Theodebert et ſon
oncle Childebert font guerre a
Clotaire.Fo XCVIII
§Senſuyt comment
Clotilde fiſt priereDeuotement a ſainct martin de toursPour ſes enfans / mectans par faulx deſtoursGuerre en auant / et concorde en
arriere.
§
Chapitre.
§ xxve
.
[4505]Loncle et nepueu
dhoſtilles appareilzCōmuns en foy / et de foꝛce pareilzFoꝛt equippez /
menacerent ClotairePar gꝛand
furie
/ et felonnie auſtereLuy dautre part congnoiſſant leur vouloir[4510]Neut en ce cas pareſſeux
nonchalloirMais renfoꝛca tellement ſon armeeQuil tint contre eulx oppinion
fermeeBien reſiſter a la contentionDe leur peruerſe et laſche intention[4515]Se lun fut chault /. lautre eut
bꝛuſlant
couraige Se
lun ſeſmeut / lautre ſenfla de raige Se lun
mect
ſus gens darmes couraigeuxLautre ne
quiſt ſouldardz
moins
oultraigeuxEt par ainſi lun
a
lautre appareille[4520]Serte
de metz eſgal / pour la pareille /.Oꝛ au plus toſt que Clotilde entenditCeſte nouuelle /. vne heure nactenditClotilde prie ſainct
martin pour ſes enfans.Dedans paris /. mais de feruent couraigeA
tours courut /
imploꝛer
le
ſuffraige[4525]De ſainct martin gloꝛieux confeſſeurPenſant au ſien merite / quon fait ſeurPeril doubteux /
genoulx flechiz / mains ioinctesLes yeulx au ciel diſtillans larmes maintesEt cueur plonge
au
gꝛand lac de ſoucy[4530]Fit ſa pꝛiere en ceſte ſoꝛte icy
§
Amy de Dieu.
Ie te ſupply regardeCelle qui ſoubz la tienne
ſauuegardeA touſiours
quis
ſecours / ayde et ſuppoꝛtHelas seigneur /. oꝛ
me
voy ie ſur poꝛt[4535]Daffliction / pꝛeſte dentrer au haureTreſangoiſſeux / qui cueurs
contriſtez naureIe veoy ceulx la que en mes
flans ay poꝛtezLun contre lautre oultre
loy tranſpoꝛtezDe fraternelle amoureuſe
nature [4540]Sang contre ſang ſi foꝛt
ſe deſnatureQue lun vouldꝛoit lautre
a dur ply rengerPire que nul ennemy
eſtranger Ie foꝛtunee afflicte et
triſte mereVeoy auiourduy loꝛde et
vile chimere[4545]Guerre ſur
piedz
/ pour rendꝛe ceulx deffaitzQue ay enfantez /. Oꝛ ſcay ie quilz ont faictzPluſieurs gꝛandz maulx /. Par quoy dieu veult permectreOraiſon de Clotilde
pour mectre paix entre ſes enfans.Fo XCIXMoꝛtelle playe a
eulx / celle part mectreLas chier ſeigneur / te plaiſe interceder[4550]Pour moy / vers luy / que ſans plus pꝛocederLun contre lautre
a
ſi
cruelz oultraigesSon plaiſir ſoit amollir
leurs couraigesEt demonſtrer par ſignes
euidentzQue pour leur crime ont ces lourdz accidentz[4555]Luy plaiſe auſſi a ta pꝛiere /
duyꝛeHayne en amour /. et ſi bien les
reduyꝛeA bonne paix de conioincte
vniteQue deſoꝛmais la leur
fraterniteNe ſoit par
dol
enuieux
ſeparee[4560]Mais damytie loyalle ſoit paree.§Croyꝛe
debuons que la ſienne oꝛaiſonFut exaulcee /. et a bonne raiſonQuant Dieu monſtra telz ſignes
et miraclesSur pauillons / tentes / et
tabernacles[4565]Ceſt aſſauoir en l
oſt de ChildebertEt du nepueu auſſi
Theodebert Car tout ſoudain en icelle iourneeQue ia eſtoit la bataille oꝛdonneeQuoyque le temps feuſt
coy / paiſible et cler[4570]Fouldꝛe du ciel / tonnerre et foꝛt eſclerSi aſpꝛement tumberent et tonnerrentQue les cheuaulx et gentz foꝛt eſtonnerentMiracle en loſt des deux roys Childebert et Theodebert.En laer y eut gꝛandz
alterationsCar eolus / les
choꝛuſcations[4575]De Aquarius ſoufloit a la
trauerſeQue
oncques ne fut tempeſte
plus
diuerſeGꝛeſle a monceaulx foꝛte et dure ſingloitQui tellement
genſdarmes aueugloitQue pluſieurs deulx / (comme
paour
gentz atterre[4580]Furent contrainctz mectre le nez a terreHarnois rompuz / cheuaulx effarouchezDonnerent loꝛs telle frayeur aux chiefzQue
leurs ſubiectz voyans feu du
ciel fondꝛe
Cuyderent tous abiſmer et
confondꝛe[4585]Ce fut gꝛand cas /.
Car
ſur les
oſtz des deuxOncle et nepueu / fiſt temps ſi tres hideuxTrouble et obſcur / que a peine on
voyoit goutteEt ſur celluy de Clotaire /
oncques goutte
Nen
degoutta /.
Cela rendit
paoureux[4590]Iceulx penſans dieu neſtre pas pour eulxEt veyꝛent bien
en
la ſignifianceQue a leur gꝛand toꝛt fut ceſte deffiancePar quoy ſans plus autre terme querirPꝛindꝛent aduis la paix loꝛs requerir[4595]A ces moyens vers Clotaire enuoyerentAmbaſſadeurs
/ qui ne ſe foꝛuoyerentCar tout ainſi quilz ſceurent
recoꝛderPaix entre Theodebert /
Childebert et Clotaire.Fo CPar leur demande / il voulut accoꝛderEn lieu
de
hayne et
fiere violance[4600]Signe monſtra dhumble begniuolanceCe doibt on croyꝛe
a
la petitionSaincte pꝛiere et interceſſionDe ceſte bonne et catholicque dameAuoir eſte /.
