§Apres oſter toutes diuiſionsEt de victoire auoir pleine ſaiſineVers Childeric vient la royne Baſine[1490]Luy expoſer certaines viſions.
§Chapitre. xe
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LOrs Childerich honneſte et couraigeuxVoyant que plus neſt bon quil coure a ieuzDe vanite laſciue et illiciteMais eſt beſoing que a vertus ſexercite[1495]Apꝛes quil a ſon pouoir deſcouuertEt le royaulme a ſouhait recouuertLes armes pꝛend / diſant queſt neceſſairePourſuyure a moꝛt ſon moꝛtel aduerſaireCeſt vng nomme Odoagꝛe / en ce temps[1500]Roy de Sauonne /. Et qui comme i entendzLuy occupoit poꝛtion de la terrePar quoy Affin que a poꝛt darmes le atterreSoudainement fiſt faire ſon appꝛeſtSi quau combat ſe treuue tantoſt pꝛeſt[1505]En champ eſleu luy donna la batailleOu / Auſſi peu que arreſte feu en pailleIl demoura / que ſon oſt ne vainquiſtEt le pays quil tenoit ne concquiſt.Childerich conqueſta Orleans / Aniou / et la cite dangiers.Fo XXXVIIuſqueOꝛleans / il luy donna la chaſſe[1510]Ou miſt le ſieige / Et de ſoꝛte pourchaſſeQue a foꝛce y entre /. Et ſaiſit en ſa mainVng nomme Paul / comte et pꝛeuoſt rommainMais Odoagꝛe oncq ne loſa actendꝛeAins ſenfouyt / Car bien pouoit entendꝛe[1515]Quil le payeroit contend de ſon ſallaireAinſi ſuyuant ſa poincte paſſa LoyꝛeEt conqueſta ſans perilz et dangiersPꝛes tout Aniou / et la cite dAngiersSi augmenta ſon royaulme en peu dheure[1520]Et la faiſant quelque temps ſa demeureDꝛeſſa combatz / iouſtes et tournoyemensEt y receut hommaiges et ſermensDes Angeuins /. Puys tenant court royalleDemonſtra bien lamytie coꝛdialle[1525]Que auoit aux ſiens ſubiectz et bons vaſſaultzEt fiſt leſtat de tous ſes commenſaulx§Luy doncq venu a foꝛtune pꝛoſpereTemps / et bon heur / dont tout bien on eſpereAinſi que va renommee a vau laer[1530]Le bꝛuyt de luy ia commence a vollerEt va courant de voyſin en voyſineIuſques au ſceu de la royne BaſineToute rauie en cueur que ne le voytLa royne Baſine arriue en france.Car Cupido de ſon dard luy auoit[1535]Ia pꝛeſente lamoureuſe eſcarmoucheEt laguillon de la poignante moucheYo / que auoit en ſon dangier / ArgusPoincte lauoit ſi foꝛt / que tous argusGectez au loing /. elle neut point de honte[1540]Le ſien eſpoux laiſſer ſans autre conteFaire de luy / pour ailleurs ſe donnerEt ſon honneur du tout habandonnerCeſt cas eſtrange / vne femme obſtineeLegierement monſtre ſa deſtinee [1545]Remede quel / ? Deſir ladmonneſtoitFoꝛt regꝛeter / que auec celluy neſtoitQui plaiſamment lauoit entretenueDurant lexil / et pour chere tenueDoulx ſouuenir a deſloger linduyt[1550]Diſant quelle a bel et bon ſaufconduytAinſi ſen vient de iournee en iourneeSans ce quen lieu ayt eſte ſeiournee Iuſques au iour quelle a peu veoir le royEn ſon pompeux / et triumphant arroy[1555]§A larriuer. luy faiſant reuerenceTout eſbahy / bien cuyde reſuer en ceEt ne penſaſt que par ſi long deſtourFemme / iamais oſaſt faire vng tel tourChilderich ſenquiert de la venue de la royne Baſine.Fo XXXVIIApꝛes recueil / ſans longue repoſee[1560]Lenquiert a part / comment ſeſt diſpoſeeDauoir ainſi pꝛis gouſt et ſouuenirDiligenter deuers luy ſon venirQuoy plus ? Il pꝛie / et doulcement demandeSe ſon bon hoſte / a luy ſe recommande[1565]Selle a oze pꝛendꝛe le hardementSe mectre aux champs ſans ſon commandementSe doubte point auoir aucune ſuytePour debuoir faire apꝛes elle pourſuyteEt ſen venant / a point ronge le moꝛs[1570]Confict en dueil / et ennuyeux remoꝛsA quoy reſpond / et dit comme par rolleCe que ſenſuyt / ou ſemblable parolle §Se la raiſon enquiers du mien departEt qui ma meue a venir ceſte part[1575]Croy pour certain. O pꝛince tres illuſtreQue la clarte de tes bontez / et luſtreDhonneur / vertus / ſens / pꝛudence / et ſcauoirMont ſuadee a toute inſtance / AuoirSuyuy tes pas /. Telle eſt la ſeulle cauſe[1580]Qui ſi entiere affection me cauſeNe penſe pas que la tienne beaulteSans plus me incite a ceſte leaulteTe reſeruer / certes ſe ie ſcauoyeChilderich eſpouſe la royne Baſine.Et bien au vray la congnoiſſance auoye[1585]Homme en ce monde eſtre meilleur de toyPar celle foy que tien et tenir doyA tous les dieux / par qui ſommes en vieDe le trouuer vne ſi bonne enuieVouldꝛoye auoir / que pour peines / trauaulx[1590]Paſſer la mer /. trauerſer montz et vaulxIamais vng iour daller ne ceſſeroyeIuſques a tant que deuers luy ſeroyeO cher amy. ne teſmerueille pasSe deuers toy aduance oꝛes mes pas [1595]Car ſans doubter / fatalle deſtineeMa de long temps a toy pꝛedeſtineeEt ſi te dy que a tout bien eſpꝛouuerNe ten pourras iamais que bien trouuer§Ceſte harengue oꝛendꝛoit pꝛopoſee[1600]Le roy ſa dextre en la ſienne a poſeeEt telle ioye au ſien parler compꝛendQue pour eſpouſe / il la fiance et pꝛendComme payan quil eſtoit /. Car encoꝛesNy faiſoit on ſollempnitez tant que oꝛes[1605]§Ce fut bien toſt oublie lhabitudeLe bien / lhonneur / lamour / et gꝛatitudeDu roy ſon hoſte /. En bonne foy ie croyAinſi le tiens ie et maintiens / que oncques royReuelations de la royne Baſine au roy Childerich.Fo XXXVIIINe fiſt a autre vne begniuolence[1610]Chere et recueil / de plus haulte excellenceQuelle luy fut demonſtree en lhoſtelDeſſus nomme /. Mais quoy ? / Femme a loz telEt en parolle obtient telle puiſſanceQue lhomme attraict en ſon obeyſſance[1615]Pour quoydit onfemineis abus ? Veult cela dire / eſtre en femmes abus Si ceſt luſance et facon couſtumiereIe nen dis mot /. Aduint la nuyt pꝛemiereLoꝛs quil voulut ſeſiouyꝛ au delit[1620]Du gꝛacieux et doulx plaiſir de litElle ſupplie a ce que ayt patiencePour ceſte nuyt /. diſant par pꝛeſcienceQuelque heur futur vouloir incontinentLuy reueler / ſil ſe tient continent[1625]Iuſques au iour /. Pourueu que aille a la poꝛteDu ſien palays / troys foys /. Et luy rappoꝛteCe que aura veu /. Loꝛs vouldꝛa diſpoſer Le tout au long luy dire et expoſerAdiouxtant foy a la parolle delle[1630]Soꝛtit dehoꝛs /. Et en viſion telleLuy fut aduis /. quil veit de maintes partzSoꝛtir leons / licoꝛnes / et liepardzEt la deuant ſon palays Il luy ſembleLes viſions que eut Childerich la nuyct de ſes nopces.Ces beſtes veoir pourmenantes enſemble[1635]Dont eut frayeur /. Toſt apꝛes touteſfoysIl retourna pour la ſeconde foysLoups / ours / regnardz / et maintes autres beſtesVeoit la courir / menans telles tempeſtesComme ſe tout voulſiſſent deuoꝛer[1640]Par quoy luy poyſe en ce lieu demourerMais tout ſoudain a bien eu ſouuenanceComme Baſine en ceſte conuenanceA dit / troys foys y debuoir retournerSi pꝛend couraige /. et la veoit contourner[1645]Vng tas de chiens / pincer lun lautre et moꝛdꝛeAdoncq ſen va / et luy compte par oꝛdꝛeCe quil a veu /. dont bien ſemble que ſoitTriſte et penſif /. Quant elle lappercoitEſtre faſche /. La viſion pꝛemiere[1650]Expoſe / et dit tout en ceſte maniere Certes amy. Ia ne fault que doubtezTouchant cecy. Telles doubtes oſtezDe voſtre cueur /. Ces pꝛemieres figuresPoꝛtent ſi bons pꝛeſaiges et augures[1655]Que a laduenir nous en eſiouyꝛonsEt vous pꝛomectz quenſemble iouyꝛonsDenfans pꝛoduictz de noſtre genitureQui retiendꝛont ceſte noble natureBaſine declaire a Childerich / les/ viſions quil a eues.Fo XXXIXDe la licoꝛne / et du lyon auſſi[1660]Si nen vueillez auoir aucun ſoucyAſſez ſcauez quentre beſtes de racesCes deux touſiours ont les meilleures gꝛacesDe moy aurez vng beau filz triumphantNoble / et puiſſant comme vng dꝛoit elephant[1665]§Ce que contient la viſion ſecondeCeſt. que apꝛes nous vne ligne fecondePullullera / tenant durans ſes ioursConditions appꝛouchantes des oursLoups rauiſſans / et cautelles vulpines[1670]Et par cela vſera de rapinesQuant a la tierce. Vng peuple apꝛes ſeraQui vers la fin du ſiecle / oppꝛeſſeraLun lautre / ainſi que chiens qui ſentremoꝛdent Et comme on voit / quant fleuues ſe deſboꝛdent[1675]Gaſter pays par innundationsCe peuple loꝛs fera commotionsEt ne tiendꝛa (pour le vray dire) conteDu pꝛince ſien / ſoit il roy / duc / ou comteCes choſes cy au vray ſigniffier[1680]Ne ſe offrent pas debuoir veriffierDeuant noz yeulx pꝛeſentes aduenturesMais ſignes ſont des foꝛtunes futuresSi debuez vous tenir pour ſeur edictChilderich et Baſine engendrerent Clouys.Et bien certain tout ce que ien ay dit[1685]Sans plus laiſſer voſtre penſer en tranceCar tout viendꝛa a clere demonſtranceApꝛes ces motz doulcement la baiſaEt du penſer ennuyeux lappaiſa§Loꝛs ſur leſpoir dicelle heureuſe attente[1690]Et ſoubz couleur de nuptialle tenteTel exploict fiſt a lheure ( Ainſi quon ſceutQue au meſme iour / la royne vng filz conceutCe fut Clouis (comme par leſcripture)Trouueront ceulx qui en feront lecture.[1695]Doncq. celluy roy. apꝛes auoir regneEt doulcement ſon peuple gouuerneApꝛes pluſieurs batailles et victoyꝛesEn ſes pays / et autres territoyꝛesApꝛes auoir les Allemans vaincuz[1700]Apꝛes bꝛiſer lances et foꝛtz eſcuzApꝛes floꝛir en valleurs plantureuſesEt cueillir fruictz de pꝛoueſſes heureuſesApꝛes auoir vingt et quatre ans paſſezDu regne ſien. Au reng des treſpaſſez[1705]Le conuia / celle qui par enuieDe tous humains / ne leſſe vng ſeul en vieAinſi payant les naturelz tribuzClouyt les yeulx. doꝛmant cum patribus /
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OdoagreOdoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493 deffaict par ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481)
§Aprés oster toutes divisïonsEt de victoire avoir pleine saisine,Vers ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) vient la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) [1490]Luy exposer certaines visïons.
