Dans la querelle contre Clément Marot,
François Sagon se réclame de l'autorité de
Cretin (voir page
Mentions).
Il n'est sans doute pas anodin qu'il lui reprenne ce calembour
pour désigner Marot, « rat pelé » de son exil italien en
1538.
Cretin amplifie considérablement ses sources.
GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31) :
« Quant li autre baron virent la cruauté de Gilon, il
furent forment esmeu contre lui ; lors traistrent à Guinement,
par cui conseil Giles faisoit ce ; mès il ne le savoient mie ; à
lui se descovrirent en compleignant de Gilon qui telz cruautez
faisoit. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Vv : « De laquelle crudelité les
seigneurs esmeuz et espouentez parlerent à Guynemault, accusans
la crudelité de Gillon. »
L'expression signifie : "Il ne faut prendre que
des remèdes que l'on connaît".
Ici, altération du
jugement.
Guinement semble suggérer
qu'il n'est pas normal que le roi des francs se trouve
subordonné et inférieur au prestige (« sous l'arroy ») du roi
des Turins, Basin.
Cette longue prise de parole
reflète ce que Cretin trouve dans ses deux sources.
GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31-32) :
« Il [Guinement] leur respondi que moult se mervelloit
de la legiereté et de la muableté de leur cuers, quant il se
plaignoient jà de celui que il avoient tant loé un poi
devant et jugié digne dou regne ; puis leur dist :
« Quel forsenerie vous demenoit quant vous getastes
fors de son regne vostre droit seigneur né de vostre
gent, et vous souzmeistes à un orguelleus d'aliene
nation. Mais par aventure vous me respondrez que ce fu
pour sa luxure, et je vous demant pour quoi vous vous
plegniez de celui que vous esleustes par desus vostre
seigneur lige ! Vous avez despit et chacié vostre roi,
né et crié de vous meismes, qui estoit debonaires par
nature et peust encore estre plus debonaire et
profitables au roiaume s'il eust lessié la joliveté de
son cors, que il ne maintenist pas touz jors. Si avez
pris un tyrant que vous deussiez eschiver et douter pour
ce que il est nez d'estrange nation. Mais se vous volez
croire mon conseil, je vous lo que vous le rapelez et
que vous li rapaisiez son cuer que il a troublé vers
vous pour la honte que vous li avez faite. Certes ce est
moult dure chose que vous ne povez souffrir la luxure
d'un seul home, et vous souffrez la perdition de tant de
nobles princes ». » [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. Vv :
« Ausquelz Guynemault dist : « Je m'emerveille
(dist il) de vostre inconstance qui totallement avez en
horreur et abhomination le roy par vous esleu. Desirez
vous Childeric, lequel de vous destitué pour sa
lubricité est maintenant en exil parmy les Thurins ?
Saichez que plus tollerablement eussiez souffert ung
homme luxurieux que celluy lequel est cruel et
meurdrier. Cestuy là, durant sa jeunesse alleché aux
voluptez charnelles, se fust corrigé et amendé par
succession de temps, et bien tost aprés. Mais cestuy
Rommain, lequel naturellement vous est adversaire,
s'esjouyra en l'effuzion de vostre sang, jusques ad ce
que ayez perdu la liberté que par armes avez acquise. Et
est la malladye beaucoup plus griefve laquelle n'est
secourure par medecine. Celluy que vous avez dejecté est
plain de clemence et benignité, et rappellé, facillement
oubliera les injures, lequelles [sic] luy ont esté
faictes. » »
Cretin
réécrit les GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) :
« Li baron qui furent encoragié de ces paroles (car bien
leur sembloit que il deist voir), et esmeu contre Gilon le
Romain, respondirent : « Nous nous repentons moult de la
honte et des vilenies que nous avons fetes à nostre propre
roi, et se nous saviens là où l'en le peust trover, nous
envoissens à lui messages et li priissons humblement que il
retornast à son regne. » » [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv est plus
bref : « De ces parolles les Françoys persuadez et appaisez,
par le conseil de Guynemault secretement rappellerent
Childeric. » La longueur du règne d'Aegidius est reprise à
Gaugin-Desrey, fol. Vv, qui dit au moment de clore le récit de sa
vie : « après qu'il eut regné huyt ans ».
