§Le conte dit comme Clodomire eutCombat ſecond au meſme territoyreEt non obſtant quil obtint la victoyre.[3740]Ce neanmoins / par ſa faulte y mourut.
§Chapitre. xxi.
Clodomire fait guerre a Gondinal en bourgongne.Lannee apꝛes refreſchit ClodomirePlaye en Bourgoīgne /. et ne poᷣueut de mirePour ſa ſante /. car la encōbatantVerge poꝛta /. dōt on le alla batant[3745]On dit de luy auoir en tout paſſaigeEſte moult pꝛeux / cheualier /. mais peu ſaigeSi furieux fut il au regarderLuy courrouce / quil falloitſe garderDe lappꝛoucher / tant eſtoit redoubtable[3750]Farouche / fier / et foꝛt eſpouentableLuy non content du degaſt que auoit faitSur bourguignōs /. et leur pꝛince deffaitSi gondinal frere de sigiſmondeNe rend occis / eſſarte et tout eſmonde[3755]Les bꝛanches / troncz / et racines de ceulxPar qui ſa mere a dueil ſi angoiſſeuxEt a iure / quelle en ſera vengeeEt la bourgongne a ſon plaiſir rengeePietons marcher / fit et cheueaulx bꝛocher[3760]Des eſperons / pour ſouldardz appꝛocher§Quant gondinal ſceut lardeur enflammeeDe clodomire /. et que a puiſſante armeeVenoit ſur luy /. tantoſt fiſt ſon amaſtPour lencontrer /. diſant que bien aymaſt[3765]Venger la moꝛt de ſon frere /. Car elleBataille des francoys et des bourguignons.Fo LXXXIIILuy ſembloit trop exceſſiue et cruelleTout ſuppoſe ce quon doibt ſuppoſerEt comme en guerre on ſe peult diſpoſerComme au ſoleil on voit harnoys reluyꝛe[3770]Comme cheuaulx ſcauent hanir et bꝛuyꝛeComme en voyant tant de lances deboutSemblent foꝛeſtz / comme aux vngs le cueᷣ.boultQui de charger petillent / tant ſont ſaffresEt comme auſſi ont aulcuns telles affres[3775]Que a peine ont ilz ſens / couraiges / ne cueursEulx penſer veoir des ennemys vaincueursOn peult bien dire en ceſt affaire / que hommesAinſi paouureulx font de ſauuaiges commesComme on diroit / ceulx qui au reſtiuer[3780]Le chault deſte craignent /. et froid dyuer§Oꝛ pour parler de la pꝛemiere chargeLoſt des francois donna telle deſchargeSur bourguignōs /. que aux enſeignes bꝛanſlerAſſez ſembla que tout deuſt mal aller[3785]Et ſi fiſt il / au deſtroit /. car iacoit ceQue au rallier / quelque heure on ne cōgnoiſſeLequel des deux doibt auoir le meilleurCar ſi francois leur pꝛoueſſe et valleurMonſtrerent loꝛs / et les autres batirent[3790]Eulx vaillamment auſſi ſe combatirentClodomire en bataille enuironne des bourguignons.Mais en la fin comme foꝛce departEt fait tourner les plus foibles a partPareillement comme la continueAbat les gentz /. plus neurent de tenue[3795]Les bourguignons / et pour eulx deſtournerFoꝛce leur fut le derriere tournerLoꝛs clodomire vne bende pourchaſſeQuil voit fouyꝛ / et luy donne la chaſſePlus chauldement beaucoup quil ne debuoit[3800]Car quant et luy hommes des ſiens nauoitAinſi courant /. ſans ſe donner de gardeSe ſuyte auoit / a lenuiron regardeSans homme veoir / ſinon ſes ennemysEt eulx voyans luy ſeul entour eulx mys[3805]Incontinant de toute ceſte bendeEnuironne / on luy darde et deſbendeDardz / iauelotz / et autres legiers traictzVoire de loing /. Car il eſtoit ſi tresHideux a veoir / et tenoit oꝛdonnance[3810]De ſi hoꝛrible et fiere contenanceQue homme neſtoit qui loſaſt appꝛocherIl ſe mōſtroit ferme comme vng rocherQuant il aduient que la mer fluctueuſeGecte ſur luy quelque vnde impetueuſe [3815]Il la repouſſe / et ſcet bien maiſtrierClodomire fut des bourguignons en bataille occis.Fo LXXXIVAinſi eſtoit ferme ſur ſon deſtrierSoy congnoiſſant enclos en ceſte trouppeOuure les yeulx / et aureilles deſtouppeSi not ne voit hommes des ſiens qui viengne[3820]Dont foꝛt perplex / quil ne ſcet que deuiengneOu ſi deuers ſes gentz ſe rengeroitOu ſi au ſang de ceulx ſe plongeroitQui de ſa moꝛt ſcet auoir bonne enuieEt loꝛs il miſt tout leſpoir de ſa vie[3825]Au ſeul hazard de la ſienne vertuEt nextima la moꝛt pas vng feſtuCar honte vint qui vaincquit toute craincteLadmonneſtant ne doubter ceſte eſtraincteLoꝛs le cheual des eſperons heurta[3830]Et au plus dꝛudennemys ſe gectaTant ſe moula aux armes de ceſt erreQuil en rua cinq ou ſix moꝛtz / par terreMais entre tant ne peult vng ſeul durerIl ne luy fut poſſible dendurer[3835]Les ſi gꝛandz coups /. que apꝛes telles vaillancesNe feuſt occis entre picques et lances§Quant les francois ſceurent la moꝛt du royNon pour cela furent en deſarroyMais tindꝛent loꝛs oꝛdꝛe ſerree et ioincte[3840]Et ſi tres bien pourſuyuirent leur poincteClotaire et Childebert font guerre a Gondinal.Que bourguignons ſuccumbez ſoubz le fexRendirent tous fuytifz / moꝛtz et deffaictzCe poinct vuyde / et bourgongne traicteeA la rigueur pillee et degaſtee[3845]Toute larmee en france retournaLe cas congneu /. Clotilde gouuernaLes troys enfans Clodomire auecq elleEn vraye amour de paiſible tutelleEt les ayma de cueur ferme et entier[3850]Leurs pꝛopꝛes noms ſont Thidouault /. GontierEt Cloud / Ainſi Gaguin renomme hommeEn ſa cronicque expꝛeſſement les nomme§Les roys Clotaire / et Childebert / SachansLeur frere moꝛt /. ſe gecterent aux champs[3855]Car le deſir de vengeance alla poindꝛeLeur appetit / pour acheuer de paindꝛeToute bourgongne /. et au roy GondinalCloꝛre le pas de ſon regne finalLuy deſpourueu des choſes neceſſaires[3860]Dont on reſiſte aux puiſſantz aduerſairesTout affoybli tant de gens que dargentFoꝛt deſnue / Rendu tout indigentMoult ſouffreteux / et malheureux en guerreNe ſceut la part aller ou ſecours querre[3865]Si aſſembla vng gꝛand tas de paillardzQuelz gens aſſembla Gondinal contre les roy francois.Fo LXXXVAuanturiers / gens de pieces / feuillardzHappeloppins / ſaquementz / ſacrileigesGens hazardeux / ſilz euſſent trouue pleigesPour le treſoꝛ de Veniſe acheter[3870]Larrons / meurdꝛiers bꝛigans / gens a gecterEn la galee /. Il eut bendes pareillesDont la plus part ne poꝛtent point de aureillesIl eut des gens dont on ne voit que aſſezVielz francz archiers / et gens darmes caſſez[3875]Gens dune ſoꝛte et de ſemblables taillesPour mieulx hanter bouteilles que bataillesIl eut des gens dont cent en quelque coingNe vallent pas enſemble vng coup de poingTel cariaige et notable aſſemblee[3880]Facilement euſt quelque place embleeDe bel aſſault /. pourueu que de haſliersFeuſſent les murs buiſſons et gꝛoiſeliersSe la meſgnee hanequin ne feuſt moꝛteCeſtoit de meſme / ou la fiere cohoꝛte[3885]QuiIeſus Criſt alla de nuyt ſaiſirMais qui empꝛunte il ne peult pas choyſirQui na ne peult / et qui ne peult na foꝛceEntre pouoir et non y a gꝛand toꝛſeMarchantz ſen vont les oſtz de ces deux roys[3890]Pour faire au tiers dommaigeables deſroysChildebert et Clotaire chaſſerent Gondinal de bourgongne.Vng quart venant apꝛes / ce feuſt moꝛnifleOꝛ Gondinal voyant quon eſmoꝛnifleTout ſon pays par exces oultraigeuxMonſtra ſemblant non ſans plus couraigeux[3895]Mais furieux / quant auecq ſa racailleIl ſen alla ſans oꝛdꝛe de batailleMal equippe pꝛendꝛe et tenir les champsLa part / ou ſceut ſes ennemys marchantzQuant on le voit en place marchande eſtre[3900]Incontinent lun des oſtz marche a dextreLautre a ſenextre / et ſe treuue enuahyDes deux coſtez /. Ceſt pour eſtre eſbahyQue fiſt il loꝛs ? Sa bende telle quelleVoyant rompue /. et autres deux / tant que elle[3905]Se feuſſent la / de telle heure tournaQue oncques depuys au lieu ne retournaAu loing chaſſe /. ſa femme pꝛiſonniereEt ſon armee en la foꝛme et maniereQue a petit pꝛis ſe vendent les ongnons[3910]Eurent francoys marche des bourguignonsLes deſſus ditz Childebert et ClotaireTindꝛent bourgongne a eulx pꝛopꝛietaireVilles / citez / chaſteaulx / villaiges / bourgsMys en leurs mains /. quoy quil vint a rebours[3915]Aux habitans /. Par ainſi fut changeeAmaulry ſucceda a ſon pere Alaire es GotzFo LXXXVILa chance leur / et Clotilde vengee
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§Le conte dit comme ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) eutCombat second, au mesme territoyre.Et nonobstant qu'il obtint la victoyre,[3740]Ce neanmoins, par sa faulte, y+il [BnFfr17274, Vat966] mourut.
ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) fait guerre à GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 en BourgongneL'annee aprés, refreschit ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) Playe en Bourgoingne, et ne pourveut de mirePour sa santé car, là en+en le [Vat966]combatant,Verge porta, dont on le alla batant.[3745]On dit de luy avoir, en tout passaige,Esté moult preux chevalier, mais peu saige.Si furïeux fut il au regarder,Luy courroucé+couronné [Vat966], qu'il falloit+ failloit [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514]se garder+regarder [BnFfr4967]De l'approucher, tant estoit redoubtable,[3750]Farouche, fier et fort espouentable1.Luy non content du degast que avoit faitSur Bourguignons, et leur prince deffait,Si+Ce [Aix419]GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534, frere de SigismondeSigismond (475 — 01/05/524)Roi des Burgondes (516-523) et saint chrétien,Ne rend occis, essarte et tout esmonde[3755]Les branches, troncz et racines de ceulxPar qui sa mere a dueil si angoisseux.Et a juré qu'elle en sera vengeeEt la Bourgongne à son plaisir rengee.Pietons marcher fit et+om. [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514]et les [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514] cheveaulx brocher[3760]Des esperons+
Feit d'esperons [Vat966, Cha514] ;
Feist d'esperons [BnFfr17274] ;
Feyt d'esperons [Aix419]
, pour souldardz approcher.§Quant GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 sceut l'ardeur enflammeeDe ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) , et que à puissante armeeVenoit sur luy, tantost fist son amastPour l'encontrer, disant que bien aymast[3765]Venger la mort de son frere, car elleBataille des Françoys et des BourguignonsLuy sembloit trop excessive et crüelle2.Tout+Trop [BnFfr4967] suppose ce qu'on doibt supposer3,Et comme en guerre on se peult+doit [BnFfr23145] disposer,Comme au soleil on voit harnoys reluyre,[3770]Comme chevaulx sçavent hanir et bruyre,Comme en voyant tant de lances deboutSemblent forestz, comme aux ungs le cueurboult+boul [BnFfr23145],Qui de charger+descharger [BnFfr4967] petillent, tant+tout [BnFfr17274] sont saffres,Et comme aussi ont aulcuns+ont [Aix419] telles affres[3775]Que à peine ont ilz+ilz ont [BnFfr17274] sens, couraiges ne cueurs4Eulx penser veoir des ennemys vaincueurs.On peult bien dire en cest affaire que hommesAinsi paouvreulx+pouirreux [Aix419] font de sauvaiges commesComme on diroit+disoit [BnFfr23145] ceulx qui, au restiver,[3780]Le chault d'esté craignent, et froid d'yver5.§Or, pour parler de la premiere charge,L'ost des François donna telle deschargeSur Bourguignons , que aux enseignes bransler,Assez sembla que tout deust mal aller.[3785]Et si fist il, au destroit, car jaçoit ceQue au rallïer quelque heure on ne congnoisseLequel des deux doibt+ deust [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514, BnFfr4967] avoir le meilleur,Car si François leur prouësse et valleurMonstrerent lors et les autres batirent,[3790]Eulx vaillamment aussi se combatirent,ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) en bataille environné des BourguignonsMais en la fin, comme force+fort se [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] departEt fait tourner les plus foibles à part,Pareillement comme la continueAbat les gentz, plus n'eurent de tenue[3795]Les Bourguignons et, pour eulx destourner,Force leur fut le derriere tourner6.Lors, ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) une bende pourchasseQu'il voit fouÿr, et luy donne la chassePlus chauldement beaucoup qu'il+qui [BnFfr17274] ne debvoit,[3800]Car quant et luy hommes+
homme [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
homme [BnFfr17274]
des siens n'avoit.Ainsi courant, sans se donner de gardeSe suyte avoit, à l'environ regardeSans homme veoir, sinon ses ennemys.Et eulx voyans luy seul entour eulx mys,[3805]Incontinant de toute ceste bendeEnvironné, on luy darde et+om. [Vat966] desbendeDardz, javelotz et autres legiers traictz,Voire de loing, car il estoit si trésHideux à veoir, et tenoit ordonnance[3810]De si horrible et fiere contenanceQue homme n'estoit qui l'osast+qu'il l'ozast [BnFfr17274]qu'il ozast [Aix419] approcher.Il se monstroit ferme comme ung rocher,Quant il advient que la mer fluctueuseGecte sur luy quelque unde impetueuse ;+om. [BnFfr4967][3815]Il la repousse et scet bien maistrier.ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) fut des Bourguignons en bataille occisAinsi estoit ferme sur son+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] destrier,Soy congnoissant enclos en ceste trouppe.Ouvre les yeulx et aureilles destouppe+om. [BnFfr4967],Si n'ot+n'oyt [BnFfr17274] ne voit hommes+homme [BnFfr17274, Vat966]homme [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514] des siens qui viengne[3820]Dont, fort perplex, qu'il+ il [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Cha514, Vat966] ne scet que deviengne,Ou si devers ses gentz se rengeroit,Ou si au sang de ceulx+om. [Vat966] se plongeroitQui+Que [BnFfr4967], de sa mort, scet avoir bonne envie.Et lors il+y [BnFfr17274, Vat966] mist tout l'espoir de sa vie[3825]Au seul hazard de la sienne vertu,Et n'extima+n'extime [Aix419] la mort pas ung festu,Car honte vint, qui vaincquit toute craincte,L'admonnestant ne doubter ceste estraincte.Lors le cheval des esperons heurta[3830]Et au plus dru d'ennemys+des ennemys [BnFfr23145] se gecta.Tant se moula aux armes de cest+ceste [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Vat966, Cha514] erreQu'il en rua cinq ou six mortz par terre.Mais +par [BnFfr4967] entre tant ne peult ung seul durer.Il ne luy fut possible d'endurer[3835]Les si grandz coups, que aprés telles vaillancesNe feust occis entre picques et lances7.