Lors ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , honneste et couraigeux,Voyant que plus n'est bon+besoing [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] qu'il coure à jeuzDe vanité lascive et illicite,Mais est besoing que+om. [Aix419] à vertus s'exercite,[1495]Aprés qu'il a son pouoir+ vouloir [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514]voulloir [Aix419, Vat966] descouvertEt le royaulme à souhait recouvert,Les armes prend, disant qu'est necessairePoursuyvre à mort son+ fin son [Vat966] mortel adversaire.C'est ung nommé Odöagre Odoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493, en ce temps[1500]Roy de Savonne et qui, comme j+om. [BnFfr4967]'entendz,Luy occupoit portïon de la+sa [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145, Vat966, Cha514] terre.Par quoy, affin que à port d'armes le atterre,Soudainement fist faire son apprest,Si qu'au combat se treuve tantost prest.[1505]En champ esleu luy donna la batailleOù, aussi peu que arreste feu en paille,Il demoura, que son ost ne vainquistEt le paÿs qu'il tenoit ne concquist.ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) conquesta Orleans, Anjou et la cité d'AngiersJusque+Jusques à [BnFfr17274]Jusques [BnFfr23145, Aix419]Jusque à [Vat966]Orlëans il luy donna la chasse,[1510]Où mist le sieige. Et de sorte pourchasse,Que à force y entre et saisit en sa mainUng nommé PaulPaul (V siècle — V siècle)Officier militaire, comte et prevost rommain.Mais OdöagreOdoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493 oncq ne l'osa actendre,Ains s'enfouyt, car bien+ il [BnFfr17274] pouoit entendre[1515]Qu'il le payeroit contend+comptant [BnFfr17274] de son sallaire1.Ainsi, suyvant sa poincte, passa LoyreEt conquesta, sans perilz et dangiers,Prés tout Anjou et la cité d'Angiers.Si augmenta son royaulme en peu d'heure[1520]Et là, faisant quelque temps sa demeure,Dressa+Dresse [Aix419] combatz, joustes et tournoyemens,Et y receut+reçoit [Aix419] hommaiges et sermensDes Angevins2. Puys, tenant court royalle,Demonstra bien l'amytié+la moitié [BnFfr4967] cordïalle[1525]Que avoit aux siens subjectz et bons vassaultzEt fist l'estat de tous ses commensaulx3.§Luy doncq venu à fortune prospere,Temps et bon heur dont tout bien on espere,Ainsi que va renommee à vau4 l'aer,[1530]Le bruyt de luy ja commence à vollerEt va courant de voysin+voysine [Cha514] en voysineJusques au sceu de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) ,Toute ravie en cueur, que ne le voyt5,La royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) arrive en FranceCar CupidoCupidonDieu de l'amour dans la mythologie romaine, de son dard, luy avoit[1535]Ja presenté l'amoureuse escarmouche.Et l'aguillon+là Guillon [BnFfr4967] de la+ Yo [BnFfr17274, BnFfr23145, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514] poignante moucheYoIoDivinité fluviale de la mythologie grecque, fille d'Inachos, métamorphosée par
Zeus en génisse blanche, que avoit en+Que tuit jadiz en [BnFfr17274]Que tuit jadiz à [BnFfr23145]Que tint jadiz à [BnFfr4967, BnFfr5299]Que tint jadiz en [Vat966, Cha514]Yo, que avoyt à [Aix419]6 son dangier ArgusArgosGéant de la mythologie grecque,Poincté l'avoit si fort que tous argusGectez au loing, elle n'eut point de honte[1540]Le sien espoux laisser, sans autre conteFaire de luy, pour ailleurs se donnerEt son honneur du tout habandonner.C'est cas estrange, une femme obstinee,Legierement monstre sa destinee ![1545]Remede quel ? Desir7 l'admonnestoitFort regreter que avec celluy n'estoit,+À regarder que avecque luy n'estoit [Aix419]Qui plaisamment l'avoit entretenueDurant l'exil et pour chere tenue.Doulx souvenir à desloger l'induyt,[1550]Disant qu'elle a bel et bon saufconduyt.Ainsi s'en vient de journee en journee,Sans ce qu'en lieu ayt esté sejournee, Jusques au jour qu'elle a peu veoir le royEn son pompeux et trïumphant arroy8.[1555]§À l'arriver, luy faisant reverence,Tout esbahy, bien cuyde resver+reserver [BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145] en ceEt ne pensast que, par si long destour,Femme jamais osast faire ung tel tour.ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) s'enquiert de la venue de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) Aprés +ung [BnFfr4967] recueil, sans longue reposee,[1560]L'enquiert à part comment s'est disposeeD'avoir+Avoir [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514] ainsi pris goust et souvenirDiligenter devers luy son+s'en [Aix419] venir.Quoy plus ? Il prie et doulcement demandeSe son bon hoste à luy se recommande,[1565]S'elle a ozé prendre le hardementSe mectre aux champs sans son commandement.Se doubte point avoir aucune suytePour debvoir faire aprés elle poursuyteEt, s'en venant, à point ronge le mors+avoir aucune suyte [BnFfr4967][1570]Confict en dueil et ennuyeux remors.À+om. [BnFfr4967] quoy respond et dit comme par rolle9,Ce que s'ensuyt, ou semblable parolle10 :§« Se la raison enquiers du mien depart,Et qui m'a meue+m'amaine [BnFfr17274] à venir ceste part,[1575]Croy pour certain, o prince trés illustre,Que la clarté de tes bontez, et lustreD'honneur, vertus, sens, prudence et sçavoir+sçavoir [BnFfr17274]M'ont suadee à toute instance avoirSuyvy tes pas. Telle est la seulle cause[1580]Qui si entiere affectïon me cause11.Ne pense pas que la tienne beaultéSans plus me incite à ceste leaultéTe reserver. Certes se je sçavoye,ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) espouse la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) Et bien au vray la congnoissance avoye,[1585]Homme en ce monde estre meilleur de toy,Par celle foy que tien et tenir doy,À tous les dieux par qui+qu'ilz [BnFfr17274] sommes en vie,De le trouver, une si bonne envieVouldroye avoir, que pour peines, travaulx,[1590]Passer la mer, traverser montz et vaulx,Jamais ung jour d'aller+d'aller ung jour [BnFfr23145] ne cesseroye,Jusques à tant que devers luy seroye.O cher amy, ne t'esmerveille pasSe devers toy advance ores mes pas ![1595]Car, sans doubter, fatalle destineeM'a de long temps à toy predestinee.Et si te dy que à tout bien esprouver,Ne t'en pourras jamais que bien trouver12. »§Ceste harengue orendroit proposee,[1600]Le roy sa dextre en la sienne a posee+a la sienne aposee [Vat966].Et telle joye au sien parler comprend,Que, pour espouse, il+om. [BnFfr23145] la fïance et prendComme payan qu'il estoit, car encoresN'y faisoit on sollempnitez tant que ores13.[1605]§Ce fut bien tost oublié l'habitude,Le bien, l'honneur, l'amour et gratitudeDu roy son hoste. En bonne foy, je croy,Ainsi le tiens je+je [Vat966] et maintiens que oncques royRevelations de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) au roy ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) Ne fist à autre une begnivolence,[1610]Chere et recueil de plus haulte excellenceQu'elle luy fut demonstree en l'hostelDessus nommé. Mais quoy ? Femme a loz tel,Et en parolle obtient telle puissance,Que l'homme attraict en son obeyssance.[1615]Pourquoy+Par quoy [BnFfr23145]dit on+ dict l'on [BnFfr17274]femineis abus14 , Veult cela dire estre en femmes abus ?Si c'est l'usance+l'usage [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr23145, BnFfr4967, Cha514] et façon coustumiere,Je n'en dis mot15. Advint+om. [BnFfr23145] la nuyt premiere.Lorsqu'il voulut s'esjouyr au delit[1620]Du gracïeux et doulx plaisir de lit,Elle supplie à ce que ayt patïence,Pour ceste nuyt, disant par prescïenceQuelque heur futur vouloir incontinentLuy reveler, s'il se tient continent[1625]Jusques au jour, pourveu que aille à la porteDu sien+De son [BnFfr17274, BnFfr23145, Cha514, Vat966, BnFfr5299, BnFfr4967] palays, troys foys, et luy rapporteCe que aura veu. Lors vouldra disposer Le tout, au long, luy dire et exposer.Adjouxtant foy à la parolle d'elle[1630]Sortit+Sortir [BnFfr4967] dehors16. Et en visïon telle,Luy fut advis qu'il veit de maintes partzSortir leöns, licornes et liepardz.Et là, devant son palays, il luy sembleLes visions que eut ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) la nuyct de ses nopcesCes bestes veoir pourmenantes ensemble,[1635]Dont eut frayeur17. Tost aprés, toutesfoys,Il+
Y [BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514, BnFfr5299, BnFfr4967] ;
Il y [BnFfr17274]
