [4130]Portant garder sans offence nesune Tout messaigier, fist+Toutz messagiez faict [BnFfr17274]Tous messagers faict [BnFfr23146] chasser du palais Ambassadeurs. Et oultre, de valetz Et garsonneaux, par manieres estranges Leur commanda immundices et fanges [4135]Gecter aux yeulx, dont sortirent sur piedz, Entre les roys, grosses inimitïez19. milestoneEn ce mesme an, FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
transmise À Normandie, emprés Rouan fut mise, Comme eslongnee et hors credit de court, [4140]Où, se voyant tenue assez de court, Eut grosse+grant [BnFfr4965] envie en son ame conceue, Tantost aprés avoir nouvelle sceue Du+De [BnFfr23146] sien haynneux Pretexte+Protexte [Aix419]Prétextat (Ve siècle — entre 25/02/586 et 16/04/586) Evêque de Rouen rappellé, Auparavant par sa fraulde expellé20. [4145]milestoneElle eut despit de se veoir mesprisee, Et BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
ainsi auctorisee Qu'elle obtenoit tout ce+se [BnFfr23146] que poursuyvoit, Si que chascun par honneur la suyvoit21. milestoneElle eut desdain veoir fortune duysante
HauldryHauldry ( — ) pugny pource qu'il faillit à empoisonner BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
[4150]De ce costé, pour luy estre nuysante. Tant dueil+d'oeil [BnFfr23146] receut, la voyant triumpher, Que bien voulsist la mectre au fons d'enfer. Tant de couroux porta+porte [BnFfr23146] ceste perverse, Qu'elle conclud par mort luy estre adverse. [4155]Lors s'accoincta+s'accoincte [BnFfr23146] d'un appellé HauldryHauldry ( — ) Qui en son temps maint homme avoit meurdry. Lequel promist ce+promectz se [BnFfr23146] chief d'œuvre parfaire, Et de poyson ou+en [BnFfr4965] glayve la deffaire. Mais il ne sceut+ceust [BnFfr23146]. Car+que [BnFfr4965], tantost descouvert, [4160]Fustigué fut pour son meffait ouvert, Et renvoyé avecques peine et honte À FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597) Reine des Francs de Neustrie (568-584)
. Et pour la fin du compte, Quant l'apperceut, de tourmentz inhumains Le fist pugnir, luy trenchant piedz et mains, [4165]Ayant despit que, par sa negligence, Elle n'avoit de ceste là vengence Dont tant+om. [BnFfr17274]elle [BnFfr23146] s'estoit à luy voulu fïer. Ou cela fist+faict [BnFfr23146] pensant signifïer Ne luy avoir donné ne promys+permis ny donner [BnFfr23146] ayde [4170]Touchant le faict de ce vil homicide22. §milestoneLe roy GontranGontran (532 — 30/03/593) Roi des Francs de Bourgogne (561-593)
Saint catholique, roi franc de Bourgogne fut fort, ce temps suyvant, Des criminelz l'affaire poursuyvant Qu'il sceut trouver+trouvé [BnFfr23146], par indices probables, Estre en la mort de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
coulpables.
La mort de FerulpheEbérulphe ( — ) meurdrier de ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584) Roi des Francs de Neustrie (561-584)
[4175]Entre lesquelz Ferulphe+Seralphe [BnFfr17274]Ebérulphe ( — ), capital Aucteur du+de [BnFfr23146] crime, eut reffuge total En la sacree et digne sepulture De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397) Saint catholique et orthodoxe. Dedans celle+ceste [BnFfr23146] closture, Franchise tint. Mais la suasïon [4180]De foy mentie et, par l'abusïon, Faulse malice et cauteleuse fraulde D'un qu'il pensoit son amy, nommé ClaudeClaude ; Claudie ( — ), Tiré dehors, quoy que luy eust promys Le preserver, il fut en pieces+piece [BnFfr23146] mys, [4185]Ses biens saisiz et sa maison deserte Receut loyer de mesmes+mesme [BnFfr17274, BnFfr23146] la desserte23. milestoneC'est le payement de tel lasche marchand Qui sus la vie à aultruy va marchant. C'est juste loy que meschant homme herite [4190]Salaire ainsi que acquiert son demerite. Mais le maulvais+neanmoint [BnFfr23146] est bien, comme apperçoy, Souvent pugny par ung pire que soy24.
