Propos ſe
tient
de deux filz ſuccedansEn paternel et royal heritaigeLeſquelz enſemble accorderent partaige[4640]Des
regions que furent poſſedans.
Chapitre. xxx.e
Fredegonde eſmeult
ſon filz Clotaire contre
Theodorich et Theodebert /.FueiłCE
Childebert / dit le Ieune en ſon tiltreLaiſſa deux filz /. Leſquelz (cōmeon
ſe attiſtreSucceſſions diuiſer)
En
appertFirent leurs lotz /. Dont
laiſne /.
Theodebert[4645]Auſtraſie eut /.
Ceſt la haulte ChampaigneLoꝛs eſtendue aux
mettes dalemaigneEt Theodoꝛich lautre des
filz / puiſneObtint Bourgongne /. et fut
roy couronne /.§De ces
deux
roys /
Fredegonde ennemye[4650]Sans ſeiourner
iour
/ heure ny demyeLe cueur eſmeut de Clotaire ſon filzPour toſt les veoir par armes deſconfitzSi que a ces fins elle fuſt dominanteSus
Bꝛunechilde ayeule et
gouuernante[4655]Diceulx enfans /
Leſquelz non paraſſeuxBien aduertis (comme
dappareilz
) ceulxQui guerroyer deſirent / ſappareillent /Et en quel point aduerſaires reueillentLeurs bons ſubiectz / furent foꝛt diligentz[4660]Ban publier / et faire
amaſtz
de gentz /.Loꝛs Fredegonde /
Ayant a cueur ClotaireVeoir triumpher endꝛoit
lart
militaireCommiſt Landꝛy pꝛincipal
conducteurEn ceſt affaire /.
Et comme executeur[4665]De faictz haultains / et ſumptueux alarmesVictoire de Clotaire contre Theodebert et Theodorich.
Incontinent
fiſt marcher ſes
genſdarmesPar oꝛdꝛe deue / en bataille / vers
Sens§Adoncq les roys
ieunes
de ans et de ſensTrop plus fourniz dardant cuer / que
conduicte[4670]Plus de challeur / que de maniere duicteSans
riens
doubter barbe dhomme viuant /A gꝛoſſe flotte allerent au deuantDe
lauant gardea
Clotaire / Et luy
contreChargea
ſus
eulx / ſi bien / que a la rencontre[4675]
Furent
de bꝛaz
et teſtes
fait
chapplizDont / de coꝛps moꝛtz / on veit les champs
empliz
/.Tant dune part que dautre /
debuoir firentEt ne ſcet
on leſquelz plus en deffirentMais a la fin /
Landꝛy / comme vng routtier[4680]Qui ruzes ſcet maintes / quant au meſtierDe vieille guerre vne charge en trauerſeAlla donner / ſi terrible et diuerſeQue aux ieunes roys conuint place changerCar tous leurs gentz furent au deſcharger[4685]Si tres rompuz /. quen fuyant ſeſcarterent /Comme perdꝛiaux / et maintz coupz empoꝛterent§Quant Fredegonde eut de
Clotaire
ſceuTelle victoire /. a ioye fut receuGloire et triumphe /.
Oꝛ elle conſommee
[4690]De ans et
vieilz
iours / pꝛes
du
ſompne aſſommeeLa mort / enſepulture / et vices de Fredegonde.FueiłDont coꝛps humains ne ſe
reueillent
pasMoꝛt luy clouyt (
du dernier iour) le pasEt au cercueil
fait
danticque ſculpturePꝛes ſon mary Chilperich /
Sepulture[4695]Eut lez paris / a
sainct
Germain des prez.§Se
leurs coꝛps ſont
falerez /
diapꝛezEt pꝛeſeruez de caducques
moleſtesEt
ames
ſont aux royaumes celeſtesCeſt vng gꝛand cas /.
Dieu eſt miſericoꝛs[4700]Mais veuz les maulx par eulx mys en
recoꝛdzIe ſuys
dauis / quil eſt bien difficileQuen leur ſalut noſtre eſpoir ne vaxile§De ceſte femme on
eſcript tant dexcesQuilz font
doubter / lame
apꝛes ſon deces[4705]Auoir ſouffert gꝛand peine en
purgatoireSe pis ny a /.
Peu
dœuure
meritoireEt beaucoup vice en ſa vie a commys /.Son cueur cruel / ne ſouffrit homme mysEt loing
gecte
/ hoꝛs la faincte amour delle[4710]Quil nen receuſt playe afflicte et
moꝛtelle
/.Cꝛuelle en
ire /.
Ireuſe en cruaulteTraytreſſe en
dol /.