retourna pour la seconde foys.Loups, ours, regnardz et maintes autres bestesVeoit là courir, menans telles tempestes,Comme se tout voulsissent devorer.[1640]Par quoy luy poyse en ce lieu demourer18,Mais, tout soudain, a bien eu souvenanceComme BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) , en ceste convenance,A dit troys foys y debvoir retourner.Si prend couraige et là veoit contourner[1645]Ung tas de chiens, pincer l'un l'autre et mordre.Adoncq s'en va et luy compte par ordreCe qu'il a veu, dont bien semble que soitTriste et pensif. Quant elle l'apperçoitEstre fasché, la visïon premiere[1650]Expose et dit tout en ceste maniere19 :« Certes, amy, ja ne fault que doubtez.Touchant cecy, telles doubtes ostezDe vostre cueur. Ces premieres figuresPortent si bons presaiges et augures[1655]Que à l'advenir nous en esjouyrons.Et vous promectz qu'ensemble jouÿronsD'enfans, produictz de nostre geniture,Qui retiendront ceste noble natureBasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) declaire à ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) les visions qu'il a euesDe la licorne et du lÿon aussi.[1660]Si n'en vueillez avoir aucun soucy.Assez sçavez qu'entre bestes de races,Ces deux tousjours ont les+ eu [BnFfr17274] meilleures graces.De moy+De quoy [BnFfr23145, BnFfr5299]Parquoy [BnFfr4967] aurez ung beau filz trïumphant,Noble+ Fort [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] et puissant comme ung+om. [BnFfr17274] droit elephant.[1665]§Ce que contient la visïon seconde,C'est que aprés nous une ligne+lignie [BnFfr17274] fecondePullullera, tenant durans ses joursConditïons approuchantes des ours,Loups ravissans et cautelles vulpines,[1670]Et par cela usera de rapines.Quant à la tierce, ung peuple aprés seraQui, vers la fin du siecle, oppresseraL'un l'autre, ainsi que chiens qui+qu'ilz [BnFfr17274] s'entremordent. Et comme on voit, quant fleuves se desbordent,[1675]Gaster paÿs par innundatïons,Ce peuple lors+alors [BnFfr17274] fera commotïonsEt ne tiendra, pour le+om. [BnFfr23145] vray dire, conteDu prince sien, soit il roy, duc ou comte.Ces choses cy+icy [BnFfr23145], au vray signiffïer,[1680]Ne se offrent pas debvoir+de veoir [BnFfr17274] veriffïerDevant noz yeulx presentes adventures,+om. [Aix419]Mais signes sont des+de [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145] fortunes futures.+om. [Aix419]Si debvez vous tenir pour seur edictChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) et BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) engendrerent ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511)Roi des Francs (481-511) Et bien certain tout ce que j'en ay dit,[1685]Sans plus laisser vostre penser en trance,Car tout viendra à clere demonstrance20. »+Devant noz yeulx presentes adventures / Mais signes sont des fortunes futures [Aix419]Aprés ces motz, doulcement la+ le [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514]21 baisaEt du penser ennuyeux l'appaisa.§Lors, sur+soubz [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] l'espoir d'icelle heureuse attente,[1690]Et soubz couleur de nuptïalle tente,Tel exploict fist à l'heure, ainsi qu'on sceut,Que au mesme jour la royne ung filz conceut.Ce fut ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511)Roi des Francs (481-511) , comme par l'escriptureTrouveront ceulx qui en feront lecture.[1695]Doncq, celluy roy, aprés avoir +roy [BnFfr4967] regnéEt doulcement son peuple +avoir [BnFfr23145] gouverné,Aprés plusieurs batailles et victoyresEn ses paÿs et autres territoyres,Aprés avoir les Allemans vaincuz,[1700]Aprés briser+priser [BnFfr4967] lances et fortz escuz,Aprés florir en valleurs plantureusesEt cueillir fruictz de prouësses heureuses,Aprés avoir vingt et quatre ans passez,Du regne sien au reng des trespassez[1705]Le convïa+convoya [BnFfr17274] celle22 qui, par envie,De tous humains ne+ n'en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299] lesse ung seul en vie.Ainsi, payant les naturelz tribuz,Clouyt les yeulx, dormant cum patribus2324.
Cretin explicite davantage que ses sources le changement de comportement de Childéric, et étoffe le récit de sa campagne militaire contre Odoacre. Il s'inspire plutôt des GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33-34) : « Li rois Childeris, qui estoit bon chevaliers de sa main et sages de conseil, esmut ses oz contre Oudouacre le roi de Saisoigne, ensemble se combatirent il et leur genz ; desconfiz fu Oudouacres et ses oz ; par fuite garanti sa vie. Li rois Childeris, qui moult estoit ardanz de lui tenir, le chaça jusques à Orliens ; mais cil s'en fu jà fuiz, qui pas n'osa atendre sa venue. Li rois assist la vile et la prist par force ; un conte Romain, qui laienz estoit, ocist ; Pous avoit non. » L'orthographe des noms propres est quant à elle copiée de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Childeric, jeune et courageux, aprés qu'il eut recouvert le royaulme, poursuyvit son adversaire Odoagre de Savonne jusques à Orleans, et surmonta la ville assiegé en laquelle fut prins Paul, prevost rommain. » Qualifier Paul de « comte et prevost » révèle l'utilisation des deux sources par Cretin.
Cretin s'inspire ici de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En aprés passa la riviere de Loyre et receut les Angevins au serment de fidelité. »GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 34) : Ensi escrut li rois son regne jusques à Orliens, et puis jusques à la cité d'Angiers.
Motif de l'amor de lonh notamment élaboré par Jaufré Rudel au XIIe siècle. Cretin confère à cet épisode des amours de Childéric et Basine (jusqu'au v. 1600) une coloration courtoise, en reprenant ici un motif de la poésie lyrique des troubadours. Les emplois archaïsants de « que » (pour « tant que » v. 1507 et « bien que » ici) ou les emprunts, ci-dessous, à des œuvres fictionnelles bien connues sur l'amour (Métamorphoses d'Ovide et Roman de la Rose) confirment l'idée que Cretin écrit ici avec le souvenir de la lyrique courtoise.
Conformément au récit d'Ovide, à la charnière des vers 1536 et 1537, il faut comprendre « la poignante mouche de Yo » (Io étant une génisse), en vertu d'une construction du complément du nom sans préposition. Cet usage, archaïsant, est rare chez Cretin. Les copistes semblent ne pas comprendre la construction du complément du nom sans préposition (devenue trop ancienne) et corrigent en supprimant la référence à Io. Ce faisant, ils attribuent à Argus la garde d'une mouche, de façon erronée. Voir Ovide, Les Métamorphoses, éd. et trad. Georges Lafaye, Paris, Les Belles Lettres, 1928Ovide, 1928, liv. I, v. 568-779.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34) : « Quant la roine Basine, fame Bissine le roi de Toringe à cui li rois s'enfui, sout que Childeris se fu acordez à ses barons et que il fu receuz en son regne, ele guerpi son seigneur, et s'en vint après Childeric en France, car l'on disoit que il l'avoit cogneue tandis com il demoroit ovec son seigneur. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « La prosperité de cestuy Childeric cogneue, Basine, espouse du roy de Thurin, mettant son mary en oubly, se retira vers le roy de France, allechee en la coustume de la jeunesse d'icelluy. »
Comprendre : « comme si elle incarnait un personnage ». Cette indication accentue de façon complice l'idée que cette séquence est topique de la poésie courtoise (à ceci près que les rôles sont inversés, puisque c'est la femme qui doit prouver ses intentions).
Cretin développe spectaculairement ce qu'il trouve dans ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34-35) : « Il [Childéric] li [Basine] demanda porquoi ele l'avoit sui et son seigneur guerpi, ele li respondi... ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Laquelle, interroguee par Childeric pourquoy son mary avoit delaissé pour suyvir ung aultre,... »
L'idée que l'amour est le fruit d'un choix rationnel afin de se porter sur la personne ayant le plus de « pris », ou de valeur, est encore un motif de la lyrique courtoise élaborée par les troubadours.
Cretin amplifie le discours de Basine qu'il trouve dans ses deux sources principales sans en altérer fondamentalement le contenu. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « « Je sui, dist ele, à toi venue pour ce que je ai cogneue et esprovée ta temprance et ta vertu, et se je cuidasse meilleur de toi trover en nules des parties dou monde, nus griés de voie ne nus travaus de cors ne me tenist que je ne l'alasse requerre. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « « Pour ce (dist elle) que j'ay usé de ta communion et que j'ay experimenté ta prudence et verty. Car se je savoye que au monde y eust quelque ung meilleur que toy, je ne cesseroye de le querir sans estre lasse, par terre et par mer jusques ad ce que l'auroye trouvé. » »
L'idée que les mariages païens donnent lieu à moins de cérémonies est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant li rois oï ceste response, il la prist par mariage comme païens que il estoit ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En ceste liberté de parolles, Childeric dejecté, non estant encores entré en la foy de Jhesu Christ, print Basine à femme et espouse ».
