Livre I - Chapitre 4
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§En leſcript mys cy deſſoubz verrons mains Couraigeux faictz des francoys / allumans Feu de fureur contre les Allemans Et comme auſſi vainquirent les rommains.
§ Chapitre. iiiie.[445]LO ꝛ s que le temps de laffranchiſement Fut expire /. Lempereur doulcement Vers les francoys ſes recepueurs manda Et le tribut recepuoir commanda Acouſtume pꝛendꝛe auant les dix ans [450]Ce que francoys reffuſerēt /. diſans Que par le pꝛis de leur ſang / ſen tenoyent Quictes et francz /. Et oultre ſouſtenoyent Auoir pꝛopos libꝛes et voluntaires Neſtre iamais aux rommains tributaires [455]Ce rappoꝛt fait / Lempereur indigne Tout marmouze / mau meu et mutine Pꝛenant a cueur ceſte choſe / pꝛoteſte
Guerre entre les francoys et rommains.Fo XII Ciel / ſoleil / lune /. et tous les dieux atteſte Quen bꝛief fera / (ueu larrogant reffus [460]Leur fier oꝛgueil dompter a fers et fuſtz Si decerna amples commiſſions Pour conuocquer pꝛouchaines nations Puys fait mander que l oſt on auitaille Et veult quil marche en oꝛdꝛe de bataille [465]Faiſant crier ſur francoys guerre ouuerte Mais ſuppoſe que terre feuſt couuerte De gentz armez /. francoys ſicambꝛiens Ne font ſemblant rommains doubter en riens Soꝛtent aux champs deliberez combatre [470]Tout l oſt rommain /. Mais quant vint au debatre Conſiderans / Apꝛes peine enduree Ne pouoir pas auoir longue duree Contre tel peuple / Auiſerent ces lieux Deſemparer /. En ce cas firent mieulx [475]Car la retraicte a poꝛt de bonne entente Duiſt touſiours mieulx que la mauuaiſe actente A ces moyens / du partir oꝛdonnerent Et leur cite pour lheure abandonnerent Mais nonobſtant / la perte dommaigeuſe [480]Ceſte meſgnye hardie et couraigeuſe Conſidera que perdꝛe a doubter eſt Plus liberte que nul autre intereſt.
Des conqueſtes des francoys en Germanie. Veu que pour oꝛ ne ſe peult acheter Par quoy conclud dure moꝛt accepter [485]Ains que ſouffrir aſſeruir ſa franchiſe Diſant /. Ceſt dꝛoit que noble cueur franc giſe Hoꝛs les liens de vile ſeruitude Loꝛs ſaſſembla ſi gꝛande multitude De Sicambꝛoys / que chaſcun les admire [490]Chiefz et ducteurs eſleurent Marcomire Et autres deux Symon et Gennebault Gentz de gꝛand cueur / Qui de couraige bault Sans deſuoyer deuers la part ſiniſtre Paſſerent tous le gꝛand fluue du liſtre [495]Oultre paſſez / deſcendirent tantoſt En Germanie /. ou deffirent gꝛand oſt Venant contre eulx du peuple Germanicque Et ſur le Rin ( Comme dit la cronicque ) De ceulx faiſans vray recueil des hiſtoyꝛes [500]Eurent tout plein dexcellentes victoyꝛes Ou loz / renom / bꝛuyt / et triumphe acquirent La gꝛand cite de francone baſtirent / Qui maintenant appellee eſt / francfoꝛt En quoy leur nom eut credit de renfoꝛt [505]Depuys regnant lempereur Theodoſe Bien aduerty de la facon dont oſe Ceſte ſuperbe et fiere nation
La guerre meue aux francoys par les rommains.Fo XIII Empꝛandꝛe honneur de domination Saichant auſſi les batailles quont quiſes [510]Dauoir ainſi Allemaignes conquiſes Pays gaſtez / gꝛandz manoirs demoliz Chaſteaux raſez / villaiges aboliz Semƀƚement / quont retire leurs mains Rendꝛe et payer le tribut aux rommains [515]Delibera ouurir guerre fermee Et contre eulx mectre vne bien gꝛoſſe armee Pour leur gꝛos cueur rebelle et infeſtant Rendꝛe amoly /. et charger de faix tant Que iamais plus ne feuſt memoyꝛe deulx [520]De ceſt affaire eurent la charge / deux Conſulz rommains. Quintinus et Nanime Qui de couraige et vouloir magnanime Contre francoys dꝛeſſerent appareil De fier combat /. Auſſi en cas pareil [525]Francoys aux champs / ſans fuyꝛ le dangier Voullurent bien de meſmes en menger Mais les rommains daigꝛe entremetz repeuz A ce pꝛemier conflict furent rompuz Et mys en fuyte /. Oꝛ apꝛes ceſte etraincte [530]Lourde et honteuſe /. Il fut foꝛce contraincte Veu les effectz (de leurs auances) courtz Ayde appeler / et demander ſecours
Bataille des francoys contre les Rommains. Si fut tranſmys renfoꝛt de gentz eſleuz Iouinian / auſſi Eraclius [535]Pꝛinces et ducz de la cheuallerie Du Rommain peuple et haulte ſeigneurie Sont deputez au faict de la conduicte Pour veoir lempꝛiſe a bonne fin reduicte Loꝛs les rommains eulx voyans renfoꝛcez [540]Nagueres tous a la fuyte foꝛcez Conſiderans que la vertu vnie Eſt plus de foꝛce et puiſſance munie Que quant ſe tient diſperſe et diuiſee Ont de rechief la maniere aduiſee [545]Pour fierement ſur les Francois ſaillir On peult penſer et croyꝛe / A laſſaillir Y auoir eu fiere / foꝛte / et farouche Rude / reueſche / et rebelle eſcarmouche La Mulciber / martelle ſes marteaux [550]Mars baigne en ſang ſes glayues et couteaux La tonne et bꝛuyt furieuſe diſcoꝛde La. cry de guerre aſpꝛement ſe recoꝛde Auanſcoureux / bendes / trouppes / batailles Mis peſle meſle /. Entendez quelles tailles [555]Quelz coups deſtoc / de trenches et reuers La ſont donnez a toꝛt et de trauers Telle heure y eut quon neuſt ſceu bien iuger
Victoyres des francoys contre les rommains.Fo XIV Qui pꝛemier deuſt bꝛanſler et deſloger Mais poſe oꝛ qua gꝛandz coups de guiſarmes [560]Lances / paſſotz / vouges / et autres armes Feiſſent rommains tours de gentz belliqueux Si eurent ilz en fin plus vaillantz que eulx Car les Francoys au combat ſi bien firent Que moꝛtz / que pꝛis / que fuyans les deffirent [565]Du ſang rommain eut telle effuſion Si exceſſiue et gꝛiefue occiſion Et tel deſoꝛdꝛe aux fuytifz capitaines Que nations pꝛouchaines et loingtaines Furent des loꝛs toutes eſpouentees [570]Et des francoys les foꝛces tant doubtees Qu oncques depuys neſung oſa empꝛendꝛe Aucun tribut ſur eulx leuer ne pꝛendꝛe §Depuys leur fut en Treuere baillee Vne cite Cyſrenane appellee [575]Ou Lucius ſenateur reſidoit Et ſoubz ladueu des Rommains pꝛeſidoit Ce Lucius / pour le conte abꝛeger Liura la ville Affin de ſe venger Dun laſche tour / deſhonneſte et infame [580]Touchant lhonneur de luy et de ſa femme Que vng loꝛs pꝛeuoſt de la Gaulle belgicque Commiſt par art
Du Rommain Lucius. Deſir charnel plein de concupiſcence Si aſpꝛement le ſaiſit / quen labſence [585]Du ſenateur / ſon eſpouſe deceut Qui des pꝛemiers (peult eſtre) ne le ſceut Mais tant eſt vil ce vice dadultere Que toſt eſt ſceu / Iacoit quon deuſt le taire Dauoir honny chaſtete maritalle [590]Le bꝛuyt volla ſoudain iuſquen litalle Ou pour le temps ce Lucius eſtoit Le quel du tour gueres ne ſe doubtoit Ains bien penſoit telle fiance auoir Au ſien amy / pour iamais ne debuoir [595]Faire enuers luy ceſte pꝛodition Qui cauſe fut de la vendition Faicte aux francoys. Et hoꝛs tribut de hommaige Leur gꝛand pꝛouffit faire dautruy dommaige
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§En l'escript mys cy dessoubz, verrons mains Couraigeux faictz des Françoys, allumans Feu de fureur contre les Allemans, Et comme aussi vainquirent+vengerent [Aix419] les Rommains.