Note n°1
La réécriture que propose Cretin de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr semble signaler comme un détail la mise à l'abri des
richesses, alors qu'il s'agit du principal motif de l'installation
de Frédégonde à Notre-Dame de Paris : « Chilperic occis, Fredegonde,
craignant perdre ses biens, se transporta avecques toutes ses
richesses en l'eglise de la benoiste dame Marie de Paris, comme en
lieu sacré, seur et sauf, laquelle fut liberallement receue par
l'evesque du lieu. » De façon symtomatique, Cretin omet de rapporter
l'événement décrit dans la phrase suivante, et qui porte encore sur
des questions de trésor : « Le trezor qui estoit vers Chilperic au
bourg de Callet prindrent aucuns officiers domestiques, et à
Childebert le porterent. » Par ailleurs, les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) conservent le nom du prélat que
Cretin ne nomme pas : « Li evesques Renemons la reçut, lui et toutes
ses choses. »
Note n°2
La
Chronique française ne donne pas une image claire
de la transmission des différentes parties de l'ancien royaume de
Clotaire après le partage de 561. Alors que Cretin semblait
jusqu'ici (v. 1113 et 3496) attribuer à Gontran l'héritage du
royaume de Paris après la mort de Caribert, le fils de Chilpéric,
roi de Soissons, est ici présenté comme l'héritier du royaume de
Paris dont Gontran exerce la régence après la mort de Chilpéric. Cet
ordre de succession est encore plus explicite aux v. 4017-4018. Par
ailleurs, Cretin ne signale pas que cette régence est demandée par
Frédégonde elle-même, s'écartant du témoignange de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr : « Mais Fredegonde desirant plus seurement donner conseil
et ordre à ses besongnes et à son filz, envoya par ses messagers
prier Gontran, roy d'Orleans, qu'il fust tuteur d'elle et de
Clotaire. Riens ne tarda Gontran, venant à Paris, sortit la royne de
la ville et alla au devant de luy. »
Note n°3
Cet événement
est évoqué à l'endroit correspondant dans les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) : « Après revint li rois
Childebers, mès li citoien li devéerent l'entrée et li fermerent les
portes. » Gaguin-Desrey, fol. XXIr y fait référence un peu plus
tard, au moment d'évoquer le conflit entre Gontran et Childebert : «
Peu après, Childebert, que les Parisiens après la mort de Chilperic
venant à Paris n'avoient voulu recevoir, envoya [...] ».
Note n°4
Nous corrigeons « pense » en
« pensee », afin de se conformer au sens du vers, aux
règles de la métrique et aux autres
manuscrits.
Note n°5
Cretin est ici si proche de Gaguin-Desrey, fol. XXIr
que la Chronique française n'offre qu'une
versification de sa source : « La tuytion de son nepveu prinse et
acceptee, Gontran commanda porter l'enfant Clotaire par toutes les
principalles villes du royaulme. Et les seigneurs qui le portoient
les villes recevoient au serment de fidélité au nom de Gontran.
»
Note n°6
Cretin, réécrivant Gaguin-Desrey, fol. XXIr qui est
plus explicite, ne précise pas le sujet de la phrase, identique à
celui de la précédente : « Mais Gontran, non ignorant l'inconstance
populaire, comme il estoit en l'eglise de Nostre Dame où assistoit
grant tourbe de peuple, silence faicte, va dire : [...]. »
Note n°7
Cette caractérisation des Parisiens est de Cretin et ne figure
pas dans le discours de Gontran tel que le rapportent
Gaguin-Desrey, fol. XXIr et les GCF, liv. III,
chap. 20 (vol. 1, p. 318).
Note n°8
Contradiction patente avec
l'information donnée au v. 1113, selon laquelle Gontran, et non
Chilpéric, avait hérité du royaume de Paris après la mort de
Caribert.
Note n°9
Ce serment est une
addition de Cretin au discours de Gontran par rapport à ses deux
sources principales.
Note n°10
Le
vocabulaire choisi par Cretin donne l'impression que le droit est du
côté de Childebert, impression qui ne ressort pas du tout du texte
de Gaguin-Desrey, fol. XXIr dont il s'inspire : « Durant ce temps,
furent aucuns mouvemens de guerre, Gontran repetant et reprenant les
lieux et places que Childebert occupoit. » Cretin omet la phrase
suivante : « Mais Ganesque, comte de Poictiers soustenant le party
de Childebert, tint soubz sa foy les Lymosins et Poictevins et
davantage essaya avoir les Tourengelz. Toutesvoyes, resistant
l'arcevesque de la ville de Tours, persista la cité en la foy de
Gontran. »
Note n°11
C'est la deuxième
apparition (voir v. 3458-3459 et 3477) de ce personnage que
Cretin paraît initialement tenir en estime, et dont il modifie
l'orthographe du nom par rapport à Gaguin-Desrey, fol. XXIr
qu'il reprend : « Peu après, Childebert, que les Parisiens après
la mort de Chilperic venant à Paris n'avoient voulu recevoir,
envoya Gillon arcevesque de Rains avec aultres nobles et grans
seigneurs en ambassade vers Gontran. Les mabassadeurs receuz,
Gillon en saharengue usant de parolles blandissantes, au
commencement à Dieu graces rendit que à Gontran clement et très
puissant roy avoit baillé pure paix. » Les GCF,
liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 325) l'appellent « Giles li
arcevesques de Rains ».