Cretin prend prétexte de la dénonciation de l'ingratitude de Childéric qu'il trouve dans ses sources pour exprimer sa misogynie. Le fait de ne pas nommer le roi Basin paraît délibéré. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « si ne li sovint pas des bontez et des benefices que Bissines, li rois de Toringe, ses premiers mariz, li out fez quant il out esté chaciez de France. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « sans avoir recordation de l'hospitalité, familiarité et biensfaitz de Bissine. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il furent le soir couchié ensemble et il furent ou secré dou lit, la roine l'amonesta que il se tenist cele nuit d'abiter à li, puis li dist que il se levast et alast devant la porte dou palais, et li seust à dire ce que il auroit veu. Li rois se leva, et fist son commandement. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv-VIr : « Au premier couchement des nopces, Basine admonnesta le roy Childeric de passer la nuyt sans l'œuvre voluptaire, garder les portes du palais et luy raporter ce qu'il aura veu. L'homme, adjouxtant foy aux parolles de ceste femme, troys foys fist le guect aux portes de la maison. »
S'inspirant de ses deux sources principales, Cretin ne raconte pas les visions seulement par la bouche de Childéric, mais il ne mentionne pas non plus que le roi retourne voir la reine entre chacune d'elles. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il fu devant la sale, il li sembla que il veist granz formes de bestes, ausi comme d'unicornes, de lieparz et de lyons, qui aloient et venoient par devant le palais. Il retorna touz espoentez et raconta à la roine ce qu'il avoit veu. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Et finablement racompta à Basine qe premierement il avoit veu en la court du palais des lycornes, leons et lyepards. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Ele li dist que il n'eust pas paor, et que il retornast arrieres. Quant retornez fu, il vit granz ymages d'ours et de leus ausi com s'il vousissent courre sus l'i uns l'autre. Il retorna au lit la roine, et li raconta la seconde avision. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Secondement, des ours et loups ravyssans comme s'ilz se hastoient de saillir à l'encontre de luy. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35-36) : « Ele li redist que il retornast encore une foiz. Quant retornez fu, il vit figures de chiens et de petites bestes qui s'entredepeçoient toutes. Quant il fu retornez à la roine et il li out tout raconté quanque il out veu, il li requist que ele li feist entendre que ces III avisions senefioient, car il savoit bien que ele ne l'i avoit pas envoié pour noient. Ele lidist que il se tenist chastement cele nuit, et ele li feroit au matin entendre la signification des III avisions. Ensi furent jusques au matin, que la roine apela le roi, que ele vit moult pensif. Puis li dist ensi » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Tiercement des petis chiens lesquelz se mordoyent l'ung l'aultre. Lesquelles visions recitées, saichant les choses futures, elle les exposa à son mary en ceste maniere. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 36) : « « Sire, ostez ces pensées de ton cuer, et entent ce que je dirai. Si saches certeinement que ces avisions ne sont pas tant significations des choses presentes comme de celes qui à avenir sont. Si ne pren pas garde aus formes des bestes que tu as veues, mais aus faiz et aus mours de la lignie qui de nous doit eissir. Car li premiers hoirs qui de nous naistra sera hons de noble proëce et de haute puissance ; et ceste senefie en la forme de l'unicorne et dou lyon, qui sont les plus nobles bestes et les plus hardies qui soient. La signification de la seconde avision si est tele, car en la forme de l'ours et dou leu sont segnefié cil qui de nostre fil istront, qui seront rapineus ausi com les bestes sont. La segnefiance de la tierce avision si rest tele, que en la forme dou chien, qui est beste lecherresse et de nule vertu, ne ne puet sanz l'aide d'ome, est segnefié la mauvestié et la parece de ceus qui vers la fin dou siecle tendront le ceptre et la corone de cest roiaume. En la torbe des petites bestes qui s'entrabatoient est senefiez li menuz poples qui s'entrociront, pour ce que il seront sanz paor de prince. Sire, dist la roine, vez ci l'exposition des III avisions qui est certaine demostrerresse des choses qui sont à avenir. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « C'est assavoir que de leur copulation charnelle produyroient une lignee de diverses meurs, dont la premiere seroit noble de nature, laquelle ensuyvroit les licornes et seroit semblable aux ours et loups. L'aultre seroit encline à rapine, et la tierce se mordant elle mesmes par tristesse, prendroit la rage des chiens. »
Même si la leçon des autres manuscrits semble être plus valide d'un point de vue sémantique, comme celle du manuscrit royal n'engendre pas d'incorrection syntaxique ou métrique, nous la maitenons. Peut-être le copiste a-t-il été soucieux de renforcer la rime entre « la baisa » et « appaisa ».
Cretin clôture ce chapitre en réécrivant [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Le roy, remply de joye pour les presages de Basine, fut ravy en trés grande esperance de la trés noble famille que devoient produyre ces presentes nopces. De la en aprés par quelques batailles les Alemans vaincuz print et reduysit soubz sa puissance. Finablement, plsieurs choses excellamment faictes, l'espace de vingt et quattre ans moult renommé, mourant, delaissa le royaulme à son filz Clovys. » La Chronique française ignore la fin du chapitre chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIv : « Auquel temps, en la ville de Thoulouze que les Gothz avoient occuppee, fut veu le long d'ung jour entier couller ung ruysseau de sang. Ce temps et siecle a esté excellant et noble en trés bons presbtres, car à Thoulouze et plus parfaictement en Vienne Simplice a resplendi en saincteté. Amand a illustré et decoré Bourdeaulx. Damian a enseigné les Albigeois. Les Auvergnastz ont reveré et honnoré Venerande, les Cahorsois Rustique et ceulx du Perigort Pegasin. Et ne fault oublier Sydone, lequel de senateur fait le presbtre des Auvergnastz, la famine estant en Bourgongne, de sa substance repeut quattre mille pouvres et indigens. » Les GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 37) n'évoquent pas la mort de Childéric ici : « Ensi fu li rois hors de la pensée en quoi il estoit chaüz pour les avisions, et fu liez de la noble lignie et dou grant nombre des preudomes qui de lui devoient eissir. » La mort de Childéric est rapportée plus loin dans les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 54-55) : « Retorner nous covient à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes incidences qui beles sont à raconter. Quant li rois Childeris out le roiaume de France governé XXIIII anz, il fu morz. Un fil out de Basine la roine, si out non Clodovées ».
§Apres oſter toutes diuiſionsEt de victoire auoir pleine ſaiſineVers Childeric vient la royne Baſine[1490]Luy expoſer certaines viſions.
§Chapitre. xe
.
LOrs Childerich honneſte et couraigeuxVoyant que plus neſt bon quil coure a ieuzDe vanite laſciue et illiciteMais eſt beſoing que a vertus ſexercite[1495]Apꝛes quil a ſon pouoir deſcouuertEt le royaulme a ſouhait recouuertLes armes pꝛend / diſant queſt neceſſairePourſuyure a moꝛt ſon moꝛtel aduerſaireCeſt vng nomme Odoagꝛe / en ce temps[1500]Roy de Sauonne /. Et qui comme i entendzLuy occupoit poꝛtion de la terrePar quoy Affin que a poꝛt darmes le atterreSoudainement fiſt faire ſon appꝛeſtSi quau combat ſe treuue tantoſt pꝛeſt[1505]En champ eſleu luy donna la batailleOu / Auſſi peu que arreſte feu en pailleIl demoura / que ſon oſt ne vainquiſtEt le pays quil tenoit ne concquiſt.Childerich conqueſta Orleans / Aniou / et la cite dangiers.Fo XXXVIIuſqueOꝛleans / il luy donna la chaſſe[1510]Ou miſt le ſieige / Et de ſoꝛte pourchaſſeQue a foꝛce y entre /. Et ſaiſit en ſa mainVng nomme Paul / comte et pꝛeuoſt rommainMais Odoagꝛe oncq ne loſa actendꝛeAins ſenfouyt / Car bien pouoit entendꝛe[1515]Quil le payeroit contend de ſon ſallaireAinſi ſuyuant ſa poincte paſſa LoyꝛeEt conqueſta ſans perilz et dangiersPꝛes tout Aniou / et la cite dAngiersSi augmenta ſon royaulme en peu dheure[1520]Et la faiſant quelque temps ſa demeureDꝛeſſa combatz / iouſtes et tournoyemensEt y receut hommaiges et ſermensDes Angeuins /. Puys tenant court royalleDemonſtra bien lamytie coꝛdialle[1525]Que auoit aux ſiens ſubiectz et bons vaſſaultzEt fiſt leſtat de tous ſes commenſaulx§Luy doncq venu a foꝛtune pꝛoſpereTemps / et bon heur / dont tout bien on eſpereAinſi que va renommee a vau laer[1530]Le bꝛuyt de luy ia commence a vollerEt va courant de voyſin en voyſineIuſques au ſceu de la royne BaſineToute rauie en cueur que ne le voytLa royne Baſine arriue en france.Car Cupido de ſon dard luy auoit[1535]Ia pꝛeſente lamoureuſe eſcarmoucheEt laguillon de la poignante moucheYo / que auoit en ſon dangier / ArgusPoincte lauoit ſi foꝛt / que tous argusGectez au loing /. elle neut point de honte[1540]Le ſien eſpoux laiſſer ſans autre conteFaire de luy / pour ailleurs ſe donnerEt ſon honneur du tout habandonnerCeſt cas eſtrange / vne femme obſtineeLegierement monſtre ſa deſtinee [1545]Remede quel / ? Deſir ladmonneſtoitFoꝛt regꝛeter / que auec celluy neſtoitQui plaiſamment lauoit entretenueDurant lexil / et pour chere tenueDoulx ſouuenir a deſloger linduyt[1550]Diſant quelle a bel et bon ſaufconduytAinſi ſen vient de iournee en iourneeSans ce quen lieu ayt eſte ſeiournee Iuſques au iour quelle a peu veoir le royEn ſon pompeux / et triumphant arroy[1555]§A larriuer. luy faiſant reuerenceTout eſbahy / bien cuyde reſuer en ceEt ne penſaſt que par ſi long deſtourFemme / iamais oſaſt faire vng tel tourChilderich ſenquiert de la venue de la royne Baſine.Fo XXXVIIApꝛes recueil / ſans longue repoſee[1560]Lenquiert a part / comment ſeſt diſpoſeeDauoir ainſi pꝛis gouſt et ſouuenirDiligenter