GCF,
liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 114-115) : « Quant li forz rois
Clodovées out ocis le roi Alaric, si
com vous avez oï, il ne conquist pas tout son roiaume, ainz en
demora une contrée qui est à l'entree d'Espagne que uns siens
fiuz, qui avoit non Amauris, prist et saisi après la mort son
pere. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xr : « Ceste gurre [sic] a
incontinent suivu la guerre d'Espaigne, dont Amaulry fut cause.
Cesty en l'extreme Gaulle vers les monts Pyrneees tenoit
Espaigne avec les Gothz, mais aprés la mort du roy Clovis occupa
la partie d'icelle region que jamais n'avoit esté
touchee. »
Cretin réécrit amplement
les GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 115) : « Cil
Amauris, qui en ces parties demoroit, manda par ses
messages foi et aliance au roi Clothaire et au roi Childebert,
puis leur manda que il li envoiassent une leur sereur, car
volentiers auroit à iaus affinité par mariage. Volentiers s'i
acorderent li frere ; leur sereur li envoierent à grant honeur,
si com il aferoit à dame née de si haute lignie. »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xr
: « Par quoy eslevant son couraige, sur ceste chose
envoya aux Françoys requerant avoir paix et amityé avec eulx et
espouser une femme de leur famille. » Commence ensuite un nouveau
chapitre : « Ceste requeste aux roys n'a semblé estre
indigne, et luy donnerent leur seur vierge à espouse. » Le
nom de cette sœur mariée à Amalaric, prénommée Clotilde comme sa mère,
n'est donné nulle part dans les deux sources principales de Cretin, qui
ne le fournit pas non plus.
Ce commentaire est de Cretin.
Troisième personne du subjonctif présent du
verbe « aider ».
Cretin réécrit les
GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 115), mettant en exergue la
qualification de « chamberiere » (v. 3982) qu'il y trouve : « Quant
la dame out une piece habité oveques
lui, cil qui estoit crueus et divers par nature et par raison de
lignage, la commença à voutoier ; pas ne l'amoit ne honoroit
come roine ne come dame née de tel gent, et li disoit autant de
vilenies et de rproches come se ce fust une chamberiere ou une
servie que il eust par pris achatée. »
GCF, liv. II, chap. 5
(vol. 1, p. 115-116) : « Et pour ce que il estoit corrumpu et
conchiez de l'eresie arriene ausi come ses peres out esté, il la
tenoit ensi en despit pour ce que la bone dame estoit
coutiveresse de la sainte foi de l'eglise de Rome. Quant ele
aloit aus eglises des bons crestiens, il li disoit omult de
vilenies. Aucune foiz avenoit que il li lançoit boe et ordure au
visage, ou il li fesoit lancier en mie sa voie quant ele aloit
au mostier, et esmovoir la pueur et la corruption de l'ordure
pour lie troubler et pour empeechier la pure devotion
d'oroison. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xr : « Car empoisonné du venun de
l'heresie arrienne deprisoit et fuyoit la femme de droicte foy.
Quant elle alloit aux egliess, selon la maniere des chrestiens,
il la persecutoit de injures et contumelies et, qui pis est, il
commandoit que parmy les rues et chemins publicques, fust
contaminee et soueillee de funge par les petiz
enfans. »
Ce détail est propre à
Cretin.
Cretin amplifie considérablement ses sources en
inventant presque entièrement le contenu de la lettre.
GCF,
liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 116) : « Mais quant la bone dame
out tant souffert que ele ne pout plus, ele envoia à ses freres une
chartre par un sien loial serjant, o pleurs et o lermes, qui
contenoit tel sentence : « Biau douz frere, aiez pitié et merci
de
moi et dagniez recevoir la cause de ma necessité et de
ma tristece. » » [Nicolas de La Chesnaye],
Les
Grandes Chroniques, fol. Xr se contente de paraphraser la
lettre : « Ceste femme ayant longuement
enduré telles injures, par lettres aux roys ses freres
signifia ce qu'elle souffroit de son infidelle mary et
encores souffreroit s'ilz ne resfrenoient et corrigeoient sa
petulance et temerité. » Cretin fait de cette plainte de la
reine, par lettre, une véritable héroïde à la manière d'Ovide, genre
très en vogue au début du XVI
e siècle, depuis la traduction du
texte latin par Saint-Gelais (sur la vogue du genre et son usage de
plus en plus historiographique et politique, voir (
Provini, 2012)). Chez Cretin, l'amplification de la lettre en longueur
et en qualité (avec de nombreuses rimes riches et équivoquées) obéit
ainsi à un impératif de divertissement courtisan (
placere), étant donné que les
éléments narratifs ont déjà été donnés et la critique morale
d'Amaulry effectuée (
docere).
GCF, liv. II,
chap. 5 (vol. 1, p. 116) : « Li rois Childeberz estoit
à la cité de Clermont en Auvergne que il avoit souztraite à son
frere, quant li messages vint à lui. Il estoit moult sages de
guerres mener ; tout maintenant que il out son ost apareillié,
mut sanz attendre l'aide de son frere ; soudainement entra en
Espaigne, Amauris ses serorges, qui bien sout sa venue, vint
d'autre part toz apareilliez de combatre par mer et par terre.
