De façon indûment orgueilleuse («
être sur ses ergots » signifie « être orgueilleux
»).>
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. VIIIv : « En ce mesmes temps, les
Gothz entrans par force au pays de Gaulle, une grant partie de
France occuppee, plusieurs estoient tenuz en l'héresie arrienne.
L'armee dressee à l'encontre d'eulx, Clovys avant que bouger
envoya des siens pour ambassadeur Perrin, homme prudent à
Alaire, prince des Gothz, estant en Acquitaine, pour luy parler
des choses estant de l'usage de l'ung et l'aultre roys. »
GCF, liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 76-77) : « Li
forz rois Clodovées fist bataille contre le roi Alaric, qui rois
estoit des Ghociens. La raison si fu pour ce que li Ghot, qui
estoient corrumpu de l'eresie Arriene, avoient les Borgoignons
ensuiz et soustenuz contre lui. Si avoient jà sesi et porpris de
France dès Loyre jusques aus monz de Pyrené. Autre cause i puet
on assigner por quoi la bataille fu ; car li fors rois Clodovées
avoit envoié au roi Alaric un sien message, qui avoit non
Paternes, pour traitier de pais et d'autres choses pour le
profit des II parties ; si li avoit mandé que il li feist
asavoir en quel lieu il vouroit que il assemblassent, et que li
rois Alaris touchast à la barbe le roi Clodovée, pour ce que il
fust ses fiuz adoptis selonc la coustume des anciens
rois. »
Cette remarque
est de Cretin.
L’opposition de la « bouche » et du « cœur » est proverbiale, pour
distinguer les propos (hypocrites) des pensées et intentions
réelles.
Cretin réécrit [Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. VIIIv : « Il convient du
jour et lieu pour faire parler les roys ensemble. Le temps
constitué et assigné auquel chascun viendroit sans armes,
... »
GCF, liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 77)
: « Quant
li mes fu lç venuz et il out sa besoigne proposée, li rois
Alaris respondi que il ne faudroit mie à son seigneur de
parlement. Paternes li demanda se il vendroit à poi de gent ou à
plenté ; il respondi que il iroit à poi et privéement. Après li
demanda se li sien seroient armé ou desarmé ; il dist que il
seroient tuit desarmé, et que li leur fussent ausi sanz armes.
Arrieres retorna li mes, au roi conta la volenté Alaric et
comment il s'estoit acordé à venir au
parlement. »
La
reprise de ces deux vers dans le manuscrit
royal (mais aussi dans le manuscrit de Chantilly) vise probablement
à éviter que le pronom « eulx » ne se trouve juste avant la césure
du v. 2850 et reçoive de ce fait un accent de vers, ce qui
l'apparentrait à une césure lyrique, alors largement
proscrite.
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIIIv : « Clovys
prepara le chemin pour aller en
Acquitaine. Cependant, donna la charge à Perrin de soy enquerir
de quelz acoustremens usent les Gothz, lequel retourné à Alaire,
se trouva avecques tous ses gens portans chascun ung baston de
fer de bonne grosseur et pesanteur qui sembloit estre idoyne et
suffisant à frapper ou à jecter, laquelle trahison Perrin
prudentement congnoissant et considerant, ... »
GCF,
liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 77-78) : « Li
rois vint en Aquitaine ; mais avant que il alast au lieu où li
parlemenz devoit estre, il envoia arieres Paterne le devant di
message, por enquerre de quel habit li Ghocien usoient, et
comment il s'apareilloient à venir contre lui. Là vint li mes ;
tandis com il parloit au roi Alaric, il senti et s'aperçut que
il portoit en sa main une verge de fer en lieu de baston,
d'autel quantité come le contreespoial d'un huis, autel le
portoit chascuns de ciaus qui ovec lui
estoient. »
[Nicolas
de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. VIIIv : « print [Perrin] la
main
du roy et l'admonnesta de sa promesse... »
GCF,
liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 78) : « Paternes prist Alaric
parmi la main, et li dist : « O tu, rois, que t'a meffait mes
sires et li
François, qui nous cuides ensi decevoir par ta malice et
par ta traïson ? »... »
Cette prise
de parole est une invention de Cretin.
[Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. VIIIv : « lequel [Alaric]
dissimulant ceste fraulde de tout son pouoir, mussa la
trahition. »
GCF, liv. I, chap. 21 (vol. 1,
p. 78) : « Li
rois li respondi que à ce ne pensoit il pas, et que nul mal n'i
entendoit. Paternes disoit encontre que si fesoit. Paroles i out
et tençons ». Cretin ignore la suite de l'épisode tel que
le racontent ses deux sources principales, lesquelles font intervenir le
roi Thierry d'Italie. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. VIIIv : « »Finablement, Perrin persistant
en suspition, va dire à Alaire qu'il est content que la question et
controverse d'entre luy et le roy de France soit rapportée à Thierry roy
de Italie, pour par luy en decider et determiner. Aprés que on est venu
devant Thierry et qu'il a congneu la cause, renvoyant les parties
litigieuses en Acquitaine, commanda à Perrin monter en une haulte tour
qu'il luy monstroit. En laquelle monté, tiendroit une hache dressee
debout, et les Gothz ne cesseroient de getter monnoye à ceste hache
toute couverte, lequel jugement n'acepterent les Gothz...
GCF, liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 78) : « en la fin
s'acorderent à ce que la querele fust terminée par le jugement le
roi Thierri d'Ytalie, dont nous avons desus parlé. Li dui roi
envoierent ler mes au jugement. Quant li rois Thierris out la cause
de l'une partie et de l'autre cogneue, il dist par droit jugement
que li messages le roi de France monteroit seur un cheval, une lance
droite tendroit en sa main devant les portes dou palais le roi
Alaric, seur laquelle li rois Alaris et li Gocien geteroient tant de
deniers d'argent, que la pointe de la lance seroit toute coverte, et
que li rois Clodovées et li François auroient touz ces deniers. Li
mes retornerent ; ils raporterent le jugement le roi Thierri, que
tuit li François loerent ; il ne plut pas aus Ghociens, car ils
distrent que il ne porroient pas finer de si grant some de
deniers. »
[Nicolas de La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. VIIIv : « Mais
[les Wisigoths] indignez se mocquerent de Perrin,
car luy estant couché en sa chambrette, rompirent aucunes pieces
de boys du plancer, et comme ilz eussent couvert le peril de
tappiz qu'ilz avoient gettez dessus, la nuyt ensuyvant se leva
Perrin pour purger son ventre et de l'eschauffault que les Gothz
avoient fait trebuchant, se rompit ung bras, le demourant du
corps griefvement froissé. »
GCF, liv. I, chap. 21
(vol. 1, p. 78-79) : « Il
[les Wisigoths] ne se tindrent pas atant que il ne feissent
vilenie au message le roi ; car endementiers que il aloit une
nuit dormir en un solier d'une maison, il errachierent
l'entablement qui estoit devant son lit. Cil, qui pas ce ne
savoit, se leva par nuit pour aler à necessité ; il chaï parmi
la fraite si radement, que il out un des braz bruisiez, et fu si
groissiez en autre partie dou cors, que à poi que il n'en
morut. »
Il faut comprendre : « Qui lui ont fait
payer cher sa venue ».
Cette
interprétation est de Cretin.
Personnage allégorique commun,
incarnation de l’hypocrisie. La présence de ce personnage fictionnel
allégorique, avec ceux des vers. 2930 et 2931, indique (s'il en
était besoin, avec l'expressivité de la ponctuation), que Cretin a
ici basculé dans un autre mode d'écriture que l'historiographie :
celui de l'édification morale et politique.
Adverbe signifiant "en outre" en latin, ici employé
comme un substantif, synonyme de "digression".
Cette lamentation est de
Cretin.
