Livre II - Chapitre 3
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26 | Chapitre 27 | Chapitre 28 | Chapitre 29 | Chapitre 30 | Chapitre 31 | Chapitre 32 | Chapitre 33






§Pour mectre fin a ce que lœil pourchace Sommairement ſera cy recite [875]Comment Clotaire a la mort fut cite Par trop auoir prins trauail a la chaſſe
§Chapitre. iiie.
Clotaire pres de Soiſſons alla a la chaſſeFueił milestoneCLotaire vng iour deſirant pꝛendꝛe laer Se departit de Soiſſons pour aller En ſes foꝛeſtz courre les cerfz a foꝛce [880]Comme ſouuent cueur deſireux ſeffoꝛce Paſſer le temps durant la ceruoiſon Meſmes es lieux / ou ſont gꝛandz cerfz foiſon Quant les veneurs eurent / ſans longue enqueſte Deuant le roy rappoꝛte de leur queſte [885]Cerf deſtourne maintindꝛent aux rappoꝛtz. Eſtre ſomme de vingt et quatre coꝛs /. Loꝛs fut ſa ioye a plaiſir redoublee Et diſpoſa d aller a laſſemblee /. La mainte couple y eut de chiens courans /. [890]La ſceurent bien veneurs trouuer garandz En repꝛenant erres ſur leurs bꝛiſees /. La furent foꝛt les manieres pꝛiſees Du gꝛand veneur / qui bien ſceut a pꝛopos Faire lancer le cerf de ſon repos [895]Car a la voix du lymier / plus ne doubte Et toſt luy fait bailler la meutte a routte /. Oꝛ apꝛes foꝛt viander / pꝛend delit Cerf au repos ſans partir de ſon lict Que a gꝛand regꝛet / si fault que au lancer vſe [900]De ſon meſtier /. et face quelque ruſe /. La teſte haulte / il ſen va en oyant
Clotaire eſt a la chaſſe pres de Soiſſons. Labbay des chiens ſon pays tournoyant Non pas ſans foꝛt les laſnieres eſcourre Veneurs apꝛes fuyans /. et chiens de courre /. [905]Ceſt vng plaiſir ouyꝛ les belles voix Des chiens courans retentir en ces bois /. Ceſt vng deduyt / quant coꝛs et trompes ſonnent Du plaiſant ſon / que foꝛeſtz en reſonnent /. Ceſt paſſetemps douyꝛ aux chiens parler [910] Va cy Clabault / Va ve le cy aller La la ira / Rigault / Bꝛuyant / Fricaude Marteau / Gꝛongnard / Bꝛifault /. par cy va bande La cher amy va ve le cy fuyant /. Du train quon tient / et comme on va huyant [915]Ie laiſſeray le ſurplus a compꝛendꝛe A ceulx qui bien ſcauent tel eſbat pꝛendꝛe /. Tant fut le cerf celluy iour pourmene Si foꝛt couru / chaſſe / et maumene Que apꝛes auoir tourne deuant / derriere [920]Et pꝛacticque mainte ruze en arriere /. Apꝛes auoir paſſe viuiers / eſtangz Et gꝛandz mareſtz / en ces foꝛeſtz eſtantz En trauerſant dun taillis en la plaine Deuant les chiens demoura hoꝛs dalaine. [925]Mais ce ne fut ſans faire ample deuoir Et aux veneurs et picqueurs fait ſcauoir
Clotaire vieil priſt a la chaſſe la fieure continue.Fueił Comme au meſtier on doibt picquer des bottes Le roy ce iour caſſant ces quatre mottes Se y eſchauffa trop plus quil ne debuoit [930]Car plus de cueur beaucoup que foꝛce auoit Et ſi eſtoit peruenu a gꝛand aage Pour ne debuoir courir cerfz /. dauantaige Caſſe / bꝛiſe / et rompu eſtoit foꝛt Par trop de iours auoir mys ſon effoꝛt [935]A demener le meſtier de la guerre Loꝛs ceſte la / qui charge de longue erre Et fait loger / a moins que dire picq Poures humains a la pelle et au picq Et qui la vie a tous diſcontinue [940]Le fiſt ſaiſir de fieure continue /. §milestoneCeſt ſimplement applicque ſon deſir Quant tel trauail excede le plaiſir /. Ceſt gꝛand malheur / cauſant lourdes tempeſtes Quant vng roy court ainſi apꝛes les beſtes /. [945]Ceſt gꝛand meſchief veoir homme pꝛendꝛe cours Par le quel face abꝛeger ſes iours courtz /. Ceſt mal aduis perdꝛe le poſſeſſoire De ſa ſante / pour vng tel acceſſoire /. Bꝛief / ceſt pour roys eſbat trop perilleux [950]Car non ſans plus mectent en peril / eulx Mais auſſi tous eſtatz de leur royaume
Clotaire eſt au lict de la mort. Ceſt bien raiſon / ſe la chaſſe vng roy ame Que ſon plaiſir y ait /. Mais nentre pas En train de courre / aultre que l entrepas [955]Car en courant toute ſa foꝛce enerfue /. Cecy ne dis pour enſeigner Minerue Mais ceſt affin quon penſe a laduenir Au gꝛand dangier / qui en peult ſuruenir §milestoneClotaire eſtant ſur le lict moꝛtuaire [960]Ne ſe trouuoit cyꝛop / electuaire Dꝛogue / coulis / eſpꝛaincte / ou reſtaurant Qui contre moꝛt luy ſceuſt poꝛter garant / Car laſpꝛe fieure aigue et rigoureuſe Le moleſta daigꝛeur ſi langoureuſe [965]Que dardeur entre en tremblante douleur Et de froidure / en ardante challeur /. Ainſi afflict / giſant a la renuerſe Tant afflige de paſſion diuerſe Triſte / penſif / dolent / piteux / et las [970]Fit ſes regꝛetz / diſant ces motz /. milestoneHelas Combien eſt gꝛande et puiſſante la foꝛce Du roy celeſte. Actendu quil parfoꝛce Les roys de terre / au tribut naturel Et fait laiſſer leur regne tempoꝛel /. [975] O queſt il gꝛand / ce roy qui humilie Les plus puiſſans / et ce que ennemy lie
La mort du roy Clotaire inhume a Soiſſons.Fueił Il le deſlie /. et a lame et au coꝛps Donne ſante tant eſt miſericoꝛdz /. Tant eſt il bon / quil ne pꝛend point vengence [980] Dhomme pecheur faiſant ſa diligence Tourner vers luy / et pardon demander Auecq pꝛopos ferme de ſe amander /. Tant eſt piteux / ſi doulx / et ſi traictable Que au monde neſt peche ſi deteſtable [985] Ne ſi gꝛand cas / que lhomme ou femme ait fait Quil ne pardonne aiſeement leur meſfait /. §Loꝛs deuant tous diſt en ferme conſtance De ſon peche la gꝛiefue circonſtance Et tant contrict en cueur que faire ſceut [990]Ses ſacrementz deuotement receut Ainſi rendit / par moꝛt qui tout atterre / Lame ou dieu pleut /. et le coꝛps a la terre /. Ayant des ans cinquante et vng regne Et ſon royaulme amplement gouuerne /. [995]milestonePour le debuoir dobſecques funerailles On myt / au lieu / ou mourut ſes entrailles Puys fut le coꝛps / apꝛes eſtre embaſme A Sainct Medard de Soiſſons inhume Ou pꝛeparer le triumphe enuoyerent [1000]Ses quatre filz /. et la le conuoyerent /.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Pour mectre fin à ce que l'œil pourchace, Sommairement sera cy recité [875]Comment ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, à la mort, fut cité, Par trop avoir prins travail à la chasse.
