Livre II - Chapitre 33
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Fueił
§Si le propos ne nous eſt ennuyeux [4990]A Theodorich verrons femme eſpouſee Et puys apres matiere diſpoſee Que quatre roys le tiendront odieux.
§ Chapitre. xxxiii.
Theodorich eſpouſa la fille au roy deſpaigne.Fueił milestoneAPres mener le train et ſot meſnaige De vil / meſchant / et oꝛd concubinaige [4995]Ou fut long temps detenu Theodoꝛich Il enuoya demander a Bertrich Pour loꝛs eſtant roy paiſible deſpaigne Sa fille aiſnee Hermenberge / a compaigne Ce que a plaiſir / ioye / et bon gꝛe obtint /. [5000]Et ſi vng temps / pour bien chere la tint Et a bon vueil fut de par luy receue Le pere auſſi / plaiſante en eut liſſue Comme eſperant eſtre a homme loyal Confedere / par lyen filial [5005]Et veoir ſa fille appariee / a tiltre Comble dhonneur /. Mais / ainſi quon fait tiſtre Malheur futur / ſans le croire aduenir Douleur pour ioye / eurent en ſouuenir Voire tous deux et la fille et le pere [5010]Par entremetz dennuyeux impꝛopere /. Car nonpourtant que a lencommancement Ce Theodoꝛich la receuſt doulcement A pompe / gloire / et feſte ſollempnelle Et quelques iours euſt gꝛand amour en elle [5015]Si fut depuys / par ne ſcay quel enhoꝛt Le doulx recueil ſoudain mue en oꝛd Departement / Ainſi que foꝛcerie
Bertrich / du retour de ſa fille / ſe veult venger de Theodorich. Denchantement et vile bꝛaſſerie Affollent gentz /. ſi foꝛt le deſuoya [5020]Que vers ſon pere a tant la renuoya En tel eſtat quelle vint / Comme celle Vierge au venir / et au retour pucelle §milestoneLe roy Bertrich dolent de ce retour Delibera luy faire vng autre tour [5025]Pour ce tranſmiſt (uers Clotaire) meſſaiges Laduertiſſant / que veuz tant de paſſaiges Ou Theodoꝛich luy auoit tenu toꝛt Sil luy plaiſoit eſtre de ſon accoꝛd Facilement de toute iniure ancienne [5030] Se vengeroit / comme luy / de la ſienne §De ce rappoꝛt / fut Clotaire ioyeux Comme celluy qui ne demandoit mieulx Et dit / ſi guerre en ce cas appareille Que de ſa part yꝛa pour la pareille /. [5035]Les meſſaigiers coururent de ce pas Vers Theodebert / qui moins nen ouffrit pas Car en ſon cueur auoit touſiours quelcune Suſpiction de ſecrete rancune §De la partans / paſſerent les deſtroictz [5040] De Alpes et montz /. affin que auecq ces trois Fuſt ioinct Agon le roy de Lombardie Le quel monſtrant poꝛter chere hardie
Theodorich fait guerre contre ſon frere Theodebert. Fueił Luy accoꝛda ſe alier et vnir Aux autres trois / pour Theodoꝛich pugnir [5045]Bien eſperant acquerir en lauance Bꝛuyt / loz / credit / gꝛos honneur et cheuance /. Son blanc ſcelle / loꝛs receu par iceulx Ambaſſadeurs ne furent pareſſeux Car vng chaſcun / de gaigner pays ſongne [5050] Penſans foꝛt bien auoir fait la beſongne /. Si ne tourna leur ambaſſade / a poꝛt De gꝛand effect /. Car tantoſt le rappoꝛt A Theodoꝛich / fut fait des aliances Aux quatre roys /. et de leurs malueillances [5055]Dont dennuiz gꝛandz / et doubteux receut maintz milestoneNon ſans raiſon on doubte bien pour moins §Quatre contre vng menans telle pꝛacticque Cauſent aſſez rendꝛe homme fantaſticque /. Loꝛs congnoiſſant que a toute enfermete [5060]Vertu / touſiours / ſe monſtre en fermete De ſeur pꝛopos /. Il pꝛint foꝛce et couraige Contre tempeſte aduancer quelque oꝛaige Soubz eſpoir tel que les roys ſi loingtains Seroient ſecours aux autres incertains [5065]Si miſt gentz ſus /. et tant en leua / que armes Y eut aſſez / pour faire gꝛandz vacarmes §milestoneLoꝛs Theodebert / eſperant veoir marcher
Conuenances de faire paix entre Theodorich et Theodebert freres. Les autres trois /. ſe aduanca de chercher Son frere / aux champs /. et ſus point de combatre [5070]Quil ne reſtoit / ſans plus / que armetz abatre Deuant le nez / pour en ardeur de cueur Penſer ſe veoir / non vaincu / mais vaincueur /. Pꝛeſtz de charger lun lautre / et coucher lances Les gentz de bien / au poix de leurs balances [5075] Peſans le faix du peril euident Pendu au fil de moꝛtel accident Sceurent ſi bien perſuader a layſe Quil fut conclud / les freres / A falayſe Pꝛomectre aller a peu gentz / pour traicter [5080]Finale paix / ſans riens y retracter §milestoneOꝛ Theodoꝛich / a la beſongne empꝛiſe Ne mena / foꝛs / dix mil hommes de pꝛiſe Mais Theodebert / beaucoup plus largement Pꝛiſt quant et luy / pour faire changement [5085]De paix / a guerre /. et rendꝛe amour extaincte Sil naduenoit au poinct de ſon attaincte Se Theodoꝛich fut craintif / veu leffoꝛt / Du frere ſien ſe monſtrant le plus foꝛt Cela ne fault ia ramener a doubte [5090]Car pour certain / de la beſongne toute Faictz / et moyens des articles comptez Il fut contrainct luy laiſſer deux comtez
Theodorich eſcript/a Clotaire pour faire guerre a Theodebert /.Fueił Ceſtaſſauoir Tourraine auecq Champaigne §Quoy que depuys en plumaſt la chaſtaigne [5095]Si empongna ces loppins / pour ſes dez Et ſa chandelle /. Oꝛ les pays cedez Paix ſe accoꝛda au gꝛe dune partie Mais non de lautre /. Et a la departie Par le pays en volla tel renom [5100]Quon diſoit lun content / et lautre nom Comme apparut / lan quinze / de leurs regnes Car Theodoꝛich laſcha bꝛides et reſnes De lalteree ardante paſſion En quoy mectoit ſon occupaſſion [5105]§milestoneDepuys le iour de ceſte paix contraincte En ſa penſee eut fantaſie eſtraincte Et ne faiſoit iour et nuict que penſer Comme il pourroit ſe bien reſcompenſer Et ſus ſon frere a belle guerre ouuerte [5110]Auoir ſoudain ſa perte recouuerte Pource enuoya a Clotaire vng reſcript Tel a peu pꝛes quil eſt icy eſcript /. § Si ie ſcauoye / O tu roy magnanime Que a vng deſir / qui le cueur mien anime [5115] Voulſiſſes ia oꝛes obtemperer Et pour vng temps tes foꝛces temperer Si que de toy euſſe ferme aſſeurance
Le contenu des lectres de Theodorich a Clotaire. Mon hayneux frere / eſtre hoꝛs deſperance De ta faueur / ayde poꝛt / et ſecours [5120] Armes pꝛendꝛoye / et rendꝛoye en ce cours Vers le dieu Mars ſi gꝛand tribut de hommaige Que lintereſt / de ma perte et dommaige Se trouueroit tantoſt reſcompenſe Et mauldiroit lheure dauoir penſe [5125] Tant me gꝛeuer / quant oncqueſmais pꝛint erres Pour me tollir telle part / de mes terres /. Gꝛand toꝛt me tient /. dont ie croy que pꝛou ſcez Le demene de tout noſtre pꝛoces /. Tu as credit / en acte dꝛoit et iuſte [5130] Te demonſtrer / comme vng Ceſar auguſte /. Tu as renom aymer gentz dequite Et ceulx hayꝛ rempliz diniquite /. Ie te ſupply a ce que tu depoꝛtes Et que ſuppoꝛt a ceſtuy la ne poꝛtes [5135] Que congnois terre / oultre ſa part tenir Qui ne luy peult et doibt appartenir En quoy faiſant / ſi lheur meſt ſi notoire Que contre luy puiſſe obtenir victoire Receu de toy ce gꝛacieux octroy [5140] Ie te pꝛomectz en parolle de roy Et foy de pꝛince / aloꝛs te faire rendꝛe Ce que ſus toy a oze entrepꝛendꝛe
Reſponſe de Clotaire a Theodorich.Fueił Et ſans raiſon furtiuement tollu /. §milestoneIncontinent / que Clotaire eut tout leu [5145]Ledit eſcript et la creance dicte Sus lheure fiſt reſponſe aſſez ſubite Diſant nauoir a ſon intention Foꝛt ſempeſcher de ceſte queſtion Et nentendoit au frere faire auance [5150]D aulcun ſuppoꝛt / qui luy poꝛtaſt gꝛeuance Et pour donner (a ſon eſpꝛit ) repos Lectres luy fiſt ſus ce meſme pꝛopos §milestoneEn ſainctete de vie / loꝛs vng homme Moult floꝛiſſoit / que Colombain on nomme [5155]Ceſt luy que fiſt Bꝛunechilde exiller Au par auant /. Il voulut conſeiller Le roy Clotaire / a ce que ſus ſa vie Neuſt de la guerre (aux deux freres) enuie Soy empeſcher / et quil ſe tint tout ſeur [5160]Eſtre en bꝛiefz iours leur hoir et ſucceſſeur /. Cela fut cauſe / Ainſi le peult on dire Quil differa la requeſte eſcondire Et ayma mieulx entre deux eaux naiger Que aydera lun / pour lautre endommaiger [5165]§milestoneOꝛ Theodoꝛich / aſſeure celluy eſtre Delibere ſeiourner en ſon eſtre Sans donner ayde (a ſon frere) et ſuppoꝛt /
Theodebert mys en fuyte par Theodorich. De ſon armee oꝛdonna le tranſpoꝛt Langꝛes paſſa / Verdun / Toul /. et la contre [5170]Vint Theodebert en armes alencontre §milestoneMais queſt beſoing par motz iteratifz Coucher au long tous les pꝛeparatifz Qui furent faiz auant que ioindꝛe enſemble Ceſt bien aſſez / que a vng chaſcun en ſemble [5175]Ce quen tel cas on peult croire et penſer Et du ſurplus me faire diſpenſer Sans / pour bon gꝛain ſemer legieres pailles /. §milestone Suffiſe a tant / que deux gꝛoſſes batailles En moins dvn an / enſemble eurent ces deux [5180]Freres germains /. Par quoy le pꝛoces deulx Fait et parfait /. fut la part deſconfite De Theodebert /. et touſiours mys en fuyte. milestoneMais reſte vng cas digne a rememoꝛer Qui ne doibt pas en oubly demourer [5185]Et dont leſcript / fait mention expꝛeſſe /. Ceſt que au conflict y eut ſi foꝛte pꝛeſſe Et ſi tres pꝛes ioignirent combatans Que les coꝛps moꝛtz demourerent eſtantz Sus leurs cheuaulx / ſans ce que tumber ſceuſſent [5190]Tant que les vngs ſus autres la foꝛce euſſent Ainſi quon voit gentz a pie tranſpoꝛtez En gꝛoſſe flotte au loing eſtre empoꝛtez
Theodorich pourſuyt Theodebert fuyant.Fueił Quant chaſcun tend a clere veue et dꝛoicte Marcher deuant par quelque voye eſtroicte [5195]Ainſi en fut Iuſques lune des partz Se veiſt rompue. Aloꝛs par terre eſpars Tant eut doccis que toute la contree Piteuſement fut des coꝛps acouſtree §milestoneQuant Theodoꝛich congneut tel entremetz [5200]Eſtre a ſon frere /. Et quen fuyant par Metz Eſſaya veoir a ſon faict quelque alongne Allant gaigner la cite de Coulongne En le ſuyuant gaſta tout le pays Dont citoyens et peuples eſbahys [5205]Foꝛt contriſtez / deuers luy ſe plierent Et a gꝛandz cris et pleurs luy ſupplierent Que pour vng ſeul / ceſte communite Neuſt a ſouffrir telle inhumanite §Sur ce leur diſt / que pour terre conquere [5210]Nentrepꝛenoit faire ſi foꝛte guerre Mais ſus ſon frere auoit vng remoꝛs tel Quil lextimoit ſon ennemy moꝛtel Et qui vouldꝛoit ceſte male tempeſte Veoir appaiſer /. quon luy donnaſt ſa teſte [5215]Et que de tous moyens ceſtuy ſeroit Cauſe que tout leur malheur ceſſeroit §milestoneCeulx de Coulongne / Apꝛes reſponſe telle
La traytreuſe et vilaine mort de Theodebert. Vers Theodebert vſerent de cautelle Et des ce iour oſerent diſpoſer [5220]Publicquement deuant luy pꝛopoſer Se demourer / vouloit en pacience Que ſelon dieu / et bonne conſcience Des gꝛandz treſoꝛs paternelz quil tenoit Vne partie egale appartenoit [5225]A Theodoꝛich ſon frere /. Et pour paix faire Auecques luy / len debuoit ſatiſfaire Veu quil offroit doulcement ſen partir Se iuſte part luy vouloit departir §Penſant auoir doulx accoꝛd / et traictable [5230]Et leur parolle (en ce cas) eſtre eſtable Tous ſes treſoꝛs departir conſentit Dont de la moꝛt ſoudain le coup ſentit Car extimant que ſon frere fiſt offres De telle ſoꝛte /. alla ouurir ſes coffres [5235]Et ceulx mena dedans ſon cabinet Deſquelz penſoit faire ſon cas bien nect §Loꝛs empeſche a veoir bourſes et pouches Pour mectre a part pieces de bonnes touches En ſe baiſſant (non doubteux de ce coup) [5240]Vng des pꝛeſentz / ſans demourer beaucoup Ainſi que ardeur / par furie homme enteſte Tira ſon glayue / et luy trencha la teſte
Brunechilde occit les deux filz de Theodebert.Fueił Le quel coup fait / Aux murs de la cite Courut ſoudain / en la ferocite [5245]Dardante aigꝛeur et colere bouillante Tenāt leſpee en main / nue et ſanglante Et par les crins la teſte en lautre main Que alla gecter ce meurdꝛier inhumain A Theodoꝛich par deſſus la muraille [5250]Sans luy permectre honneur de funeraille §milestoneDe ceſte moꝛt oncques il ne monſtra Triſte ſemblant /. milestoneMais triumphant entra Dedans la ville /. et tantoſt fut ſaiſie Sans contredit aulcun toute Auſtraſie /. [5255]Loꝛs applicquant treſoꝛs a ſes pꝛouffitz Fiſt emmener quant et luy les deux filz Du frere occis / et vne ieune fille Auſſi leur ſeur / belle / doulce / et gentille Leſquelz deux filz (quon neuſt penſe iamais) [5260]Incontinent que arriuerent a Metz Ou Bꝛunechilde ( eſpꝛiſe au feu denuie) Les actendoit / furent pꝛiuez de vie milestoneEt de ſa main (par la diſcution De ce pꝛoces) fiſt lexecution [5265]Qui eſt vng cas a croire difficile Que femme fuſt ſi legiere et facile A cruaultez telles executer
Theodorich voulut eſpouſer ſa niepce. Et ſon ſang pꝛopꝛe ainſi perſecuter /. §Si ceſt menſonge ou pure tragedie [5270]Nafferme pas / Quoy que redige et die Ce neſt que apꝛes autres pluſieurs aucteurs Doncq ſe ie mentz / quon les tienne menteurs /. §Suyuons pꝛopos. milestoneTheodoꝛich loꝛs paiſible De tous les deux royaumes (ſans nuyſible [5275]Empeſchement) A Clotaire rendit Certain duche / par loy de ſeur edit Se recoꝛdant quen la choſe pꝛemiſe Bien ſe acquicta / ſelon ſa foy pꝛomiſe Touchant ſon frere / ainſi que auoit requis [5280]Car autrement a peine leuſt concquis §milestoneAinſi viuant / en repoz et a laiſe Sans recepuoir ennuy / qui luy deſplaiſe Fut Cupido / impꝛimant de ſon dard Par le trauers du ſien cueur / lecon de art [5285]Damour pongnant / qui lenflamma de celle Belle / courtoiſe / et honneſte pucelle Qui ſa niepce eſtoit /. Iuſqua poſer Ferme pꝛopos / de vouloir leſpouſer § Quant Bꝛunechilde (Ainſi quenuie excite [5290]Cueur feminin Maintint neſtre licite Bon ne decent / le veoir apparente A elle tant pꝛouchaine en parente
Theodorich cuyda tuer Brunechilde.Fueił Ains ſeroit tour deſhonneſte et infame Pꝛendꝛe la fille ( a ſon frere) pour femme [5295]milestoneLoꝛs deſplaiſant et deſpit / par fureur Luy diſt ces motz / pleins de moꝛtelle aigꝛeur /. Femme haye et de dieu / et du monde Qui ouuriroit de ton faulx cueur la bonde On trouueroit cent mil cas exceſſifz /. [5300] Ne mas tu dit /. que Theodebert occis Eſtoit baſtard /. et riens ne mattenoit Et que vng galand iardinier maintenoit Par adultere (en ieunes ans) ma mere /. Triſteſſe poꝛte angoiſſeuſe et amere [5305] Dauoir ainſi mon frere fait mourir /. Ceſtuy neſt ſeul que tu as fait meurdꝛir /. O deſloyalle A tout mal occuppee Oꝛes ſcauras ſi a poincte deſpee Mon dextre bꝛaz ſcaura eſtre vainqueur [5310] Du tien cruel / vilain / laſche / et vain cueur §Cela diſant / ſeffoꝛca de luy mectre Leſpee au coꝛps / qui leuſt voulu permectre /. Loꝛs gentz de bien et couraiges piteux Pour la ſauluer ſe miſrent entre deux [5315]Et ce pendant / quelque homme en ce pas ſaige Soudaindement / luy fiſt voye et paſſaige Dont eſuita ce perilleux dangier
Brunechilde fiſt par poyſon mourir Theodorich. milestoneMais toſt apꝛes eſmeue a ſe vanger Ainſi quon voit femme vindicatiue [5320]A mal exploict curieuſe et haſtifue Ne faillit pas bꝛaſſer la mixtion De venimeuſe amere potion Et pꝛacticqua de ſoꝛte foꝛt ſauuaige Aulcuns pꝛiuez du roy / pour ce bꝛuuaige [5325] Luy faire boire /. vng iour ſoꝛtant du baing Ce que fut fait /. dont il mourut ſoudain § Aulcuns pourtant (comme en pꝛopos on entre) Ont dit / ſa fin / eſtre dun flux de ventre Apꝛes quil eut regne dix et huyt ans. [5330]§Laiſſons la doubte / aux maiſtres diſputans Fuſt par poiſon / ou flux / Il eſt notoire Quil deceda /. milestoneDoncques au roy Clotaire Cheut le royaume entier /. A autre non Ainſi que aduint au pꝛemier de ce nom [5335] §milestoneOꝛ auons dit et teu depuys Clotaire Ce que a ſemble bon eſtre a dire et taire Car il ſuffiſt tant milestonedu bel et du let Cueillir ſans plus / la creme ſus le laict. Et pour autant que noſtre pꝛeſent liure [5340]A commance ſus lun / Loffre ſe liure Mectre icy fin / pour commancer le tiers A lautre auſſi /. ce que fais voluntiers
Concluſion et fin de ce volume.Fueił Car mes eſpꝛitz demandent repoſee Par quoy la plume au ſeiour ay poſee [5345]Excuſez doncq elle & eulx /. Ceſt ce que ont / Mys par eſcript / du volume ſecond.
: mieulx. que. pis :-
fin
du ſecond
uolume des cronicques
de
france :-:-
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§Si le propos ne nous est ennuyeux, [4990]À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
verrons femme espousee, Et puys+par [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] aprés, matiere disposee Que quatre roys le tiendront+tiennent [BnFfr23146] odïeux.
§ Chapitre xxxiii+Chapitre xxxiiii me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappittre xxxiiiie [Aix419]Chapitre xxxiiiie [BnFfr17274]Chapittre .xxxiiiie. [Cha515]
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
espousa la fille au roy d'Espaigne milestoneAprés mener le train et sot mesnaige De vil, meschant et ord concubinaige, [4995]Où fut longtemps detenu TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, Il envoya demander à BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, Pour lors estant roy paisible d'Espaigne, Sa fille aisnee, HermenbergeErmenberge (VIe siècle — 607) Princesse Wisigothe (?-?)
Reine des Francs (?-?)