Note n°12
Réminiscence du bon pasteur évoqué
par Luc 15 : 3-7 et Jean 10 : 11-16.
Note n°13
Cette harengue de 34 vers est l'une des plus longues prises de
parole dans le livre II de la Chronique
française. Pour une raison qui n'est pas entièrement
claire et qui doit dépasser le simple goût de l'auteur pour les
discours, Cretin amplifie considérablement le discours de
Gontran qu'il trouve chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : «
“Maulvais, dist il [Gontran], et inique prelat, toy parlant
elegamment, je ne preste voluntiers mon ouye à tes blandicemens
et flateries, car comme entre tous les aultres qui sont vivans,
tu soyes le plus traistre et desloyal soubz umbre de ce rocquet
et vestement de lin, demonstrant et simulant saincteté. Par
fraulde et prodition deçoys et trompes le monde. Par ton conseil
plusieurs villes qui à moy appartiennent son arses et bruslees.”
» Voir le passage équivalent dans les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 325).
Note n°14
Cretin
introduit parmi les messagers une hiérarchie qui n'est pas chez
Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Mais l'altre des ambassadeurs
declairant en peu de langaige le mandement de Childebert, commensa à
dire : [...]. »
Note n°15
Cretin
réunit en une seule prise de parole les deux interventions de
l'ambassadeur que rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIr-XXIv : «
“Nostre glorieux roy Childebert commande nous a de toy repeter
sa portion du royaulme paternel que luy as ostée.” Respondit
Gontran [...]. Et pour ce que l'ambassadeur entendit en vain
estriver contre le roy : “Nous voyons, dit il, que nostre
legation ne proufficte. Le reste, c'est pour faire fin que nous
voullons quelque chose impetrer de ta justice. Devers toy est
Fredegonde, vefve de Chilperic, laquelle Sigebert pere de nostre
prince et a fait mourir depuis peu de jours en ça. Chilperic a
occis femme digne de grande punition. Pour ce demande Childebert
ceste cy luy estre envoyee, laquelle pour la crudelité et
horreur de ses crimes et delitz fera punyr selon ses merites.”
Respondit Gontran [...]. » Cet échange reproduit ce que
rapportent les GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1,
p. 325-326).
Note n°16
Cretin
reporte ici la première réponse donnée par Gontran dans son dialogue
avec l'ambassadeur chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Respondit
Gontran que dés longtemps avoit à ce rendu responce, riens n'avoir
de Childebert usurpé, oultre la forme des conventions entre eulx
faictes, pour raison de quoy avoit intention de retenir tout ce que
legitimement et justement possedoit, sinon tant seullement ce qu'il
auroit deliberé donner par sa grace ou pour sa liberalité. » Il est
intéressant de noter que Cretin n'a pas reproduit cette dernière
clause, dont l'enseignement serait que les rois disposent du royaume
comme d'un bien ordinaire et jouissent du droit d'en aliéner tout ou
partie, ce qui n'est pas concevable au début du XVIe siècle. Les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 326) sont moins explicites, et évoquent
seulement la possibilité pour Gontran de déroger aux conventions «
se ce n'est par grâce et par amistié. »
Note n°17
Cette réponse
correspond à la deuxième prise de parole de Gontran dans son échange
avec l'ambassadeur tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIv : «
Respondit Gontran à l'ambassadeur que luy sembloit inique et
desraisonnable de ravyr à punition une femme anoblye de dignité
royalle, laquelle aussi point ne cuydoit estre coulpable des cas que
l'on luy imposoit. »
Note n°18
Cretin reprend
et amplifie ce discours à Gaguin-Desrey, fol. XXIv, tout en
escamotant la place prééminente que ce dernier accorde au
locuteur : « Et par ainsi les ambassadeurs se departans sans
proffitter en leur legation, le principal parleur va dire :
“Gontran grant roy, puisque reffuses la paix, saiches que la
coignee dont ton frere a esté occis pend à ton chief.” » Les
GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 326-328)
enregistrent encore, entre la deuxième réponse de Gontran et
cette ultime menace d'un ambassadeur, un échange entre Gontran
Boson et Gontran à propos de Gondovald.
Note n°19
Cretin
précise à qui Gontran ordonne de dégrader les ambassadeurs de
Childebert, à l'inverse de Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il reprend :
« À ces parolles, esmeu le roy, les ambassadeurs commanda expulser
et jecter hors du palais, et cheminans par la voye les fist de fange
et ordure contaminer et soueiller, dont entre les roys furent
provoquees et incitees griefves inimitiez. »
Note n°20
Cretin ne précise pas que c'est à l'initiative de
Gontran que Frédégonde est envoyée à Rouen, mais il exagère
l'isolement de la reine tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol.
