[3185]§Sans tourner
lœil /
Verrons deſloyaulteEn Chilperich. charge de griefues ſommesQui non content faire la guerre aux hommesEncontre dieu monſtra ſa cruaulte.
§
Chapitre. xx.
e
De lerreur que eut ChilperichFueiłSe
Chilperich par ſa fraude et
cautelle[3190]Eut renommee enuers le monde telleQuon lextimaſt /
en
cueur plus oultraigeuxQuil naduenoit a noble couraigeuxEncoꝛ fiſt
pis
/. Car il tint erroneeOppinion peruerſe et obſtinee[3195]Et demonſtra par
increduliteEncontre dieu fiere crudeliteQuant il empꝛiſt ſemer
la
punaiſieDe l
oꝛde / faulſe / et mauuaiſe hereſie.Dont il vouloit pꝛouuer et maintenir[3200]La trinite tres ſaincte / ne tenirConioinctement trois perſonnes diſtinctesMais vne ſeulle /.
Et
par raiſons ſuccinctesCeſte hereſie a pluſieurs diuulgantSaincte eſcripture
alloit ſus ce
alleguant[3205]Diſant par elle eſtre pꝛeuue aſſigneeTelle vnion ternaire
deſignee
Aulcuneſfois a
iours et temps
pꝛefixAu nom du pere /.
Apꝛes au nom du
filzEt puys
au
nom du sainct eſpꝛit /. La quelle[3210]Oppinion ſouſtenoit /.
Pour ce quelleEſtoit de Grec
tranſlatee en latinPar les docteurs Hilaire et AuguſtinQui a raiſon dauctoꝛite pꝛouueeChilperich eſcript
ſon erreur a Gregoire
archeueſque de Tours.Lauoient ainſi
veritable appꝛouuee[3215]§De ſon
erreur ne ſe trouua contentSe deuant lœil du pape ne lextendEt luy eſcript pluſieurs lectres miſſiuesOu par raiſons doulces et ſuaſifuesComme
ſcauantque
eſtoit / et entendu[3220]Taſchoit venir a ſon poinct pꝛetendu /.De luy /.
aulcuns hiſtoꝛiens
noz
maiſtresTiennent / quil miſt / et adiouſta
trois lectresEn lalphabet /. Par ce luy
donnent
bꝛuitQuenlatin fut / et gꝛec
aſſez inſtruict[3225]§Ce
meſme temps / ſoubz ladueu de ce tiltreSedicieux /. tranſmiſt
certaine
epiſtreAu bon Gꝛegoire / archeueſque de
ToursQui
ne
faillit luy rendꝛe
ſes
retoursCar homme eſtoit de ſainctete parfaicte[3230]Foꝛt le blaſma de lhereſie infecteDont pꝛetendoit / contre dieu attempterEt ſimple peuple a ce moyen tempterPar ceſte
voye
inicque et ſcandaleuſe /.Ainſi (diſt il) que vne bꝛebiz galeuſe[3235]Infecte
et
perd le
beſtail
/ ou elle eſt /.En cas pareil doibt
deſplaire et deſplaiſtTelle ſemence / a
la
ſaincte
creſtienneReligion /. dont
naffiert quentretienneChilperich
ſefforce de ſouſtenir ſon erreur.FueiłCe ſot pꝛopos / Et quant aux ſainctz docteurs[3240]Quil maintenoit / auoir eſte aucteursDe ceſte choſe / et dont faiſoit baniereA ce reſpond /
quentoute
autre maniereEt beaucoup loing de ſon interpꝛeterSceurent iadis la matiere traicter[3245]Par quoy /
sō dire et faict diabolicqueVoit mal ſentir / de la foy
catholicque§Telle reſponſe
/ au
fondz
du ſien gꝛos cueurLoꝛs
engendꝛa
fournaiſe
de
rancueur /.Raige en fureur de legiere inconſtance[3250]Tant lenflamma / que a foꝛte et fiere inſtanceSe
perfoꝛca
lerreur magnifeſterVoulant par voye ennuyeuſe infeſter
Aulcuns
des
ſiens pꝛiuez et domeſticquesLuy accoꝛder
ſes raiſons fantaſticques /.[3255]Entre leſquelz vng eueſque delbyDit Saluius /.