Princesse wisigothe, femme de Théodoric II, à compaigne, Ce que à plaisir, joye et bon gré obtint. [5000]Et si, ung temps, pour bien chere la tint, Et à bon vueil fut de par luy receue, Le pere aussi plaisante en eut l'issue, Comme esperant estre à homme loyal Confederé+Confederee [BnFfr17274], par lÿen filïal, [5005]Et veoir sa fille apparïee à tiltre Comblé d'honneur. Mais ainsi qu'on fait tistre Malheur futur sans le croire advenir, Douleur pour joye eurent en souvenir Voire tous deux, et la fille et le pere, [5010]Par entremetz d'ennuyeux impropere+improperes [BnFfr23146]. Car non pourtant que à l'encommancement+le
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
la receust doulcement, À pompe, gloire et feste sollempnelle, Et quelques jours eust grand amour en elle, [5015]Si fut depuys, par ne sçay quel enhort, Le doulx recueil soudain müé+müer [BnFfr23146] en ord De partement, ainsi que forcerie+sorcerye [Cha515]
BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, du retour de sa fille, se veult venger de TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
D'enchantement et vile brasserie Affollent gentz. Si fort le+se [BnFfr4964, BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]om. [Aix419] desvoya [5020]Que vers son pere, à tant, la+le [BnFfr17274] renvoya En tel estat qu'elle vint+vit [BnFfr23146], comme celle Vierge au venir et au retour pucelle+plus celle [BnFfr4965]1. §milestoneLe roy BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, dolent de ce+se [BnFfr23146] retour, Delibera luy faire ung autre tour. [5025]Pour ce, transmist vers ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
messaiges L'advertissant que, veuz+veu que [BnFfr4965]que [BnFfr17274] tant de passaiges Où TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
luy avoit tenu tort, S'il luy plaisoit estre de+om. [BnFfr4965] son accord, Facilement, de+de [BnFfr17274]om. [BnFfr23146] toute+l' [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] injure ancienne [5030]Se+Le [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] vengeroit, comme luy de la sienne. §De ce rapport, fut ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
joyeux Comme celluy qui ne demandoit +pas [BnFfr4964] mieulx. Et dit, si guerre en ce cas appareille, Que de sa part yra pour la pareille. [5035]Les messaigiers coururent de ce pas Vers TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, qui moins n'en ouffrit pas, Car en son cueur avoit tousjours quelc'une Suspictïon de secrete rancune. §De là partans, passerent les destroictz [5040]De+Des [BnFfr23146] Alpes et montz, affin que avecq ces+ses [BnFfr23146] trois Fust joinct AgonAgilulf (VIe siècle — 616) Roi lombard, le roy de Lombardie. Lequel, monstrant+Le demonstrant [BnFfr17274] porter chere hardie,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
fait guerre contre son frere TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Luy+Leur [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146] accorda se alïer et unir Aux autres trois, pour TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
pugnir, [5045]Bien esperant acquerir en l'avance Bruyt, loz, credit, gros honneur et chevance. Son blanc scellé+seller [BnFfr23146], lors receu par iceulx, Ambassadeurs ne furent paresseux, Car ung chascun de gaigner paÿs songne, [5050]Pensans+Pensant [BnFfr17274, BnFfr23146] fort bien avoir fait la besongne. Si ne tourna leur+leurs [BnFfr23146] ambassade à port De grand effect, car tantost le rapport, À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, fut fait des alïances Aux quatre roys et+om. [BnFfr23146] de leurs+leur [BnFfr17274] malveillances+malveillance [BnFfr23146], [5055]Dont, d'ennuiz grandz et doubteux, receut maintz+moins [BnFfr23146]2, milestoneNon sans raison+om. [Aix419]. On doubte bien pour moins. §Quatre contre ung, menans telle practicque, Causent assez rendre homme+l'homme estre [BnFfr4965]randre l'homme [BnFfr23146] fantasticque. Lors, congnoissant+congnoissans [Aix419] que à toute enfermeté [5060]Vertu tousjours se monstre en fermeté De seur propos, il print force et +
Fils de Childebert II, esperant veoir marcher
Convenances de faire paix entre TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
et TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II freres Les autres trois, se advança de chercher Son frere aux champs. Et sus point de combatre [5070]Qu'il ne restoit, sans plus, que armetz+armect [Aix419]armes [BnFfr17274] abatre Devant le+les [BnFfr23146] nez, pour en ardeur de cueur Penser se veoir+Estre ce jour [BnFfr4965, BnFfr17274]Estre se jour [BnFfr23146] non vaincu mais vaincueur, Prestz de charger l'un l'autre et coucher lances, Les gentz de bien, au poix+aupres [Cha515]au pres [BnFfr4964] de leurs+leur [BnFfr23146] balances, [5075] Pesans+Pensans [BnFfr23146] le faix+fesz [Aix419]fusz [BnFfr23146] du+de [BnFfr23146] peril evident,+om. [BnFfr17274] Pendu au fil de mortel accident, Sceurent si bien persüader à l'ayse Qu'il fut conclud les freres, à Falayse, Promectre aller à peu gentz, pour traicter [5080]Finale paix, sans riens+ren [BnFfr23146] y retracter4. §milestoneOr, TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, à la besongne emprise, Ne mena fors dix mil hommes+homme [BnFfr17274]homme [BnFfr23146] de prise. Mais TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, beaucoup plus largement, Prist quant et5 luy pour faire changement [5085]De paix à guerre, et rendre amour extaincte, S'il n'advenoit au poinct de son attaincte. Se+Ce [BnFfr4965] TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
fut craintif, veu l'effort Du frere sien, se monstrant le plus fort, Cela ne fault ja ramener à+en [BnFfr23146] doubte. [5090]Car pour certain de la besongne toute, Faictz et moyens des articles comptez, Il fut contrainct luy laisser deux comtez,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
escript à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
pour faire guerre à TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II C'est assavoir Tourraine avecq+et [BnFfr17274]avecque [BnFfr23146] Champaigne. §Quoy que depuys en plumast la chastaigne+le chastrage [BnFfr23146]6, [5095]Si empongna ces loppins pour ses dez Et sa chandelle7. Or, les paÿs cedez, Paix se accorda au gré d'une partie, Mais non de l'autre. Et à la departie, Par le paÿs, en volla tel renom [5100]Qu'on disoit l'un content et l'autre nom+non [Aix419, BnFfr17274], Comme apparut l'an quinze+xve [BnFfr23146] de leurs regnes+leurs regnes [BnFfr17274]leur resne [BnFfr23146], Car TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
lascha brides et resnes De l'alteree ardante passïon En quoy mectoit son occupassïon8. [5105]§milestoneDepuys le jour de ceste paix contraincte, En sa pensee eut fantasie estraincte, Et ne faisoit jour et nuict+nuit et jour [BnFfr23146] que penser Comme il pourroit se bien+bien se [BnFfr4965]ce bien [Aix419] rescompenser, Et sus son frere à belle guerre ouverte [5110]Avoir soudain sa perte recouverte. Pour ce, envoya à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
ung rescript Tel, à peu prés, qu'il est icy escript : § « Si je sçavoye, o tu roy magnanime, Que à ung desir, qui+que [Aix419]que [BnFfr23146] le cueur mien anime, [5115] Voulsisses ja ores obtemperer, Et pour ung temps tes forces temperer, Si que de toy eusse ferme asseurance
Le contenu des lectres de TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
Mon hayneux frere estre hors d'esperance+esperance [Aix419]esperance [BnFfr17274]esperance [BnFfr23146, BnFfr4964, BnFfr4965, Cha515], De ta faveur, ayde, port et secours, [5120] Armes prendroye et rendroye en ce cours, Vers le dieu MarsMars Dieu romain de la guerre, si grand tribut de hommaige, Que l'interest de ma perte et dommaige Se trouveroit tantost rescompensé . Et mauldiroit l'heure d'avoir pensé [5125] Tant me grever, quant oncquesmais print erres Pour me tollir telle part de mes terres. Grand tort me tient, dont je croy que prou+pou [BnFfr23146] scez Le demené de tout nostre procés. Tu as+es [BnFfr4965] credit, en acte droit et juste, [5130] Te demonstrer comme ung Cesar AugusteAuguste (21/09/62 av J.C. — 17/08/14) Premier empereur romain de 27 av. J.-C. à 14. Tu as renom +renom [BnFfr23146] aymer gentz d'equité Et ceulx haÿr rempliz d'iniquité. Je te supply à ce que tu+te [BnFfr17274, BnFfr23146] deportes, Et que support, à cestuy là, ne portes, [5135] Que congnois terre+terres [BnFfr23146] oultre sa part tenir, Qui ne luy peult et doibt appartenir. En quoy faisant, si l'heur m'est si notoire Que contre luy puisse obtenir victoire, Receu de toy ce gracïeux octroy, [5140] Je te promectz, en parolle de roy Et foy de prince, alors te faire rendre Ce que sus toy a ozé entreprendre
Response de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
à TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
Et sans raison furtivement tollu. » §milestoneIncontinent que ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
eut tout leu [5145]Le dit escript+rescript [Aix419, Cha515] et+à [BnFfr23146] la creance dicte, Sus l'heure fist+faict [BnFfr23146] response assez subite+subtille [BnFfr23146], Disant n'avoir à+en [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] son intentïon Fort s'empescher de ceste questïon, Et n'entendoit, au+à [BnFfr17274] frere, faire avance [5150]D' aulcun support qui luy portast grevance. Et pour donner à son esprit+rescript [BnFfr23146] repos, Lectres+Lectre [BnFfr23146] luy+om. [BnFfr17274] fist+fait [BnFfr23146] sus ce mesme propos9. §milestoneEn saincteté de vie lors ung homme Moult florissoit, que ColombainColomban de Luxeuil, saint (entre 540 et 543 — 26/11/615) Saint catholique, moine et missionnaire on nomme. [5155]C'est luy que+qui [BnFfr23146] fist BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
exiller Auparavant. Il voulut conseiller Le roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
à ce que, sus sa vie, N'eust de la guerre aux deux freres envie Soy empescher, et qu'il se tint tout seur [5160]Estre en briefz+brief [BnFfr23146] jours leur+leur
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
asseure celluy+cestuy [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] estre Deliberé sejourner en son estre, Sans donner ayde à son frere+à son frere ayde [BnFfr4965] et support.
TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II mys en fuyte par TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
De son armee ordonna le transport. Langres passa, Verdun, Toul et, là contre+conte [BnFfr23146], [5170]Vint TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II en armes à l'encontre11. §milestoneMais qu'est besoing par motz iteratifz Coucher+Couché [BnFfr23146] au long tous les preparatifz Qui furent faiz+faict [BnFfr17274] avant que joindre ensemble ? C'est bien assez que à ung chascun en semble [5175]Ce qu'en tel cas on peult croire et penser,+entendre [BnFfr23146] Et du surplus me faire dispenser, Sans pour bon grain semer legieres pailles12. §milestoneSuffise+Suffisent [BnFfr23146] à tant+tout [BnFfr23146] que deux grosses batailles, En moins d'un an, ensemble eurent ces deux [5180]Freres germains. Par quoy, le procés d'eulx Fait et parfait, fut la part desconfite De TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, et tousjours mys en fuyte13. milestoneMais reste ung cas digne à rememorer, Qui ne doibt pas en oubly demourer, [5185]Et dont l'escript fait mentïon expresse. C'est que au conflict y eut si forte+grosse [BnFfr4965] presse Et si trés près joignirent +les [BnFfr4965] combatans, Que les corps mortz demourerent estantz Sus leurs chevaulx, sans ce que tumber sceussent, [5190]Tant que les ungs sus autres la force eussent, Ainsi qu'on voit gentz à pié transportez En grosse flotte, au loing estre emportez,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
poursuyt TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II fuyant Quant chascun tend, à clere veue et droicte, Marcher devant par quelque voye estroicte. [5195]Ainsi en fut+advint [BnFfr4965], jusques l'une des partz Se veist+veoit [BnFfr4965] rompue. Alors+À tous [BnFfr23146], par terre+le champ [BnFfr4965] espars, Tant eut d'occis que toute la contree+De corps occis y eut si lourde attaincte [BnFfr4965] Piteusement fut des corps acoustree14.+Que terre en fut de sang rougie et taincte. [BnFfr4965] §milestoneQuant TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
congneut tel entremetz [5200]Estre à son frere, et qu'en fuyant par Metz Essaya veoir à son faict+à son faict veoir [BnFfr17274] quelque alongne, Allant gaigner la cité de Coulongne, En le suyvant gasta tout le paÿs, Dont citoyens et peuples+peuple [BnFfr23146] esbahys, [5205]Fort contristez, devers luy se plierent Et à+en [BnFfr17274, BnFfr23146] grandz cris et pleurs luy supplierent Que pour ung seul, ceste+cest [BnFfr23146] communité N'eust à souffrir telle inhumanité. §Sur ce, leur dist que pour terre conquere [5210]N'entreprenoit faire si forte guerre, Mais sus son frere avoit ung remors tel Qu'il l'extimoit son ennemy mortel. Et qui+qu'il [BnFfr4965, Aix419]qui
La traytreuse et vilaine mort de TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Vers TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II userent de cautelle. Et, dès+de [BnFfr17274] ce jour, oserent disposer [5220]Publicquement, devant luy proposer Se demourer vouloit en pacïence Que, selon DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et bonne conscïence, Des+De [BnFfr4965]De
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
son frere. Et pour paix faire Avecques luy, l'en debvoit satisfaire, Veu qu'il offroit doulcement s'en partir, Se juste part luy vouloit departir.+om. [BnFfr4964] §Pensant avoir doulx accord et traictable, [5230]Et leur parolle en ce cas estre estable, Tous ses tresors departir consentit, Dont de la mort soudain le coup sentit. Car, extimant que son frere fist offres De telle sorte, alla ouvrir ses coffres [5235]Et ceulx mena dedans son cabinet Desquelz pensoit faire son cas bien nect. §Lors, empesché à veoir bourses et pouches, Pour mectre à part pieces de bonnes+bonne [BnFfr23146] touches, En+Et [BnFfr23146] se baissant , non doubteux+doubtant [BnFfr23146] de ce coup, [5240]Ung des presentz, sans demourer beaucoup, Ainsi que ardeur, par furie, homme+l'homme [BnFfr23146] enteste, Tira son glayve et luy trencha la teste.
BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
occit les deux filz de TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Lequel coup fait+feit [BnFfr23146], aux murs de la cité Courut soudain, en la ferocité+fureur exercité [BnFfr4965] [5245]D'ardante aigreur et colere bouillante, Tenant l'espee en main+en main l'espee [BnFfr4965, BnFfr23146] nue et sanglante, Et par les crins+crais [BnFfr23146] la teste en l'autre main, Que+Le [BnFfr4965] alla gecter ce meurdrier inhumain À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, par dessus la muraille, [5250]Sans luy permectre honneur de funeraille+funerailles [BnFfr23146]16. §milestoneDe ceste mort, oncques il ne monstra Triste semblant17. milestoneMais, triumphant, entra Dedans la ville. Et tantost fut saisie, Sans contredit aulcun+d'aucun [Aix419, Cha515], toute Austrasie. [5255]Lors, applicquant tresors à ses prouffitz, Fist emmener, quant et+avecq [Aix419] luy, les deux filz Du frere occis et une jeune fille. Aussi leur seur, belle, doulce et gentille, Lesquelz deux filz, qu'on n'eust+eut [BnFfr23146] pensé jamais, [5260]Incontinent que arriverent à Metz, Où BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
esprise au feu d'envie Les actendoit, furent privez de vie18. milestoneEt de sa main , par la discutïon De ce procés, fist l'executïon,+om. [BnFfr23146] [5265]Qui est ung cas à croire difficile Que femme+om. [BnFfr17274] fust si legiere et facile À cruaultez telles executer
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
voulut espouser sa niepce Et son sang propre ainsi persecuter. §Si c'est mensonge, ou pure tragedie, [5270]N'afferme pas. Quoy que redige et die, Ce n'est que aprés autres plusieurs+plusieurs autres [BnFfr4965] aucteurs, Doncq se je mentz, qu'on les tienne menteurs19. §Suyvons propos. milestoneTheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, lors paisible, De tous les deux royaumes, sans nuysible [5275]Empeschement, à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
rendit Certain duché, par loy de seur edit, Se recordant qu'en la chose premise, Bien se acquicta selon sa+la [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] foy promise, Touchant son frere, ainsi que avoit requis, [5280]Car autrement à peine l'eust concquis20. §milestoneAinsi vivant en repoz et à l'aise, Sans recepvoir ennuy qui+qu'il [BnFfr17274, BnFfr23146] luy desplaise, Fut CupidoCupidon Dieu de l'amour dans la mythologie romaine imprimant, de son dard, Par le travers du sien+de son [BnFfr4965] cueur, leçon de art [5285]D'amour pongnant, qui l'enflamma de celle Belle, courtoise et honneste pucelle Qui sa nïepce estoit, jusqu'à poser Ferme propos de vouloir l'espouser. §Quant+Or [BnFfr17274, BnFfr23146] BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
, ainsi qu'envie excite [5290]Cueur feminin, maintint n'estre licite, Bon ne+et [Aix419] decent le veoir apparenté À elle, tant prouchaine en parenté,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
cuyda tuer BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
Ains seroit tour deshonneste et infame Prendre la fille à+de [BnFfr23146] son frere pour femme21, [5295]milestoneLors, desplaisant et despit par fureur, Luy dist ces motz pleins de mortelle aigreur : « Femme haÿe et de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et du monde, Qui ouvriroit de ton faulx cueur la bonde, On trouveroit cent mil cas excessifz ! [5300] Ne m'as tu dit que TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II occis Estoit bastard et riens ne m'attenoit ? Et que ung galand jardinier maintenoit Par adultere, en jeunes ans, ma mere ? Tristesse porte angoisseuse+angouesse [BnFfr23146] et amere, [5305] D'avoir ainsi mon frere fait+faire [BnFfr17274] mourir. Cestuy n'est seul que tu as fait meurdrir ! O desloyalle à+et [BnFfr4965, BnFfr23146] tout+tant [BnFfr23146] mal occuppee, Ores sçauras si, à poincte d'espee, Mon dextre braz sçaura estre vainqueur [5310] Du tien crüel, vilain, lasche et vain cueur ! » §Cela disant, s'efforça de luy mectre L'espee au corps, qui l'eust voulu permectre. Lors, gentz de bien et+en [BnFfr17274, BnFfr23146] couraiges piteux, Pour la saulver, se misrent entre deux. [5315]Et cependant+se pendent [BnFfr23146], quelque homme en ce+se [BnFfr23146] pas22, saige, Soudaindement, luy fist voye et passaige, Dont esvita ce perilleux dangier23.
BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
fist par poyson mourir TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
milestoneMais tost aprés, esmeue à se+ce [Aix419] vanger, Ainsi qu'on voit femme vindicative+fames vindicatives [BnFfr23146], [5320]À mal exploict, curïeuse+furieuse [BnFfr4965] et hastifve, Ne faillit pas brasser+trasser [BnFfr23146] la mixtïon De venimeuse amere potïon, Et practicqua, de sorte fort sauvaige, Aulcuns privez du roy, pour ce bruvaige [5325] Luy faire boire, ung jour sortant du baing. Ce que fut fait, dont il+om. [BnFfr17274, BnFfr23146] mourut +tout [BnFfr17274, BnFfr23146] soudain. § Aulcuns, pourtant, comme en propos on+om. [BnFfr4965] entre, Ont+On [BnFfr17274] dit sa fin estre d'un flux de ventre, Aprés qu'il eut regné dix et+om. [Aix419] huyt ans. [5330]§Laissons là doubte aux maistres disputans, Fust par poison ou flux, il est notoire Qu'il deceda24. milestoneDoncques au roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
Cheut+Escheut [Aix419] le royaume entier, à autre non, Ainsi que advint au premier de ce+se [BnFfr23146] nom25. [5335] §milestoneOr avons dit et teu, depuys+om. [BnFfr23146] ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
,+om. [BnFfr4964, Cha515] Ce que+qu'il [BnFfr4965] a semblé bon estre à dire et +à [BnFfr23146] taire.+om. [BnFfr4964, Cha515] Car il suffist, tant milestonedu bel+ber [BnFfr23146] et+que [BnFfr17274, BnFfr23146] du let26,+om. [BnFfr4964, Cha515] Cueillir, sans plus, la creme sus le laict.+om. [BnFfr4964, Cha515] Et pour autant que nostre present livre [5340]A commancé sus l'un+luy [Cha515], l'offre se livre Mectre icy fin, pour commancer le tiers À+Et [Aix419] l'autre aussi+icy [Aix419], ce+se [BnFfr23146] que fais+faict [BnFfr17274] voluntiers27.
Conclusion et fin de ce volume Car + [BnFfr4964] mes espritz demandent reposee, Par quoy la plume au+en [BnFfr23146] sejour ay+je [BnFfr23146] posee. [5345]Excusez doncq, elle et eulx, c'est+om. [BnFfr4965] ce+se [BnFfr23146] que ont Mys par escript du volume second.
mieulx que pis+om. [BnFfr4965, Aix419]
fin du second volume des cronicques de France
Note n°1
Cretin semble ici s'appuyer
prioritairement sur les GCF, liv. IV, chap. 14 (vol.