Par vne
deuote ame[4605]Souuenteſfois Dieu amoliſt les
cueursEt en doulceur mue toutes rigueursDoncques / apꝛes ceſte guerre odieuſePaix leur
donna
chanſon melodieuſe Apꝛes debat de fiere auſterite[4610]Amour
entra
en plaine auctoꝛite Vraye vnion chaſſa toute rancuneEt ſen alla chaſcun
en ſa chaſcune
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TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) et son
oncle ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) font guerre à
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
§S'ensuyt comment
ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) fist prïereDevotement à sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe de ToursPour ses enfans, mectans par faulx destours,Guerre en avant et concorde en
arriere.
[4505]L'oncle et nepveu, d'hostilles appareilz,Communs en foy et de force pareilz,Fort equippez,+me [BnFfr4967] menacerent ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) ,Par grand furie+fierté [BnFfr17274] et felonnie austere.Luy, d'autre part, congnoissant leur vouloir,[4510]N'eut en ce cas paresseux
nonchalloir,Mais renforça tellement son armeeQu'il tint contre eulx oppinïon fermee+fromee [Aix419]Bien resister à la contentïonDe leur perverse et lasche intentïon.[4515]Se l'un fut chault, l'autre eut bruslant+
couraige ;Se+Le [BnFfr4967] l'un s'esmeut, l'autre s'enfla de raige ;Se l'un mect+
myct [Aix419, Vat966, Cha514] ;
mist [BnFfr17274, BnFfr5299] ;
mit [BnFfr23145]
sus gens d'armes couraigeux,L'autre ne
quist souldardz moins+mains [Aix419] oultraigeux.Et par ainsi l'un à+
et [BnFfr17274, Cha514] ;
et [Aix419]
l'autre appareille[4520]Sert+Sorte [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514]Secte [BnFfr23145]Serte [BnFfr4967] de metz esgal pour la pareille1.Or, au plus tost que ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) entenditCeste nouvelle, une heure n'actenditClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) prie sainct
MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe pour ses enfansDedans Paris ; mais de fervent couraige,À
Tours, courut
implorer le suffraige+fuffraige [BnFfr17274][4525]De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe, glorïeux confesseur,Pensant au sien merite, qu'on fait seurPeril doubteux.
Genoulx flechiz, mains joinctes,Les yeulx au ciel distillans larmes maintes,Et cueur plongé au+à [BnFfr17274] grand lac de soucy,[4530]Fit sa prïere en ceste sorte icy :
§
« Amy de DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme,
je te supply, regardeCelle qui soubz la tienne
sauvegardeA tousjours
quis+qu'ilz [BnFfr4967] secours, ayde et support.Helas, Seigneur, or me+ne [Aix419] voy je sur port[4535]D'afflictïon, preste d'entrer au havreTrés angoisseux qui cueurs contristez navre+contrictz navre [BnFfr23145] !Je veoy ceulx là que en mes
flans ay portez,L'un contre l'autre oultre
loy transportezDe fraternelle amoureuse
nature ![4540]Sang contre sang si fort
se desnatureQue l'un vouldroit l'autre
à dur ply renger,Pire que nul ennemy
estranger !Je, fortunee, afflicte et
triste mere,Veoy aujourd'uy l'orde et
vile chimere[4545]Guerre sur piedz+pied [BnFfr17274], pour rendre ceulx deffaitzQue ay enfantez ! Or sçay je qu'ilz ont faictzPlusieurs grandz maulx. Par quoy DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme veult permectreOraison de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511)
pour mectre paix entre ses enfansMortelle playe à
eulx celle part mectre.Las, chier seigneur, te plaise interceder[4550]Pour moy, vers luy, que sans plus procederL'un contre l'autre à+et [Aix419]et [BnFfr4967] si cruelz oultraiges,Son plaisir soit amollir
leurs couraiges,Et demonstrer par signes
evidentzQue pour leur crime ont ces lourdz accidentz.[4555]Luy plaise aussi, à ta prïere,
duyreHayne en amour, et si bien les
reduyreÀ bonne paix de conjoincte
unité,Que desormais la leur
fraternitéNe soit par
dol
enuieux2 separee,[4560]Mais d'amytié loyalle soit paree3. »§Croyre debvons que la sienne oraisonFut exaulcee, et à bonne raison,Quant DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme monstra telz signes
et miraclesSur pavillons, tentes et tabernacles,[4565]C'est assavoir en l'
ost de ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Et du nepveu aussi+Et à celluy du
nepveu [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299]+
dit [Cha514] ;
dict [BnFfr17274]
TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) . Car tout soudain, en icelle journeeQue ja estoit la bataille ordonnee,Quoyque le temps feust coy, paisible et cler,[4570]Fouldre du ciel, tonnerre et fort esclerSi asprement tumberent et tonnerrentQue les chevaulx et gentz fort estonnerent.Miracle en l'ost des deux roys ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) En l'aer y eut grandz alteratïons+altercatïons [Cha514],Car EolusÉolePersonnage de la mythologie grecque, fils d'Hippotès et maître des
vents les choruscatïons[4575]De AquarïusAquariusDivinité marine soufloit à la
traverse,Que
oncques ne fut tempeste plus+sy [BnFfr17274, Cha514]si [Aix419]
diverse.Gresle à monceaulx, forte et dure, singloit,Qui tellement gens d'armes aveugloitQue plusieurs d'eulx, comme paour+pour [Vat966] gentz atterre,[4580]Furent contrainctz mectre le nez à terre.Harnois rompuz, chevaulx effarouchezDonnerent lors telle frayeur aux chiefzQue leurs subjectz, voyans feu du ciel fondre,
Cuyderent tous abismer et
confondre.[4585]Ce fut grand cas,
car+car [Vat966] sur les
ostz des deuxOncle et nepveu fist temps si trés hideux,Trouble et obscur, que à peine on voyoit goutte,Et sur celluy de ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) ,
oncques goutte N'en
degoutta4.