§Chapitre iiie+3 [BnFfr4965]om. [BnFfr23146]
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
prés de Soissons alla à la chasse milestoneClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, ung jour, desirant prendre l'aer, Se departit de Soissons pour aller En ses forestz courre+contre [BnFfr4965] les cerfz à force, [880]Comme souvent cueur desireux s'efforce Passer le temps durant la cervoison, Mesmes es lieux où sont grandz cerfz foison. Quant les veneurs eurent, sans longue enqueste, Devant le roy rapporté de leur queste, [885]Cerf destourné maintindrent aux rapportz Estre sommé de vingt et+om. [Aix419] quatre cors. Lors fut sa joye à plaisir redoublee, Et disposa d'+om. [BnFfr4965]aller à l'assemblee. Là, mainte couple y eut de chiens courans ; [890]Là, sceurent bien veneurs trouver+trouvé [BnFfr23146] garandz, En reprenant erres+arres [BnFfr23146] sur leurs brisees+leur braser [BnFfr23146] ; Là furent fort les manieres prisees Du grand veneur, qui bien sceut+
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
est à la chasse prés de Soissons L'abbay des chiens, son paÿs tournoyant, Non pas sans fort les+ses [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] lasnieres+lasniere [BnFfr23146] escourre, Veneurs aprés fuyans, et chiens de courre. [905]C'est ung plaisir ouyr+
d'ouyr [Aix419, BnFfr17274, Cha515] ;
d'ouir [BnFfr23146]
les belles voix
Des chiens courans retentir en ces bois.
C'est ung
deduyt+plaisir [BnFfr23146] quant cors et trompes sonnent
Du plaisant son
que forestz en resonnent.
C'est passe temps d'ouyr aux chiens parler :
[910]
« Va cy ClabaultClabault Chien ! Va, ve+vez [Cha515]
le cy+lecy [BnFfr4965] aller !
Là, là, ira
RigaultRigault Chien,
BruyantBruyant Chien,
FricaudeFricaude Chien,
MarteauMarteau Chien,
GrongnardGrongnard Chien,
Brifault+Brechault [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419]Brehault [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]Brifault Chien !
Par cy va bande+baulde [Cha515] !
Là, cher amy, va,
ve+vez [BnFfr23146, Cha515]
le cy+lecy [BnFfr4965] fuyant ! »
Du+Au [BnFfr4964, Cha515]Ou [BnFfr4965] train qu'on tient, et comme on va
huyant,
[915]Je laisseray le surplus à comprendre
À ceulx qui bien sçavent tel esbat+
l'esbat y [BnFfr17274] ;
l'esbat i [BnFfr23146]
prendre2.
Tant fut+fut [Aix419] le cerf celluy jour
pourmené,
Si fort couru, chassé et maumené,
Que aprés avoir tourné devant, derriere,
[920]Et practicqué mainte ruze+maintes ruses [BnFfr23146] en arriere,
Aprés avoir passé viviers, estangz,
Et grandz marestz, en ces+ses [Aix419] forestz estantz,
En traversant+traver [BnFfr23146] d'un taillis en la plaine,
Devant les chiens demoura hors d'alaine.
[925]Mais ce ne fut sans faire ample devoir,
Et aux veneurs et picqueurs fait sçavoir
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
vieil prist à la chasse la fievre continue Comme au mestier on doibt picquer des bottes. Le roy, ce+se [BnFfr23146] jour, cassant ces+ses [BnFfr23146] quatre mottes, Se y+Si [Cha515] eschauffa trop plus qu'il ne debvoit, [930]Car plus de cueur beaucoup que force avoit, Et si estoit+estoy [BnFfr23146] pervenu à grand aage Pour ne debvoir courir+courre [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] cerfz davantaige. Cassé, brisé et rompu estoit fort, Par+Car [BnFfr4965] trop de jours avoir+avoit [BnFfr17274, BnFfr23146] mys son effort [935]À demener le mestier de la guerre. Lors ceste là qui charge de+sans charger [BnFfr4965] longue erre, Et+Tous [BnFfr4965] fait loger, à moins que dire « picq »3, Povres humains à la pelle et au picq, Et qui la vie à tous+tant [BnFfr4965] discontinue, [940]Le fist saisir de fievre continue4. §milestoneC'est simplement +donc [BnFfr23146] applicqué+applicque
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
est au lict de la mort C'est bien raison, se la chasse ung roy ame,+ung roy les chaces ame [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]ung roy les chasses ames [BnFfr4964] Que son plaisir y ait, mais n'entre pas En train de courre aultre que l' entrepas+outrepas [BnFfr4965]autrepas [BnFfr23146]. [955]Car en courant toute sa force enerfve. Cecy ne dis pour enseigner+enseigne [BnFfr23146] MinerveMinerve Déesse romaine de la sagesse, Mais c'est affin qu'on pense, à l'advenir, Au grand dangier qui en peult survenir5. §milestoneClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
estant sur le lict mortuaire, [960]Ne se trouvoit cyrop, electuaire, Drogue, coulis, espraincte ou restaurant, Qui contre mort luy sceust porter garant. Car l'aspre fievre aigüe+aigre [BnFfr23146] et rigoureuse Le molesta d'aigreur si langoureuse+om. [BnFfr23146]6 [965]Que, d'ardeur, entre en tremblante douleur, Et de froidure, en ardante challeur. Ainsi afflict+a faict [BnFfr23146], gisant à la renverse, Tant affligé de passïon diverse, Triste, pensif, dolent, piteux et las, [970]Fit ses+ces [Aix419, Cha515] regretz, disant ces motz : « milestoneHelas ! Combien est grande et puissante la force Du roy celesteDieu Concept de Dieu dans le christianisme ! Actendu qu'il parforce+qu'il parforce [BnFfr17274]qui par
La mort du roy ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
inhumé à Soissons Il le deslie, et à l'ame et au corps Donne santé, tant est misericordz. Tant est il bon, qu'il ne prend point vengence [980] D'homme pecheur, faisant sa diligence Tourner vers luy, et pardon demander Avecq propos ferme de se amander. Tant est piteux, si doulx et si traictable, Que au monde n'est peché si detestable [985] Ne si grand cas que l'homme ou femme ait+ay [Aix419] fait, Qu'il+Qui [BnFfr17274] ne pardonne aiseement leur mesfait. » §Lors, devant tous, dist, en+à [BnFfr23146] ferme constance, De son peché la griefve circonstance. Et tant contrict en cueur que faire sceut, [990]Ses sacrementz devotement receut. Ainsi rendit, par mort qui tout atterre+à terre [Aix419], L'ame où DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme pleut+plaist [Aix419], et le corps à la terre, Ayant des ans cinquante et+om. [BnFfr4965, Aix419] ung regné, Et+En [BnFfr17274, BnFfr23146] son royaulme amplement gouverné7. [995]milestonePour le debvoir d'obsecques funerailles, On myt au lieu où mourut ses entrailles, Puys fut le corps, aprés estre+om. [Aix419] embasmé, À Sainct Medard de Soissons inhumé8, Où preparer le triumphe envoyerent [1000]Ses quatre filz et là le convoyerent9.