Double en deſloyaulteTant eſtoit /. qu
oncq / ne fut
raſſaſieeDeſpendꝛe ſang /. Elle fantaiſiee[4715]Peuples et gentz innocens tourmentoit /Des vices de Fredegonde.Et lourd trauail /
ſus
leur mal augmentoit.Vng cas commiſt que gꝛandement deteſteQuant fiſt naurer larcheueſque pretexteDiſant la meſſe au ſainct temple de dieu[4720]Loꝛs que dexil fut
remys
en ſon lieu /.Moꝛt en receut /. dont le
tiens
mys
au
rolleDes ſainctz martirs meritans
laureolle
/.Maintzautres
maulx fiſt elle /.
Et ne ſcay pasSi bien en fut contricte a ſon treſpas /.[4725]Celluy seigneur qui de tous
faictz
diſpoſeLe vueille ainſi /. affin que au ciel repoſe
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Propos se tient de deux filz succedansEn paternel et royal heritaige,Lesquelz ensemble accorderent partaige[4640]Des+De [Aix419] regïons que furent possedans.
FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) esmeult
son filz ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) contre
TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613) et TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert IICe
ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?)Roi des Francs de Paris (592-596) Roi des Francs d'Austrasie (575-596) Roi des Francs de Bourgogne (593-596) Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de
l’Orléanais, dit le Jeune en son tiltre,Laissa deux filz. Lesquelz, commeon+en [BnFfr23146] se attistreSuccessïons, diviser
en
appertFirent leurs lotz. Dont l'aisné
TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert II[4645]Austrasie eut :
c'est la haulte ChampaigneLors estendue aux
mettes d'Alemaigne.Et TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613) , l'autre des
filz puisné,Obtint Bourgongne et fut
roy couronné1.§De ces
deux roys,
FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ennemye,[4650]Sans sejourner jour, heure ny demye,Le cueur esmeut de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) son filz,Pour tost les veoir par armes desconfitz.Si que à ces fins elle fust dominanteSusBrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613)Princesse Wisigoths (?-566) Reine des Francs d'Austrasie (566-575) , ayeule et
gouvernante[4655]D'iceulx enfans,
lesquelz non parasseux,Bien advertis, comme
d'appareilz+d'aparel [BnFfr23146] ceulxQui guerroyer desirent s'appareillent,Et en quel point adversaires reveillentLeurs bons subjectz, furent fort diligentz[4660]Ban publier et faire amastz+amast [BnFfr23146] de gentz.Lors FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ,
ayant à cueur ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Veoir triumpher endroit l'art+art [BnFfr23146] militaire,Commist LandryLandry ( — ) principal
conducteurEn cest affaire
et comme executeur[4665]De faictz haultains et sumptueux alarmes.Victoire de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) contre TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert II et TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
Incontinent
fist marcher ses+fait marche ces [BnFfr23146] gens d'armes,Par ordre deue, en bataille vers
Sens.§Adoncq les roys, jeunes+jeune [BnFfr17274] de ans et de sens,Trop plus fourniz d'ardant cuer que conduicte,[4670]Plus de challeur que de maniere duicte,Sans riens+rien [BnFfr23146] doubter barbe d'homme vivant,À grosse flotte allerent au devantDe l'avant garde+la vengarde [BnFfr23146]àClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) . Et luy, contreChargea sus eulx, si bien que à la rencontre[4675] Furent de braz+abraz [BnFfr17274] et testes fait+faictz [BnFfr17274, BnFfr23146]
chappliz,Dont, de corps mortz, on veit les champs empliz+ranplis [BnFfr23146].Tant d'une part que d'autre
debvoir firent,Et ne scet+Et ne sceut [BnFfr4964, BnFfr17274]Et ne sceut [BnFfr23146] on lesquelz plus en deffirent.Mais à la fin,
LandryLandry ( — ), comme ung routtier[4680]Qui ruzes scet maintes quant au mestierDe vieille guerre, une charge en traverseAlla donner, si terrible et diverseQue aux jeunes roys convint place changer,Car tous leurs gentz furent au descharger[4685]Si trés rompuz qu'en fuyant s'escarterent,Comme perdriaux, et maintz coupz emporterent.§Quant FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) eut de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) + certain [Aix419] sceuTelle victoire, à joyë fut receuGloire et triumphe2.