+om. [BnFfr4967]§Quant les François sceurent la mort du roy,Non pour cela furent en desarroy,Mais tindrent lors+ tous [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966] ordre serree et joincte[3840]Et si trés bien poursuyvirent leur poincteClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) et ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) font guerre à GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534Que Bourguignons, succumbez soubz+sur [Aix419] le fex,Rendirent tous fuytifz, mortz et deffaictz.Ce poinct vuydé et Bourgongne traicteeÀ la rigueur, pillee et degastee,[3845]Toute l'armee en France retourna8.Le cas congneu, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) gouvernaLes troys enfans ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) avecq elle,En vraye amour de paisible tutelle.Et les ayma de cueur ferme et entier.[3850]Leurs propres noms sont ThidouaultThéodebald II ( — )Prince franc, fils de Clodomir, GontierGonthier (VI siècle — )Prince mérovingienEt CloudClodoald (524 — 07/09/560)Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de
Clovis. Ainsi Gaguin Gaguin, Robert (1434 — 22/05/1501)Philosophe et historien français, renommé homme,En sa+la [Aix419] cronicque expressement les nomme9.§Les roys ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) et ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) , sachansLeur frere mort, se gecterent+gectent [BnFfr23145] aux champs,[3855]Car le desir de vengeance alla poindreLeur appetit+
Leurs appetiz [BnFfr17274] ;
Leurs appetitz [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966]
, pour achever de paindreToute Bourgongne, et au roy GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534Clorre le pas de son regne final10.Luy despourveu des choses necessaires[3860]Dont on resiste aux puissantz adversaires,Tout affoybli tant de gens que d'argent,Fort desnué, rendu tout+
et rendu [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
et rendu [Aix419]
indigent11,Moult souffreteux et malheureux en guerre,Ne sceut la part aller, où secours querre.[3865]Si+ Il [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] assembla ung grand tas de paillardz,Quelz gens assembla GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 contre les roys+ leçon rejetée [BnFfr2817] françoisAvanturiers, gens de pieces, feuillardz,Happeloppins, saquementz, sacrileiges,Gens hazardeux, s'ilz eussent trouvé pleigesPour le tresor de Venise acheter,[3870]Larrons, meurdriers, brigans, gens à gecterEn la galee. Il eut bendes pareillesDont la pluspart ne portent+portoit [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419] point de aureilles12.Il eut des gens+om. [BnFfr4967] dont on ne voit que assez,Vielz francz archiers et gens d'armes cassez,[3875]Gens d'une sorte et de semblables taillesPour mieulx hanter bouteilles que batailles.Il eut des gens dont cent, en+en [BnFfr4967] quelque coing,Ne vallent pas+point [BnFfr17274] ensemble ung coup de poing.Tel cariaige et notable assemblee[3880]Facilement eust quelque place embleeDe bel assault, pourveu que de hasliersFeussent les+des [Aix419] murs, buissons et groiseliers.Se la mesgnee Hanequin ne feust morte,C'estoit de mesme, ou la fiere cohorte[3885]Qui+Que [BnFfr4967] Jesus Crist Jésus-ChristMessie et fils unique de Dieu pour les chrétiens alla de nuyt saisir.Mais qui+qu'il [BnFfr4967] emprunte il ne peult pas choysir13.Qui n'a ne peult, et qui ne peult n'a force,Entre+Oultre [Aix419, Vat966, Cha514, BnFfr17274] pouoir et non y a grand torse14.Marchantz s'en vont les ostz de ces deux roys,[3890]Pour faire au tiers dommaigeables desroys,ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) chasserent GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 de BourgongneUng quart venant aprés, ce+se [Aix419] feust mornifle.Or GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 voyant qu'on esmornifle+
Tout son paÿs, par excés oultraigeux,Monstra semblant non sans plus couraigeux,[3895]Mais furïeux, quant avecq+avecques [BnFfr23145] sa racaille,Il s'en alla+Alla ainsy [BnFfr17274, Aix419, Cha514], sans ordre de bataille,Mal equippé, prendre et tenir+terre et [BnFfr17274, Cha514] les champs.Là, part où sceut ses ennemys marchantz.Quant on le voit+veit [BnFfr17274] en place marchande estre,[3900]Incontinent l'un des ostz marche à dextre,L'autre à senextre, et se treuve envahyDes deux costez. C'est pour estre esbahy.+om. [BnFfr4967]Que fist+faict [BnFfr17274] il lors ? Sa bende telle quelleVoyant rompue et autres deux, tant que elle,[3905]Se feussent là, de telle heure tournaQue oncques depuys au lieu ne retourna15.+om. [BnFfr4967]Au loing chassé+chassa [Vat966], sa femme prisonniereEt+En [BnFfr4967] son armee, en la forme et maniereQue à petit pris se+ses [BnFfr4967] vendent les ongnons16,[3910]Eurent Françoys marché des+de [Aix419, Vat966, Cha514] Bourguignons.Les dessus ditz ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) Tindrent Bourgongne+et [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] à eulx proprietaire,Villes, citez, chasteaulx, villaiges, +et [BnFfr17274] bourgs,Mys en leurs mains, quoy qu'il+qui [BnFfr23145] vint à rebours[3915]Aux habitans17. Par ainsi fut changee+chargee [BnFfr23145]AmaulryAmalaric (502 — 531)Roi des Wisigoths de 511 à 531 succeda à son pere AlaireAlaric II (458 — 01/08/507)Roi des Wisigoths de 484 à 507 es GotzLa chance leur, et ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) vengee18.