XXIv. En outre, il impute à la seule Frédégonde, à l'inverse de sa
source, la chute de Prétextat : « Gontran après ce envoya Fredegonde
à Neustrie, dit Normandie, où elle habiteroit assez près de Rouen, à
laquelle aucuns nobles de France, comme s'ilz eussent eu pitié de sa
fortune, se offirrent luy promectans aider de tout leur pouoir.
Quant fut congneu que Pretexe, que Chilperic avoit eu prisonnier,
estoit delivré par Gontran, moult fut trise et dolente Fredegonde
que decheute de la haultesse de royalle dignité, estoit tant peu
prisee. » L'omission des soutiens que reçoit Frédégonde en Normandie
est dommageable au bon fonctionnement du récit, puisque Cretin y
fait référence plus loin comme d'une chose acquise (voir v.
4476-4481).
Note n°21
Cretin, pas plus que Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il
suit, n'explique en quoi consiste la faveur de Brunehaut, et à quoi
est dû son retour en grâce, sauf à considérer que la libération de
Prétextat constitue par elle-même une victoire pour Brunehaut : «
Avecques ce, pour sa douleur accroistre, luy venoit en memoire la
presente felicité de Brunechilde, qu'elle veoit plus puissante que
soy et plus honnoree. »
Note n°22
Cretin suit de près Gaguin-Desrey, fol. XXIv, au
coompte rendu de qui il retranche les circonstances de l'échec de
Hauldry : « De laquelle envye ceste femme tormentee, secretement
appella quelque homme nommé Hauldry, hardy et acoustumé à faire
meurdres, lequel elle chargea de grandes et belles promesses s'il
tuoit la royne Brunechilde. Marché fait de ceste occision, Hauldry,
ayant acquis familiarité et conversation avecques la Royne
Brunechilde, par blandicemens et flateries de jour en jour,
toutesvoyes apperceu plus grant blandiceur vint en suspition.
Apprehendé et par tourmens affligé, le crime confessa, pour lequel
fustigé et diffamé fut envoyé à Fredegonde, laquelle comme femme de
sang luy fist trancher piedz et mains, le arguant de negligence et
paresse, pour ce que comme lasche et failly avoit passé l'occasion
de occir Brunechilde, ou pour ce qu'elle voulloit monstrer et
signifier ne luy avoir commandé aucune chose de cestuy homicide. »
Dans les GCF, liv. III, chap. 23 (vol. 1, p. 331), le
nom de l'assassin mandaté par Frédégonde est orthographié «
Holeriques ». Jules Viard, l'éditeur des GCF, signale
que ce nom est issu d'une erreur de compréhension du texte source
d'Aimoin, qui dit clericum quendam
: le c initial a été lu comme un o.
Note n°23
Soucieux de situer
cet assassinat hors d'une église, Cretin élabore à partir du récit
très bref de Gaguin-Desrey, fol. XXIv : « Dosrenavant, print Gontran
sollicitude de poursuyvyr les coulpables de la mort de Chilperic,
entre lesquelz Cherulphe, accusé qui avoit esté son premier
cubiculaire, s'en fouyt au sepulchre Sainct Martin de Tours, où
finablement par le commandement de Gontran et de Claude fut à force
de playes occis, ses biens, dont très riche estoit desclairez,
confisquez. » Les GCF, liv. III, chap. 24 (vol. 1, p.
332-337) donnent un récit plus détaillé et assez différent,
précisant que « par Fredegonde li [Gontran] fu dit que Berulphes,
qui estoit maistres chambellens dou palais, avoit esté chevetains et
principaus dou fait. » L'accusation est manifestement fausse et
fondée sur un désir de vengeance : « Pour ce [Frédégonde] l'acusa
que il l'avoit lessié et que il ne voloit demorer ovec lui
[Frédégonde]. » C'est probablement dans les GCF, liv.
III, chap. 24 (vol. 1, p. 335-336) que Cretin a trouvé les
informations qu'il rapporte à propos de Claude : « Uns tiex hons,
qui avoit non Claudies, se poroffri au roi et li dist que il avoit
trové bon procureor de tel besoigne. Li rois li promist grant loier
se il povoit ce faire. Atant s'en parti et vint à Eberulphe, et li
jura par Dieu et par ses sains que il ne troveroit nului qui mieuz
li peust ne vosist aidier vers le roi que il feroit. Li malicieus
pensoit bien que il ne le povoit autrement mieuz decevoir que par
son faus sairement ; cil le crut qui cuida que il li deist voir pour
le sairement que il li avoit fait. » La mise à mort a ensuite lieu
dans l'église, à l'inverse de ce que rapporte Cretin.
Note n°24
Cette morale du chapitre est de
Cretin.
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxvii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappitre xxviime.