Note n°1
Le sujet de ce verbe et le suivant est le
grand veneur.
Note n°2
La prétérition, ici, ne se réduit pas
qu'à une figure de style : Cretin manifeste une certaine connivence
avec le roi, son lecteur, par ailleurs féru de chasse à courre et
amateur de traités de vénerie. Guillaume Budé en rédige un à son
attention, sous la forme d'un dialogue entre lui-même et le roi :
De Venatione, Paris, Michel Vascosan, 1536
Note n°3
Très rapidement (l'expression usuelle est « plus tost
que dire pic »).
Note n°4
Ce passage gonfle une brève mention présente chez
Gaguin-Desrey, fol. XIIIr entre le pélerinage de Clotaire à
Saint-Martin de Tours (traité à la fin du chapitre 1 dans la
Chronique française) et le dénombrement de ses
femmes (évoqué au début du chapitre 2) : « Bientost après
[Clotaire] retourna à Soyssons et dés incontinent (comme c'est
la vaine coustume de la noblesse de France) se applicqua à
chacer et prendre les bestes saulvaiges, en laquelle chace se
delectant à courir et cryer plus qu'il n'est digne et decent à
ung roy, tomba en grieve malladye. » Cretin nourrit le
passage d'une réécriture d'un poème qu'il avait antérieurement
consacré à la chasse : le Debat entre deux dames sur le
passetemps des chiens et oyseaux (Œuvres
poétiques, éd. K. Chesney, Genève, Slatkine Reprints,
1977 [Paris, Droz, 1932], p. 94-143). En voici quelques vers :
« La noise alors commence de plus belle, / Veneurs s'en
vont apres les chiens huant : / « Merlant, Rigault, Marteau,
appelle, appelle ! » / C'est ung deduict d'oyr telle chappelle,
/ « La, compaing, la, va, veez le cy fuyant ! » » (v.
631-635). A noter que le Débat entre deux dames de
Cretin est lui-même la réécriture d'une partie du Livre des
deduis du Roy Modus, traité de chasse composé dans la
deuxième moitié du XIVe siècle, parfois
attribué à Henri de Ferrières, et qui a pu nourrir l'intégralité de
ce chapitre, notamment pour la précision de son vocabulaire
cynégétique. Sur cette intertextualité, voir : M. Randall, « On the
Empire of the Senses in Cretin's Débat entre deux
dames », dans Esprit généreux, esprit
pantagruélicque. Essays by his Students in Honor of François
Rigolot, éd. R. Leushuis et Z. Zalloua, Genève, Droz,
2008, p. 75-92 et E. Delvallée, « Débat et dialogue en vers chez
Guillaume Cretin », dans « La Forme versifiée du dialogue dans les
genres narratifs », dossier dirigé par Corinne Denoyelle et Pascale
Mounier, Elseneur, vol. 37, 2022, p. 79-96 [parution
sur Open Edition : ref].
Note n°5
Si ce développement est de Cretin,
il rappelle la désapprobation qu'exprime également Gaguin-Desrey,
fol. XIIIr dans le compte rendu de cet épisode, qui qualifie la
chasse de « vaine coustume de la noblesse de France ».
Les GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 189-190) ne se
prononcent pas, quant à elles, contre la chasse : « Un jor
avint que il [Clotaire] ala chacier en forez pour soi deduire,
si come costume est de François, qui plus volentiers s'i
esbatent que nules autres genz par costume. » Dans la
Chronique française, le propos semble directement
adressé à François Ier et le met en
garde, de façon insistante, contre une pratique excessive de son
loisir. Peut-être ce passage a-t-il été écrit à la suite d'un
événement particulier : on sait par le journal de Louise de Savoie,
sa mère, que François Ier a été blessé
par une branche d'arbre, alors qu'il chassait, le 23 septembre 1519
(Journal de Louise de Savoie duchesse d'Angoulesme,
d'Anjou et de Valois, mère du grand roi François Ier (1459-1522), éd. Pascal
Dumaih, Clermont-Ferrand, Paléo, 2006 [1838]). Quarante ans plus
tard, le roi Henri II est mortellement blessé lors d'un
tournoi...
Note n°6
En marge du manuscrit BnF, fr. 23146 : « nota ».
Note n°7
Le récit de l'agonie de Clotaire et son dernier discours n'ont pas
d'équivalent chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr, et sont inspirés du
passage correspondant dans les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 190-191), auquel Cretin ajoute l'administration de
l'extrême onction : « En ce point que il estoit ensi tormentez
de diverses passions de froideur et de chaleur, et que il
tornoit et retornoit en son lit et souspiroit parfondement come
cil qui moult estoit à grant mesaise de concience pour ses
pechiez, il commença à crier en tel maniere : « Heu, va !
Heu, va ! Com est granz et de merveilleuse puissance cil
celestieus rois qui ensi humilie et met au desouz les plus
puissanz rois de terre ! Com il ne soit pas mortiex, il est
sanz comparoison mieudres dou plus grant prince de terre ;
s'il est donques mieudres, il est plus puissanz, et s'il est
plus puissanz, il est misericors, car il ne se delite pas en
la veniance de ceus qui l'ont deservi, ausi com font maint
mortel prince ; ençois a plus chiere la repentance et la
penitance des pecheors selonc sa grant pitié. L'on doit
donques desirer par grant affection le don et la grace de sa
misericorde, de laquele nus, tant soit pechierres, ne se
doit desesperer. » Tandis com il recensoit tels paroles
en grant repentance et en grant contriction, il rendi son
esperit ; son cors lessa à la terre et son roiaume à ses fiuz. L
et un an regna noblement et puissanment, et toz jors crut et
multiplia sa seigneurie jusques à la fin de sa vie. » Le
récit de la mort de Clotaire chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr est
beaucoup plus sobre : « De laquelle [maladie], aprés le
cinquante et ungyesme an de son regne fut
assoupi. »
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. XIIIv ne se montre pas aussi
précis quant au lieu exact de l'inhumation : « Les quattre filz [de
Clotaire] suyvirent les funerailles de leur pere par ung convoy
triumphant jusques à Soyssons, où dignement l'ensevelirent au
tombeau qui preparé luy estoit. » Un peu plus loin, il est néanmoins
question de Saint-Médard : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire]
fut commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey, fol.
XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de relater
les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de
Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de Clotaire
». Cretin n'a peut-être pas eu besoin de revenir en arrière pour
insérer ici le nom de l'église ; le compte rendu de l'inhumation de
Clotaire dans GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 191)
dit ainsi : « Portez fu à Soisons et honorablement mis en sepouture
en l'abaïe Saint Maart, si comme il avoit avant devisé.