Cela rendit paoureux[4590]Iceulx, pensans DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme n'estre pas pour eulx,Et veyrent bien en la signifïanceQue à leur grand tort fut ceste deffïance,Par quoy sans plus autre terme querir,Prindrent advis la paix lors requerir.[4595]À ces moyens, vers ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) envoyerentAmbassadeurs qui ne se forvoyerent,Car tout ainsi qu'ilz sceurent
recorder,Paix entre TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) ,
ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) Par leur demande, il voulut accorder.En lieu de+et à [BnFfr4967] hayne et fiere vïolance[4600]Signe monstra d'humble begnivolance.Ce, doibt on croyre, à+en [Vat966] la petitïon,Saincte prïere et intercessïonDe ceste bonne et catholicque dameAvoir esté.
Par une devote ame,[4605]Souventesfois DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme amolist les
cueursEt en doulceur mue toutes rigueurs5.Doncques, aprés ceste guerre odïeuse,Paix leur donna+sonna [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514] chanson melodïeuse ;Aprés debat de fiere austerité,[4610]Amour entra+rentra [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, BnFfr4967, Cha514] en plaine auctorité ;Vraye unïon chassa toute rancune,Et s'en alla chascun en sa chascune67.
Ce passage, qui amplifie l'information donnée aux v.
4492-4494 sans apporter d'élément tangible, s'appuie sur les
GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148) :
« Li rois Childeberz, qui le siege de son roiaume tenoit à
Paris, manda au roi Thodebert son neveu que il apareillast son
ost pour lui aidier encontre son frere le roi Clothaire. Cil
fist si com li manda ; leur oz joinstrent ensemble et firent
moult grant apareil pour grever le roi Clothaire. »
Nous lisons « enuieux » et non pas
« envïeux » ; même si Guillaume Cretin utilise
habituellement l'orthographe « ennuyeux », il emploie
par contre systématiquent envieux comme un substantif et
jamais comme un adjectif. Or, ici le terme sert
d'adjectif pour dol. Il nous semble donc plus pertinent
de lire « enuieux ».
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIv : « Ceste chose congneue,
et Paris delaissé, Clotilde s'en alla à Tours. Larmoyant,
entra dedans l'eglise Sainct Martin. Pria ceste religieuse
femme le benoist confesseur qu'il luy pleust axaulcer son
oraison et ne permettre les freres roys ses enfans guerroyer
et affliger l'un l'autre. Et jaçoit qu'ilz fussent maculez
et deturpez de plusieurs vices dignes de griefve punition,
garde toutesvoyes et pourvoye à ce que enragez et hors de
tout bon entendement ne mettent en oubly leur
fraternité. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148-149) :
« Uns mes vint à leur mere la bone roine Crotilde, qui
à Paris demoroit, si li dist que si fil apareilloient granz
oz et granz forces de gent pour destruire li uns l'autre. La
mere, qui entendi que si enfant avoient conceu tel felonnie
en leur cuers li uns contre l'autre, et que il voloient
destruire iaus et leur genz par occisions, out grant doleur
à son cuer selonc la trendreur de mere. À Tors ala
hastivement, devant le cors monseigneur saint Martin
s'estendi en oureson,en granz souspires et en grant effusion
de lermes ; sa proiere fist à Dieu et au cors saint en tels
paroles : « O Diex Jhesu Crist, qui les descordables
cours des elemenz concordes et joinz ensemble par sainte
conjonction, les II freres qui sont desjoint par le mal
de discorde fai repairier en limite de pais selonc le
droit de nature. Sire, je te prie que ce ne me nuise pas
se je ai portez et enfantez tels enfanz qui sont de si
grant cruauté que il n'espargnent li uns l'autre ne ne
cognoissent parent ne ami. Il ont ocis leur oncles, il
ont estranglez leur neveuz, et ja soit ce que il aient
tant de maus faiz, je ne cuidasse mie que leur
forsenerie les menast à ce que il obliassent leur
fraternité et l'amor de nature. Biaus sires Diex, peres
puissant qui es juges et actors de nature, je te prie
que tu metes pais et amor entre les freres germains, et
touz ciaus qui troublent pais et concorde espoante par
ta puissance. » »
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XIv : « L'on peult croyre
que par l'oraison et intervention de l'evesque et amy de Dieu
sainct Martin les freres retournerent à benivolence et amityé,
car comme les deux armees prestes à batailler ne fussent loing
l'une de l'autre, soudainement vint la pluye, tonnant le ciel
trop espouentablement et les vents trés apres et horribles
souflans de tous costez et par telle tempeste furent les gens
d'armes de Childebert et Thildebert rompuz et brisez qu'il ne
leur demoura harnoys ny armures fors seullement le bouclier.
Prosternez contre terre leurs robbes et cottes d'armes decirez,
croyent de certain que ce fust leur dernier jour. Davantaige des
chevaulx fuians loing, peu en furent recouvers, et aux roys
mesmes le feu du ciel qui continuellement resplendisoit par
ardante fulguration donna telle frayeur qu'il cuidoient brusler
avbec leurs tentes, combien qu'en ceste tempeste nulle
procellosite et goutte de pluye attocuha les gens d'armes de
Clotaire. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 149-150) :
« Nostre Sires oï la proiere de la sainte dame, car tout
maintenant commença à toner en cele partie où li ciex estoit
plus clers et plus nez. Li rois Clothaires, qui bien vit que il
n'avoit pas gent pour assembler ne pour soustenir la force des
II rois si puissant com li estoient, douta le peril ; il s'enfui
en Orlenois, à une vile qui a non Combrons, jusques à tant que
ses freres fust apeisiez vers lui en aucune maniere et que ses
oz fust creüz et enforciez de sa gent qui venir devoient, et
d'autre secors que il attendoit de jor en jor ; mais la plus
granz esperance que il eust estoit en la vertu Nostre Seigneur.