La bataille fu ordenée en un champ par l'acort des II parties ;
ensemble jousterent leur batailles, forment et longuement se
combatirent ; mais à la parfin li rois Childeberz, qui plus
avoit de genz, torna ses anemis en fuite ; car li Ghot, qui
forment furent espoanté des lances et des armes des François, ne
pourent pas longuement souffrir l'estour. En diverses parties
fuioit ; li un aloient à garant è viles et ès repostailles des
bos ». [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xr ne rapporte pas la retraite désordonnée des
Wisigoths : « Incontinent, les roys emflambéz
de ire et fureur par la complainte de leur seur, assemblerent
une armee. Mais Childeric, homme de hault courage, sans attendre
Clotaire, mena ses gens de guerre et chevaliers à l'encontre de
Amaulry, lequel congnoissant ce que luy preparoit Childebert,
assembla la plus grant puissance que luy fut possible par terre
et par mer pour se deffendre et garder. Les Françoys approchans,
impetueusement accoururent dessus luy et combien qu'il fust
oindre en nombre de gens d'armes, toutesvoyes en force avoit
fiché toute son esperance, de laquelle en premiere et excellente
vertu est veue victoire este souventesfoys achetee. Longuement
et asprement fut la batille [sic] en pareille force. Finablement
se rendirent les Gothz et fut la victoire du costé des
Françoys. »
GCF, liv. II,
chap. 5 (vol. 1, p. 116) : « li autre [Wisigoths]
[allaient] à la navie qui estoit seur le rivage. François
corurent au devant à ciaus qui fuioient vers la mer et les
firent arrieres retorner par force. En cele desconfiture fuioit
Amauris, pour sa vie garantir, à une eglise qui pas n'estoit
d'Arriens. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xr ne rapporte pas ce détail.
GCF, liv. II, chap. 5
(vol. 1, p. 116-117) : « Uns François qui
l'aperçut feri cheval des esperons après lui [Amalaric] ; d'une
lance le feri, quant il le pout ataindre, si durement que il le
rua mort. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xv : « Voyant ung chevalier
françoys que Almaury fuyot [sic], serra les esperons contre le
ventre de son roussin et de sa lance transpersa le
tyrant. »
GCF, liv. II, chap. 5
(vol. 1, p. 117) : « Quant li rois Childeberz sout que
Amauris fu ocis, il enchauça ses anemis jusques à la soveraine
desconfiture, puis vint jusques à la cité de Tholete. Li citeien
qui moult furent espoanté de la victoire que il ot eue, li
rendirent la cité assez tost après ce que il l'out assise ; touz
les tresors et les joiaus que il trova en la vile prist. Quant
il out sa sereur receue, il retorna en France : mais en ce que
il retornoit ele acoucha d'une maladie dont ele morut. Li rois
Childeberz, qui moult en fu dolenz, fist le cors atorner et
metre en un escrin. Quant il fu à Paris, il le fist metre delez
son pere le fort roi Clodovée en l'eglise Sainte
Geneveve. » [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. Xv : « Laquelle chose [la mort
d'Amalaric] congneue, le roy de France jusques amy Espaigne par
incredible diligence poursuivit les Gothz jusques à ce qu'il
arriva à Tollette, ville trés puissante sur la rive du fleuve
Tagus, laquelle assiege, et par les citoyans vigoureusement
deffendue, la print. Icelle prinse, la pilla et spolia de tous
les biens qui là estoient curieusement amasséz. Et par ce moyen
sa seur receue, et tantost qu'elle fut retournee de maladie
extincte et absorbee, la fist inhumer à Paris au sepulchre de
son pere. »
Sens obscur, forcé par la rime
équivoque : « ce que l'on tient pour vrai » ou « ce que l'on montre »
?
GCF, liv. II, chap. 5 (vol. 1, p. 117-118) : « Entre les
tresors que li rois [Childebert] aporta
d'Espaigne furent trové trop riche vaisel, qui apartiennent aus
offices de l'autel ; c'est à savoir LX kalices d'or trop riche
et trop precieus, XV plathenes et XX textes d'evangiles. Aucun
disoient que il avoient esté des joiaus le roi Salemon, car il
estoient de fin or esmeré et aorné de très riches pierres
precieuses d'ovre triphoire. Mais covoitise ne pout ainques le
roi à ce mener que il en vousist nul retenir, ainz les departi
touz à diverses eglises, come larges et liberaus. » [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. Xv : « Tous
les calices et sacrez vaisseaulx qu'il avoit
emporté de Tollette distribua aux eglises et lieux religieux de
son royaulme. »
Cette prise de distance finale est une originalité
de Cretin.
Non num.
BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.vingt.iie.
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 Sa
Aix419, Cha514 Leur
BnFfr17274 et benivolence
Aix419
et
benivolence
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 om.
BnFfr17274 enmene
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514, Vat966
emmena
BnFfr23145, BnFfr5299 ayd
Aix419 oyst
BnFfr5299 veoit ;
Cha514 veoyt
Vat966 venoit
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514
injurieux
Aix419 penser que
sçavoir
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514
cruel
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514
par
BnFfr17274 les aultres dedans
Aix419 laissay
BnFfr4967 laissez
BnFfr17274, BnFfr4967, Vat966 fuyte prendre ;
BnFfr23145, BnFfr5299 fuytte prandre ;
Aix419, Cha514 fuytte prendre
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514
desmarer
Aix419 desarmer
BnFfr23145 suivant il s'en
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Vat966, Cha514
Il