»
Note n°9
Il est vraisemblable que Cretin
continue ici à suivre les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 191) : « IIII fiuz out droiz hoirs de son cors : li
premiers out non Chereberz, li secons Gontrans, li tierz
Chilperis, et li quarz Sigeberz. Portez fu à Soisons et
honorablement mis en sepouture en l'abaïe Saint Maart, si comme
il avoit avant devisé. XXX miles et plus avoit de là où il
trespassa jusques là où il fu portez. Si IIII fil estoient
present, qui moult honestement le firent porter toute la voie à
granz processions de clers et de genz de religion, qui l'ame
recommandoient à Nostre Seigneur et fesoient ce qui à tel office
apartenoit. » Gaguin-Desrey, fol. XIIIv relate l'enterreme
de Clotaire après avoir évoqué les différentes femmes du roi (dont
la Chronique française parle au début du chapitre 2,
et il ne se montre pas aussi précis quant au lieu exact de
l'inhumation : « Les quattre filz [de Clotaire] suyvirent les
funerailles de leur pere par ung convoy triumphant jusques à
Soyssons, où dignement l'ensevelirent au tombeau qui preparé luy
estoit. » Un peu plus loin, Saint-Médard est néanmoins
cité nommément : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire] fut
commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey,
fol. XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de
relater les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct
Medard de Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe
de Clotaire ». Il convient par ailleurs de noter que la
multiplication des sépultures de Clotaire évoquée au v. 996 est une
originalité de Cretin, et c'est d'ailleurs un anachronisme : la
tripartition du corps (ossements, cœur et entrailles) ou dilaceratio corporis est une pratique
qui n'est pas antérieure aux Capétiens et aux Valois.
Non num.
BnFfr4965 3
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 contre
Aix419 om.
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 trouvé
BnFfr23146 arres
BnFfr23146 leur braser
BnFfr23146 bi sceut
bien seut sceut sceut
BnFfr17274 et
BnFfr17274 en hault
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ses
BnFfr23146 lasniere
Aix419, BnFfr17274, Cha515 d'ouyr ;
BnFfr23146 d'ouir
BnFfr23146 plaisir
Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
Cha515 baulde
BnFfr23146, Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
BnFfr17274 l'esbat y ;
BnFfr23146 l'esbat i
Aix419 fut
BnFfr23146 maintes ruses
Aix419 ses
BnFfr23146 traver
BnFfr23146 se
BnFfr23146 ses
Cha515 Si
BnFfr23146 estoy
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 courre
BnFfr4965 Car
BnFfr17274, BnFfr23146 avoit
BnFfr4965 sans charger
BnFfr4965 Tous
BnFfr4965 tant
BnFfr23146 donc
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 aprés
BnFfr23146 sens
BnFfr23146 son
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ung roy les
chaces ame
BnFfr4964 ung roy les chasses ames
BnFfr23146 enseigne
BnFfr23146 aigre
BnFfr23146 om.
BnFfr23146 a faict
Aix419, Cha515 ces
Aix419 le
Aix419 ay
BnFfr17274 Qui
BnFfr23146 à
Aix419 à terre
Aix419 plaist
BnFfr4965, Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 En
Aix419 om.






§Pour mectre fin a ce que lœil pourchace Sommairement ſera cy recite [875]Comment Clotaire a la mort fut cite Par trop auoir prins trauail a la chaſſe
§Chapitre. iiie.
Clotaire pres de Soiſſons alla a la chaſſeFueił milestoneCLotaire vng iour deſirant pꝛendꝛe laer Se departit de Soiſſons pour aller En ſes foꝛeſtz courre les cerfz a foꝛce [880]Comme ſouuent cueur deſireux ſeffoꝛce Paſſer le temps durant la ceruoiſon Meſmes es lieux / ou ſont gꝛandz cerfz foiſon Quant les veneurs eurent / ſans longue enqueſte Deuant le roy rappoꝛte de leur queſte [885]Cerf deſtourne maintindꝛent aux rappoꝛtz. Eſtre ſomme de vingt et quatre coꝛs /. Loꝛs fut ſa ioye a plaiſir redoublee Et diſpoſa d aller a laſſemblee /. La mainte couple y eut de chiens courans /. [890]La ſceurent bien veneurs trouuer garandz En repꝛenant erres ſur leurs bꝛiſees /. La furent foꝛt les manieres pꝛiſees Du gꝛand veneur / qui bien ſceut a pꝛopos Faire lancer le cerf de ſon repos [895]Car a la voix du lymier / plus ne doubte Et toſt luy fait bailler la meutte a routte /. Oꝛ apꝛes foꝛt viander / pꝛend delit Cerf au repos ſans partir de ſon lict Que a gꝛand regꝛet / si fault que au lancer vſe [900]De ſon meſtier /. et face quelque ruſe /. La teſte haulte / il ſen va en oyant
Clotaire eſt a la chaſſe pres de Soiſſons. Labbay des chiens ſon pays tournoyant Non pas ſans foꝛt les laſnieres eſcourre Veneurs apꝛes fuyans /. et chiens de courre /. [905]Ceſt vng plaiſir ouyꝛ les belles voix Des chiens courans retentir en ces bois /. Ceſt vng deduyt / quant coꝛs et trompes ſonnent Du plaiſant ſon / que foꝛeſtz en reſonnent /. Ceſt paſſetemps douyꝛ aux chiens parler [910] Va cy Clabault / Va ve le cy aller La la ira / Rigault / Bꝛuyant / Fricaude Marteau / Gꝛongnard / Bꝛifault /. par cy va bande La cher amy va ve le cy fuyant /. Du train quon tient / et comme on va huyant [915]Ie laiſſeray le ſurplus a compꝛendꝛe A ceulx qui bien ſcauent tel eſbat pꝛendꝛe /. Tant fut le cerf celluy iour pourmene Si foꝛt couru / chaſſe / et maumene Que apꝛes auoir tourne deuant / derriere [920]Et pꝛacticque mainte ruze en arriere /. Apꝛes auoir paſſe viuiers / eſtangz Et gꝛandz mareſtz / en ces foꝛeſtz eſtantz En trauerſant dun taillis en la plaine Deuant les chiens demoura hoꝛs dalaine. [925]Mais ce ne fut ſans faire ample deuoir Et aux veneurs et picqueurs fait ſcauoir