Cretin entame ce chapitre en proposant une entrée en matière dont le lexique est inspiré du récit très bref que donne [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr de l'épisode dans son ensemble : « À cestuy Clovemyre advint depuis maulvaise fortune, car congnoissant que Gondebault pretendoit l'empire des Bourguinons, remist sus une aultre gurrre [sic], mais ainsi que loing de ses gens poursuyvoit son ennemu jaçoit qu'il fust espouentable de ses yeulx aspres et ireux et de son visaige menassant, encloz et environné de plusieurs ses ennemys et attaint de toutes pars de darcs et de traictz, le roy trés vaillant batailleur occis porta la peine de sa temerité. »
Cretin entame le récit de l'événement proprement dit en s'inspirant des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 99-100) : « Li rois Clodomires, qui ocire le fist, ne s'esjoï pas moult longuement de sa mort, car en l'an qui après vint il entra derechief en Borgoigne à grant ost pour la terre gaster. Li rois Godinaires vint contre lui à bataille desiranz à venchier la mort son frere. » L'orthographe du nom de Godomar III privilégiée par Cretin vient de la deuxième ou de la troisième parmi les anciennes éditions des GCF, qui écrivent : « le roy Godinaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 48b) ; « le roy Gondinal » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]va) ; « le roy Gondinal » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin amplifie le récit des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100) : « d'une part et d'autre se combatirent forment, mais à la parfin li Borguegnon, qui pas ne pourent soustenir la force des François, s'abandonerent à fuir. »
Ce long récit du dernier combat de Clodomir est inspiré des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100-101) : « Li rois Clodomires, qui fu bien armez, hardiz et encoragiez pour la victoire, les enchauça plus hardiement que il ne dut ; il trespassa toutes les compagnes de ses anemis, ensi com li destriers le tresporta. Quant il le virent tout seul eu milieu d'aus et esloignié de sa gent, il li lancierent dars et gaveloz de loinz, car seulement li semblanc et la fiertez de sa contenance et la renomée de sa proece espoantoit si durement ses anemis, que nus n'osoit aprochier pour lui ferir de près, mais puis que il se vit enclos entre ses anemis et il ne vit secors ne aide de nule part, il mist le remede de sa vie en sa seule vertu ; il se retorna vers ses anemis, pour se moula es armes et s'acesma pour combatre. Tandis com il estoit en ce point, il commença à penser se il retorneroit à sa gent ou se il se plungeroit entre ses anemis, mais honte, qui vainqui toute paor, li amonesta que il ne retornast : le destrier hurta des esperons, puis se feri ou plus dru de ses adversaires. Le premier que il encontra ocist ; tantost fu avironnez, tant le ferirent de lances et d'espées parmi les costez que il le ruerent mort. » Cretin ignore la conclusion de l'épisode : « Chevaliers fu hardiz et preuz, mais poi fu sages ; vengierres des injures sa mere fu tant com il pout. »
GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Quant François sourent que leur sires fu ocis, il ne s'enfuirent pas ausi comme autres nations eussent fait, ençois enchaucierent les Borguegnons et en occistrent grant partie. En France retornerent quant il ourent la terre gastée. » À partir d'ici, [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr propose à nouveau un texte parallèle : « Le roy perdu, les Françoys nullement espouentez, persevererent de venger la mort de leur seigneur, car si vaillans se monstrerent que plusieurs occirent et mirrent en fuytte les Bouguignons, pillerent et bruslerent tous les champs et villaiges du pays et circonvoysins. »
Cretin ignore le sort de la veuve de Clodomir évoqué par les GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Li rois Clothaires prist en garde la roine Gondealque qui out esté fame son frere. La roine Crotilde prist ses neveuz Theodoalt, Gont[ier] et Clodoalt; si les norri en autel amor et en autele affection come mere norrist ses enfanz. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr : « Clovemyre avoit trois enfans masles, c'est assavoir Thidouault, Gontier et Cloud, lesquelz aprés la mort de leur pere retint Clotilde avec soy pour les nourrir. » L'insistance de Cretin sur la source qu'il utilise ici tient peut-être au fait que les noms des trois fils de Clodomir étaient très défigurés dans la principale source de la Chronique française pour ce passage. Les éditions anciennes des GCF écrivent en effet : « La royne Crotilde prinst ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Bonhomme, vol. 1, vue 49a) ; « La royne Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]vb) ; « La roine Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin débute ici un récit qui fait seulement l'objet d'une mention des les GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114), insérée après trois chapitres consacrés à d'autres espaces géographiques : « Tens est de retorner à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes choses incidenz qu droitement ne sont pas de l'ystoire. Quant li rois Clodomires qui estoit li ainznez des III freres fu ocis, ensi com vous avez oï, li autre dui freres Clothaires et Childeberz assemblerent leur oz et entrerent en Borgoigne pour la mort leur frere vengier. » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr, comme dans la Chronique française, ce récit fait immédiatement suite à la mention des enfants de Clodomir : « La mort de Clovemyre annoncee, Clotaire et Childebert, pour venger la mort de leur frere, preparerent une armee et s'en allerent en Bourgongne. »
Cretin s'inspire ici de la conclusion de l'épisode chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xv, qui fait immédiatement suite à l'annonce de la campagne des deux rois : « Gondemare chacé, sa femme apprehendee et mise en captivité, jouyrent de toute Bourgongne. » GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114) : « Il chacierent le roi Godinaire et pristrent le roiaume de Borgoigne et le souzmistrent à leur seigneurie. » L'orthographe du nom de Gondomar III plébiscitée par Cretin ne correspond pas à ce qu'il trouvait dans les éditions anciennes des GCF ici : « le roy Godemaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 54a) ; « le roy Godemaire » (Vérard, vol. 1, fol. XXra) ; « le roy Gondemaire » (Eustace, vol. 1, fol. XVrb). Cretin s'en est donc tenu ici à l'orthographe qu'il avait choisie au v. 3753, sans se soucier des variations de sa source. Cretin ignore la suite et fin du récit dans les GCF : « Un frere avoient [Clotaire et Childebert] qui avoit non Theoderis ; de bast estoit, car li forz rois Clodovées l'avoit engendré de soignant. En cele bataille ne vout aidier à ses freres, pour ce que il avoit espousée la fille au roi Sigifraunt, qui estoit niece le roi Godinaire. »
§Le conte dit comme Clodomire eutCombat ſecond au meſme territoyreEt non obſtant quil obtint la victoyre.[3740]Ce neanmoins / par ſa faulte y mourut.
§Chapitre. xxi.