BnFfr17274 Chapitre xxviie
Cha515 Chappittre .xxviie.
BnFfr23146 l'ancost
BnFfr23146 et
BnFfr23146 veult
BnFfr23146 à
BnFfr4965 om.
Aix419, BnFfr17274 couraiges
BnFfr23146 en
BnFfr17274 deffaulte
BnFfr23146 Si
BnFfr4965 entretenir
BnFfr4965 et
BnFfr23146 Venus
Non num.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, Cha515 d'eloquent
BnFfr17274 d'elloquent
BnFfr23146 d'eloquent
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 luy
BnFfr4965 telz
BnFfr23146 est
Aix419 adultaire
BnFfr23146 est
Aix419 qui
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 l'humble
BnFfr4965, BnFfr17274 du
BnFfr17274 fuyans
BnFfr4964 qui
BnFfr17274 ayt
BnFfr17274, BnFfr23146 saulte
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 causer
BnFfr23146 Par
BnFfr23146 veit
BnFfr23146 finesses
BnFfr23146 point
BnFfr23146 veille
BnFfr23146 faict à
BnFfr4965 om.
BnFfr4965 neu
BnFfr4965 accordees
BnFfr23146 Tranchant
BnFfr4965 om.
Aix419 maintiennent
Cha515 arriere mectre
BnFfr17274, BnFfr23146 fort
BnFfr23146 marquer
BnFfr17274 parolle
BnFfr23146 le
BnFfr23146 tost
BnFfr4965 grant
BnFfr23146 De
Aix419 Protexte
BnFfr23146 se
BnFfr23146 d'oeil
BnFfr23146 porte
BnFfr23146 s'accoincte
BnFfr23146 promectz se
BnFfr4965 en
BnFfr23146 ceust
BnFfr4965 que
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 permis ny donner
BnFfr23146 trouvé
BnFfr17274 Seralphe
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ceste
BnFfr23146 piece
BnFfr17274, BnFfr23146 mesme
BnFfr23146 neanmoint
Note n°1
La réécriture que propose Cretin de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr semble signaler comme un détail la mise à l'abri des
richesses, alors qu'il s'agit du principal motif de l'installation
de Frédégonde à Notre-Dame de Paris : « Chilperic occis, Fredegonde,
craignant perdre ses biens, se transporta avecques toutes ses
richesses en l'eglise de la benoiste dame Marie de Paris, comme en
lieu sacré, seur et sauf, laquelle fut liberallement receue par
l'evesque du lieu. » De façon symtomatique, Cretin omet de rapporter
l'événement décrit dans la phrase suivante, et qui porte encore sur
des questions de trésor : « Le trezor qui estoit vers Chilperic au
bourg de Callet prindrent aucuns officiers domestiques, et à
Childebert le porterent. » Par ailleurs, les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) conservent le nom du prélat que
Cretin ne nomme pas : « Li evesques Renemons la reçut, lui et toutes
ses choses. »
Note n°2
La
Chronique française ne donne pas une image claire
de la transmission des différentes parties de l'ancien royaume de
Clotaire après le partage de 561. Alors que Cretin semblait
jusqu'ici (v. 1113 et 3496) attribuer à Gontran l'héritage du
royaume de Paris après la mort de Caribert, le fils de Chilpéric,
roi de Soissons, est ici présenté comme l'héritier du royaume de
Paris dont Gontran exerce la régence après la mort de Chilpéric. Cet
ordre de succession est encore plus explicite aux v. 4017-4018. Par
ailleurs, Cretin ne signale pas que cette régence est demandée par
Frédégonde elle-même, s'écartant du témoignange de Gaguin-Desrey,
fol. XXIr : « Mais Fredegonde desirant plus seurement donner conseil
et ordre à ses besongnes et à son filz, envoya par ses messagers
prier Gontran, roy d'Orleans, qu'il fust tuteur d'elle et de
Clotaire. Riens ne tarda Gontran, venant à Paris, sortit la royne de
la ville et alla au devant de luy. »
Note n°3
Cet événement
est évoqué à l'endroit correspondant dans les GCF,
liv. III, chap. 20 (vol. 1, p. 316) : « Après revint li rois
Childebers, mès li citoien li devéerent l'entrée et li fermerent les
portes. » Gaguin-Desrey, fol. XXIr y fait référence un peu plus
tard, au moment d'évoquer le conflit entre Gontran et Childebert : «
Peu après, Childebert, que les Parisiens après la mort de Chilperic
venant à Paris n'avoient voulu recevoir, envoya [...] ».
Note n°4
Nous corrigeons « pense » en
« pensee », afin de se conformer au sens du vers, aux
règles de la métrique et aux autres
manuscrits.
