§Se le liſeur pourſuyt ceſte matiereIl trouuera Childerich rappelleEt le Rommain ainſi que vng rat peleDedans Soiſſons chaſſe en ſa ratiere.
§Chapitre ixe.
[1275]COnſiderans telles exactionsMaulx infiniz / et executionsDe ce Gillon / Les pꝛinces / ducz et comtesEſmerueillez douyꝛ faire telz comptesEn lamentable et douloureux recoꝛd[1280]Saſſemblent tous /. Et de commun accoꝛdMandent querir Guynemault /. pour ſcauoirQuel bon remede on doye ou puiſſe auoirLuy arriue /. quelcun dentreulx reciteLe cas piteux / qui a rumeur excite[1285]Gꝛands et petitz ſur ce cruel tirantQui vie et biens des ſubiectz va tirantLes cruaultez / oppꝛobꝛes / calumpniesOppꝛeſſions / angoiſſes / tyꝛanniesPeuples pillez / nobles executez[1290]Poures enfans deſtruictz / perſecutezDu bon Guynemault aux princes de france.Et affligez de paſſions moꝛtellesVoyans mourir leurs peres de moꝛtz tellesLe pꝛopoſant a lheure ne celaTout pꝛoferer / Allegant ſur cella[1295]Eſtre beſoing chaſſer telle perſonneDe qui le bꝛuyt ſi mal en appert ſonneQuant bien au long eut ce conte et ditAu nom de tous vniz dun meſme editA Guynemault mect la beſoigne toute[1300]Luy requerant conſeil ſur ceſte doubteLoꝛs reſpondit les motz / ou a peu pꝛesComme les ay redigez cy apꝛes §Certes ſeigneurs / ce neſt pas de merueilleSe fier deſpit vous afflige et traueille[1305]Et veult voz cueurs contriſtez enuahirSi ne me puys oꝛes trop eſbahirDes voſtres tant muables inconſtancesDont huy perdez honneurs / biens / et ſubſtancesComment celluy quauez choyſi / eſleu[1310]Quis / honnoꝛe / chery / et bien vouluTant meſpꝛiſez / quil faille quon ſen deuilleEt quil n y ait vng ſeul qui bien luy vueille Iuge lauez digne de bien regnerEt pour vous tous inſtruyꝛe et gouuerner[1315]Sil a mal fait en layant mys a meſmesRemonſtrance de Guynemault aux princes.Fo XXXIIOn ne ſen peult pꝛendꝛe foꝛs a vous meſmesEt meſmement queſt bon ainſi quon oytMectre en ſon doy / lherbe que lon congnoiſtO incenſez / Quelle foꝛcenerie[1320]Quelle furie / et mais faulſonnerieVous tint aloꝛs / quant pour vng tempoꝛelMenu plaiſir / Le voſtre naturelPꝛince et ſeigneur / qui ne peult pas eſtre angeChaſſaſtes hoꝛs / pour eſlire vng eſtrange ?[1325]Eſtrange diz ie / Eſtrange inuetereEt de fureur odieuſe altere Sa perſonne eſt a pꝛeſent deſdaigneePource quil a ſa main / ou ſang baigneeDe voz parentz /. Et que par moꝛt a mys[1330]A fin / pluſieurs de voz pꝛouchains amysSe bien euſſez toutes choſes penſeesRememoꝛans les iniures paſſeesFaictes par vous a luy et aux RommainsIamais telz tours laſches et inhumains[1335]Neuſſiez voulu a voſtre pꝛince faireHa meſſeigneurs / conſiderez laffaireConſiderez que voſtre ieune royQui oꝛes eſt en exil ſoubz larroyDu ſien amy (roy des| Thurins) Biſſine[1340]Lequel auez deſtitue en ſigneDu rappel de Childerich par Guynemault.Deſtre vengez poᷣ. ſa lubꝛiciteLuy qui eſtoit alleche / exciteEt incline a voluptez charnellesEncoꝛ eſtoit plus tollerable en elles[1345]Veu quil pouoit poſſible a traict de tempsSe coꝛriger / et vous rendꝛe contentzQue ce cruel tirant et fier haulſaireQui de nature eſt le voſtre aduerſaireEt qui de vous par foꝛce iouyꝛa[1350]A ſang eſpandꝛe / auſſi ſeſiouyꝛaTant que de vous ayt la liberte quiſeQui iadis fut par voz armes concquiſeCelluy que auez degecte tout clementDoulx et benign pourra facillement[1355]Eſtre appaiſe / oubliant les iniuresEt mauuais tours des ſiens ſubiectz pariures§Incontinent quil a ſon dict finyDes pꝛinces tous par conſeil diffinyLes voluntez vers Childerich ſe plient[1360]Et le ſeigneur de Guynemault ſupplientQue de ſa gꝛace il en vueille manderVng mot au roy./ Mieulx neuſt ſceu demanderCar ilz luy font deulxmeſmes la requeſteDont ſil oſaſt voulſiſt bien faire queſte[1365]Apꝛes iurer le cas tenir ſecretLe meſſaige de Guynemault arriue vers Childerich en exil.Fo XXXIIIDe la ſe part choyſit homme diſcret.Bien diligent et expert a ſa poſteEt des ce iour au roy lenuoye en poſteAcompliſſant ce quil auoit pꝛomys[1370]Le meſſaigier ſur les champs na pꝛou mysA gaigner temps /. et ſelon lexigenceDu cas / il fait ſi bonne diligenceQuen bꝛiefz iours va vers les deux roys / eſtantAu dit pays de Thuringe / Ou huyt ans[1375]Que ceſt exil dura / furent enſembleMais dictes moy oꝛes quil vous en ſembleQuel heur / quel bien / quelle ioye et plaiſirDebuoit le cueur de Childeric ſaiſirQuant il congneut par effect / la partie[1380]Du beſant doꝛ a la ſienne impartie Et quel eſpoir receut en les mectantLune auec lautre / en ce quil ayme tant Ie laiſſeray penſer lieſſe telleA ceulx qui ont receu le plaiſir delle[1385]§Oꝛ cellaſceu /. vng iour ou deux apꝛesDu deſloger fait faire ſes appꝛeſtzGens et cheuaulx ſon bon hoſte luy liureMaint marc dargent / et mais doꝛ mainte liureDes le iour mande a Guynemault que toſt[1390]Aille au deuant de luy equippe doſtChilderich part pour retourner en franceTel quil congnoiſt luy eſtre neceſſairePour expulſer ſon moꝛtel aduerſaireTout cela fait / (Il fault pꝛeſupoſerQue de partir ſe ſceut bien diſpoſer[1395]Si pꝛint conge de ſon bon roy BiſſineEt de la royne auſſi dame BaſineQui en ſon cueur poꝛta telle douleurQue foꝛce fut luy veoir changer couleurCar elle eſtoit dune eſtincelle attaincte[1400]Qui de longtemps ne ſe trouua extaincteMais oꝛendꝛoit nen parlerons nous pointIcy apꝛes ſe dira mieulx a point§Quant Guynemault|eut|receu le meſſaigeDe Childerich / Ainſi que vng homme ſaige[1405]Sans mener bꝛuyt / fiſt ſon armee a partPareillement les pꝛinces de leur partMirent aux champs comme vne choſe embleeDe gentz armez bonne et gꝛoſſe aſſembleeDonc pourra bien le roy doꝛenauant[1410]Veoir ſes amys luy aller au deuantNouuelle telle a peine ſe deſtourneIa court vng bꝛuyt que Childeric retourneEt meſmement aux dames bien ſouuientDire en ſecret /. Commere . le roy vient [1415]Bon ſang auſſi ne peult mentir a lheureGuynemault et les princes vont au deuant de Childerich. a Bar.Fo XXXIVQuil ſent venir ſa foꝛtune meilleure§Tant Guynemault que ſeigneurs le ſaichantzFoꝛt appꝛoucher /. ſe mectent ſur les champsEt aduertiz de ſa maieſte ſaine[1420]Eſtre deſia logee a Bar ſur SeineDꝛoit la ſen vont / au plus toſt quilz ont ſceuOu chaſcun deulx ſe trouua bien receuEt ne leur tint le roy parolle chiereMais deſſus tous / a Guynemault fiſt chere[1425]Si bonne / quonc ne fut receptionQui obtint lieu de telle acceptionPour reciter la pleine iouyſſanceDu doulx plaiſir de leur eſiouyſſanceLe bon pꝛopos / Le gꝛacieux accueil[1430]Les gꝛandz ſalutz ſi tres honneſtes que œilSceut iamais veoir /. Les doulces embꝛaceesFeuz allumez / belles tables dꝛeſſeesVins et viande offers a tous venansPetitz enfans ioyeux chantz demenans[1435]Crians Noel / ſans plus vouloir que rireQui ceſte choſe au long vouldꝛoit deſcripꝛeIl ne ſeroit a peine iamais iourPlus toſt iroye en Inde la maiourQue auoir conte la facon et maniere[1440]De tel triumphe et feſte ſi planiere Gillon mect ſon oſt au deuant de Childerich.Pour ce men tais. Car la penſee en tientPlus que papier par lectre nen contientOꝛ Childerich actendant ſes armeesEnſemble veoir ioinctes et bien fermees[1445]Fut conſeille des pꝛinces en ce iourFaire audit lieu de Bar quelque ſeiourPour ce pendant ſon camp ſur le point mectreDoꝛdꝛe acomplie / et ſans riens y obmectreGillon ayant conſideration[1450]A la venue / et conſpirationSe actend aſſez den auoir vne eſtrainctePar quoy ſoudain ſon armee a contrainctePꝛendꝛe les champs /. Et