Clodomire fait guerre a Gondinal en bourgongne.Lannee apꝛes refreſchit ClodomirePlaye en Bourgoīgne /. et ne poᷣueut de mirePour ſa ſante /. car la encōbatantVerge poꝛta /. dōt on le alla batant[3745]On dit de luy auoir en tout paſſaigeEſte moult pꝛeux / cheualier /. mais peu ſaigeSi furieux fut il au regarderLuy courrouce / quil falloitſe garderDe lappꝛoucher / tant eſtoit redoubtable[3750]Farouche / fier / et foꝛt eſpouentableLuy non content du degaſt que auoit faitSur bourguignōs /. et leur pꝛince deffaitSi gondinal frere de sigiſmondeNe rend occis / eſſarte et tout eſmonde[3755]Les bꝛanches / troncz / et racines de ceulxPar qui ſa mere a dueil ſi angoiſſeuxEt a iure / quelle en ſera vengeeEt la bourgongne a ſon plaiſir rengeePietons marcher / fit et cheueaulx bꝛocher[3760]Des eſperons / pour ſouldardz appꝛocher§Quant gondinal ſceut lardeur enflammeeDe clodomire /. et que a puiſſante armeeVenoit ſur luy /. tantoſt fiſt ſon amaſtPour lencontrer /. diſant que bien aymaſt[3765]Venger la moꝛt de ſon frere /. Car elleBataille des francoys et des bourguignons.Fo LXXXIIILuy ſembloit trop exceſſiue et cruelleTout ſuppoſe ce quon doibt ſuppoſerEt comme en guerre on ſe peult diſpoſerComme au ſoleil on voit harnoys reluyꝛe[3770]Comme cheuaulx ſcauent hanir et bꝛuyꝛeComme en voyant tant de lances deboutSemblent foꝛeſtz / comme aux vngs le cueᷣ.boultQui de charger petillent / tant ſont ſaffresEt comme auſſi ont aulcuns telles affres[3775]Que a peine ont ilz ſens / couraiges / ne cueursEulx penſer veoir des ennemys vaincueursOn peult bien dire en ceſt affaire / que hommesAinſi paouureulx font de ſauuaiges commesComme on diroit / ceulx qui au reſtiuer[3780]Le chault deſte craignent /. et froid dyuer§Oꝛ pour parler de la pꝛemiere chargeLoſt des francois donna telle deſchargeSur bourguignōs /. que aux enſeignes bꝛanſlerAſſez ſembla que tout deuſt mal aller[3785]Et ſi fiſt il / au deſtroit /. car iacoit ceQue au rallier / quelque heure on ne cōgnoiſſeLequel des deux doibt auoir le meilleurCar ſi francois leur pꝛoueſſe et valleurMonſtrerent loꝛs / et les autres batirent[3790]Eulx vaillamment auſſi ſe combatirentClodomire en bataille enuironne des bourguignons.Mais en la fin comme foꝛce departEt fait tourner les plus foibles a partPareillement comme la continueAbat les gentz /. plus neurent de tenue[3795]Les bourguignons / et pour eulx deſtournerFoꝛce leur fut le derriere tournerLoꝛs clodomire vne bende pourchaſſeQuil voit fouyꝛ / et luy donne la chaſſePlus chauldement beaucoup quil ne debuoit[3800]Car quant et luy hommes des ſiens nauoitAinſi courant /. ſans ſe donner de gardeSe ſuyte auoit / a lenuiron regardeSans homme veoir / ſinon ſes ennemysEt eulx voyans luy ſeul entour eulx mys[3805]Incontinant de toute ceſte bendeEnuironne / on luy darde et deſbendeDardz / iauelotz / et autres legiers traictzVoire de loing /. Car il eſtoit ſi tresHideux a veoir / et tenoit oꝛdonnance[3810]De ſi hoꝛrible et fiere contenanceQue homme neſtoit qui loſaſt appꝛocherIl ſe mōſtroit ferme comme vng rocherQuant il aduient que la mer fluctueuſeGecte ſur luy quelque vnde impetueuſe [3815]Il la repouſſe / et ſcet bien maiſtrierClodomire fut des bourguignons en bataille occis.Fo LXXXIVAinſi eſtoit ferme ſur ſon deſtrierSoy congnoiſſant enclos en ceſte trouppeOuure les yeulx / et aureilles deſtouppeSi not ne voit hommes des ſiens qui viengne[3820]Dont foꝛt perplex / quil ne ſcet que deuiengneOu ſi deuers ſes gentz ſe rengeroitOu ſi au ſang de ceulx ſe plongeroitQui de ſa moꝛt ſcet auoir bonne enuieEt loꝛs il miſt tout leſpoir de ſa vie[3825]Au ſeul hazard de la ſienne vertuEt nextima la moꝛt pas vng feſtuCar honte vint qui vaincquit toute craincteLadmonneſtant ne doubter ceſte eſtraincteLoꝛs le cheual des eſperons heurta[3830]Et au plus dꝛudennemys ſe gectaTant ſe moula aux armes de ceſt erreQuil en rua cinq ou ſix moꝛtz / par terreMais entre tant ne peult vng ſeul durerIl ne luy fut poſſible dendurer[3835]Les ſi gꝛandz coups /. que apꝛes telles vaillancesNe feuſt occis entre picques et lances§Quant les francois ſceurent la moꝛt du royNon pour cela furent en deſarroyMais tindꝛent loꝛs oꝛdꝛe ſerree et ioincte[3840]Et ſi tres bien pourſuyuirent leur poincteClotaire et Childebert font guerre a Gondinal.Que bourguignons ſuccumbez ſoubz le fexRendirent tous fuytifz / moꝛtz et deffaictzCe poinct vuyde / et bourgongne traicteeA la rigueur pillee et degaſtee[3845]Toute larmee en france retournaLe cas congneu /. Clotilde gouuernaLes troys enfans Clodomire auecq elleEn vraye amour de paiſible tutelleEt les ayma de cueur ferme et entier[3850]Leurs pꝛopꝛes noms ſont Thidouault /. GontierEt Cloud / Ainſi Gaguin renomme hommeEn ſa cronicque expꝛeſſement les nomme§Les roys Clotaire / et Childebert / SachansLeur frere moꝛt /. ſe gecterent aux champs[3855]Car le deſir de vengeance alla poindꝛeLeur appetit / pour acheuer de paindꝛeToute bourgongne /. et au roy GondinalCloꝛre le pas de ſon regne finalLuy deſpourueu des choſes neceſſaires[3860]Dont on reſiſte aux puiſſantz aduerſairesTout affoybli tant de gens que dargentFoꝛt deſnue / Rendu tout indigentMoult ſouffreteux / et malheureux en guerreNe ſceut la part aller ou ſecours querre[3865]Si aſſembla vng gꝛand tas de paillardzQuelz gens aſſembla Gondinal contre les roy francois.Fo LXXXVAuanturiers / gens de pieces / feuillardzHappeloppins / ſaquementz / ſacrileigesGens hazardeux / ſilz euſſent trouue pleigesPour le treſoꝛ de Veniſe acheter[3870]Larrons / meurdꝛiers bꝛigans / gens a gecterEn la galee /. Il eut bendes pareillesDont la plus part ne poꝛtent point de aureillesIl eut des gens dont on ne voit que aſſezVielz francz archiers / et gens darmes caſſez[3875]Gens dune ſoꝛte et de ſemblables taillesPour mieulx hanter bouteilles que bataillesIl eut des gens dont cent en quelque coingNe vallent pas enſemble vng coup de poingTel cariaige et notable aſſemblee[3880]Facilement euſt quelque place embleeDe bel aſſault /. pourueu que de haſliersFeuſſent les murs buiſſons et gꝛoiſeliersSe la meſgnee hanequin ne feuſt moꝛteCeſtoit de meſme / ou la fiere cohoꝛte[3885]QuiIeſus Criſt alla de nuyt ſaiſirMais qui empꝛunte il ne peult pas choyſirQui na ne peult / et qui ne peult na foꝛceEntre pouoir et non y a gꝛand toꝛſeMarchantz ſen vont les oſtz de ces deux roys[3890]Pour faire au tiers dommaigeables deſroysChildebert et Clotaire chaſſerent Gondinal de bourgongne.Vng quart venant apꝛes / ce feuſt moꝛnifleOꝛ Gondinal voyant quon eſmoꝛnifleTout ſon pays par exces oultraigeuxMonſtra ſemblant non ſans plus couraigeux[3895]Mais furieux / quant auecq ſa racailleIl ſen alla ſans oꝛdꝛe de batailleMal equippe pꝛendꝛe et tenir les champsLa part / ou ſceut ſes ennemys marchantzQuant on le voit en place marchande eſtre[3900]Incontinent lun des oſtz marche a dextreLautre a ſenextre / et ſe treuue enuahyDes deux coſtez /. Ceſt pour eſtre eſbahyQue fiſt il loꝛs ? Sa bende telle quelleVoyant rompue /. et autres deux / tant que elle[3905]Se feuſſent la / de telle heure tournaQue oncques depuys au lieu ne retournaAu loing chaſſe /. ſa femme pꝛiſonniereEt ſon armee en la foꝛme et maniereQue a petit pꝛis ſe vendent les ongnons[3910]Eurent francoys marche des bourguignonsLes deſſus ditz Childebert et ClotaireTindꝛent bourgongne a eulx pꝛopꝛietaireVilles / citez / chaſteaulx / villaiges / bourgsMys en leurs mains /. quoy quil vint a rebours[3915]Aux habitans /. Par ainſi fut changeeAmaulry ſucceda a ſon pere Alaire es GotzFo LXXXVILa chance leur / et Clotilde vengee
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§Le conte dit comme ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) eutCombat second, au mesme territoyre.Et nonobstant qu'il obtint la victoyre,[3740]Ce neanmoins, par sa faulte, y+il [BnFfr17274, Vat966] mourut.
ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) fait guerre à GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 en BourgongneL'annee aprés, refreschit ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) Playe en Bourgoingne, et ne pourveut de mirePour sa santé car, là en+en le [Vat966]combatant,Verge porta, dont on le alla batant.[3745]On dit de luy avoir, en tout passaige,Esté moult preux chevalier, mais peu saige.Si furïeux fut il au regarder,Luy courroucé+couronné [Vat966], qu'il falloit+ failloit [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514]se garder+regarder [BnFfr4967]De l'approucher, tant estoit redoubtable,[3750]Farouche, fier et fort espouentable1.Luy non content du degast que avoit faitSur Bourguignons, et leur prince deffait,Si+Ce [Aix419]GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534, frere de SigismondeSigismond (475 — 01/05/524)Roi des Burgondes (516-523) et saint chrétien,Ne rend occis, essarte et tout esmonde[3755]Les branches, troncz et racines de ceulxPar qui sa mere a dueil si angoisseux.Et a juré qu'elle en sera vengeeEt la Bourgongne à son plaisir rengee.Pietons marcher fit et+om. [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514]et les [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514] cheveaulx brocher[3760]Des esperons+
Feit d'esperons [Vat966, Cha514] ;
Feist d'esperons [BnFfr17274] ;
Feyt d'esperons [Aix419]
, pour souldardz approcher.§Quant GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 sceut l'ardeur enflammeeDe ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) , et que à puissante armeeVenoit sur luy, tantost fist son amastPour l'encontrer, disant que bien aymast[3765]Venger la mort de son frere, car elleBataille des Françoys et des BourguignonsLuy sembloit trop excessive et crüelle2.Tout+Trop [BnFfr4967] suppose ce qu'on doibt supposer3,Et comme en guerre on se peult+doit [BnFfr23145] disposer,Comme au soleil on voit harnoys reluyre,[3770]Comme chevaulx sçavent hanir et bruyre,Comme en voyant tant de lances deboutSemblent forestz, comme aux ungs le cueurboult+boul [BnFfr23145],Qui de charger+descharger [BnFfr4967] petillent, tant+tout [BnFfr17274] sont saffres,Et comme aussi ont aulcuns+ont [Aix419] telles affres[3775]Que à peine ont ilz+ilz ont [BnFfr17274] sens, couraiges ne cueurs4Eulx penser veoir des ennemys vaincueurs.On peult bien dire en cest affaire que hommesAinsi paouvreulx+pouirreux [Aix419] font de sauvaiges commesComme on diroit+disoit [BnFfr23145] ceulx qui, au restiver,[3780]Le chault d'esté craignent, et froid d'yver5.§Or, pour parler de la premiere charge,L'ost des François donna telle deschargeSur Bourguignons , que aux enseignes bransler,Assez sembla que tout deust mal aller.[3785]Et si fist il, au destroit, car jaçoit ceQue au rallïer quelque heure on ne congnoisseLequel des deux doibt+ deust [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514, BnFfr4967] avoir le meilleur,Car si François leur prouësse et valleurMonstrerent lors et les autres batirent,[3790]Eulx vaillamment aussi se combatirent,ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) en bataille environné des BourguignonsMais en la fin, comme force+fort se [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] departEt fait tourner les plus foibles à part,Pareillement comme la continueAbat les gentz, plus n'eurent de tenue[3795]Les Bourguignons et, pour eulx destourner,Force leur fut le derriere tourner6.Lors, ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) une bende pourchasseQu'il voit fouÿr, et luy donne la chassePlus chauldement beaucoup qu'il+qui [BnFfr17274] ne debvoit,[3800]Car quant et luy hommes+
homme [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
homme [BnFfr17274]
des siens n'avoit.Ainsi courant, sans se donner de gardeSe suyte avoit, à l'environ regardeSans homme veoir, sinon ses ennemys.Et eulx voyans luy seul entour eulx mys,[3805]Incontinant de toute ceste bendeEnvironné, on luy darde et+om. [Vat966] desbendeDardz, javelotz et autres legiers traictz,Voire de loing, car il estoit si trésHideux à veoir, et tenoit ordonnance[3810]De si horrible et fiere contenanceQue homme n'estoit qui l'osast+qu'il l'ozast [BnFfr17274]qu'il ozast [Aix419] approcher.Il se monstroit ferme comme ung rocher,Quant il advient que la mer fluctueuseGecte sur luy quelque unde impetueuse ;+om. [BnFfr4967][3815]Il la repousse et scet bien maistrier.ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) fut des Bourguignons en bataille occisAinsi estoit ferme sur son+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] destrier,Soy congnoissant enclos en ceste trouppe.Ouvre les yeulx et aureilles destouppe+om. [BnFfr4967],Si n'ot+n'oyt [BnFfr17274] ne voit hommes+homme [BnFfr17274, Vat966]homme [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514] des siens qui viengne[3820]Dont, fort perplex, qu'il+ il [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Cha514, Vat966] ne scet que deviengne,Ou si devers ses gentz se rengeroit,Ou si au sang de ceulx+om. [Vat966] se plongeroitQui+Que [BnFfr4967], de sa mort, scet avoir bonne envie.Et lors il+y [BnFfr17274, Vat966] mist tout l'espoir de sa vie[3825]Au seul hazard de la sienne vertu,Et n'extima+n'extime [Aix419] la mort pas ung festu,Car honte vint, qui vaincquit toute craincte,L'admonnestant ne doubter ceste estraincte.Lors le cheval des esperons heurta[3830]Et au plus dru d'ennemys+des ennemys [BnFfr23145] se gecta.Tant se moula aux armes de cest+ceste [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Vat966, Cha514] erreQu'il en rua cinq ou six mortz par terre.Mais +par [BnFfr4967] entre tant ne peult ung seul durer.Il ne luy fut possible d'endurer[3835]Les si grandz coups, que aprés telles vaillancesNe feust occis entre picques et lances7.+om. [BnFfr4967]§Quant les François sceurent la mort du roy,Non pour cela furent en desarroy,Mais tindrent lors+ tous [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966] ordre serree et joincte[3840]Et si trés bien poursuyvirent leur poincteClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) et ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) font guerre à GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534Que Bourguignons, succumbez soubz+sur [Aix419] le fex,Rendirent tous fuytifz, mortz et deffaictz.Ce poinct vuydé et Bourgongne traicteeÀ la rigueur, pillee et degastee,[3845]Toute l'armee en France retourna8.Le cas congneu, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) gouvernaLes troys enfans ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524)Roi des Francs d'Orléans (511-524) avecq elle,En vraye amour de paisible tutelle.Et les ayma de cueur ferme et entier.[3850]Leurs propres noms sont ThidouaultThéodebald II ( — )Prince franc, fils de Clodomir, GontierGonthier (VI siècle — )Prince mérovingienEt CloudClodoald (524 — 07/09/560)Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de
Clovis. Ainsi Gaguin Gaguin, Robert (1434 — 22/05/1501)Philosophe et historien français, renommé homme,En sa+la [Aix419] cronicque expressement les nomme9.§Les roys ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) et ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) , sachansLeur frere mort, se gecterent+gectent [BnFfr23145] aux champs,[3855]Car le desir de vengeance alla poindreLeur appetit+
Leurs appetiz [BnFfr17274] ;
Leurs appetitz [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966]
, pour achever de paindreToute Bourgongne, et au roy GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534Clorre le pas de son regne final10.Luy despourveu des choses necessaires[3860]Dont on resiste aux puissantz adversaires,Tout affoybli tant de gens que d'argent,Fort desnué, rendu tout+
et rendu [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
et rendu [Aix419]