Note n°5
Cretin est ici si proche de Gaguin-Desrey, fol. XXIr
que la Chronique française n'offre qu'une
versification de sa source : « La tuytion de son nepveu prinse et
acceptee, Gontran commanda porter l'enfant Clotaire par toutes les
principalles villes du royaulme. Et les seigneurs qui le portoient
les villes recevoient au serment de fidélité au nom de Gontran.
»
Note n°6
Cretin, réécrivant Gaguin-Desrey, fol. XXIr qui est
plus explicite, ne précise pas le sujet de la phrase, identique à
celui de la précédente : « Mais Gontran, non ignorant l'inconstance
populaire, comme il estoit en l'eglise de Nostre Dame où assistoit
grant tourbe de peuple, silence faicte, va dire : [...]. »
Note n°7
Cette caractérisation des Parisiens est de Cretin et ne figure
pas dans le discours de Gontran tel que le rapportent
Gaguin-Desrey, fol. XXIr et les GCF, liv. III,
chap. 20 (vol. 1, p. 318).
Note n°8
Contradiction patente avec
l'information donnée au v. 1113, selon laquelle Gontran, et non
Chilpéric, avait hérité du royaume de Paris après la mort de
Caribert.
Note n°9
Ce serment est une
addition de Cretin au discours de Gontran par rapport à ses deux
sources principales.
Note n°10
Le
vocabulaire choisi par Cretin donne l'impression que le droit est du
côté de Childebert, impression qui ne ressort pas du tout du texte
de Gaguin-Desrey, fol. XXIr dont il s'inspire : « Durant ce temps,
furent aucuns mouvemens de guerre, Gontran repetant et reprenant les
lieux et places que Childebert occupoit. » Cretin omet la phrase
suivante : « Mais Ganesque, comte de Poictiers soustenant le party
de Childebert, tint soubz sa foy les Lymosins et Poictevins et
davantage essaya avoir les Tourengelz. Toutesvoyes, resistant
l'arcevesque de la ville de Tours, persista la cité en la foy de
Gontran. »
Note n°11
C'est la deuxième
apparition (voir v. 3458-3459 et 3477) de ce personnage que
Cretin paraît initialement tenir en estime, et dont il modifie
l'orthographe du nom par rapport à Gaguin-Desrey, fol. XXIr
qu'il reprend : « Peu après, Childebert, que les Parisiens après
la mort de Chilperic venant à Paris n'avoient voulu recevoir,
envoya Gillon arcevesque de Rains avec aultres nobles et grans
seigneurs en ambassade vers Gontran. Les mabassadeurs receuz,
Gillon en saharengue usant de parolles blandissantes, au
commencement à Dieu graces rendit que à Gontran clement et très
puissant roy avoit baillé pure paix. » Les GCF,
liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 325) l'appellent « Giles li
arcevesques de Rains ».
Note n°12
Réminiscence du bon pasteur évoqué
par Luc 15 : 3-7 et Jean 10 : 11-16.
Note n°13
Cette harengue de 34 vers est l'une des plus longues prises de
parole dans le livre II de la Chronique
française. Pour une raison qui n'est pas entièrement
claire et qui doit dépasser le simple goût de l'auteur pour les
discours, Cretin amplifie considérablement le discours de
Gontran qu'il trouve chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : «
“Maulvais, dist il [Gontran], et inique prelat, toy parlant
elegamment, je ne preste voluntiers mon ouye à tes blandicemens
et flateries, car comme entre tous les aultres qui sont vivans,
tu soyes le plus traistre et desloyal soubz umbre de ce rocquet
et vestement de lin, demonstrant et simulant saincteté. Par
fraulde et prodition deçoys et trompes le monde. Par ton conseil
plusieurs villes qui à moy appartiennent son arses et bruslees.”
» Voir le passage équivalent dans les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 325).
Note n°14
Cretin
introduit parmi les messagers une hiérarchie qui n'est pas chez
Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Mais l'altre des ambassadeurs
declairant en peu de langaige le mandement de Childebert, commensa à
dire : [...]. »
Note n°15
Cretin
réunit en une seule prise de parole les deux interventions de
l'ambassadeur que rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIr-XXIv : «
“Nostre glorieux roy Childebert commande nous a de toy repeter
sa portion du royaulme paternel que luy as ostée.” Respondit
Gontran [...]. Et pour ce que l'ambassadeur entendit en vain
estriver contre le roy : “Nous voyons, dit il, que nostre
legation ne proufficte. Le reste, c'est pour faire fin que nous
voullons quelque chose impetrer de ta justice. Devers toy est
Fredegonde, vefve de Chilperic, laquelle Sigebert pere de nostre
prince et a fait mourir depuis peu de jours en ça. Chilperic a
occis femme digne de grande punition. Pour ce demande Childebert
ceste cy luy estre envoyee, laquelle pour la crudelité et
horreur de ses crimes et delitz fera punyr selon ses merites.”