Lors mostra bien Nostre Sires que il avoit receues les proieres
leur mere, car là où li dui roi et leur ost estoient logié, uns
tonerres leva soudainement, qui dona si horribles escrois, que
tuit li ost en furent espoanté. Lors commença à plouvoir trop
habundamment, foudres et tempestes à chaoir si menuement et si
redement, li venz à venter si forment, que il esrachoient les
paveillons et esparpeilloit les chevaus en divers lieus ; li
chevalier n'avoient defense contre la pluie et contre les cops
de la tempestes fors que des escuz dont il se couvroient. Il se
couchierent tuit à terre en grant paor et en grant devotion, et
prierent à Nostre Seigneur que il les espargnast et que il ne
preist pas d'iaus la venjance que il avoient deservie par leur
mesfaiz. PLus granz miracles fu, que en cele partie où li oz
Clothaire estoit logiez ne venta point ne ne chaï goute d'iaue,
ne nus signes d'espart ne de tonerre n'i aparut. »
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIv-XIIr :
« Par ce merveilleux et espouentable signe entendoient les
roys droictement l'ire de Dieu estre exercee pource qu'ilz
avoient pensé par bataille destruire leur frere innocent. À
ceste cause les embassadeurs envoyez à Clotaire vouluntairement
promisrent paix, laquelle donnee et confermee d'ung chosté et
d'aultre, chascun s'en alla. Ces choses je trouve avoir esté
faictes au champ d'Orleans vers le villaige de Combre. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 151) : « Li
dui roi, qui là estoient venu pour tout confondre, envoierent
maintenant leur messages au roi Clothaire pour requerre pais et
concorde perpetuel. Li rois Clothaire leur otroia volentiers ;
lors departirent leur oz en amor et en pais, et repaira chascuns
en sa contree. En tel maniere furent li enfant sauvé et garenti,
il et leur genz, dou peril de mort par la proiere de leur devote
mere, ne ne souffri pas Nostre Sires que il acomplisissent leur
felonie que il avoient conceue. De ceste chose furent lié tuit
cil qui amoient pès et concorde entre les II
freres. »
Theodebert et ſon
oncle Childebert font guerre a
Clotaire.Fo XCVIII
§Senſuyt comment
Clotilde fiſt priereDeuotement a ſainct martin de toursPour ſes enfans / mectans par faulx deſtoursGuerre en auant / et concorde en
arriere.
§
Chapitre.
§ xxve
.
[4505]Loncle et nepueu
dhoſtilles appareilzCōmuns en foy / et de foꝛce pareilzFoꝛt equippez /
menacerent ClotairePar gꝛand
furie
/ et felonnie auſtereLuy dautre part congnoiſſant leur vouloir[4510]Neut en ce cas pareſſeux
nonchalloirMais renfoꝛca tellement ſon armeeQuil tint contre eulx oppinion
fermeeBien reſiſter a la contentionDe leur peruerſe et laſche intention[4515]Se lun fut chault /. lautre eut
bꝛuſlant
couraige Se
lun ſeſmeut / lautre ſenfla de raige Se lun
mect
ſus gens darmes couraigeuxLautre ne
quiſt ſouldardz
moins
oultraigeuxEt par ainſi lun
a
lautre appareille[4520]Serte
de metz eſgal / pour la pareille /.Oꝛ au plus toſt que Clotilde entenditCeſte nouuelle /. vne heure nactenditClotilde prie ſainct
martin pour ſes enfans.Dedans paris /. mais de feruent couraigeA
tours courut /
imploꝛer
le
ſuffraige[4525]De ſainct martin gloꝛieux confeſſeurPenſant au ſien merite / quon fait ſeurPeril doubteux /
genoulx flechiz / mains ioinctesLes yeulx au ciel diſtillans larmes maintesEt cueur plonge
au
gꝛand lac de ſoucy[4530]Fit ſa pꝛiere en ceſte ſoꝛte icy
§
Amy de Dieu.
Ie te ſupply regardeCelle qui ſoubz la tienne
ſauuegardeA touſiours
quis
ſecours / ayde et ſuppoꝛtHelas seigneur /. oꝛ
me
voy ie ſur poꝛt[4535]Daffliction / pꝛeſte dentrer au haureTreſangoiſſeux / qui cueurs
contriſtez naureIe veoy ceulx la que en mes
flans ay poꝛtezLun contre lautre oultre
loy tranſpoꝛtezDe fraternelle amoureuſe
nature [4540]Sang contre ſang ſi foꝛt
ſe deſnatureQue lun vouldꝛoit lautre
a dur ply rengerPire que nul ennemy
eſtranger Ie foꝛtunee afflicte et
triſte mereVeoy auiourduy loꝛde et
vile chimere[4545]Guerre ſur
piedz
/ pour rendꝛe ceulx deffaitzQue ay enfantez /. Oꝛ ſcay ie quilz ont faictzPluſieurs gꝛandz maulx /. Par quoy dieu veult permectreOraiſon de Clotilde
pour mectre paix entre ſes enfans.Fo XCIXMoꝛtelle playe a
eulx / celle part mectreLas chier ſeigneur / te plaiſe interceder[4550]Pour moy / vers luy / que ſans plus pꝛocederLun contre lautre
a
ſi
cruelz oultraigesSon plaiſir ſoit amollir
leurs couraigesEt demonſtrer par ſignes
euidentzQue pour leur crime ont ces lourdz accidentz[4555]Luy plaiſe auſſi a ta pꝛiere /
duyꝛeHayne en amour /. et ſi bien les
reduyꝛeA bonne paix de conioincte
vniteQue deſoꝛmais la leur
fraterniteNe ſoit par
dol
enuieux
ſeparee[4560]Mais damytie loyalle ſoit paree.§Croyꝛe
debuons que la ſienne oꝛaiſonFut exaulcee /. et a bonne raiſonQuant Dieu monſtra telz ſignes
et miraclesSur pauillons / tentes / et
tabernacles[4565]Ceſt aſſauoir en l
oſt de ChildebertEt du nepueu auſſi
Theodebert Car tout ſoudain en icelle iourneeQue ia eſtoit la bataille oꝛdonneeQuoyque le temps feuſt
coy / paiſible et cler[4570]Fouldꝛe du ciel / tonnerre et foꝛt eſclerSi aſpꝛement tumberent et tonnerrentQue les cheuaulx et gentz foꝛt eſtonnerentMiracle en loſt des deux roys Childebert et Theodebert.En laer y eut gꝛandz
alterationsCar eolus / les
choꝛuſcations[4575]De Aquarius ſoufloit a la
trauerſeQue
oncques ne fut tempeſte
plus
diuerſeGꝛeſle a monceaulx foꝛte et dure ſingloitQui tellement
genſdarmes aueugloitQue pluſieurs deulx / (comme
paour
gentz atterre[4580]Furent contrainctz mectre le nez a terreHarnois rompuz / cheuaulx effarouchezDonnerent loꝛs telle frayeur aux chiefzQue
leurs ſubiectz voyans feu du
ciel fondꝛe
Cuyderent tous abiſmer et
confondꝛe[4585]Ce fut gꝛand cas /.