§ Chapitre iiiie+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966][445]Lors que le temps de l'affranchisement Fut expiré, l'empereur, doulcement, Vers les Françoys, ses recepveurs manda Et le tribut recepvoir commanda, Acoustumé +de [BnFfr4967] prendre avant les dix ans. [450]Ce que Françoys reffuserent, disans Que, par le pris de leur sang, s'en+se [BnFfr4967, BnFfr5299] tenoyent Quictes et francz. Et oultre, soustenoyent Avoir propos libres et voluntaires, N'estre jamais aux Rommains tributaires1. [455]Ce rapport fait, l'empereur indigné, Tout marmouzé2, maumeu et mutiné, Prenant à cueur ceste chose, proteste
Guerre entre les Françoys et Rommains Ciel, soleil, lune et tous les dieux atteste Qu'en brief fera, veu l'arrogant reffus, [460]Leur fier orgueil dompter à fers et fustz. Si decerna amples commissïons Pour convocquer prouchaines natïons, Puys fait mander que l' ost on avitaille Et veult qu'il+qui [Aix419] marche en ordre de bataille, [465]Faisant crier sur Françoys guerre ouverte. Mais supposé que terre feust couverte De gentz armez, Françoys sicambriens Ne font semblant Rommains doubter en riens, Sortent aux champs, deliberez combatre [470]Tout l' ost rommain. Mais quant vint au debatre, Considerans, aprés peine enduree, Ne pouoir pas avoir longue duree Contre tel peuple, aviserent ces lieux Desemparer3. En ce+ces [BnFfr4967] cas firent mieulx, [475]Car la retraicte à port de bonne entente Duist tousjours mieulx que la mauvaise actente4. À ces moyens, du partir ordonnerent Et leur cité, pour+à [BnFfr23145] l'heure, abandonnerent. Mais nonobstant la perte dommaigeuse, [480]Ceste mesgnye+mesgnee [Cha514, BnFfr4967] hardie et couraigeuse Considera+Considere [BnFfr17274] que perdre+perte [BnFfr4967] à doubter est Plus liberté que nul autre interest,
Des conquestes des Françoys en Germanie Veu que pour or ne se peult acheter+
achapter [BnFfr23145, Aix419] ;
achepter [BnFfr4967, Cha514]
.
Par quoy conclud dure mort accepter
[485]Ains que souffrir asservir sa franchise,
Disant :
« C'est droit que
noble cueur franc gise
Hors les lïens de
vile servitude5. »
Lors, s'assembla si grande multitude
De
Sicambroys que chascun les admire.
[490]Chiefz et
ducteurs esleurent
MarcomireMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)Et autres deux SymonSunnon (circa 350 — 400) Chef franc et Gennebault+Gonnebault [Vat966]Gennobaud (IVe siècle — 388) Chef franc, Gentz de grand cueur, qui de couraige bault+hault [Vat966], Sans desvoyer devers la part sinistre, Passerent tous le grand fluve du Listre. [495]Oultre passez, descendirent tantost En Germanie, où deffirent grand ost Venant contre eulx du peuple germanicque. Et sur le Rin,comme dit la cronicque De ceulx faisans vray recueil des histoyres6, [500]Eurent tout plein d'excellentes victoyres Où loz, renom, bruyt et triumphe acquirent7. La grand cité de Francone bastirent Qui maintenant appellee est Francfort, En quoy leur nom eut credit de renfort8. [505]Depuys regnant l'empereur TheodoseThéodose Ier (11/01/347 — 17/01/395) Empereur romain de 379 à 395, Bien adverty de la façon dont ose Ceste superbe et fiere natïon
La guerre meue aux Françoys par les Rommains Emprandre honneur de dominatïon, Saichant aussi les batailles qu'ont quises, [510]D'avoir ainsi Allemaignes conquises, Paÿs gastez, grandz manoirs demoliz, Chasteaux rasez, villaiges aboliz, Semblablement qu'ont retiré leurs mains, Rendre et payer le tribut aux Rommains9, [515]Delibera10 ouvrir guerre fermee, Et contre eulx mectre une bien grosse armee, Pour leur gros cueur rebelle et infestant Rendre amoly et charger+chargé [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514] de faix+
fetz [Cha514] ;
festz [Vat966]
, tant
Que jamais plus ne feust memoyre d'eulx11.
[520]De cest affaire, eurent la charge deux
Consulz rommains,
QuintinusQuintinus ( — ) Consul romain et NanimeNanime ( — ) Consul romain,
Qui de couraige et vouloir magnanime,
Contre Françoys, dresserent appareil
De fier combat. Aussi, en cas pareil,
[525]Françoys aux champs, sans fuÿr le dangier,
Voullurent bien de mesmes en menger.
Mais les Rommains, d'aigre entremetz+d'aigres entrectz [BnFfr23145] repeuz12,
À ce premier conflict furent rompuz
Et mys en fuyte13.
Or aprés ceste etraincte
[530]Lourde et honteuse,
il fut force contraincte,
Veu+Veuz [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] les effectz de leurs avances
courtz,
Ayde appeler et demander secours.
Bataille des Françoys contre les Rommains Si fut transmys renfort de gentz+grantz [BnFfr17274] esleuz, JovinïanJovinien Chef militaire romain imaginaire +et [BnFfr4967] aussi EraclïusEraclius ( — ) Chef militaire romain. [535]Princes et ducz de la chevallerie Du rommain peuple et haulte seigneurie Sont deputez au faict de la conduicte, Pour veoir l'emprise à bonne fin reduicte. Lors les Rommains, +
escouadres et [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] ;
escoadres et [Cha514]
estandars et [Vat966] ;
estendartz et [Aix419]
batailles
Mis pesle mesle. Entendez quelles tailles,
[555]Quelz coups d'estoc, de trenches et revers16
Là sont donnez à+de [BnFfr23145] tort et de travers !
Telle
heure y eut qu'on n'eust sceu+
que
on ne sceust [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
que on ne sceut [BnFfr17274, Aix419]
bien juger
Victoyres des Françoys contre les Rommains Qui premier deust bransler et desloger. Mais posé or qu'à grandz coups de guisarmes, [560]Lances, passotz+estocz [BnFfr17274], vouges et autres armes, Feissent Rommains tours de gentz belliqueux, Si eurent ilz en fin plus vaillantz que eulx17. Car les Françoys, au combat, si bien firent Que mortz, que pris, que fuyans les deffirent. [565]Du sang rommain eut telle effusïon, Si excessive et griefve occisïon Et tel desordre aux fuytifz capitaines, Que natïons prouchaines et loingtaines Furent dès lors toutes espouentees [570]Et des Françoys les forces tant doubtees Qu' oncques depuys nesung osa+
Du Rommain LuciusLucius ( — ) Sénateur romain Desir charnel plein de concupiscence Si asprement le saisit, qu'en l'absence [585]Du senateur son espouse deceut. Qui des premiers, peult estre, ne le sceut, Mais tant est vil ce vice d'adultere, Que tost est sceu, jaçoit qu'on deust le+le deust [Vat966] taire. D'avoir honny chasteté maritalle, [590]Le bruyt volla soudain jusqu'en l'Italle+Itale [Aix419] Où, pour le temps, ce LucïusLucius ( — ) Sénateur romain estoit, Lequel du tour gueres ne se doubtoit, Ains bien pensoit telle fïance avoir Au sien+A son [Cha514] amy, pour jamais ne debvoir [595]Faire envers luy ceste proditïon Qui cause fut de la venditïon Faicte aux Françoys et, hors tribut de hommaige, Leur grand prouffit faire d'autruy dommaige2021.
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15) :
« Quant li X anz furent trespassé, li empereor Valentins,
dou quel nous avons parlé desus, envoia ses messages aus Troiens
pour querre le treü que il avoient devant les X anz acoustumé à
paier. Il respondirent aus messages que il en estoient quitte
par le pris de leur sanc, et que pour iaus racheter de ce treü à
touz jors mais s'estoient il mis em peril de mort, et que jamès
treü ne leur rendroient. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Les Françoys doncques
affranchiz de tailles et tous aultres tribuz fortiffierent leur
ville, leur puissance et couraige, en telle façon et maniere que
les dix ans passez, quant l'empereur voulut exiger d'eulx le
tribut, ilz refuserent luy faire auchune
pension. »
Note n°2
Faute d'avoir été consacrée à l'éloge des Français, la
rime (presque) senée fait porter le blâme sur les Romains.
Note n°3
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15-16) : « Li empereres, plains
d'ire et de grant indignation, vint seur iaus à granz oz ; ses
batailles ordena pour combatre ; et li Troien, ja soit ce que il
ne fussent que une seule nation assez petite contre tout
l'Empire de Rome, issirent contre iaus à bataille ; mais quant
il virent que la force des autres nations estoit ajoustée
oveques les Romains, il sourent bien que il ne porroient avoir
longue durée encontre si grant pople ; pour ce jugierent plus
profitable chose à cesser que à combatre. » Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Pour raison de
quoy guerre s'esmeut, en laquelle comme peu de gens foiblement
resistassent à plusieurs, Valentinian par forte et rude
puissance surmonta les Françoys. »
Note n°4
Cette prise de position est une
originalité de Cretin.