Clotaire vieil priſt a la chaſſe la fieure continue.Fueił Comme au meſtier on doibt picquer des bottes Le roy ce iour caſſant ces quatre mottes Se y eſchauffa trop plus quil ne debuoit [930]Car plus de cueur beaucoup que foꝛce auoit Et ſi eſtoit peruenu a gꝛand aage Pour ne debuoir courir cerfz /. dauantaige Caſſe / bꝛiſe / et rompu eſtoit foꝛt Par trop de iours auoir mys ſon effoꝛt [935]A demener le meſtier de la guerre Loꝛs ceſte la / qui charge de longue erre Et fait loger / a moins que dire picq Poures humains a la pelle et au picq Et qui la vie a tous diſcontinue [940]Le fiſt ſaiſir de fieure continue /. §milestoneCeſt ſimplement applicque ſon deſir Quant tel trauail excede le plaiſir /. Ceſt gꝛand malheur / cauſant lourdes tempeſtes Quant vng roy court ainſi apꝛes les beſtes /. [945]Ceſt gꝛand meſchief veoir homme pꝛendꝛe cours Par le quel face abꝛeger ſes iours courtz /. Ceſt mal aduis perdꝛe le poſſeſſoire De ſa ſante / pour vng tel acceſſoire /. Bꝛief / ceſt pour roys eſbat trop perilleux [950]Car non ſans plus mectent en peril / eulx Mais auſſi tous eſtatz de leur royaume
Clotaire eſt au lict de la mort. Ceſt bien raiſon / ſe la chaſſe vng roy ame Que ſon plaiſir y ait /. Mais nentre pas En train de courre / aultre que l entrepas [955]Car en courant toute ſa foꝛce enerfue /. Cecy ne dis pour enſeigner Minerue Mais ceſt affin quon penſe a laduenir Au gꝛand dangier / qui en peult ſuruenir §milestoneClotaire eſtant ſur le lict moꝛtuaire [960]Ne ſe trouuoit cyꝛop / electuaire Dꝛogue / coulis / eſpꝛaincte / ou reſtaurant Qui contre moꝛt luy ſceuſt poꝛter garant / Car laſpꝛe fieure aigue et rigoureuſe Le moleſta daigꝛeur ſi langoureuſe [965]Que dardeur entre en tremblante douleur Et de froidure / en ardante challeur /. Ainſi afflict / giſant a la renuerſe Tant afflige de paſſion diuerſe Triſte / penſif / dolent / piteux / et las [970]Fit ſes regꝛetz / diſant ces motz /. milestoneHelas Combien eſt gꝛande et puiſſante la foꝛce Du roy celeſte. Actendu quil parfoꝛce Les roys de terre / au tribut naturel Et fait laiſſer leur regne tempoꝛel /. [975] O queſt il gꝛand / ce roy qui humilie Les plus puiſſans / et ce que ennemy lie
La mort du roy Clotaire inhume a Soiſſons.Fueił Il le deſlie /. et a lame et au coꝛps Donne ſante tant eſt miſericoꝛdz /. Tant eſt il bon / quil ne pꝛend point vengence [980] Dhomme pecheur faiſant ſa diligence Tourner vers luy / et pardon demander Auecq pꝛopos ferme de ſe amander /. Tant eſt piteux / ſi doulx / et ſi traictable Que au monde neſt peche ſi deteſtable [985] Ne ſi gꝛand cas / que lhomme ou femme ait fait Quil ne pardonne aiſeement leur meſfait /. §Loꝛs deuant tous diſt en ferme conſtance De ſon peche la gꝛiefue circonſtance Et tant contrict en cueur que faire ſceut [990]Ses ſacrementz deuotement receut Ainſi rendit / par moꝛt qui tout atterre / Lame ou dieu pleut /. et le coꝛps a la terre /. Ayant des ans cinquante et vng regne Et ſon royaulme amplement gouuerne /. [995]milestonePour le debuoir dobſecques funerailles On myt / au lieu / ou mourut ſes entrailles Puys fut le coꝛps / apꝛes eſtre embaſme A Sainct Medard de Soiſſons inhume Ou pꝛeparer le triumphe enuoyerent [1000]Ses quatre filz /. et la le conuoyerent /.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Pour mectre fin à ce que l'œil pourchace, Sommairement sera cy recité [875]Comment ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, à la mort, fut cité, Par trop avoir prins travail à la chasse.
§Chapitre iiie+3 [BnFfr4965]om. [BnFfr23146]
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
prés de Soissons alla à la chasse milestoneClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, ung jour, desirant prendre l'aer, Se departit de Soissons pour aller En ses forestz courre+contre [BnFfr4965] les cerfz à force, [880]Comme souvent cueur desireux s'efforce Passer le temps durant la cervoison, Mesmes es lieux où sont grandz cerfz foison. Quant les veneurs eurent, sans longue enqueste, Devant le roy rapporté de leur queste, [885]Cerf destourné maintindrent aux rapportz Estre sommé de vingt et+om. [Aix419] quatre cors. Lors fut sa joye à plaisir redoublee, Et disposa d'+om. [BnFfr4965]aller à l'assemblee. Là, mainte couple y eut de chiens courans ; [890]Là, sceurent bien veneurs trouver+trouvé [BnFfr23146] garandz, En reprenant erres+arres [BnFfr23146] sur leurs brisees+leur braser [BnFfr23146] ; Là furent fort les manieres prisees Du grand veneur, qui bien sceut+
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
est à la chasse prés de Soissons L'abbay des chiens, son paÿs tournoyant, Non pas sans fort les+ses [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] lasnieres+lasniere [BnFfr23146] escourre, Veneurs aprés fuyans, et chiens de courre. [905]C'est ung plaisir ouyr+
d'ouyr [Aix419, BnFfr17274, Cha515] ;
d'ouir [BnFfr23146]
les belles voix
Des chiens courans retentir en ces bois.
C'est ung
deduyt+plaisir [BnFfr23146] quant cors et trompes sonnent
Du plaisant son
que forestz en resonnent.
C'est passe temps d'ouyr aux chiens parler :
[910]
« Va cy ClabaultClabault Chien ! Va, ve+vez [Cha515]
le cy+lecy [BnFfr4965] aller !
Là, là, ira
RigaultRigault Chien,
BruyantBruyant Chien,
FricaudeFricaude Chien,
MarteauMarteau Chien,
GrongnardGrongnard Chien,
Brifault+Brechault [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419]Brehault [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]Brifault Chien !
Par cy va bande+baulde [Cha515] !
Là, cher amy, va,
ve+vez [BnFfr23146, Cha515]
le cy+lecy [BnFfr4965] fuyant ! »
Du+Au [BnFfr4964, Cha515]Ou [BnFfr4965] train qu'on tient, et comme on va
huyant,
[915]Je laisseray le surplus à comprendre
À ceulx qui bien sçavent tel esbat+
l'esbat y [BnFfr17274] ;
l'esbat i [BnFfr23146]
prendre2.
Tant fut+fut [Aix419] le cerf celluy jour
pourmené,
Si fort couru, chassé et maumené,
Que aprés avoir tourné devant, derriere,
[920]Et practicqué mainte ruze+maintes ruses [BnFfr23146] en arriere,
Aprés avoir passé viviers, estangz,
Et grandz marestz, en ces+ses [Aix419] forestz estantz,
En traversant+traver [BnFfr23146] d'un taillis en la plaine,
Devant les chiens demoura hors d'alaine.
