Cretin entame ce chapitre en proposant une entrée en
matière dont le lexique est inspiré du récit très bref que donne
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. Xr de l'épisode dans son ensemble : « À cestuy Clovemyre
advint depuis maulvaise fortune, car congnoissant que Gondebault
pretendoit l'empire des Bourguinons, remist sus une aultre
gurrre [sic], mais ainsi que loing de ses gens poursuyvoit son
ennemu jaçoit qu'il fust espouentable de ses yeulx aspres et
ireux et de son visaige menassant, encloz et environné de
plusieurs ses ennemys et attaint de toutes pars de darcs et de
traictz, le roy trés vaillant batailleur occis porta la peine de
sa temerité. »
Cretin entame le récit de l'événement proprement dit
en s'inspirant des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p.
99-100) : « Li rois Clodomires, qui ocire le fist, ne s'esjoï
pas moult longuement de sa mort, car en l'an qui après vint il
entra derechief en Borgoigne à grant ost pour la terre gaster.
Li rois Godinaires vint contre lui à bataille desiranz à
venchier la mort son frere. » L'orthographe du nom de
Godomar III privilégiée par Cretin vient de la deuxième ou de la
troisième parmi les anciennes éditions des GCF, qui
écrivent : « le roy Godinaire » (Bonhomme, vol. 1, vue
48b) ; « le roy Gondinal » (Vérard, vol. 1, fol.
[XVII]va) ; « le roy Gondinal » (Eustace, vol. 1, fol.
XIIIva).
En bon conteur, Cretin sollicite
explicitement l’imagination de ses lecteurs/auditeurs afin de
représenter avec enargeia une
nouvelle bataille.
Voir la
note du v. 3149.
Ce passage
dans lequel Cretin fait appel à l'imgination de ses lecteurs et
auditeurs est une originalité vis-à-vis de ses deux sources
principales.
Cretin amplifie le récit des GCF,
liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100) : « d'une part et d'autre se
combatirent forment, mais à la parfin li Borguegnon, qui pas ne
pourent soustenir la force des François, s'abandonerent à
fuir. »
Ce long récit du dernier combat de Clodomir
est inspiré des GCF, liv. II, chap. 1 (vol.
1, p. 100-101) : « Li rois Clodomires, qui fu bien
armez, hardiz et encoragiez pour la victoire, les
enchauça plus hardiement que il ne dut ; il trespassa
toutes les compagnes de ses anemis, ensi com li
destriers le tresporta. Quant il le virent tout seul eu
milieu d'aus et esloignié de sa gent, il li lancierent
dars et gaveloz de loinz, car seulement li semblanc et
la fiertez de sa contenance et la renomée de sa proece
espoantoit si durement ses anemis, que nus n'osoit
aprochier pour lui ferir de près, mais puis que il se
vit enclos entre ses anemis et il ne vit secors ne aide
de nule part, il mist le remede de sa vie en sa seule
vertu ; il se retorna vers ses anemis, pour se moula es
armes et s'acesma pour combatre. Tandis com il estoit en
ce point, il commença à penser se il retorneroit à sa
gent ou se il se plungeroit entre ses anemis, mais
honte, qui vainqui toute paor, li amonesta que il ne
retornast : le destrier hurta des esperons, puis se feri
ou plus dru de ses adversaires. Le premier que il
encontra ocist ; tantost fu avironnez, tant le ferirent
de lances et d'espées parmi les costez que il le ruerent
mort. » Cretin ignore la conclusion de l'épisode :
« Chevaliers fu hardiz et preuz, mais poi fu sages
; vengierres des injures sa mere fu tant com il
pout. »
GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p.
101) : « Quant François sourent que leur sires fu ocis, il ne
s'enfuirent pas ausi comme autres nations eussent fait, ençois
enchaucierent les Borguegnons et en occistrent grant partie. En
France retornerent quant il ourent la terre gastée. » À
partir d'ici, [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xr propose à nouveau un texte parallèle
: « Le roy perdu, les Françoys nullement espouentez,
persevererent de venger la mort de leur seigneur, car si
vaillans se monstrerent que plusieurs occirent et mirrent en
fuytte les Bouguignons, pillerent et bruslerent tous les champs
et villaiges du pays et circonvoysins. »
Cretin ignore le sort de la veuve de Clodomir évoqué
par les GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) :
« Li rois Clothaires prist en garde la roine Gondealque qui
out esté fame son frere. La roine Crotilde prist ses neveuz
Theodoalt, Gont[ier] et Clodoalt; si les norri en autel amor et
en autele affection come mere norrist ses enfanz. »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. Xr : « Clovemyre avoit trois enfans masles, c'est assavoir
Thidouault, Gontier et Cloud, lesquelz aprés la mort de leur
pere retint Clotilde avec soy pour les nourrir. »
L'insistance de Cretin sur la source qu'il utilise ici tient
peut-être au fait que les noms des trois fils de Clodomir étaient
très défigurés dans la principale source de la Chronique
française pour ce passage. Les éditions anciennes des
GCF écrivent en effet : « La royne Crotilde
prinst ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac »
(Bonhomme, vol. 1, vue 49a) ; « La royne Crotilde print ses
nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Vérard, vol. 1,
fol. [XVII]vb) ; « La roine Crotilde print ses nepveux
Chondrac, Gontier et Clodoac » (Eustace, vol. 1, fol.