Note n°5
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « Leur cité guerpirent
lors, car il ne voloient plus estre tributaire. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) :
« et n'a par ce dommaige delaissé ou mesprisé liberté
ceste nation couraigeuse. »
Note n°6
Cretin désigne ici sa source putative d'un mot, "recueil", qu'il
utilise également pour définir sa propre
Chronique.
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « En Germenie descendirent ; les
rivages porpristrent d'un flueve qui est apelez li Rins ; III
dux dirent de leur gent pour iaus gouverner : li uns ou non
Marchomires, li autres Sonnones, et li tiers Genebauz. Leur
poples estoit ja formenz moutepliez et creüz, car au tens que il
issirent d'Ayse il n'estoient pas plus de XII M de gent d'armes,
et ja estoient si mouteplié que li Germain et li Alemant, qui en
quantité et force sont puissant, avoient merveilleusement grant
paour d'aus. Parmi la terre s'espandirent et pristrent pluseurs
chasteaus et pluseurs citez. » L'orthographe des noms est
reprise à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv)
: « Mais grant multitude de citoyens hastivement assemblee,
passerent le fleuve du Lhystre et soubz la conduycte de
Marcomyre, Symon et Genebaude (aprés le deceez de Francion)
faisans plusieurs victoires et conquestes en la Germanie, se
sont assiez sur le Rhyn. »
Note n°8
Cette information est absente des GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16).Cretin l'emprunte à Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Où [sur le
Rhin] l'on voyt maintenant Francforde, ville non contemnable,
ouvraige et siege des Françoys jusques à ung temps. » Il
ignore cependant la suite du récit de Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv-IIr), dont le récit prend un tour plus
érudit : « Mais quant ces choses des Sycambriens de la source
et generation des Françoys sont constamment recitees, non sans
raison me sourt une doubte de la sentence de Cesar, lequel
redigeant par escript les baatailles par luy demenees au pays de
Gaille. Dit que les Sycambriens (que l'on peult à present nommer
Gueldroys) lors habitoient en l'extremité du Rhyn, prés des ubes
que nous disons Collonoys, lesquelz aucunesfoys traversans le
Rhyn, ont osé courrir et entrer en Gaulle et contre luy envoyer
secours aux Françoys. Et pour ce se esleva sur eulx, afin que
par la craincte et terreur du nom Rommain rendist les Allemans
paisibles, mais incontinent au premier messaige les Sycambriens
s'en allerent tous aux forestz et par ce moyen leur pays ars et
bruslé se retirerent derechief aux Collonoys. En aprés quant
Cesar commanda diligemment querir Arioniste fugitif et qu'il
fist publier à son de trompette estre loisible et permis à
chascun de piller les biens des Eburons (qui sont aulchuns
Françoys lesquelz frauduleusement occirent les gens de Cesar).
Les Sycambriens sachans avoir occasion de piller, assemblerent
deux mille chevaulcheurs lesquelz passerent le fleuve, et par
merveilleuse et incredible celerité ravyrent et emporterent trés
grande proye des Eburons. Dit aussi Strabo que les Sycambriens
ont esté habitans du Rhyn ou ilz fisrent et machinerent le
commencement de la bataille, laquelle fut portee et livree
contre Drusus par plusieurs du peuple de Germanie, soubz la
conduicte de Molone Sycambrien leur capitaine, desquelz Drusus
obtint victoire en grant triumphe et honneur, dont il a retenu
le surnom germanique qui vault autant à dire comme subjugateur
des Germains. À ceste cause appert manifestement que longtemps
devant le temps de Valentinian ont les Sycambriens habité en
Germanie prés du Rhyn, et que premierement n'ont par luy esté
expulsez de leur siege, sinon que par adventure aucun cuyde
qu'ilz soient differens de ceulx que nous avons dit cy dessus
avoir construict et ediffié la ville de Sycambrie sur le lac
Meotide, laquelle chose descript Annonius en l'hystoire qu'il a
dedyee à son abbé, disant que Thorgore avecques Francion,
partant de Troye, s'en alla en Trace, duquel la nation des
Thorgores a receu le nom, et a exercé le fait des batailles
soubz Philippe et Alexandre leurs ancestres en quelque maniere
que la chose soit. Je ne sçay point toutesvoyes que aucuns des
nostres escripvains ayent en ce consideré ne pensé. Ensuyvons
donques la briefveté par nous proposee, en extrayant de l'ordre
des choses tout ce qui est utille et
necessaire. »
Note n°9
Ce vers complète
"Theodose, / Bien adverty de la façon dont ose / Ceste superbe et
fiere natïon
Note n°10
Le sujet de ce verbe est
"Theodose".
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« En ce tempoire regnoit li empereres Theodosies ; mainte
complainte out des François, qui Alemaigne avoient ensi
proprise ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du
Pré, fol. IIr) : « Les Françoys riblans en Germanie, aprés
qu'ilz eurent prins et reduyct soubz leur puissance auchuns
chasteaulx, l'empereur Theodose lors regnant, acertené de ceste
chose... »
Note n°12
Métaphore culinaire faisant sans doute
écho au moment auquel la Chronique était lue à
François Ier. On en trouve un autre
exemple à la fin du chapitre 5 (à propos de la loi salique) ou
encore au livre III, v. 4322.
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« contre iaus envoia [Théodose] o grant ost Nannie et
Quentin, qui estoient dui mestre des chevaliers. Aus François se
combatirent ; vaincu furent en la premiere bataille. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) :
« Commanda [Théodose] à Nesme et Quentin, capitaines et
chefs de son armee, moult bien equippee de force et puissance de
gens d'armes qu'ilz assaillissent les François. Par lesquelz
deffaitz en trés aspre bataille... »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 16) : « Quant il virent ce, il apellerent en leur
aide Eracle et Jovinien, qui estoient dui autre prince de la
chevalerie de Rome ; derechief se combatirent aus François tuit
ensemble ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Gallio du
Pré, fol. IIr) : « se joignyrent avecques Eraclyus et Jovinian,
qui estoient des ducs et gouverneurs de Theodose, par
l'advenement desquelz reintegrans et restablyssans la
bataille... »
Note n°15
La succession de rimes senées en "f" et "r" comble
discrètement l'attente suscitée par le nom des "François" au
chapitre précédent, comme déjà l'avait fait la rime équivoquée des
v. 485-486 entre "franchise" et "franc guise".
Note n°16
Enumération de coups
portés avec différentes parties de l'épée.
Note n°17
Cette description de la bataille est de
Cretin.
Note n°18
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p.
16-17) : « en cele seconde bataille refurent li Romain
desconfit, mès Eracles et Joviniens s'enfuirent. En ce seconde
bataille firent li François si grant occision de Romains, que
toutes les autres nacions en furent si durement espoantées, que
nus ne fu ainques puis qui les osast contraindre ne aresnier de
rendre treü. » Cretin ignore la fin de l'épisode :
« Carbogastes, qui ert cuens de cele gent, s'enfui aus
Romains aprés ce que li François l'ourent vaincu, mais
toutevoies rapareilla il après bataille contre iaus ; en partie
en desconfist, et aus autres fist pès, si com il est escrit plus
pleinement en la vie saint Ambroise. » Gaguin-Desrey, liv.
I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) : « Voyans Eraclyus et
Jovinian que la victoire tournoit aux Françoys, se saulverent en
fuyte. En ceste bataille receurent les Rommains telle perte,
occision et profligation que les Françoys ont depuis esté crains
et doubtez de tous les aultres circonvoysins et delivrez de tout
tribut et exaction. » Cretin ingore également la fin de
l'épisode tel que le rapporte Gaguin-Desrey : « Combien que
quelque temps aprés, Boccace administrateur et gouverneur du
lieu où les Sycambriens s'estoient sis, se retira devers les
Rommains, et la guerre renouvellee, subjuga et occist partie des
Françoys, faisant paix avec le residu. »
Note n°19
De Cicéron (De
inventione, I, 27-30 ; De oratore, II,
80-83) à Quintilien (Institution oratoire, IV, 2), la
brièveté est une des qualités principale de la narration (avec la
clarté et la vraisemblance). Ce n'est pas un critère de longueur
mais de qualité : ne doivent être données que les informations
nécessaires, mais toutes les informations nécessaires. En
l'occurrence, il s'agit sous la plume de Cretin d'une pure
convention : ses deux sources principales ne disent rien de plus que
ce que rapporte la Chronique française.