[925]Mais ce ne fut sans faire ample devoir,
Et aux veneurs et picqueurs fait sçavoir
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
vieil prist à la chasse la fievre continue Comme au mestier on doibt picquer des bottes. Le roy, ce+se [BnFfr23146] jour, cassant ces+ses [BnFfr23146] quatre mottes, Se y+Si [Cha515] eschauffa trop plus qu'il ne debvoit, [930]Car plus de cueur beaucoup que force avoit, Et si estoit+estoy [BnFfr23146] pervenu à grand aage Pour ne debvoir courir+courre [BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] cerfz davantaige. Cassé, brisé et rompu estoit fort, Par+Car [BnFfr4965] trop de jours avoir+avoit [BnFfr17274, BnFfr23146] mys son effort [935]À demener le mestier de la guerre. Lors ceste là qui charge de+sans charger [BnFfr4965] longue erre, Et+Tous [BnFfr4965] fait loger, à moins que dire « picq »3, Povres humains à la pelle et au picq, Et qui la vie à tous+tant [BnFfr4965] discontinue, [940]Le fist saisir de fievre continue4. §milestoneC'est simplement +donc [BnFfr23146] applicqué+applicque
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
est au lict de la mort C'est bien raison, se la chasse ung roy ame,+ung roy les chaces ame [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]ung roy les chasses ames [BnFfr4964] Que son plaisir y ait, mais n'entre pas En train de courre aultre que l' entrepas+outrepas [BnFfr4965]autrepas [BnFfr23146]. [955]Car en courant toute sa force enerfve. Cecy ne dis pour enseigner+enseigne [BnFfr23146] MinerveMinerve Déesse romaine de la sagesse, Mais c'est affin qu'on pense, à l'advenir, Au grand dangier qui en peult survenir5. §milestoneClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
estant sur le lict mortuaire, [960]Ne se trouvoit cyrop, electuaire, Drogue, coulis, espraincte ou restaurant, Qui contre mort luy sceust porter garant. Car l'aspre fievre aigüe+aigre [BnFfr23146] et rigoureuse Le molesta d'aigreur si langoureuse+om. [BnFfr23146]6 [965]Que, d'ardeur, entre en tremblante douleur, Et de froidure, en ardante challeur. Ainsi afflict+a faict [BnFfr23146], gisant à la renverse, Tant affligé de passïon diverse, Triste, pensif, dolent, piteux et las, [970]Fit ses+ces [Aix419, Cha515] regretz, disant ces motz : « milestoneHelas ! Combien est grande et puissante la force Du roy celesteDieu Concept de Dieu dans le christianisme ! Actendu qu'il parforce+qu'il parforce [BnFfr17274]qui par
La mort du roy ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
inhumé à Soissons Il le deslie, et à l'ame et au corps Donne santé, tant est misericordz. Tant est il bon, qu'il ne prend point vengence [980] D'homme pecheur, faisant sa diligence Tourner vers luy, et pardon demander Avecq propos ferme de se amander. Tant est piteux, si doulx et si traictable, Que au monde n'est peché si detestable [985] Ne si grand cas que l'homme ou femme ait+ay [Aix419] fait, Qu'il+Qui [BnFfr17274] ne pardonne aiseement leur mesfait. » §Lors, devant tous, dist, en+à [BnFfr23146] ferme constance, De son peché la griefve circonstance. Et tant contrict en cueur que faire sceut, [990]Ses sacrementz devotement receut. Ainsi rendit, par mort qui tout atterre+à terre [Aix419], L'ame où DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme pleut+plaist [Aix419], et le corps à la terre, Ayant des ans cinquante et+om. [BnFfr4965, Aix419] ung regné, Et+En [BnFfr17274, BnFfr23146] son royaulme amplement gouverné7. [995]milestonePour le debvoir d'obsecques funerailles, On myt au lieu où mourut ses entrailles, Puys fut le corps, aprés estre+om. [Aix419] embasmé, À Sainct Medard de Soissons inhumé8, Où preparer le triumphe envoyerent [1000]Ses quatre filz et là le convoyerent9.
Note n°1
Le sujet de ce verbe et le suivant est le
grand veneur.
Note n°2
La prétérition, ici, ne se réduit pas
qu'à une figure de style : Cretin manifeste une certaine connivence
avec le roi, son lecteur, par ailleurs féru de chasse à courre et
amateur de traités de vénerie. Guillaume Budé en rédige un à son
attention, sous la forme d'un dialogue entre lui-même et le roi :
De Venatione, Paris, Michel Vascosan, 1536
Note n°3
Très rapidement (l'expression usuelle est « plus tost
que dire pic »).
Note n°4
Ce passage gonfle une brève mention présente chez
Gaguin-Desrey, fol. XIIIr entre le pélerinage de Clotaire à
Saint-Martin de Tours (traité à la fin du chapitre 1 dans la
Chronique française) et le dénombrement de ses
femmes (évoqué au début du chapitre 2) : « Bientost après
[Clotaire] retourna à Soyssons et dés incontinent (comme c'est
la vaine coustume de la noblesse de France) se applicqua à
chacer et prendre les bestes saulvaiges, en laquelle chace se
delectant à courir et cryer plus qu'il n'est digne et decent à
ung roy, tomba en grieve malladye. » Cretin nourrit le
passage d'une réécriture d'un poème qu'il avait antérieurement
consacré à la chasse : le Debat entre deux dames sur le
passetemps des chiens et oyseaux (Œuvres
poétiques, éd. K. Chesney, Genève, Slatkine Reprints,
1977 [Paris, Droz, 1932], p. 94-143). En voici quelques vers :
« La noise alors commence de plus belle, / Veneurs s'en
vont apres les chiens huant : / « Merlant, Rigault, Marteau,
appelle, appelle ! » / C'est ung deduict d'oyr telle chappelle,
/ « La, compaing, la, va, veez le cy fuyant ! » » (v.
631-635). A noter que le Débat entre deux dames de
Cretin est lui-même la réécriture d'une partie du Livre des
deduis du Roy Modus, traité de chasse composé dans la
deuxième moitié du XIVe siècle, parfois
attribué à Henri de Ferrières, et qui a pu nourrir l'intégralité de
ce chapitre, notamment pour la précision de son vocabulaire
cynégétique. Sur cette intertextualité, voir : M. Randall, « On the
Empire of the Senses in Cretin's Débat entre deux
dames », dans Esprit généreux, esprit
pantagruélicque. Essays by his Students in Honor of François
Rigolot, éd. R. Leushuis et Z. Zalloua, Genève, Droz,
2008, p. 75-92 et E. Delvallée, « Débat et dialogue en vers chez
Guillaume Cretin », dans « La Forme versifiée du dialogue dans les
genres narratifs », dossier dirigé par Corinne Denoyelle et Pascale
Mounier, Elseneur, vol. 37, 2022, p. 79-96 [parution
sur Open Edition : ref].
Note n°5
Si ce développement est de Cretin,
il rappelle la désapprobation qu'exprime également Gaguin-Desrey,
fol. XIIIr dans le compte rendu de cet épisode, qui qualifie la
chasse de « vaine coustume de la noblesse de France ».
Les GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 189-190) ne se
prononcent pas, quant à elles, contre la chasse : « Un jor
avint que il [Clotaire] ala chacier en forez pour soi deduire,
si come costume est de François, qui plus volentiers s'i
esbatent que nules autres genz par costume. » Dans la
Chronique française, le propos semble directement
adressé à François Ier et le met en
garde, de façon insistante, contre une pratique excessive de son
loisir. Peut-être ce passage a-t-il été écrit à la suite d'un
événement particulier : on sait par le journal de Louise de Savoie,
sa mère, que François Ier a été blessé
par une branche d'arbre, alors qu'il chassait, le 23 septembre 1519
(Journal de Louise de Savoie duchesse d'Angoulesme,
d'Anjou et de Valois, mère du grand roi François Ier (1459-1522), éd. Pascal
Dumaih, Clermont-Ferrand, Paléo, 2006 [1838]). Quarante ans plus
tard, le roi Henri II est mortellement blessé lors d'un
tournoi...
Note n°6
En marge du manuscrit BnF, fr. 23146 : « nota ».
Note n°7
Le récit de l'agonie de Clotaire et son dernier discours n'ont pas
d'équivalent chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr, et sont inspirés du
passage correspondant dans les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 190-191), auquel Cretin ajoute l'administration de
l'extrême onction : « En ce point que il estoit ensi tormentez
de diverses passions de froideur et de chaleur, et que il
tornoit et retornoit en son lit et souspiroit parfondement come
cil qui moult estoit à grant mesaise de concience pour ses
pechiez, il commença à crier en tel maniere : « Heu, va !