2, p. 53-54), dont il escamote la référence à l'influence délétère
de Brunehaut sur le mariage de Thierry II : « En ce tens,
envoia ses messages li rois Theoderis à Bertrit le roi d'Espagne
; li message furent cil Arides, arcevesques de Lyons, Rocones et
Eborins, qui estoient dui grant seigneur en son palais. Par iaus
li mandoit que il li envoiast sa fille et bien preist, se il
voloit, le sairement des messages que ele seroit roine clamée
toz les jors de sa vie. Li rois Bertriques fu moult lez de ceste
chose, sa fille livra aus messages, avoir et joiaus li charcha
asez. Li rois Theoderis la reçut volentiers et moult en fu liez
; une piece dou tens l'ama moult, mais la desloiaus Brunehout
fist tant par ses sorceries que il ne la cognut ainques
charnement ; plus fist li deables, car ele mena le roi à ce que
il li toli tout son tresor et ses joiaus et la renvoia en
Espagne ; la dame avoit non Mauberge. » Le récit donné par
Gaguin-Desrey, fol. XXVr orthographie les noms différemment et est
généralement moins proche de la Chronique française,
puisqu'il mentionne la descendance naturelle de Thierry II mais
n'évoque pas l'absence de consommation du mariage : « En aprés
Thierry, qui n'avoit encores usé de nopces legitimes, mais avoit
eu deux filz d'une concubine, tourna son couraige à prendre
l'allyance de mariaige. Deteric, roy d'Espaigne, avoit une fille
en aage de marier, laquelle Thierry par ses ambassadeurs demanda
à femme et espouse, la foy promise qu'elle seroit à tousjours
son espouse et royne. Deteric, pere de Memberge (car c'estoit le
nom de la fille), joyeulx de ce gendre, espousa sa fille à
Thierry, laquelle il ayma cordiallement et parfaictement. Mais
Brunechilde, envyeuse de ceste si estroicte charité, tellement
pervertit le couraige du roy que, la compagnye de sa femme
despisee, la renvoya à son pere Deteric, avecques tous les dons
paternelz qu'elle avoit apportez. »
Note n°2
Il est difficile de déterminer
ici laquelle de ses deux sources principales Cretin suit en
priorité. GCF, liv. IV, chap. 14 (vol. 2, p. 54) :
« Moult fu li rois Bertriques correciez de ce que il ot
ensi sa fille refusée. Pour ce manda au roi Clothaire que se il
avoit talent de venchier les domaches que li rois Theoderis li
avoit faiz, volentiers s'alieroit à lui pour prendre venjance de
la honte que il avoit faite à sa fille. Li rois Clothaires
s'acorda volentiers à ceste chose, puis envoia ces meismes
messages ou roi Theodebert pour savoir se il s'acompagneroit à
iaus en ceste besoigne. Il respondi que volentiers le feroit.
Après furent li message envoié au roi Agoin de Lombardie pour
savoir se il vorroit estre li quarz, si que il corussent sus au
roi Theoderic tuit d'un acort et li tousissent regne et vie.
Quant li rois Theoderis sot que cil IIII roi orent ensi faite
conspiration contre lui, il en ot moult grant desdaing. Atant
retornerent li message au roi d'Espagne, leur seigneur, qui bien
cuiderent avoir fornie leur besoigne. » Gaguin-Desrey,
fol. XXVr : « De laquelle ignominye, le roy Deteric, injurié
par Thierry, envoya ses ambassadeurs solliciter Clotaire de
reduyre en sa memoire ce que Thierry avoit commis à l'encontre
de luy par premier bataille, et luy donner secours et aide à ce
venger de ceste injure. Trés joyeusement receut Clotaire les
ambassadeurs de Deteric, et les envoya à son frere Thidebert
pour essayer s'il se vouloit joindre et associer avecques eulx
en ceste bataille, lequel respondit aux ambassadeurs que ainsi
le feroit. De là partirent iceulx ambassadeurs et s'en allerent
aux Lombars par devers le roy Agon, et luy reciterent comment
troys roys avoient ensemble juré contre Thierry et que encores
estoit temps si pour le quart se vouloit joindre et associer
avecques eulx, et que par ce moyen facillement pourroient venger
les maulx et dommaiges qu'ilz avoient receuz du roy Thierry.
Agon promist de se joindre et copuler avecques les troys roys
dessus nommez, de laquelle chose les ambassadeurs furent
resjouys, retournerent au roy Deteric et luy compterent leur
entreprinse, dont fut moult joyeulx. La conjuration des quattre
roys rapportee à Thierry, trés griesvement porta la
chose. »
Note n°3
Ce commentaire en forme d'appréciation
et la résolution de Thierry II de se défendre militairement sont de
la plume de Cretin.
Note n°4
Cretin suit
Gaguin-Desrey, fol. XXVr sans reconnaître Seltz dans le lieu des
pourparlers : « Thidebert, esperant que les aultrs roys se
assembleroient en bataille, marcha le premier avecques son
armee, et les roys venans l'ung devant l'aultre ne fut
aucunement bataille, mais ambassadeurs envoyez d'une part et
d'aultre. Fut jour assigné au chasteau de Salese pour composer
la paix et accord. » Il s'agit d'une nouvelle occurrence
de la topique des négociations au moment d'engager la bataille, déjà
convoquée aux v. 484-494, 3532-3557 et 4956-4967. Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 58) évoquent
une condition de ces pourparlers que Cretin ignore, et qui prend une
importance capitale dans la suite du récit : « Li rois
Theodeberz, qui cuida aucune chose aquerre et conquester seur le
roi Theoderic son frere, esmut ses oz contre lui ou XVe an de son regne ; mais par le
conseil d'aucuns prodomes, qui de la pais porchacier entre les
freres se penoient, fu pris uns jors de pais en un lieu qui est
apelez Saloise. Là fu ordené que il venroient au joir à poi de
compagnie, et amenrroient de leur plus granz barons et des plus
sages pour plus tost acorder ensemble. »
Note n°5
En même temps que.
Note n°6
En réserva un traitement de
faveur.
Note n°7
L'expression est signalée
dans la Farce de maître Pathelin par le DMF, sans que
le sens en soit précisé : « pour son jeu » ?
Note n°8
Cretin résume Gaguin-Desrey, fol. XXVr :
« Auquel lieu [des négociations] se transporta le roy
Thierry avec dix mille hommes. Y alla aussi Thidebert en
beaucoup plus grant nombre de chevaliers, soubz couraige et
volunté de tout destruyre se son frere refusoit les convenances.
Thierry, espouenté du nombre de gens que son frere avoit, ne
repugna aucunement de recevoir la paix toute telle que Thidebert
vouloit. Fut doncques convenu et accordé entre les roys que
Thidebert recevroit et tiendroit perpetuellement les deux comtez
de Touraine et de Champaigne comme à soy appartenans par droit
de heritage, lesquelles choses en ceste forme et maniere
confermees, prindrent les roys congié l'ung de l'aultre. Mais
Thierry, non estant ainsi appaisé en son couraige,
[...]. » Les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol.
2, p. 56) offrent un texte proche : « Li rois Theoderis amena
Wm homes tant seulement ; mais
li rois Theodeberz amena trop plus grant compagnie de barons et
d'autres genz, en propos de trobler la pais et la concorde, se
ses freres ne li otroiast sa volenté. Li rois Theoderis ot grant
paor quant il vit que il ot amené si grant plenté de genz ; pour
ce s'acorda à la pais tele come cil la vout taillier ; mais ce
ne fu pas de bone volenté. Li acorz fu en tel maniere ordenez,
que li rois Theodeberz auroit la contée de Torene et de
Champagne, et les tenroit toz jors mais en ses propres us come
les soues. Atant se departirent et s'entrecommanderent à Dieu en
grâce et en amor par semblant, mais li cuer ne les volentez ne
s'i acordoient mie. »
Note n°9
Gaguin-Desrey,
fol. XXVr-XXVv est plus concis : « Mais Thierry, non estant
ainsi appaisé en son couraige, murmurant souventesfoys, pensoit
comment et par quelle raison traveilleroit et tourmenteroit son
frere en bataille, duquel il avoit esté assailly et affligé par
bataille, privé et spolié d'une grant partie de son royaulme. Le
conseil prins avecques ses plus saiges chambellans, et par
iceulx advertu que chose prouffittable luy seroit acquerir
l'amityé du roy Clotaire afin qu'il ne se joignyst à Thidebert,
envoya vers luy ses ambassadeurs, auxquelz il commanda dire au
roy de quelles calamitez l'avoit Thidebert persecuté, grande
possession de sa terre ravye et occupee, par quoy avoit ordonné
et deliberé de repeter et retraire de ses mains ce que trés
iniquement luy avoit ravy et osté se Clotaire promect par foy et
serment ne donner secours à son frere. Les ambassadeurs escouta
Clotaire par grant benivolence, et ce qu'ilz demandoient au nom
de leur roy leur ottroya. » Cretin est probablement
sensible au récit proposé par les GCF, liv. IV, chap.
16 (vol. 2, p. 60), qui rapportent la lettre de la missive envoyée
par Thierry II à Clotaire : « Moult fu li rois Theoderis en
grant desierrier de prendre venjance de son frere qui sa terre
li avoit ensi tolue ; pour ce se conseilla à sa gent coment il
le pourroit grever. Par le conseil donques des siens manda au
roi Clothaire tels paroles : « Je bé à prendre venjance de
mon frere, des tors et des injures que il m'a fet, se je
estoie seurs que tu ne li deusses aidier. Pour laquel chose
je te prie que tu te tiegnes en pais et que tu me prometes
que tu ne li feras nul secors contre moi, et se je puis
avoir victoire et que je li puisse tolir la vie et le
roiaume, je te promet loiaument que je te rendrai la duchée
Danthele que il t'a tolue à force. » Li rois
Clothaires s'acorda volentiers à ceste chose par la condition
devant dite. »
Note n°10
Cette incise relative à Colomban de
Luxeuil est reprise à Gaguin-Desrey, fol. XXVv, qui la place au même
endroit : « En ce temps estoit Columbain trés excellant en
saincteté. Cestuy avoit admonnesté Clotaire de ne se mettre et
unyr en la bataille de ses freres et que peu de jours aprés
adviendroit qu'il seroit leur heritier. » La référence à
l'exil du saint irlandais témoigne d'une réminiscence des
GCF, liv. IV, chap. 15 (vol. 2, p. 54-58) qui
relatent la vie et la mort de Colomban à un autre endroit mais
n'évoquent pas la prophétie rapportée par Gaguin-Desrey et
Cretin.
Note n°11
Cretin abrège
Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La responce du roy Clotaire
congneue, Thierry fist marcher son armee à Langres. Puis,
passant Verdun sans sejour, laquelle cité lors premierement on
ediffioit, s'en alla à Tulle, où Thidebert ayant fait venir gens
de guerre de Austrasie (que l'on peult dire Allemaigne, comprins
le pays de Gueldre) avoit mis ses tentes. » Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 60-61) ont un
texte très similaire : « Lors assembla ses [oz] li rois
Theoderis en la cité de Langres, toz les meilleurs chevaliers
que il pot avoir et toute la flor de son roiaume, puis mut à ost
banie contre son frere. Par la cité de Verdun trespassa qui lors
premierement estoit commenciée ; de là s'en ala droit à la cité
de Toul ; là vint d'autre part li rois Theodeberz à moult grant
ost et o tout l'efforz dou roiaume
d'Austrasie. »
Note n°12
Ces quelques phrases
qui introduisent une respiration dans un chapitre long et
passablement répétitif sont de Cretin, qui reprend au v. 5184 une
métaphore utilisée à plusieurs reprises dans la Chronique
française : dans le prologue du livre I de la
Chronique française, v. 43-44 : « Je
sembleray forment / Semer la paille emprés gran de
froment » ; et dans le prologue de ce livre II, v. 357-360
: « Et par humble requeste, / Au tour du boys de mercy faire
queste, / Mesque les champs n'ayent parmy eux que espis, /
Cueillir pourray paille et grain. ».
Note n°13
Cretin annonce explicitement qu'il se dispense de dire quoi que ce
soit de la première bataille que rapportent ses deux sources
principales. Les informations données plus loin (v. 5206-5215)
témoignent de ce que la Chronique française suit ici
les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 61-62), dont
la prolixité a peut-être découragé Cretin : « Lors assemblerent
à bataille, fort estor et pesant i ot et grant occision d'une
part et d'autre, mais à la parfin fu li oz le roi Theodeberz
desconfiz. Quant il vit le meschief, il se mist à la fuite, la
cité de Mez trespassa et les landes de Vosague ; si vint à
refuge à la cité de Cologne. Li rois Theoderis se hasta tant com
il pot de lui ensivre. En ce que il chaçoit ensi son frere, il
encontra saint Eleusin, evesque de Mascons. Li sains hons li
preecha tant que il se retraist et retorna. Parmi Ardanne
trespassa, puis vint à une ville qui est apelée Tulbic. Pour ce
retorna plus volentiers par les paroles dou saint home que il
savoit bien que il le disoit pour son preu et que il l'amoit, et
haoit la folie et le pechié son frer. En ces entrefaites, li
rois Theodeberz, qui à Cologne s'en fu fuiz, rapareilla sa force
de quanque il pot ; les Saines et les autres nations d'Alemagne
la superior apela en s'aide, puis vint à bataille contre son
frere au devant dit chastel de Tulbic. Aigrement et longuement
se combaitrent ; li rois Theodeberz se tint tant com il pot, la
bataille soustenoit à grant meschief, ja se ce que si anemi
tronçonnassent ses genz ausi come berbiz. Mais quant il vit que
fortune li fu si contraire et que li domages engrejoit si
durement seur lui, et vit bien que il ne porroit longuement
soffir le fais de la bataille qui seur lui descendoit, il fui et
dona lieu ) fortune et à ses anemis. Tuit li sien se mistrent à
la fuite après lui, car genz concuillié de diverses antions est
tost desconfite, et maesmement quant il n'ont point de chief. La
plus grant partie n fu occise en fuiant, li remananz s'enfui en
Cologne ovec le roi. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus
concis : « En ce lieu [Toul] fut trés aspre bataille, grant
nombre de combatans occis. Mais fortune tournant du costé et au
proffit de Thierry, fuyant Thidebert par le pays de Lorraine, se
retira finablement à Colongne, auquel lieu, raffroychi et
enforcé, peu de temps aprés assaillut Thierry par nuysible et
dommaigeable armee, et non en meilleure fortune. Car jaçoit
qu'il ne bataillast laschement, toutesvoyes, voyant que l'on
surmontoit les siens, la bataille delaissee, se mist en fuytte,
les Austrasiens le suyvans, grant partie desquelz fuyans fut
occise. »
Note n°14
Cretin amplifie ce détail effroyable qu'il
reprend plutôt aux GCF, liv. IV, chap. 16
(vol. 2, p. 62-63), ainsi que l'atteste les v. 502-5205 :
« Es premieres venues de cele bataille fu li estors
si aspres et si forz d'une part et d'autre, et si très
hardiement s'entrenvaïrent que li occis demoroient seur
les chevaus ausi comme tuit vif, ne chaoir ne pooient
pour les vif qui les apressoient ; si estoient deboté de
ça et de là si come la bataille se remuoit. Mais quant
la partie Theodebert se prist à desconfire et les
presses à laschier, li mort chairent à terre en si grant
plenté que les voies, li bois et li champ estoient si
jonchié de morz, que à paines i paroit il, se charoignes
non. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus concis :
« L'on dit que en ceste cruelle bataille estoient
les gens d'armes courans l'ung contre l'aultre si serrez
et pressez par infinye multitude que les gens à cheval,
oultrez de playes ne pouoient de leurs chevaulx tomber
pour la grant presse des combatans qui les soubstenoient
et empeschoient de tomber. »
Note n°15
Tout en reprenant quelques éléments à un passage
antérieur des GCF (voir la note du v. 5189), Cretin
suit ici Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La fuytte de son rere
congneue, Thierry le suyvant, comme son adversaire et
destruysant tout par où il passoit, les habitans de ceste region
venans vers luy le prierent que pour la coulpe d'ung seul homme
ne voulsist exterminer et destruyre le peuple innocent, disans
qu'ilz se rendoient à luy avecques toute la province qu'il avoit
par armes conquis, et que jamais ne desobeyroient à ses
commandemens. Auxquelz le roy respondit que pour certain leur
pardonneroi s'ilz luy portoient la teste de son frere. »
Les GCF, liv. IV, chap. 17 (vol. 2, p. 63-64)
raportent un discours direct et n'évoquent pas la mort de Théodebert
II comme l'unique condition de la mansuétude de Thierry II :
« Quant li rois Theoderis sot que ses freres fu eschapez,
il proposa que il l'ensivroit, pour ce que il pensoit bien que
il auroit la guerre et les batailles afinées, se si grant
princes estoit occis. À l'enchaucier se prist, il et li sien. En
la contrée de Ribuarie entra, tout ardi et gasta devant lui. Cil
de cele terre li vindrent au devant et li proierent que il
espargnast au païs et que il ne le destruisist mie pour la corpe
d'un seul home, car il et la terre estoit toute soue et en son
commandement, come à celui qui l'avoit conquise par droit de
bataille. Li rois leur respondi et dist ensi : « Vous ne
vueil je pas occire, mais Theodebert mon rfere, et se vous
volez avoir ma grâce et que je espargne au païs, il covient
que vous m'aportez son chief ou que vous le me rendez
pris. » »
Note n°16
Cretin réécrit Gaguin-Desrey,
fol. XXVv en ajoutant divers détails propres à susciter l'effroi du
lecteur : « À ceste cause, ceulx qui là estoient venuz, la
respnce receue, sans demeure cheminerent à Colongne, où arrivez,
parlerent à Thidebert en ceste maniere : « Ton frere Thierry
cessa de te faire guerre se tu luy veulx distribuer et
bailler sa part des treors que tu possedes de la succession
de vostre pere. Pour ce, pourvoy à ton cas et au nostre, et
seuffre que ton frere ayt sa part et portion avecques toy
des meubles paternelz. » Thidebert adjouxta foy aux
parolles de ceulx qui parloient, et tantost laissa entrer
avecque soy le peuple au comptouer où le trezor estoit gardé. Ce
pendant qu'il comptoit et advisoit à par soy quelle part il
bailleroit à son frere, ung du peuple tyra on glesve, duquel il
trancha la teste de Thidebert, et ne sejourna de la jecter à
Thierry par dessus les murailles de la cité. » Le récit
des GCF est proche, mais la tête de Théodebert II
n'est pas jetée à Thierry II à la fin, ce qui indique une parenté
moins grande avec la Chronique française : « Cil
vindrent à Cologne et entrerent ou palais, au roi Theodebert
parlerent en tel maniere : « Ce te mande li rois Theoderis
tes freres, que se tu li veuz rendre sa partie des tresors
son pere que tu as saisiz, il tetornera atant en son païs et
te guerpira ceste contrée ; pour ce si te prions que tu l'en
rendes tel part com il en doit avoir et que tu ne seufres
mie que nostres païs soit destruiz par occasion de ceste
chose. » Li rois s'asenti à iaus, certainement cuida
que il li deissent verité ; ou tresor où les granz richeces
estoient les mena. Tandis com il pensoit que il porroit son
frere doner en maniere que il n'en fust trop adomagiez, li uns
de ceus qui entor lui estoient sacha l'espée et li copa le
chief, après le geta hors par desus les murs de la
cité. »
Note n°17
Cette
appréciation est de Cretin.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. XXVv-XXVIr : « La mort de son frere
congneue, entra Thierry dedens Colongne, et print le royaulme de
Austrasie qui avoit esté à Thidebert. Incontinent, les choses
par sa sentence appaisees, retournant à Metz, y mena les deux
filz de Thidebert, avec leur seur trés belle fillette. Au devant
duquel venant Brunechilde, ses nepveuz veuz et apperceuz,
remplye de felonnye, subitement occist les
innocens. »
Note n°19
Cette expression d'indréculité face à ses sources
illustre la tâche que s'était donnée Cretin : non pas tant écrire un
ouvrage dont la matière serait historiquement plus valable que ce
qui était disponible à l'époque, mais bien produire une oeuvre qui
répercuterait le consensus des historiens dans une langue
ornée.
Note n°20
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, qui
n'identifie pas exactement le duché dont il est question :
« Thierry, aprés sa victoire, restitua le duché à Clotaire,
selon sa promesse et convenance. » Les GCF,
liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) ne rappellent pas davantage le nom
de cette terre qu'elles ont évoquée précédemment (voir la note du v.
5159) : « Li rois Theoderis rendi au roi Clothaire la duchée
devant dite, elonc ce que il li avoit en covenant, pour ce que
il ne feist nul secors à son frere contre
lui. »
Note n°21
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, tout en
omettant que la nièce en question est la fille de Théodebert II,
réduite en captivité par Thierry II après l'élimination de son frère
: « Aprés, alleché en la beaulté de sa niepce qu'il avoit amené
de Colongne, comme il s'efforçoit de l'espouser et prendre à
femme, fut de ce faire par Bunechilde empesché, disant estre
illicite et sacrilege prendre à femme celle qui luy attoucheroit
en prochain degré de consanguinité. » Les
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) sont très
similaires : « Tandis come li rois Theoderis demoroit en la
cité de Mez, il fu seurpris de l'amor sa niece que il ot amenée
de Cologne, espouser la vout ; mais Brunehout li defendi, et
quant il li demanda quele offense et quiex maus ce seroit se il
la prenoit par mariage, ele respondi que il ne devoit pas
espouser sa niece, fille de son frere. »
Note n°22
Pour
l'expression « en ce pas » on hésite entre une lecture au sens
militaire (« dans le cadre de l'affrontement ») et une lecture
qualifiant la réactivité de l'homme (« immédiatement »).