par
ſecret alibyPenſa
gaigner / luy ſouflant en louyeCeſte hereſie eſtrange / et
non ouyeEt poſe oꝛ / que leueſque retint[3260]Tout en ſon cueur / plaine maniere tintNauoir le cas (tant ſoit peu)
agꝛeablePar quoy le roy (Comme eſt aſſez creable)De ce confus /. laffaire / atant
celaDu maltalent de Fredegonde vers Clouis.Et ne fiſt plus
foꝛt
gꝛand cas de cela
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[3185]§Sans tourner
l'œil
, verrons desloyaultéEn ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , chargé de griefves sommes,Qui, non content faire la guerre aux hommes,Encontre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme monstra sa cruaulté.
§
Chapitre xx
e+Chapitre xxi me [BnFfr4964]om. [BnFfr23146]
21
[BnFfr4965]Chappitre xxie [Aix419]Chapitre xxie [BnFfr17274]Chappittre .xxie. [Cha515]
De l'erreur que eut ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) Se+Ce [BnFfr4964]ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , par sa fraude et
cautelle,[3190]Eut renommee envers le monde telleQu'on l'extimast
en+au [BnFfr23146] cueur plus oultraigeuxQu'il n'advenoit à noble couraigeux,Encor fist pis1. Car il tint erroneeOppinïon, perverse et obstinee,[3195]Et demonstra, par incredulité,Encontre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme fiere crudelité,Quant il emprist semer la+par [Cha515]
punaisieDe l'
orde, faulse et mauvaise heresie,Dont il vouloit prouver et maintenir[3200]La trinité trés saincte ne tenirConjoinctement trois personnes distinctes,Mais une seulle.
Et par raisons succinctes,Ceste heresie à plusieurs divulgant,Saincte escripture alloit sus ce+sur ce alloit [BnFfr4965] alleguant,[3205]Disant par elle estre preuve assigneeTelle unïon ternaire designee+et desinee [BnFfr23146]
Aulcunes fois à jours et temps+temps et jours [BnFfr4965] prefixAu nom du PereDieuConcept de Dieu dans le christianisme
aprés au nom du
FilzJésus-ChristMessie et fils unique de Dieu pour les chrétiens,Et puys au+à [BnFfr23146] nom du Sainct EspritSaint-EspritConcept de Dieu dans de nombreuses religions. Laquelle[3210]Oppinïon soustenoit,
pour ce qu'elleEstoit de grec+De grec estoit [BnFfr4965]Estoyt du grec [BnFfr23146] translatee en latinPar les docteurs HilaireHilaire de Poitiers, saint (315 — 367)Saint catholique et orthodoxe et AugustinAugustin d’Hippone (354 — 29/08/430)Théologien et philosophe chrétien d’Afrique du Nord,Qui à raison d'auctorité prouveeChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) escript
son erreur à GregoireGrégoire de Tours, saint (02/12/538 — ?)Saint chrétien, historien, homme d’église du haut Moyen Âge
archevesque de ToursL'avoient ainsi+Tiennent qu'elle est [BnFfr4965]Tiennent qu'elle est [BnFfr17274]Tienent qu'elle est [BnFfr23146] veritable, approuvee.[3215]§De son
erreur ne se trouva contentSe devant l'œil du pape ne l'extend,Et luy escript plusieurs lectres missivesOù, par raisons doulces et suasifves,Comme sçavant+scant [Aix419]que+comme [BnFfr23146] estoit et entendu,[3220]Taschoit venir à son poinct pretendu2.De luy,
aulcuns historïens noz+non [BnFfr23146] maistresTiennent qu'il mist et adjousta
trois lectresEn l'alphabet. Par ce luy donnent+donnant [BnFfr23146]
bruitQu'en+Que [BnFfr23146]latin fut et grec+latin et grec fut [BnFfr4965] assez instruict3.[3225]§Ce
mesme temps soubz l'adveu de ce tiltreSedicïeux, transmist certaine epistreAu bon GregoireGrégoire de Tours, saint (02/12/538 — ?)Saint chrétien, historien, homme d’église du haut Moyen Âge archevesque de