Heu, va ! Com est granz et de merveilleuse puissance cil
celestieus rois qui ensi humilie et met au desouz les plus
puissanz rois de terre ! Com il ne soit pas mortiex, il est
sanz comparoison mieudres dou plus grant prince de terre ;
s'il est donques mieudres, il est plus puissanz, et s'il est
plus puissanz, il est misericors, car il ne se delite pas en
la veniance de ceus qui l'ont deservi, ausi com font maint
mortel prince ; ençois a plus chiere la repentance et la
penitance des pecheors selonc sa grant pitié. L'on doit
donques desirer par grant affection le don et la grace de sa
misericorde, de laquele nus, tant soit pechierres, ne se
doit desesperer. » Tandis com il recensoit tels paroles
en grant repentance et en grant contriction, il rendi son
esperit ; son cors lessa à la terre et son roiaume à ses fiuz. L
et un an regna noblement et puissanment, et toz jors crut et
multiplia sa seigneurie jusques à la fin de sa vie. » Le
récit de la mort de Clotaire chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr est
beaucoup plus sobre : « De laquelle [maladie], aprés le
cinquante et ungyesme an de son regne fut
assoupi. »
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. XIIIv ne se montre pas aussi
précis quant au lieu exact de l'inhumation : « Les quattre filz [de
Clotaire] suyvirent les funerailles de leur pere par ung convoy
triumphant jusques à Soyssons, où dignement l'ensevelirent au
tombeau qui preparé luy estoit. » Un peu plus loin, il est néanmoins
question de Saint-Médard : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire]
fut commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey, fol.
XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de relater
les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de
Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de Clotaire
». Cretin n'a peut-être pas eu besoin de revenir en arrière pour
insérer ici le nom de l'église ; le compte rendu de l'inhumation de
Clotaire dans GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 191)
dit ainsi : « Portez fu à Soisons et honorablement mis en sepouture
en l'abaïe Saint Maart, si comme il avoit avant devisé.
»
Note n°9
Il est vraisemblable que Cretin
continue ici à suivre les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 191) : « IIII fiuz out droiz hoirs de son cors : li
premiers out non Chereberz, li secons Gontrans, li tierz
Chilperis, et li quarz Sigeberz. Portez fu à Soisons et
honorablement mis en sepouture en l'abaïe Saint Maart, si comme
il avoit avant devisé. XXX miles et plus avoit de là où il
trespassa jusques là où il fu portez. Si IIII fil estoient
present, qui moult honestement le firent porter toute la voie à
granz processions de clers et de genz de religion, qui l'ame
recommandoient à Nostre Seigneur et fesoient ce qui à tel office
apartenoit. » Gaguin-Desrey, fol. XIIIv relate l'enterreme
de Clotaire après avoir évoqué les différentes femmes du roi (dont
la Chronique française parle au début du chapitre 2,
et il ne se montre pas aussi précis quant au lieu exact de
l'inhumation : « Les quattre filz [de Clotaire] suyvirent les
funerailles de leur pere par ung convoy triumphant jusques à
Soyssons, où dignement l'ensevelirent au tombeau qui preparé luy
estoit. » Un peu plus loin, Saint-Médard est néanmoins
cité nommément : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire] fut
commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey,
fol. XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de
relater les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct
Medard de Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe
de Clotaire ». Il convient par ailleurs de noter que la
multiplication des sépultures de Clotaire évoquée au v. 996 est une
originalité de Cretin, et c'est d'ailleurs un anachronisme : la
tripartition du corps (ossements, cœur et entrailles) ou dilaceratio corporis est une pratique
qui n'est pas antérieure aux Capétiens et aux Valois.
Non num.
BnFfr4965 3
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 contre
Aix419 om.
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 trouvé
BnFfr23146 arres
BnFfr23146 leur braser
BnFfr23146 bi sceut
bien seut sceut sceut
BnFfr17274 et
BnFfr17274 en hault
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ses
BnFfr23146 lasniere
Aix419, BnFfr17274, Cha515 d'ouyr ;
BnFfr23146 d'ouir
BnFfr23146 plaisir
Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
Cha515 baulde
BnFfr23146, Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
BnFfr17274 l'esbat y ;
BnFfr23146 l'esbat i
Aix419 fut
BnFfr23146 maintes ruses
Aix419 ses
BnFfr23146 traver
BnFfr23146 se
BnFfr23146 ses
Cha515 Si
BnFfr23146 estoy
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 courre
BnFfr4965 Car
BnFfr17274, BnFfr23146 avoit
BnFfr4965 sans charger
BnFfr4965 Tous
BnFfr4965 tant
BnFfr23146 donc
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 aprés
BnFfr23146 sens
BnFfr23146 son
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ung roy les
chaces ame
BnFfr4964 ung roy les chasses ames
BnFfr23146 enseigne
BnFfr23146 aigre
BnFfr23146 om.
BnFfr23146 a faict
Aix419, Cha515 ces
Aix419 le
Aix419 ay
BnFfr17274 Qui
BnFfr23146 à
Aix419 à terre
Aix419 plaist
BnFfr4965, Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 En
Aix419 om.
Note n°1
Le sujet de ce verbe et le suivant est le
grand veneur.
Note n°2
La prétérition, ici, ne se réduit pas
qu'à une figure de style : Cretin manifeste une certaine connivence
avec le roi, son lecteur, par ailleurs féru de chasse à courre et
amateur de traités de vénerie. Guillaume Budé en rédige un à son
attention, sous la forme d'un dialogue entre lui-même et le roi :
De Venatione, Paris, Michel Vascosan, 1536
Note n°3
Très rapidement (l'expression usuelle est « plus tost
que dire pic »).
Note n°4
Ce passage gonfle une brève mention présente chez
Gaguin-Desrey, fol. XIIIr entre le pélerinage de Clotaire à
Saint-Martin de Tours (traité à la fin du chapitre 1 dans la
Chronique française) et le dénombrement de ses
femmes (évoqué au début du chapitre 2) : « Bientost après
[Clotaire] retourna à Soyssons et dés incontinent (comme c'est
la vaine coustume de la noblesse de France) se applicqua à
chacer et prendre les bestes saulvaiges, en laquelle chace se
delectant à courir et cryer plus qu'il n'est digne et decent à
ung roy, tomba en grieve malladye. » Cretin nourrit le
passage d'une réécriture d'un poème qu'il avait antérieurement
consacré à la chasse : le Debat entre deux dames sur le
passetemps des chiens et oyseaux (Œuvres
poétiques, éd. K. Chesney, Genève, Slatkine Reprints,
1977 [Paris, Droz, 1932], p. 94-143). En voici quelques vers :
« La noise alors commence de plus belle, / Veneurs s'en
vont apres les chiens huant : / « Merlant, Rigault, Marteau,
appelle, appelle ! » / C'est ung deduict d'oyr telle chappelle,
/ « La, compaing, la, va, veez le cy fuyant ! » » (v.
631-635). A noter que le Débat entre deux dames de
Cretin est lui-même la réécriture d'une partie du Livre des
deduis du Roy Modus, traité de chasse composé dans la
deuxième moitié du XIVe siècle, parfois
attribué à Henri de Ferrières, et qui a pu nourrir l'intégralité de
ce chapitre, notamment pour la précision de son vocabulaire
cynégétique. Sur cette intertextualité, voir : M. Randall, « On the
Empire of the Senses in Cretin's Débat entre deux
dames », dans Esprit généreux, esprit
pantagruélicque. Essays by his Students in Honor of François
Rigolot, éd. R. Leushuis et Z. Zalloua, Genève, Droz,
2008, p. 75-92 et E. Delvallée, « Débat et dialogue en vers chez
Guillaume Cretin », dans « La Forme versifiée du dialogue dans les
genres narratifs », dossier dirigé par Corinne Denoyelle et Pascale
Mounier, Elseneur, vol. 37, 2022, p. 79-96 [parution
sur Open Edition : ref].
Note n°5
Si ce développement est de Cretin,
il rappelle la désapprobation qu'exprime également Gaguin-Desrey,
fol. XIIIr dans le compte rendu de cet épisode, qui qualifie la
chasse de « vaine coustume de la noblesse de France ».