Note n°23
Il est difficile de déterminer de laquelle de ses
deux sources principales Cretin s'inspire prioritairement dan ce
passage. Gaguin-Desrey, fol. XXVIr : « À laquelle [Brunehaut]
Thierry respondit : « O (dist il) faulce et desloyalle
femme, de plusieurs haye, ne me aviez tu mye persuadé que
Thidebert engendré par copulation adulterine n'estoit pas
mon frere ? Pourquoy ay je par toy esté contrainct
persecuter et meurdrir mon frere et mon presme ? » Ce
disant, Thierry essaya occir Brunechilde, mais defendue et
saulvee par l'aide des chambellans, eschappa du cenacle. »
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 1, p. 66-67) :
« Quant li rois entendi ceste parole, il fu
merveilleusement correciez et li dist ensi : « O tu,
desloiaus, haïe de Dieu et dou monde, contraire à tout bien,
ne m'avoies-tu donques fait entendre que il n'estoit pas mes
freres et que il estoit fiuz d'un cortillier ? Pourquoi
m'as-tu mis en tel pechié que je l'ai occis et sui par toi
homicides de mon frere ? » Quant il li ot ce dit, il
sacha l'espée et li corut sus pour lui occire ; mais cil qui
entor estoient se mistrent au devant et l'enmenerent hors de la
sale ; ensi eschapa à cele foiz dou peril de
mort. »
Note n°24
Cretin achève
son livre II avec les derniers mots du livre II de Gaguin-Desrey,
fol. XXVIr : « Ceste cruelle femme longuement vengeance ne
differa. Elle fist ung bruvaige et potion mortelle, laquelle
(par ses serviteurs à ce renduz instruitz et idoynes) offrit à
Thierry sortant du baing. Ce venin beu, le roy, eschauffé en la
challeur d'icelluy baing, mourut subitement. Aucuns sont
toutesvoyes ayans escript qu'il trespassa d'ung flux de ventre
après qu'il eut regné dix huyt ans, l'an de grace six cens dix
huyt. » Le récit des GCF, liv. IV, chap. 18
(vol. 2, p. 67) : « D'ilec en avant se porpensa coment ele
porroit venchier ceste honte et coment ele le porroit faire
morir ; ele esgarda son point de ce faire une heure que li rois
se bagnoit. Aus menistres d'entor, que ele ot deceuz par
promesses et par dons, bailla poisons et leur commanda que il
les tendissent au roi pour boire quant il devroit issir dou
baing. Li rois but le venin que cil li tendirent, tantost fu
morz sanz confession et sanz repentance des granz pechiez que il
avoit fait tout le tens de sa vie. »
Note n°25
Cretin anticipe ici sur la
matière de son livre III avec une mention qui correspond à la
première phrase du livre III chez Gaguin-Desrey, fol. XXVIr :
« Les roys occis comme dessus est dit, Clotaire estoit seul
demouré de la ligne et consanguinité de Clovys, auquel
appartiensist le royaulme, le cinquante septiesme an après le
trespas de Clovys. ».
Note n°26
Cette évocation
du « bel et du let » en histoire est
vraisemblalement un rappel d'une phrase du prologue des
GCF (vol. 1, p. 5) : « Ci pourra
chascuns trover bien et mal, bel et lait, sens et folie,
et fere son preu de tout par les examples de
l'estoire »..
Note n°27
Cretin cherche ici à
donner une unité a posteriori à
son livre II, comme s'il découvrait soudain que ses bornes
correspondaient à deux rois portant le même nom. Il s'agit tout
bonnement de la division que propose Gaguin-Desrey et que Cretin
copie.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 par
BnFfr23146 tiennent
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxxiiii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappittre xxxiiiie
BnFfr17274 Chapitre xxxiiiie
Cha515 Chapittre .xxxiiiie.
BnFfr17274 Confederee
BnFfr23146 improperes
BnFfr17274 leur
commencement
BnFfr23146 müer
Cha515 sorcerye
BnFfr17274 le
BnFfr23146 vit
BnFfr4965 plus celle
BnFfr23146 se
BnFfr4965 om.
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 l'
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 Le
BnFfr4964 pas
BnFfr23146 Des
BnFfr23146 ses
BnFfr17274 Le demonstrant
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 Leur
BnFfr23146 seller
BnFfr17274, BnFfr23146 Pensant
BnFfr23146 leurs
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 leur
BnFfr23146 malveillance
BnFfr23146 moins
Aix419 om.
Aix419 congnoissans
BnFfr4964 cur
BnFfr4965 veoir
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 veoir
BnFfr17274, BnFfr23146 des
BnFfr23146 les
BnFfr23146 leur
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 Pensans
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ren
BnFfr4965 Ce
BnFfr23146 en
BnFfr23146 le chastrage
Aix419, BnFfr17274 non
BnFfr23146 xve
BnFfr23146 nuit et jour
BnFfr23146 pou
BnFfr4965 es
BnFfr23146 renom
BnFfr17274, BnFfr23146 te
BnFfr23146 terres
Aix419, Cha515 rescript
BnFfr23146 à
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 subtille
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 en
BnFfr17274 à
BnFfr23146 rescript
BnFfr23146 Lectre
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 fait
BnFfr23146 qui
BnFfr23146 brief
BnFfr17274 hoirs
BnFfr17274 successeurs
BnFfr23146 esconduire
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 cestuy
BnFfr4965 à son frere ayde
BnFfr23146 conte
BnFfr23146 Couché
BnFfr17274 faict
BnFfr23146 entendre
BnFfr23146 Suffisent
BnFfr23146 tout
BnFfr4965 grosse
BnFfr4965 les
BnFfr4965 advint
BnFfr4965 veoit
BnFfr23146 À tous
BnFfr4965 le champ
BnFfr4965 De corps occis y eut si lourde attaincte
BnFfr4965 Que terre en fut de sang rougie et
taincte.
BnFfr17274 à son faict veoir
BnFfr23146 peuple
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 cest
BnFfr17274 celle
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 portast
BnFfr4965 qu'entre bons
BnFfr17274 de
BnFfr4964 om.
BnFfr23146 bonne
BnFfr23146 Et
BnFfr23146 doubtant
BnFfr23146 l'homme
BnFfr23146 feit
BnFfr4965 fureur exercité
BnFfr4965, BnFfr23146 en main l'espee
BnFfr23146 crais
BnFfr4965 Le
BnFfr23146 funerailles
Aix419, Cha515 d'aucun
Aix419 avecq
BnFfr23146 eut
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 om.
BnFfr4965 plusieurs autres
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 la
BnFfr17274, BnFfr23146 qu'il
BnFfr4965 de son
BnFfr17274, BnFfr23146 Or
Aix419 et
BnFfr23146 de
BnFfr23146 angouesse
BnFfr17274 faire
BnFfr4965, BnFfr23146 et
BnFfr23146 tant
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 se pendent
BnFfr23146 se
Aix419 ce
BnFfr23146 fames vindicatives
BnFfr4965 furieuse
BnFfr23146 trasser
BnFfr17274, BnFfr23146 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 tout
BnFfr4965 om.
BnFfr17274 On
Aix419 om.
Aix419 Escheut
BnFfr23146 se
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr4965 qu'il
BnFfr23146 à
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 ber
BnFfr17274, BnFfr23146 que
BnFfr4964, Cha515 om.
Cha515 luy
Aix419 Et
Aix419 icy
BnFfr23146 se
BnFfr17274 faict
BnFfr4964
BnFfr23146 en
BnFfr23146 je
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 se
Non num.
BnFfr4965, Aix419 om.

















Fueił
§Si le propos ne nous eſt ennuyeux [4990]A Theodorich verrons femme eſpouſee Et puys apres matiere diſpoſee Que quatre roys le tiendront odieux.
§ Chapitre. xxxiii.
Theodorich eſpouſa la fille au roy deſpaigne.Fueił milestoneAPres mener le train et ſot meſnaige De vil / meſchant / et oꝛd concubinaige [4995]Ou fut long temps detenu Theodoꝛich Il enuoya demander a Bertrich Pour loꝛs eſtant roy paiſible deſpaigne Sa fille aiſnee Hermenberge / a compaigne Ce que a plaiſir / ioye / et bon gꝛe obtint /. [5000]Et ſi vng temps / pour bien chere la tint Et a bon vueil fut de par luy receue Le pere auſſi / plaiſante en eut liſſue Comme eſperant eſtre a homme loyal Confedere / par lyen filial [5005]Et veoir ſa fille appariee / a tiltre Comble dhonneur /. Mais / ainſi quon fait tiſtre Malheur futur / ſans le croire aduenir Douleur pour ioye / eurent en ſouuenir Voire tous deux et la fille et le pere [5010]Par entremetz dennuyeux impꝛopere /. Car nonpourtant que a lencommancement Ce Theodoꝛich la receuſt doulcement A pompe / gloire / et feſte ſollempnelle Et quelques iours euſt gꝛand amour en elle [5015]Si fut depuys / par ne ſcay quel enhoꝛt Le doulx recueil ſoudain mue en oꝛd Departement / Ainſi que foꝛcerie
Bertrich / du retour de ſa fille / ſe veult venger de Theodorich. Denchantement et vile bꝛaſſerie Affollent gentz /. ſi foꝛt le deſuoya [5020]Que vers ſon pere a tant la renuoya En tel eſtat quelle vint / Comme celle Vierge au venir / et au retour pucelle §milestoneLe roy Bertrich dolent de ce retour Delibera luy faire vng autre tour [5025]Pour ce tranſmiſt (uers Clotaire) meſſaiges Laduertiſſant / que veuz tant de paſſaiges Ou Theodoꝛich luy auoit tenu toꝛt Sil luy plaiſoit eſtre de ſon accoꝛd Facilement de toute iniure ancienne [5030] Se vengeroit / comme luy / de la ſienne §De ce rappoꝛt / fut Clotaire ioyeux Comme celluy qui ne demandoit mieulx Et dit / ſi guerre en ce cas appareille Que de ſa part yꝛa pour la pareille /. [5035]Les meſſaigiers coururent de ce pas Vers Theodebert / qui moins nen ouffrit pas Car en ſon cueur auoit touſiours quelcune Suſpiction de ſecrete rancune §De la partans / paſſerent les deſtroictz [5040] De Alpes et montz /. affin que auecq ces trois Fuſt ioinct Agon le roy de Lombardie Le quel monſtrant poꝛter chere hardie
Theodorich fait guerre contre ſon frere Theodebert. Fueił Luy accoꝛda ſe alier et vnir Aux autres trois / pour Theodoꝛich pugnir [5045]Bien eſperant acquerir en lauance Bꝛuyt / loz / credit / gꝛos honneur et cheuance /. Son blanc ſcelle / loꝛs receu par iceulx Ambaſſadeurs ne furent pareſſeux Car vng chaſcun / de gaigner pays ſongne [5050] Penſans foꝛt bien auoir fait la beſongne /. Si ne tourna leur ambaſſade / a poꝛt De gꝛand effect /. Car tantoſt le rappoꝛt A Theodoꝛich / fut fait des aliances Aux quatre roys /. et de leurs malueillances [5055]Dont dennuiz gꝛandz / et doubteux receut maintz milestoneNon ſans raiſon on doubte bien pour moins §Quatre contre vng menans telle pꝛacticque Cauſent aſſez rendꝛe homme fantaſticque /. Loꝛs congnoiſſant que a toute enfermete [5060]Vertu / touſiours / ſe monſtre en fermete De ſeur pꝛopos /. Il pꝛint foꝛce et couraige Contre tempeſte aduancer quelque oꝛaige Soubz eſpoir tel que les roys ſi loingtains Seroient ſecours aux autres incertains [5065]Si miſt gentz ſus /. et tant en leua / que armes Y eut aſſez / pour faire gꝛandz vacarmes §milestoneLoꝛs Theodebert / eſperant veoir marcher
Conuenances de faire paix entre Theodorich et Theodebert freres. Les autres trois /. ſe aduanca de chercher Son frere / aux champs /. et ſus point de combatre [5070]Quil ne reſtoit / ſans plus / que armetz abatre Deuant le nez / pour en ardeur de cueur Penſer ſe veoir / non vaincu / mais vaincueur /. Pꝛeſtz de charger lun lautre / et coucher lances Les gentz de bien / au poix de leurs balances [5075] Peſans le faix du peril euident Pendu au fil de moꝛtel accident Sceurent ſi bien perſuader a layſe Quil fut conclud / les freres / A falayſe Pꝛomectre aller a peu gentz / pour traicter [5080]Finale paix / ſans riens y retracter §milestoneOꝛ Theodoꝛich / a la beſongne empꝛiſe Ne mena / foꝛs / dix mil hommes de pꝛiſe Mais Theodebert / beaucoup plus largement Pꝛiſt quant et luy / pour faire changement [5085]De paix / a guerre /. et rendꝛe amour extaincte Sil naduenoit au poinct de ſon attaincte Se Theodoꝛich fut craintif / veu leffoꝛt / Du frere ſien ſe monſtrant le plus foꝛt Cela ne fault ia ramener a doubte [5090]Car pour certain / de la beſongne toute Faictz / et moyens des articles comptez Il fut contrainct luy laiſſer deux comtez
Theodorich eſcript/a Clotaire pour faire guerre a Theodebert /.Fueił Ceſtaſſauoir Tourraine auecq Champaigne §Quoy que depuys en plumaſt la chaſtaigne [5095]Si empongna ces loppins / pour ſes dez Et ſa chandelle /. Oꝛ les pays cedez Paix ſe accoꝛda au gꝛe dune partie Mais non de lautre /. Et a la departie Par le pays en volla tel renom [5100]Quon diſoit lun content / et lautre nom Comme apparut / lan quinze / de leurs regnes Car Theodoꝛich laſcha bꝛides et reſnes De lalteree ardante paſſion En quoy mectoit ſon occupaſſion [5105]§milestoneDepuys le iour de ceſte paix contraincte En ſa penſee eut fantaſie eſtraincte Et ne faiſoit iour et nuict que penſer Comme il pourroit ſe bien reſcompenſer Et ſus ſon frere a belle guerre ouuerte [5110]Auoir ſoudain ſa perte recouuerte Pource enuoya a Clotaire vng reſcript Tel a peu pꝛes quil eſt icy eſcript /. § Si ie ſcauoye / O tu roy magnanime Que a vng deſir / qui le cueur mien anime [5115] Voulſiſſes ia oꝛes obtemperer Et pour vng temps tes foꝛces temperer Si que de toy euſſe ferme aſſeurance
Le contenu des lectres de Theodorich a Clotaire. Mon hayneux frere / eſtre hoꝛs deſperance De ta faueur / ayde poꝛt / et ſecours [5120] Armes pꝛendꝛoye / et rendꝛoye en ce cours Vers le dieu Mars ſi gꝛand tribut de hommaige Que lintereſt / de ma perte et dommaige Se trouueroit tantoſt reſcompenſe Et mauldiroit lheure dauoir penſe [5125] Tant me gꝛeuer / quant oncqueſmais pꝛint erres Pour me tollir telle part / de mes terres /. Gꝛand toꝛt me tient /. dont ie croy que pꝛou ſcez Le demene de tout noſtre pꝛoces /. Tu as credit / en acte dꝛoit et iuſte [5130] Te demonſtrer / comme vng Ceſar auguſte /. Tu as renom aymer gentz dequite Et ceulx hayꝛ rempliz diniquite /. Ie te ſupply a ce que tu depoꝛtes Et que ſuppoꝛt a ceſtuy la ne poꝛtes [5135] Que congnois terre / oultre ſa part tenir Qui ne luy peult et doibt appartenir En quoy faiſant / ſi lheur meſt ſi notoire Que contre luy puiſſe obtenir victoire Receu de toy ce gꝛacieux octroy [5140] Ie te pꝛomectz en parolle de roy Et foy de pꝛince / aloꝛs te faire rendꝛe Ce que ſus toy a oze entrepꝛendꝛe
Reſponſe de Clotaire a Theodorich.Fueił Et ſans raiſon furtiuement tollu /. §milestoneIncontinent / que Clotaire eut tout leu [5145]Ledit eſcript et la creance dicte Sus lheure fiſt reſponſe aſſez ſubite Diſant nauoir a ſon intention Foꝛt ſempeſcher de ceſte queſtion Et nentendoit au frere faire auance [5150]D aulcun ſuppoꝛt / qui luy poꝛtaſt gꝛeuance Et pour donner (a ſon eſpꝛit ) repos Lectres luy fiſt ſus ce meſme pꝛopos §milestoneEn ſainctete de vie / loꝛs vng homme Moult floꝛiſſoit / que Colombain on nomme [5155]Ceſt luy que fiſt Bꝛunechilde exiller Au par auant /. Il voulut conſeiller Le roy Clotaire / a ce que ſus ſa vie Neuſt de la guerre (aux deux freres) enuie Soy empeſcher / et quil ſe tint tout ſeur [5160]Eſtre en bꝛiefz iours leur hoir et ſucceſſeur /. Cela fut cauſe / Ainſi le peult on dire Quil differa la requeſte eſcondire Et ayma mieulx entre deux eaux naiger Que aydera lun / pour lautre endommaiger [5165]§milestoneOꝛ Theodoꝛich / aſſeure celluy eſtre Delibere ſeiourner en ſon eſtre Sans donner ayde (a ſon frere) et ſuppoꝛt /
Theodebert mys en fuyte par Theodorich. De ſon armee oꝛdonna le tranſpoꝛt Langꝛes paſſa / Verdun / Toul /. et la contre [5170]Vint Theodebert en armes alencontre §milestoneMais queſt beſoing par motz iteratifz Coucher au long tous les pꝛeparatifz Qui furent faiz auant que ioindꝛe enſemble Ceſt bien aſſez / que a vng chaſcun en ſemble [5175]Ce quen tel cas on peult croire et penſer Et du ſurplus me faire diſpenſer Sans / pour bon gꝛain ſemer legieres pailles /. §milestone Suffiſe a tant / que deux gꝛoſſes batailles En moins dvn an / enſemble eurent ces deux [5180]Freres germains /. Par quoy le pꝛoces deulx Fait et parfait /. fut la part deſconfite De Theodebert /. et touſiours mys en fuyte. milestoneMais reſte vng cas digne a rememoꝛer Qui ne doibt pas en oubly demourer [5185]Et dont leſcript / fait mention expꝛeſſe /. Ceſt que au conflict y eut ſi foꝛte pꝛeſſe Et ſi tres pꝛes ioignirent combatans Que les coꝛps moꝛtz demourerent eſtantz Sus leurs cheuaulx / ſans ce que tumber ſceuſſent [5190]Tant que les vngs ſus autres la foꝛce euſſent Ainſi quon voit gentz a pie tranſpoꝛtez En gꝛoſſe flotte au loing eſtre empoꝛtez
Theodorich pourſuyt Theodebert fuyant.Fueił Quant chaſcun tend a clere veue et dꝛoicte Marcher deuant par quelque voye eſtroicte [5195]Ainſi en fut Iuſques lune des partz Se veiſt rompue. Aloꝛs par terre eſpars Tant eut doccis que toute la contree Piteuſement fut des coꝛps acouſtree §milestoneQuant Theodoꝛich congneut tel entremetz [5200]Eſtre a ſon frere /. Et quen fuyant par Metz Eſſaya veoir a ſon faict quelque alongne Allant gaigner la cite de Coulongne En le ſuyuant gaſta tout le pays Dont citoyens et peuples eſbahys [5205]Foꝛt contriſtez / deuers luy ſe plierent Et a gꝛandz cris et pleurs luy ſupplierent Que pour vng ſeul / ceſte communite Neuſt a ſouffrir telle inhumanite §Sur ce leur diſt / que pour terre conquere [5210]Nentrepꝛenoit faire ſi foꝛte guerre Mais ſus ſon frere auoit vng remoꝛs tel Quil lextimoit ſon ennemy moꝛtel Et qui vouldꝛoit ceſte male tempeſte Veoir appaiſer /. quon luy donnaſt ſa teſte [5215]Et que de tous moyens ceſtuy ſeroit Cauſe que tout leur malheur ceſſeroit §milestoneCeulx de Coulongne / Apꝛes reſponſe telle
La traytreuſe et vilaine mort de Theodebert. Vers Theodebert vſerent de cautelle Et des ce iour oſerent diſpoſer [5220]Publicquement deuant luy pꝛopoſer Se demourer / vouloit en pacience Que ſelon dieu / et bonne conſcience Des gꝛandz treſoꝛs paternelz quil tenoit Vne partie egale appartenoit [5225]A Theodoꝛich ſon frere /. Et pour paix faire Auecques luy / len debuoit ſatiſfaire Veu quil offroit doulcement ſen partir Se iuſte part luy vouloit departir §Penſant auoir doulx accoꝛd / et traictable [5230]Et leur parolle (en ce cas) eſtre eſtable Tous ſes treſoꝛs departir conſentit Dont de la moꝛt ſoudain le coup ſentit Car extimant que ſon frere fiſt offres De telle ſoꝛte /. alla ouurir ſes coffres [5235]Et ceulx mena dedans ſon cabinet Deſquelz penſoit faire ſon cas bien nect §Loꝛs empeſche a veoir bourſes et pouches Pour mectre a part pieces de bonnes touches En ſe baiſſant (non doubteux de ce coup) [5240]Vng des pꝛeſentz / ſans demourer beaucoup Ainſi que ardeur / par furie homme enteſte Tira ſon glayue / et luy trencha la teſte
Brunechilde occit les deux filz de Theodebert.Fueił Le quel coup fait / Aux murs de la cite Courut ſoudain / en la ferocite [5245]Dardante aigꝛeur et colere bouillante Tenāt leſpee en main / nue et ſanglante Et par les crins la teſte en lautre main Que alla gecter ce meurdꝛier inhumain A Theodoꝛich par deſſus la muraille [5250]Sans luy permectre honneur de funeraille §milestoneDe ceſte moꝛt oncques il ne monſtra Triſte ſemblant /. milestoneMais triumphant entra Dedans la ville /. et tantoſt fut ſaiſie Sans contredit aulcun toute Auſtraſie /. [5255]Loꝛs applicquant treſoꝛs a ſes pꝛouffitz Fiſt emmener quant et luy les deux filz Du frere occis / et vne ieune fille Auſſi leur ſeur / belle / doulce / et gentille Leſquelz deux filz (quon neuſt penſe iamais) [5260]Incontinent que arriuerent a Metz Ou Bꝛunechilde ( eſpꝛiſe au feu denuie) Les actendoit / furent pꝛiuez de vie milestoneEt de ſa main (par la diſcution De ce pꝛoces) fiſt lexecution [5265]Qui eſt vng cas a croire difficile Que femme fuſt ſi legiere et facile A cruaultez telles executer
Theodorich voulut eſpouſer ſa niepce. Et ſon ſang pꝛopꝛe ainſi perſecuter /. §Si ceſt menſonge ou pure tragedie [5270]Nafferme pas / Quoy que redige et die Ce neſt que apꝛes autres pluſieurs aucteurs Doncq ſe ie mentz / quon les tienne menteurs /. §Suyuons pꝛopos. milestoneTheodoꝛich loꝛs paiſible De tous les deux royaumes (ſans nuyſible [5275]Empeſchement) A Clotaire rendit Certain duche / par loy de ſeur edit Se recoꝛdant quen la choſe pꝛemiſe Bien ſe acquicta / ſelon ſa foy pꝛomiſe Touchant ſon frere / ainſi que auoit requis [5280]Car autrement a peine leuſt concquis §milestoneAinſi viuant / en repoz et a laiſe Sans recepuoir ennuy / qui luy deſplaiſe Fut Cupido / impꝛimant de ſon dard Par le trauers du ſien cueur / lecon de art [5285]Damour pongnant / qui lenflamma de celle Belle / courtoiſe / et honneſte pucelle Qui ſa niepce eſtoit /. Iuſqua poſer Ferme pꝛopos / de vouloir leſpouſer § Quant Bꝛunechilde (Ainſi quenuie excite [5290]Cueur feminin Maintint neſtre licite Bon ne decent / le veoir apparente A elle tant pꝛouchaine en parente
Theodorich cuyda tuer Brunechilde.Fueił Ains ſeroit tour deſhonneſte et infame Pꝛendꝛe la fille ( a ſon frere) pour femme [5295]milestoneLoꝛs deſplaiſant et deſpit / par fureur Luy diſt ces motz / pleins de moꝛtelle aigꝛeur /. Femme haye et de dieu / et du monde Qui ouuriroit de ton faulx cueur la bonde On trouueroit cent mil cas exceſſifz /. [5300] Ne mas tu dit /. que Theodebert occis Eſtoit baſtard /. et riens ne mattenoit Et que vng galand iardinier maintenoit Par adultere (en ieunes ans) ma mere /. Triſteſſe poꝛte angoiſſeuſe et amere [5305] Dauoir ainſi mon frere fait mourir /. Ceſtuy neſt ſeul que tu as fait meurdꝛir /. O deſloyalle A tout mal occuppee Oꝛes ſcauras ſi a poincte deſpee Mon dextre bꝛaz ſcaura eſtre vainqueur [5310] Du tien cruel / vilain / laſche / et vain cueur §Cela diſant / ſeffoꝛca de luy mectre Leſpee au coꝛps / qui leuſt voulu permectre /. Loꝛs gentz de bien et couraiges piteux Pour la ſauluer ſe miſrent entre deux [5315]Et ce pendant / quelque homme en ce pas ſaige Soudaindement / luy fiſt voye et paſſaige Dont eſuita ce perilleux dangier
Brunechilde fiſt par poyſon mourir Theodorich. milestoneMais toſt apꝛes eſmeue a ſe vanger Ainſi quon voit femme vindicatiue [5320]A mal exploict curieuſe et haſtifue Ne faillit pas bꝛaſſer la mixtion De venimeuſe amere potion Et pꝛacticqua de ſoꝛte foꝛt ſauuaige Aulcuns pꝛiuez du roy / pour ce bꝛuuaige [5325] Luy faire boire /. vng iour ſoꝛtant du baing Ce que fut fait /. dont il mourut ſoudain § Aulcuns pourtant (comme en pꝛopos on entre) Ont dit / ſa fin / eſtre dun flux de ventre Apꝛes quil eut regne dix et huyt ans. [5330]§Laiſſons la doubte / aux maiſtres diſputans Fuſt par poiſon / ou flux / Il eſt notoire Quil deceda /. milestoneDoncques au roy Clotaire Cheut le royaume entier /. A autre non Ainſi que aduint au pꝛemier de ce nom [5335] §milestoneOꝛ auons dit et teu depuys Clotaire Ce que a ſemble bon eſtre a dire et taire Car il ſuffiſt tant milestonedu bel et du let Cueillir ſans plus / la creme ſus le laict. Et pour autant que noſtre pꝛeſent liure [5340]A commance ſus lun / Loffre ſe liure Mectre icy fin / pour commancer le tiers A lautre auſſi /. ce que fais voluntiers
Concluſion et fin de ce volume.Fueił Car mes eſpꝛitz demandent repoſee Par quoy la plume au ſeiour ay poſee [5345]Excuſez doncq elle & eulx /. Ceſt ce que ont / Mys par eſcript / du volume ſecond.