Tours,Qui+Que [BnFfr23146] ne faillit luy rendre ses+ces [BnFfr23146] retours,Car homme estoit de saincteté parfaicte.[3230]Fort le blasma de l'heresie infecte,Dont pretendoit contre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme attempterEt simple peuple à ce moyen tempter.Par ceste voye inicque et scandaleuse,Ainsi, dist il, que une brebiz galeuse[3235]Infecte et+om. [BnFfr17274] perd le bestail où elle est,En cas pareil doibt desplaire et desplaistTelle semence à la+om. [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] saincte +et [BnFfr4965]et [BnFfr17274]et [BnFfr23146] crestienneReligïon, dont n'affiert qu'entretienneChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584)
s'efforce de soustenir son erreurCe sot propos. Et quant aux sainctz docteurs[3240]Qu'il maintenoit avoir esté aucteursDe ceste chose et dont faisoit baniere,À ce respond
qu'en+que [BnFfr23146]toute+tout [Aix419] autre maniereEt beaucoup loing de son interpreter,Sceurent jadis la matiere traicter.[3245]Par quoy
son dire et faict dïabolicqueVoit mal sentir de la foy catholicque4.§Telle response au fondz+fons [Cha515] du sien gros cueurLors engendra+endura [Cha515] fournaise de+et [BnFfr23146] rancueur.Raige en fureur de legiere inconstance[3250]Tant l'enflamma, que à forte et fiere instanceSe
perforça+par force [BnFfr23146]parforça [Cha515] l'erreur magnifester,Voulant par voye ennuyeuse infester
Aulcuns
des+de [BnFfr17274] siens privez et domesticques,Luy accorder +à [BnFfr4965] ses raisons fantasticques.[3255]Entre lesquelz ung evesque d'AlbyDit SalvïusSalve d’Albi, saint (VIe siècle — 12/09/584)Évêque du VIe siècle,
par+en [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] secret aliby,Pensa gaigner, luy souflant en l'ouÿeCeste heresie estrange et non ouÿe.Et posé or que l'evesque retint[3260]Tout en son cueur, plaine maniere tintN'avoir le cas tant soit peu
agreable.Par quoy le roy, comme est assez creable,De ce confus, l'affaire atant
celaDu maltalent de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) vers ClovisClovis (VIe siècle — 580)Prince franc (?-580) Prince franc, fils de Chilpéric IerEt ne fist plus fort+trop [BnFfr17274] grand cas de cela5.
Cretin change la tonalité
de la phrase par laquelle [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, f. XVIIIv introduit la matière de ce qui
constitue ce chapitre, en escamotant la référence à la valeur
guerrière de Chilpéric : « Chilperic, duquel la chevalerie contre
les hommes par plusieurs frauldes estoit moult excellente, contre
Dieu pensa une grande crudelité ». Les GCF, liv. III,
chap. 14 (vol. 1, p. 282) ne contiennent pas d'introduction
équivalente à cet endroit. À l’évidence, Cretin s’efforce de faire
de Chilpéric un contre-exemple clair pour François Ier.
Cretin chamboule l'ordre des épisodes tels que les
rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XVIIIv, selon qui Chilpéric ne se tourne vers le pape qu'après
s'être adressé à Grégoire de Tours : « Chilperic print très mal la
response de Gregoyre, et tout fervant en ire, “NOus prendrons, dit
il, doncques le conseil du pape sur ceste chose.” » Dans les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 282),
Chilpéric annonce simplement, une fois reçue la réprimande de
Grégoire de Tours, vouloir « demander conseil à plus sage que il
[Grégoire] n'estoit ».
Chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIv, cet
élément dont Cretin réduit la portée figure à la fin du récit, après
le compte rendu de l'échange entre Chilpéric et Grégoire de Tours :
« Disant les aucteurs que Chilperic moyennement intruict en grec et
en latin, mist et apposa davantage contre noz lettres ces troys,
a, th,
o, lettres grecques, lesquelles longtemps
aprés sont demourees en ces chartres et chirographes faisans mention
de rentes et revenues par luy donnees a l'Eglise. » Les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 283) sont
plus précises : « mais toutevoies ajousta-il [Chipéric] au nombre de
noz lettres ω, ceste lettre grecque qui vaut ô,
et III autres dont l'en trove les karacteres en ceste lettre, es
chartres que il dona et qui furent seelées en son tens.
»
Cretin amplifie la
réponse de Grégoire de Tours que rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XVIIIv sans en modifier la
tonalité : « Toutesvoyes, Gregoire, homme de parfaicte saincteté,
admonnesta le roy qu'il se gardast par telle heresie et crudelité
l'indignation de Dieu sur soy provoquer, luy remonstrant que ce
qu'il disoit estoit chose très cruelle et impiteable, non convenant
à la foy catholique, et que ceulx qu'il appelloit à tesmoignage
avoyent bien loing aultrement escript et enseigné que ce qu'il
disoit. »
Comme si la
résolution de l'épisode l'intéressait moins que l'hérésie de
Chilpéric, Cretin abrège [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIv, escamotant la dimension
potentiellement collective de la condamnation : « Incontinent vint
Salvius, evesque de Alby, l'un des domestiques du roy, auquel il
manifesta son heresie, luy produisant une lettre contenant ceste
crudelité, laquelle secretement recita aux oreilles de l'evesque. Et
combien que Salvius retint pour lors son couraige en soy taisant,
toutesvoyes par le jugement de son visaige, entendit le roy que
l'evesque ne consentoit à son oppinion. Et pour ce qu'il doubtoit
tous les autres luy en faire autant et contre luy repugner, ne
persista plus en son erreur. »
[3185]§Sans tourner
lœil /
Verrons deſloyaulteEn Chilperich. charge de griefues ſommesQui non content faire la guerre aux hommesEncontre dieu monſtra ſa cruaulte.
§
Chapitre. xx.
e
De lerreur que eut ChilperichFueiłSe
Chilperich par ſa fraude et
cautelle[3190]Eut renommee enuers le monde telleQuon lextimaſt /
en
cueur plus oultraigeuxQuil naduenoit a noble couraigeuxEncoꝛ fiſt
pis
/. Car il tint erroneeOppinion peruerſe et obſtinee[3195]Et demonſtra par
increduliteEncontre dieu fiere crudeliteQuant il empꝛiſt ſemer
la
punaiſieDe l
oꝛde / faulſe / et mauuaiſe hereſie.Dont il vouloit pꝛouuer et maintenir[3200]La trinite tres ſaincte / ne tenirConioinctement trois perſonnes diſtinctesMais vne ſeulle /.
Et
par raiſons ſuccinctesCeſte hereſie a pluſieurs diuulgantSaincte eſcripture
alloit ſus ce
alleguant[3205]Diſant par elle eſtre pꝛeuue aſſigneeTelle vnion ternaire
deſignee
Aulcuneſfois a
iours et temps
pꝛefixAu nom du pere /.
Apꝛes au nom du
filzEt puys
au
nom du sainct eſpꝛit /. La quelle[3210]Oppinion ſouſtenoit /.