XIIIva).
Cretin débute ici un récit qui fait seulement
l'objet d'une mention des les GCF, liv. II, chap. 5
(vol. 1, p. 114), insérée après trois chapitres consacrés à d'autres
espaces géographiques : « Tens est de retorner à l'ordre de
nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes
choses incidenz qu droitement ne sont pas de l'ystoire. Quant li
rois Clodomires qui estoit li ainznez des III freres fu ocis,
ensi com vous avez oï, li autre dui freres Clothaires et
Childeberz assemblerent leur oz et entrerent en Borgoigne pour
la mort leur frere vengier. » Chez [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr, comme
dans la Chronique française, ce récit fait
immédiatement suite à la mention des enfants de Clodomir : « La
mort de Clovemyre annoncee, Clotaire et Childebert, pour venger
la mort de leur frere, preparerent une armee et s'en allerent en
Bourgongne. »
La modification du texte portée
sur le manuscrit royal vise probablement à supprimer un hiatus
(entre "desnué" et "et").
Couper les oreilles était
une peine alors infligée aux voleurs.
Une version de ce
dicton existe encore en anglais contemporain : Beggars
can't be choosers.
Toute cette description d'une mauvaise armée est une originalité de
Cretin vis-à-vis de ses deux sources principales.
Le récit de cette
bataille est une invention de Cretin.
La faible valeur de l'oignon
était alors pratiquement proverbiale (voir par exemple Martin Le
Franc : « Et celle ne vault ung oignon » (Le Champion des
dames, éd. R. Deschaux, Paris, Champion, 1999
[1440-1442], t. 2, p. 150).
Cretin s'inspire
ici de la conclusion de l'épisode chez [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. Xv, qui fait
immédiatement suite à l'annonce de la campagne des deux rois :
« Gondemare chacé, sa femme apprehendee et mise en
captivité, jouyrent de toute Bourgongne. »
GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114) : « Il
chacierent le roi Godinaire et pristrent le roiaume de Borgoigne
et le souzmistrent à leur seigneurie. » L'orthographe du
nom de Gondomar III plébiscitée par Cretin ne correspond pas à ce
qu'il trouvait dans les éditions anciennes des GCF
ici : « le roy Godemaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 54a) ;
« le roy Godemaire » (Vérard, vol. 1, fol. XXra) ;
« le roy Gondemaire » (Eustace, vol. 1, fol. XVrb).
Cretin s'en est donc tenu ici à l'orthographe qu'il avait choisie au
v. 3753, sans se soucier des variations de sa source. Cretin ignore
la suite et fin du récit dans les GCF : « Un
frere avoient [Clotaire et Childebert] qui avoit non Theoderis ;
de bast estoit, car li forz rois Clodovées l'avoit engendré de
soignant. En cele bataille ne vout aidier à ses freres, pour ce
que il avoit espousée la fille au roi Sigifraunt, qui estoit
niece le roi Godinaire. »
L'insertion de cette morale ici est
une originalité de Cretin vis-à-vis de ses deux sources
principales.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514 failloit
BnFfr17274, Aix419, Vat966 om.
BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514 les
Vat966, Cha514 Feit d'esperons ;
BnFfr17274 Feist d'esperons ;
Aix419 Feyt d'esperons
BnFfr17274, Vat966, Cha514 hennyr ;
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299 hennir
BnFfr17274 bout
BnFfr23145 boul
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 deust
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 fort se
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 homme ;
BnFfr17274
homme
BnFfr17274 qu'il l'ozast
Aix419
qu'il ozast
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Cha514, Vat966 il
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966 ceste
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966 tous
BnFfr17274 Leurs appetiz ;
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966 Leurs appetitz
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 et rendu ;
Aix419
et rendu
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Il
Non num.
BnFfr2817 leçon rejetée
BnFfr23145, Aix419 portoit
BnFfr17274, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 escornifle ;
BnFfr23145, Cha514 escorniffle
BnFfr17274, Aix419 Alla ainsy
BnFfr17274, Cha514 terre et
Aix419, Vat966, Cha514 de