[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « Les
ennemis approuchant, myst le roy ses gens d'armes en
ordre. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p.
82) : « Au
matin leverent tuit ; li rois commanda que tuit fussent armé ;
ses batailles ordena moult bien et moult sagement, puis
chevauchierent en conroi contre leur anemis qui à bataille les
atendoient. »
Cretin insère ici un détail repris aux
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, 82) avant le récit du miracle de
Saint-Hilaire (voir la note du v. 3088).
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. IXr : « Tantost aprés y eut
cruelle bataille auprès du fleuve
Clain, au champ Vogledin, distant de cinq mieues de
Poytiers. » Les GCF, liv. I, chap. 22 (vol.
1, p. 82) ne donnent pas le lieu de la bataille de Vouillé : « Après
ce que li rois out doné signe de l'estor
commencier, François se ferirent en leur anemis engrés et ardant
de combatre. Forment se combatirent d'une part et d'autre, mais
à la parfin furent li Ghot desconfit ; les dos tornerent et
s'enfuirent, si com li signes l'avoit devant
segnefié. »
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. IXr : « Le roy [Clovis],
voyant Allaire entre les bataillans, seul le va assaillir. Le
gecta contre terre et l'occist. Ceste fut l afin de Allaire
aprés qu'il eut vscu en tyrannye l'espace de douze ans. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 82-83) : « Li
forz rois Clodovées se feri en la bataille là où il choisi le
roi Alaric ou plus dru de sa gent ; à lui se combati cors à cors
et l'abati à terre. Endementres que il le tenoit souz lui et il
le cerchoit par là où il le peust ferir à mort, dui Ghot le
hurterent es II costez de leur glaives, mais il ne le pourent
navrer, car la soveraine vertu et li hauberz le garantirent : le
roi Alaric ocist souz lui avant que il se remuast de la place.
En tel maniere out li rois victoire de ses anemis par l'aide de
Nostre Seigneur, come cil qui dou tout s'estoit mis en sa
garde. » Commence ensuite, dans les GCF,
liv. I, le chap. 23 (vol. 1, p. 83) : « Li rois Alaris regna
XII anz. »
La fuite
des Wisigoths est une originalité de Cretin.
[Nicolas de
La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « Tantost
aprés Clovis rendit ceste victoire plus
excellente. Son filz, Theodore, avecques l'armee envoya à la
province de Narbonne, par la conduycte duquel le pays de
Languedoc mist les Auvergnastz en l'obeissance du roy son pere,
loquel ors passoit son hyver à Bordeaulx. »
GCF,
liv. I, chap. 23 (vol. 1, p. 83) : « Après
ce que il [Alaric] fu ocis et ses oz desconfiz, si com vous avez
oï, li forz rois Clodovées envoia un sien fil, qui avoit non
Theoderis, o tout grant ost aus soveraines parties de son regne.
Il cercha toute la Province, et souzmist à la seigneurie son
pere touz les Rodais, les Caorsins et les Auvergnaz. Il retorna
glorieus vainquerres ; à son pere vint, qui lors yvernoit en la
cité de Bordiaus. » La forme du nom du fils de Clovis
privilégiée par Cretin, « Thierry » (v. 3131), n'est pas
celle des éditions anciennes des GCF, qui toutes ont «
Theodores » (Bonhomme, vol. 1, vue 43a ; Vérard, vol. 1, fol.
XIVva ; Eustace, vol. 1, fol. XIra).
Alors que les deux termes sont souvent synonymes, Cretin semble distinguer le cœur, qui
renvoie à une disposition permanente, du courage, qui est un
sentiment ou une disposition ponctuelle.
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « Par
quoy le printemps venu, se transporta à Thouloze où
estoient gardéz les tresors de Allaire, lesqelz prins et pillez,
assaillit les aultres villes que les Gothz tenoient en
garnison ». GCF, liv. I, chap. 23 (vol. 1,
p. 83-84) : « Quant li yvers fu passez et li prinstens revenuz,
li rois s'en ala à Tholouse, là prist les tresors qui orent esté
le roi Alaric. »
GCF, liv. I, chap. 23 (vol. 1, p.