: mieulx. que. pis :-
fin
du ſecond
uolume des cronicques
de
france :-:-
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§Si le propos ne nous est ennuyeux, [4990]À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
verrons femme espousee, Et puys+par [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] aprés, matiere disposee Que quatre roys le tiendront+tiennent [BnFfr23146] odïeux.
§ Chapitre xxxiii+Chapitre xxxiiii me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappittre xxxiiiie [Aix419]Chapitre xxxiiiie [BnFfr17274]Chapittre .xxxiiiie. [Cha515]
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
espousa la fille au roy d'Espaigne milestoneAprés mener le train et sot mesnaige De vil, meschant et ord concubinaige, [4995]Où fut longtemps detenu TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, Il envoya demander à BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, Pour lors estant roy paisible d'Espaigne, Sa fille aisnee, HermenbergeErmenberge (VIe siècle — 607) Princesse Wisigothe (?-?)
Reine des Francs (?-?)
Princesse wisigothe, femme de Théodoric II, à compaigne, Ce que à plaisir, joye et bon gré obtint. [5000]Et si, ung temps, pour bien chere la tint, Et à bon vueil fut de par luy receue, Le pere aussi plaisante en eut l'issue, Comme esperant estre à homme loyal Confederé+Confederee [BnFfr17274], par lÿen filïal, [5005]Et veoir sa fille apparïee à tiltre Comblé d'honneur. Mais ainsi qu'on fait tistre Malheur futur sans le croire advenir, Douleur pour joye eurent en souvenir Voire tous deux, et la fille et le pere, [5010]Par entremetz d'ennuyeux impropere+improperes [BnFfr23146]. Car non pourtant que à l'encommancement+le
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
la receust doulcement, À pompe, gloire et feste sollempnelle, Et quelques jours eust grand amour en elle, [5015]Si fut depuys, par ne sçay quel enhort, Le doulx recueil soudain müé+müer [BnFfr23146] en ord De partement, ainsi que forcerie+sorcerye [Cha515]
BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, du retour de sa fille, se veult venger de TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
D'enchantement et vile brasserie Affollent gentz. Si fort le+se [BnFfr4964, BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515]om. [Aix419] desvoya [5020]Que vers son pere, à tant, la+le [BnFfr17274] renvoya En tel estat qu'elle vint+vit [BnFfr23146], comme celle Vierge au venir et au retour pucelle+plus celle [BnFfr4965]1. §milestoneLe roy BertrichWittéric (570 — ?) Roi des Wisigoths, dolent de ce+se [BnFfr23146] retour, Delibera luy faire ung autre tour. [5025]Pour ce, transmist vers ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
messaiges L'advertissant que, veuz+veu que [BnFfr4965]que [BnFfr17274] tant de passaiges Où TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
luy avoit tenu tort, S'il luy plaisoit estre de+om. [BnFfr4965] son accord, Facilement, de+de [BnFfr17274]om. [BnFfr23146] toute+l' [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] injure ancienne [5030]Se+Le [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] vengeroit, comme luy de la sienne. §De ce rapport, fut ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
joyeux Comme celluy qui ne demandoit +pas [BnFfr4964] mieulx. Et dit, si guerre en ce cas appareille, Que de sa part yra pour la pareille. [5035]Les messaigiers coururent de ce pas Vers TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, qui moins n'en ouffrit pas, Car en son cueur avoit tousjours quelc'une Suspictïon de secrete rancune. §De là partans, passerent les destroictz [5040]De+Des [BnFfr23146] Alpes et montz, affin que avecq ces+ses [BnFfr23146] trois Fust joinct AgonAgilulf (VIe siècle — 616) Roi lombard, le roy de Lombardie. Lequel, monstrant+Le demonstrant [BnFfr17274] porter chere hardie,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
fait guerre contre son frere TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Luy+Leur [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146] accorda se alïer et unir Aux autres trois, pour TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
pugnir, [5045]Bien esperant acquerir en l'avance Bruyt, loz, credit, gros honneur et chevance. Son blanc scellé+seller [BnFfr23146], lors receu par iceulx, Ambassadeurs ne furent paresseux, Car ung chascun de gaigner paÿs songne, [5050]Pensans+Pensant [BnFfr17274, BnFfr23146] fort bien avoir fait la besongne. Si ne tourna leur+leurs [BnFfr23146] ambassade à port De grand effect, car tantost le rapport, À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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, fut fait des alïances Aux quatre roys et+om. [BnFfr23146] de leurs+leur [BnFfr17274] malveillances+malveillance [BnFfr23146], [5055]Dont, d'ennuiz grandz et doubteux, receut maintz+moins [BnFfr23146]2, milestoneNon sans raison+om. [Aix419]. On doubte bien pour moins. §Quatre contre ung, menans telle practicque, Causent assez rendre homme+l'homme estre [BnFfr4965]randre l'homme [BnFfr23146] fantasticque. Lors, congnoissant+congnoissans [Aix419] que à toute enfermeté [5060]Vertu tousjours se monstre en fermeté De seur propos, il print force et +
Fils de Childebert II, esperant veoir marcher
Convenances de faire paix entre TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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et TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II freres Les autres trois, se advança de chercher Son frere aux champs. Et sus point de combatre [5070]Qu'il ne restoit, sans plus, que armetz+armect [Aix419]armes [BnFfr17274] abatre Devant le+les [BnFfr23146] nez, pour en ardeur de cueur Penser se veoir+Estre ce jour [BnFfr4965, BnFfr17274]Estre se jour [BnFfr23146] non vaincu mais vaincueur, Prestz de charger l'un l'autre et coucher lances, Les gentz de bien, au poix+aupres [Cha515]au pres [BnFfr4964] de leurs+leur [BnFfr23146] balances, [5075] Pesans+Pensans [BnFfr23146] le faix+fesz [Aix419]fusz [BnFfr23146] du+de [BnFfr23146] peril evident,+om. [BnFfr17274] Pendu au fil de mortel accident, Sceurent si bien persüader à l'ayse Qu'il fut conclud les freres, à Falayse, Promectre aller à peu gentz, pour traicter [5080]Finale paix, sans riens+ren [BnFfr23146] y retracter4. §milestoneOr, TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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, à la besongne emprise, Ne mena fors dix mil hommes+homme [BnFfr17274]homme [BnFfr23146] de prise. Mais TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, beaucoup plus largement, Prist quant et5 luy pour faire changement [5085]De paix à guerre, et rendre amour extaincte, S'il n'advenoit au poinct de son attaincte. Se+Ce [BnFfr4965] TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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fut craintif, veu l'effort Du frere sien, se monstrant le plus fort, Cela ne fault ja ramener à+en [BnFfr23146] doubte. [5090]Car pour certain de la besongne toute, Faictz et moyens des articles comptez, Il fut contrainct luy laisser deux comtez,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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escript à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
pour faire guerre à TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II C'est assavoir Tourraine avecq+et [BnFfr17274]avecque [BnFfr23146] Champaigne. §Quoy que depuys en plumast la chastaigne+le chastrage [BnFfr23146]6, [5095]Si empongna ces loppins pour ses dez Et sa chandelle7. Or, les paÿs cedez, Paix se accorda au gré d'une partie, Mais non de l'autre. Et à la departie, Par le paÿs, en volla tel renom [5100]Qu'on disoit l'un content et l'autre nom+non [Aix419, BnFfr17274], Comme apparut l'an quinze+xve [BnFfr23146] de leurs regnes+leurs regnes [BnFfr17274]leur resne [BnFfr23146], Car TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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lascha brides et resnes De l'alteree ardante passïon En quoy mectoit son occupassïon8. [5105]§milestoneDepuys le jour de ceste paix contraincte, En sa pensee eut fantasie estraincte, Et ne faisoit jour et nuict+nuit et jour [BnFfr23146] que penser Comme il pourroit se bien+bien se [BnFfr4965]ce bien [Aix419] rescompenser, Et sus son frere à belle guerre ouverte [5110]Avoir soudain sa perte recouverte. Pour ce, envoya à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
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ung rescript Tel, à peu prés, qu'il est icy escript : § « Si je sçavoye, o tu roy magnanime, Que à ung desir, qui+que [Aix419]que [BnFfr23146] le cueur mien anime, [5115] Voulsisses ja ores obtemperer, Et pour ung temps tes forces temperer, Si que de toy eusse ferme asseurance
Le contenu des lectres de TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
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Mon hayneux frere estre hors d'esperance+esperance [Aix419]esperance [BnFfr17274]esperance [BnFfr23146, BnFfr4964, BnFfr4965, Cha515], De ta faveur, ayde, port et secours, [5120] Armes prendroye et rendroye en ce cours, Vers le dieu MarsMars Dieu romain de la guerre, si grand tribut de hommaige, Que l'interest de ma perte et dommaige Se trouveroit tantost rescompensé . Et mauldiroit l'heure d'avoir pensé [5125] Tant me grever, quant oncquesmais print erres Pour me tollir telle part de mes terres. Grand tort me tient, dont je croy que prou+pou [BnFfr23146] scez Le demené de tout nostre procés. Tu as+es [BnFfr4965] credit, en acte droit et juste, [5130] Te demonstrer comme ung Cesar AugusteAuguste (21/09/62 av J.C. — 17/08/14) Premier empereur romain de 27 av. J.-C. à 14. Tu as renom +renom [BnFfr23146] aymer gentz d'equité Et ceulx haÿr rempliz d'iniquité. Je te supply à ce que tu+te [BnFfr17274, BnFfr23146] deportes, Et que support, à cestuy là, ne portes, [5135] Que congnois terre+terres [BnFfr23146] oultre sa part tenir, Qui ne luy peult et doibt appartenir. En quoy faisant, si l'heur m'est si notoire Que contre luy puisse obtenir victoire, Receu de toy ce gracïeux octroy, [5140] Je te promectz, en parolle de roy Et foy de prince, alors te faire rendre Ce que sus toy a ozé entreprendre
Response de ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
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à TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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Et sans raison furtivement tollu. » §milestoneIncontinent que ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
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Roi des Francs (613-629)
eut tout leu [5145]Le dit escript+rescript [Aix419, Cha515] et+à [BnFfr23146] la creance dicte, Sus l'heure fist+faict [BnFfr23146] response assez subite+subtille [BnFfr23146], Disant n'avoir à+en [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] son intentïon Fort s'empescher de ceste questïon, Et n'entendoit, au+à [BnFfr17274] frere, faire avance [5150]D' aulcun support qui luy portast grevance. Et pour donner à son esprit+rescript [BnFfr23146] repos, Lectres+Lectre [BnFfr23146] luy+om. [BnFfr17274] fist+fait [BnFfr23146] sus ce mesme propos9. §milestoneEn saincteté de vie lors ung homme Moult florissoit, que ColombainColomban de Luxeuil, saint (entre 540 et 543 — 26/11/615) Saint catholique, moine et missionnaire on nomme. [5155]C'est luy que+qui [BnFfr23146] fist BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
exiller Auparavant. Il voulut conseiller Le roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
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à ce que, sus sa vie, N'eust de la guerre aux deux freres envie Soy empescher, et qu'il se tint tout seur [5160]Estre en briefz+brief [BnFfr23146] jours leur+leur
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asseure celluy+cestuy [BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515] estre Deliberé sejourner en son estre, Sans donner ayde à son frere+à son frere ayde [BnFfr4965] et support.
TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II mys en fuyte par TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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De son armee ordonna le transport. Langres passa, Verdun, Toul et, là contre+conte [BnFfr23146], [5170]Vint TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II en armes à l'encontre11. §milestoneMais qu'est besoing par motz iteratifz Coucher+Couché [BnFfr23146] au long tous les preparatifz Qui furent faiz+faict [BnFfr17274] avant que joindre ensemble ? C'est bien assez que à ung chascun en semble [5175]Ce qu'en tel cas on peult croire et penser,+entendre [BnFfr23146] Et du surplus me faire dispenser, Sans pour bon grain semer legieres pailles12. §milestoneSuffise+Suffisent [BnFfr23146] à tant+tout [BnFfr23146] que deux grosses batailles, En moins d'un an, ensemble eurent ces deux [5180]Freres germains. Par quoy, le procés d'eulx Fait et parfait, fut la part desconfite De TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II, et tousjours mys en fuyte13. milestoneMais reste ung cas digne à rememorer, Qui ne doibt pas en oubly demourer, [5185]Et dont l'escript fait mentïon expresse. C'est que au conflict y eut si forte+grosse [BnFfr4965] presse Et si trés près joignirent +les [BnFfr4965] combatans, Que les corps mortz demourerent estantz Sus leurs chevaulx, sans ce que tumber sceussent, [5190]Tant que les ungs sus autres la force eussent, Ainsi qu'on voit gentz à pié transportez En grosse flotte, au loing estre emportez,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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poursuyt TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II fuyant Quant chascun tend, à clere veue et droicte, Marcher devant par quelque voye estroicte. [5195]Ainsi en fut+advint [BnFfr4965], jusques l'une des partz Se veist+veoit [BnFfr4965] rompue. Alors+À tous [BnFfr23146], par terre+le champ [BnFfr4965] espars, Tant eut d'occis que toute la contree+De corps occis y eut si lourde attaincte [BnFfr4965] Piteusement fut des corps acoustree14.+Que terre en fut de sang rougie et taincte. [BnFfr4965] §milestoneQuant TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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congneut tel entremetz [5200]Estre à son frere, et qu'en fuyant par Metz Essaya veoir à son faict+à son faict veoir [BnFfr17274] quelque alongne, Allant gaigner la cité de Coulongne, En le suyvant gasta tout le paÿs, Dont citoyens et peuples+peuple [BnFfr23146] esbahys, [5205]Fort contristez, devers luy se plierent Et à+en [BnFfr17274, BnFfr23146] grandz cris et pleurs luy supplierent Que pour ung seul, ceste+cest [BnFfr23146] communité N'eust à souffrir telle inhumanité. §Sur ce, leur dist que pour terre conquere [5210]N'entreprenoit faire si forte guerre, Mais sus son frere avoit ung remors tel Qu'il l'extimoit son ennemy mortel. Et qui+qu'il [BnFfr4965, Aix419]qui
La traytreuse et vilaine mort de TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Vers TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II userent de cautelle. Et, dès+de [BnFfr17274] ce jour, oserent disposer [5220]Publicquement, devant luy proposer Se demourer vouloit en pacïence Que, selon DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et bonne conscïence, Des+De [BnFfr4965]De
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son frere. Et pour paix faire Avecques luy, l'en debvoit satisfaire, Veu qu'il offroit doulcement s'en partir, Se juste part luy vouloit departir.+om. [BnFfr4964] §Pensant avoir doulx accord et traictable, [5230]Et leur parolle en ce cas estre estable, Tous ses tresors departir consentit, Dont de la mort soudain le coup sentit. Car, extimant que son frere fist offres De telle sorte, alla ouvrir ses coffres [5235]Et ceulx mena dedans son cabinet Desquelz pensoit faire son cas bien nect. §Lors, empesché à veoir bourses et pouches, Pour mectre à part pieces de bonnes+bonne [BnFfr23146] touches, En+Et [BnFfr23146] se baissant , non doubteux+doubtant [BnFfr23146] de ce coup, [5240]Ung des presentz, sans demourer beaucoup, Ainsi que ardeur, par furie, homme+l'homme [BnFfr23146] enteste, Tira son glayve et luy trencha la teste.
BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
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occit les deux filz de TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II Lequel coup fait+feit [BnFfr23146], aux murs de la cité Courut soudain, en la ferocité+fureur exercité [BnFfr4965] [5245]D'ardante aigreur et colere bouillante, Tenant l'espee en main+en main l'espee [BnFfr4965, BnFfr23146] nue et sanglante, Et par les crins+crais [BnFfr23146] la teste en l'autre main, Que+Le [BnFfr4965] alla gecter ce meurdrier inhumain À TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
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, par dessus la muraille, [5250]Sans luy permectre honneur de funeraille+funerailles [BnFfr23146]16. §milestoneDe ceste mort, oncques il ne monstra Triste semblant17. milestoneMais, triumphant, entra Dedans la ville. Et tantost fut saisie, Sans contredit aulcun+d'aucun [Aix419, Cha515], toute Austrasie. [5255]Lors, applicquant tresors à ses prouffitz, Fist emmener, quant et+avecq [Aix419] luy, les deux filz Du frere occis et une jeune fille. Aussi leur seur, belle, doulce et gentille, Lesquelz deux filz, qu'on n'eust+eut [BnFfr23146] pensé jamais, [5260]Incontinent que arriverent à Metz, Où BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
esprise au feu d'envie Les actendoit, furent privez de vie18. milestoneEt de sa main , par la discutïon De ce procés, fist l'executïon,+om. [BnFfr23146] [5265]Qui est ung cas à croire difficile Que femme+om. [BnFfr17274] fust si legiere et facile À cruaultez telles executer
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
voulut espouser sa niepce Et son sang propre ainsi persecuter. §Si c'est mensonge, ou pure tragedie, [5270]N'afferme pas. Quoy que redige et die, Ce n'est que aprés autres plusieurs+plusieurs autres [BnFfr4965] aucteurs, Doncq se je mentz, qu'on les tienne menteurs19. §Suyvons propos. milestoneTheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
, lors paisible, De tous les deux royaumes, sans nuysible [5275]Empeschement, à ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
rendit Certain duché, par loy de seur edit, Se recordant qu'en la chose premise, Bien se acquicta selon sa+la [BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146] foy promise, Touchant son frere, ainsi que avoit requis, [5280]Car autrement à peine l'eust concquis20. §milestoneAinsi vivant en repoz et à l'aise, Sans recepvoir ennuy qui+qu'il [BnFfr17274, BnFfr23146] luy desplaise, Fut CupidoCupidon Dieu de l'amour dans la mythologie romaine imprimant, de son dard, Par le travers du sien+de son [BnFfr4965] cueur, leçon de art [5285]D'amour pongnant, qui l'enflamma de celle Belle, courtoise et honneste pucelle Qui sa nïepce estoit, jusqu'à poser Ferme propos de vouloir l'espouser. §Quant+Or [BnFfr17274, BnFfr23146] BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
, ainsi qu'envie excite [5290]Cueur feminin, maintint n'estre licite, Bon ne+et [Aix419] decent le veoir apparenté À elle, tant prouchaine en parenté,
TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
cuyda tuer BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
Ains seroit tour deshonneste et infame Prendre la fille à+de [BnFfr23146] son frere pour femme21, [5295]milestoneLors, desplaisant et despit par fureur, Luy dist ces motz pleins de mortelle aigreur : « Femme haÿe et de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et du monde, Qui ouvriroit de ton faulx cueur la bonde, On trouveroit cent mil cas excessifz ! [5300] Ne m'as tu dit que TheodebertThibert II (585 — 612) Roi des Francs d'Austrasie (596-612)
Fils de Childebert II occis Estoit bastard et riens ne m'attenoit ? Et que ung galand jardinier maintenoit Par adultere, en jeunes ans, ma mere ? Tristesse porte angoisseuse+angouesse [BnFfr23146] et amere, [5305] D'avoir ainsi mon frere fait+faire [BnFfr17274] mourir. Cestuy n'est seul que tu as fait meurdrir ! O desloyalle à+et [BnFfr4965, BnFfr23146] tout+tant [BnFfr23146] mal occuppee, Ores sçauras si, à poincte d'espee, Mon dextre braz sçaura estre vainqueur [5310] Du tien crüel, vilain, lasche et vain cueur ! » §Cela disant, s'efforça de luy mectre L'espee au corps, qui l'eust voulu permectre. Lors, gentz de bien et+en [BnFfr17274, BnFfr23146] couraiges piteux, Pour la saulver, se misrent entre deux. [5315]Et cependant+se pendent [BnFfr23146], quelque homme en ce+se [BnFfr23146] pas22, saige, Soudaindement, luy fist voye et passaige, Dont esvita ce perilleux dangier23.
BrunechildeBrunehaut (entre 545 et 550 — 613) Princesse Wisigoths (?-566)
Reine des Francs d'Austrasie (566-575)
fist par poyson mourir TheodorichThierry II (587 — 613) Roi des Francs de Bourgogne (596-613)
Roi des Francs d'Austrasie (612-613)
milestoneMais tost aprés, esmeue à se+ce [Aix419] vanger, Ainsi qu'on voit femme vindicative+fames vindicatives [BnFfr23146], [5320]À mal exploict, curïeuse+furieuse [BnFfr4965] et hastifve, Ne faillit pas brasser+trasser [BnFfr23146] la mixtïon De venimeuse amere potïon, Et practicqua, de sorte fort sauvaige, Aulcuns privez du roy, pour ce bruvaige [5325] Luy faire boire, ung jour sortant du baing. Ce que fut fait, dont il+om. [BnFfr17274, BnFfr23146] mourut +tout [BnFfr17274, BnFfr23146] soudain. § Aulcuns, pourtant, comme en propos on+om. [BnFfr4965] entre, Ont+On [BnFfr17274] dit sa fin estre d'un flux de ventre, Aprés qu'il eut regné dix et+om. [Aix419] huyt ans. [5330]§Laissons là doubte aux maistres disputans, Fust par poison ou flux, il est notoire Qu'il deceda24. milestoneDoncques au roy ClotaireClotaire II (584 — 21/10/629) Roi des Francs de Neustrie (584-613)
Roi des Francs de Paris (595-613)
Roi des Francs d'Austrasie et de Bourgogne (613-629)
Roi des Francs (613-629)
Cheut+Escheut [Aix419] le royaume entier, à autre non, Ainsi que advint au premier de ce+se [BnFfr23146] nom25. [5335] §milestoneOr avons dit et teu, depuys+om. [BnFfr23146] ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
,+om. [BnFfr4964, Cha515] Ce que+qu'il [BnFfr4965] a semblé bon estre à dire et +à [BnFfr23146] taire.+om. [BnFfr4964, Cha515] Car il suffist, tant milestonedu bel+ber [BnFfr23146] et+que [BnFfr17274, BnFfr23146] du let26,+om. [BnFfr4964, Cha515] Cueillir, sans plus, la creme sus le laict.+om. [BnFfr4964, Cha515] Et pour autant que nostre present livre [5340]A commancé sus l'un+luy [Cha515], l'offre se livre Mectre icy fin, pour commancer le tiers À+Et [Aix419] l'autre aussi+icy [Aix419], ce+se [BnFfr23146] que fais+faict [BnFfr17274] voluntiers27.
Conclusion et fin de ce volume Car + [BnFfr4964] mes espritz demandent reposee, Par quoy la plume au+en [BnFfr23146] sejour ay+je [BnFfr23146] posee. [5345]Excusez doncq, elle et eulx, c'est+om. [BnFfr4965] ce+se [BnFfr23146] que ont Mys par escript du volume second.
mieulx que pis+om. [BnFfr4965, Aix419]
fin du second volume des cronicques de France
Note n°1
Cretin semble ici s'appuyer
prioritairement sur les GCF, liv. IV, chap. 14 (vol.
2, p. 53-54), dont il escamote la référence à l'influence délétère
de Brunehaut sur le mariage de Thierry II : « En ce tens,
envoia ses messages li rois Theoderis à Bertrit le roi d'Espagne
; li message furent cil Arides, arcevesques de Lyons, Rocones et
Eborins, qui estoient dui grant seigneur en son palais. Par iaus
li mandoit que il li envoiast sa fille et bien preist, se il
voloit, le sairement des messages que ele seroit roine clamée
toz les jors de sa vie. Li rois Bertriques fu moult lez de ceste
chose, sa fille livra aus messages, avoir et joiaus li charcha
asez. Li rois Theoderis la reçut volentiers et moult en fu liez
; une piece dou tens l'ama moult, mais la desloiaus Brunehout
fist tant par ses sorceries que il ne la cognut ainques
charnement ; plus fist li deables, car ele mena le roi à ce que
il li toli tout son tresor et ses joiaus et la renvoia en
Espagne ; la dame avoit non Mauberge. » Le récit donné par
Gaguin-Desrey, fol. XXVr orthographie les noms différemment et est
généralement moins proche de la Chronique française,
puisqu'il mentionne la descendance naturelle de Thierry II mais
n'évoque pas l'absence de consommation du mariage : « En aprés
Thierry, qui n'avoit encores usé de nopces legitimes, mais avoit
eu deux filz d'une concubine, tourna son couraige à prendre
l'allyance de mariaige. Deteric, roy d'Espaigne, avoit une fille
en aage de marier, laquelle Thierry par ses ambassadeurs demanda
à femme et espouse, la foy promise qu'elle seroit à tousjours
son espouse et royne. Deteric, pere de Memberge (car c'estoit le
nom de la fille), joyeulx de ce gendre, espousa sa fille à
Thierry, laquelle il ayma cordiallement et parfaictement. Mais
Brunechilde, envyeuse de ceste si estroicte charité, tellement
pervertit le couraige du roy que, la compagnye de sa femme
despisee, la renvoya à son pere Deteric, avecques tous les dons
paternelz qu'elle avoit apportez. »
Note n°2
Il est difficile de déterminer
ici laquelle de ses deux sources principales Cretin suit en
priorité. GCF, liv. IV, chap. 14 (vol. 2, p. 54) :
« Moult fu li rois Bertriques correciez de ce que il ot
ensi sa fille refusée. Pour ce manda au roi Clothaire que se il
avoit talent de venchier les domaches que li rois Theoderis li
avoit faiz, volentiers s'alieroit à lui pour prendre venjance de
la honte que il avoit faite à sa fille. Li rois Clothaires
s'acorda volentiers à ceste chose, puis envoia ces meismes
messages ou roi Theodebert pour savoir se il s'acompagneroit à
iaus en ceste besoigne. Il respondi que volentiers le feroit.
Après furent li message envoié au roi Agoin de Lombardie pour
savoir se il vorroit estre li quarz, si que il corussent sus au
roi Theoderic tuit d'un acort et li tousissent regne et vie.
Quant li rois Theoderis sot que cil IIII roi orent ensi faite
conspiration contre lui, il en ot moult grant desdaing. Atant
retornerent li message au roi d'Espagne, leur seigneur, qui bien
cuiderent avoir fornie leur besoigne. » Gaguin-Desrey,
fol. XXVr : « De laquelle ignominye, le roy Deteric, injurié
par Thierry, envoya ses ambassadeurs solliciter Clotaire de
reduyre en sa memoire ce que Thierry avoit commis à l'encontre
de luy par premier bataille, et luy donner secours et aide à ce
venger de ceste injure. Trés joyeusement receut Clotaire les
ambassadeurs de Deteric, et les envoya à son frere Thidebert
pour essayer s'il se vouloit joindre et associer avecques eulx
en ceste bataille, lequel respondit aux ambassadeurs que ainsi
le feroit. De là partirent iceulx ambassadeurs et s'en allerent
aux Lombars par devers le roy Agon, et luy reciterent comment
troys roys avoient ensemble juré contre Thierry et que encores
estoit temps si pour le quart se vouloit joindre et associer
avecques eulx, et que par ce moyen facillement pourroient venger
les maulx et dommaiges qu'ilz avoient receuz du roy Thierry.
Agon promist de se joindre et copuler avecques les troys roys
dessus nommez, de laquelle chose les ambassadeurs furent
resjouys, retournerent au roy Deteric et luy compterent leur
entreprinse, dont fut moult joyeulx. La conjuration des quattre
roys rapportee à Thierry, trés griesvement porta la
chose. »
Note n°3
Ce commentaire en forme d'appréciation
et la résolution de Thierry II de se défendre militairement sont de
la plume de Cretin.
Note n°4
Cretin suit
Gaguin-Desrey, fol. XXVr sans reconnaître Seltz dans le lieu des
pourparlers : « Thidebert, esperant que les aultrs roys se
assembleroient en bataille, marcha le premier avecques son
armee, et les roys venans l'ung devant l'aultre ne fut
aucunement bataille, mais ambassadeurs envoyez d'une part et
d'aultre. Fut jour assigné au chasteau de Salese pour composer
la paix et accord. » Il s'agit d'une nouvelle occurrence
de la topique des négociations au moment d'engager la bataille, déjà
convoquée aux v. 484-494, 3532-3557 et 4956-4967. Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 58) évoquent
une condition de ces pourparlers que Cretin ignore, et qui prend une
importance capitale dans la suite du récit : « Li rois
Theodeberz, qui cuida aucune chose aquerre et conquester seur le
roi Theoderic son frere, esmut ses oz contre lui ou XVe an de son regne ; mais par le
conseil d'aucuns prodomes, qui de la pais porchacier entre les
freres se penoient, fu pris uns jors de pais en un lieu qui est
apelez Saloise. Là fu ordené que il venroient au joir à poi de
compagnie, et amenrroient de leur plus granz barons et des plus
sages pour plus tost acorder ensemble. »
Note n°5
En même temps que.
Note n°6
En réserva un traitement de
faveur.
Note n°7
L'expression est signalée
dans la Farce de maître Pathelin par le DMF, sans que
le sens en soit précisé : « pour son jeu » ?
Note n°8
Cretin résume Gaguin-Desrey, fol. XXVr :
« Auquel lieu [des négociations] se transporta le roy
Thierry avec dix mille hommes. Y alla aussi Thidebert en
beaucoup plus grant nombre de chevaliers, soubz couraige et
volunté de tout destruyre se son frere refusoit les convenances.
Thierry, espouenté du nombre de gens que son frere avoit, ne
repugna aucunement de recevoir la paix toute telle que Thidebert
vouloit. Fut doncques convenu et accordé entre les roys que
Thidebert recevroit et tiendroit perpetuellement les deux comtez
de Touraine et de Champaigne comme à soy appartenans par droit
de heritage, lesquelles choses en ceste forme et maniere
confermees, prindrent les roys congié l'ung de l'aultre. Mais
Thierry, non estant ainsi appaisé en son couraige,
[...]. » Les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol.
2, p. 56) offrent un texte proche : « Li rois Theoderis amena
Wm homes tant seulement ; mais
li rois Theodeberz amena trop plus grant compagnie de barons et
d'autres genz, en propos de trobler la pais et la concorde, se
ses freres ne li otroiast sa volenté. Li rois Theoderis ot grant
paor quant il vit que il ot amené si grant plenté de genz ; pour
ce s'acorda à la pais tele come cil la vout taillier ; mais ce
ne fu pas de bone volenté. Li acorz fu en tel maniere ordenez,
que li rois Theodeberz auroit la contée de Torene et de
Champagne, et les tenroit toz jors mais en ses propres us come
les soues. Atant se departirent et s'entrecommanderent à Dieu en
grâce et en amor par semblant, mais li cuer ne les volentez ne
s'i acordoient mie. »
Note n°9
Gaguin-Desrey,
fol. XXVr-XXVv est plus concis : « Mais Thierry, non estant
ainsi appaisé en son couraige, murmurant souventesfoys, pensoit
comment et par quelle raison traveilleroit et tourmenteroit son
frere en bataille, duquel il avoit esté assailly et affligé par
bataille, privé et spolié d'une grant partie de son royaulme. Le
conseil prins avecques ses plus saiges chambellans, et par
iceulx advertu que chose prouffittable luy seroit acquerir
l'amityé du roy Clotaire afin qu'il ne se joignyst à Thidebert,
envoya vers luy ses ambassadeurs, auxquelz il commanda dire au
roy de quelles calamitez l'avoit Thidebert persecuté, grande
possession de sa terre ravye et occupee, par quoy avoit ordonné
et deliberé de repeter et retraire de ses mains ce que trés
iniquement luy avoit ravy et osté se Clotaire promect par foy et
serment ne donner secours à son frere. Les ambassadeurs escouta
Clotaire par grant benivolence, et ce qu'ilz demandoient au nom
de leur roy leur ottroya. » Cretin est probablement
sensible au récit proposé par les GCF, liv. IV, chap.
16 (vol. 2, p. 60), qui rapportent la lettre de la missive envoyée
par Thierry II à Clotaire : « Moult fu li rois Theoderis en
grant desierrier de prendre venjance de son frere qui sa terre
li avoit ensi tolue ; pour ce se conseilla à sa gent coment il
le pourroit grever. Par le conseil donques des siens manda au
roi Clothaire tels paroles : « Je bé à prendre venjance de
mon frere, des tors et des injures que il m'a fet, se je
estoie seurs que tu ne li deusses aidier. Pour laquel chose
je te prie que tu te tiegnes en pais et que tu me prometes
que tu ne li feras nul secors contre moi, et se je puis
avoir victoire et que je li puisse tolir la vie et le
roiaume, je te promet loiaument que je te rendrai la duchée
Danthele que il t'a tolue à force. » Li rois
Clothaires s'acorda volentiers à ceste chose par la condition
devant dite. »
Note n°10
Cette incise relative à Colomban de
Luxeuil est reprise à Gaguin-Desrey, fol. XXVv, qui la place au même
endroit : « En ce temps estoit Columbain trés excellant en
saincteté. Cestuy avoit admonnesté Clotaire de ne se mettre et
unyr en la bataille de ses freres et que peu de jours aprés
adviendroit qu'il seroit leur heritier. » La référence à
l'exil du saint irlandais témoigne d'une réminiscence des
GCF, liv. IV, chap. 15 (vol. 2, p. 54-58) qui
relatent la vie et la mort de Colomban à un autre endroit mais
n'évoquent pas la prophétie rapportée par Gaguin-Desrey et
Cretin.
Note n°11
Cretin abrège
Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La responce du roy Clotaire
congneue, Thierry fist marcher son armee à Langres. Puis,
passant Verdun sans sejour, laquelle cité lors premierement on
ediffioit, s'en alla à Tulle, où Thidebert ayant fait venir gens
de guerre de Austrasie (que l'on peult dire Allemaigne, comprins
le pays de Gueldre) avoit mis ses tentes. » Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 60-61) ont un
texte très similaire : « Lors assembla ses [oz] li rois
Theoderis en la cité de Langres, toz les meilleurs chevaliers
que il pot avoir et toute la flor de son roiaume, puis mut à ost
banie contre son frere. Par la cité de Verdun trespassa qui lors
premierement estoit commenciée ; de là s'en ala droit à la cité
de Toul ; là vint d'autre part li rois Theodeberz à moult grant
ost et o tout l'efforz dou roiaume
d'Austrasie. »
Note n°12
Ces quelques phrases
qui introduisent une respiration dans un chapitre long et
passablement répétitif sont de Cretin, qui reprend au v. 5184 une
métaphore utilisée à plusieurs reprises dans la Chronique
française : dans le prologue du livre I de la
Chronique française, v. 43-44 : « Je
sembleray forment / Semer la paille emprés gran de
froment » ; et dans le prologue de ce livre II, v. 357-360
: « Et par humble requeste, / Au tour du boys de mercy faire
queste, / Mesque les champs n'ayent parmy eux que espis, /
Cueillir pourray paille et grain. ».