Pour ce quelleEſtoit de Grec
tranſlatee en latinPar les docteurs Hilaire et AuguſtinQui a raiſon dauctoꝛite pꝛouueeChilperich eſcript
ſon erreur a Gregoire
archeueſque de Tours.Lauoient ainſi
veritable appꝛouuee[3215]§De ſon
erreur ne ſe trouua contentSe deuant lœil du pape ne lextendEt luy eſcript pluſieurs lectres miſſiuesOu par raiſons doulces et ſuaſifuesComme
ſcauantque
eſtoit / et entendu[3220]Taſchoit venir a ſon poinct pꝛetendu /.De luy /.
aulcuns hiſtoꝛiens
noz
maiſtresTiennent / quil miſt / et adiouſta
trois lectresEn lalphabet /. Par ce luy
donnent
bꝛuitQuenlatin fut / et gꝛec
aſſez inſtruict[3225]§Ce
meſme temps / ſoubz ladueu de ce tiltreSedicieux /. tranſmiſt
certaine
epiſtreAu bon Gꝛegoire / archeueſque de
ToursQui
ne
faillit luy rendꝛe
ſes
retoursCar homme eſtoit de ſainctete parfaicte[3230]Foꝛt le blaſma de lhereſie infecteDont pꝛetendoit / contre dieu attempterEt ſimple peuple a ce moyen tempterPar ceſte
voye
inicque et ſcandaleuſe /.Ainſi (diſt il) que vne bꝛebiz galeuſe[3235]Infecte
et
perd le
beſtail
/ ou elle eſt /.En cas pareil doibt
deſplaire et deſplaiſtTelle ſemence / a
la
ſaincte
creſtienneReligion /. dont
naffiert quentretienneChilperich
ſefforce de ſouſtenir ſon erreur.FueiłCe ſot pꝛopos / Et quant aux ſainctz docteurs[3240]Quil maintenoit / auoir eſte aucteursDe ceſte choſe / et dont faiſoit baniereA ce reſpond /
quentoute
autre maniereEt beaucoup loing de ſon interpꝛeterSceurent iadis la matiere traicter[3245]Par quoy /
sō dire et faict diabolicqueVoit mal ſentir / de la foy
catholicque§Telle reſponſe
/ au
fondz
du ſien gꝛos cueurLoꝛs
engendꝛa
fournaiſe
de
rancueur /.Raige en fureur de legiere inconſtance[3250]Tant lenflamma / que a foꝛte et fiere inſtanceSe
perfoꝛca
lerreur magnifeſterVoulant par voye ennuyeuſe infeſter
Aulcuns
des
ſiens pꝛiuez et domeſticquesLuy accoꝛder
ſes raiſons fantaſticques /.[3255]Entre leſquelz vng eueſque delbyDit Saluius /.
par
ſecret alibyPenſa
gaigner / luy ſouflant en louyeCeſte hereſie eſtrange / et
non ouyeEt poſe oꝛ / que leueſque retint[3260]Tout en ſon cueur / plaine maniere tintNauoir le cas (tant ſoit peu)
agꝛeablePar quoy le roy (Comme eſt aſſez creable)De ce confus /. laffaire / atant
celaDu maltalent de Fredegonde vers Clouis.Et ne fiſt plus
foꝛt
gꝛand cas de cela
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[3185]§Sans tourner
l'œil
, verrons desloyaultéEn ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , chargé de griefves sommes,Qui, non content faire la guerre aux hommes,Encontre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme monstra sa cruaulté.
§
Chapitre xx
e+Chapitre xxi me [BnFfr4964]om. [BnFfr23146]
21
[BnFfr4965]Chappitre xxie [Aix419]Chapitre xxie [BnFfr17274]Chappittre .xxie. [Cha515]
De l'erreur que eut ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) Se+Ce [BnFfr4964]ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , par sa fraude et
cautelle,[3190]Eut renommee envers le monde telleQu'on l'extimast
en+au [BnFfr23146] cueur plus oultraigeuxQu'il n'advenoit à noble couraigeux,Encor fist pis1. Car il tint erroneeOppinïon, perverse et obstinee,[3195]Et demonstra, par incredulité,Encontre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme fiere crudelité,Quant il emprist semer la+par [Cha515]
punaisieDe l'
orde, faulse et mauvaise heresie,Dont il vouloit prouver et maintenir[3200]La trinité trés saincte ne tenirConjoinctement trois personnes distinctes,Mais une seulle.