Car
ſur les
oſtz des deuxOncle et nepueu / fiſt temps ſi tres hideuxTrouble et obſcur / que a peine on
voyoit goutteEt ſur celluy de Clotaire /
oncques goutte
Nen
degoutta /.
Cela rendit
paoureux[4590]Iceulx penſans dieu neſtre pas pour eulxEt veyꝛent bien
en
la ſignifianceQue a leur gꝛand toꝛt fut ceſte deffiancePar quoy ſans plus autre terme querirPꝛindꝛent aduis la paix loꝛs requerir[4595]A ces moyens vers Clotaire enuoyerentAmbaſſadeurs
/ qui ne ſe foꝛuoyerentCar tout ainſi quilz ſceurent
recoꝛderPaix entre Theodebert /
Childebert et Clotaire.Fo CPar leur demande / il voulut accoꝛderEn lieu
de
hayne et
fiere violance[4600]Signe monſtra dhumble begniuolanceCe doibt on croyꝛe
a
la petitionSaincte pꝛiere et interceſſionDe ceſte bonne et catholicque dameAuoir eſte /.
Par vne
deuote ame[4605]Souuenteſfois Dieu amoliſt les
cueursEt en doulceur mue toutes rigueursDoncques / apꝛes ceſte guerre odieuſePaix leur
donna
chanſon melodieuſe Apꝛes debat de fiere auſterite[4610]Amour
entra
en plaine auctoꝛite Vraye vnion chaſſa toute rancuneEt ſen alla chaſcun
en ſa chaſcune
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TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) et son
oncle ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) font guerre à
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
§S'ensuyt comment
ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) fist prïereDevotement à sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe de ToursPour ses enfans, mectans par faulx destours,Guerre en avant et concorde en
arriere.
[4505]L'oncle et nepveu, d'hostilles appareilz,Communs en foy et de force pareilz,Fort equippez,+me [BnFfr4967] menacerent ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) ,Par grand furie+fierté [BnFfr17274] et felonnie austere.Luy, d'autre part, congnoissant leur vouloir,[4510]N'eut en ce cas paresseux
nonchalloir,Mais renforça tellement son armeeQu'il tint contre eulx oppinïon fermee+fromee [Aix419]Bien resister à la contentïonDe leur perverse et lasche intentïon.[4515]Se l'un fut chault, l'autre eut bruslant+
couraige ;Se+Le [BnFfr4967] l'un s'esmeut, l'autre s'enfla de raige ;Se l'un mect+
myct [Aix419, Vat966, Cha514] ;
mist [BnFfr17274, BnFfr5299] ;
mit [BnFfr23145]
sus gens d'armes couraigeux,L'autre ne
quist souldardz moins+mains [Aix419] oultraigeux.Et par ainsi l'un à+
et [BnFfr17274, Cha514] ;
et [Aix419]
l'autre appareille[4520]Sert+Sorte [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514]Secte [BnFfr23145]Serte [BnFfr4967] de metz esgal pour la pareille1.Or, au plus tost que ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) entenditCeste nouvelle, une heure n'actenditClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) prie sainct
MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe pour ses enfansDedans Paris ; mais de fervent couraige,À
Tours, courut
implorer le suffraige+fuffraige [BnFfr17274][4525]De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397)Saint catholique et orthodoxe, glorïeux confesseur,Pensant au sien merite, qu'on fait seurPeril doubteux.
