On observe une
récurrence des formules telles que « L'escript suyvant rapporte
et fait messaige » (v. 4421), « dit l'histoire » (v. 4571), «
l'histoire en touche assez » (v. 4880), depuis le chap. 30 en
particulier, et après le résumé à grands traits des événements
du chap. 28, comme si la voix narratoriale se détachait
explicitement de sa matière historiographique ou comme si Cretin
assumait d’employer désormais une source quasi unique dont
l’enjeu n’est plus que de la rendre propre, par ses vers, au
placere et docere.
Cretin amplifie [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXIV tout en escamotant le
désir de revanche de Théodebert II et Thierry II : « Les roys,
memoratifz de l'injure qu'ilz avoient receu de Clotaire, par la
suggestion et enhortement de Brunechilde se leverent en
armes. » Les GCF, liv. IV, chap. 10 (vol. 2, p.
42) ne justifient pas plus que Cretin cette campagne : « Li dui
frere, li rois Theodeberz et li rois Theoderis, descovrirent à
la parfin la haine que il avoient conceue contre le roi
Clothaire ; seur lui vindrent à granz oz par l'enortement
Brunehout. »
Cretin poursuit sa versification de [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVv, à qui
il retranche le nom du fleuve sur lequel la bataille a lieu :
« Contre lesquelz [Théodebert II et Thierry II] marchant
Clotaire ses tentes mises sur le fleuve de Arvenne bataille par
malheureuse bataille, car son armee defaicte et rompue fut le
fleuve si fort remply de la multitude des mors que son cours
estouppé cessa dec couler et lict on aux Ans de
France qu'il mourut troys mille hommes en ce
conflict. Au regard de Clotaire, legierement s'en fouyt et par
Melun se retira à Paris, lequel suyvi par les roys, fut
contraint de recevoir et accorder telle condition de paix qu'ilz
voullurent. »
Cretin
poursuit sa réécriture de [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXIVv : « La forme de laquelle
[paix] fust ceste cy : que Thidebert possederoit les lieux
contenuz entre les ryvieres de Sayne, de Loyre et Ouayse jusques
à la mere, et auroit Clotaire les douze regions encloses es
ryvieres de Seyne et Ouayse. »
Rien
ne correspond à ces vers chez [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXIVv, et Cretin paraît avoir
inventé la durée de la guerre.
Cretin suit [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XXIVv et reproduit son erreur,
qui consiste à confondre, tout au long de l'épisode, Thierry II et
Théodebert II : « Les choses faictes selon ceste forme [la paix
évoquée précédemment], Berthault, homme de grant auctorité
envers le roy Thidebert, ayant receu bonne puissance de ges
d'armes pour garder et deffendre Neustrie, laquelle lors
obeissoit à Thidebert, Clotaire y envoya son filz Merovee avec
Landry, prevost de l'hostel. Cecy annoncé à Berthault,
congnoissant qu'il n'estoit en pareil nombre de gens d'armes, se
retira en la ville d'Orleans, où il fut suyvy par Landry, lequel
comme son adversaire luy reprochoit la fuytte. » Les
GCF, liv. IV, chap. 12 (vol. 2, p. 46) disent
bien que « À ce tens estoit Berthoalz cuens dou palais le roi
Theoderic ».
Cretin réécrit [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXIVv-XXVr en
réduisant deux prises de parole de Bertoald en une seule, et en
attribuant à Landry l'initiative du lieu de la bataille à venir
entre Clotaire II et Théodebert II : « Adoncques Berthault, parlant
à luy [Landry] des murailles de la cité : « Landry (dit il),
se tu as plus grande multitude de gens d'armes que moy, ne
cuyde pas pourtant que tu soys plus fort en vertu. Mais se
tu veulx essayer et avoir experience quelle est la force du
courage de chascun de nous, je te provoque au conflit
singulier de toy et de moy. » Ce que Landry ne voullut
accorder. « Se doncques par avanture (dit Berthault) ton
Clotaire fait combat avecques Thidebert, veulx tu que nous
experimentons que l'ung fera à l'aultre en ce conflit
? » Ceste condition fut receue par Landry. Peu après,
les deux roys ficherent leurs tentes sur June, ryviere
d'Estempes. »
Ce commentaire sur les mouvements de Bertoald est de
Cretin, et il lui permet de signaler la présence de Théodebert II,
qu'il avait escamotée dans sa réécriture du passage immédiatement
antérieur.
Cretin amplifie [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XXVr, dont la
phrase paraît nécessiter un sujet qui n'est pas explicité : « Puis,
cependant que le lieutenant de Clotaire passoit le fleuve, afin
que Clotaire ne peust batailler de toute son armee, faisant
signe, [Théodebert II ?] commença la bataille, en laquelle
furent plusieurs occis tant d'un costé que d'aultre, mais
beaucoup plus de l'armee de Clotaire. »
Cretin amplifie
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. XXVr : « En bataillant, Berthault, qui avoit deffyé Landry à
la lutte particuliere, comme il eust en vain plusieurs foys
reclamé Landry, non ignorant la trahison et fraulde que
Brunechilde contre luy machinoit, courant impetueusement contre
la grande multitude des adversaires, ayma mieulx perdre la vie
en bataillant vigoreusement que honteusement estre deposé et mis
hors de son office, que Brunechilde sur toutes choses desiroit,
pour en son lieu Prothadius colloquer. »
Participe passé du verbe « paître ».
Nous corrigeons
« Theodorich », erreur évidente du manuscrit BnF fr.
2818, en « Theodebert » d'après la leçon des autres
manuscrits. Le titre courant du manuscrit BnF fr. 2818 confirme
qu'il s'agit bien de Théodebert II, non de Thierry II, et que
c'est le copiste qui a commis la faute.
Cretin emprunte la fin de cet épisode à [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XXVr, tout en
omettant le renoncement final de Théodebert II : « En ceste
bataille fut Merovee empoigné de ses adversaires. Clotaire et
Landry se saulverent en fuytte, et ne cessa Thidebert de
poursuyr ses ennemys jusques à ce que, par armee nuysible et
pernicieuse, trempant en sang et challeur, fut venu à Paris.
Toutesvoyes, sans faire aultre chose de excellance, retourna en
sa maison. »
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxxii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappitre xxxiime.
BnFfr17274 Chapitre xxxiie
Cha515 Chappitre .xxiie.
BnFfr17274, BnFfr23146 encores
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, BnFfr4965 foys
Aix419, BnFfr4964, Cha515 foiz
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 pour
BnFfr4965 le paÿs
BnFfr17274 le pais
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 aura
BnFfr23146 fueil en cueur
BnFfr17274, BnFfr23146 par
BnFfr17274, BnFfr23146 Luy estant là
BnFfr17274, BnFfr23146 le
BnFfr17274 entendant
BnFfr23146 entant
Aix419, BnFfr4964, BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 contre
BnFfr17274, BnFfr23146 me
BnFfr4964, BnFfr23146 om.
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965 fol
BnFfr2818 Theodorich leçon rejetée
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, Cha515 Theodebert
BnFfr23146 Theodebart