des ſoleil leuantLa fait marcher pour aller au deuant[1455]De Childerich / en oꝛdꝛe de bataillePenſant que tout rompe / trenche et detailleCe quil pourra par la voye encontrerAinſi quon cuyde ennemys acouſtrerMais Guynemault ducteur de lauantgarde[1460]Bien ſaigement de luy ſe donnant gardeFiſt deſployer au vent ſes eſtendardzSi plein de cueur de pꝛoueſſe et tant de artzQuon ne luy peult en riens donner repꝛocheAdonc les oſtz font lun de lautre appꝛoche [1465]Lun marche attraict / Lautre va lentrepas :La fuyte et fin de Gillon a Soyſſons ou il mourut miſerablemēt.Fo XXXVLun foꝛt ſe guecte / et lautre ne doꝛt pasAuans coureux ſe donnent la ſecouſſeLun charge ferme / et lautre le repouſſeEt quant ilz ont aſſez long tempstourne[1470]Et enuiron lun lautre contourneCeſtuy Gillon cherchant ſa malencontreDonne le choc pꝛemier a la rencontreSi en leſtour / me demandez quon fitIe dis / que luy maleureux deſconfit[1475]Tourna le doz / faiſant ſonner retraicteEt a Soiſſons ſen fuyt dune traictePource que la ſoubz ladueu des RommainsAuoit eſte gouuerneur des iours maintzLa en douleur peine calamite[1480]Ennuy / trauail / et gꝛiefue extremiteDe diuers maulx ſoubz leſquelz on deſuieIl conſumma le ſurplus de ſa vieSiagꝛius ſon filz et ſucceſſeurIl delaiſſa pour eſtre poſſeſſeur[1485]De la cite / en la charge et conduycteDe gouuerneur / tant quelle fut reduytte.
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§Se le liseur poursuyt ceste matiere,Il trouvera Childerich Childéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) rappelléEt le Rommain, ainsi que ung rat pelé1,Dedans Soissons chassé en sa ratiere.
[1275]Considerans telles exactïons,Maulx infiniz et executïonsDe ce GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric, les princes, ducz et comtes,Esmerveillez d'ouÿr+de ainsy [Vat966] faire telz+ces [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Cha514, BnFfr5299, Vat966] comptes,En lamentable et douloureux record[1280]S'assemblent tous et, de+d'ung [BnFfr17274] commun accord,Mandent querir GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier, pour sçavoirQuel bon remede on doye ou puisse avoir.Luy arrivé, quelc'un d'entr'eulx reciteLe cas piteux qui à rumeur excite[1285]Grands et petitz sur ce crüel tirantQui vie et biens des+de ses [Aix419] subjectz va tirant.Les crüaultez, opprobres, +et [Aix419] calumpnies,Oppressïons, angoisses, tyrannies,Peuples pillez+pillantz [Aix419], nobles executez,[1290]Povres enfans destruictz, persecutezDu bon GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier aux princes de FranceEt affligez de passïons mortelles,Voyans mourir leurs peres de mortz telles,Le proposant+proferant [BnFfr17274] à l'heure ne celaTout proferer, allegant sur cella[1295]Estre besoing chasser telle personneDe qui le bruyt si mal en appert sonne.Quant bien au long eut ce conté et dit,Au nom de tous uniz d'un mesme edit,À GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier mect la besoigne toute,[1300]Luy requerant conseil sur ceste doubte2.Lors respondit les motz, ou à peu prés,Comme les ay redigez cy aprés :§« Certes, seigneurs, ce n'est pas de merveilleSe fier despit vous afflige+affiert [BnFfr23145] et traveille[1305]Et veult voz cueurs contristez+contrister [Aix419] envahir.Si ne me puys ores trop esbahirDes vostres tant muables inconstancesDont huy perdez +vous [BnFfr4967]honneurs, biens+biens, honneurs [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] et substances.Comment celluy qu'avez choysi, esleu[1310]Quis+Qui [Aix419], honnoré, chery et bien voulu,Tant mesprisez qu'il faille qu'on s'en+se [Vat966] deuilleEt qu'il n'y+om. [BnFfr4967] ait ung seul qui bien luy vueille ?Jugé l'avez digne de bien regnerEt pour vous tous instruyre et gouverner.[1315]S'il a mal fait en l'ayant mys à mesmes,Remonstrance de GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier aux princesOn ne s'en peult prendre fors à vous mesmes.Et mesmement qu'est bon, ainsi qu'on oyt+voyt [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299],Mectre en+à [BnFfr17274] son doy l'herbe que l'on congnoist3,O incensez ! Quelle forcenerie,[1320]Quelle furie et mais faulsonnerie4Vous tint alors quant, pour ung temporelMenu plaisir, le vostre naturelPrince et seigneur, qui ne peult pas estre ange,Chassastes hors pour eslire ung estrange ?[1325]Estrange, diz je, estrange inveteréEt de fureur odïeuse alteré !Sa personne est à present desdaigneePource qu'il a sa main ou sang baignee+om. [BnFfr4967]De voz parentz et que par mort a mys[1330]À fin plusieurs de voz prouchains amys.Se bien eussez+eussiés [BnFfr17274]eussiez [BnFfr23145, Aix419, Cha514, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299] toutes choses pensees,Rememorans les injures passeesFaictes par vous à luy et aux Rommains,Jamais +à [BnFfr4967] telz tours lasches et inhumains[1335]N'eussiez voulu à vostre prince faire.Ha,+A [BnFfr17274] messeigneurs, considerez l'affaire,Considerez que vostre jeune royQui ores est en exil soubz l'arroyDu sien amy, roy des Thurins, Bissine+Lyssine [BnFfr17274]Basin (V siècle — 510)Roi de Thuringe5,[1340]Lequel avez destitüé en signeDu rappel de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) par GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric IerD'estre vengez poursa+la [Aix419] lubricité,Luy qui estoit alleché, excitéEt incliné à voluptez charnelles,Encor+Encores [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] estoit plus tollerable en elles+celles [BnFfr17274],[1345]Veu qu'il pouoit possible à traict de tempsSe corriger et vous rendre contentz+comptentz [Aix419],Que ce+se [Cha514] crüel tirant et fier haulsaire,Qui de nature est le vostre adversaire,Et qui de vous, par force, jouÿra[1350]À sang espandre ! Aussi s'esjouÿraTant que de vous ayt la liberté quiseQui jadis fut par voz armes concquise+ acquise [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514, BnFfr5299, Vat966] !+om. [BnFfr4967]Celluy que avez degecté tout clement+clerement [BnFfr23145],Doulx et benign, pourra facillement[1355]Estre appaisé, oubliant les injuresEt mauvais tours des siens subjectz parjures6. »§Incontinent qu'il a son dict finy,Des princes, tous par conseil diffiny,Les voluntez vers ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) se plient[1360]Et le seigneur de+om. [BnFfr4967]GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier supplientQue de sa grace il en vueille manderUng mot au roy. Mieulx n'eust sceu demander,Car ilz luy font d'eulx mesmes la requesteDont, s'il+il [Aix419] osast, voulsist bien faire queste.[1365]Aprés jurer le cas tenir+tenir le cas [BnFfr23145] secret,Le messaige de GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier arrive vers ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) en exilDe là se part, choysit homme discret,Bien diligent et expert à sa poste,Et dès ce jour, au roy, l'envoye en poste,Acomplissant ce qu'il avoit promys.[1370]Le messaigier, sur les champs+envoyé [Aix419], n'a prou mysÀ gaigner temps et, selon l'exigenceDu cas, il fait si bonne diligenceQu'en briefz jours va+vient [BnFfr17274]om. [Aix419] vers les deux roys estantAu dit paÿs de Thuringe où, huyt ans[1375]Que cest exil dura, furent ensemble7.Mais dictes moy ores qu'il vous en sembleQuel heur, quel bien, quelle joye et plaisirDebvoit+De veoir [Vat966] le cueur de ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) saisir,Quant il congneut, par effect+effaict [BnFfr23145], la partie[1380]Du besant d'or à la sienne impartie !Et quel espoir receut, en les+le [BnFfr17274] mectantL'une avec l'autre, en ce qu'il ayme tant !Je laisseray penser lïesse telleÀ ceulx qui ont receu le plaisir d'elle.