Genoulx flechiz, mains joinctes,Les yeulx au ciel distillans larmes maintes,Et cueur plongé au+à [BnFfr17274] grand lac de soucy,[4530]Fit sa prïere en ceste sorte icy :
§
« Amy de DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme,
je te supply, regardeCelle qui soubz la tienne
sauvegardeA tousjours
quis+qu'ilz [BnFfr4967] secours, ayde et support.Helas, Seigneur, or me+ne [Aix419] voy je sur port[4535]D'afflictïon, preste d'entrer au havreTrés angoisseux qui cueurs contristez navre+contrictz navre [BnFfr23145] !Je veoy ceulx là que en mes
flans ay portez,L'un contre l'autre oultre
loy transportezDe fraternelle amoureuse
nature ![4540]Sang contre sang si fort
se desnatureQue l'un vouldroit l'autre
à dur ply renger,Pire que nul ennemy
estranger !Je, fortunee, afflicte et
triste mere,Veoy aujourd'uy l'orde et
vile chimere[4545]Guerre sur piedz+pied [BnFfr17274], pour rendre ceulx deffaitzQue ay enfantez ! Or sçay je qu'ilz ont faictzPlusieurs grandz maulx. Par quoy DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme veult permectreOraison de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511)
pour mectre paix entre ses enfansMortelle playe à
eulx celle part mectre.Las, chier seigneur, te plaise interceder[4550]Pour moy, vers luy, que sans plus procederL'un contre l'autre à+et [Aix419]et [BnFfr4967] si cruelz oultraiges,Son plaisir soit amollir
leurs couraiges,Et demonstrer par signes
evidentzQue pour leur crime ont ces lourdz accidentz.[4555]Luy plaise aussi, à ta prïere,
duyreHayne en amour, et si bien les
reduyreÀ bonne paix de conjoincte
unité,Que desormais la leur
fraternitéNe soit par
dol
enuieux2 separee,[4560]Mais d'amytié loyalle soit paree3. »§Croyre debvons que la sienne oraisonFut exaulcee, et à bonne raison,Quant DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme monstra telz signes
et miraclesSur pavillons, tentes et tabernacles,[4565]C'est assavoir en l'
ost de ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Et du nepveu aussi+Et à celluy du
nepveu [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299]+
dit [Cha514] ;
dict [BnFfr17274]
TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) . Car tout soudain, en icelle journeeQue ja estoit la bataille ordonnee,Quoyque le temps feust coy, paisible et cler,[4570]Fouldre du ciel, tonnerre et fort esclerSi asprement tumberent et tonnerrentQue les chevaulx et gentz fort estonnerent.Miracle en l'ost des deux roys ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) En l'aer y eut grandz alteratïons+altercatïons [Cha514],Car EolusÉolePersonnage de la mythologie grecque, fils d'Hippotès et maître des
vents les choruscatïons[4575]De AquarïusAquariusDivinité marine soufloit à la
traverse,Que
oncques ne fut tempeste plus+sy [BnFfr17274, Cha514]si [Aix419]
diverse.Gresle à monceaulx, forte et dure, singloit,Qui tellement gens d'armes aveugloitQue plusieurs d'eulx, comme paour+pour [Vat966] gentz atterre,[4580]Furent contrainctz mectre le nez à terre.Harnois rompuz, chevaulx effarouchezDonnerent lors telle frayeur aux chiefzQue leurs subjectz, voyans feu du ciel fondre,
Cuyderent tous abismer et
confondre.[4585]Ce fut grand cas,
car+car [Vat966] sur les
ostz des deuxOncle et nepveu fist temps si trés hideux,Trouble et obscur, que à peine on voyoit goutte,Et sur celluy de ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) ,
oncques goutte N'en
degoutta4.
Cela rendit paoureux[4590]Iceulx, pensans DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme n'estre pas pour eulx,Et veyrent bien en la signifïanceQue à leur grand tort fut ceste deffïance,Par quoy sans plus autre terme querir,Prindrent advis la paix lors requerir.[4595]À ces moyens, vers ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) envoyerentAmbassadeurs qui ne se forvoyerent,Car tout ainsi qu'ilz sceurent
recorder,Paix entre TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548)Roi des Francs de Metz (534-548) ,
ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) Par leur demande, il voulut accorder.En lieu de+et à [BnFfr4967] hayne et fiere vïolance[4600]Signe monstra d'humble begnivolance.Ce, doibt on croyre, à+en [Vat966] la petitïon,Saincte prïere et intercessïonDe ceste bonne et catholicque dameAvoir esté.
Par une devote ame,[4605]Souventesfois DieuDieuConcept de Dieu dans le christianisme amolist les
cueursEt en doulceur mue toutes rigueurs5.Doncques, aprés ceste guerre odïeuse,Paix leur donna+sonna [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514] chanson melodïeuse ;Aprés debat de fiere austerité,[4610]Amour entra+rentra [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, BnFfr4967, Cha514] en plaine auctorité ;Vraye unïon chassa toute rancune,Et s'en alla chascun en sa chascune67.
Ce passage, qui amplifie l'information donnée aux v.
4492-4494 sans apporter d'élément tangible, s'appuie sur les
GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148) :
« Li rois Childeberz, qui le siege de son roiaume tenoit à
Paris, manda au roi Thodebert son neveu que il apareillast son
ost pour lui aidier encontre son frere le roi Clothaire. Cil
fist si com li manda ; leur oz joinstrent ensemble et firent
moult grant apareil pour grever le roi Clothaire. »
Nous lisons « enuieux » et non pas
« envïeux » ; même si Guillaume Cretin utilise
habituellement l'orthographe « ennuyeux », il emploie
par contre systématiquent envieux comme un substantif et
jamais comme un adjectif. Or, ici le terme sert
d'adjectif pour dol. Il nous semble donc plus pertinent
de lire « enuieux ».