indigent11,Moult souffreteux et malheureux en guerre,Ne sceut la part aller, où secours querre.[3865]Si+ Il [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] assembla ung grand tas de paillardz,Quelz gens assembla GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 contre les roys+ leçon rejetée [BnFfr2817] françoisAvanturiers, gens de pieces, feuillardz,Happeloppins, saquementz, sacrileiges,Gens hazardeux, s'ilz eussent trouvé pleigesPour le tresor de Venise acheter,[3870]Larrons, meurdriers, brigans, gens à gecterEn la galee. Il eut bendes pareillesDont la pluspart ne portent+portoit [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419] point de aureilles12.Il eut des gens+om. [BnFfr4967] dont on ne voit que assez,Vielz francz archiers et gens d'armes cassez,[3875]Gens d'une sorte et de semblables taillesPour mieulx hanter bouteilles que batailles.Il eut des gens dont cent, en+en [BnFfr4967] quelque coing,Ne vallent pas+point [BnFfr17274] ensemble ung coup de poing.Tel cariaige et notable assemblee[3880]Facilement eust quelque place embleeDe bel assault, pourveu que de hasliersFeussent les+des [Aix419] murs, buissons et groiseliers.Se la mesgnee Hanequin ne feust morte,C'estoit de mesme, ou la fiere cohorte[3885]Qui+Que [BnFfr4967] Jesus Crist Jésus-ChristMessie et fils unique de Dieu pour les chrétiens alla de nuyt saisir.Mais qui+qu'il [BnFfr4967] emprunte il ne peult pas choysir13.Qui n'a ne peult, et qui ne peult n'a force,Entre+Oultre [Aix419, Vat966, Cha514, BnFfr17274] pouoir et non y a grand torse14.Marchantz s'en vont les ostz de ces deux roys,[3890]Pour faire au tiers dommaigeables desroys,ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) chasserent GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 de BourgongneUng quart venant aprés, ce+se [Aix419] feust mornifle.Or GondinalGodomar III ( — 534)Roi des Burgondes entre 524 et 534 voyant qu'on esmornifle+
Tout son paÿs, par excés oultraigeux,Monstra semblant non sans plus couraigeux,[3895]Mais furïeux, quant avecq+avecques [BnFfr23145] sa racaille,Il s'en alla+Alla ainsy [BnFfr17274, Aix419, Cha514], sans ordre de bataille,Mal equippé, prendre et tenir+terre et [BnFfr17274, Cha514] les champs.Là, part où sceut ses ennemys marchantz.Quant on le voit+veit [BnFfr17274] en place marchande estre,[3900]Incontinent l'un des ostz marche à dextre,L'autre à senextre, et se treuve envahyDes deux costez. C'est pour estre esbahy.+om. [BnFfr4967]Que fist+faict [BnFfr17274] il lors ? Sa bende telle quelleVoyant rompue et autres deux, tant que elle,[3905]Se feussent là, de telle heure tournaQue oncques depuys au lieu ne retourna15.+om. [BnFfr4967]Au loing chassé+chassa [Vat966], sa femme prisonniereEt+En [BnFfr4967] son armee, en la forme et maniereQue à petit pris se+ses [BnFfr4967] vendent les ongnons16,[3910]Eurent Françoys marché des+de [Aix419, Vat966, Cha514] Bourguignons.Les dessus ditz ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558)Roi des Francs de Paris (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561)Roi des Francs (558-561) Roi des Francs de Soissons (511-558) Roi des Francs d'Orléans (524-558) Roi des Francs d'Austrasie (555-558) Tindrent Bourgongne+et [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] à eulx proprietaire,Villes, citez, chasteaulx, villaiges, +et [BnFfr17274] bourgs,Mys en leurs mains, quoy qu'il+qui [BnFfr23145] vint à rebours[3915]Aux habitans17. Par ainsi fut changee+chargee [BnFfr23145]AmaulryAmalaric (502 — 531)Roi des Wisigoths de 511 à 531 succeda à son pere AlaireAlaric II (458 — 01/08/507)Roi des Wisigoths de 484 à 507 es GotzLa chance leur, et ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545)Princesse burgonde (474-493) Reine des Francs (493-511) vengee18.
Cretin entame ce chapitre en proposant une entrée en matière dont le lexique est inspiré du récit très bref que donne [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr de l'épisode dans son ensemble : « À cestuy Clovemyre advint depuis maulvaise fortune, car congnoissant que Gondebault pretendoit l'empire des Bourguinons, remist sus une aultre gurrre [sic], mais ainsi que loing de ses gens poursuyvoit son ennemu jaçoit qu'il fust espouentable de ses yeulx aspres et ireux et de son visaige menassant, encloz et environné de plusieurs ses ennemys et attaint de toutes pars de darcs et de traictz, le roy trés vaillant batailleur occis porta la peine de sa temerité. »
Cretin entame le récit de l'événement proprement dit en s'inspirant des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 99-100) : « Li rois Clodomires, qui ocire le fist, ne s'esjoï pas moult longuement de sa mort, car en l'an qui après vint il entra derechief en Borgoigne à grant ost pour la terre gaster. Li rois Godinaires vint contre lui à bataille desiranz à venchier la mort son frere. » L'orthographe du nom de Godomar III privilégiée par Cretin vient de la deuxième ou de la troisième parmi les anciennes éditions des GCF, qui écrivent : « le roy Godinaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 48b) ; « le roy Gondinal » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]va) ; « le roy Gondinal » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin amplifie le récit des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100) : « d'une part et d'autre se combatirent forment, mais à la parfin li Borguegnon, qui pas ne pourent soustenir la force des François, s'abandonerent à fuir. »
Ce long récit du dernier combat de Clodomir est inspiré des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100-101) : « Li rois Clodomires, qui fu bien armez, hardiz et encoragiez pour la victoire, les enchauça plus hardiement que il ne dut ; il trespassa toutes les compagnes de ses anemis, ensi com li destriers le tresporta. Quant il le virent tout seul eu milieu d'aus et esloignié de sa gent, il li lancierent dars et gaveloz de loinz, car seulement li semblanc et la fiertez de sa contenance et la renomée de sa proece espoantoit si durement ses anemis, que nus n'osoit aprochier pour lui ferir de près, mais puis que il se vit enclos entre ses anemis et il ne vit secors ne aide de nule part, il mist le remede de sa vie en sa seule vertu ; il se retorna vers ses anemis, pour se moula es armes et s'acesma pour combatre. Tandis com il estoit en ce point, il commença à penser se il retorneroit à sa gent ou se il se plungeroit entre ses anemis, mais honte, qui vainqui toute paor, li amonesta que il ne retornast : le destrier hurta des esperons, puis se feri ou plus dru de ses adversaires. Le premier que il encontra ocist ; tantost fu avironnez, tant le ferirent de lances et d'espées parmi les costez que il le ruerent mort. » Cretin ignore la conclusion de l'épisode : « Chevaliers fu hardiz et preuz, mais poi fu sages ; vengierres des injures sa mere fu tant com il pout. »
GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Quant François sourent que leur sires fu ocis, il ne s'enfuirent pas ausi comme autres nations eussent fait, ençois enchaucierent les Borguegnons et en occistrent grant partie. En France retornerent quant il ourent la terre gastée. » À partir d'ici, [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr propose à nouveau un texte parallèle : « Le roy perdu, les Françoys nullement espouentez, persevererent de venger la mort de leur seigneur, car si vaillans se monstrerent que plusieurs occirent et mirrent en fuytte les Bouguignons, pillerent et bruslerent tous les champs et villaiges du pays et circonvoysins. »
Cretin ignore le sort de la veuve de Clodomir évoqué par les GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Li rois Clothaires prist en garde la roine Gondealque qui out esté fame son frere. La roine Crotilde prist ses neveuz Theodoalt, Gont[ier] et Clodoalt; si les norri en autel amor et en autele affection come mere norrist ses enfanz. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr : « Clovemyre avoit trois enfans masles, c'est assavoir Thidouault, Gontier et Cloud, lesquelz aprés la mort de leur pere retint Clotilde avec soy pour les nourrir. » L'insistance de Cretin sur la source qu'il utilise ici tient peut-être au fait que les noms des trois fils de Clodomir étaient très défigurés dans la principale source de la Chronique française pour ce passage. Les éditions anciennes des GCF écrivent en effet : « La royne Crotilde prinst ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Bonhomme, vol. 1, vue 49a) ; « La royne Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]vb) ; « La roine Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin débute ici un récit qui fait seulement l'objet d'une mention des les GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114), insérée après trois chapitres consacrés à d'autres espaces géographiques : « Tens est de retorner à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes choses incidenz qu droitement ne sont pas de l'ystoire. Quant li rois Clodomires qui estoit li ainznez des III freres fu ocis, ensi com vous avez oï, li autre dui freres Clothaires et Childeberz assemblerent leur oz et entrerent en Borgoigne pour la mort leur frere vengier. » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr, comme dans la Chronique française, ce récit fait immédiatement suite à la mention des enfants de Clodomir : « La mort de Clovemyre annoncee, Clotaire et Childebert, pour venger la mort de leur frere, preparerent une armee et s'en allerent en Bourgongne. »