83-84) : « De là s'en ala à la cité d'Angoulesme. Li mur de la
vile trebuchierent en son avenement, sanz nule force, par la
volenté Nostre Seigneur ; en la cité entra, tuit li Ghot qui
laienz furent trové furent mis à l'espée. » L'édition de
Pasquier Bonhomme (1476-1477), vol. 1, vue 43a qu'utilise
vraisemblablement Cretin transcrit : « la cité d'Amon » ; de
même, l'édition Vérard (1493), vol. 1, fol. XIVvb : « la
cité d'Amon » ; l'édition Eustace (1514), vol. 1, fol.
XIra : « la cité d'Amon ». Quant à [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. IXr il ignore cet épisode.
Cretin insiste davantage que les
GCF sur le caractère miraculeux de la prise de cette ville, mais
pas plus qu'elle il ne rend explicite l'assimilation de Clovis à Josué
devant Jéricho (Josué 6 : 1-21).
[Nicolas
de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « et
en icelles [les villes prises par Clovis aux
Wisigoths] les ennemis troublés de toutes pars, [Clovis] mist
garnison de Françoys. Les choses en ceste maniere paisibles,
... »
GCF, liv. I, chap. 23 (vol. 1, p. 84)
: « Par
toutes les voisines citez ocist ausi touz ses adversaires et les
garnis de sa gent. Quant il out tout le païs conquis, les citez
et les chastiaus garniz et les choses ordenées,
... »
GCF, liv. I,
chap. 23 (vol. 1, p. 84) : « il [Clovi] vint à Tors. Là
vindrent à lui li message Anastasie l'emperor de Costantinoble,
qui li aporterent presenz de par leur seigneur et epistres dont
la sentence estoit tele, que il plaisoit à l'empereor et aus
senators que il fust amis de l'Empire, patrices et conseillieres
des Romains. Quant li rois out ces lettres leues, il s'apareilla
de robe de senator que li empereres li avoit envoié ». [Nicolas de
La Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « s'en
alla le roy [Clovis] ) Tours, où il trouva
les ambassadeurs de Anastase, bizantin empereur, lesquelz il
escouta parler, luy offrans au nom de l'empereur amityé et
office de conseiller rommain, duquel honneur le roy vestu,
... »
Cretin prend plaisir à
amplifier une scène qui fait de Clovis un notable de l'Empire romain
distribuant largement des aumônes, à l'instar de certains empereurs.
GCF, liv. I, chap. 23 (vol. 1, p. 84) : « seur un
destrier [Clovis] monta, si ala en une large
place qui siet entre l'eglise Saint Martin et la cité ; là
dona granz dons au pople. Puis ce, jor ne fu que il ne fust
apelez conseillierres et augustes. » [Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. IXr : « [Clovis]
monta dessus ung cheval, s'en alla en ung plain champ qui lors
estoit entre l'eglise Sainct Martin et Tours où il respandit divers
dons au peuple, tous crians à haulte voix : « Bien soit au roy
et conseiller rommain
! » »
GCF, liv.
I, chap. 23 (vol. 1, p. 84) : « C souz envoia pour raiembre son
cheval que il avoit envoié pour offrendre à la fiertre Saint Martin
ovec mainz autres dons. Cil qui là furent envoié ne pourent le
cheval movoir de la place. Quant li rois sout ce, il commanda que
autres C souz fussent offert ; ce fu fait ; le cheval en ramenerent
legierement, dont li rois dist une parole ausi come par moquois : « Sains
Martin, dist-il, est bons aidierres au
besoing, mais il veut bien estre paiez. » »
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes Chroniques,
fol. IXr : « En aprés, ayant recordation du cheval dont
voulentiers il usoit es batailles qu'il avoit par son veu dedyé à
sainct Martin, le commanda racheter par grand nombre de pecune. Mais
voyant que l'on ne le pouoit mouvoir, commanda adjouxter cent escuz,
que lors on appelloit soulz, avecques le premier pris. Et partant le
cheval receu, va dire : « Sainct Martin est bon adjuteur aux
negoces et
affaires, mais il vent cher son
loyer. » »
Dans le compte
rendu fait par les GCF, cette précision figure avant le
bon mot de Clovis (voir la note du v. 3226). Son déplacement, dans la Chronique
française, souligne le soin avec lequel Cretin conclut le plus
souvent ses chapitres, soit par une morale, soit par une anecdote ou un
bon mot comme c’est le cas ici. Une telle structuration étaye l’idée que
le texte était lu chapitre par chapitre devant un public courtisan, et
qu’il s’agissait de leur faire entendre quand la fin de la lecture
approchait.