Nous comprenons littéralement que Brunechilde prépare (« dresse ») la charge (« l'entremetz », déverbal de « entremectre » employé au v. 1879, forme inconnue du
Dictionnaire du Moyen Français, version
2023, ATILF - CNRS et Université de Lorraine, en ligneDMF, 2023 et du dictionnaire
Godefroy, Frédéric, Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Paris, Wieweg-Bouillon, 10 vol., 1880-1902, en ligneGodefroy, 1880-1902, Godefroy, mais vraisemblablement motivée ici par la rime avec « Metz »), c'est-à-dire qu'elle organise le fait que son fils devienne roi. Il y a sans doute un jeu de mots ménagé par Cretin avec l'expression « dresser un mets », qui signifie « disposer un mets pour le servir », peut-être au moment même où son auditoire est en train d'être servi à table tout en écoutant la lecture de la
Chronique.
Cretin ne dévoile pas le nom
de ce personnage, qui est le futur Childebert IIChildebert II (08/04/570 — ?) Roi des Francs de Paris (592-596)
Roi des Francs d'Austrasie (575-596)
Roi des Francs de Bourgogne (593-596)
Roi d’Austrasie de 575 à 596, et, à partir de 592, roi de la Bourgogne et de
l’Orléanais, et que [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XVIr nomme : « son
filz Childebert ».
Il s'agit vraisemblablement du
même personnage que « Gondouault, le comte de Poictiers » allié à
Sigebert du vers 1662, mais Cretin ne semble pas faire le
rapprochement, pas plus que [Nicolas de La Chesnaye],
Les
Grandes Chroniques (fol. XVr : « Gondonault conte de
Poictiers » ; fol. XVIr : « avec l'aide du duc Gondebault »). Les
GCF ne font pas d'allusion
explicite non plus, et le titre qu'elles lui attribuent varie. Au
biblScopebiblScope, on a :
« Gondoalz, qui dux estoit dou païs [de Poiters] »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 221)
; et au
biblScopebiblScope :
« Uns dux, qui Gondoalz avoit non [...] par le conseil dou
devant dit conte Gondoalt »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 228)
).
[Nicolas de La
Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XVIr ne
mentionne pas ce couronnement ici, à l'inverse des
GCFbiblScopebiblScope, dont Cretin
s'inspire probablement pour ce détail :
« Li baron dou païs [de Metz] le [Childebert] reçurent come
leur droit seigneur, puis le coronerent et li rendirent le
roiaume son pere par le conseil dou devant dit conte
Gondoalt »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 228)
.
Cretin ne rappelle pas qu'il s'agit
d'
AudovèreAudovère (533 — 580) Reine des Francs de Neustrie (561-566)
Première épouse de Chilpéric Ier, à
l'inverse de sa source, [Nicolas de La Chesnaye],
Les
Grandes Chroniques, fol. XVIr : « s'en retoura
au Mans où sa mere Andonere, par la fraulde et trahison de
Fredegonde, estoit en exil ». Les
GCFbiblScopebiblScope la
nomment également :
« vers la cité dou Mans ala ausi come pour visiter sa
mere qui là estoit en essil, non pas par ses
merites, mais par la malice Fredegonde. À la cité de
Roan s'en ala après ce que il out Audovere sa mere
visitée »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 229)
. L'auteur des titres courants dans le manuscrit fr.
2818 paraît ignorer cette correspondance. Cretin fait encore
référence à Audovère sans la nommer aux v. 2888-2889 et
3414.
Frédégonde
était déjà désignée comme une « lice » au v. 1465, terme qui rimait
déjà avec « caulte malice ».
Ce long passage (62 vers) est une
originalité de Cretin, à laquelle rien ne correspond dans [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIr ni dans
les GCFbiblScopebiblScope. Les deux
derniers vers constituent une transition entre les deux registres de
ce chapitre, puisqu'à la consolation (dans laquelle se lisent les
conseils de l'ecclésiastique qu'est Cretin) succède un passage digne
d'un roman courtois.
Réminiscence de Actes 9 : 5 et 26 : 14
: « il te serait dur de regimber contre les aiguillons »
Peut également désigner la chair en
contexte amoureux.
Cretin gonfle et brode autour d'une seule phrase de [Nicolas de La
Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. XVIr : «
Puis, [Mérovée] ayant souvenance de Brunechilde vesve, s'en alla à
Rouen ou illecques, delecté en l'engin et l'industrie d'icelle
femme, la print à espouse. » Les
GCFbiblScopebiblScope n'épiloguent pas davantage sur l'union en question :
« À la cité de Roan s'en ala après ce que il out Audovere sa
mere visitée. Là espousa Brunehout, la fame son oncle, que
li rois Chilperis avoit là envoiée en essil »
(
Les Grandes Chroniques de France, éd. J.
Viard, 10 vol., Paris, Société de l'histoire de France,
1920-1953éd. Viard, 1920-1953, volume 1, p. 229)
. Cretin confère à cette union une ampleur inédite. Tout
d’abord, en conteur de cour, il décrit les amours de Mérovée et
Brunechilde en utilisant nombre de motifs courtois – tels que les
yeux jetant des « traictz et dardz » (v. 1986), la métaphore de la «
joutte » (v. 2016) amoureuse (avec la « castille », v. 1987, et le «
combat », v. 2010) et du piège (« leurs cueurs liez ou laz », v.
2001). Il se fait même grivois, avec la métaphore culinaire du « vin
cleret » (v. 1991) et la double évocation de la « vïande » (v.
1984-1995), mais aussi par la métaphore des « armes » (v. 2015) et
la prétérition complice autour des « vacarmes » (v. 2016) et des «
exploitz » (v. 2018) des amants, autour de laquelle il ménage une
connivence (« Car ramener par escript exploitz telz / N'est bien mon
cas. Ce me sont lectres closes. / À texte rond n'est besoing mectre
gloses. », v. 2018-2020). Du courtois au grivois, les amours entre
Mérovée et Brunechilde se font progressivement inconvenantes. Ainsi,
en homme d'Église, Cretin met aussi en exergue la dimension
incestueuse de ce mariage effectué « Sans garder loy n'ordre de
parenté » (v. 2005).
Nous corrigeons
« Enconcontre », erreur manifeste, en « Encontre »,
conformément aux autres manuscrits.
Cha515, BnFfr4964 dresser
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xime
BnFfr23146 om.
BnFfr4965
11
Aix419 Chappitre xime
BnFfr17274 Chapitre xie
Cha515 Chappitre xie
BnFfr17274, BnFfr23146 dure
Aix419, BnFfr17274, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965 feyt
BnFfr4965, BnFfr17274 faignant
Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 l'envoyoit ;
BnFfr17274 l'envoyoit ;
BnFfr23146 l'anvoyoit
BnFfr2818 Aux leçon rejetée
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965 Au
BnFfr17274, Cha515, BnFfr4964 Plein ;
Aix419 Pleyn
BnFfr17274, BnFfr23146 dur
BnFfr4965 se tant regretz on sçait assez
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964 se
BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964, BnFfr17274, Aix419 tel
BnFfr4965 Comme sçavante et bien duyte en ce stille
BnFfr17274, BnFfr23146 de bon
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 alarmes
BnFfr2818 Enconcontre leçon rejetée
BnFfr4965 a
BnFfr17274, BnFfr23146 la