Note n°20
Comme au chapitre premier, et comme il le fera fréquemment, Cretin
termine son chapitre par un petit récit moralisateur (ici adressé à
un jeune roi dont on sait qu’il avait des maîtresses) dans lequel sa
voix de narrateur se fait plus volontiers entendre, soit par le
recours à la première personne (« ung faict que taire icy ne puys »,
v. 130), par des mentions extradiégétiques comme « pour le conte
abrégier » ou encore rendant sa versification plus virtuose (rimes
équivoquées, comme « adultere » et « deust le taire », v. 587-588)
de manière à soutenir la portée édifiante du propos.
Note n°21
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 17-18) : « En ce tens pristrent li François la cité
de Treves par le conseil et par l'aide Luce, l'un des
conseilleors de Rome, car cil Luces avoit grant duel et grant
despit de ce que Avices, qui ert ausi come empereres seur la
terre de Galle, avoit jeü avec sa fame, et ce fu la reson pour
quoi il le fist. » Cretin emprunte à nouveau l'orthographe
des noms de personnes et de lieux à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4]
(Galliot du Pré, fol. IIr) : « En Treve y a une puissante ville
nommee Cisrhenane, en laquelle presidoit Lucius, senatur
rommain, lequel pource que le prevost de Gaulle Belgique avoit
prostitué et congneu la sienne femme charnellement, print
conseil de livrer la cité aux Françoys et de fait à son proffict
executa son entreprinse. Le Françoys joissans de ceste
ville... »
Aix419 vengerent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr4967 de
BnFfr4967, BnFfr5299 se
Aix419 qui
BnFfr4967 ces
BnFfr23145 à
Cha514, BnFfr4967 mesgnee
BnFfr17274 Considere
BnFfr4967 perte
BnFfr23145, Aix419 achapter ;
BnFfr4967, Cha514 achepter
Vat966 Gonnebault
Vat966 hault
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 chargé
Cha514 fetz ;
Vat966 festz
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 Veuz
BnFfr17274 grantz
BnFfr4967 et
BnFfr23145 v
Aix419 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 les
BnFfr17274 et
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 escouadres et ;
Cha514 escoadres et
Vat966 estandars et ;
Aix419 estendartz et
BnFfr23145 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 que
on ne sceust ;
BnFfr17274, Aix419 que on ne sceut
BnFfr17274 estocz
BnFfr17274 n'osa
BnFfr23145 entreprendre
BnFfr4967 fait
BnFfr17274 Livre
Aix419 Sommyct
Aix419 plus
Vat966 le deust
Aix419 Itale
Cha514 A son







§En leſcript mys cy deſſoubz verrons mains Couraigeux faictz des francoys / allumans Feu de fureur contre les Allemans Et comme auſſi vainquirent les rommains.
§ Chapitre. iiiie.[445]LO ꝛ s que le temps de laffranchiſement Fut expire /. Lempereur doulcement Vers les francoys ſes recepueurs manda Et le tribut recepuoir commanda Acouſtume pꝛendꝛe auant les dix ans [450]Ce que francoys reffuſerēt /. diſans Que par le pꝛis de leur ſang / ſen tenoyent Quictes et francz /. Et oultre ſouſtenoyent Auoir pꝛopos libꝛes et voluntaires Neſtre iamais aux rommains tributaires [455]Ce rappoꝛt fait / Lempereur indigne Tout marmouze / mau meu et mutine Pꝛenant a cueur ceſte choſe / pꝛoteſte
Guerre entre les francoys et rommains.Fo XII Ciel / ſoleil / lune /. et tous les dieux atteſte Quen bꝛief fera / (ueu larrogant reffus [460]Leur fier oꝛgueil dompter a fers et fuſtz Si decerna amples commiſſions Pour conuocquer pꝛouchaines nations Puys fait mander que l oſt on auitaille Et veult quil marche en oꝛdꝛe de bataille [465]Faiſant crier ſur francoys guerre ouuerte Mais ſuppoſe que terre feuſt couuerte De gentz armez /. francoys ſicambꝛiens Ne font ſemblant rommains doubter en riens Soꝛtent aux champs deliberez combatre [470]Tout l oſt rommain /. Mais quant vint au debatre Conſiderans / Apꝛes peine enduree Ne pouoir pas auoir longue duree Contre tel peuple / Auiſerent ces lieux Deſemparer /. En ce cas firent mieulx [475]Car la retraicte a poꝛt de bonne entente Duiſt touſiours mieulx que la mauuaiſe actente A ces moyens / du partir oꝛdonnerent Et leur cite pour lheure abandonnerent Mais nonobſtant / la perte dommaigeuſe [480]Ceſte meſgnye hardie et couraigeuſe Conſidera que perdꝛe a doubter eſt Plus liberte que nul autre intereſt.
Des conqueſtes des francoys en Germanie. Veu que pour oꝛ ne ſe peult acheter Par quoy conclud dure moꝛt accepter [485]Ains que ſouffrir aſſeruir ſa franchiſe Diſant /. Ceſt dꝛoit que noble cueur franc giſe Hoꝛs les liens de vile ſeruitude Loꝛs ſaſſembla ſi gꝛande multitude De Sicambꝛoys / que chaſcun les admire [490]Chiefz et ducteurs eſleurent Marcomire Et autres deux Symon et Gennebault Gentz de gꝛand cueur / Qui de couraige bault Sans deſuoyer deuers la part ſiniſtre Paſſerent tous le gꝛand fluue du liſtre [495]Oultre paſſez / deſcendirent tantoſt En Germanie /. ou deffirent gꝛand oſt Venant contre eulx du peuple Germanicque Et ſur le Rin ( Comme dit la cronicque ) De ceulx faiſans vray recueil des hiſtoyꝛes [500]Eurent tout plein dexcellentes victoyꝛes Ou loz / renom / bꝛuyt / et triumphe acquirent La gꝛand cite de francone baſtirent / Qui maintenant appellee eſt / francfoꝛt En quoy leur nom eut credit de renfoꝛt [505]Depuys regnant lempereur Theodoſe Bien aduerty de la facon dont oſe Ceſte ſuperbe et fiere nation
La guerre meue aux francoys par les rommains.Fo XIII Empꝛandꝛe honneur de domination Saichant auſſi les batailles quont quiſes [510]Dauoir ainſi Allemaignes conquiſes Pays gaſtez / gꝛandz manoirs demoliz Chaſteaux raſez / villaiges aboliz Semƀƚement / quont retire leurs mains Rendꝛe et payer le tribut aux rommains [515]Delibera ouurir guerre fermee Et contre eulx mectre vne bien gꝛoſſe armee Pour leur gꝛos cueur rebelle et infeſtant Rendꝛe amoly /. et charger de faix tant Que iamais plus ne feuſt memoyꝛe deulx [520]De ceſt affaire eurent la charge / deux Conſulz rommains. Quintinus et Nanime Qui de couraige et vouloir magnanime Contre francoys dꝛeſſerent appareil De fier combat /. Auſſi en cas pareil [525]Francoys aux champs / ſans fuyꝛ le dangier Voullurent bien de meſmes en menger Mais les rommains daigꝛe entremetz repeuz A ce pꝛemier conflict furent rompuz Et mys en fuyte /. Oꝛ apꝛes ceſte etraincte [530]Lourde et honteuſe /. Il fut foꝛce contraincte Veu les effectz (de leurs auances) courtz Ayde appeler / et demander ſecours
Bataille des francoys contre les Rommains. Si fut tranſmys renfoꝛt de gentz eſleuz Iouinian / auſſi Eraclius [535]Pꝛinces et ducz de la cheuallerie Du Rommain peuple et haulte ſeigneurie Sont deputez au faict de la conduicte Pour veoir lempꝛiſe a bonne fin reduicte Loꝛs les rommains eulx voyans renfoꝛcez [540]Nagueres tous a la fuyte foꝛcez Conſiderans que la vertu vnie Eſt plus de foꝛce et puiſſance munie Que quant ſe tient diſperſe et diuiſee Ont de rechief la maniere aduiſee [545]Pour fierement ſur les Francois ſaillir On peult penſer et croyꝛe / A laſſaillir Y auoir eu fiere / foꝛte / et farouche Rude / reueſche / et rebelle eſcarmouche La Mulciber / martelle ſes marteaux [550]Mars baigne en ſang ſes glayues et couteaux La tonne et bꝛuyt furieuſe diſcoꝛde La. cry de guerre aſpꝛement ſe recoꝛde Auanſcoureux / bendes / trouppes / batailles Mis peſle meſle /. Entendez quelles tailles [555]Quelz coups deſtoc / de trenches et reuers La ſont donnez a toꝛt et de trauers Telle heure y eut quon neuſt ſceu bien iuger
Victoyres des francoys contre les rommains.Fo XIV Qui pꝛemier deuſt bꝛanſler et deſloger Mais poſe oꝛ qua gꝛandz coups de guiſarmes [560]Lances / paſſotz / vouges / et autres armes Feiſſent rommains tours de gentz belliqueux Si eurent ilz en fin plus vaillantz que eulx Car les Francoys au combat ſi bien firent Que moꝛtz / que pꝛis / que fuyans les deffirent [565]Du ſang rommain eut telle effuſion Si exceſſiue et gꝛiefue occiſion Et tel deſoꝛdꝛe aux fuytifz capitaines Que nations pꝛouchaines et loingtaines Furent des loꝛs toutes eſpouentees [570]Et des francoys les foꝛces tant doubtees Qu oncques depuys neſung oſa empꝛendꝛe Aucun tribut ſur eulx leuer ne pꝛendꝛe §Depuys leur fut en Treuere baillee Vne cite Cyſrenane appellee [575]Ou Lucius ſenateur reſidoit Et ſoubz ladueu des Rommains pꝛeſidoit Ce Lucius / pour le conte abꝛeger Liura la ville Affin de ſe venger Dun laſche tour / deſhonneſte et infame [580]Touchant lhonneur de luy et de ſa femme Que vng loꝛs pꝛeuoſt de la Gaulle belgicque Commiſt par art
Du Rommain Lucius. Deſir charnel plein de concupiſcence Si aſpꝛement le ſaiſit / quen labſence [585]Du ſenateur / ſon eſpouſe deceut Qui des pꝛemiers (peult eſtre) ne le ſceut Mais tant eſt vil ce vice dadultere Que toſt eſt ſceu / Iacoit quon deuſt le taire Dauoir honny chaſtete maritalle [590]Le bꝛuyt volla ſoudain iuſquen litalle Ou pour le temps ce Lucius eſtoit Le quel du tour gueres ne ſe doubtoit Ains bien penſoit telle fiance auoir Au ſien amy / pour iamais ne debuoir [595]Faire enuers luy ceſte pꝛodition Qui cauſe fut de la vendition Faicte aux francoys. Et hoꝛs tribut de hommaige Leur gꝛand pꝛouffit faire dautruy dommaige
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§En l'escript mys cy dessoubz, verrons mains Couraigeux faictz des Françoys, allumans Feu de fureur contre les Allemans, Et comme aussi vainquirent+vengerent [Aix419] les Rommains.