[1385]§Or cella sceu+om. [BnFfr4967], ung jour ou deux aprés,Du desloger fait faire ses apprestz8.Gens et chevaulx son bon hoste luy livre,Maint marc d'argent et mais d'or mainte livre9.Dès le+ce [Aix419] jour, mande à GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier que tost[1390]Aille au devant de luy, equippé d'ostChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) part pour retourner en FranceTel qu'il congnoist luy estre necessairePour expulser son mortel adversaire.Tout cela fait, il fault presuposerQue de partir se sceut bien disposer10.+om. [BnFfr4967][1395]Si print congé de son+ce [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514]11 bon roy BissineBasin (V siècle — 510)Roi de ThuringeEt de la royne aussi, dame BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) ,Qui en son cueur porta telle douleurQue force fut luy veoir changer couleur,Car elle estoit d'une estincelle attaincte[1400]Qui de longtemps ne se trouva extaincte.Mais orendroit +ores endroit [BnFfr17274]n'en parlerons nous+nous n'en parlerons [BnFfr17274] point,Icy aprés se+s'en [BnFfr17274] dira mieulx à point12.§Quant GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier eut receu le messaigeDe ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , ainsi+om. [BnFfr4967] que ung homme saige,[1405]Sans mener bruyt, fist+faict [BnFfr17274] son armee à part.Pareillement, les princes, de leur part,Mirent aux champs, comme une chose emblee,De gentz armez bonne et grosse assemblee13.Donc pourra bien le roy, dorenavant,[1410]Veoir ses amys luy aller au devant.Nouvelle telle à peine se destourne,Ja court ung bruyt que ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) retourne.Et mesmement aux dames bien souvientDire en secret : « commere+commert [BnFfr4967] , le roy vient ! »[1415]Bon sang, aussi, ne peult mentir a l'heureGuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier et les princes vont au devant de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) à BarQu'il sent+s'en [BnFfr4967] venir sa fortune meilleure14.§Tant GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier que seigneurs, le saichantzFort approucher, se mectent sur les champsEt, advertiz de sa majesté saine[1420]Estre desja logee+logé [BnFfr17274] à Bar sur Seine,Droit là s'en vont, au plus tost qu'ilz ont sceu,Où chascun d'eulx se trouva bien receu.Et ne leur tint le roy parolle chiereMais, dessus tous, à GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ierfist+faict [BnFfr17274] chere[1425]Si bonne qu'onc ne fut receptïonQui obtint lieu de telle acceptïon15.Pour reciter la pleine jouyssanceDu doulx plaisir de leur esjouyssance,Le bon propos+Les bons propoz [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514], le gracieux accueil,[1430]Les grandz salutz si trés honnestes que œilSceut jamais veoir, les doulces embracees,Feuz allumez, belles tables dressees,Vins+Vin [BnFfr17274, Vat966, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145, Aix419, Cha514] et vïande offers à tous venans,Petitz enfans joyeux chantz demenans,[1435]Crians « Noël » sans plus vouloir que rire,Qui ceste chose au long vouldroit descripreIl ne seroit à peine jamais jour,Plus tost iroye en Inde la majourQue avoir conté la façon et maniere[1440]De tel trïumphe et feste si planiere !GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric mect son ost au devant de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) Pour ce m'en tais, car la pensee en tientPlus que papier par lectre n'en contient16.Or ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , actendant ses armeesEnsemble veoir joinctes et bien fermees,[1445]Fut conseillé des princes, en ce jour+sejour [Aix419],Faire au dit lieu de Bar quelque sejourPour, ce pendant, son camp sur le point mectreD'ordre acomplie17. Et sans riens y obmectre,GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric ayant consideratïon[1450]À la venue et conspiratïon,Se actend assez d'en+en [BnFfr23145] avoir une estraincte18.Par quoy, soudain, son armee a contrainctePrendre les champs et, dès soleil levant,La fait marcher pour aller au devant[1455]De ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , en ordre de bataille,Pensant que tout rompe+rompre [BnFfr4967], trenche et detailleCe qu'il pourra par la voye encontrer+rencontrer [BnFfr23145],Ainsi qu'on cuyde ennemys acoustrer.Mais GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier, ducteur de l'avant garde,[1460]Bien saigement de luy se donnant garde,Fist desployer au vent ses estendardz,Si plein de cueur de prouësse et tant de artzQu'on ne luy peult en riens donner reproche.Adonc les ostz font l'un de l'autre approche :[1465]L'un marche attraict, l'autre va l'entrepas,La fuyte et fin de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric à Soyssons où il mourut miserablementL'un fort se guecte et l'autre ne dort pas,Avans coureux+coureurs [Cha514] se donnent la secousse,L'un charge ferme et l'autre le repousse.Et quant ilz ont assez long temps+ couru [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966]tourné[1470]Et environ l'un l'autre+Viré, boutté, sailly et [BnFfr17274]Virevousté, sailly et [BnFfr23145, Aix419]Viré, monsté, sailly et [BnFfr4967, BnFfr5299]Viré, bousté, sailly et [Vat966]Viré, vousté, sailly et [Cha514]19 contourné,Cestuy GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric, cherchant sa malencontre,Donne le choc premier à la rencontre.Si, en l'estour, me demandez qu'on fit,Je dis que luy, maleureux,+maleureux et [Aix419] desconfit,[1475]Tourna le+les [BnFfr17274] doz faisant sonner retraicte20Et, à Soissons, s'en füyt d'une traicte,Pource que là soubz l'adveu des Rommains,Avoit esté gouverneur des jours maintz.Là, en douleur, peine, +et [BnFfr23145] calamité,[1480]Ennuy, travail et griefve extremité,De divers maulx soubz lesquelz on desvie,Il consumma le surplus de sa vie.SïagrïusSyagrius (430 — 487)Général gallo-romain, son filz et successeur,Il delaissa pour estre possesseur[1485]De la cité, en la charge et conduycteDe gouverneur, tant qu'elle fut reduytte21.
Dans la querelle contre Clément Marot, François Sagon utilise ce calembour pour désigner avec mépris son adversaire, « rat pelé » de son exil italien en 1538. Se réclamant de l'autorité de Cretin (voir page Mentions), il n'est sans doute pas anodin qu'il lui reprenne ce calembour pour désigner Marot.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31) : « Quant li autre baron virent la cruauté de Gilon, il furent forment esmeu contre lui ; lors traistrent à Guinement, par cui conseil Giles faisoit ce ; mès il ne le savoient mie ; à lui se descovrirent en compleignant de Gilon qui telz cruautez faisoit. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « De laquelle crudelité les seigneurs esmeuz et espouentez parlerent à Guynemault, accusans la crudelité de Gillon. »
Guinement semble suggérer qu'il n'est pas normal que le roi des francs se trouve subordonné et inférieur au prestige (« sous l'arroy ») du roi des Turins, Basin.