Or elle consommee[4690]De ans et vieilz jours près du+de [BnFfr17274, BnFfr23146] sompne assommee,La mort, ensepulture et vices de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) Dont corps humains ne se reveillent+reveillentretenent [BnFfr23146] pas,Mort luy clouyt du dernier jour le pas.Et au cercueil fait+feist [BnFfr23146]fut [Cha515] d'anticque sculpture,Près son mary ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) ,
sepulture[4695]Eut lez Paris, à
Sainct Germain des Prez3.§Se
leurs corps sont
falerez,
dïaprezEt preservez de caducques
molestes,Et ames+aymez [BnFfr17274] sont aux royaumes celestes,C'est ung grand cas.
DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme est misericors.[4700]Mais veuz les maulx par eulx mys en
recordz,Je suys d'avis qu'il est bien difficileQu'en leur salut nostre espoir ne vaxile.§De ceste femme, on
escript tant d'excésQu'ilz font+Qu'il fault [BnFfr23146]
doubter l'ame
aprés son decés[4705]Avoir souffert grand peine en
purgatoireSe pis n'y a4.
Peu d'œuvre meritoireEt beaucoup vice, en sa vie, a commys.Son cueur crüel ne souffrit homme mysEt loing gecté+gecter [BnFfr23146] hors la faincte amour d'elle,[4710]Qu'il n'en receust playe afflicte et mortelle+motelle [BnFfr23146].Cruelle5 en ire,
ireuse en cruaulté,Traytresse en
dol,
double en desloyaulté,Tant estoit, qu'
oncq ne fut
rassasïeeD'espendre sang. Elle fantaisïee,[4715]Peuples et gentz innocens tourmentoitDes vices de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) Et lourd travail
sus leur mal augmentoit.Ung cas commist que grandement deteste,Quant fist navrer l'archevesque PretextePrétextat (Ve siècle — entre 25/02/586 et 16/04/586)Evêque de RouenDisant la messe au sainct temple de DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme.[4720]Lorsque d'exil fut remys en son lieu,Mort en receut, dont le tiens+temps [BnFfr23146] mys au+en [BnFfr23146]
rolleDes sainctz martirs meritans l'aureolle+l'aureola [BnFfr23146]6.Maintz+Maictz [BnFfr23146]autres+autre [BnFfr23146] maulx fist elle,
et ne sçay pasSi bien en fut contricte à son trespas.[4725]Celluy Seigneur qui de tous faictz+faict [BnFfr23146] disposeLe vueille ainsi, affin que au ciel repose7.
Cretin s'appuie sur [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVr qu'il
abrège légèrement : « À cestuy Childebert le Jeune furent deux
filz Thidebert, filz aisné obtint la seigneurie de Metz, qui fut
appelle Austrasie, laquelle contenant partie de la haulte
Champaigne estoit estendue jusques aux Allemans, ainsi nommee
pource que le roy Austracus ou Auster selon l'oppinion des
aultres y avoit habité. À Thierry advint le pays de
Bourgongne. » Cretin emprunte plutôt l'orthographe des
noms aux GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 36) :
« li uns ot non Theodeberz et li mainnez Theoderis. »
Il omet la suite du récit de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXIVv : « Ce sont les deux roys
auxquelz et à Brunechilde leur ayeulle, nous lisons sainct
Gregoyre pape avoir escript quant il envoya sainct Augustin en
Angleterre pour les Angloys instruyre et enseigner en la
doctrine de la foy catholique, louant et ayant en recommendation
le messager apostolique. En ce mesme temps, les Avares, c'est à
dire les Huns, estans sur le lac Meotide sortiz de leurs sieges,
menerent grant guerre aux Françoys, laquelle finablement ilz
cesserent par le moyen des dons qui leur furent faitz et
laisserent France paisible. » Cretin avait déjà omis la
mention de saint Augustin de Cantorbéry présente plus tôt chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIVr (voir
note v. 1004).
Cretin
amplifie considérablement ce qu'il trouve dans ses deux sources
principales. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Mais Fredegonde ennemye des roys, grant armee
amassee, provoqua son filz Clotaire à batailler contre eulx,
laquelle chose congneue, Thidebert et Thierry non faitz
paresseux (combien qu'ilz fussent soubz la tutelle de
Brunechilde) avec grant multitude de gens d'armes vindrent au
devant, longuement et cruellement fut bataillé. Finablement, les
adversaires respanduz et chacez, fut Clotaire victeur en grant
joye triumphe et lyesse recey de sa mere. »GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 38) : « En
cele année que li rois Childeberz morut, la roine Fredegonde,
qui moult s'estoit enorguellie de la victoire que ele ot eue
contre lui, en la maniere que nous avons dit, assembla ses oz et
ce qu'ele pot avoir de genz d'armes de Paris et des autres citez
dou roiaume Clothaire son fil ; seur les II freres Theodebert et
Theoderic corurent, qui d'autre part avoient leur oz assemblez.