§ Chapitre iiiie+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966][445]Lors que le temps de l'affranchisement Fut expiré, l'empereur, doulcement, Vers les Françoys, ses recepveurs manda Et le tribut recepvoir commanda, Acoustumé +de [BnFfr4967] prendre avant les dix ans. [450]Ce que Françoys reffuserent, disans Que, par le pris de leur sang, s'en+se [BnFfr4967, BnFfr5299] tenoyent Quictes et francz. Et oultre, soustenoyent Avoir propos libres et voluntaires, N'estre jamais aux Rommains tributaires1. [455]Ce rapport fait, l'empereur indigné, Tout marmouzé2, maumeu et mutiné, Prenant à cueur ceste chose, proteste
Guerre entre les Françoys et Rommains Ciel, soleil, lune et tous les dieux atteste Qu'en brief fera, veu l'arrogant reffus, [460]Leur fier orgueil dompter à fers et fustz. Si decerna amples commissïons Pour convocquer prouchaines natïons, Puys fait mander que l' ost on avitaille Et veult qu'il+qui [Aix419] marche en ordre de bataille, [465]Faisant crier sur Françoys guerre ouverte. Mais supposé que terre feust couverte De gentz armez, Françoys sicambriens Ne font semblant Rommains doubter en riens, Sortent aux champs, deliberez combatre [470]Tout l' ost rommain. Mais quant vint au debatre, Considerans, aprés peine enduree, Ne pouoir pas avoir longue duree Contre tel peuple, aviserent ces lieux Desemparer3. En ce+ces [BnFfr4967] cas firent mieulx, [475]Car la retraicte à port de bonne entente Duist tousjours mieulx que la mauvaise actente4. À ces moyens, du partir ordonnerent Et leur cité, pour+à [BnFfr23145] l'heure, abandonnerent. Mais nonobstant la perte dommaigeuse, [480]Ceste mesgnye+mesgnee [Cha514, BnFfr4967] hardie et couraigeuse Considera+Considere [BnFfr17274] que perdre+perte [BnFfr4967] à doubter est Plus liberté que nul autre interest,
Des conquestes des Françoys en Germanie Veu que pour or ne se peult acheter+
achapter [BnFfr23145, Aix419] ;
achepter [BnFfr4967, Cha514]
.
Par quoy conclud dure mort accepter
[485]Ains que souffrir asservir sa franchise,
Disant :
« C'est droit que
noble cueur franc gise
Hors les lïens de
vile servitude5. »
Lors, s'assembla si grande multitude
De
Sicambroys que chascun les admire.
[490]Chiefz et
ducteurs esleurent
MarcomireMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)Et autres deux SymonSunnon (circa 350 — 400) Chef franc et Gennebault+Gonnebault [Vat966]Gennobaud (IVe siècle — 388) Chef franc, Gentz de grand cueur, qui de couraige bault+hault [Vat966], Sans desvoyer devers la part sinistre, Passerent tous le grand fluve du Listre. [495]Oultre passez, descendirent tantost En Germanie, où deffirent grand ost Venant contre eulx du peuple germanicque. Et sur le Rin,comme dit la cronicque De ceulx faisans vray recueil des histoyres6, [500]Eurent tout plein d'excellentes victoyres Où loz, renom, bruyt et triumphe acquirent7. La grand cité de Francone bastirent Qui maintenant appellee est Francfort, En quoy leur nom eut credit de renfort8. [505]Depuys regnant l'empereur TheodoseThéodose Ier (11/01/347 — 17/01/395) Empereur romain de 379 à 395, Bien adverty de la façon dont ose Ceste superbe et fiere natïon
La guerre meue aux Françoys par les Rommains Emprandre honneur de dominatïon, Saichant aussi les batailles qu'ont quises, [510]D'avoir ainsi Allemaignes conquises, Paÿs gastez, grandz manoirs demoliz, Chasteaux rasez, villaiges aboliz, Semblablement qu'ont retiré leurs mains, Rendre et payer le tribut aux Rommains9, [515]Delibera10 ouvrir guerre fermee, Et contre eulx mectre une bien grosse armee, Pour leur gros cueur rebelle et infestant Rendre amoly et charger+chargé [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514] de faix+
fetz [Cha514] ;
festz [Vat966]
, tant
Que jamais plus ne feust memoyre d'eulx11.
[520]De cest affaire, eurent la charge deux
Consulz rommains,
QuintinusQuintinus ( — ) Consul romain et NanimeNanime ( — ) Consul romain,
Qui de couraige et vouloir magnanime,
Contre Françoys, dresserent appareil
De fier combat. Aussi, en cas pareil,
[525]Françoys aux champs, sans fuÿr le dangier,
Voullurent bien de mesmes en menger.
Mais les Rommains, d'aigre entremetz+d'aigres entrectz [BnFfr23145] repeuz12,
À ce premier conflict furent rompuz
Et mys en fuyte13.
Or aprés ceste etraincte
[530]Lourde et honteuse,
il fut force contraincte,
Veu+Veuz [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] les effectz de leurs avances
courtz,
Ayde appeler et demander secours.
Bataille des Françoys contre les Rommains Si fut transmys renfort de gentz+grantz [BnFfr17274] esleuz, JovinïanJovinien Chef militaire romain imaginaire +et [BnFfr4967] aussi EraclïusEraclius ( — ) Chef militaire romain. [535]Princes et ducz de la chevallerie Du rommain peuple et haulte seigneurie Sont deputez au faict de la conduicte, Pour veoir l'emprise à bonne fin reduicte. Lors les Rommains, +
escouadres et [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] ;
escoadres et [Cha514]
estandars et [Vat966] ;
estendartz et [Aix419]
batailles
Mis pesle mesle. Entendez quelles tailles,
[555]Quelz coups d'estoc, de trenches et revers16
Là sont donnez à+de [BnFfr23145] tort et de travers !