Cretin s'inspire ici de la conclusion de l'épisode chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xv, qui fait immédiatement suite à l'annonce de la campagne des deux rois : « Gondemare chacé, sa femme apprehendee et mise en captivité, jouyrent de toute Bourgongne. » GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114) : « Il chacierent le roi Godinaire et pristrent le roiaume de Borgoigne et le souzmistrent à leur seigneurie. » L'orthographe du nom de Gondomar III plébiscitée par Cretin ne correspond pas à ce qu'il trouvait dans les éditions anciennes des GCF ici : « le roy Godemaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 54a) ; « le roy Godemaire » (Vérard, vol. 1, fol. XXra) ; « le roy Gondemaire » (Eustace, vol. 1, fol. XVrb). Cretin s'en est donc tenu ici à l'orthographe qu'il avait choisie au v. 3753, sans se soucier des variations de sa source. Cretin ignore la suite et fin du récit dans les GCF : « Un frere avoient [Clotaire et Childebert] qui avoit non Theoderis ; de bast estoit, car li forz rois Clodovées l'avoit engendré de soignant. En cele bataille ne vout aidier à ses freres, pour ce que il avoit espousée la fille au roi Sigifraunt, qui estoit niece le roi Godinaire. »
Cretin entame ce chapitre en proposant une entrée en matière dont le lexique est inspiré du récit très bref que donne [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr de l'épisode dans son ensemble : « À cestuy Clovemyre advint depuis maulvaise fortune, car congnoissant que Gondebault pretendoit l'empire des Bourguinons, remist sus une aultre gurrre [sic], mais ainsi que loing de ses gens poursuyvoit son ennemu jaçoit qu'il fust espouentable de ses yeulx aspres et ireux et de son visaige menassant, encloz et environné de plusieurs ses ennemys et attaint de toutes pars de darcs et de traictz, le roy trés vaillant batailleur occis porta la peine de sa temerité. »
Cretin entame le récit de l'événement proprement dit en s'inspirant des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 99-100) : « Li rois Clodomires, qui ocire le fist, ne s'esjoï pas moult longuement de sa mort, car en l'an qui après vint il entra derechief en Borgoigne à grant ost pour la terre gaster. Li rois Godinaires vint contre lui à bataille desiranz à venchier la mort son frere. » L'orthographe du nom de Godomar III privilégiée par Cretin vient de la deuxième ou de la troisième parmi les anciennes éditions des GCF, qui écrivent : « le roy Godinaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 48b) ; « le roy Gondinal » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]va) ; « le roy Gondinal » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin amplifie le récit des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100) : « d'une part et d'autre se combatirent forment, mais à la parfin li Borguegnon, qui pas ne pourent soustenir la force des François, s'abandonerent à fuir. »
Ce long récit du dernier combat de Clodomir est inspiré des GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 100-101) : « Li rois Clodomires, qui fu bien armez, hardiz et encoragiez pour la victoire, les enchauça plus hardiement que il ne dut ; il trespassa toutes les compagnes de ses anemis, ensi com li destriers le tresporta. Quant il le virent tout seul eu milieu d'aus et esloignié de sa gent, il li lancierent dars et gaveloz de loinz, car seulement li semblanc et la fiertez de sa contenance et la renomée de sa proece espoantoit si durement ses anemis, que nus n'osoit aprochier pour lui ferir de près, mais puis que il se vit enclos entre ses anemis et il ne vit secors ne aide de nule part, il mist le remede de sa vie en sa seule vertu ; il se retorna vers ses anemis, pour se moula es armes et s'acesma pour combatre. Tandis com il estoit en ce point, il commença à penser se il retorneroit à sa gent ou se il se plungeroit entre ses anemis, mais honte, qui vainqui toute paor, li amonesta que il ne retornast : le destrier hurta des esperons, puis se feri ou plus dru de ses adversaires. Le premier que il encontra ocist ; tantost fu avironnez, tant le ferirent de lances et d'espées parmi les costez que il le ruerent mort. » Cretin ignore la conclusion de l'épisode : « Chevaliers fu hardiz et preuz, mais poi fu sages ; vengierres des injures sa mere fu tant com il pout. »
GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Quant François sourent que leur sires fu ocis, il ne s'enfuirent pas ausi comme autres nations eussent fait, ençois enchaucierent les Borguegnons et en occistrent grant partie. En France retornerent quant il ourent la terre gastée. » À partir d'ici, [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr propose à nouveau un texte parallèle : « Le roy perdu, les Françoys nullement espouentez, persevererent de venger la mort de leur seigneur, car si vaillans se monstrerent que plusieurs occirent et mirrent en fuytte les Bouguignons, pillerent et bruslerent tous les champs et villaiges du pays et circonvoysins. »
Cretin ignore le sort de la veuve de Clodomir évoqué par les GCF, liv. II, chap. 1 (vol. 1, p. 101) : « Li rois Clothaires prist en garde la roine Gondealque qui out esté fame son frere. La roine Crotilde prist ses neveuz Theodoalt, Gont[ier] et Clodoalt; si les norri en autel amor et en autele affection come mere norrist ses enfanz. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr : « Clovemyre avoit trois enfans masles, c'est assavoir Thidouault, Gontier et Cloud, lesquelz aprés la mort de leur pere retint Clotilde avec soy pour les nourrir. » L'insistance de Cretin sur la source qu'il utilise ici tient peut-être au fait que les noms des trois fils de Clodomir étaient très défigurés dans la principale source de la Chronique française pour ce passage. Les éditions anciennes des GCF écrivent en effet : « La royne Crotilde prinst ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Bonhomme, vol. 1, vue 49a) ; « La royne Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Vérard, vol. 1, fol. [XVII]vb) ; « La roine Crotilde print ses nepveux Chondrac, Gontier et Clodoac » (Eustace, vol. 1, fol. XIIIva).
Cretin débute ici un récit qui fait seulement l'objet d'une mention des les GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114), insérée après trois chapitres consacrés à d'autres espaces géographiques : « Tens est de retorner à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes choses incidenz qu droitement ne sont pas de l'ystoire. Quant li rois Clodomires qui estoit li ainznez des III freres fu ocis, ensi com vous avez oï, li autre dui freres Clothaires et Childeberz assemblerent leur oz et entrerent en Borgoigne pour la mort leur frere vengier. » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr, comme dans la Chronique française, ce récit fait immédiatement suite à la mention des enfants de Clodomir : « La mort de Clovemyre annoncee, Clotaire et Childebert, pour venger la mort de leur frere, preparerent une armee et s'en allerent en Bourgongne. »
Cretin s'inspire ici de la conclusion de l'épisode chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xv, qui fait immédiatement suite à l'annonce de la campagne des deux rois : « Gondemare chacé, sa femme apprehendee et mise en captivité, jouyrent de toute Bourgongne. » GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114) : « Il chacierent le roi Godinaire et pristrent le roiaume de Borgoigne et le souzmistrent à leur seigneurie. » L'orthographe du nom de Gondomar III plébiscitée par Cretin ne correspond pas à ce qu'il trouvait dans les éditions anciennes des GCF ici : « le roy Godemaire » (Bonhomme, vol. 1, vue 54a) ; « le roy Godemaire » (Vérard, vol. 1, fol. XXra) ; « le roy Gondemaire » (Eustace, vol. 1, fol. XVrb). Cretin s'en est donc tenu ici à l'orthographe qu'il avait choisie au v. 3753, sans se soucier des variations de sa source. Cretin ignore la suite et fin du récit dans les GCF : « Un frere avoient [Clotaire et Childebert] qui avoit non Theoderis ; de bast estoit, car li forz rois Clodovées l'avoit engendré de soignant. En cele bataille ne vout aidier à ses freres, pour ce que il avoit espousée la fille au roi Sigifraunt, qui estoit niece le roi Godinaire. »