Cette longue prise de parole reflète ce que Cretin trouve dans ses deux sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31-32) : « Il [Guinement] leur respondi que moult se mervelloit de la legiereté et de la muableté de leur cuers, quant il se plaignoient jà de celui que il avoient tant loé un poi devant et jugié digne dou regne ; puis leur dist : « Quel forsenerie vous demenoit quant vous getastes fors de son regne vostre droit seigneur né de vostre gent, et vous souzmeistes à un orguelleus d'aliene nation. Mais par aventure vous me respondrez que ce fu pour sa luxure, et je vous demant pour quoi vous vous plegniez de celui que vous esleustes par desus vostre seigneur lige ! Vous avez despit et chacié vostre roi, né et crié de vous meismes, qui estoit debonaires par nature et peust encore estre plus debonaire et profitables au roiaume s'il eust lessié la joliveté de son cors, que il ne maintenist pas touz jors. Si avez pris un tyrant que vous deussiez eschiver et douter pour ce que il est nez d'estrange nation. Mais se vous volez croire mon conseil, je vous lo que vous le rapelez et que vous li rapaisiez son cuer que il a troublé vers vous pour la honte que vous li avez faite. Certes ce est moult dure chose que vous ne povez souffrir la luxure d'un seul home, et vous souffrez la perdition de tant de nobles princes ». » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Ausquelz Guynemault dist : « Je m'emerveille (dist il) de vostre inconstance qui totallement avez en horreur et abhomination le roy par vous esleu. Desirez vous Childeric, lequel de vous destitué pour sa lubricité est maintenant en exil parmy les Thurins ? Saichez que plus tollerablement eussiez souffert ung homme luxurieux que celluy lequel est cruel et meurdrier. Cestuy là, durant sa jeunesse alleché aux voluptez charnelles, se fust corrigé et amendé par succession de temps, et bien tost aprés. Mais cestuy Rommain, lequel naturellement vous est adversaire, s'esjouyra en l'effuzion de vostre sang, jusques ad ce que ayez perdu la liberté que par armes avez acquise. Et est la malladye beaucoup plus griefve laquelle n'est secourure par medecine. Celluy que vous avez dejecté est plain de clemence et benignité, et rappellé, facillement oubliera les injures, lequelles [sic] luy ont esté faictes. » »
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Li baron qui furent encoragié de ces paroles (car bien leur sembloit que il deist voir), et esmeu contre Gilon le Romain, respondirent : « Nous nous repentons moult de la honte et des vilenies que nous avons fetes à nostre propre roi, et se nous saviens là où l'en le peust trover, nous envoissens à lui messages et li priissons humblement que il retornast à son regne. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv est plus bref : « De ces parolles les Françoys persuadez et appaisez, par le conseil de Guynemault secretement rappellerent Childeric. » La longueur du règne d'Aegidius est reprise à Gaugin-Desrey, fol. Vv, qui dit au moment de clore le récit de sa vie : « après qu'il eut regné huyt ans ».
Cretin amplifie considérablement ses sources et leur donne un tour dramatique. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel [Childéric] recevant l'aultre partye de l'escu ou denyer d'or dont cy dessus est faicte mention seurement retourna aux Françoys. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Quant li rois Childeris out le message receu, et il out la verité seue par le tesmoignage de la partie dou besant, il retorna liement en France. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32-33) : « Quant il fu mi-voie, il manda Guinemant son loial ami que il li venist à l'encontre isnelement » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv, l'initiative revient à Guinement : « Guynemault, adverty de son retour, alla au devant de luy. »
Curieusement, vu le soin de Cretin à suggérer que Childéric ne saurait être véritablement sous la tutelle d'un roi étranger, ce possessif surprend (à moins qu'il n'ait une valeur antiphrastique ou hypocoristique ?).
La constitution de deux armées est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil Guinement i vint à grant compagnie des barons... »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Guynemault adverty de son retour alla au devant de luy et le enhorta de demourer au chasteau de Bar qui est en Champaigne. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil i vint à grant compagnie des barons droit à un chastel qui est apelez Bar, puis commanda aus bourjois et au pople de la vile que il receussent le roi leur seigneur honorablement. Cil, qui volentiers le firent, le reçurent à grant joie e tli firent tant d'oneur com il porent. Moult leur en sot li rois bon gré, et pour l'oneur que il li orent faite selonc sa liberalité les frachi du treü que la vile li devoit touz les anz. Grant joie li firent li baron et moult s'umilierent vers lui. »
Cette prudence est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Leurs forces joinstrent ensemble pour aler sus Gilon ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Auquel lieu son armee augmentee et enforcie prepara bataille à l'encontre de Gillon. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Gilon, qui jà par aventure s'estoit aperceuz de la conspiration que il avoient fete contre lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel admonnesté de ceste conspiration, assembla grant compaignee de gens d'armes. »
Cretin invente tout le récit de la bataille que mentionnent brièvement ses sources. GCF, liv. 1, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « A lui se combatirent et le desconfirent en la premiere bataille. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « [Aegidius] donna l'assault à Childeric par lequel, vaincu,... »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Il s'enfui, et s'en ala en la cité de Soisons que il tenoit. Là demora tout le remanant de sa vie. Quant morz fu, Siagres uns siens fiuz tint la cité après lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « après qu'il eut regné huyt ans, se retira à Suessons, où en tristesse et calamité, in sonsomma le residu de sa vie, et delaissa ung filz nommé Syagrius, son heritier et successeur. »
§Se le liſeur pourſuyt ceſte matiereIl trouuera Childerich rappelleEt le Rommain ainſi que vng rat peleDedans Soiſſons chaſſe en ſa ratiere.
§Chapitre ixe.
[1275]COnſiderans telles exactionsMaulx infiniz / et executionsDe ce Gillon / Les pꝛinces / ducz et comtesEſmerueillez douyꝛ faire telz comptesEn lamentable et douloureux recoꝛd[1280]Saſſemblent tous /. Et de commun accoꝛdMandent querir Guynemault /. pour ſcauoirQuel bon remede on doye ou puiſſe auoirLuy arriue /. quelcun dentreulx reciteLe cas piteux / qui a rumeur excite[1285]Gꝛands et petitz ſur ce cruel tirantQui vie et biens des ſubiectz va tirantLes cruaultez / oppꝛobꝛes / calumpniesOppꝛeſſions / angoiſſes / tyꝛanniesPeuples pillez / nobles executez[1290]Poures enfans deſtruictz / perſecutezDu bon Guynemault aux princes de france.Et affligez de paſſions moꝛtellesVoyans mourir leurs peres de moꝛtz tellesLe pꝛopoſant a lheure ne celaTout pꝛoferer / Allegant ſur cella[1295]Eſtre beſoing chaſſer telle perſonneDe qui le bꝛuyt ſi mal en appert ſonneQuant bien au long eut ce conte et ditAu nom de tous vniz dun meſme editA Guynemault mect la beſoigne toute[1300]Luy requerant conſeil ſur ceſte doubteLoꝛs reſpondit les motz / ou a peu pꝛesComme les ay redigez cy apꝛes §Certes ſeigneurs / ce neſt pas de merueilleSe fier deſpit vous afflige et traueille[1305]Et veult voz cueurs contriſtez enuahirSi ne me puys oꝛes trop eſbahirDes voſtres tant muables inconſtancesDont huy perdez honneurs / biens / et ſubſtancesComment celluy quauez choyſi / eſleu[1310]Quis / honnoꝛe / chery / et bien vouluTant meſpꝛiſez / quil faille quon ſen deuilleEt quil n y ait vng ſeul qui bien luy vueille Iuge lauez digne de bien regnerEt pour vous tous inſtruyꝛe et gouuerner[1315]Sil a mal fait en layant mys a meſmesRemonſtrance de Guynemault aux princes.Fo XXXIIOn ne ſen peult pꝛendꝛe foꝛs a vous meſmesEt meſmement queſt bon ainſi quon oytMectre en ſon doy / lherbe que lon congnoiſtO incenſez / Quelle foꝛcenerie[1320]Quelle furie / et mais faulſonnerieVous tint aloꝛs / quant pour vng tempoꝛelMenu plaiſir / Le voſtre naturelPꝛince et ſeigneur / qui ne peult pas eſtre angeChaſſaſtes hoꝛs / pour eſlire vng eſtrange ?