Le sujet de ce verbe et le
suivant est « le grand veneur ».
La prétérition, ici,
ne se réduit pas qu'à une figure de style : Cretin manifeste une
certaine connivence avec le roi, son lecteur, par ailleurs féru de
chasse à courre et amateur de traités de vénerie. Guillaume Budé en
rédige un à son attention, sous la forme d'un dialogue entre
lui-même et le roi (
Budé, Guillaume, De
Venatione, Paris, Michel Vascosan, 1536Budé, 1536).
Il faut comprendre : « Très rapidement » (l'expression usuelle
est « plus tost que dire pic »).
Ce passage gonfle une brève mention présente chez [La
Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XIIIr entre
le pélerinage de Clotaire à Saint-Martin de Tours (traité à la fin
du chapitre 1 dans la
Chronique française) et le
dénombrement de ses femmes (évoqué au début du chapitre 2) :
« Bientost après [Clotaire] retourna à Soyssons et dés
incontinent (comme c'est la vaine coustume de la noblesse de
France) se applicqua à chacer et prendre les bestes saulvaiges,
en laquelle chace se delectant à courir et cryer plus qu'il
n'est digne et decent à ung roy, tomba en grieve malladye. »
Cretin enrichit le passage d'une réécriture d'un poème qu'il avait
antérieurement consacré à la chasse : le
Debat entre deux
dames sur le passetemps des chiens et oyseaux (
Chesney, Kathleen (éd.), Œuvres
poétiques de Guillaume Cretin, Paris, Firmin-Didot, 1932Chesney, 1932, p. 94-143). En voici quelques vers : « La noise alors commence
de plus belle, / Veneurs s'en vont apres les chiens huant : /
« Merlant, Rigault, Marteau, appelle, appelle ! » /
C'est ung deduict d'oyr telle chappelle, /
« La, compaing,
la, va, veez le cy fuyant ! »
» (v. 631-635). À noter que le
Débat entre deux
dames de Cretin est lui-même la réécriture d'une partie
du
Livre des deduis du Roy Modus, traité de chasse
composé dans la deuxième moitié du
xive siècle, parfois attribué à Henri
de Ferrières, et qui a pu nourrir l'intégralité de ce chapitre,
notamment pour la précision de son vocabulaire cynégétique. Sur
cette intertextualité, voir
Randall, Michael, « La politique sonore
chez Guillaume Cretin, Cahiers de Recherches Médiévales et
Humanistes, n° 47, 2024, p. 105-126Randall, 2024 et
Delvallée, Ellen, « Débat et dialogue
en vers chez Guillaume Cretin », dossier « La Forme versifiée du dialogue dans
les genres narratifs », dir. C. Denoyelle et P. Mounier,
Elseneur, 37, 2022, p. 79-96 (HAL)Delvallée, 2022.
Si ce développement est de Cretin,
il rappelle la désapprobation qu'exprime également [Nicolas de La
Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XIIIr dans le
compte rendu de cet épisode, qui qualifie la chasse de « vaine
coustume de la noblesse de France ». Les
GCFbiblScopebiblScope ne se prononcent
pas, quant à elles, contre la chasse :
« Un jor avint que il [Clotaire] ala chacier en forez pour soi
deduire, si come costume est de François, qui plus
volentiers s'i esbatent que nules autres genz par
costume. »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 189-190)
Dans la
Chronique française, le propos semble
directement adressé à François I
er
et le met en garde, de façon insistante, contre une pratique
excessive de son loisir. Peut-être ce passage a-t-il été écrit à la
suite d'un événement particulier. Philibert le Beau, duc
de Savoie, est mort en 1504 d’un refroidissement subi lors
d’une partie de chasse, ce que rappelle Jean Lemaire de Belges
dans
La Couronne Margartique. On sait également, par
le journal de Louise de Savoie, sa mère, que François I
er a été blessé par une branche d'arbre,
alors qu'il chassait, le 23 septembre 1519 (
Louise de Savoie, Journal
de Louise de Savoie duchesse d'Angoulesme, d'Anjou et de Valois, mère du
grand roi François Ier (1459-1522), éd.
Pascal Dumaih, Clermont-Ferrand, Paléo, 2006 [1838]Louise de Savoie, 1838). Quarante ans plus tard, le
roi Henri II est mortellement blessé lors d'un
tournoi...
En marge du manuscrit BnF, fr.
23146 : « nota ».