Respondit Gontran [...]. » Cet échange reproduit ce que
rapportent les GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1,
p. 325-326).
Note n°16
Cretin
reporte ici la première réponse donnée par Gontran dans son dialogue
avec l'ambassadeur chez Gaguin-Desrey, fol. XXIr : « Respondit
Gontran que dés longtemps avoit à ce rendu responce, riens n'avoir
de Childebert usurpé, oultre la forme des conventions entre eulx
faictes, pour raison de quoy avoit intention de retenir tout ce que
legitimement et justement possedoit, sinon tant seullement ce qu'il
auroit deliberé donner par sa grace ou pour sa liberalité. » Il est
intéressant de noter que Cretin n'a pas reproduit cette dernière
clause, dont l'enseignement serait que les rois disposent du royaume
comme d'un bien ordinaire et jouissent du droit d'en aliéner tout ou
partie, ce qui n'est pas concevable au début du XVIe siècle. Les GCF, liv.
III, chap. 22 (vol. 1, p. 326) sont moins explicites, et évoquent
seulement la possibilité pour Gontran de déroger aux conventions «
se ce n'est par grâce et par amistié. »
Note n°17
Cette réponse
correspond à la deuxième prise de parole de Gontran dans son échange
avec l'ambassadeur tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol. XXIv : «
Respondit Gontran à l'ambassadeur que luy sembloit inique et
desraisonnable de ravyr à punition une femme anoblye de dignité
royalle, laquelle aussi point ne cuydoit estre coulpable des cas que
l'on luy imposoit. »
Note n°18
Cretin reprend
et amplifie ce discours à Gaguin-Desrey, fol. XXIv, tout en
escamotant la place prééminente que ce dernier accorde au
locuteur : « Et par ainsi les ambassadeurs se departans sans
proffitter en leur legation, le principal parleur va dire :
“Gontran grant roy, puisque reffuses la paix, saiches que la
coignee dont ton frere a esté occis pend à ton chief.” » Les
GCF, liv. III, chap. 22 (vol. 1, p. 326-328)
enregistrent encore, entre la deuxième réponse de Gontran et
cette ultime menace d'un ambassadeur, un échange entre Gontran
Boson et Gontran à propos de Gondovald.
Note n°19
Cretin
précise à qui Gontran ordonne de dégrader les ambassadeurs de
Childebert, à l'inverse de Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il reprend :
« À ces parolles, esmeu le roy, les ambassadeurs commanda expulser
et jecter hors du palais, et cheminans par la voye les fist de fange
et ordure contaminer et soueiller, dont entre les roys furent
provoquees et incitees griefves inimitiez. »
Note n°20
Cretin ne précise pas que c'est à l'initiative de
Gontran que Frédégonde est envoyée à Rouen, mais il exagère
l'isolement de la reine tel que le rapporte Gaguin-Desrey, fol.
XXIv. En outre, il impute à la seule Frédégonde, à l'inverse de sa
source, la chute de Prétextat : « Gontran après ce envoya Fredegonde
à Neustrie, dit Normandie, où elle habiteroit assez près de Rouen, à
laquelle aucuns nobles de France, comme s'ilz eussent eu pitié de sa
fortune, se offirrent luy promectans aider de tout leur pouoir.
Quant fut congneu que Pretexe, que Chilperic avoit eu prisonnier,
estoit delivré par Gontran, moult fut trise et dolente Fredegonde
que decheute de la haultesse de royalle dignité, estoit tant peu
prisee. » L'omission des soutiens que reçoit Frédégonde en Normandie
est dommageable au bon fonctionnement du récit, puisque Cretin y
fait référence plus loin comme d'une chose acquise (voir v.
4476-4481).
Note n°21
Cretin, pas plus que Gaguin-Desrey, fol. XXIv qu'il
suit, n'explique en quoi consiste la faveur de Brunehaut, et à quoi
est dû son retour en grâce, sauf à considérer que la libération de
Prétextat constitue par elle-même une victoire pour Brunehaut : «
Avecques ce, pour sa douleur accroistre, luy venoit en memoire la
presente felicité de Brunechilde, qu'elle veoit plus puissante que
soy et plus honnoree. »
Note n°22
Cretin suit de près Gaguin-Desrey, fol. XXIv, au
coompte rendu de qui il retranche les circonstances de l'échec de
Hauldry : « De laquelle envye ceste femme tormentee, secretement
appella quelque homme nommé Hauldry, hardy et acoustumé à faire
meurdres, lequel elle chargea de grandes et belles promesses s'il
tuoit la royne Brunechilde. Marché fait de ceste occision, Hauldry,
ayant acquis familiarité et conversation avecques la Royne
Brunechilde, par blandicemens et flateries de jour en jour,
toutesvoyes apperceu plus grant blandiceur vint en suspition.