deuers luy ſon venirQuoy plus ? Il pꝛie / et doulcement demandeSe ſon bon hoſte / a luy ſe recommande[1565]Selle a oze pꝛendꝛe le hardementSe mectre aux champs ſans ſon commandementSe doubte point auoir aucune ſuytePour debuoir faire apꝛes elle pourſuyteEt ſen venant / a point ronge le moꝛs[1570]Confict en dueil / et ennuyeux remoꝛsA quoy reſpond / et dit comme par rolleCe que ſenſuyt / ou ſemblable parolle §Se la raiſon enquiers du mien departEt qui ma meue a venir ceſte part[1575]Croy pour certain. O pꝛince tres illuſtreQue la clarte de tes bontez / et luſtreDhonneur / vertus / ſens / pꝛudence / et ſcauoirMont ſuadee a toute inſtance / AuoirSuyuy tes pas /. Telle eſt la ſeulle cauſe[1580]Qui ſi entiere affection me cauſeNe penſe pas que la tienne beaulteSans plus me incite a ceſte leaulteTe reſeruer / certes ſe ie ſcauoyeChilderich eſpouſe la royne Baſine.Et bien au vray la congnoiſſance auoye[1585]Homme en ce monde eſtre meilleur de toyPar celle foy que tien et tenir doyA tous les dieux / par qui ſommes en vieDe le trouuer vne ſi bonne enuieVouldꝛoye auoir / que pour peines / trauaulx[1590]Paſſer la mer /. trauerſer montz et vaulxIamais vng iour daller ne ceſſeroyeIuſques a tant que deuers luy ſeroyeO cher amy. ne teſmerueille pasSe deuers toy aduance oꝛes mes pas [1595]Car ſans doubter / fatalle deſtineeMa de long temps a toy pꝛedeſtineeEt ſi te dy que a tout bien eſpꝛouuerNe ten pourras iamais que bien trouuer§Ceſte harengue oꝛendꝛoit pꝛopoſee[1600]Le roy ſa dextre en la ſienne a poſeeEt telle ioye au ſien parler compꝛendQue pour eſpouſe / il la fiance et pꝛendComme payan quil eſtoit /. Car encoꝛesNy faiſoit on ſollempnitez tant que oꝛes[1605]§Ce fut bien toſt oublie lhabitudeLe bien / lhonneur / lamour / et gꝛatitudeDu roy ſon hoſte /. En bonne foy ie croyAinſi le tiens ie et maintiens / que oncques royReuelations de la royne Baſine au roy Childerich.Fo XXXVIIINe fiſt a autre vne begniuolence[1610]Chere et recueil / de plus haulte excellenceQuelle luy fut demonſtree en lhoſtelDeſſus nomme /. Mais quoy ? / Femme a loz telEt en parolle obtient telle puiſſanceQue lhomme attraict en ſon obeyſſance[1615]Pour quoydit onfemineis abus ? Veult cela dire / eſtre en femmes abus Si ceſt luſance et facon couſtumiereIe nen dis mot /. Aduint la nuyt pꝛemiereLoꝛs quil voulut ſeſiouyꝛ au delit[1620]Du gꝛacieux et doulx plaiſir de litElle ſupplie a ce que ayt patiencePour ceſte nuyt /. diſant par pꝛeſcienceQuelque heur futur vouloir incontinentLuy reueler / ſil ſe tient continent[1625]Iuſques au iour /. Pourueu que aille a la poꝛteDu ſien palays / troys foys /. Et luy rappoꝛteCe que aura veu /. Loꝛs vouldꝛa diſpoſer Le tout au long luy dire et expoſerAdiouxtant foy a la parolle delle[1630]Soꝛtit dehoꝛs /. Et en viſion telleLuy fut aduis /. quil veit de maintes partzSoꝛtir leons / licoꝛnes / et liepardzEt la deuant ſon palays Il luy ſembleLes viſions que eut Childerich la nuyct de ſes nopces.Ces beſtes veoir pourmenantes enſemble[1635]Dont eut frayeur /. Toſt apꝛes touteſfoysIl retourna pour la ſeconde foysLoups / ours / regnardz / et maintes autres beſtesVeoit la courir / menans telles tempeſtesComme ſe tout voulſiſſent deuoꝛer[1640]Par quoy luy poyſe en ce lieu demourerMais tout ſoudain a bien eu ſouuenanceComme Baſine en ceſte conuenanceA dit / troys foys y debuoir retournerSi pꝛend couraige /. et la veoit contourner[1645]Vng tas de chiens / pincer lun lautre et moꝛdꝛeAdoncq ſen va / et luy compte par oꝛdꝛeCe quil a veu /. dont bien ſemble que ſoitTriſte et penſif /. Quant elle lappercoitEſtre faſche /. La viſion pꝛemiere[1650]Expoſe / et dit tout en ceſte maniere Certes amy. Ia ne fault que doubtezTouchant cecy. Telles doubtes oſtezDe voſtre cueur /. Ces pꝛemieres figuresPoꝛtent ſi bons pꝛeſaiges et augures[1655]Que a laduenir nous en eſiouyꝛonsEt vous pꝛomectz quenſemble iouyꝛonsDenfans pꝛoduictz de noſtre genitureQui retiendꝛont ceſte noble natureBaſine declaire a Childerich / les/ viſions quil a eues.Fo XXXIXDe la licoꝛne / et du lyon auſſi[1660]Si nen vueillez auoir aucun ſoucyAſſez ſcauez quentre beſtes de racesCes deux touſiours ont les meilleures gꝛacesDe moy aurez vng beau filz triumphantNoble / et puiſſant comme vng dꝛoit elephant[1665]§Ce que contient la viſion ſecondeCeſt. que apꝛes nous vne ligne fecondePullullera / tenant durans ſes ioursConditions appꝛouchantes des oursLoups rauiſſans / et cautelles vulpines[1670]Et par cela vſera de rapinesQuant a la tierce. Vng peuple apꝛes ſeraQui vers la fin du ſiecle / oppꝛeſſeraLun lautre / ainſi que chiens qui ſentremoꝛdent Et comme on voit / quant fleuues ſe deſboꝛdent[1675]Gaſter pays par innundationsCe peuple loꝛs fera commotionsEt ne tiendꝛa (pour le vray dire) conteDu pꝛince ſien / ſoit il roy / duc / ou comteCes choſes cy au vray ſigniffier[1680]Ne ſe offrent pas debuoir veriffierDeuant noz yeulx pꝛeſentes aduenturesMais ſignes ſont des foꝛtunes futuresSi debuez vous tenir pour ſeur edictChilderich et Baſine engendrerent Clouys.Et bien certain tout ce que ien ay dit[1685]Sans plus laiſſer voſtre penſer en tranceCar tout viendꝛa a clere demonſtranceApꝛes ces motz doulcement la baiſaEt du penſer ennuyeux lappaiſa§Loꝛs ſur leſpoir dicelle heureuſe attente[1690]Et ſoubz couleur de nuptialle tenteTel exploict fiſt a lheure ( Ainſi quon ſceutQue au meſme iour / la royne vng filz conceutCe fut Clouis (comme par leſcripture)Trouueront ceulx qui en feront lecture.[1695]Doncq. celluy roy. apꝛes auoir regneEt doulcement ſon peuple gouuerneApꝛes pluſieurs batailles et victoyꝛesEn ſes pays / et autres territoyꝛesApꝛes auoir les Allemans vaincuz[1700]Apꝛes bꝛiſer lances et foꝛtz eſcuzApꝛes floꝛir en valleurs plantureuſesEt cueillir fruictz de pꝛoueſſes heureuſesApꝛes auoir vingt et quatre ans paſſezDu regne ſien. Au reng des treſpaſſez[1705]Le conuia / celle qui par enuieDe tous humains / ne leſſe vng ſeul en vieAinſi payant les naturelz tribuzClouyt les yeulx. doꝛmant cum patribus /
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OdoagreOdoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493 deffaict par ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481)
§Aprés oster toutes divisïonsEt de victoire avoir pleine saisine,Vers ChildericChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) vient la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) [1490]Luy exposer certaines visïons.
Lors ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) , honneste et couraigeux,Voyant que plus n'est bon+besoing [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] qu'il coure à jeuzDe vanité lascive et illicite,Mais est besoing que+om. [Aix419] à vertus s'exercite,[1495]Aprés qu'il a son pouoir+ vouloir [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514]voulloir [Aix419, Vat966] descouvertEt le royaulme à souhait recouvert,Les armes prend, disant qu'est necessairePoursuyvre à mort son+ fin son [Vat966] mortel adversaire.C'est ung nommé Odöagre Odoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493, en ce temps[1500]Roy de Savonne et qui, comme j+om. [BnFfr4967]'entendz,Luy occupoit portïon de la+sa [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145, Vat966, Cha514] terre.Par quoy, affin que à port d'armes le atterre,Soudainement fist faire son apprest,Si qu'au combat se treuve tantost prest.[1505]En champ esleu luy donna la batailleOù, aussi peu que arreste feu en paille,Il demoura, que son ost ne vainquistEt le paÿs qu'il tenoit ne concquist.ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) conquesta Orleans, Anjou et la cité d'AngiersJusque+Jusques à [BnFfr17274]Jusques [BnFfr23145, Aix419]Jusque à [Vat966]Orlëans il luy donna la chasse,[1510]Où mist le sieige. Et de sorte pourchasse,Que à force y entre et saisit en sa mainUng nommé PaulPaul (V siècle — V siècle)Officier militaire, comte et prevost rommain.Mais OdöagreOdoacre (433 — 15/03/493)Patrice d'Italie de 476 à 493 oncq ne l'osa actendre,Ains s'enfouyt, car bien+ il [BnFfr17274] pouoit entendre[1515]Qu'il le payeroit contend+comptant [BnFfr17274] de son sallaire1.Ainsi, suyvant sa poincte, passa LoyreEt conquesta, sans perilz et dangiers,Prés tout Anjou et la cité d'Angiers.Si augmenta son royaulme en peu d'heure[1520]Et là, faisant quelque temps sa demeure,Dressa+Dresse [Aix419] combatz, joustes et tournoyemens,Et y receut+reçoit [Aix419] hommaiges et sermensDes Angevins2. Puys, tenant court royalle,Demonstra bien l'amytié+la moitié [BnFfr4967] cordïalle[1525]Que avoit aux siens subjectz et bons vassaultzEt fist l'estat de tous ses commensaulx3.§Luy doncq venu à fortune prospere,Temps et bon heur dont tout bien on espere,Ainsi que va renommee à vau4 l'aer,[1530]Le bruyt de luy ja commence à vollerEt va courant de voysin+voysine [Cha514] en voysineJusques au sceu de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) ,Toute ravie en cueur, que ne le voyt5,La royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) arrive en FranceCar CupidoCupidonDieu de l'amour dans la mythologie romaine, de son dard, luy avoit[1535]Ja presenté l'amoureuse escarmouche.Et l'aguillon+là Guillon [BnFfr4967] de la+ Yo [BnFfr17274, BnFfr23145, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514] poignante moucheYoIoDivinité fluviale de la mythologie grecque, fille d'Inachos, métamorphosée par