Telle
heure y eut qu'on n'eust sceu+
que
on ne sceust [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
que on ne sceut [BnFfr17274, Aix419]
bien juger
Victoyres des Françoys contre les Rommains Qui premier deust bransler et desloger. Mais posé or qu'à grandz coups de guisarmes, [560]Lances, passotz+estocz [BnFfr17274], vouges et autres armes, Feissent Rommains tours de gentz belliqueux, Si eurent ilz en fin plus vaillantz que eulx17. Car les Françoys, au combat, si bien firent Que mortz, que pris, que fuyans les deffirent. [565]Du sang rommain eut telle effusïon, Si excessive et griefve occisïon Et tel desordre aux fuytifz capitaines, Que natïons prouchaines et loingtaines Furent dès lors toutes espouentees [570]Et des Françoys les forces tant doubtees Qu' oncques depuys nesung osa+
Du Rommain LuciusLucius ( — ) Sénateur romain Desir charnel plein de concupiscence Si asprement le saisit, qu'en l'absence [585]Du senateur son espouse deceut. Qui des premiers, peult estre, ne le sceut, Mais tant est vil ce vice d'adultere, Que tost est sceu, jaçoit qu'on deust le+le deust [Vat966] taire. D'avoir honny chasteté maritalle, [590]Le bruyt volla soudain jusqu'en l'Italle+Itale [Aix419] Où, pour le temps, ce LucïusLucius ( — ) Sénateur romain estoit, Lequel du tour gueres ne se doubtoit, Ains bien pensoit telle fïance avoir Au sien+A son [Cha514] amy, pour jamais ne debvoir [595]Faire envers luy ceste proditïon Qui cause fut de la venditïon Faicte aux Françoys et, hors tribut de hommaige, Leur grand prouffit faire d'autruy dommaige2021.
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15) :
« Quant li X anz furent trespassé, li empereor Valentins,
dou quel nous avons parlé desus, envoia ses messages aus Troiens
pour querre le treü que il avoient devant les X anz acoustumé à
paier. Il respondirent aus messages que il en estoient quitte
par le pris de leur sanc, et que pour iaus racheter de ce treü à
touz jors mais s'estoient il mis em peril de mort, et que jamès
treü ne leur rendroient. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Les Françoys doncques
affranchiz de tailles et tous aultres tribuz fortiffierent leur
ville, leur puissance et couraige, en telle façon et maniere que
les dix ans passez, quant l'empereur voulut exiger d'eulx le
tribut, ilz refuserent luy faire auchune
pension. »
Note n°2
Faute d'avoir été consacrée à l'éloge des Français, la
rime (presque) senée fait porter le blâme sur les Romains.
Note n°3
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15-16) : « Li empereres, plains
d'ire et de grant indignation, vint seur iaus à granz oz ; ses
batailles ordena pour combatre ; et li Troien, ja soit ce que il
ne fussent que une seule nation assez petite contre tout
l'Empire de Rome, issirent contre iaus à bataille ; mais quant
il virent que la force des autres nations estoit ajoustée
oveques les Romains, il sourent bien que il ne porroient avoir
longue durée encontre si grant pople ; pour ce jugierent plus
profitable chose à cesser que à combatre. » Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Pour raison de
quoy guerre s'esmeut, en laquelle comme peu de gens foiblement
resistassent à plusieurs, Valentinian par forte et rude
puissance surmonta les Françoys. »
Note n°4
Cette prise de position est une
originalité de Cretin.
Note n°5
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « Leur cité guerpirent
lors, car il ne voloient plus estre tributaire. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) :
« et n'a par ce dommaige delaissé ou mesprisé liberté
ceste nation couraigeuse. »
Note n°6
Cretin désigne ici sa source putative d'un mot, "recueil", qu'il
utilise également pour définir sa propre
Chronique.
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « En Germenie descendirent ; les
rivages porpristrent d'un flueve qui est apelez li Rins ; III
dux dirent de leur gent pour iaus gouverner : li uns ou non
Marchomires, li autres Sonnones, et li tiers Genebauz. Leur
poples estoit ja formenz moutepliez et creüz, car au tens que il
issirent d'Ayse il n'estoient pas plus de XII M de gent d'armes,
et ja estoient si mouteplié que li Germain et li Alemant, qui en
quantité et force sont puissant, avoient merveilleusement grant
paour d'aus. Parmi la terre s'espandirent et pristrent pluseurs
chasteaus et pluseurs citez. » L'orthographe des noms est
reprise à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv)
: « Mais grant multitude de citoyens hastivement assemblee,
passerent le fleuve du Lhystre et soubz la conduycte de
Marcomyre, Symon et Genebaude (aprés le deceez de Francion)
faisans plusieurs victoires et conquestes en la Germanie, se
sont assiez sur le Rhyn. »
Note n°8
Cette information est absente des GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16).Cretin l'emprunte à Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Où [sur le
Rhin] l'on voyt maintenant Francforde, ville non contemnable,
ouvraige et siege des Françoys jusques à ung temps. » Il
ignore cependant la suite du récit de Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv-IIr), dont le récit prend un tour plus
érudit : « Mais quant ces choses des Sycambriens de la source
et generation des Françoys sont constamment recitees, non sans
raison me sourt une doubte de la sentence de Cesar, lequel
redigeant par escript les baatailles par luy demenees au pays de
Gaille. Dit que les Sycambriens (que l'on peult à present nommer
Gueldroys) lors habitoient en l'extremité du Rhyn, prés des ubes
que nous disons Collonoys, lesquelz aucunesfoys traversans le
Rhyn, ont osé courrir et entrer en Gaulle et contre luy envoyer
secours aux Françoys. Et pour ce se esleva sur eulx, afin que
par la craincte et terreur du nom Rommain rendist les Allemans
paisibles, mais incontinent au premier messaige les Sycambriens
s'en allerent tous aux forestz et par ce moyen leur pays ars et
bruslé se retirerent derechief aux Collonoys. En aprés quant
Cesar commanda diligemment querir Arioniste fugitif et qu'il
fist publier à son de trompette estre loisible et permis à
chascun de piller les biens des Eburons (qui sont aulchuns
Françoys lesquelz frauduleusement occirent les gens de Cesar).
Les Sycambriens sachans avoir occasion de piller, assemblerent
deux mille chevaulcheurs lesquelz passerent le fleuve, et par
merveilleuse et incredible celerité ravyrent et emporterent trés
grande proye des Eburons. Dit aussi Strabo que les Sycambriens
ont esté habitans du Rhyn ou ilz fisrent et machinerent le
commencement de la bataille, laquelle fut portee et livree
contre Drusus par plusieurs du peuple de Germanie, soubz la
conduicte de Molone Sycambrien leur capitaine, desquelz Drusus
obtint victoire en grant triumphe et honneur, dont il a retenu
le surnom germanique qui vault autant à dire comme subjugateur
des Germains. À ceste cause appert manifestement que longtemps
devant le temps de Valentinian ont les Sycambriens habité en
Germanie prés du Rhyn, et que premierement n'ont par luy esté
expulsez de leur siege, sinon que par adventure aucun cuyde
qu'ilz soient differens de ceulx que nous avons dit cy dessus
avoir construict et ediffié la ville de Sycambrie sur le lac
Meotide, laquelle chose descript Annonius en l'hystoire qu'il a
dedyee à son abbé, disant que Thorgore avecques Francion,
partant de Troye, s'en alla en Trace, duquel la nation des
Thorgores a receu le nom, et a exercé le fait des batailles
soubz Philippe et Alexandre leurs ancestres en quelque maniere
que la chose soit. Je ne sçay point toutesvoyes que aucuns des
nostres escripvains ayent en ce consideré ne pensé. Ensuyvons
donques la briefveté par nous proposee, en extrayant de l'ordre
des choses tout ce qui est utille et
necessaire. »
Note n°9
Ce vers complète
"Theodose, / Bien adverty de la façon dont ose / Ceste superbe et
fiere natïon
Note n°10
Le sujet de ce verbe est
"Theodose".
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« En ce tempoire regnoit li empereres Theodosies ; mainte
complainte out des François, qui Alemaigne avoient ensi
proprise ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du
Pré, fol. IIr) : « Les Françoys riblans en Germanie, aprés
qu'ilz eurent prins et reduyct soubz leur puissance auchuns
chasteaulx, l'empereur Theodose lors regnant, acertené de ceste
chose... »
Note n°12
Métaphore culinaire faisant sans doute
écho au moment auquel la Chronique était lue à
François Ier. On en trouve un autre
exemple à la fin du chapitre 5 (à propos de la loi salique) ou
encore au livre III, v. 4322.
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« contre iaus envoia [Théodose] o grant ost Nannie et
Quentin, qui estoient dui mestre des chevaliers. Aus François se
combatirent ; vaincu furent en la premiere bataille. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) :
« Commanda [Théodose] à Nesme et Quentin, capitaines et
chefs de son armee, moult bien equippee de force et puissance de
gens d'armes qu'ilz assaillissent les François. Par lesquelz
deffaitz en trés aspre bataille... »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 16) : « Quant il virent ce, il apellerent en leur
aide Eracle et Jovinien, qui estoient dui autre prince de la
chevalerie de Rome ; derechief se combatirent aus François tuit
ensemble ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Gallio du
Pré, fol. IIr) : « se joignyrent avecques Eraclyus et Jovinian,
qui estoient des ducs et gouverneurs de Theodose, par
l'advenement desquelz reintegrans et restablyssans la
bataille... »
Note n°15
La succession de rimes senées en "f" et "r" comble
discrètement l'attente suscitée par le nom des "François" au
chapitre précédent, comme déjà l'avait fait la rime équivoquée des
v. 485-486 entre "franchise" et "franc guise".