[1325]Eſtrange diz ie / Eſtrange inuetereEt de fureur odieuſe altere Sa perſonne eſt a pꝛeſent deſdaigneePource quil a ſa main / ou ſang baigneeDe voz parentz /. Et que par moꝛt a mys[1330]A fin / pluſieurs de voz pꝛouchains amysSe bien euſſez toutes choſes penſeesRememoꝛans les iniures paſſeesFaictes par vous a luy et aux RommainsIamais telz tours laſches et inhumains[1335]Neuſſiez voulu a voſtre pꝛince faireHa meſſeigneurs / conſiderez laffaireConſiderez que voſtre ieune royQui oꝛes eſt en exil ſoubz larroyDu ſien amy (roy des| Thurins) Biſſine[1340]Lequel auez deſtitue en ſigneDu rappel de Childerich par Guynemault.Deſtre vengez poᷣ. ſa lubꝛiciteLuy qui eſtoit alleche / exciteEt incline a voluptez charnellesEncoꝛ eſtoit plus tollerable en elles[1345]Veu quil pouoit poſſible a traict de tempsSe coꝛriger / et vous rendꝛe contentzQue ce cruel tirant et fier haulſaireQui de nature eſt le voſtre aduerſaireEt qui de vous par foꝛce iouyꝛa[1350]A ſang eſpandꝛe / auſſi ſeſiouyꝛaTant que de vous ayt la liberte quiſeQui iadis fut par voz armes concquiſeCelluy que auez degecte tout clementDoulx et benign pourra facillement[1355]Eſtre appaiſe / oubliant les iniuresEt mauuais tours des ſiens ſubiectz pariures§Incontinent quil a ſon dict finyDes pꝛinces tous par conſeil diffinyLes voluntez vers Childerich ſe plient[1360]Et le ſeigneur de Guynemault ſupplientQue de ſa gꝛace il en vueille manderVng mot au roy./ Mieulx neuſt ſceu demanderCar ilz luy font deulxmeſmes la requeſteDont ſil oſaſt voulſiſt bien faire queſte[1365]Apꝛes iurer le cas tenir ſecretLe meſſaige de Guynemault arriue vers Childerich en exil.Fo XXXIIIDe la ſe part choyſit homme diſcret.Bien diligent et expert a ſa poſteEt des ce iour au roy lenuoye en poſteAcompliſſant ce quil auoit pꝛomys[1370]Le meſſaigier ſur les champs na pꝛou mysA gaigner temps /. et ſelon lexigenceDu cas / il fait ſi bonne diligenceQuen bꝛiefz iours va vers les deux roys / eſtantAu dit pays de Thuringe / Ou huyt ans[1375]Que ceſt exil dura / furent enſembleMais dictes moy oꝛes quil vous en ſembleQuel heur / quel bien / quelle ioye et plaiſirDebuoit le cueur de Childeric ſaiſirQuant il congneut par effect / la partie[1380]Du beſant doꝛ a la ſienne impartie Et quel eſpoir receut en les mectantLune auec lautre / en ce quil ayme tant Ie laiſſeray penſer lieſſe telleA ceulx qui ont receu le plaiſir delle[1385]§Oꝛ cellaſceu /. vng iour ou deux apꝛesDu deſloger fait faire ſes appꝛeſtzGens et cheuaulx ſon bon hoſte luy liureMaint marc dargent / et mais doꝛ mainte liureDes le iour mande a Guynemault que toſt[1390]Aille au deuant de luy equippe doſtChilderich part pour retourner en franceTel quil congnoiſt luy eſtre neceſſairePour expulſer ſon moꝛtel aduerſaireTout cela fait / (Il fault pꝛeſupoſerQue de partir ſe ſceut bien diſpoſer[1395]Si pꝛint conge de ſon bon roy BiſſineEt de la royne auſſi dame BaſineQui en ſon cueur poꝛta telle douleurQue foꝛce fut luy veoir changer couleurCar elle eſtoit dune eſtincelle attaincte[1400]Qui de longtemps ne ſe trouua extaincteMais oꝛendꝛoit nen parlerons nous pointIcy apꝛes ſe dira mieulx a point§Quant Guynemault|eut|receu le meſſaigeDe Childerich / Ainſi que vng homme ſaige[1405]Sans mener bꝛuyt / fiſt ſon armee a partPareillement les pꝛinces de leur partMirent aux champs comme vne choſe embleeDe gentz armez bonne et gꝛoſſe aſſembleeDonc pourra bien le roy doꝛenauant[1410]Veoir ſes amys luy aller au deuantNouuelle telle a peine ſe deſtourneIa court vng bꝛuyt que Childeric retourneEt meſmement aux dames bien ſouuientDire en ſecret /. Commere . le roy vient [1415]Bon ſang auſſi ne peult mentir a lheureGuynemault et les princes vont au deuant de Childerich. a Bar.Fo XXXIVQuil ſent venir ſa foꝛtune meilleure§Tant Guynemault que ſeigneurs le ſaichantzFoꝛt appꝛoucher /. ſe mectent ſur les champsEt aduertiz de ſa maieſte ſaine[1420]Eſtre deſia logee a Bar ſur SeineDꝛoit la ſen vont / au plus toſt quilz ont ſceuOu chaſcun deulx ſe trouua bien receuEt ne leur tint le roy parolle chiereMais deſſus tous / a Guynemault fiſt chere[1425]Si bonne / quonc ne fut receptionQui obtint lieu de telle acceptionPour reciter la pleine iouyſſanceDu doulx plaiſir de leur eſiouyſſanceLe bon pꝛopos / Le gꝛacieux accueil[1430]Les gꝛandz ſalutz ſi tres honneſtes que œilSceut iamais veoir /. Les doulces embꝛaceesFeuz allumez / belles tables dꝛeſſeesVins et viande offers a tous venansPetitz enfans ioyeux chantz demenans[1435]Crians Noel / ſans plus vouloir que rireQui ceſte choſe au long vouldꝛoit deſcripꝛeIl ne ſeroit a peine iamais iourPlus toſt iroye en Inde la maiourQue auoir conte la facon et maniere[1440]De tel triumphe et feſte ſi planiere Gillon mect ſon oſt au deuant de Childerich.Pour ce men tais. Car la penſee en tientPlus que papier par lectre nen contientOꝛ Childerich actendant ſes armeesEnſemble veoir ioinctes et bien fermees[1445]Fut conſeille des pꝛinces en ce iourFaire audit lieu de Bar quelque ſeiourPour ce pendant ſon camp ſur le point mectreDoꝛdꝛe acomplie / et ſans riens y obmectreGillon ayant conſideration[1450]A la venue / et conſpirationSe actend aſſez den auoir vne eſtrainctePar quoy ſoudain ſon armee a contrainctePꝛendꝛe les champs /. Et des ſoleil leuantLa fait marcher pour aller au deuant[1455]De Childerich / en oꝛdꝛe de bataillePenſant que tout rompe / trenche et detailleCe quil pourra par la voye encontrerAinſi quon cuyde ennemys acouſtrerMais Guynemault ducteur de lauantgarde[1460]Bien ſaigement de luy ſe donnant gardeFiſt deſployer au vent ſes eſtendardzSi plein de cueur de pꝛoueſſe et tant de artzQuon ne luy peult en riens donner repꝛocheAdonc les oſtz font lun de lautre appꝛoche [1465]Lun marche attraict / Lautre va lentrepas :La fuyte et fin de Gillon a Soyſſons ou il mourut miſerablemēt.Fo XXXVLun foꝛt ſe guecte / et lautre ne doꝛt pasAuans coureux ſe donnent la ſecouſſeLun charge ferme / et lautre le repouſſeEt quant ilz ont aſſez long tempstourne[1470]Et enuiron lun lautre contourneCeſtuy Gillon cherchant ſa malencontreDonne le choc pꝛemier a la rencontreSi en leſtour / me demandez quon fitIe dis / que luy maleureux deſconfit[1475]Tourna le doz / faiſant ſonner retraicteEt a Soiſſons ſen fuyt dune traictePource que la ſoubz ladueu des RommainsAuoit eſte gouuerneur des iours maintzLa en douleur peine calamite[1480]Ennuy / trauail / et gꝛiefue extremiteDe diuers maulx ſoubz leſquelz on deſuieIl conſumma le ſurplus de ſa vieSiagꝛius ſon filz et ſucceſſeurIl delaiſſa pour eſtre poſſeſſeur[1485]De la cite / en la charge et conduycteDe gouuerneur / tant quelle fut reduytte.
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§Se le liseur poursuyt ceste matiere,Il trouvera Childerich Childéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) rappelléEt le Rommain, ainsi que ung rat pelé1,Dedans Soissons chassé en sa ratiere.