Apprehendé et par tourmens affligé, le crime confessa, pour lequel
fustigé et diffamé fut envoyé à Fredegonde, laquelle comme femme de
sang luy fist trancher piedz et mains, le arguant de negligence et
paresse, pour ce que comme lasche et failly avoit passé l'occasion
de occir Brunechilde, ou pour ce qu'elle voulloit monstrer et
signifier ne luy avoir commandé aucune chose de cestuy homicide. »
Dans les GCF, liv. III, chap. 23 (vol. 1, p. 331), le
nom de l'assassin mandaté par Frédégonde est orthographié «
Holeriques ». Jules Viard, l'éditeur des GCF, signale
que ce nom est issu d'une erreur de compréhension du texte source
d'Aimoin, qui dit clericum quendam
: le c initial a été lu comme un o.
Note n°23
Soucieux de situer
cet assassinat hors d'une église, Cretin élabore à partir du récit
très bref de Gaguin-Desrey, fol. XXIv : « Dosrenavant, print Gontran
sollicitude de poursuyvyr les coulpables de la mort de Chilperic,
entre lesquelz Cherulphe, accusé qui avoit esté son premier
cubiculaire, s'en fouyt au sepulchre Sainct Martin de Tours, où
finablement par le commandement de Gontran et de Claude fut à force
de playes occis, ses biens, dont très riche estoit desclairez,
confisquez. » Les GCF, liv. III, chap. 24 (vol. 1, p.
332-337) donnent un récit plus détaillé et assez différent,
précisant que « par Fredegonde li [Gontran] fu dit que Berulphes,
qui estoit maistres chambellens dou palais, avoit esté chevetains et
principaus dou fait. » L'accusation est manifestement fausse et
fondée sur un désir de vengeance : « Pour ce [Frédégonde] l'acusa
que il l'avoit lessié et que il ne voloit demorer ovec lui
[Frédégonde]. » C'est probablement dans les GCF, liv.
III, chap. 24 (vol. 1, p. 335-336) que Cretin a trouvé les
informations qu'il rapporte à propos de Claude : « Uns tiex hons,
qui avoit non Claudies, se poroffri au roi et li dist que il avoit
trové bon procureor de tel besoigne. Li rois li promist grant loier
se il povoit ce faire. Atant s'en parti et vint à Eberulphe, et li
jura par Dieu et par ses sains que il ne troveroit nului qui mieuz
li peust ne vosist aidier vers le roi que il feroit. Li malicieus
pensoit bien que il ne le povoit autrement mieuz decevoir que par
son faus sairement ; cil le crut qui cuida que il li deist voir pour
le sairement que il li avoit fait. » La mise à mort a ensuite lieu
dans l'église, à l'inverse de ce que rapporte Cretin.
Note n°24
Cette morale du chapitre est de
Cretin.
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxvii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappitre xxviime.
BnFfr17274 Chapitre xxviie
Cha515 Chappittre .xxviie.
BnFfr23146 l'ancost
BnFfr23146 et
BnFfr23146 veult
BnFfr23146 à
BnFfr4965 om.
Aix419, BnFfr17274 couraiges
BnFfr23146 en
BnFfr17274 deffaulte
BnFfr23146 Si
BnFfr4965 entretenir
BnFfr4965 et
BnFfr23146 Venus
Non num.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, Cha515 d'eloquent
BnFfr17274 d'elloquent
BnFfr23146 d'eloquent
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 luy
BnFfr4965 telz
BnFfr23146 est
Aix419 adultaire
BnFfr23146 est
Aix419 qui
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 l'humble
BnFfr4965, BnFfr17274 du
BnFfr17274 fuyans
BnFfr4964 qui
BnFfr17274 ayt
BnFfr17274, BnFfr23146 saulte
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 causer
BnFfr23146 Par
BnFfr23146 veit
BnFfr23146 finesses
BnFfr23146 point
BnFfr23146 veille
BnFfr23146 faict à
BnFfr4965 om.
BnFfr4965 neu
BnFfr4965 accordees
BnFfr23146 Tranchant
BnFfr4965 om.
Aix419 maintiennent
Cha515 arriere mectre
BnFfr17274, BnFfr23146 fort
BnFfr23146 marquer
BnFfr17274 parolle
BnFfr23146 le
BnFfr23146 tost
BnFfr4965 grant
BnFfr23146 De
Aix419 Protexte
BnFfr23146 se
BnFfr23146 d'oeil
BnFfr23146 porte
BnFfr23146 s'accoincte
BnFfr23146 promectz se
BnFfr4965 en
BnFfr23146 ceust
BnFfr4965 que
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 permis ny donner
BnFfr23146 trouvé
BnFfr17274 Seralphe
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ceste
BnFfr23146 piece
BnFfr17274, BnFfr23146 mesme
BnFfr23146 neanmoint