Note n°16
Enumération de coups
portés avec différentes parties de l'épée.
Note n°17
Cette description de la bataille est de
Cretin.
Note n°18
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p.
16-17) : « en cele seconde bataille refurent li Romain
desconfit, mès Eracles et Joviniens s'enfuirent. En ce seconde
bataille firent li François si grant occision de Romains, que
toutes les autres nacions en furent si durement espoantées, que
nus ne fu ainques puis qui les osast contraindre ne aresnier de
rendre treü. » Cretin ignore la fin de l'épisode :
« Carbogastes, qui ert cuens de cele gent, s'enfui aus
Romains aprés ce que li François l'ourent vaincu, mais
toutevoies rapareilla il après bataille contre iaus ; en partie
en desconfist, et aus autres fist pès, si com il est escrit plus
pleinement en la vie saint Ambroise. » Gaguin-Desrey, liv.
I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) : « Voyans Eraclyus et
Jovinian que la victoire tournoit aux Françoys, se saulverent en
fuyte. En ceste bataille receurent les Rommains telle perte,
occision et profligation que les Françoys ont depuis esté crains
et doubtez de tous les aultres circonvoysins et delivrez de tout
tribut et exaction. » Cretin ingore également la fin de
l'épisode tel que le rapporte Gaguin-Desrey : « Combien que
quelque temps aprés, Boccace administrateur et gouverneur du
lieu où les Sycambriens s'estoient sis, se retira devers les
Rommains, et la guerre renouvellee, subjuga et occist partie des
Françoys, faisant paix avec le residu. »
Note n°19
De Cicéron (De
inventione, I, 27-30 ; De oratore, II,
80-83) à Quintilien (Institution oratoire, IV, 2), la
brièveté est une des qualités principale de la narration (avec la
clarté et la vraisemblance). Ce n'est pas un critère de longueur
mais de qualité : ne doivent être données que les informations
nécessaires, mais toutes les informations nécessaires. En
l'occurrence, il s'agit sous la plume de Cretin d'une pure
convention : ses deux sources principales ne disent rien de plus que
ce que rapporte la Chronique française.
Note n°20
Comme au chapitre premier, et comme il le fera fréquemment, Cretin
termine son chapitre par un petit récit moralisateur (ici adressé à
un jeune roi dont on sait qu’il avait des maîtresses) dans lequel sa
voix de narrateur se fait plus volontiers entendre, soit par le
recours à la première personne (« ung faict que taire icy ne puys »,
v. 130), par des mentions extradiégétiques comme « pour le conte
abrégier » ou encore rendant sa versification plus virtuose (rimes
équivoquées, comme « adultere » et « deust le taire », v. 587-588)
de manière à soutenir la portée édifiante du propos.
Note n°21
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 17-18) : « En ce tens pristrent li François la cité
de Treves par le conseil et par l'aide Luce, l'un des
conseilleors de Rome, car cil Luces avoit grant duel et grant
despit de ce que Avices, qui ert ausi come empereres seur la
terre de Galle, avoit jeü avec sa fame, et ce fu la reson pour
quoi il le fist. » Cretin emprunte à nouveau l'orthographe
des noms de personnes et de lieux à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4]
(Galliot du Pré, fol. IIr) : « En Treve y a une puissante ville
nommee Cisrhenane, en laquelle presidoit Lucius, senatur
rommain, lequel pource que le prevost de Gaulle Belgique avoit
prostitué et congneu la sienne femme charnellement, print
conseil de livrer la cité aux Françoys et de fait à son proffict
executa son entreprinse. Le Françoys joissans de ceste
ville... »
Aix419 vengerent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr4967 de
BnFfr4967, BnFfr5299 se
Aix419 qui
BnFfr4967 ces
BnFfr23145 à
Cha514, BnFfr4967 mesgnee
BnFfr17274 Considere
BnFfr4967 perte
BnFfr23145, Aix419 achapter ;
BnFfr4967, Cha514 achepter
Vat966 Gonnebault
Vat966 hault
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 chargé
Cha514 fetz ;
Vat966 festz
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 Veuz
BnFfr17274 grantz
BnFfr4967 et
BnFfr23145 v
Aix419 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 les
BnFfr17274 et
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 escouadres et ;
Cha514 escoadres et
Vat966 estandars et ;
Aix419 estendartz et
BnFfr23145 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 que
on ne sceust ;
BnFfr17274, Aix419 que on ne sceut
BnFfr17274 estocz
BnFfr17274 n'osa
BnFfr23145 entreprendre
BnFfr4967 fait
BnFfr17274 Livre
Aix419 Sommyct
Aix419 plus
Vat966 le deust
Aix419 Itale
Cha514 A son
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15) :
« Quant li X anz furent trespassé, li empereor Valentins,
dou quel nous avons parlé desus, envoia ses messages aus Troiens
pour querre le treü que il avoient devant les X anz acoustumé à
paier. Il respondirent aus messages que il en estoient quitte
par le pris de leur sanc, et que pour iaus racheter de ce treü à
touz jors mais s'estoient il mis em peril de mort, et que jamès
treü ne leur rendroient. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Les Françoys doncques
affranchiz de tailles et tous aultres tribuz fortiffierent leur
ville, leur puissance et couraige, en telle façon et maniere que
les dix ans passez, quant l'empereur voulut exiger d'eulx le
tribut, ilz refuserent luy faire auchune
pension. »
Note n°2
Faute d'avoir été consacrée à l'éloge des Français, la
rime (presque) senée fait porter le blâme sur les Romains.
Note n°3
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 15-16) : « Li empereres, plains
d'ire et de grant indignation, vint seur iaus à granz oz ; ses
batailles ordena pour combatre ; et li Troien, ja soit ce que il
ne fussent que une seule nation assez petite contre tout
l'Empire de Rome, issirent contre iaus à bataille ; mais quant
il virent que la force des autres nations estoit ajoustée
oveques les Romains, il sourent bien que il ne porroient avoir
longue durée encontre si grant pople ; pour ce jugierent plus
profitable chose à cesser que à combatre. » Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Pour raison de
quoy guerre s'esmeut, en laquelle comme peu de gens foiblement
resistassent à plusieurs, Valentinian par forte et rude
puissance surmonta les Françoys. »
Note n°4
Cette prise de position est une
originalité de Cretin.
Note n°5
GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « Leur cité guerpirent
lors, car il ne voloient plus estre tributaire. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) :
« et n'a par ce dommaige delaissé ou mesprisé liberté
ceste nation couraigeuse. »
Note n°6
Cretin désigne ici sa source putative d'un mot, "recueil", qu'il
utilise également pour définir sa propre
Chronique.
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) : « En Germenie descendirent ; les
rivages porpristrent d'un flueve qui est apelez li Rins ; III
dux dirent de leur gent pour iaus gouverner : li uns ou non
Marchomires, li autres Sonnones, et li tiers Genebauz. Leur
poples estoit ja formenz moutepliez et creüz, car au tens que il
issirent d'Ayse il n'estoient pas plus de XII M de gent d'armes,
et ja estoient si mouteplié que li Germain et li Alemant, qui en
quantité et force sont puissant, avoient merveilleusement grant
paour d'aus. Parmi la terre s'espandirent et pristrent pluseurs
chasteaus et pluseurs citez. » L'orthographe des noms est
reprise à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv)
: « Mais grant multitude de citoyens hastivement assemblee,
passerent le fleuve du Lhystre et soubz la conduycte de
Marcomyre, Symon et Genebaude (aprés le deceez de Francion)
faisans plusieurs victoires et conquestes en la Germanie, se
sont assiez sur le Rhyn. »
Note n°8
Cette information est absente des GCF,
liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16).Cretin l'emprunte à Gaguin-Desrey,
liv. I, chap. [2] (Galliot du Pré, fol. Iv) : « Où [sur le
Rhin] l'on voyt maintenant Francforde, ville non contemnable,
ouvraige et siege des Françoys jusques à ung temps. » Il
ignore cependant la suite du récit de Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[2] (Galliot du Pré, fol. Iv-IIr), dont le récit prend un tour plus
érudit : « Mais quant ces choses des Sycambriens de la source
et generation des Françoys sont constamment recitees, non sans
raison me sourt une doubte de la sentence de Cesar, lequel
redigeant par escript les baatailles par luy demenees au pays de
Gaille. Dit que les Sycambriens (que l'on peult à present nommer
Gueldroys) lors habitoient en l'extremité du Rhyn, prés des ubes
que nous disons Collonoys, lesquelz aucunesfoys traversans le
Rhyn, ont osé courrir et entrer en Gaulle et contre luy envoyer
secours aux Françoys. Et pour ce se esleva sur eulx, afin que
par la craincte et terreur du nom Rommain rendist les Allemans
paisibles, mais incontinent au premier messaige les Sycambriens
s'en allerent tous aux forestz et par ce moyen leur pays ars et
bruslé se retirerent derechief aux Collonoys. En aprés quant
Cesar commanda diligemment querir Arioniste fugitif et qu'il
fist publier à son de trompette estre loisible et permis à
chascun de piller les biens des Eburons (qui sont aulchuns
Françoys lesquelz frauduleusement occirent les gens de Cesar).