Note n°13
Cretin annonce explicitement qu'il se dispense de dire quoi que ce
soit de la première bataille que rapportent ses deux sources
principales. Les informations données plus loin (v. 5206-5215)
témoignent de ce que la Chronique française suit ici
les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 61-62), dont
la prolixité a peut-être découragé Cretin : « Lors assemblerent
à bataille, fort estor et pesant i ot et grant occision d'une
part et d'autre, mais à la parfin fu li oz le roi Theodeberz
desconfiz. Quant il vit le meschief, il se mist à la fuite, la
cité de Mez trespassa et les landes de Vosague ; si vint à
refuge à la cité de Cologne. Li rois Theoderis se hasta tant com
il pot de lui ensivre. En ce que il chaçoit ensi son frere, il
encontra saint Eleusin, evesque de Mascons. Li sains hons li
preecha tant que il se retraist et retorna. Parmi Ardanne
trespassa, puis vint à une ville qui est apelée Tulbic. Pour ce
retorna plus volentiers par les paroles dou saint home que il
savoit bien que il le disoit pour son preu et que il l'amoit, et
haoit la folie et le pechié son frer. En ces entrefaites, li
rois Theodeberz, qui à Cologne s'en fu fuiz, rapareilla sa force
de quanque il pot ; les Saines et les autres nations d'Alemagne
la superior apela en s'aide, puis vint à bataille contre son
frere au devant dit chastel de Tulbic. Aigrement et longuement
se combaitrent ; li rois Theodeberz se tint tant com il pot, la
bataille soustenoit à grant meschief, ja se ce que si anemi
tronçonnassent ses genz ausi come berbiz. Mais quant il vit que
fortune li fu si contraire et que li domages engrejoit si
durement seur lui, et vit bien que il ne porroit longuement
soffir le fais de la bataille qui seur lui descendoit, il fui et
dona lieu ) fortune et à ses anemis. Tuit li sien se mistrent à
la fuite après lui, car genz concuillié de diverses antions est
tost desconfite, et maesmement quant il n'ont point de chief. La
plus grant partie n fu occise en fuiant, li remananz s'enfui en
Cologne ovec le roi. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus
concis : « En ce lieu [Toul] fut trés aspre bataille, grant
nombre de combatans occis. Mais fortune tournant du costé et au
proffit de Thierry, fuyant Thidebert par le pays de Lorraine, se
retira finablement à Colongne, auquel lieu, raffroychi et
enforcé, peu de temps aprés assaillut Thierry par nuysible et
dommaigeable armee, et non en meilleure fortune. Car jaçoit
qu'il ne bataillast laschement, toutesvoyes, voyant que l'on
surmontoit les siens, la bataille delaissee, se mist en fuytte,
les Austrasiens le suyvans, grant partie desquelz fuyans fut
occise. »
Note n°14
Cretin amplifie ce détail effroyable qu'il
reprend plutôt aux GCF, liv. IV, chap. 16
(vol. 2, p. 62-63), ainsi que l'atteste les v. 502-5205 :
« Es premieres venues de cele bataille fu li estors
si aspres et si forz d'une part et d'autre, et si très
hardiement s'entrenvaïrent que li occis demoroient seur
les chevaus ausi comme tuit vif, ne chaoir ne pooient
pour les vif qui les apressoient ; si estoient deboté de
ça et de là si come la bataille se remuoit. Mais quant
la partie Theodebert se prist à desconfire et les
presses à laschier, li mort chairent à terre en si grant
plenté que les voies, li bois et li champ estoient si
jonchié de morz, que à paines i paroit il, se charoignes
non. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus concis :
« L'on dit que en ceste cruelle bataille estoient
les gens d'armes courans l'ung contre l'aultre si serrez
et pressez par infinye multitude que les gens à cheval,
oultrez de playes ne pouoient de leurs chevaulx tomber
pour la grant presse des combatans qui les soubstenoient
et empeschoient de tomber. »
Note n°15
Tout en reprenant quelques éléments à un passage
antérieur des GCF (voir la note du v. 5189), Cretin
suit ici Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La fuytte de son rere
congneue, Thierry le suyvant, comme son adversaire et
destruysant tout par où il passoit, les habitans de ceste region
venans vers luy le prierent que pour la coulpe d'ung seul homme
ne voulsist exterminer et destruyre le peuple innocent, disans
qu'ilz se rendoient à luy avecques toute la province qu'il avoit
par armes conquis, et que jamais ne desobeyroient à ses
commandemens. Auxquelz le roy respondit que pour certain leur
pardonneroi s'ilz luy portoient la teste de son frere. »
Les GCF, liv. IV, chap. 17 (vol. 2, p. 63-64)
raportent un discours direct et n'évoquent pas la mort de Théodebert
II comme l'unique condition de la mansuétude de Thierry II :
« Quant li rois Theoderis sot que ses freres fu eschapez,
il proposa que il l'ensivroit, pour ce que il pensoit bien que
il auroit la guerre et les batailles afinées, se si grant
princes estoit occis. À l'enchaucier se prist, il et li sien. En
la contrée de Ribuarie entra, tout ardi et gasta devant lui. Cil
de cele terre li vindrent au devant et li proierent que il
espargnast au païs et que il ne le destruisist mie pour la corpe
d'un seul home, car il et la terre estoit toute soue et en son
commandement, come à celui qui l'avoit conquise par droit de
bataille. Li rois leur respondi et dist ensi : « Vous ne
vueil je pas occire, mais Theodebert mon rfere, et se vous
volez avoir ma grâce et que je espargne au païs, il covient
que vous m'aportez son chief ou que vous le me rendez
pris. » »
Note n°16
Cretin réécrit Gaguin-Desrey,
fol. XXVv en ajoutant divers détails propres à susciter l'effroi du
lecteur : « À ceste cause, ceulx qui là estoient venuz, la
respnce receue, sans demeure cheminerent à Colongne, où arrivez,
parlerent à Thidebert en ceste maniere : « Ton frere Thierry
cessa de te faire guerre se tu luy veulx distribuer et
bailler sa part des treors que tu possedes de la succession
de vostre pere. Pour ce, pourvoy à ton cas et au nostre, et
seuffre que ton frere ayt sa part et portion avecques toy
des meubles paternelz. » Thidebert adjouxta foy aux
parolles de ceulx qui parloient, et tantost laissa entrer
avecque soy le peuple au comptouer où le trezor estoit gardé. Ce
pendant qu'il comptoit et advisoit à par soy quelle part il
bailleroit à son frere, ung du peuple tyra on glesve, duquel il
trancha la teste de Thidebert, et ne sejourna de la jecter à
Thierry par dessus les murailles de la cité. » Le récit
des GCF est proche, mais la tête de Théodebert II
n'est pas jetée à Thierry II à la fin, ce qui indique une parenté
moins grande avec la Chronique française : « Cil
vindrent à Cologne et entrerent ou palais, au roi Theodebert
parlerent en tel maniere : « Ce te mande li rois Theoderis
tes freres, que se tu li veuz rendre sa partie des tresors
son pere que tu as saisiz, il tetornera atant en son païs et
te guerpira ceste contrée ; pour ce si te prions que tu l'en
rendes tel part com il en doit avoir et que tu ne seufres
mie que nostres païs soit destruiz par occasion de ceste
chose. » Li rois s'asenti à iaus, certainement cuida
que il li deissent verité ; ou tresor où les granz richeces
estoient les mena. Tandis com il pensoit que il porroit son
frere doner en maniere que il n'en fust trop adomagiez, li uns
de ceus qui entor lui estoient sacha l'espée et li copa le
chief, après le geta hors par desus les murs de la
cité. »
Note n°17
Cette
appréciation est de Cretin.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. XXVv-XXVIr : « La mort de son frere
congneue, entra Thierry dedens Colongne, et print le royaulme de
Austrasie qui avoit esté à Thidebert. Incontinent, les choses
par sa sentence appaisees, retournant à Metz, y mena les deux
filz de Thidebert, avec leur seur trés belle fillette. Au devant
duquel venant Brunechilde, ses nepveuz veuz et apperceuz,
remplye de felonnye, subitement occist les
innocens. »
Note n°19
Cette expression d'indréculité face à ses sources
illustre la tâche que s'était donnée Cretin : non pas tant écrire un
ouvrage dont la matière serait historiquement plus valable que ce
qui était disponible à l'époque, mais bien produire une oeuvre qui
répercuterait le consensus des historiens dans une langue
ornée.
Note n°20
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, qui
n'identifie pas exactement le duché dont il est question :
« Thierry, aprés sa victoire, restitua le duché à Clotaire,
selon sa promesse et convenance. » Les GCF,
liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) ne rappellent pas davantage le nom
de cette terre qu'elles ont évoquée précédemment (voir la note du v.
5159) : « Li rois Theoderis rendi au roi Clothaire la duchée
devant dite, elonc ce que il li avoit en covenant, pour ce que
il ne feist nul secors à son frere contre
lui. »
Note n°21
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, tout en
omettant que la nièce en question est la fille de Théodebert II,
réduite en captivité par Thierry II après l'élimination de son frère
: « Aprés, alleché en la beaulté de sa niepce qu'il avoit amené
de Colongne, comme il s'efforçoit de l'espouser et prendre à
femme, fut de ce faire par Bunechilde empesché, disant estre
illicite et sacrilege prendre à femme celle qui luy attoucheroit
en prochain degré de consanguinité. » Les
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) sont très
similaires : « Tandis come li rois Theoderis demoroit en la
cité de Mez, il fu seurpris de l'amor sa niece que il ot amenée
de Cologne, espouser la vout ; mais Brunehout li defendi, et
quant il li demanda quele offense et quiex maus ce seroit se il
la prenoit par mariage, ele respondi que il ne devoit pas
espouser sa niece, fille de son frere. »
Note n°22
Pour
l'expression « en ce pas » on hésite entre une lecture au sens
militaire (« dans le cadre de l'affrontement ») et une lecture
qualifiant la réactivité de l'homme (« immédiatement »).
Note n°23
Il est difficile de déterminer de laquelle de ses
deux sources principales Cretin s'inspire prioritairement dan ce
passage. Gaguin-Desrey, fol. XXVIr : « À laquelle [Brunehaut]
Thierry respondit : « O (dist il) faulce et desloyalle
femme, de plusieurs haye, ne me aviez tu mye persuadé que
Thidebert engendré par copulation adulterine n'estoit pas
mon frere ? Pourquoy ay je par toy esté contrainct
persecuter et meurdrir mon frere et mon presme ? » Ce
disant, Thierry essaya occir Brunechilde, mais defendue et
saulvee par l'aide des chambellans, eschappa du cenacle. »
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 1, p. 66-67) :
« Quant li rois entendi ceste parole, il fu
merveilleusement correciez et li dist ensi : « O tu,
desloiaus, haïe de Dieu et dou monde, contraire à tout bien,
ne m'avoies-tu donques fait entendre que il n'estoit pas mes
freres et que il estoit fiuz d'un cortillier ? Pourquoi
m'as-tu mis en tel pechié que je l'ai occis et sui par toi
homicides de mon frere ? » Quant il li ot ce dit, il
sacha l'espée et li corut sus pour lui occire ; mais cil qui
entor estoient se mistrent au devant et l'enmenerent hors de la
sale ; ensi eschapa à cele foiz dou peril de
mort. »
Note n°24
Cretin achève
son livre II avec les derniers mots du livre II de Gaguin-Desrey,
fol. XXVIr : « Ceste cruelle femme longuement vengeance ne
differa. Elle fist ung bruvaige et potion mortelle, laquelle
(par ses serviteurs à ce renduz instruitz et idoynes) offrit à
Thierry sortant du baing. Ce venin beu, le roy, eschauffé en la
challeur d'icelluy baing, mourut subitement. Aucuns sont
toutesvoyes ayans escript qu'il trespassa d'ung flux de ventre
après qu'il eut regné dix huyt ans, l'an de grace six cens dix
huyt. » Le récit des GCF, liv. IV, chap. 18
(vol. 2, p. 67) : « D'ilec en avant se porpensa coment ele
porroit venchier ceste honte et coment ele le porroit faire
morir ; ele esgarda son point de ce faire une heure que li rois
se bagnoit. Aus menistres d'entor, que ele ot deceuz par
promesses et par dons, bailla poisons et leur commanda que il
les tendissent au roi pour boire quant il devroit issir dou
baing. Li rois but le venin que cil li tendirent, tantost fu
morz sanz confession et sanz repentance des granz pechiez que il
avoit fait tout le tens de sa vie. »
Note n°25
Cretin anticipe ici sur la
matière de son livre III avec une mention qui correspond à la
première phrase du livre III chez Gaguin-Desrey, fol. XXVIr :
« Les roys occis comme dessus est dit, Clotaire estoit seul
demouré de la ligne et consanguinité de Clovys, auquel
appartiensist le royaulme, le cinquante septiesme an après le
trespas de Clovys. ».
Note n°26
Cette évocation
du « bel et du let » en histoire est
vraisemblalement un rappel d'une phrase du prologue des
GCF (vol. 1, p. 5) : « Ci pourra
chascuns trover bien et mal, bel et lait, sens et folie,
et fere son preu de tout par les examples de
l'estoire »..
Note n°27
Cretin cherche ici à
donner une unité a posteriori à
son livre II, comme s'il découvrait soudain que ses bornes
correspondaient à deux rois portant le même nom. Il s'agit tout
bonnement de la division que propose Gaguin-Desrey et que Cretin
copie.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 par
BnFfr23146 tiennent
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxxiiii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappittre xxxiiiie
BnFfr17274 Chapitre xxxiiiie
Cha515 Chapittre .xxxiiiie.
BnFfr17274 Confederee
BnFfr23146 improperes
BnFfr17274 leur
commencement
BnFfr23146 müer
Cha515 sorcerye
BnFfr17274 le
BnFfr23146 vit
BnFfr4965 plus celle
BnFfr23146 se
BnFfr4965 om.
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 l'
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 Le
BnFfr4964 pas
BnFfr23146 Des
BnFfr23146 ses
BnFfr17274 Le demonstrant
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 Leur
BnFfr23146 seller
BnFfr17274, BnFfr23146 Pensant
BnFfr23146 leurs
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 leur
BnFfr23146 malveillance
BnFfr23146 moins
Aix419 om.
Aix419 congnoissans
BnFfr4964 cur
BnFfr4965 veoir
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 veoir
BnFfr17274, BnFfr23146 des
BnFfr23146 les
BnFfr23146 leur
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 Pensans
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ren
BnFfr4965 Ce
BnFfr23146 en
BnFfr23146 le chastrage
Aix419, BnFfr17274 non
BnFfr23146 xve
BnFfr23146 nuit et jour
BnFfr23146 pou
BnFfr4965 es
BnFfr23146 renom
BnFfr17274, BnFfr23146 te
BnFfr23146 terres
Aix419, Cha515 rescript
BnFfr23146 à
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 subtille
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 en
BnFfr17274 à
BnFfr23146 rescript
BnFfr23146 Lectre
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 fait
BnFfr23146 qui
BnFfr23146 brief
BnFfr17274 hoirs
BnFfr17274 successeurs
BnFfr23146 esconduire
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 cestuy
BnFfr4965 à son frere ayde
BnFfr23146 conte
BnFfr23146 Couché
BnFfr17274 faict
BnFfr23146 entendre
BnFfr23146 Suffisent
BnFfr23146 tout
BnFfr4965 grosse
BnFfr4965 les
BnFfr4965 advint
BnFfr4965 veoit
BnFfr23146 À tous
BnFfr4965 le champ
BnFfr4965 De corps occis y eut si lourde attaincte
BnFfr4965 Que terre en fut de sang rougie et
taincte.
BnFfr17274 à son faict veoir
BnFfr23146 peuple
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 cest
BnFfr17274 celle
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 portast
BnFfr4965 qu'entre bons
BnFfr17274 de
BnFfr4964 om.
BnFfr23146 bonne
BnFfr23146 Et
BnFfr23146 doubtant
BnFfr23146 l'homme
BnFfr23146 feit
BnFfr4965 fureur exercité
BnFfr4965, BnFfr23146 en main l'espee
BnFfr23146 crais
BnFfr4965 Le
BnFfr23146 funerailles
Aix419, Cha515 d'aucun
Aix419 avecq
BnFfr23146 eut
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 om.
BnFfr4965 plusieurs autres
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 la
BnFfr17274, BnFfr23146 qu'il
BnFfr4965 de son
BnFfr17274, BnFfr23146 Or
Aix419 et
BnFfr23146 de
BnFfr23146 angouesse
BnFfr17274 faire
BnFfr4965, BnFfr23146 et
BnFfr23146 tant
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 se pendent
BnFfr23146 se
Aix419 ce
BnFfr23146 fames vindicatives
BnFfr4965 furieuse
BnFfr23146 trasser
BnFfr17274, BnFfr23146 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 tout
BnFfr4965 om.
BnFfr17274 On
Aix419 om.
Aix419 Escheut
BnFfr23146 se
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr4965 qu'il
BnFfr23146 à
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 ber
BnFfr17274, BnFfr23146 que
BnFfr4964, Cha515 om.
Cha515 luy
Aix419 Et
Aix419 icy
BnFfr23146 se
BnFfr17274 faict
BnFfr4964
BnFfr23146 en
BnFfr23146 je
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 se
Non num.
BnFfr4965, Aix419 om.
Note n°1
Cretin semble ici s'appuyer
prioritairement sur les GCF, liv. IV, chap. 14 (vol.
2, p. 53-54), dont il escamote la référence à l'influence délétère
de Brunehaut sur le mariage de Thierry II : « En ce tens,
envoia ses messages li rois Theoderis à Bertrit le roi d'Espagne
; li message furent cil Arides, arcevesques de Lyons, Rocones et
Eborins, qui estoient dui grant seigneur en son palais. Par iaus
li mandoit que il li envoiast sa fille et bien preist, se il
voloit, le sairement des messages que ele seroit roine clamée
toz les jors de sa vie. Li rois Bertriques fu moult lez de ceste
chose, sa fille livra aus messages, avoir et joiaus li charcha
asez. Li rois Theoderis la reçut volentiers et moult en fu liez
; une piece dou tens l'ama moult, mais la desloiaus Brunehout
fist tant par ses sorceries que il ne la cognut ainques
charnement ; plus fist li deables, car ele mena le roi à ce que
il li toli tout son tresor et ses joiaus et la renvoia en
Espagne ; la dame avoit non Mauberge. » Le récit donné par
Gaguin-Desrey, fol. XXVr orthographie les noms différemment et est
généralement moins proche de la Chronique française,
puisqu'il mentionne la descendance naturelle de Thierry II mais
n'évoque pas l'absence de consommation du mariage : « En aprés
Thierry, qui n'avoit encores usé de nopces legitimes, mais avoit
eu deux filz d'une concubine, tourna son couraige à prendre
l'allyance de mariaige. Deteric, roy d'Espaigne, avoit une fille
en aage de marier, laquelle Thierry par ses ambassadeurs demanda
à femme et espouse, la foy promise qu'elle seroit à tousjours
son espouse et royne. Deteric, pere de Memberge (car c'estoit le
nom de la fille), joyeulx de ce gendre, espousa sa fille à
Thierry, laquelle il ayma cordiallement et parfaictement. Mais
Brunechilde, envyeuse de ceste si estroicte charité, tellement
pervertit le couraige du roy que, la compagnye de sa femme
despisee, la renvoya à son pere Deteric, avecques tous les dons
paternelz qu'elle avoit apportez. »
Note n°2
Il est difficile de déterminer
ici laquelle de ses deux sources principales Cretin suit en
priorité. GCF, liv. IV, chap. 14 (vol. 2, p. 54) :
« Moult fu li rois Bertriques correciez de ce que il ot
ensi sa fille refusée. Pour ce manda au roi Clothaire que se il
avoit talent de venchier les domaches que li rois Theoderis li
avoit faiz, volentiers s'alieroit à lui pour prendre venjance de
la honte que il avoit faite à sa fille. Li rois Clothaires
s'acorda volentiers à ceste chose, puis envoia ces meismes
messages ou roi Theodebert pour savoir se il s'acompagneroit à
iaus en ceste besoigne. Il respondi que volentiers le feroit.
Après furent li message envoié au roi Agoin de Lombardie pour
savoir se il vorroit estre li quarz, si que il corussent sus au
roi Theoderic tuit d'un acort et li tousissent regne et vie.
Quant li rois Theoderis sot que cil IIII roi orent ensi faite
conspiration contre lui, il en ot moult grant desdaing. Atant
retornerent li message au roi d'Espagne, leur seigneur, qui bien
cuiderent avoir fornie leur besoigne. » Gaguin-Desrey,
fol. XXVr : « De laquelle ignominye, le roy Deteric, injurié
par Thierry, envoya ses ambassadeurs solliciter Clotaire de
reduyre en sa memoire ce que Thierry avoit commis à l'encontre
de luy par premier bataille, et luy donner secours et aide à ce
venger de ceste injure. Trés joyeusement receut Clotaire les
ambassadeurs de Deteric, et les envoya à son frere Thidebert
pour essayer s'il se vouloit joindre et associer avecques eulx
en ceste bataille, lequel respondit aux ambassadeurs que ainsi
le feroit. De là partirent iceulx ambassadeurs et s'en allerent
aux Lombars par devers le roy Agon, et luy reciterent comment
troys roys avoient ensemble juré contre Thierry et que encores
estoit temps si pour le quart se vouloit joindre et associer
avecques eulx, et que par ce moyen facillement pourroient venger
les maulx et dommaiges qu'ilz avoient receuz du roy Thierry.
Agon promist de se joindre et copuler avecques les troys roys
dessus nommez, de laquelle chose les ambassadeurs furent
resjouys, retournerent au roy Deteric et luy compterent leur
entreprinse, dont fut moult joyeulx. La conjuration des quattre
roys rapportee à Thierry, trés griesvement porta la
chose. »
Note n°3
Ce commentaire en forme d'appréciation
et la résolution de Thierry II de se défendre militairement sont de
la plume de Cretin.
Note n°4
Cretin suit
Gaguin-Desrey, fol. XXVr sans reconnaître Seltz dans le lieu des
pourparlers : « Thidebert, esperant que les aultrs roys se
assembleroient en bataille, marcha le premier avecques son
armee, et les roys venans l'ung devant l'aultre ne fut
aucunement bataille, mais ambassadeurs envoyez d'une part et
d'aultre. Fut jour assigné au chasteau de Salese pour composer
la paix et accord. » Il s'agit d'une nouvelle occurrence
de la topique des négociations au moment d'engager la bataille, déjà
convoquée aux v. 484-494, 3532-3557 et 4956-4967. Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 58) évoquent
une condition de ces pourparlers que Cretin ignore, et qui prend une
importance capitale dans la suite du récit : « Li rois
Theodeberz, qui cuida aucune chose aquerre et conquester seur le
roi Theoderic son frere, esmut ses oz contre lui ou XVe an de son regne ; mais par le
conseil d'aucuns prodomes, qui de la pais porchacier entre les
freres se penoient, fu pris uns jors de pais en un lieu qui est
apelez Saloise. Là fu ordené que il venroient au joir à poi de
compagnie, et amenrroient de leur plus granz barons et des plus
sages pour plus tost acorder ensemble. »
Note n°5
En même temps que.
Note n°6
En réserva un traitement de
faveur.
Note n°7
L'expression est signalée
dans la Farce de maître Pathelin par le DMF, sans que
le sens en soit précisé : « pour son jeu » ?
Note n°8
Cretin résume Gaguin-Desrey, fol. XXVr :
« Auquel lieu [des négociations] se transporta le roy
Thierry avec dix mille hommes. Y alla aussi Thidebert en
beaucoup plus grant nombre de chevaliers, soubz couraige et
volunté de tout destruyre se son frere refusoit les convenances.
Thierry, espouenté du nombre de gens que son frere avoit, ne
repugna aucunement de recevoir la paix toute telle que Thidebert
vouloit. Fut doncques convenu et accordé entre les roys que
Thidebert recevroit et tiendroit perpetuellement les deux comtez
de Touraine et de Champaigne comme à soy appartenans par droit
de heritage, lesquelles choses en ceste forme et maniere
confermees, prindrent les roys congié l'ung de l'aultre. Mais
Thierry, non estant ainsi appaisé en son couraige,
[...]. » Les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol.