Et par raisons succinctes,Ceste heresie à plusieurs divulgant,Saincte escripture alloit sus ce+sur ce alloit [BnFfr4965] alleguant,[3205]Disant par elle estre preuve assigneeTelle unïon ternaire designee+et desinee [BnFfr23146]
Aulcunes fois à jours et temps+temps et jours [BnFfr4965] prefixAu nom du PereDieuConcept de Dieu dans le christianisme
aprés au nom du
FilzJésus-ChristMessie et fils unique de Dieu pour les chrétiens,Et puys au+à [BnFfr23146] nom du Sainct EspritSaint-EspritConcept de Dieu dans de nombreuses religions. Laquelle[3210]Oppinïon soustenoit,
pour ce qu'elleEstoit de grec+De grec estoit [BnFfr4965]Estoyt du grec [BnFfr23146] translatee en latinPar les docteurs HilaireHilaire de Poitiers, saint (315 — 367)Saint catholique et orthodoxe et AugustinAugustin d’Hippone (354 — 29/08/430)Théologien et philosophe chrétien d’Afrique du Nord,Qui à raison d'auctorité prouveeChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) escript
son erreur à GregoireGrégoire de Tours, saint (02/12/538 — ?)Saint chrétien, historien, homme d’église du haut Moyen Âge
archevesque de ToursL'avoient ainsi+Tiennent qu'elle est [BnFfr4965]Tiennent qu'elle est [BnFfr17274]Tienent qu'elle est [BnFfr23146] veritable, approuvee.[3215]§De son
erreur ne se trouva contentSe devant l'œil du pape ne l'extend,Et luy escript plusieurs lectres missivesOù, par raisons doulces et suasifves,Comme sçavant+scant [Aix419]que+comme [BnFfr23146] estoit et entendu,[3220]Taschoit venir à son poinct pretendu2.De luy,
aulcuns historïens noz+non [BnFfr23146] maistresTiennent qu'il mist et adjousta
trois lectresEn l'alphabet. Par ce luy donnent+donnant [BnFfr23146]
bruitQu'en+Que [BnFfr23146]latin fut et grec+latin et grec fut [BnFfr4965] assez instruict3.[3225]§Ce
mesme temps soubz l'adveu de ce tiltreSedicïeux, transmist certaine epistreAu bon GregoireGrégoire de Tours, saint (02/12/538 — ?)Saint chrétien, historien, homme d’église du haut Moyen Âge archevesque de
Tours,Qui+Que [BnFfr23146] ne faillit luy rendre ses+ces [BnFfr23146] retours,Car homme estoit de saincteté parfaicte.[3230]Fort le blasma de l'heresie infecte,Dont pretendoit contre DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme attempterEt simple peuple à ce moyen tempter.Par ceste voye inicque et scandaleuse,Ainsi, dist il, que une brebiz galeuse[3235]Infecte et+om. [BnFfr17274] perd le bestail où elle est,En cas pareil doibt desplaire et desplaistTelle semence à la+om. [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] saincte +et [BnFfr4965]et [BnFfr17274]et [BnFfr23146] crestienneReligïon, dont n'affiert qu'entretienneChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584)
s'efforce de soustenir son erreurCe sot propos. Et quant aux sainctz docteurs[3240]Qu'il maintenoit avoir esté aucteursDe ceste chose et dont faisoit baniere,À ce respond
qu'en+que [BnFfr23146]toute+tout [Aix419] autre maniereEt beaucoup loing de son interpreter,Sceurent jadis la matiere traicter.[3245]Par quoy