Les Sycambriens sachans avoir occasion de piller, assemblerent
deux mille chevaulcheurs lesquelz passerent le fleuve, et par
merveilleuse et incredible celerité ravyrent et emporterent trés
grande proye des Eburons. Dit aussi Strabo que les Sycambriens
ont esté habitans du Rhyn ou ilz fisrent et machinerent le
commencement de la bataille, laquelle fut portee et livree
contre Drusus par plusieurs du peuple de Germanie, soubz la
conduicte de Molone Sycambrien leur capitaine, desquelz Drusus
obtint victoire en grant triumphe et honneur, dont il a retenu
le surnom germanique qui vault autant à dire comme subjugateur
des Germains. À ceste cause appert manifestement que longtemps
devant le temps de Valentinian ont les Sycambriens habité en
Germanie prés du Rhyn, et que premierement n'ont par luy esté
expulsez de leur siege, sinon que par adventure aucun cuyde
qu'ilz soient differens de ceulx que nous avons dit cy dessus
avoir construict et ediffié la ville de Sycambrie sur le lac
Meotide, laquelle chose descript Annonius en l'hystoire qu'il a
dedyee à son abbé, disant que Thorgore avecques Francion,
partant de Troye, s'en alla en Trace, duquel la nation des
Thorgores a receu le nom, et a exercé le fait des batailles
soubz Philippe et Alexandre leurs ancestres en quelque maniere
que la chose soit. Je ne sçay point toutesvoyes que aucuns des
nostres escripvains ayent en ce consideré ne pensé. Ensuyvons
donques la briefveté par nous proposee, en extrayant de l'ordre
des choses tout ce qui est utille et
necessaire. »
Note n°9
Ce vers complète
"Theodose, / Bien adverty de la façon dont ose / Ceste superbe et
fiere natïon
Note n°10
Le sujet de ce verbe est
"Theodose".
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« En ce tempoire regnoit li empereres Theodosies ; mainte
complainte out des François, qui Alemaigne avoient ensi
proprise ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du
Pré, fol. IIr) : « Les Françoys riblans en Germanie, aprés
qu'ilz eurent prins et reduyct soubz leur puissance auchuns
chasteaulx, l'empereur Theodose lors regnant, acertené de ceste
chose... »
Note n°12
Métaphore culinaire faisant sans doute
écho au moment auquel la Chronique était lue à
François Ier. On en trouve un autre
exemple à la fin du chapitre 5 (à propos de la loi salique) ou
encore au livre III, v. 4322.
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p. 16) :
« contre iaus envoia [Théodose] o grant ost Nannie et
Quentin, qui estoient dui mestre des chevaliers. Aus François se
combatirent ; vaincu furent en la premiere bataille. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) :
« Commanda [Théodose] à Nesme et Quentin, capitaines et
chefs de son armee, moult bien equippee de force et puissance de
gens d'armes qu'ilz assaillissent les François. Par lesquelz
deffaitz en trés aspre bataille... »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 16) : « Quant il virent ce, il apellerent en leur
aide Eracle et Jovinien, qui estoient dui autre prince de la
chevalerie de Rome ; derechief se combatirent aus François tuit
ensemble ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [3] (Gallio du
Pré, fol. IIr) : « se joignyrent avecques Eraclyus et Jovinian,
qui estoient des ducs et gouverneurs de Theodose, par
l'advenement desquelz reintegrans et restablyssans la
bataille... »
Note n°15
La succession de rimes senées en "f" et "r" comble
discrètement l'attente suscitée par le nom des "François" au
chapitre précédent, comme déjà l'avait fait la rime équivoquée des
v. 485-486 entre "franchise" et "franc guise".
Note n°16
Enumération de coups
portés avec différentes parties de l'épée.
Note n°17
Cette description de la bataille est de
Cretin.
Note n°18
GCF, liv. I, chap. 3 (vol. 1, p.
16-17) : « en cele seconde bataille refurent li Romain
desconfit, mès Eracles et Joviniens s'enfuirent. En ce seconde
bataille firent li François si grant occision de Romains, que
toutes les autres nacions en furent si durement espoantées, que
nus ne fu ainques puis qui les osast contraindre ne aresnier de
rendre treü. » Cretin ignore la fin de l'épisode :
« Carbogastes, qui ert cuens de cele gent, s'enfui aus
Romains aprés ce que li François l'ourent vaincu, mais
toutevoies rapareilla il après bataille contre iaus ; en partie
en desconfist, et aus autres fist pès, si com il est escrit plus
pleinement en la vie saint Ambroise. » Gaguin-Desrey, liv.
I, chap. [3] (Galliot du Pré, fol. IIr) : « Voyans Eraclyus et
Jovinian que la victoire tournoit aux Françoys, se saulverent en
fuyte. En ceste bataille receurent les Rommains telle perte,
occision et profligation que les Françoys ont depuis esté crains
et doubtez de tous les aultres circonvoysins et delivrez de tout
tribut et exaction. » Cretin ingore également la fin de
l'épisode tel que le rapporte Gaguin-Desrey : « Combien que
quelque temps aprés, Boccace administrateur et gouverneur du
lieu où les Sycambriens s'estoient sis, se retira devers les
Rommains, et la guerre renouvellee, subjuga et occist partie des
Françoys, faisant paix avec le residu. »
Note n°19
De Cicéron (De
inventione, I, 27-30 ; De oratore, II,
80-83) à Quintilien (Institution oratoire, IV, 2), la
brièveté est une des qualités principale de la narration (avec la
clarté et la vraisemblance). Ce n'est pas un critère de longueur
mais de qualité : ne doivent être données que les informations
nécessaires, mais toutes les informations nécessaires. En
l'occurrence, il s'agit sous la plume de Cretin d'une pure
convention : ses deux sources principales ne disent rien de plus que
ce que rapporte la Chronique française.
Note n°20
Comme au chapitre premier, et comme il le fera fréquemment, Cretin
termine son chapitre par un petit récit moralisateur (ici adressé à
un jeune roi dont on sait qu’il avait des maîtresses) dans lequel sa
voix de narrateur se fait plus volontiers entendre, soit par le
recours à la première personne (« ung faict que taire icy ne puys »,
v. 130), par des mentions extradiégétiques comme « pour le conte
abrégier » ou encore rendant sa versification plus virtuose (rimes
équivoquées, comme « adultere » et « deust le taire », v. 587-588)
de manière à soutenir la portée édifiante du propos.
Note n°21
GCF, liv. I, chap. 3
(vol. 1, p. 17-18) : « En ce tens pristrent li François la cité
de Treves par le conseil et par l'aide Luce, l'un des
conseilleors de Rome, car cil Luces avoit grant duel et grant
despit de ce que Avices, qui ert ausi come empereres seur la
terre de Galle, avoit jeü avec sa fame, et ce fu la reson pour
quoi il le fist. » Cretin emprunte à nouveau l'orthographe
des noms de personnes et de lieux à Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4]
(Galliot du Pré, fol. IIr) : « En Treve y a une puissante ville
nommee Cisrhenane, en laquelle presidoit Lucius, senatur
rommain, lequel pource que le prevost de Gaulle Belgique avoit
prostitué et congneu la sienne femme charnellement, print
conseil de livrer la cité aux Françoys et de fait à son proffict
executa son entreprinse. Le Françoys joissans de ceste
ville... »
Aix419 vengerent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr4967 de
BnFfr4967, BnFfr5299 se
Aix419 qui
BnFfr4967 ces
BnFfr23145 à
Cha514, BnFfr4967 mesgnee
BnFfr17274 Considere
BnFfr4967 perte
BnFfr23145, Aix419 achapter ;
BnFfr4967, Cha514 achepter
Vat966 Gonnebault
Vat966 hault
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 chargé
Cha514 fetz ;
Vat966 festz
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 Veuz
BnFfr17274 grantz
BnFfr4967 et
BnFfr23145 v
Aix419 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 les
BnFfr17274 et
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 escouadres et ;
Cha514 escoadres et
Vat966 estandars et ;
Aix419 estendartz et
BnFfr23145 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 que
on ne sceust ;
BnFfr17274, Aix419 que on ne sceut
BnFfr17274 estocz
BnFfr17274 n'osa
BnFfr23145 entreprendre
BnFfr4967 fait
BnFfr17274 Livre
Aix419 Sommyct
Aix419 plus
Vat966 le deust
Aix419 Itale
Cha514 A son