Grief bataille i out et longue ; les genz Fredegonde firent
grant occision de leur anemis ; cil qui de l'occision
eschaperent s'enfuirent. » La localisation de la bataille
et la présence de Landry sont des éléments originaux de
Cretin.
Cretin
s'appuie sur [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Laquelle [Frédégonde] toutesvoyes pource que ja
estoit consommee en vieillesse, bientost après alla de vie à
trespas, et fut portee en sepulchre au sepulchre du roy
Chilperic, son mary. » Les GCF, liv. IV,
chap. 10 (vol. 2, p. 38-39) rappellent quel est ce lieu sans mettre
sa titulature à jour : « Ou second an dou regne Theodebert et
Theoderic morut la roine Fredegonde, anciene et plaine de jors ;
ensepouturé fu en l'abaïe Saint Vincent desouz Paris, en laquele
li rois Chilperic ses sires gist. »
Cretin reprend en l'abrégeant
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVv :
« Femme homicide et cause de la mort de plusieurs avec
laquelle nul n'a acquis inimityé sans le danger et perdition de
soy, car tant cruelle fut et en ire obstinee qu'elle ne peut
estre ressasiee du tourment de ceulx qu'elle haissoit. Jaçoit
qu'elle eut violé et persecuté Pretexe par prison, batures et
puis par bannyssement, neautmoins lequel rappellé par le roy
Gontran et restitué à son arcevesché, si comme il celebroit la
messe en l'eglise de Rouen, le fist frapper jusques à grant
playe, de laquelle peu après il mourut. » Cretin omet la
suite, peut-être par pudeur et par souci de préserver la lignée
généalogique : « Elle fut aussi des aultres innocens cruelle
persecutrice, car comme elle craignoit que l'on ne cuydast son
filz Clotaire estre conceu de Chilperic mais de Landry, par
copulation adulterine, estudia à crainte et timeut qui est la
proprieté d'un tyrant. En ce temps le lac de Dunoys buelloit en
si grande challeur que les poissons cuyz en icelluy estoient
viande aux habitans. »
Propos ſe
tient
de deux filz ſuccedansEn paternel et royal heritaigeLeſquelz enſemble accorderent partaige[4640]Des
regions que furent poſſedans.
Chapitre. xxx.e
Fredegonde eſmeult
ſon filz Clotaire contre
Theodorich et Theodebert /.FueiłCE
Childebert / dit le Ieune en ſon tiltreLaiſſa deux filz /. Leſquelz (cōmeon
ſe attiſtreSucceſſions diuiſer)
En
appertFirent leurs lotz /. Dont
laiſne /.
Theodebert[4645]Auſtraſie eut /.
Ceſt la haulte ChampaigneLoꝛs eſtendue aux
mettes dalemaigneEt Theodoꝛich lautre des
filz / puiſneObtint Bourgongne /. et fut
roy couronne /.§De ces
deux
roys /
Fredegonde ennemye[4650]Sans ſeiourner
iour
/ heure ny demyeLe cueur eſmeut de Clotaire ſon filzPour toſt les veoir par armes deſconfitzSi que a ces fins elle fuſt dominanteSus
Bꝛunechilde ayeule et
gouuernante[4655]Diceulx enfans /
Leſquelz non paraſſeuxBien aduertis (comme
dappareilz
) ceulxQui guerroyer deſirent / ſappareillent /Et en quel point aduerſaires reueillentLeurs bons ſubiectz / furent foꝛt diligentz[4660]Ban publier / et faire
amaſtz
de gentz /.Loꝛs Fredegonde /
Ayant a cueur ClotaireVeoir triumpher endꝛoit
lart
militaireCommiſt Landꝛy pꝛincipal
conducteurEn ceſt affaire /.
Et comme executeur[4665]De faictz haultains / et ſumptueux alarmesVictoire de Clotaire contre Theodebert et Theodorich.