[1275]Considerans telles exactïons,Maulx infiniz et executïonsDe ce GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric, les princes, ducz et comtes,Esmerveillez d'ouÿr+de ainsy [Vat966] faire telz+ces [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Cha514, BnFfr5299, Vat966] comptes,En lamentable et douloureux record[1280]S'assemblent tous et, de+d'ung [BnFfr17274] commun accord,Mandent querir GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier, pour sçavoirQuel bon remede on doye ou puisse avoir.Luy arrivé, quelc'un d'entr'eulx reciteLe cas piteux qui à rumeur excite[1285]Grands et petitz sur ce crüel tirantQui vie et biens des+de ses [Aix419] subjectz va tirant.Les crüaultez, opprobres, +et [Aix419] calumpnies,Oppressïons, angoisses, tyrannies,Peuples pillez+pillantz [Aix419], nobles executez,[1290]Povres enfans destruictz, persecutezDu bon GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier aux princes de FranceEt affligez de passïons mortelles,Voyans mourir leurs peres de mortz telles,Le proposant+proferant [BnFfr17274] à l'heure ne celaTout proferer, allegant sur cella[1295]Estre besoing chasser telle personneDe qui le bruyt si mal en appert sonne.Quant bien au long eut ce conté et dit,Au nom de tous uniz d'un mesme edit,À GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier mect la besoigne toute,[1300]Luy requerant conseil sur ceste doubte2.Lors respondit les motz, ou à peu prés,Comme les ay redigez cy aprés :§« Certes, seigneurs, ce n'est pas de merveilleSe fier despit vous afflige+affiert [BnFfr23145] et traveille[1305]Et veult voz cueurs contristez+contrister [Aix419] envahir.Si ne me puys ores trop esbahirDes vostres tant muables inconstancesDont huy perdez +vous [BnFfr4967]honneurs, biens+biens, honneurs [BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] et substances.Comment celluy qu'avez choysi, esleu[1310]Quis+Qui [Aix419], honnoré, chery et bien voulu,Tant mesprisez qu'il faille qu'on s'en+se [Vat966] deuilleEt qu'il n'y+om. [BnFfr4967] ait ung seul qui bien luy vueille ?Jugé l'avez digne de bien regnerEt pour vous tous instruyre et gouverner.[1315]S'il a mal fait en l'ayant mys à mesmes,Remonstrance de GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier aux princesOn ne s'en peult prendre fors à vous mesmes.Et mesmement qu'est bon, ainsi qu'on oyt+voyt [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299],Mectre en+à [BnFfr17274] son doy l'herbe que l'on congnoist3,O incensez ! Quelle forcenerie,[1320]Quelle furie et mais faulsonnerie4Vous tint alors quant, pour ung temporelMenu plaisir, le vostre naturelPrince et seigneur, qui ne peult pas estre ange,Chassastes hors pour eslire ung estrange ?[1325]Estrange, diz je, estrange inveteréEt de fureur odïeuse alteré !Sa personne est à present desdaigneePource qu'il a sa main ou sang baignee+om. [BnFfr4967]De voz parentz et que par mort a mys[1330]À fin plusieurs de voz prouchains amys.Se bien eussez+eussiés [BnFfr17274]eussiez [BnFfr23145, Aix419, Cha514, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299] toutes choses pensees,Rememorans les injures passeesFaictes par vous à luy et aux Rommains,Jamais +à [BnFfr4967] telz tours lasches et inhumains[1335]N'eussiez voulu à vostre prince faire.Ha,+A [BnFfr17274] messeigneurs, considerez l'affaire,Considerez que vostre jeune royQui ores est en exil soubz l'arroyDu sien amy, roy des Thurins, Bissine+Lyssine [BnFfr17274]Basin (V siècle — 510)Roi de Thuringe5,[1340]Lequel avez destitüé en signeDu rappel de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) par GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric IerD'estre vengez poursa+la [Aix419] lubricité,Luy qui estoit alleché, excitéEt incliné à voluptez charnelles,Encor+Encores [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967] estoit plus tollerable en elles+celles [BnFfr17274],[1345]Veu qu'il pouoit possible à traict de tempsSe corriger et vous rendre contentz+comptentz [Aix419],Que ce+se [Cha514] crüel tirant et fier haulsaire,Qui de nature est le vostre adversaire,Et qui de vous, par force, jouÿra[1350]À sang espandre ! Aussi s'esjouÿraTant que de vous ayt la liberté quiseQui jadis fut par voz armes concquise+ acquise [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514, BnFfr5299, Vat966] !+om. [BnFfr4967]Celluy que avez degecté tout clement+clerement [BnFfr23145],Doulx et benign, pourra facillement[1355]Estre appaisé, oubliant les injuresEt mauvais tours des siens subjectz parjures6. »§Incontinent qu'il a son dict finy,Des princes, tous par conseil diffiny,Les voluntez vers ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) se plient[1360]Et le seigneur de+om. [BnFfr4967]GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier supplientQue de sa grace il en vueille manderUng mot au roy. Mieulx n'eust sceu demander,Car ilz luy font d'eulx mesmes la requesteDont, s'il+il [Aix419] osast, voulsist bien faire queste.[1365]Aprés jurer le cas tenir+tenir le cas [BnFfr23145] secret,Le messaige de GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier arrive vers ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) en exilDe là se part, choysit homme discret,Bien diligent et expert à sa poste,Et dès ce jour, au roy, l'envoye en poste,Acomplissant ce qu'il avoit promys.[1370]Le messaigier, sur les champs+envoyé [Aix419], n'a prou mysÀ gaigner temps et, selon l'exigenceDu cas, il fait si bonne diligenceQu'en briefz jours va+vient [BnFfr17274]om. [Aix419] vers les deux roys estantAu dit paÿs de Thuringe où, huyt ans[1375]Que cest exil dura, furent ensemble7.Mais dictes moy ores qu'il vous en sembleQuel heur, quel bien, quelle joye et plaisirDebvoit+De veoir [Vat966] le cueur de ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) saisir,Quant il congneut, par effect+effaict [BnFfr23145], la partie[1380]Du besant d'or à la sienne impartie !Et quel espoir receut, en les+le [BnFfr17274] mectantL'une avec l'autre, en ce qu'il ayme tant !Je laisseray penser lïesse telleÀ ceulx qui ont receu le plaisir d'elle.[1385]§Or cella sceu+om. [BnFfr4967], ung jour ou deux aprés,Du desloger fait faire ses apprestz8.Gens et chevaulx son bon hoste luy livre,Maint marc d'argent et mais d'or mainte livre9.Dès le+ce [Aix419] jour, mande à GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier que tost[1390]Aille au devant de luy, equippé d'ostChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) part pour retourner en FranceTel qu'il congnoist luy estre necessairePour expulser son mortel adversaire.Tout cela fait, il fault presuposerQue de partir se sceut bien disposer10.+om. [BnFfr4967][1395]Si print congé de son+ce [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514]11 bon roy BissineBasin (V siècle — 510)Roi de ThuringeEt de la royne aussi, dame BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) ,Qui en son cueur porta telle douleurQue force fut luy veoir changer couleur,Car elle estoit d'une estincelle attaincte[1400]Qui de longtemps ne se trouva extaincte.Mais orendroit +ores endroit [BnFfr17274]n'en parlerons nous+nous n'en parlerons [BnFfr17274] point,Icy aprés se+s'en [BnFfr17274] dira mieulx à point12.§Quant GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier eut receu le messaigeDe ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , ainsi+om. [BnFfr4967] que ung homme saige,[1405]Sans mener bruyt, fist+faict [BnFfr17274] son armee à part.Pareillement, les princes, de leur part,Mirent aux champs, comme une chose emblee,De gentz armez bonne et grosse assemblee13.Donc pourra bien le roy, dorenavant,[1410]Veoir ses amys luy aller au devant.Nouvelle telle à peine se destourne,Ja court ung bruyt que ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) retourne.Et mesmement aux dames bien souvientDire en secret : « commere+commert [BnFfr4967] , le roy vient ! »[1415]Bon sang, aussi, ne peult mentir a l'heureGuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier et les princes vont au devant de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) à BarQu'il sent+s'en [BnFfr4967] venir sa fortune meilleure14.