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIv : « Ceste chose congneue,
et Paris delaissé, Clotilde s'en alla à Tours. Larmoyant,
entra dedans l'eglise Sainct Martin. Pria ceste religieuse
femme le benoist confesseur qu'il luy pleust axaulcer son
oraison et ne permettre les freres roys ses enfans guerroyer
et affliger l'un l'autre. Et jaçoit qu'ilz fussent maculez
et deturpez de plusieurs vices dignes de griefve punition,
garde toutesvoyes et pourvoye à ce que enragez et hors de
tout bon entendement ne mettent en oubly leur
fraternité. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148-149) :
« Uns mes vint à leur mere la bone roine Crotilde, qui
à Paris demoroit, si li dist que si fil apareilloient granz
oz et granz forces de gent pour destruire li uns l'autre. La
mere, qui entendi que si enfant avoient conceu tel felonnie
en leur cuers li uns contre l'autre, et que il voloient
destruire iaus et leur genz par occisions, out grant doleur
à son cuer selonc la trendreur de mere. À Tors ala
hastivement, devant le cors monseigneur saint Martin
s'estendi en oureson,en granz souspires et en grant effusion
de lermes ; sa proiere fist à Dieu et au cors saint en tels
paroles : « O Diex Jhesu Crist, qui les descordables
cours des elemenz concordes et joinz ensemble par sainte
conjonction, les II freres qui sont desjoint par le mal
de discorde fai repairier en limite de pais selonc le
droit de nature. Sire, je te prie que ce ne me nuise pas
se je ai portez et enfantez tels enfanz qui sont de si
grant cruauté que il n'espargnent li uns l'autre ne ne
cognoissent parent ne ami. Il ont ocis leur oncles, il
ont estranglez leur neveuz, et ja soit ce que il aient
tant de maus faiz, je ne cuidasse mie que leur
forsenerie les menast à ce que il obliassent leur
fraternité et l'amor de nature. Biaus sires Diex, peres
puissant qui es juges et actors de nature, je te prie
que tu metes pais et amor entre les freres germains, et
touz ciaus qui troublent pais et concorde espoante par
ta puissance. » »
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XIv : « L'on peult croyre
que par l'oraison et intervention de l'evesque et amy de Dieu
sainct Martin les freres retournerent à benivolence et amityé,
car comme les deux armees prestes à batailler ne fussent loing
l'une de l'autre, soudainement vint la pluye, tonnant le ciel
trop espouentablement et les vents trés apres et horribles
souflans de tous costez et par telle tempeste furent les gens
d'armes de Childebert et Thildebert rompuz et brisez qu'il ne
leur demoura harnoys ny armures fors seullement le bouclier.
Prosternez contre terre leurs robbes et cottes d'armes decirez,
croyent de certain que ce fust leur dernier jour. Davantaige des
chevaulx fuians loing, peu en furent recouvers, et aux roys
mesmes le feu du ciel qui continuellement resplendisoit par
ardante fulguration donna telle frayeur qu'il cuidoient brusler
avbec leurs tentes, combien qu'en ceste tempeste nulle
procellosite et goutte de pluye attocuha les gens d'armes de
Clotaire. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 149-150) :
« Nostre Sires oï la proiere de la sainte dame, car tout
maintenant commença à toner en cele partie où li ciex estoit
plus clers et plus nez. Li rois Clothaires, qui bien vit que il
n'avoit pas gent pour assembler ne pour soustenir la force des
II rois si puissant com li estoient, douta le peril ; il s'enfui
en Orlenois, à une vile qui a non Combrons, jusques à tant que
ses freres fust apeisiez vers lui en aucune maniere et que ses
oz fust creüz et enforciez de sa gent qui venir devoient, et
d'autre secors que il attendoit de jor en jor ; mais la plus
granz esperance que il eust estoit en la vertu Nostre Seigneur.
Lors mostra bien Nostre Sires que il avoit receues les proieres
leur mere, car là où li dui roi et leur ost estoient logié, uns
tonerres leva soudainement, qui dona si horribles escrois, que
tuit li ost en furent espoanté. Lors commença à plouvoir trop
habundamment, foudres et tempestes à chaoir si menuement et si
redement, li venz à venter si forment, que il esrachoient les
paveillons et esparpeilloit les chevaus en divers lieus ; li
chevalier n'avoient defense contre la pluie et contre les cops
de la tempestes fors que des escuz dont il se couvroient. Il se
couchierent tuit à terre en grant paor et en grant devotion, et
prierent à Nostre Seigneur que il les espargnast et que il ne
preist pas d'iaus la venjance que il avoient deservie par leur
mesfaiz. PLus granz miracles fu, que en cele partie où li oz
Clothaire estoit logiez ne venta point ne ne chaï goute d'iaue,
ne nus signes d'espart ne de tonerre n'i aparut. »
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIv-XIIr :
« Par ce merveilleux et espouentable signe entendoient les
roys droictement l'ire de Dieu estre exercee pource qu'ilz
avoient pensé par bataille destruire leur frere innocent. À
ceste cause les embassadeurs envoyez à Clotaire vouluntairement
promisrent paix, laquelle donnee et confermee d'ung chosté et
d'aultre, chascun s'en alla. Ces choses je trouve avoir esté
faictes au champ d'Orleans vers le villaige de Combre. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 151) : « Li
dui roi, qui là estoient venu pour tout confondre, envoierent
maintenant leur messages au roi Clothaire pour requerre pais et
concorde perpetuel. Li rois Clothaire leur otroia volentiers ;
lors departirent leur oz en amor et en pais, et repaira chascuns
en sa contree. En tel maniere furent li enfant sauvé et garenti,
il et leur genz, dou peril de mort par la proiere de leur devote
mere, ne ne souffri pas Nostre Sires que il acomplisissent leur
felonie que il avoient conceue. De ceste chose furent lié tuit
cil qui amoient pès et concorde entre les II
freres. »
Ce passage, qui amplifie l'information donnée aux v.
4492-4494 sans apporter d'élément tangible, s'appuie sur les
GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148) :
« Li rois Childeberz, qui le siege de son roiaume tenoit à
Paris, manda au roi Thodebert son neveu que il apareillast son
ost pour lui aidier encontre son frere le roi Clothaire. Cil
fist si com li manda ; leur oz joinstrent ensemble et firent
moult grant apareil pour grever le roi Clothaire. »
Nous lisons « enuieux » et non pas
« envïeux » ; même si Guillaume Cretin utilise
habituellement l'orthographe « ennuyeux », il emploie
par contre systématiquent envieux comme un substantif et
jamais comme un adjectif. Or, ici le terme sert
d'adjectif pour dol. Il nous semble donc plus pertinent
de lire « enuieux ».