son dire et faict dïabolicqueVoit mal sentir de la foy catholicque4.§Telle response au fondz+fons [Cha515] du sien gros cueurLors engendra+endura [Cha515] fournaise de+et [BnFfr23146] rancueur.Raige en fureur de legiere inconstance[3250]Tant l'enflamma, que à forte et fiere instanceSe
perforça+par force [BnFfr23146]parforça [Cha515] l'erreur magnifester,Voulant par voye ennuyeuse infester
Aulcuns
des+de [BnFfr17274] siens privez et domesticques,Luy accorder +à [BnFfr4965] ses raisons fantasticques.[3255]Entre lesquelz ung evesque d'AlbyDit SalvïusSalve d’Albi, saint (VIe siècle — 12/09/584)Évêque du VIe siècle,
par+en [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] secret aliby,Pensa gaigner, luy souflant en l'ouÿeCeste heresie estrange et non ouÿe.Et posé or que l'evesque retint[3260]Tout en son cueur, plaine maniere tintN'avoir le cas tant soit peu
agreable.Par quoy le roy, comme est assez creable,De ce confus, l'affaire atant
celaDu maltalent de FredegondeFrédégonde (entre 543 et 545 — 10/12/597)Reine des Francs de Neustrie (568-584) vers ClovisClovis (VIe siècle — 580)Prince franc (?-580) Prince franc, fils de Chilpéric IerEt ne fist plus fort+trop [BnFfr17274] grand cas de cela5.
Cretin change la tonalité
de la phrase par laquelle [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, f. XVIIIv introduit la matière de ce qui
constitue ce chapitre, en escamotant la référence à la valeur
guerrière de Chilpéric : « Chilperic, duquel la chevalerie contre
les hommes par plusieurs frauldes estoit moult excellente, contre
Dieu pensa une grande crudelité ». Les GCF, liv. III,
chap. 14 (vol. 1, p. 282) ne contiennent pas d'introduction
équivalente à cet endroit. À l’évidence, Cretin s’efforce de faire
de Chilpéric un contre-exemple clair pour François Ier.
Cretin chamboule l'ordre des épisodes tels que les
rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XVIIIv, selon qui Chilpéric ne se tourne vers le pape qu'après
s'être adressé à Grégoire de Tours : « Chilperic print très mal la
response de Gregoyre, et tout fervant en ire, “NOus prendrons, dit
il, doncques le conseil du pape sur ceste chose.” » Dans les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 282),
Chilpéric annonce simplement, une fois reçue la réprimande de
Grégoire de Tours, vouloir « demander conseil à plus sage que il
[Grégoire] n'estoit ».
Chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIv, cet
élément dont Cretin réduit la portée figure à la fin du récit, après
le compte rendu de l'échange entre Chilpéric et Grégoire de Tours :
« Disant les aucteurs que Chilperic moyennement intruict en grec et
en latin, mist et apposa davantage contre noz lettres ces troys,
a, th,
o, lettres grecques, lesquelles longtemps
aprés sont demourees en ces chartres et chirographes faisans mention
de rentes et revenues par luy donnees a l'Eglise. » Les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 283) sont
plus précises : « mais toutevoies ajousta-il [Chipéric] au nombre de
noz lettres ω, ceste lettre grecque qui vaut ô,
et III autres dont l'en trove les karacteres en ceste lettre, es
chartres que il dona et qui furent seelées en son tens.