Incontinent
fiſt marcher ſes
genſdarmesPar oꝛdꝛe deue / en bataille / vers
Sens§Adoncq les roys
ieunes
de ans et de ſensTrop plus fourniz dardant cuer / que
conduicte[4670]Plus de challeur / que de maniere duicteSans
riens
doubter barbe dhomme viuant /A gꝛoſſe flotte allerent au deuantDe
lauant gardea
Clotaire / Et luy
contreChargea
ſus
eulx / ſi bien / que a la rencontre[4675]
Furent
de bꝛaz
et teſtes
fait
chapplizDont / de coꝛps moꝛtz / on veit les champs
empliz
/.Tant dune part que dautre /
debuoir firentEt ne ſcet
on leſquelz plus en deffirentMais a la fin /
Landꝛy / comme vng routtier[4680]Qui ruzes ſcet maintes / quant au meſtierDe vieille guerre vne charge en trauerſeAlla donner / ſi terrible et diuerſeQue aux ieunes roys conuint place changerCar tous leurs gentz furent au deſcharger[4685]Si tres rompuz /. quen fuyant ſeſcarterent /Comme perdꝛiaux / et maintz coupz empoꝛterent§Quant Fredegonde eut de
Clotaire
ſceuTelle victoire /. a ioye fut receuGloire et triumphe /.
Oꝛ elle conſommee
[4690]De ans et
vieilz
iours / pꝛes
du
ſompne aſſommeeLa mort / enſepulture / et vices de Fredegonde.FueiłDont coꝛps humains ne ſe
reueillent
pasMoꝛt luy clouyt (
du dernier iour) le pasEt au cercueil
fait
danticque ſculpturePꝛes ſon mary Chilperich /
Sepulture[4695]Eut lez paris / a
sainct
Germain des prez.§Se
leurs coꝛps ſont
falerez /
diapꝛezEt pꝛeſeruez de caducques
moleſtesEt
ames
ſont aux royaumes celeſtesCeſt vng gꝛand cas /.
Dieu eſt miſericoꝛs[4700]Mais veuz les maulx par eulx mys en
recoꝛdzIe ſuys
dauis / quil eſt bien difficileQuen leur ſalut noſtre eſpoir ne vaxile§De ceſte femme on
eſcript tant dexcesQuilz font
doubter / lame
apꝛes ſon deces[4705]Auoir ſouffert gꝛand peine en
purgatoireSe pis ny a /.
Peu
dœuure
meritoireEt beaucoup vice en ſa vie a commys /.Son cueur cruel / ne ſouffrit homme mysEt loing
gecte
/ hoꝛs la faincte amour delle[4710]Quil nen receuſt playe afflicte et
moꝛtelle
/.Cꝛuelle en
ire /.
Ireuſe en cruaulteTraytreſſe en
dol /.
Double en deſloyaulteTant eſtoit /. qu
oncq / ne fut
raſſaſieeDeſpendꝛe ſang /. Elle fantaiſiee[4715]Peuples et gentz innocens tourmentoit /Des vices de Fredegonde.Et lourd trauail /
ſus
leur mal augmentoit.Vng cas commiſt que gꝛandement deteſteQuant fiſt naurer larcheueſque pretexteDiſant la meſſe au ſainct temple de dieu[4720]Loꝛs que dexil fut
remys
en ſon lieu /.Moꝛt en receut /. dont le
tiens
mys
au
rolleDes ſainctz martirs meritans
laureolle
/.Maintzautres
maulx fiſt elle /.
Et ne ſcay pasSi bien en fut contricte a ſon treſpas /.[4725]Celluy seigneur qui de tous
faictz
diſpoſeLe vueille ainſi /. affin que au ciel repoſe
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
Propos se tient de deux filz succedansEn paternel et royal heritaige,Lesquelz ensemble accorderent partaige[4640]Des+De [Aix419] regïons que furent possedans.
FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) esmeult
son filz ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) contre
TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613) et TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert IICe
ChildebertChildebert II (08/04/570 — ?)Roi des Francs de Paris (592-596) Roi des Francs d'Austrasie (575-596) Roi des Francs de Bourgogne (593-596) Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de
l’Orléanais, dit le Jeune en son tiltre,Laissa deux filz. Lesquelz, commeon+en [BnFfr23146] se attistreSuccessïons, diviser
en
appertFirent leurs lotz. Dont l'aisné
TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert II[4645]Austrasie eut :
c'est la haulte ChampaigneLors estendue aux
mettes d'Alemaigne.Et TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613) , l'autre des
filz puisné,Obtint Bourgongne et fut
roy couronné1.§De ces
deux roys,
FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ennemye,[4650]Sans sejourner jour, heure ny demye,Le cueur esmeut de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) son filz,Pour tost les veoir par armes desconfitz.Si que à ces fins elle fust dominanteSusBrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613)Princesse Wisigoths (?-566) Reine des Francs d'Austrasie (566-575) , ayeule et
gouvernante[4655]D'iceulx enfans,
lesquelz non parasseux,Bien advertis, comme
d'appareilz+d'aparel [BnFfr23146] ceulxQui guerroyer desirent s'appareillent,Et en quel point adversaires reveillentLeurs bons subjectz, furent fort diligentz[4660]Ban publier et faire amastz+amast [BnFfr23146] de gentz.Lors FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) ,
ayant à cueur ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) Veoir triumpher endroit l'art+art [BnFfr23146] militaire,Commist LandryLandry ( — ) principal
conducteurEn cest affaire
et comme executeur[4665]De faictz haultains et sumptueux alarmes.Victoire de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) contre TheodebertThibert II (585 — 612)Roi des Francs d'Austrasie (596-612) Fils de Childebert II et TheodorichThierry II (587 — 613)Roi des Francs de Bourgogne (596-613) Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
Incontinent
fist marcher ses+fait marche ces [BnFfr23146] gens d'armes,Par ordre deue, en bataille vers
Sens.§Adoncq les roys, jeunes+jeune [BnFfr17274] de ans et de sens,Trop plus fourniz d'ardant cuer que conduicte,[4670]Plus de challeur que de maniere duicte,Sans riens+rien [BnFfr23146] doubter barbe d'homme vivant,À grosse flotte allerent au devantDe l'avant garde+la vengarde [BnFfr23146]àClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) . Et luy, contreChargea sus eulx, si bien que à la rencontre[4675] Furent de braz+abraz [BnFfr17274] et testes fait+faictz [BnFfr17274, BnFfr23146]
chappliz,Dont, de corps mortz, on veit les champs empliz+ranplis [BnFfr23146].Tant d'une part que d'autre
debvoir firent,Et ne scet+Et ne sceut [BnFfr4964, BnFfr17274]Et ne sceut [BnFfr23146] on lesquelz plus en deffirent.Mais à la fin,
LandryLandry ( — ), comme ung routtier[4680]Qui ruzes scet maintes quant au mestierDe vieille guerre, une charge en traverseAlla donner, si terrible et diverseQue aux jeunes roys convint place changer,Car tous leurs gentz furent au descharger[4685]Si trés rompuz qu'en fuyant s'escarterent,Comme perdriaux, et maintz coupz emporterent.§Quant FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) eut de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629)Roi des Francs de Neustrie (584-613) Roi des Francs de Paris (595-613) Roi des Francs d'Austrasie et de
Bourgogne (613-629) Roi des Francs (613-629) + certain [Aix419] sceuTelle victoire, à joyë fut receuGloire et triumphe2.
Or elle consommee[4690]De ans et vieilz jours près du+de [BnFfr17274, BnFfr23146] sompne assommee,La mort, ensepulture et vices de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) Dont corps humains ne se reveillent+reveillentretenent [BnFfr23146] pas,Mort luy clouyt du dernier jour le pas.Et au cercueil fait+feist [BnFfr23146]fut [Cha515] d'anticque sculpture,Près son mary ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) ,
sepulture[4695]Eut lez Paris, à
Sainct Germain des Prez3.§Se
leurs corps sont
falerez,
dïaprezEt preservez de caducques
molestes,Et ames+aymez [BnFfr17274] sont aux royaumes celestes,C'est ung grand cas.
DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme est misericors.[4700]Mais veuz les maulx par eulx mys en
recordz,Je suys d'avis qu'il est bien difficileQu'en leur salut nostre espoir ne vaxile.§De ceste femme, on
escript tant d'excésQu'ilz font+Qu'il fault [BnFfr23146]
doubter l'ame
aprés son decés[4705]Avoir souffert grand peine en
purgatoireSe pis n'y a4.
Peu d'œuvre meritoireEt beaucoup vice, en sa vie, a commys.Son cueur crüel ne souffrit homme mysEt loing gecté+gecter [BnFfr23146] hors la faincte amour d'elle,[4710]Qu'il n'en receust playe afflicte et mortelle+motelle [BnFfr23146].Cruelle5 en ire,
ireuse en cruaulté,Traytresse en
dol,
double en desloyaulté,Tant estoit, qu'
oncq ne fut
rassasïeeD'espendre sang. Elle fantaisïee,[4715]Peuples et gentz innocens tourmentoitDes vices de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) Et lourd travail
sus leur mal augmentoit.Ung cas commist que grandement deteste,Quant fist navrer l'archevesque PretextePrétextat (Ve siècle — entre 25/02/586 et 16/04/586)Evêque de RouenDisant la messe au sainct temple de DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme.[4720]Lorsque d'exil fut remys en son lieu,Mort en receut, dont le tiens+temps [BnFfr23146] mys au+en [BnFfr23146]
rolleDes sainctz martirs meritans l'aureolle+l'aureola [BnFfr23146]6.Maintz+Maictz [BnFfr23146]autres+autre [BnFfr23146] maulx fist elle,
et ne sçay pasSi bien en fut contricte à son trespas.[4725]Celluy Seigneur qui de tous faictz+faict [BnFfr23146] disposeLe vueille ainsi, affin que au ciel repose7.