Le récit de l'agonie de Clotaire et son dernier discours n'ont pas
d'équivalent chez [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIr, et sont inspirés du passage
correspondant dans les
GCFbiblScopebiblScope, auquel Cretin ajoute l'administration de l'extrême
onction :
« En ce point que il estoit ensi tormentez de diverses passions
de froideur et de chaleur, et que il tornoit et retornoit en
son lit et souspiroit parfondement come cil qui moult estoit
à grant mesaise de concience pour ses pechiez, il commença à
crier en tel maniere :
« Heu, va ! Heu, va ! Com est
granz et de merveilleuse puissance cil celestieus rois
qui ensi humilie et met au desouz les plus puissanz rois
de terre ! Com il ne soit pas mortiex, il est sanz
comparoison mieudres dou plus grant prince de terre ;
s'il est donques mieudres, il est plus puissanz, et s'il
est plus puissanz, il est misericors, car il ne se
delite pas en la veniance de ceus qui l'ont deservi,
ausi com font maint mortel prince ; ençois a plus chiere
la repentance et la penitance des pecheors selonc sa
grant pitié. L'on doit donques desirer par grant
affection le don et la grace de sa misericorde, de
laquele nus, tant soit pechierres, ne se doit
desesperer. » Tandis com il recensoit tels paroles
en grant repentance et en grant contriction, il rendi son
esperit ; son cors lessa à la terre et son roiaume à ses
fiuz. L et un an regna noblement et puissanment, et toz jors
crut et multiplia sa seigneurie jusques à la fin de sa
vie. »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 190-191)
Le récit de la mort de Clotaire chez [Nicolas de La
Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XIIIr est
beaucoup plus sobre : « De laquelle [maladie], aprés le cinquante
et ungyesme an de son regne fut assoupi. »
[Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIv ne se montre pas aussi précis
quant au lieu exact de l'inhumation : « Les quattre filz [de
Clotaire] suyvirent les funerailles de leur pere par ung convoy
triumphant jusques à Soyssons, où dignement l'ensevelirent au
tombeau qui preparé luy estoit. » Un peu plus loin, il est néanmoins
question de Saint-Médard : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire]
fut commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » ([Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XIVr). Plus avant
dans [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes
Chroniques, fol. XVv, au moment de relater les funérailles
de son fils Sigebert, la localisation de la sépulture de Clotaire
est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de Soyssons où il
[Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de Clotaire ». Cretin n'a
peut-être pas eu besoin de revenir en arrière pour insérer ici le
nom de l'église ; le compte rendu de l'inhumation de Clotaire dans
GCFbiblScopebiblScope dit ainsi :
« Portez fu à Soisons et honorablement mis en sepouture en
l'abaïe Saint Maart, si comme il avoit avant devisé »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 191)
.
Il est vraisemblable que Cretin
continue ici à suivre les
GCFbiblScopebiblScope :
« IIII fiuz out droiz hoirs de son cors : li premiers out non
Chereberz, li secons Gontrans, li tierz Chilperis, et li
quarz Sigeberz. Portez fu à Soisons et honorablement mis en
sepouture en l'abaïe Saint Maart, si comme il avoit avant
devisé. XXX miles et plus avoit de là où il trespassa
jusques là où il fu portez. Si IIII fil estoient present,
qui moult honestement le firent porter toute la voie à granz
processions de clers et de genz de religion, qui l'ame
recommandoient à Nostre Seigneur et fesoient ce qui à tel
office apartenoit. »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 191)
[Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes
Chroniques, fol. XIIIv relate l'enterreme de Clotaire
après avoir évoqué les différentes femmes du roi (dont la
Chronique française parle au début du chapitre 2,
et il ne se montre pas aussi précis quant au lieu exact de
l'inhumation : « Les quattre filz [de Clotaire] suyvirent les
funerailles de leur pere par ung convoy triumphant jusques à
Soyssons, où dignement l'ensevelirent au tombeau qui preparé luy
estoit. » Un peu plus loin, Saint-Médard est néanmoins cité
nommément : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire] fut commencé le
monastere Sainct Medard de Soyssons, et par Sygebert, son filz,
parfaict et assouvy » ([Nicolas de La Chesnaye],
Les
Grandes Chroniques, fol. XIVr). Plus avant dans [Nicolas
de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XVv, au
moment de relater les funérailles de son fils Sigebert, la
localisation de la sépulture de Clotaire est précisée : « en
l'eglise Sainct Medard de Soyssons où il [Sigebert] fust mis,
auprès de la tombe de Clotaire ». Il convient par ailleurs de
noter que la multiplication des sépultures de Clotaire évoquée au v.
996 est une originalité de Cretin, et c'est d'ailleurs un
anachronisme : la tripartition du corps (ossements, cœur et
entrailles) ou
dilaceratio
corporis est une pratique qui n'est pas antérieure aux
Capétiens et aux Valois.
Non num.
BnFfr4965 3
BnFfr23146 om.
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965 ses
Aix419, BnFfr17274, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 d'ouyr ;
BnFfr23146 d'ouir
Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Aix419 vez
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419 Brechault
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 Brehault
BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274 vez
BnFfr4964, Cha515 Au
BnFfr4965 Ou
BnFfr17274 l'esbat y ;
BnFfr23146 l'esbat i
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, Aix419, BnFfr4965 courre
BnFfr17274, BnFfr23146 avoit
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ung roy les
chaces ame
BnFfr4964 ung roy les chasses ames
BnFfr4965 outrepas
BnFfr23146 autrepas
Aix419, Cha515, BnFfr4964 ces
BnFfr17274, BnFfr23146 En