§Tant GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier que seigneurs, le saichantzFort approucher, se mectent sur les champsEt, advertiz de sa majesté saine[1420]Estre desja logee+logé [BnFfr17274] à Bar sur Seine,Droit là s'en vont, au plus tost qu'ilz ont sceu,Où chascun d'eulx se trouva bien receu.Et ne leur tint le roy parolle chiereMais, dessus tous, à GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ierfist+faict [BnFfr17274] chere[1425]Si bonne qu'onc ne fut receptïonQui obtint lieu de telle acceptïon15.Pour reciter la pleine jouyssanceDu doulx plaisir de leur esjouyssance,Le bon propos+Les bons propoz [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514], le gracieux accueil,[1430]Les grandz salutz si trés honnestes que œilSceut jamais veoir, les doulces embracees,Feuz allumez, belles tables dressees,Vins+Vin [BnFfr17274, Vat966, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145, Aix419, Cha514] et vïande offers à tous venans,Petitz enfans joyeux chantz demenans,[1435]Crians « Noël » sans plus vouloir que rire,Qui ceste chose au long vouldroit descripreIl ne seroit à peine jamais jour,Plus tost iroye en Inde la majourQue avoir conté la façon et maniere[1440]De tel trïumphe et feste si planiere !GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric mect son ost au devant de ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) Pour ce m'en tais, car la pensee en tientPlus que papier par lectre n'en contient16.Or ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , actendant ses armeesEnsemble veoir joinctes et bien fermees,[1445]Fut conseillé des princes, en ce jour+sejour [Aix419],Faire au dit lieu de Bar quelque sejourPour, ce pendant, son camp sur le point mectreD'ordre acomplie17. Et sans riens y obmectre,GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric ayant consideratïon[1450]À la venue et conspiratïon,Se actend assez d'en+en [BnFfr23145] avoir une estraincte18.Par quoy, soudain, son armee a contrainctePrendre les champs et, dès soleil levant,La fait marcher pour aller au devant[1455]De ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , en ordre de bataille,Pensant que tout rompe+rompre [BnFfr4967], trenche et detailleCe qu'il pourra par la voye encontrer+rencontrer [BnFfr23145],Ainsi qu'on cuyde ennemys acoustrer.Mais GuynemaultGuinement (V siècle — )Conseiller de Childeric Ier, ducteur de l'avant garde,[1460]Bien saigement de luy se donnant garde,Fist desployer au vent ses estendardz,Si plein de cueur de prouësse et tant de artzQu'on ne luy peult en riens donner reproche.Adonc les ostz font l'un de l'autre approche :[1465]L'un marche attraict, l'autre va l'entrepas,La fuyte et fin de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric à Soyssons où il mourut miserablementL'un fort se guecte et l'autre ne dort pas,Avans coureux+coureurs [Cha514] se donnent la secousse,L'un charge ferme et l'autre le repousse.Et quant ilz ont assez long temps+ couru [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966]tourné[1470]Et environ l'un l'autre+Viré, boutté, sailly et [BnFfr17274]Virevousté, sailly et [BnFfr23145, Aix419]Viré, monsté, sailly et [BnFfr4967, BnFfr5299]Viré, bousté, sailly et [Vat966]Viré, vousté, sailly et [Cha514]19 contourné,Cestuy GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464)Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de
Childéric, cherchant sa malencontre,Donne le choc premier à la rencontre.Si, en l'estour, me demandez qu'on fit,Je dis que luy, maleureux,+maleureux et [Aix419] desconfit,[1475]Tourna le+les [BnFfr17274] doz faisant sonner retraicte20Et, à Soissons, s'en füyt d'une traicte,Pource que là soubz l'adveu des Rommains,Avoit esté gouverneur des jours maintz.Là, en douleur, peine, +et [BnFfr23145] calamité,[1480]Ennuy, travail et griefve extremité,De divers maulx soubz lesquelz on desvie,Il consumma le surplus de sa vie.SïagrïusSyagrius (430 — 487)Général gallo-romain, son filz et successeur,Il delaissa pour estre possesseur[1485]De la cité, en la charge et conduycteDe gouverneur, tant qu'elle fut reduytte21.
Dans la querelle contre Clément Marot, François Sagon utilise ce calembour pour désigner avec mépris son adversaire, « rat pelé » de son exil italien en 1538. Se réclamant de l'autorité de Cretin (voir page Mentions), il n'est sans doute pas anodin qu'il lui reprenne ce calembour pour désigner Marot.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31) : « Quant li autre baron virent la cruauté de Gilon, il furent forment esmeu contre lui ; lors traistrent à Guinement, par cui conseil Giles faisoit ce ; mès il ne le savoient mie ; à lui se descovrirent en compleignant de Gilon qui telz cruautez faisoit. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « De laquelle crudelité les seigneurs esmeuz et espouentez parlerent à Guynemault, accusans la crudelité de Gillon. »
Guinement semble suggérer qu'il n'est pas normal que le roi des francs se trouve subordonné et inférieur au prestige (« sous l'arroy ») du roi des Turins, Basin.
Cette longue prise de parole reflète ce que Cretin trouve dans ses deux sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31-32) : « Il [Guinement] leur respondi que moult se mervelloit de la legiereté et de la muableté de leur cuers, quant il se plaignoient jà de celui que il avoient tant loé un poi devant et jugié digne dou regne ; puis leur dist : « Quel forsenerie vous demenoit quant vous getastes fors de son regne vostre droit seigneur né de vostre gent, et vous souzmeistes à un orguelleus d'aliene nation. Mais par aventure vous me respondrez que ce fu pour sa luxure, et je vous demant pour quoi vous vous plegniez de celui que vous esleustes par desus vostre seigneur lige ! Vous avez despit et chacié vostre roi, né et crié de vous meismes, qui estoit debonaires par nature et peust encore estre plus debonaire et profitables au roiaume s'il eust lessié la joliveté de son cors, que il ne maintenist pas touz jors. Si avez pris un tyrant que vous deussiez eschiver et douter pour ce que il est nez d'estrange nation. Mais se vous volez croire mon conseil, je vous lo que vous le rapelez et que vous li rapaisiez son cuer que il a troublé vers vous pour la honte que vous li avez faite. Certes ce est moult dure chose que vous ne povez souffrir la luxure d'un seul home, et vous souffrez la perdition de tant de nobles princes ». » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Ausquelz Guynemault dist : « Je m'emerveille (dist il) de vostre inconstance qui totallement avez en horreur et abhomination le roy par vous esleu. Desirez vous Childeric, lequel de vous destitué pour sa lubricité est maintenant en exil parmy les Thurins ? Saichez que plus tollerablement eussiez souffert ung homme luxurieux que celluy lequel est cruel et meurdrier. Cestuy là, durant sa jeunesse alleché aux voluptez charnelles, se fust corrigé et amendé par succession de temps, et bien tost aprés. Mais cestuy Rommain, lequel naturellement vous est adversaire, s'esjouyra en l'effuzion de vostre sang, jusques ad ce que ayez perdu la liberté que par armes avez acquise. Et est la malladye beaucoup plus griefve laquelle n'est secourure par medecine. Celluy que vous avez dejecté est plain de clemence et benignité, et rappellé, facillement oubliera les injures, lequelles [sic] luy ont esté faictes. » »
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Li baron qui furent encoragié de ces paroles (car bien leur sembloit que il deist voir), et esmeu contre Gilon le Romain, respondirent : « Nous nous repentons moult de la honte et des vilenies que nous avons fetes à nostre propre roi, et se nous saviens là où l'en le peust trover, nous envoissens à lui messages et li priissons humblement que il retornast à son regne. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv est plus bref : « De ces parolles les Françoys persuadez et appaisez, par le conseil de Guynemault secretement rappellerent Childeric. » La longueur du règne d'Aegidius est reprise à Gaugin-Desrey, fol. Vv, qui dit au moment de clore le récit de sa vie : « après qu'il eut regné huyt ans ».
Cretin amplifie considérablement ses sources et leur donne un tour dramatique. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel [Childéric] recevant l'aultre partye de l'escu ou denyer d'or dont cy dessus est faicte mention seurement retourna aux Françoys. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Quant li rois Childeris out le message receu, et il out la verité seue par le tesmoignage de la partie dou besant, il retorna liement en France. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32-33) : « Quant il fu mi-voie, il manda Guinemant son loial ami que il li venist à l'encontre isnelement » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv, l'initiative revient à Guinement : « Guynemault, adverty de son retour, alla au devant de luy. »
Curieusement, vu le soin de Cretin à suggérer que Childéric ne saurait être véritablement sous la tutelle d'un roi étranger, ce possessif surprend (à moins qu'il n'ait une valeur antiphrastique ou hypocoristique ?).