[Nicolas de La Chesnaye], Les
Grandes Chroniques, fol. VIIIv : « De ceste injure Perrin
offensé, denonça au roy
Clovys les traistres et desloyalles meurs des Gothz, pour raison
de quoy, irrité, son conseil assembla sur la violence faicte à
son ambassadeur et commanda faire marcher son armee contre les
ennemys. »
GCF, liv. I, chap. 21 (vol. 1, p. 79) : « Au
roi
Clodovée retorna au mieuz et au plus tost que il pout, tout
raconta comment les choses estoient avenues, et puis se
complainst dou grief que li Ghoicien li avoient fait. Li rois,
qui pas ne vout que la venjance de ceste injure fust
pourloignié, car moult estoit correciez de la honte et dou grief
que on avoit fet à son mes, assembla ses oz. »
La
condamnation des pillages par les armées est un lieu commun des récits
de batailles et des dénonciations des guerres, parce que les armées,
ennemies ou alliées, étaient souvent contraintes de trouver de quoi
subsister sur place, faute de ressources suffisantes dont diposent les
princes pour la guerre. On la retrouve du
Quadrilogue Invectif
d’Alain Chartier ((
Chartier, 2011)) à l’épître en prose de Clément Marot ((
Marot, 1990 et
1993)), en passant par les écrits de Jean Molinet ((
Molinet, 1937-1939)) tels que le
Temple de Mars (p. 72-73, v. 209-216), la
Ressource du petit peuple (p. 144, v. 113-120) ou encore le
Dictier a Monseigneur le conte
de Nassau (p. 253, v. 49-64) ou de Jean Marot, dans
Le
Voyage de Gênes ((
Marot, 1974)[1506]), v. 703-714 et (
Marot, 1977)
[1509], v. 2800-2826. Cretin la formule à nouveau au v. 4810 du liv. I, dans le
liv. II, v. 3606-3617, ainsi que dans le livre IV, v. 1435-1438. Déjà,
dans
Le
Voyage de Venise de Jean Marot, la prévention des
pillages reposait sur un bon choix de capitaines (v. 686-698).
L'expression figée, basée sur les peuples bibliques
conduits par Satan contre Jérusalem, est ici remotivée par Cretin qui
fait des « Gotz » le peuple traître d'Alaric. Il confère ce faisant
une légitimité divine à la guerre de Clovis, d'ores et déjà érigé comme
un parangon de la chrétienté.
Cette longue description des
préparatifs guerriers est une originalité de Cretin, peut-être inspirée
par le passage correspondant dans les GCF, liv. I, chap.
21 (vol. 1, p. 79-80), que Cretin réécrit plus clairement au chapitre
suivant (voir la note du v. 3041).
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966
icy
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.seiziesme.
BnFfr23145, BnFfr5299 tindrent
BnFfr17274, BnFfr5299, BnFfr4967, BnFfr23145, Aix419
voullant ;
Cha514, Vat966 voulant
BnFfr17274 Gotz renvoye
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 Gotz
renvoie ;
Cha514 Gotz renvoye
Aix419 Gotz envoye
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 telle
BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 Car chacun d'eulx verge
de fer pesante ;
BnFfr17274, BnFfr23145 Car chacun
d'eulx verge d de fer pesante ;
Aix419 Car chacun d'eux verge de fer pesante
Cha514 Veu que ung chacun verge de fer pesante
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514
Tenoit
BnFfr23145 Est ce
BnFfr4967 Assez
BnFfr4967 seigneur ;
BnFfr23145
Seigneur
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514
sorte
BnFfr17274 quanailles
BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Aix419, Vat966, Cha514
canailles
Aix419 se efforce
Vat966 s'efforce
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514
fust
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514
partie
BnFfr4967, BnFfr5299 comme
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514
à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 pierres
et
BnFfr4967 pierre et
BnFfr23145 fust averee par luy averee
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Aix419, Cha514
ce
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 ceulx
BnFfr17274, Cha514 Vivres
BnFfr17274, Aix419, Cha514 les
BnFfr17274, Aix419, Cha514 Sur
BnFfr23145, Aix419 hallebardes
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514
qu'il ;
Aix419
qu'il