»
Cretin amplifie la
réponse de Grégoire de Tours que rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XVIIIv sans en modifier la
tonalité : « Toutesvoyes, Gregoire, homme de parfaicte saincteté,
admonnesta le roy qu'il se gardast par telle heresie et crudelité
l'indignation de Dieu sur soy provoquer, luy remonstrant que ce
qu'il disoit estoit chose très cruelle et impiteable, non convenant
à la foy catholique, et que ceulx qu'il appelloit à tesmoignage
avoyent bien loing aultrement escript et enseigné que ce qu'il
disoit. »
Comme si la
résolution de l'épisode l'intéressait moins que l'hérésie de
Chilpéric, Cretin abrège [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIv, escamotant la dimension
potentiellement collective de la condamnation : « Incontinent vint
Salvius, evesque de Alby, l'un des domestiques du roy, auquel il
manifesta son heresie, luy produisant une lettre contenant ceste
crudelité, laquelle secretement recita aux oreilles de l'evesque. Et
combien que Salvius retint pour lors son couraige en soy taisant,
toutesvoyes par le jugement de son visaige, entendit le roy que
l'evesque ne consentoit à son oppinion. Et pour ce qu'il doubtoit
tous les autres luy en faire autant et contre luy repugner, ne
persista plus en son erreur. »
Cretin change la tonalité
de la phrase par laquelle [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, f. XVIIIv introduit la matière de ce qui
constitue ce chapitre, en escamotant la référence à la valeur
guerrière de Chilpéric : « Chilperic, duquel la chevalerie contre
les hommes par plusieurs frauldes estoit moult excellente, contre
Dieu pensa une grande crudelité ». Les GCF, liv. III,
chap. 14 (vol. 1, p. 282) ne contiennent pas d'introduction
équivalente à cet endroit. À l’évidence, Cretin s’efforce de faire
de Chilpéric un contre-exemple clair pour François Ier.
Cretin chamboule l'ordre des épisodes tels que les
rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol.
XVIIIv, selon qui Chilpéric ne se tourne vers le pape qu'après
s'être adressé à Grégoire de Tours : « Chilperic print très mal la
response de Gregoyre, et tout fervant en ire, “NOus prendrons, dit
il, doncques le conseil du pape sur ceste chose.” » Dans les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 282),
Chilpéric annonce simplement, une fois reçue la réprimande de
Grégoire de Tours, vouloir « demander conseil à plus sage que il
[Grégoire] n'estoit ».
Chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIv, cet
élément dont Cretin réduit la portée figure à la fin du récit, après
le compte rendu de l'échange entre Chilpéric et Grégoire de Tours :
« Disant les aucteurs que Chilperic moyennement intruict en grec et
en latin, mist et apposa davantage contre noz lettres ces troys,
a, th,
o, lettres grecques, lesquelles longtemps
aprés sont demourees en ces chartres et chirographes faisans mention
de rentes et revenues par luy donnees a l'Eglise. » Les
GCF, liv. III, chap. 14 (vol. 1, p. 283) sont
plus précises : « mais toutevoies ajousta-il [Chipéric] au nombre de
noz lettres ω, ceste lettre grecque qui vaut ô,
et III autres dont l'en trove les karacteres en ceste lettre, es
chartres que il dona et qui furent seelées en son tens.
»
Cretin amplifie la
réponse de Grégoire de Tours que rapporte [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XVIIIv sans en modifier la
tonalité : « Toutesvoyes, Gregoire, homme de parfaicte saincteté,
admonnesta le roy qu'il se gardast par telle heresie et crudelité
l'indignation de Dieu sur soy provoquer, luy remonstrant que ce
qu'il disoit estoit chose très cruelle et impiteable, non convenant
à la foy catholique, et que ceulx qu'il appelloit à tesmoignage
avoyent bien loing aultrement escript et enseigné que ce qu'il
disoit. »
Comme si la
résolution de l'épisode l'intéressait moins que l'hérésie de
Chilpéric, Cretin abrège [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIv, escamotant la dimension
potentiellement collective de la condamnation : « Incontinent vint
Salvius, evesque de Alby, l'un des domestiques du roy, auquel il
manifesta son heresie, luy produisant une lettre contenant ceste
crudelité, laquelle secretement recita aux oreilles de l'evesque. Et
combien que Salvius retint pour lors son couraige en soy taisant,
toutesvoyes par le jugement de son visaige, entendit le roy que
l'evesque ne consentoit à son oppinion. Et pour ce qu'il doubtoit
tous les autres luy en faire autant et contre luy repugner, ne
persista plus en son erreur. »