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XIv : « Ceste chose congneue,
et Paris delaissé, Clotilde s'en alla à Tours. Larmoyant,
entra dedans l'eglise Sainct Martin. Pria ceste religieuse
femme le benoist confesseur qu'il luy pleust axaulcer son
oraison et ne permettre les freres roys ses enfans guerroyer
et affliger l'un l'autre. Et jaçoit qu'ilz fussent maculez
et deturpez de plusieurs vices dignes de griefve punition,
garde toutesvoyes et pourvoye à ce que enragez et hors de
tout bon entendement ne mettent en oubly leur
fraternité. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 148-149) :
« Uns mes vint à leur mere la bone roine Crotilde, qui
à Paris demoroit, si li dist que si fil apareilloient granz
oz et granz forces de gent pour destruire li uns l'autre. La
mere, qui entendi que si enfant avoient conceu tel felonnie
en leur cuers li uns contre l'autre, et que il voloient
destruire iaus et leur genz par occisions, out grant doleur
à son cuer selonc la trendreur de mere. À Tors ala
hastivement, devant le cors monseigneur saint Martin
s'estendi en oureson,en granz souspires et en grant effusion
de lermes ; sa proiere fist à Dieu et au cors saint en tels
paroles : « O Diex Jhesu Crist, qui les descordables
cours des elemenz concordes et joinz ensemble par sainte
conjonction, les II freres qui sont desjoint par le mal
de discorde fai repairier en limite de pais selonc le
droit de nature. Sire, je te prie que ce ne me nuise pas
se je ai portez et enfantez tels enfanz qui sont de si
grant cruauté que il n'espargnent li uns l'autre ne ne
cognoissent parent ne ami. Il ont ocis leur oncles, il
ont estranglez leur neveuz, et ja soit ce que il aient
tant de maus faiz, je ne cuidasse mie que leur
forsenerie les menast à ce que il obliassent leur
fraternité et l'amor de nature. Biaus sires Diex, peres
puissant qui es juges et actors de nature, je te prie
que tu metes pais et amor entre les freres germains, et
touz ciaus qui troublent pais et concorde espoante par
ta puissance. » »
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. XIv : « L'on peult croyre
que par l'oraison et intervention de l'evesque et amy de Dieu
sainct Martin les freres retournerent à benivolence et amityé,
car comme les deux armees prestes à batailler ne fussent loing
l'une de l'autre, soudainement vint la pluye, tonnant le ciel
trop espouentablement et les vents trés apres et horribles
souflans de tous costez et par telle tempeste furent les gens
d'armes de Childebert et Thildebert rompuz et brisez qu'il ne
leur demoura harnoys ny armures fors seullement le bouclier.
Prosternez contre terre leurs robbes et cottes d'armes decirez,
croyent de certain que ce fust leur dernier jour. Davantaige des
chevaulx fuians loing, peu en furent recouvers, et aux roys
mesmes le feu du ciel qui continuellement resplendisoit par
ardante fulguration donna telle frayeur qu'il cuidoient brusler
avbec leurs tentes, combien qu'en ceste tempeste nulle
procellosite et goutte de pluye attocuha les gens d'armes de
Clotaire. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 149-150) :
« Nostre Sires oï la proiere de la sainte dame, car tout
maintenant commença à toner en cele partie où li ciex estoit
plus clers et plus nez. Li rois Clothaires, qui bien vit que il
n'avoit pas gent pour assembler ne pour soustenir la force des
II rois si puissant com li estoient, douta le peril ; il s'enfui
en Orlenois, à une vile qui a non Combrons, jusques à tant que
ses freres fust apeisiez vers lui en aucune maniere et que ses
oz fust creüz et enforciez de sa gent qui venir devoient, et
d'autre secors que il attendoit de jor en jor ; mais la plus
granz esperance que il eust estoit en la vertu Nostre Seigneur.
Lors mostra bien Nostre Sires que il avoit receues les proieres
leur mere, car là où li dui roi et leur ost estoient logié, uns
tonerres leva soudainement, qui dona si horribles escrois, que
tuit li ost en furent espoanté. Lors commença à plouvoir trop
habundamment, foudres et tempestes à chaoir si menuement et si
redement, li venz à venter si forment, que il esrachoient les
paveillons et esparpeilloit les chevaus en divers lieus ; li
chevalier n'avoient defense contre la pluie et contre les cops
de la tempestes fors que des escuz dont il se couvroient. Il se
couchierent tuit à terre en grant paor et en grant devotion, et
prierent à Nostre Seigneur que il les espargnast et que il ne
preist pas d'iaus la venjance que il avoient deservie par leur
mesfaiz. PLus granz miracles fu, que en cele partie où li oz
Clothaire estoit logiez ne venta point ne ne chaï goute d'iaue,
ne nus signes d'espart ne de tonerre n'i aparut. »
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XIv-XIIr :
« Par ce merveilleux et espouentable signe entendoient les
roys droictement l'ire de Dieu estre exercee pource qu'ilz
avoient pensé par bataille destruire leur frere innocent. À
ceste cause les embassadeurs envoyez à Clotaire vouluntairement
promisrent paix, laquelle donnee et confermee d'ung chosté et
d'aultre, chascun s'en alla. Ces choses je trouve avoir esté
faictes au champ d'Orleans vers le villaige de Combre. »GCF, liv. II, chap. 14 (vol. 1, p. 151) : « Li
dui roi, qui là estoient venu pour tout confondre, envoierent
maintenant leur messages au roi Clothaire pour requerre pais et
concorde perpetuel. Li rois Clothaire leur otroia volentiers ;
lors departirent leur oz en amor et en pais, et repaira chascuns
en sa contree. En tel maniere furent li enfant sauvé et garenti,
il et leur genz, dou peril de mort par la proiere de leur devote
mere, ne ne souffri pas Nostre Sires que il acomplisissent leur
felonie que il avoient conceue. De ceste chose furent lié tuit
cil qui amoient pès et concorde entre les II
freres. »