Les GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 189-190) ne se
prononcent pas, quant à elles, contre la chasse : « Un jor
avint que il [Clotaire] ala chacier en forez pour soi deduire,
si come costume est de François, qui plus volentiers s'i
esbatent que nules autres genz par costume. » Dans la
Chronique française, le propos semble directement
adressé à François Ier et le met en
garde, de façon insistante, contre une pratique excessive de son
loisir. Peut-être ce passage a-t-il été écrit à la suite d'un
événement particulier : on sait par le journal de Louise de Savoie,
sa mère, que François Ier a été blessé
par une branche d'arbre, alors qu'il chassait, le 23 septembre 1519
(Journal de Louise de Savoie duchesse d'Angoulesme,
d'Anjou et de Valois, mère du grand roi François Ier (1459-1522), éd. Pascal
Dumaih, Clermont-Ferrand, Paléo, 2006 [1838]). Quarante ans plus
tard, le roi Henri II est mortellement blessé lors d'un
tournoi...
Note n°6
En marge du manuscrit BnF, fr. 23146 : « nota ».
Note n°7
Le récit de l'agonie de Clotaire et son dernier discours n'ont pas
d'équivalent chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr, et sont inspirés du
passage correspondant dans les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 190-191), auquel Cretin ajoute l'administration de
l'extrême onction : « En ce point que il estoit ensi tormentez
de diverses passions de froideur et de chaleur, et que il
tornoit et retornoit en son lit et souspiroit parfondement come
cil qui moult estoit à grant mesaise de concience pour ses
pechiez, il commença à crier en tel maniere : « Heu, va !
Heu, va ! Com est granz et de merveilleuse puissance cil
celestieus rois qui ensi humilie et met au desouz les plus
puissanz rois de terre ! Com il ne soit pas mortiex, il est
sanz comparoison mieudres dou plus grant prince de terre ;
s'il est donques mieudres, il est plus puissanz, et s'il est
plus puissanz, il est misericors, car il ne se delite pas en
la veniance de ceus qui l'ont deservi, ausi com font maint
mortel prince ; ençois a plus chiere la repentance et la
penitance des pecheors selonc sa grant pitié. L'on doit
donques desirer par grant affection le don et la grace de sa
misericorde, de laquele nus, tant soit pechierres, ne se
doit desesperer. » Tandis com il recensoit tels paroles
en grant repentance et en grant contriction, il rendi son
esperit ; son cors lessa à la terre et son roiaume à ses fiuz. L
et un an regna noblement et puissanment, et toz jors crut et
multiplia sa seigneurie jusques à la fin de sa vie. » Le
récit de la mort de Clotaire chez Gaguin-Desrey, fol. XIIIr est
beaucoup plus sobre : « De laquelle [maladie], aprés le
cinquante et ungyesme an de son regne fut
assoupi. »
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. XIIIv ne se montre pas aussi
précis quant au lieu exact de l'inhumation : « Les quattre filz [de
Clotaire] suyvirent les funerailles de leur pere par ung convoy
triumphant jusques à Soyssons, où dignement l'ensevelirent au
tombeau qui preparé luy estoit. » Un peu plus loin, il est néanmoins
question de Saint-Médard : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire]
fut commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey, fol.
XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de relater
les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct Medard de
Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe de Clotaire
». Cretin n'a peut-être pas eu besoin de revenir en arrière pour
insérer ici le nom de l'église ; le compte rendu de l'inhumation de
Clotaire dans GCF, liv. II, chap. 22 (vol. 1, p. 191)
dit ainsi : « Portez fu à Soisons et honorablement mis en sepouture
en l'abaïe Saint Maart, si comme il avoit avant devisé.
»
Note n°9
Il est vraisemblable que Cretin
continue ici à suivre les GCF, liv. II, chap. 22
(vol. 1, p. 191) : « IIII fiuz out droiz hoirs de son cors : li
premiers out non Chereberz, li secons Gontrans, li tierz
Chilperis, et li quarz Sigeberz. Portez fu à Soisons et
honorablement mis en sepouture en l'abaïe Saint Maart, si comme
il avoit avant devisé. XXX miles et plus avoit de là où il
trespassa jusques là où il fu portez. Si IIII fil estoient
present, qui moult honestement le firent porter toute la voie à
granz processions de clers et de genz de religion, qui l'ame
recommandoient à Nostre Seigneur et fesoient ce qui à tel office
apartenoit. » Gaguin-Desrey, fol. XIIIv relate l'enterreme
de Clotaire après avoir évoqué les différentes femmes du roi (dont
la Chronique française parle au début du chapitre 2,
et il ne se montre pas aussi précis quant au lieu exact de
l'inhumation : « Les quattre filz [de Clotaire] suyvirent les
funerailles de leur pere par ung convoy triumphant jusques à
Soyssons, où dignement l'ensevelirent au tombeau qui preparé luy
estoit. » Un peu plus loin, Saint-Médard est néanmoins
cité nommément : « Par l'ordonnance de ce roy [Clotaire] fut
commencé le monastere Sainct Medard de Soyssons, et par
Sygebert, son filz, parfaict et assouvy » (Gaguin-Desrey,
fol. XIVr). Plus avant dans Gaguin-Desrey, fol. XVv, au moment de
relater les funérailles de son fils Sigebert, la localisation de la
sépulture de Clotaire est précisée : « en l'eglise Sainct
Medard de Soyssons où il [Sigebert] fust mis, auprès de la tombe
de Clotaire ». Il convient par ailleurs de noter que la
multiplication des sépultures de Clotaire évoquée au v. 996 est une
originalité de Cretin, et c'est d'ailleurs un anachronisme : la
tripartition du corps (ossements, cœur et entrailles) ou dilaceratio corporis est une pratique
qui n'est pas antérieure aux Capétiens et aux Valois.
Non num.
BnFfr4965 3
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 contre
Aix419 om.
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 trouvé
BnFfr23146 arres
BnFfr23146 leur braser
BnFfr23146 bi sceut
bien seut sceut sceut
BnFfr17274 et
BnFfr17274 en hault
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ses
BnFfr23146 lasniere
Aix419, BnFfr17274, Cha515 d'ouyr ;
BnFfr23146 d'ouir
BnFfr23146 plaisir
Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
Cha515 baulde
BnFfr23146, Cha515 vez
BnFfr4965 lecy
BnFfr17274 l'esbat y ;
BnFfr23146 l'esbat i
Aix419 fut
BnFfr23146 maintes ruses
Aix419 ses
BnFfr23146 traver
BnFfr23146 se
BnFfr23146 ses
Cha515 Si
BnFfr23146 estoy
BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 courre
BnFfr4965 Car
BnFfr17274, BnFfr23146 avoit
BnFfr4965 sans charger
BnFfr4965 Tous
BnFfr4965 tant
BnFfr23146 donc
BnFfr23146 om.
BnFfr4965 aprés
BnFfr23146 sens
BnFfr23146 son
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 ung roy les
chaces ame
BnFfr4964 ung roy les chasses ames
BnFfr23146 enseigne
BnFfr23146 aigre
BnFfr23146 om.
BnFfr23146 a faict
Aix419, Cha515 ces
Aix419 le
Aix419 ay
BnFfr17274 Qui
BnFfr23146 à
Aix419 à terre
Aix419 plaist
BnFfr4965, Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 En
Aix419 om.