Zeus en génisse blanche, que avoit en+Que tuit jadiz en [BnFfr17274]Que tuit jadiz à [BnFfr23145]Que tint jadiz à [BnFfr4967, BnFfr5299]Que tint jadiz en [Vat966, Cha514]Yo, que avoyt à [Aix419]6 son dangier ArgusArgosGéant de la mythologie grecque,Poincté l'avoit si fort que tous argusGectez au loing, elle n'eut point de honte[1540]Le sien espoux laisser, sans autre conteFaire de luy, pour ailleurs se donnerEt son honneur du tout habandonner.C'est cas estrange, une femme obstinee,Legierement monstre sa destinee ![1545]Remede quel ? Desir7 l'admonnestoitFort regreter que avec celluy n'estoit,+À regarder que avecque luy n'estoit [Aix419]Qui plaisamment l'avoit entretenueDurant l'exil et pour chere tenue.Doulx souvenir à desloger l'induyt,[1550]Disant qu'elle a bel et bon saufconduyt.Ainsi s'en vient de journee en journee,Sans ce qu'en lieu ayt esté sejournee, Jusques au jour qu'elle a peu veoir le royEn son pompeux et trïumphant arroy8.[1555]§À l'arriver, luy faisant reverence,Tout esbahy, bien cuyde resver+reserver [BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145] en ceEt ne pensast que, par si long destour,Femme jamais osast faire ung tel tour.ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) s'enquiert de la venue de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) Aprés +ung [BnFfr4967] recueil, sans longue reposee,[1560]L'enquiert à part comment s'est disposeeD'avoir+Avoir [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514] ainsi pris goust et souvenirDiligenter devers luy son+s'en [Aix419] venir.Quoy plus ? Il prie et doulcement demandeSe son bon hoste à luy se recommande,[1565]S'elle a ozé prendre le hardementSe mectre aux champs sans son commandement.Se doubte point avoir aucune suytePour debvoir faire aprés elle poursuyteEt, s'en venant, à point ronge le mors+avoir aucune suyte [BnFfr4967][1570]Confict en dueil et ennuyeux remors.À+om. [BnFfr4967] quoy respond et dit comme par rolle9,Ce que s'ensuyt, ou semblable parolle10 :§« Se la raison enquiers du mien depart,Et qui m'a meue+m'amaine [BnFfr17274] à venir ceste part,[1575]Croy pour certain, o prince trés illustre,Que la clarté de tes bontez, et lustreD'honneur, vertus, sens, prudence et sçavoir+sçavoir [BnFfr17274]M'ont suadee à toute instance avoirSuyvy tes pas. Telle est la seulle cause[1580]Qui si entiere affectïon me cause11.Ne pense pas que la tienne beaultéSans plus me incite à ceste leaultéTe reserver. Certes se je sçavoye,ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) espouse la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) Et bien au vray la congnoissance avoye,[1585]Homme en ce monde estre meilleur de toy,Par celle foy que tien et tenir doy,À tous les dieux par qui+qu'ilz [BnFfr17274] sommes en vie,De le trouver, une si bonne envieVouldroye avoir, que pour peines, travaulx,[1590]Passer la mer, traverser montz et vaulx,Jamais ung jour d'aller+d'aller ung jour [BnFfr23145] ne cesseroye,Jusques à tant que devers luy seroye.O cher amy, ne t'esmerveille pasSe devers toy advance ores mes pas ![1595]Car, sans doubter, fatalle destineeM'a de long temps à toy predestinee.Et si te dy que à tout bien esprouver,Ne t'en pourras jamais que bien trouver12. »§Ceste harengue orendroit proposee,[1600]Le roy sa dextre en la sienne a posee+a la sienne aposee [Vat966].Et telle joye au sien parler comprend,Que, pour espouse, il+om. [BnFfr23145] la fïance et prendComme payan qu'il estoit, car encoresN'y faisoit on sollempnitez tant que ores13.[1605]§Ce fut bien tost oublié l'habitude,Le bien, l'honneur, l'amour et gratitudeDu roy son hoste. En bonne foy, je croy,Ainsi le tiens je+je [Vat966] et maintiens que oncques royRevelations de la royne BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) au roy ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) Ne fist à autre une begnivolence,[1610]Chere et recueil de plus haulte excellenceQu'elle luy fut demonstree en l'hostelDessus nommé. Mais quoy ? Femme a loz tel,Et en parolle obtient telle puissance,Que l'homme attraict en son obeyssance.[1615]Pourquoy+Par quoy [BnFfr23145]dit on+ dict l'on [BnFfr17274]femineis abus14 , Veult cela dire estre en femmes abus ?Si c'est l'usance+l'usage [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr23145, BnFfr4967, Cha514] et façon coustumiere,Je n'en dis mot15. Advint+om. [BnFfr23145] la nuyt premiere.Lorsqu'il voulut s'esjouyr au delit[1620]Du gracïeux et doulx plaisir de lit,Elle supplie à ce que ayt patïence,Pour ceste nuyt, disant par prescïenceQuelque heur futur vouloir incontinentLuy reveler, s'il se tient continent[1625]Jusques au jour, pourveu que aille à la porteDu sien+De son [BnFfr17274, BnFfr23145, Cha514, Vat966, BnFfr5299, BnFfr4967] palays, troys foys, et luy rapporteCe que aura veu. Lors vouldra disposer Le tout, au long, luy dire et exposer.Adjouxtant foy à la parolle d'elle[1630]Sortit+Sortir [BnFfr4967] dehors16. Et en visïon telle,Luy fut advis qu'il veit de maintes partzSortir leöns, licornes et liepardz.Et là, devant son palays, il luy sembleLes visions que eut ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) la nuyct de ses nopcesCes bestes veoir pourmenantes ensemble,[1635]Dont eut frayeur17. Tost aprés, toutesfoys,Il+
Y [BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514, BnFfr5299, BnFfr4967] ;
Il y [BnFfr17274]
retourna pour la seconde foys.Loups, ours, regnardz et maintes autres bestesVeoit là courir, menans telles tempestes,Comme se tout voulsissent devorer.[1640]Par quoy luy poyse en ce lieu demourer18,Mais, tout soudain, a bien eu souvenanceComme BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) , en ceste convenance,A dit troys foys y debvoir retourner.Si prend couraige et là veoit contourner[1645]Ung tas de chiens, pincer l'un l'autre et mordre.Adoncq s'en va et luy compte par ordreCe qu'il a veu, dont bien semble que soitTriste et pensif. Quant elle l'apperçoitEstre fasché, la visïon premiere[1650]Expose et dit tout en ceste maniere19 :« Certes, amy, ja ne fault que doubtez.Touchant cecy, telles doubtes ostezDe vostre cueur. Ces premieres figuresPortent si bons presaiges et augures[1655]Que à l'advenir nous en esjouyrons.Et vous promectz qu'ensemble jouÿronsD'enfans, produictz de nostre geniture,Qui retiendront ceste noble natureBasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) declaire à ChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) les visions qu'il a euesDe la licorne et du lÿon aussi.[1660]Si n'en vueillez avoir aucun soucy.Assez sçavez qu'entre bestes de races,Ces deux tousjours ont les+ eu [BnFfr17274] meilleures graces.De moy+De quoy [BnFfr23145, BnFfr5299]Parquoy [BnFfr4967] aurez ung beau filz trïumphant,Noble+ Fort [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] et puissant comme ung+om. [BnFfr17274] droit elephant.[1665]§Ce que contient la visïon seconde,C'est que aprés nous une ligne+lignie [BnFfr17274] fecondePullullera, tenant durans ses joursConditïons approuchantes des ours,Loups ravissans et cautelles vulpines,[1670]Et par cela usera de rapines.Quant à la tierce, ung peuple aprés seraQui, vers la fin du siecle, oppresseraL'un l'autre, ainsi que chiens qui+qu'ilz [BnFfr17274] s'entremordent. Et comme on voit, quant fleuves se desbordent,[1675]Gaster paÿs par innundatïons,Ce peuple lors+alors [BnFfr17274] fera commotïonsEt ne tiendra, pour le+om. [BnFfr23145] vray dire, conteDu prince sien, soit il roy, duc ou comte.Ces choses cy+icy [BnFfr23145], au vray signiffïer,[1680]Ne se offrent pas debvoir+de veoir [BnFfr17274] veriffïerDevant noz yeulx presentes adventures,+om. [Aix419]Mais signes sont des+de [BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145] fortunes futures.+om. [Aix419]Si debvez vous tenir pour seur edictChilderichChildéric Ier (436 — 481)Roi des Francs saliens (457-481) et BasineBasine (01/01/438 — 02/01/477)Reine des Francs (?-?) engendrerent ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511)Roi des Francs (481-511) Et bien certain tout ce que j'en ay dit,[1685]Sans plus laisser vostre penser en trance,Car tout viendra à clere demonstrance20. »+Devant noz yeulx presentes adventures / Mais signes sont des fortunes futures [Aix419]Aprés ces motz, doulcement la+ le [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514]21 baisaEt du penser ennuyeux l'appaisa.§Lors, sur+soubz [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] l'espoir d'icelle heureuse attente,[1690]Et soubz couleur de nuptïalle tente,Tel exploict fist à l'heure, ainsi qu'on sceut,Que au mesme jour la royne ung filz conceut.Ce fut ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511)Roi des Francs (481-511) , comme par l'escriptureTrouveront ceulx qui en feront lecture.[1695]Doncq, celluy roy, aprés avoir +roy [BnFfr4967] regnéEt doulcement son peuple +avoir [BnFfr23145] gouverné,Aprés plusieurs batailles et victoyresEn ses paÿs et autres territoyres,Aprés avoir les Allemans vaincuz,[1700]Aprés briser+priser [BnFfr4967] lances et fortz escuz,Aprés florir en valleurs plantureusesEt cueillir fruictz de prouësses heureuses,Aprés avoir vingt et quatre ans passez,Du regne sien au reng des trespassez[1705]Le convïa+convoya [BnFfr17274] celle22 qui, par envie,De tous humains ne+ n'en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514, Vat966, BnFfr4967, BnFfr5299] lesse ung seul en vie.Ainsi, payant les naturelz tribuz,Clouyt les yeulx, dormant cum patribus2324.
Cretin explicite davantage que ses sources le changement de comportement de Childéric, et étoffe le récit de sa campagne militaire contre Odoacre. Il s'inspire plutôt des GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33-34) : « Li rois Childeris, qui estoit bon chevaliers de sa main et sages de conseil, esmut ses oz contre Oudouacre le roi de Saisoigne, ensemble se combatirent il et leur genz ; desconfiz fu Oudouacres et ses oz ; par fuite garanti sa vie. Li rois Childeris, qui moult estoit ardanz de lui tenir, le chaça jusques à Orliens ; mais cil s'en fu jà fuiz, qui pas n'osa atendre sa venue. Li rois assist la vile et la prist par force ; un conte Romain, qui laienz estoit, ocist ; Pous avoit non. » L'orthographe des noms propres est quant à elle copiée de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Childeric, jeune et courageux, aprés qu'il eut recouvert le royaulme, poursuyvit son adversaire Odoagre de Savonne jusques à Orleans, et surmonta la ville assiegé en laquelle fut prins Paul, prevost rommain. » Qualifier Paul de « comte et prevost » révèle l'utilisation des deux sources par Cretin.
Cretin s'inspire ici de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En aprés passa la riviere de Loyre et receut les Angevins au serment de fidelité. »GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 34) : Ensi escrut li rois son regne jusques à Orliens, et puis jusques à la cité d'Angiers.