Cretin s'appuie sur [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVr qu'il
abrège légèrement : « À cestuy Childebert le Jeune furent deux
filz Thidebert, filz aisné obtint la seigneurie de Metz, qui fut
appelle Austrasie, laquelle contenant partie de la haulte
Champaigne estoit estendue jusques aux Allemans, ainsi nommee
pource que le roy Austracus ou Auster selon l'oppinion des
aultres y avoit habité. À Thierry advint le pays de
Bourgongne. » Cretin emprunte plutôt l'orthographe des
noms aux GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 36) :
« li uns ot non Theodeberz et li mainnez Theoderis. »
Il omet la suite du récit de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXIVv : « Ce sont les deux roys
auxquelz et à Brunechilde leur ayeulle, nous lisons sainct
Gregoyre pape avoir escript quant il envoya sainct Augustin en
Angleterre pour les Angloys instruyre et enseigner en la
doctrine de la foy catholique, louant et ayant en recommendation
le messager apostolique. En ce mesme temps, les Avares, c'est à
dire les Huns, estans sur le lac Meotide sortiz de leurs sieges,
menerent grant guerre aux Françoys, laquelle finablement ilz
cesserent par le moyen des dons qui leur furent faitz et
laisserent France paisible. » Cretin avait déjà omis la
mention de saint Augustin de Cantorbéry présente plus tôt chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIVr (voir
note v. 1004).
Cretin
amplifie considérablement ce qu'il trouve dans ses deux sources
principales. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Mais Fredegonde ennemye des roys, grant armee
amassee, provoqua son filz Clotaire à batailler contre eulx,
laquelle chose congneue, Thidebert et Thierry non faitz
paresseux (combien qu'ilz fussent soubz la tutelle de
Brunechilde) avec grant multitude de gens d'armes vindrent au
devant, longuement et cruellement fut bataillé. Finablement, les
adversaires respanduz et chacez, fut Clotaire victeur en grant
joye triumphe et lyesse recey de sa mere. »GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 38) : « En
cele année que li rois Childeberz morut, la roine Fredegonde,
qui moult s'estoit enorguellie de la victoire que ele ot eue
contre lui, en la maniere que nous avons dit, assembla ses oz et
ce qu'ele pot avoir de genz d'armes de Paris et des autres citez
dou roiaume Clothaire son fil ; seur les II freres Theodebert et
Theoderic corurent, qui d'autre part avoient leur oz assemblez.
Grief bataille i out et longue ; les genz Fredegonde firent
grant occision de leur anemis ; cil qui de l'occision
eschaperent s'enfuirent. » La localisation de la bataille
et la présence de Landry sont des éléments originaux de
Cretin.
Cretin
s'appuie sur [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Laquelle [Frédégonde] toutesvoyes pource que ja
estoit consommee en vieillesse, bientost après alla de vie à
trespas, et fut portee en sepulchre au sepulchre du roy
Chilperic, son mary. » Les GCF, liv. IV,
chap. 10 (vol. 2, p. 38-39) rappellent quel est ce lieu sans mettre
sa titulature à jour : « Ou second an dou regne Theodebert et
Theoderic morut la roine Fredegonde, anciene et plaine de jors ;
ensepouturé fu en l'abaïe Saint Vincent desouz Paris, en laquele
li rois Chilperic ses sires gist. »
Cretin reprend en l'abrégeant
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVv :
« Femme homicide et cause de la mort de plusieurs avec
laquelle nul n'a acquis inimityé sans le danger et perdition de
soy, car tant cruelle fut et en ire obstinee qu'elle ne peut
estre ressasiee du tourment de ceulx qu'elle haissoit. Jaçoit
qu'elle eut violé et persecuté Pretexe par prison, batures et
puis par bannyssement, neautmoins lequel rappellé par le roy
Gontran et restitué à son arcevesché, si comme il celebroit la
messe en l'eglise de Rouen, le fist frapper jusques à grant
playe, de laquelle peu après il mourut. » Cretin omet la
suite, peut-être par pudeur et par souci de préserver la lignée
généalogique : « Elle fut aussi des aultres innocens cruelle
persecutrice, car comme elle craignoit que l'on ne cuydast son
filz Clotaire estre conceu de Chilperic mais de Landry, par
copulation adulterine, estudia à crainte et timeut qui est la
proprieté d'un tyrant. En ce temps le lac de Dunoys buelloit en
si grande challeur que les poissons cuyz en icelluy estoient
viande aux habitans. »