Cretin amplifie considérablement ses sources et leur
donne un tour dramatique. [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel [Childéric]
recevant l'aultre partye de l'escu ou denyer d'or dont cy dessus
est faicte mention seurement retourna aux Françoys. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Quant
li rois Childeris out le message receu, et il out la verité seue
par le tesmoignage de la partie dou besant, il retorna liement
en France. »
La
générosité de Basin vis-à-vis de Childéric est une originalité de
Cretin.
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1,
p. 32-33) : « Quant il fu mi-voie, il manda Guinemant
son loial ami que il li venist à l'encontre
isnelement » Chez [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. Vv,
l'initiative revient à Guinement : « Guynemault,
adverty de son retour, alla au devant de
luy. »
Cette
annonce est une originalité de Cretin par rapport à ses deux sources
principales.
La constitution de deux armées est une originalité
de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) :
« Cil Guinement i vint à grant compagnie des
barons... »
Ce
passage n'a pas d'équivalent dans les deux sources principales de
Cretin.
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Vv : « Guynemault adverty de son
retour alla au devant de luy et le enhorta de demourer au
chasteau de Bar qui est en Champaigne. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil i
vint à grant compagnie des barons droit à un chastel qui est
apelez Bar, puis commanda aus bourjois et au pople de la vile
que il receussent le roi leur seigneur honorablement. Cil, qui
volentiers le firent, le reçurent à grant joie e tli firent tant
d'oneur com il porent. Moult leur en sot li rois bon gré, et
pour l'oneur que il li orent faite selonc sa liberalité les
frachi du treü que la vile li devoit touz les anz. Grant joie li
firent li baron et moult s'umilierent vers
lui. »
Ce passage n'a pas d'équivalent dans les deux
sources principales de Cretin, qui utilise ce procédé pour amplifier
l'importance de l'épisode.
Cette
prudence est une originalité de Cretin. GCF, liv. I,
chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Leurs forces joinstrent ensemble
pour aler sus Gilon ». [Nicolas de La Chesnaye],
Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Auquel
lieu son armee augmentee et enforcie prepara bataille à
l'encontre de Gillon. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) :
« Gilon, qui jà par aventure s'estoit aperceuz de la
conspiration que il avoient fete contre lui. » [Nicolas de
La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv :
« Lequel admonnesté de ceste conspiration, assembla grant
compaignee de gens d'armes. »
Cretin invente tout le récit de la bataille que
mentionnent brièvement ses sources. GCF, liv. 1,
chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « A lui se combatirent et le
desconfirent en la premiere bataille. » [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv :
« [Aegidius] donna l'assault à Childeric par lequel,
vaincu, ... »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33)
: « Il s'enfui, et s'en ala en la cité de Soisons que il
tenoit. Là demora tout le remanant de sa vie. Quant morz fu,
Siagres uns siens fiuz tint la cité après lui. » [Nicolas
de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv :
« après qu'il eut regné huyt ans, se retira à Suessons, où
en tristesse et calamité, in sonsomma le residu de sa vie, et
delaissa ung filz nommé Syagrius, son heritier et
successeur. »
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre neufviesme.
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967 ces
BnFfr23145, BnFfr5299 biens, honneurs
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 voyt
BnFfr17274 eussiés
BnFfr23145, Aix419, Cha514 eussiez
BnFfr17274, BnFfr23145 Encores
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514 acquise
BnFfr17274 vient
Aix419 om.
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 ce
BnFfr17274
nous n'en parlerons
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 Les bons
propoz
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514 Vin
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966 couru
BnFfr17274 Viré, boutté, sailly et
BnFfr23145, Aix419 Virevousté, sailly et
BnFfr4967, BnFfr5299 Viré, monsté, sailly et
Vat966 Viré, bousté, sailly et
Cha514 Viré, vousté, sailly et