Motif de l'amor de lonh notamment élaboré par Jaufré Rudel au XIIe siècle. Cretin confère à cet épisode des amours de Childéric et Basine (jusqu'au v. 1600) une coloration courtoise, en reprenant ici un motif de la poésie lyrique des troubadours. Les emplois archaïsants de « que » (pour « tant que » v. 1507 et « bien que » ici) ou les emprunts, ci-dessous, à des œuvres fictionnelles bien connues sur l'amour (Métamorphoses d'Ovide et Roman de la Rose) confirment l'idée que Cretin écrit ici avec le souvenir de la lyrique courtoise.
Conformément au récit d'Ovide, à la charnière des vers 1536 et 1537, il faut comprendre « la poignante mouche de Yo » (Io étant une génisse), en vertu d'une construction du complément du nom sans préposition. Cet usage, archaïsant, est rare chez Cretin. Les copistes semblent ne pas comprendre la construction du complément du nom sans préposition (devenue trop ancienne) et corrigent en supprimant la référence à Io. Ce faisant, ils attribuent à Argus la garde d'une mouche, de façon erronée. Voir Ovide, Les Métamorphoses, éd. et trad. Georges Lafaye, Paris, Les Belles Lettres, 1928Ovide, 1928, liv. I, v. 568-779.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34) : « Quant la roine Basine, fame Bissine le roi de Toringe à cui li rois s'enfui, sout que Childeris se fu acordez à ses barons et que il fu receuz en son regne, ele guerpi son seigneur, et s'en vint après Childeric en France, car l'on disoit que il l'avoit cogneue tandis com il demoroit ovec son seigneur. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « La prosperité de cestuy Childeric cogneue, Basine, espouse du roy de Thurin, mettant son mary en oubly, se retira vers le roy de France, allechee en la coustume de la jeunesse d'icelluy. »
Comprendre : « comme si elle incarnait un personnage ». Cette indication accentue de façon complice l'idée que cette séquence est topique de la poésie courtoise (à ceci près que les rôles sont inversés, puisque c'est la femme qui doit prouver ses intentions).
Cretin développe spectaculairement ce qu'il trouve dans ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34-35) : « Il [Childéric] li [Basine] demanda porquoi ele l'avoit sui et son seigneur guerpi, ele li respondi... ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Laquelle, interroguee par Childeric pourquoy son mary avoit delaissé pour suyvir ung aultre,... »
L'idée que l'amour est le fruit d'un choix rationnel afin de se porter sur la personne ayant le plus de « pris », ou de valeur, est encore un motif de la lyrique courtoise élaborée par les troubadours.
Cretin amplifie le discours de Basine qu'il trouve dans ses deux sources principales sans en altérer fondamentalement le contenu. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « « Je sui, dist ele, à toi venue pour ce que je ai cogneue et esprovée ta temprance et ta vertu, et se je cuidasse meilleur de toi trover en nules des parties dou monde, nus griés de voie ne nus travaus de cors ne me tenist que je ne l'alasse requerre. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « « Pour ce (dist elle) que j'ay usé de ta communion et que j'ay experimenté ta prudence et verty. Car se je savoye que au monde y eust quelque ung meilleur que toy, je ne cesseroye de le querir sans estre lasse, par terre et par mer jusques ad ce que l'auroye trouvé. » »
L'idée que les mariages païens donnent lieu à moins de cérémonies est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant li rois oï ceste response, il la prist par mariage comme païens que il estoit ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En ceste liberté de parolles, Childeric dejecté, non estant encores entré en la foy de Jhesu Christ, print Basine à femme et espouse ».
Cretin prend prétexte de la dénonciation de l'ingratitude de Childéric qu'il trouve dans ses sources pour exprimer sa misogynie. Le fait de ne pas nommer le roi Basin paraît délibéré. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « si ne li sovint pas des bontez et des benefices que Bissines, li rois de Toringe, ses premiers mariz, li out fez quant il out esté chaciez de France. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « sans avoir recordation de l'hospitalité, familiarité et biensfaitz de Bissine. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il furent le soir couchié ensemble et il furent ou secré dou lit, la roine l'amonesta que il se tenist cele nuit d'abiter à li, puis li dist que il se levast et alast devant la porte dou palais, et li seust à dire ce que il auroit veu. Li rois se leva, et fist son commandement. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv-VIr : « Au premier couchement des nopces, Basine admonnesta le roy Childeric de passer la nuyt sans l'œuvre voluptaire, garder les portes du palais et luy raporter ce qu'il aura veu. L'homme, adjouxtant foy aux parolles de ceste femme, troys foys fist le guect aux portes de la maison. »
S'inspirant de ses deux sources principales, Cretin ne raconte pas les visions seulement par la bouche de Childéric, mais il ne mentionne pas non plus que le roi retourne voir la reine entre chacune d'elles. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il fu devant la sale, il li sembla que il veist granz formes de bestes, ausi comme d'unicornes, de lieparz et de lyons, qui aloient et venoient par devant le palais. Il retorna touz espoentez et raconta à la roine ce qu'il avoit veu. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Et finablement racompta à Basine qe premierement il avoit veu en la court du palais des lycornes, leons et lyepards. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Ele li dist que il n'eust pas paor, et que il retornast arrieres. Quant retornez fu, il vit granz ymages d'ours et de leus ausi com s'il vousissent courre sus l'i uns l'autre. Il retorna au lit la roine, et li raconta la seconde avision. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Secondement, des ours et loups ravyssans comme s'ilz se hastoient de saillir à l'encontre de luy. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35-36) : « Ele li redist que il retornast encore une foiz. Quant retornez fu, il vit figures de chiens et de petites bestes qui s'entredepeçoient toutes. Quant il fu retornez à la roine et il li out tout raconté quanque il out veu, il li requist que ele li feist entendre que ces III avisions senefioient, car il savoit bien que ele ne l'i avoit pas envoié pour noient. Ele lidist que il se tenist chastement cele nuit, et ele li feroit au matin entendre la signification des III avisions. Ensi furent jusques au matin, que la roine apela le roi, que ele vit moult pensif. Puis li dist ensi » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Tiercement des petis chiens lesquelz se mordoyent l'ung l'aultre. Lesquelles visions recitées, saichant les choses futures, elle les exposa à son mary en ceste maniere. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 36) : « « Sire, ostez ces pensées de ton cuer, et entent ce que je dirai. Si saches certeinement que ces avisions ne sont pas tant significations des choses presentes comme de celes qui à avenir sont. Si ne pren pas garde aus formes des bestes que tu as veues, mais aus faiz et aus mours de la lignie qui de nous doit eissir. Car li premiers hoirs qui de nous naistra sera hons de noble proëce et de haute puissance ; et ceste senefie en la forme de l'unicorne et dou lyon, qui sont les plus nobles bestes et les plus hardies qui soient. La signification de la seconde avision si est tele, car en la forme de l'ours et dou leu sont segnefié cil qui de nostre fil istront, qui seront rapineus ausi com les bestes sont. La segnefiance de la tierce avision si rest tele, que en la forme dou chien, qui est beste lecherresse et de nule vertu, ne ne puet sanz l'aide d'ome, est segnefié la mauvestié et la parece de ceus qui vers la fin dou siecle tendront le ceptre et la corone de cest roiaume. En la torbe des petites bestes qui s'entrabatoient est senefiez li menuz poples qui s'entrociront, pour ce que il seront sanz paor de prince. Sire, dist la roine, vez ci l'exposition des III avisions qui est certaine demostrerresse des choses qui sont à avenir. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « C'est assavoir que de leur copulation charnelle produyroient une lignee de diverses meurs, dont la premiere seroit noble de nature, laquelle ensuyvroit les licornes et seroit semblable aux ours et loups. L'aultre seroit encline à rapine, et la tierce se mordant elle mesmes par tristesse, prendroit la rage des chiens. »
Même si la leçon des autres manuscrits semble être plus valide d'un point de vue sémantique, comme celle du manuscrit royal n'engendre pas d'incorrection syntaxique ou métrique, nous la maitenons. Peut-être le copiste a-t-il été soucieux de renforcer la rime entre « la baisa » et « appaisa ».
Cretin clôture ce chapitre en réécrivant [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Le roy, remply de joye pour les presages de Basine, fut ravy en trés grande esperance de la trés noble famille que devoient produyre ces presentes nopces. De la en aprés par quelques batailles les Alemans vaincuz print et reduysit soubz sa puissance. Finablement, plsieurs choses excellamment faictes, l'espace de vingt et quattre ans moult renommé, mourant, delaissa le royaulme à son filz Clovys. » La Chronique française ignore la fin du chapitre chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIv : « Auquel temps, en la ville de Thoulouze que les Gothz avoient occuppee, fut veu le long d'ung jour entier couller ung ruysseau de sang. Ce temps et siecle a esté excellant et noble en trés bons presbtres, car à Thoulouze et plus parfaictement en Vienne Simplice a resplendi en saincteté. Amand a illustré et decoré Bourdeaulx. Damian a enseigné les Albigeois. Les Auvergnastz ont reveré et honnoré Venerande, les Cahorsois Rustique et ceulx du Perigort Pegasin. Et ne fault oublier Sydone, lequel de senateur fait le presbtre des Auvergnastz, la famine estant en Bourgongne, de sa substance repeut quattre mille pouvres et indigens. » Les GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 37) n'évoquent pas la mort de Childéric ici : « Ensi fu li rois hors de la pensée en quoi il estoit chaüz pour les avisions, et fu liez de la noble lignie et dou grant nombre des preudomes qui de lui devoient eissir. » La mort de Childéric est rapportée plus loin dans les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 54-55) : « Retorner nous covient à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes incidences qui beles sont à raconter. Quant li rois Childeris out le roiaume de France governé XXIIII anz, il fu morz. Un fil out de Basine la roine, si out non Clodovées ».
Cretin explicite davantage que ses sources le changement de comportement de Childéric, et étoffe le récit de sa campagne militaire contre Odoacre. Il s'inspire plutôt des GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 33-34) : « Li rois Childeris, qui estoit bon chevaliers de sa main et sages de conseil, esmut ses oz contre Oudouacre le roi de Saisoigne, ensemble se combatirent il et leur genz ; desconfiz fu Oudouacres et ses oz ; par fuite garanti sa vie. Li rois Childeris, qui moult estoit ardanz de lui tenir, le chaça jusques à Orliens ; mais cil s'en fu jà fuiz, qui pas n'osa atendre sa venue. Li rois assist la vile et la prist par force ; un conte Romain, qui laienz estoit, ocist ; Pous avoit non. » L'orthographe des noms propres est quant à elle copiée de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Childeric, jeune et courageux, aprés qu'il eut recouvert le royaulme, poursuyvit son adversaire Odoagre de Savonne jusques à Orleans, et surmonta la ville assiegé en laquelle fut prins Paul, prevost rommain. » Qualifier Paul de « comte et prevost » révèle l'utilisation des deux sources par Cretin.