La constitution de deux armées est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil Guinement i vint à grant compagnie des barons... »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Guynemault adverty de son retour alla au devant de luy et le enhorta de demourer au chasteau de Bar qui est en Champaigne. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil i vint à grant compagnie des barons droit à un chastel qui est apelez Bar, puis commanda aus bourjois et au pople de la vile que il receussent le roi leur seigneur honorablement. Cil, qui volentiers le firent, le reçurent à grant joie e tli firent tant d'oneur com il porent. Moult leur en sot li rois bon gré, et pour l'oneur que il li orent faite selonc sa liberalité les frachi du treü que la vile li devoit touz les anz. Grant joie li firent li baron et moult s'umilierent vers lui. »
Cette prudence est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Leurs forces joinstrent ensemble pour aler sus Gilon ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Auquel lieu son armee augmentee et enforcie prepara bataille à l'encontre de Gillon. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Gilon, qui jà par aventure s'estoit aperceuz de la conspiration que il avoient fete contre lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel admonnesté de ceste conspiration, assembla grant compaignee de gens d'armes. »
Cretin invente tout le récit de la bataille que mentionnent brièvement ses sources. GCF, liv. 1, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « A lui se combatirent et le desconfirent en la premiere bataille. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « [Aegidius] donna l'assault à Childeric par lequel, vaincu,... »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Il s'enfui, et s'en ala en la cité de Soisons que il tenoit. Là demora tout le remanant de sa vie. Quant morz fu, Siagres uns siens fiuz tint la cité après lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « après qu'il eut regné huyt ans, se retira à Suessons, où en tristesse et calamité, in sonsomma le residu de sa vie, et delaissa ung filz nommé Syagrius, son heritier et successeur. »
Dans la querelle contre Clément Marot, François Sagon utilise ce calembour pour désigner avec mépris son adversaire, « rat pelé » de son exil italien en 1538. Se réclamant de l'autorité de Cretin (voir page Mentions), il n'est sans doute pas anodin qu'il lui reprenne ce calembour pour désigner Marot.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31) : « Quant li autre baron virent la cruauté de Gilon, il furent forment esmeu contre lui ; lors traistrent à Guinement, par cui conseil Giles faisoit ce ; mès il ne le savoient mie ; à lui se descovrirent en compleignant de Gilon qui telz cruautez faisoit. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « De laquelle crudelité les seigneurs esmeuz et espouentez parlerent à Guynemault, accusans la crudelité de Gillon. »
Guinement semble suggérer qu'il n'est pas normal que le roi des francs se trouve subordonné et inférieur au prestige (« sous l'arroy ») du roi des Turins, Basin.
Cette longue prise de parole reflète ce que Cretin trouve dans ses deux sources. GCF, liv. I, chap. 8 (vol. 1, p. 31-32) : « Il [Guinement] leur respondi que moult se mervelloit de la legiereté et de la muableté de leur cuers, quant il se plaignoient jà de celui que il avoient tant loé un poi devant et jugié digne dou regne ; puis leur dist : « Quel forsenerie vous demenoit quant vous getastes fors de son regne vostre droit seigneur né de vostre gent, et vous souzmeistes à un orguelleus d'aliene nation. Mais par aventure vous me respondrez que ce fu pour sa luxure, et je vous demant pour quoi vous vous plegniez de celui que vous esleustes par desus vostre seigneur lige ! Vous avez despit et chacié vostre roi, né et crié de vous meismes, qui estoit debonaires par nature et peust encore estre plus debonaire et profitables au roiaume s'il eust lessié la joliveté de son cors, que il ne maintenist pas touz jors. Si avez pris un tyrant que vous deussiez eschiver et douter pour ce que il est nez d'estrange nation. Mais se vous volez croire mon conseil, je vous lo que vous le rapelez et que vous li rapaisiez son cuer que il a troublé vers vous pour la honte que vous li avez faite. Certes ce est moult dure chose que vous ne povez souffrir la luxure d'un seul home, et vous souffrez la perdition de tant de nobles princes ». » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Ausquelz Guynemault dist : « Je m'emerveille (dist il) de vostre inconstance qui totallement avez en horreur et abhomination le roy par vous esleu. Desirez vous Childeric, lequel de vous destitué pour sa lubricité est maintenant en exil parmy les Thurins ? Saichez que plus tollerablement eussiez souffert ung homme luxurieux que celluy lequel est cruel et meurdrier. Cestuy là, durant sa jeunesse alleché aux voluptez charnelles, se fust corrigé et amendé par succession de temps, et bien tost aprés. Mais cestuy Rommain, lequel naturellement vous est adversaire, s'esjouyra en l'effuzion de vostre sang, jusques ad ce que ayez perdu la liberté que par armes avez acquise. Et est la malladye beaucoup plus griefve laquelle n'est secourure par medecine. Celluy que vous avez dejecté est plain de clemence et benignité, et rappellé, facillement oubliera les injures, lequelles [sic] luy ont esté faictes. » »
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Li baron qui furent encoragié de ces paroles (car bien leur sembloit que il deist voir), et esmeu contre Gilon le Romain, respondirent : « Nous nous repentons moult de la honte et des vilenies que nous avons fetes à nostre propre roi, et se nous saviens là où l'en le peust trover, nous envoissens à lui messages et li priissons humblement que il retornast à son regne. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv est plus bref : « De ces parolles les Françoys persuadez et appaisez, par le conseil de Guynemault secretement rappellerent Childeric. » La longueur du règne d'Aegidius est reprise à Gaugin-Desrey, fol. Vv, qui dit au moment de clore le récit de sa vie : « après qu'il eut regné huyt ans ».
Cretin amplifie considérablement ses sources et leur donne un tour dramatique. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel [Childéric] recevant l'aultre partye de l'escu ou denyer d'or dont cy dessus est faicte mention seurement retourna aux Françoys. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32) : « Quant li rois Childeris out le message receu, et il out la verité seue par le tesmoignage de la partie dou besant, il retorna liement en France. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 32-33) : « Quant il fu mi-voie, il manda Guinemant son loial ami que il li venist à l'encontre isnelement » Chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv, l'initiative revient à Guinement : « Guynemault, adverty de son retour, alla au devant de luy. »
Curieusement, vu le soin de Cretin à suggérer que Childéric ne saurait être véritablement sous la tutelle d'un roi étranger, ce possessif surprend (à moins qu'il n'ait une valeur antiphrastique ou hypocoristique ?).
La constitution de deux armées est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil Guinement i vint à grant compagnie des barons... »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Guynemault adverty de son retour alla au devant de luy et le enhorta de demourer au chasteau de Bar qui est en Champaigne. » GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Cil i vint à grant compagnie des barons droit à un chastel qui est apelez Bar, puis commanda aus bourjois et au pople de la vile que il receussent le roi leur seigneur honorablement. Cil, qui volentiers le firent, le reçurent à grant joie e tli firent tant d'oneur com il porent. Moult leur en sot li rois bon gré, et pour l'oneur que il li orent faite selonc sa liberalité les frachi du treü que la vile li devoit touz les anz. Grant joie li firent li baron et moult s'umilierent vers lui. »
Cette prudence est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Leurs forces joinstrent ensemble pour aler sus Gilon ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Auquel lieu son armee augmentee et enforcie prepara bataille à l'encontre de Gillon. »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Gilon, qui jà par aventure s'estoit aperceuz de la conspiration que il avoient fete contre lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Lequel admonnesté de ceste conspiration, assembla grant compaignee de gens d'armes. »
Cretin invente tout le récit de la bataille que mentionnent brièvement ses sources. GCF, liv. 1, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « A lui se combatirent et le desconfirent en la premiere bataille. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « [Aegidius] donna l'assault à Childeric par lequel, vaincu,... »
GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33) : « Il s'enfui, et s'en ala en la cité de Soisons que il tenoit. Là demora tout le remanant de sa vie. Quant morz fu, Siagres uns siens fiuz tint la cité après lui. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « après qu'il eut regné huyt ans, se retira à Suessons, où en tristesse et calamité, in sonsomma le residu de sa vie, et delaissa ung filz nommé Syagrius, son heritier et successeur. »