Cretin s'appuie sur [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVr qu'il
abrège légèrement : « À cestuy Childebert le Jeune furent deux
filz Thidebert, filz aisné obtint la seigneurie de Metz, qui fut
appelle Austrasie, laquelle contenant partie de la haulte
Champaigne estoit estendue jusques aux Allemans, ainsi nommee
pource que le roy Austracus ou Auster selon l'oppinion des
aultres y avoit habité. À Thierry advint le pays de
Bourgongne. » Cretin emprunte plutôt l'orthographe des
noms aux GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 36) :
« li uns ot non Theodeberz et li mainnez Theoderis. »
Il omet la suite du récit de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XXIVv : « Ce sont les deux roys
auxquelz et à Brunechilde leur ayeulle, nous lisons sainct
Gregoyre pape avoir escript quant il envoya sainct Augustin en
Angleterre pour les Angloys instruyre et enseigner en la
doctrine de la foy catholique, louant et ayant en recommendation
le messager apostolique. En ce mesme temps, les Avares, c'est à
dire les Huns, estans sur le lac Meotide sortiz de leurs sieges,
menerent grant guerre aux Françoys, laquelle finablement ilz
cesserent par le moyen des dons qui leur furent faitz et
laisserent France paisible. » Cretin avait déjà omis la
mention de saint Augustin de Cantorbéry présente plus tôt chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIVr (voir
note v. 1004).
Cretin
amplifie considérablement ce qu'il trouve dans ses deux sources
principales. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Mais Fredegonde ennemye des roys, grant armee
amassee, provoqua son filz Clotaire à batailler contre eulx,
laquelle chose congneue, Thidebert et Thierry non faitz
paresseux (combien qu'ilz fussent soubz la tutelle de
Brunechilde) avec grant multitude de gens d'armes vindrent au
devant, longuement et cruellement fut bataillé. Finablement, les
adversaires respanduz et chacez, fut Clotaire victeur en grant
joye triumphe et lyesse recey de sa mere. »GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p. 38) : « En
cele année que li rois Childeberz morut, la roine Fredegonde,
qui moult s'estoit enorguellie de la victoire que ele ot eue
contre lui, en la maniere que nous avons dit, assembla ses oz et
ce qu'ele pot avoir de genz d'armes de Paris et des autres citez
dou roiaume Clothaire son fil ; seur les II freres Theodebert et
Theoderic corurent, qui d'autre part avoient leur oz assemblez.
Grief bataille i out et longue ; les genz Fredegonde firent
grant occision de leur anemis ; cil qui de l'occision
eschaperent s'enfuirent. » La localisation de la bataille
et la présence de Landry sont des éléments originaux de
Cretin.
Cretin
s'appuie sur [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXIVv : « Laquelle [Frédégonde] toutesvoyes pource que ja
estoit consommee en vieillesse, bientost après alla de vie à
trespas, et fut portee en sepulchre au sepulchre du roy
Chilperic, son mary. » Les GCF, liv. IV,
chap. 10 (vol. 2, p. 38-39) rappellent quel est ce lieu sans mettre
sa titulature à jour : « Ou second an dou regne Theodebert et
Theoderic morut la roine Fredegonde, anciene et plaine de jors ;
ensepouturé fu en l'abaïe Saint Vincent desouz Paris, en laquele
li rois Chilperic ses sires gist. »
Cretin reprend en l'abrégeant
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVv :
« Femme homicide et cause de la mort de plusieurs avec
laquelle nul n'a acquis inimityé sans le danger et perdition de
soy, car tant cruelle fut et en ire obstinee qu'elle ne peut
estre ressasiee du tourment de ceulx qu'elle haissoit. Jaçoit
qu'elle eut violé et persecuté Pretexe par prison, batures et
puis par bannyssement, neautmoins lequel rappellé par le roy
Gontran et restitué à son arcevesché, si comme il celebroit la
messe en l'eglise de Rouen, le fist frapper jusques à grant
playe, de laquelle peu après il mourut. » Cretin omet la
suite, peut-être par pudeur et par souci de préserver la lignée
généalogique : « Elle fut aussi des aultres innocens cruelle
persecutrice, car comme elle craignoit que l'on ne cuydast son
filz Clotaire estre conceu de Chilperic mais de Landry, par
copulation adulterine, estudia à crainte et timeut qui est la
proprieté d'un tyrant. En ce temps le lac de Dunoys buelloit en
si grande challeur que les poissons cuyz en icelluy estoient
viande aux habitans. »