Cretin s'inspire ici de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En aprés passa la riviere de Loyre et receut les Angevins au serment de fidelité. »GCF, liv. I, chap. 9 (vol. 1, p. 34) : Ensi escrut li rois son regne jusques à Orliens, et puis jusques à la cité d'Angiers.
Motif de l'amor de lonh notamment élaboré par Jaufré Rudel au XIIe siècle. Cretin confère à cet épisode des amours de Childéric et Basine (jusqu'au v. 1600) une coloration courtoise, en reprenant ici un motif de la poésie lyrique des troubadours. Les emplois archaïsants de « que » (pour « tant que » v. 1507 et « bien que » ici) ou les emprunts, ci-dessous, à des œuvres fictionnelles bien connues sur l'amour (Métamorphoses d'Ovide et Roman de la Rose) confirment l'idée que Cretin écrit ici avec le souvenir de la lyrique courtoise.
Conformément au récit d'Ovide, à la charnière des vers 1536 et 1537, il faut comprendre « la poignante mouche de Yo » (Io étant une génisse), en vertu d'une construction du complément du nom sans préposition. Cet usage, archaïsant, est rare chez Cretin. Les copistes semblent ne pas comprendre la construction du complément du nom sans préposition (devenue trop ancienne) et corrigent en supprimant la référence à Io. Ce faisant, ils attribuent à Argus la garde d'une mouche, de façon erronée. Voir Ovide, Les Métamorphoses, éd. et trad. Georges Lafaye, Paris, Les Belles Lettres, 1928Ovide, 1928, liv. I, v. 568-779.
Cretin amplifie considérablement ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34) : « Quant la roine Basine, fame Bissine le roi de Toringe à cui li rois s'enfui, sout que Childeris se fu acordez à ses barons et que il fu receuz en son regne, ele guerpi son seigneur, et s'en vint après Childeric en France, car l'on disoit que il l'avoit cogneue tandis com il demoroit ovec son seigneur. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « La prosperité de cestuy Childeric cogneue, Basine, espouse du roy de Thurin, mettant son mary en oubly, se retira vers le roy de France, allechee en la coustume de la jeunesse d'icelluy. »
Comprendre : « comme si elle incarnait un personnage ». Cette indication accentue de façon complice l'idée que cette séquence est topique de la poésie courtoise (à ceci près que les rôles sont inversés, puisque c'est la femme qui doit prouver ses intentions).
Cretin développe spectaculairement ce qu'il trouve dans ses sources. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 34-35) : « Il [Childéric] li [Basine] demanda porquoi ele l'avoit sui et son seigneur guerpi, ele li respondi... ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « Laquelle, interroguee par Childeric pourquoy son mary avoit delaissé pour suyvir ung aultre,... »
L'idée que l'amour est le fruit d'un choix rationnel afin de se porter sur la personne ayant le plus de « pris », ou de valeur, est encore un motif de la lyrique courtoise élaborée par les troubadours.
Cretin amplifie le discours de Basine qu'il trouve dans ses deux sources principales sans en altérer fondamentalement le contenu. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « « Je sui, dist ele, à toi venue pour ce que je ai cogneue et esprovée ta temprance et ta vertu, et se je cuidasse meilleur de toi trover en nules des parties dou monde, nus griés de voie ne nus travaus de cors ne me tenist que je ne l'alasse requerre. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « « Pour ce (dist elle) que j'ay usé de ta communion et que j'ay experimenté ta prudence et verty. Car se je savoye que au monde y eust quelque ung meilleur que toy, je ne cesseroye de le querir sans estre lasse, par terre et par mer jusques ad ce que l'auroye trouvé. » »
L'idée que les mariages païens donnent lieu à moins de cérémonies est une originalité de Cretin. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant li rois oï ceste response, il la prist par mariage comme païens que il estoit ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « En ceste liberté de parolles, Childeric dejecté, non estant encores entré en la foy de Jhesu Christ, print Basine à femme et espouse ».
Cretin prend prétexte de la dénonciation de l'ingratitude de Childéric qu'il trouve dans ses sources pour exprimer sa misogynie. Le fait de ne pas nommer le roi Basin paraît délibéré. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « si ne li sovint pas des bontez et des benefices que Bissines, li rois de Toringe, ses premiers mariz, li out fez quant il out esté chaciez de France. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv : « sans avoir recordation de l'hospitalité, familiarité et biensfaitz de Bissine. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il furent le soir couchié ensemble et il furent ou secré dou lit, la roine l'amonesta que il se tenist cele nuit d'abiter à li, puis li dist que il se levast et alast devant la porte dou palais, et li seust à dire ce que il auroit veu. Li rois se leva, et fist son commandement. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Vv-VIr : « Au premier couchement des nopces, Basine admonnesta le roy Childeric de passer la nuyt sans l'œuvre voluptaire, garder les portes du palais et luy raporter ce qu'il aura veu. L'homme, adjouxtant foy aux parolles de ceste femme, troys foys fist le guect aux portes de la maison. »
S'inspirant de ses deux sources principales, Cretin ne raconte pas les visions seulement par la bouche de Childéric, mais il ne mentionne pas non plus que le roi retourne voir la reine entre chacune d'elles. GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Quant il fu devant la sale, il li sembla que il veist granz formes de bestes, ausi comme d'unicornes, de lieparz et de lyons, qui aloient et venoient par devant le palais. Il retorna touz espoentez et raconta à la roine ce qu'il avoit veu. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Et finablement racompta à Basine qe premierement il avoit veu en la court du palais des lycornes, leons et lyepards. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35) : « Ele li dist que il n'eust pas paor, et que il retornast arrieres. Quant retornez fu, il vit granz ymages d'ours et de leus ausi com s'il vousissent courre sus l'i uns l'autre. Il retorna au lit la roine, et li raconta la seconde avision. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Secondement, des ours et loups ravyssans comme s'ilz se hastoient de saillir à l'encontre de luy. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 35-36) : « Ele li redist que il retornast encore une foiz. Quant retornez fu, il vit figures de chiens et de petites bestes qui s'entredepeçoient toutes. Quant il fu retornez à la roine et il li out tout raconté quanque il out veu, il li requist que ele li feist entendre que ces III avisions senefioient, car il savoit bien que ele ne l'i avoit pas envoié pour noient. Ele lidist que il se tenist chastement cele nuit, et ele li feroit au matin entendre la signification des III avisions. Ensi furent jusques au matin, que la roine apela le roi, que ele vit moult pensif. Puis li dist ensi » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Tiercement des petis chiens lesquelz se mordoyent l'ung l'aultre. Lesquelles visions recitées, saichant les choses futures, elle les exposa à son mary en ceste maniere. »
GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 36) : « « Sire, ostez ces pensées de ton cuer, et entent ce que je dirai. Si saches certeinement que ces avisions ne sont pas tant significations des choses presentes comme de celes qui à avenir sont. Si ne pren pas garde aus formes des bestes que tu as veues, mais aus faiz et aus mours de la lignie qui de nous doit eissir. Car li premiers hoirs qui de nous naistra sera hons de noble proëce et de haute puissance ; et ceste senefie en la forme de l'unicorne et dou lyon, qui sont les plus nobles bestes et les plus hardies qui soient. La signification de la seconde avision si est tele, car en la forme de l'ours et dou leu sont segnefié cil qui de nostre fil istront, qui seront rapineus ausi com les bestes sont. La segnefiance de la tierce avision si rest tele, que en la forme dou chien, qui est beste lecherresse et de nule vertu, ne ne puet sanz l'aide d'ome, est segnefié la mauvestié et la parece de ceus qui vers la fin dou siecle tendront le ceptre et la corone de cest roiaume. En la torbe des petites bestes qui s'entrabatoient est senefiez li menuz poples qui s'entrociront, pour ce que il seront sanz paor de prince. Sire, dist la roine, vez ci l'exposition des III avisions qui est certaine demostrerresse des choses qui sont à avenir. » » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « C'est assavoir que de leur copulation charnelle produyroient une lignee de diverses meurs, dont la premiere seroit noble de nature, laquelle ensuyvroit les licornes et seroit semblable aux ours et loups. L'aultre seroit encline à rapine, et la tierce se mordant elle mesmes par tristesse, prendroit la rage des chiens. »
Même si la leçon des autres manuscrits semble être plus valide d'un point de vue sémantique, comme celle du manuscrit royal n'engendre pas d'incorrection syntaxique ou métrique, nous la maitenons. Peut-être le copiste a-t-il été soucieux de renforcer la rime entre « la baisa » et « appaisa ».
Cretin clôture ce chapitre en réécrivant [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIr : « Le roy, remply de joye pour les presages de Basine, fut ravy en trés grande esperance de la trés noble famille que devoient produyre ces presentes nopces. De la en aprés par quelques batailles les Alemans vaincuz print et reduysit soubz sa puissance. Finablement, plsieurs choses excellamment faictes, l'espace de vingt et quattre ans moult renommé, mourant, delaissa le royaulme à son filz Clovys. » La Chronique française ignore la fin du chapitre chez [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIv : « Auquel temps, en la ville de Thoulouze que les Gothz avoient occuppee, fut veu le long d'ung jour entier couller ung ruysseau de sang. Ce temps et siecle a esté excellant et noble en trés bons presbtres, car à Thoulouze et plus parfaictement en Vienne Simplice a resplendi en saincteté. Amand a illustré et decoré Bourdeaulx. Damian a enseigné les Albigeois. Les Auvergnastz ont reveré et honnoré Venerande, les Cahorsois Rustique et ceulx du Perigort Pegasin. Et ne fault oublier Sydone, lequel de senateur fait le presbtre des Auvergnastz, la famine estant en Bourgongne, de sa substance repeut quattre mille pouvres et indigens. » Les GCF, liv. I, chap. 10 (vol. 1, p. 37) n'évoquent pas la mort de Childéric ici : « Ensi fu li rois hors de la pensée en quoi il estoit chaüz pour les avisions, et fu liez de la noble lignie et dou grant nombre des preudomes qui de lui devoient eissir. » La mort de Childéric est rapportée plus loin dans les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 54-55) : « Retorner nous covient à l'ordre de nostre matiere, que nous avons un petit entrelessié pour aucunes incidences qui beles sont à raconter. Quant li rois Childeris out le roiaume de France governé XXIIII anz, il fu morz. Un fil out de Basine la roine, si out non Clodovées ».