2, p. 56) offrent un texte proche : « Li rois Theoderis amena
Wm homes tant seulement ; mais
li rois Theodeberz amena trop plus grant compagnie de barons et
d'autres genz, en propos de trobler la pais et la concorde, se
ses freres ne li otroiast sa volenté. Li rois Theoderis ot grant
paor quant il vit que il ot amené si grant plenté de genz ; pour
ce s'acorda à la pais tele come cil la vout taillier ; mais ce
ne fu pas de bone volenté. Li acorz fu en tel maniere ordenez,
que li rois Theodeberz auroit la contée de Torene et de
Champagne, et les tenroit toz jors mais en ses propres us come
les soues. Atant se departirent et s'entrecommanderent à Dieu en
grâce et en amor par semblant, mais li cuer ne les volentez ne
s'i acordoient mie. »
Note n°9
Gaguin-Desrey,
fol. XXVr-XXVv est plus concis : « Mais Thierry, non estant
ainsi appaisé en son couraige, murmurant souventesfoys, pensoit
comment et par quelle raison traveilleroit et tourmenteroit son
frere en bataille, duquel il avoit esté assailly et affligé par
bataille, privé et spolié d'une grant partie de son royaulme. Le
conseil prins avecques ses plus saiges chambellans, et par
iceulx advertu que chose prouffittable luy seroit acquerir
l'amityé du roy Clotaire afin qu'il ne se joignyst à Thidebert,
envoya vers luy ses ambassadeurs, auxquelz il commanda dire au
roy de quelles calamitez l'avoit Thidebert persecuté, grande
possession de sa terre ravye et occupee, par quoy avoit ordonné
et deliberé de repeter et retraire de ses mains ce que trés
iniquement luy avoit ravy et osté se Clotaire promect par foy et
serment ne donner secours à son frere. Les ambassadeurs escouta
Clotaire par grant benivolence, et ce qu'ilz demandoient au nom
de leur roy leur ottroya. » Cretin est probablement
sensible au récit proposé par les GCF, liv. IV, chap.
16 (vol. 2, p. 60), qui rapportent la lettre de la missive envoyée
par Thierry II à Clotaire : « Moult fu li rois Theoderis en
grant desierrier de prendre venjance de son frere qui sa terre
li avoit ensi tolue ; pour ce se conseilla à sa gent coment il
le pourroit grever. Par le conseil donques des siens manda au
roi Clothaire tels paroles : « Je bé à prendre venjance de
mon frere, des tors et des injures que il m'a fet, se je
estoie seurs que tu ne li deusses aidier. Pour laquel chose
je te prie que tu te tiegnes en pais et que tu me prometes
que tu ne li feras nul secors contre moi, et se je puis
avoir victoire et que je li puisse tolir la vie et le
roiaume, je te promet loiaument que je te rendrai la duchée
Danthele que il t'a tolue à force. » Li rois
Clothaires s'acorda volentiers à ceste chose par la condition
devant dite. »
Note n°10
Cette incise relative à Colomban de
Luxeuil est reprise à Gaguin-Desrey, fol. XXVv, qui la place au même
endroit : « En ce temps estoit Columbain trés excellant en
saincteté. Cestuy avoit admonnesté Clotaire de ne se mettre et
unyr en la bataille de ses freres et que peu de jours aprés
adviendroit qu'il seroit leur heritier. » La référence à
l'exil du saint irlandais témoigne d'une réminiscence des
GCF, liv. IV, chap. 15 (vol. 2, p. 54-58) qui
relatent la vie et la mort de Colomban à un autre endroit mais
n'évoquent pas la prophétie rapportée par Gaguin-Desrey et
Cretin.
Note n°11
Cretin abrège
Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La responce du roy Clotaire
congneue, Thierry fist marcher son armee à Langres. Puis,
passant Verdun sans sejour, laquelle cité lors premierement on
ediffioit, s'en alla à Tulle, où Thidebert ayant fait venir gens
de guerre de Austrasie (que l'on peult dire Allemaigne, comprins
le pays de Gueldre) avoit mis ses tentes. » Les
GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 60-61) ont un
texte très similaire : « Lors assembla ses [oz] li rois
Theoderis en la cité de Langres, toz les meilleurs chevaliers
que il pot avoir et toute la flor de son roiaume, puis mut à ost
banie contre son frere. Par la cité de Verdun trespassa qui lors
premierement estoit commenciée ; de là s'en ala droit à la cité
de Toul ; là vint d'autre part li rois Theodeberz à moult grant
ost et o tout l'efforz dou roiaume
d'Austrasie. »
Note n°12
Ces quelques phrases
qui introduisent une respiration dans un chapitre long et
passablement répétitif sont de Cretin, qui reprend au v. 5184 une
métaphore utilisée à plusieurs reprises dans la Chronique
française : dans le prologue du livre I de la
Chronique française, v. 43-44 : « Je
sembleray forment / Semer la paille emprés gran de
froment » ; et dans le prologue de ce livre II, v. 357-360
: « Et par humble requeste, / Au tour du boys de mercy faire
queste, / Mesque les champs n'ayent parmy eux que espis, /
Cueillir pourray paille et grain. ».
Note n°13
Cretin annonce explicitement qu'il se dispense de dire quoi que ce
soit de la première bataille que rapportent ses deux sources
principales. Les informations données plus loin (v. 5206-5215)
témoignent de ce que la Chronique française suit ici
les GCF, liv. IV, chap. 16 (vol. 2, p. 61-62), dont
la prolixité a peut-être découragé Cretin : « Lors assemblerent
à bataille, fort estor et pesant i ot et grant occision d'une
part et d'autre, mais à la parfin fu li oz le roi Theodeberz
desconfiz. Quant il vit le meschief, il se mist à la fuite, la
cité de Mez trespassa et les landes de Vosague ; si vint à
refuge à la cité de Cologne. Li rois Theoderis se hasta tant com
il pot de lui ensivre. En ce que il chaçoit ensi son frere, il
encontra saint Eleusin, evesque de Mascons. Li sains hons li
preecha tant que il se retraist et retorna. Parmi Ardanne
trespassa, puis vint à une ville qui est apelée Tulbic. Pour ce
retorna plus volentiers par les paroles dou saint home que il
savoit bien que il le disoit pour son preu et que il l'amoit, et
haoit la folie et le pechié son frer. En ces entrefaites, li
rois Theodeberz, qui à Cologne s'en fu fuiz, rapareilla sa force
de quanque il pot ; les Saines et les autres nations d'Alemagne
la superior apela en s'aide, puis vint à bataille contre son
frere au devant dit chastel de Tulbic. Aigrement et longuement
se combaitrent ; li rois Theodeberz se tint tant com il pot, la
bataille soustenoit à grant meschief, ja se ce que si anemi
tronçonnassent ses genz ausi come berbiz. Mais quant il vit que
fortune li fu si contraire et que li domages engrejoit si
durement seur lui, et vit bien que il ne porroit longuement
soffir le fais de la bataille qui seur lui descendoit, il fui et
dona lieu ) fortune et à ses anemis. Tuit li sien se mistrent à
la fuite après lui, car genz concuillié de diverses antions est
tost desconfite, et maesmement quant il n'ont point de chief. La
plus grant partie n fu occise en fuiant, li remananz s'enfui en
Cologne ovec le roi. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus
concis : « En ce lieu [Toul] fut trés aspre bataille, grant
nombre de combatans occis. Mais fortune tournant du costé et au
proffit de Thierry, fuyant Thidebert par le pays de Lorraine, se
retira finablement à Colongne, auquel lieu, raffroychi et
enforcé, peu de temps aprés assaillut Thierry par nuysible et
dommaigeable armee, et non en meilleure fortune. Car jaçoit
qu'il ne bataillast laschement, toutesvoyes, voyant que l'on
surmontoit les siens, la bataille delaissee, se mist en fuytte,
les Austrasiens le suyvans, grant partie desquelz fuyans fut
occise. »
Note n°14
Cretin amplifie ce détail effroyable qu'il
reprend plutôt aux GCF, liv. IV, chap. 16
(vol. 2, p. 62-63), ainsi que l'atteste les v. 502-5205 :
« Es premieres venues de cele bataille fu li estors
si aspres et si forz d'une part et d'autre, et si très
hardiement s'entrenvaïrent que li occis demoroient seur
les chevaus ausi comme tuit vif, ne chaoir ne pooient
pour les vif qui les apressoient ; si estoient deboté de
ça et de là si come la bataille se remuoit. Mais quant
la partie Theodebert se prist à desconfire et les
presses à laschier, li mort chairent à terre en si grant
plenté que les voies, li bois et li champ estoient si
jonchié de morz, que à paines i paroit il, se charoignes
non. » Gaguin-Desrey, fol. XXVv est plus concis :
« L'on dit que en ceste cruelle bataille estoient
les gens d'armes courans l'ung contre l'aultre si serrez
et pressez par infinye multitude que les gens à cheval,
oultrez de playes ne pouoient de leurs chevaulx tomber
pour la grant presse des combatans qui les soubstenoient
et empeschoient de tomber. »
Note n°15
Tout en reprenant quelques éléments à un passage
antérieur des GCF (voir la note du v. 5189), Cretin
suit ici Gaguin-Desrey, fol. XXVv : « La fuytte de son rere
congneue, Thierry le suyvant, comme son adversaire et
destruysant tout par où il passoit, les habitans de ceste region
venans vers luy le prierent que pour la coulpe d'ung seul homme
ne voulsist exterminer et destruyre le peuple innocent, disans
qu'ilz se rendoient à luy avecques toute la province qu'il avoit
par armes conquis, et que jamais ne desobeyroient à ses
commandemens. Auxquelz le roy respondit que pour certain leur
pardonneroi s'ilz luy portoient la teste de son frere. »
Les GCF, liv. IV, chap. 17 (vol. 2, p. 63-64)
raportent un discours direct et n'évoquent pas la mort de Théodebert
II comme l'unique condition de la mansuétude de Thierry II :
« Quant li rois Theoderis sot que ses freres fu eschapez,
il proposa que il l'ensivroit, pour ce que il pensoit bien que
il auroit la guerre et les batailles afinées, se si grant
princes estoit occis. À l'enchaucier se prist, il et li sien. En
la contrée de Ribuarie entra, tout ardi et gasta devant lui. Cil
de cele terre li vindrent au devant et li proierent que il
espargnast au païs et que il ne le destruisist mie pour la corpe
d'un seul home, car il et la terre estoit toute soue et en son
commandement, come à celui qui l'avoit conquise par droit de
bataille. Li rois leur respondi et dist ensi : « Vous ne
vueil je pas occire, mais Theodebert mon rfere, et se vous
volez avoir ma grâce et que je espargne au païs, il covient
que vous m'aportez son chief ou que vous le me rendez
pris. » »
Note n°16
Cretin réécrit Gaguin-Desrey,
fol. XXVv en ajoutant divers détails propres à susciter l'effroi du
lecteur : « À ceste cause, ceulx qui là estoient venuz, la
respnce receue, sans demeure cheminerent à Colongne, où arrivez,
parlerent à Thidebert en ceste maniere : « Ton frere Thierry
cessa de te faire guerre se tu luy veulx distribuer et
bailler sa part des treors que tu possedes de la succession
de vostre pere. Pour ce, pourvoy à ton cas et au nostre, et
seuffre que ton frere ayt sa part et portion avecques toy
des meubles paternelz. » Thidebert adjouxta foy aux
parolles de ceulx qui parloient, et tantost laissa entrer
avecque soy le peuple au comptouer où le trezor estoit gardé. Ce
pendant qu'il comptoit et advisoit à par soy quelle part il
bailleroit à son frere, ung du peuple tyra on glesve, duquel il
trancha la teste de Thidebert, et ne sejourna de la jecter à
Thierry par dessus les murailles de la cité. » Le récit
des GCF est proche, mais la tête de Théodebert II
n'est pas jetée à Thierry II à la fin, ce qui indique une parenté
moins grande avec la Chronique française : « Cil
vindrent à Cologne et entrerent ou palais, au roi Theodebert
parlerent en tel maniere : « Ce te mande li rois Theoderis
tes freres, que se tu li veuz rendre sa partie des tresors
son pere que tu as saisiz, il tetornera atant en son païs et
te guerpira ceste contrée ; pour ce si te prions que tu l'en
rendes tel part com il en doit avoir et que tu ne seufres
mie que nostres païs soit destruiz par occasion de ceste
chose. » Li rois s'asenti à iaus, certainement cuida
que il li deissent verité ; ou tresor où les granz richeces
estoient les mena. Tandis com il pensoit que il porroit son
frere doner en maniere que il n'en fust trop adomagiez, li uns
de ceus qui entor lui estoient sacha l'espée et li copa le
chief, après le geta hors par desus les murs de la
cité. »
Note n°17
Cette
appréciation est de Cretin.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. XXVv-XXVIr : « La mort de son frere
congneue, entra Thierry dedens Colongne, et print le royaulme de
Austrasie qui avoit esté à Thidebert. Incontinent, les choses
par sa sentence appaisees, retournant à Metz, y mena les deux
filz de Thidebert, avec leur seur trés belle fillette. Au devant
duquel venant Brunechilde, ses nepveuz veuz et apperceuz,
remplye de felonnye, subitement occist les
innocens. »
Note n°19
Cette expression d'indréculité face à ses sources
illustre la tâche que s'était donnée Cretin : non pas tant écrire un
ouvrage dont la matière serait historiquement plus valable que ce
qui était disponible à l'époque, mais bien produire une oeuvre qui
répercuterait le consensus des historiens dans une langue
ornée.
Note n°20
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, qui
n'identifie pas exactement le duché dont il est question :
« Thierry, aprés sa victoire, restitua le duché à Clotaire,
selon sa promesse et convenance. » Les GCF,
liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) ne rappellent pas davantage le nom
de cette terre qu'elles ont évoquée précédemment (voir la note du v.
5159) : « Li rois Theoderis rendi au roi Clothaire la duchée
devant dite, elonc ce que il li avoit en covenant, pour ce que
il ne feist nul secors à son frere contre
lui. »
Note n°21
Cretin réécrit Gaguin-Desrey, fol. XXVIr, tout en
omettant que la nièce en question est la fille de Théodebert II,
réduite en captivité par Thierry II après l'élimination de son frère
: « Aprés, alleché en la beaulté de sa niepce qu'il avoit amené
de Colongne, comme il s'efforçoit de l'espouser et prendre à
femme, fut de ce faire par Bunechilde empesché, disant estre
illicite et sacrilege prendre à femme celle qui luy attoucheroit
en prochain degré de consanguinité. » Les
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 2, p. 66) sont très
similaires : « Tandis come li rois Theoderis demoroit en la
cité de Mez, il fu seurpris de l'amor sa niece que il ot amenée
de Cologne, espouser la vout ; mais Brunehout li defendi, et
quant il li demanda quele offense et quiex maus ce seroit se il
la prenoit par mariage, ele respondi que il ne devoit pas
espouser sa niece, fille de son frere. »
Note n°22
Pour
l'expression « en ce pas » on hésite entre une lecture au sens
militaire (« dans le cadre de l'affrontement ») et une lecture
qualifiant la réactivité de l'homme (« immédiatement »).
Note n°23
Il est difficile de déterminer de laquelle de ses
deux sources principales Cretin s'inspire prioritairement dan ce
passage. Gaguin-Desrey, fol. XXVIr : « À laquelle [Brunehaut]
Thierry respondit : « O (dist il) faulce et desloyalle
femme, de plusieurs haye, ne me aviez tu mye persuadé que
Thidebert engendré par copulation adulterine n'estoit pas
mon frere ? Pourquoy ay je par toy esté contrainct
persecuter et meurdrir mon frere et mon presme ? » Ce
disant, Thierry essaya occir Brunechilde, mais defendue et
saulvee par l'aide des chambellans, eschappa du cenacle. »
GCF, liv. IV, chap. 18 (vol. 1, p. 66-67) :
« Quant li rois entendi ceste parole, il fu
merveilleusement correciez et li dist ensi : « O tu,
desloiaus, haïe de Dieu et dou monde, contraire à tout bien,
ne m'avoies-tu donques fait entendre que il n'estoit pas mes
freres et que il estoit fiuz d'un cortillier ? Pourquoi
m'as-tu mis en tel pechié que je l'ai occis et sui par toi
homicides de mon frere ? » Quant il li ot ce dit, il
sacha l'espée et li corut sus pour lui occire ; mais cil qui
entor estoient se mistrent au devant et l'enmenerent hors de la
sale ; ensi eschapa à cele foiz dou peril de
mort. »
Note n°24
Cretin achève
son livre II avec les derniers mots du livre II de Gaguin-Desrey,
fol. XXVIr : « Ceste cruelle femme longuement vengeance ne
differa. Elle fist ung bruvaige et potion mortelle, laquelle
(par ses serviteurs à ce renduz instruitz et idoynes) offrit à
Thierry sortant du baing. Ce venin beu, le roy, eschauffé en la
challeur d'icelluy baing, mourut subitement. Aucuns sont
toutesvoyes ayans escript qu'il trespassa d'ung flux de ventre
après qu'il eut regné dix huyt ans, l'an de grace six cens dix
huyt. » Le récit des GCF, liv. IV, chap. 18
(vol. 2, p. 67) : « D'ilec en avant se porpensa coment ele
porroit venchier ceste honte et coment ele le porroit faire
morir ; ele esgarda son point de ce faire une heure que li rois
se bagnoit. Aus menistres d'entor, que ele ot deceuz par
promesses et par dons, bailla poisons et leur commanda que il
les tendissent au roi pour boire quant il devroit issir dou
baing. Li rois but le venin que cil li tendirent, tantost fu
morz sanz confession et sanz repentance des granz pechiez que il
avoit fait tout le tens de sa vie. »
Note n°25
Cretin anticipe ici sur la
matière de son livre III avec une mention qui correspond à la
première phrase du livre III chez Gaguin-Desrey, fol. XXVIr :
« Les roys occis comme dessus est dit, Clotaire estoit seul
demouré de la ligne et consanguinité de Clovys, auquel
appartiensist le royaulme, le cinquante septiesme an après le
trespas de Clovys. ».
Note n°26
Cette évocation
du « bel et du let » en histoire est
vraisemblalement un rappel d'une phrase du prologue des
GCF (vol. 1, p. 5) : « Ci pourra
chascuns trover bien et mal, bel et lait, sens et folie,
et fere son preu de tout par les examples de
l'estoire »..
Note n°27
Cretin cherche ici à
donner une unité a posteriori à
son livre II, comme s'il découvrait soudain que ses bornes
correspondaient à deux rois portant le même nom. Il s'agit tout
bonnement de la division que propose Gaguin-Desrey et que Cretin
copie.
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 par
BnFfr23146 tiennent
Non num.
BnFfr4964 Chapitre xxxiiii me
BnFfr4965, BnFfr23146 om.
Aix419 Chappittre xxxiiiie
BnFfr17274 Chapitre xxxiiiie
Cha515 Chapittre .xxxiiiie.
BnFfr17274 Confederee
BnFfr23146 improperes
BnFfr17274 leur
commencement
BnFfr23146 müer
Cha515 sorcerye
BnFfr17274 le
BnFfr23146 vit
BnFfr4965 plus celle
BnFfr23146 se
BnFfr4965 om.
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 l'
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 Le
BnFfr4964 pas
BnFfr23146 Des
BnFfr23146 ses
BnFfr17274 Le demonstrant
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146 Leur
BnFfr23146 seller
BnFfr17274, BnFfr23146 Pensant
BnFfr23146 leurs
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 leur
BnFfr23146 malveillance
BnFfr23146 moins
Aix419 om.
Aix419 congnoissans
BnFfr4964 cur
BnFfr4965 veoir
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 veoir
BnFfr17274, BnFfr23146 des
BnFfr23146 les
BnFfr23146 leur
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 Pensans
BnFfr23146 de
BnFfr23146 ren
BnFfr4965 Ce
BnFfr23146 en
BnFfr23146 le chastrage
Aix419, BnFfr17274 non
BnFfr23146 xve
BnFfr23146 nuit et jour
BnFfr23146 pou
BnFfr4965 es
BnFfr23146 renom
BnFfr17274, BnFfr23146 te
BnFfr23146 terres
Aix419, Cha515 rescript
BnFfr23146 à
BnFfr23146 faict
BnFfr23146 subtille
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 en
BnFfr17274 à
BnFfr23146 rescript
BnFfr23146 Lectre
BnFfr17274 om.
BnFfr23146 fait
BnFfr23146 qui
BnFfr23146 brief
BnFfr17274 hoirs
BnFfr17274 successeurs
BnFfr23146 esconduire
BnFfr4964, BnFfr4965, Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515 cestuy
BnFfr4965 à son frere ayde
BnFfr23146 conte
BnFfr23146 Couché
BnFfr17274 faict
BnFfr23146 entendre
BnFfr23146 Suffisent
BnFfr23146 tout
BnFfr4965 grosse
BnFfr4965 les
BnFfr4965 advint
BnFfr4965 veoit
BnFfr23146 À tous
BnFfr4965 le champ
BnFfr4965 De corps occis y eut si lourde attaincte
BnFfr4965 Que terre en fut de sang rougie et
taincte.
BnFfr17274 à son faict veoir
BnFfr23146 peuple
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 cest
BnFfr17274 celle
Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964 portast
BnFfr4965 qu'entre bons
BnFfr17274 de
BnFfr4964 om.
BnFfr23146 bonne
BnFfr23146 Et
BnFfr23146 doubtant
BnFfr23146 l'homme
BnFfr23146 feit
BnFfr4965 fureur exercité
BnFfr4965, BnFfr23146 en main l'espee
BnFfr23146 crais
BnFfr4965 Le
BnFfr23146 funerailles
Aix419, Cha515 d'aucun
Aix419 avecq
BnFfr23146 eut
BnFfr23146 om.
BnFfr17274 om.
BnFfr4965 plusieurs autres
BnFfr4965, BnFfr17274, BnFfr23146 la
BnFfr17274, BnFfr23146 qu'il
BnFfr4965 de son
BnFfr17274, BnFfr23146 Or
Aix419 et
BnFfr23146 de
BnFfr23146 angouesse
BnFfr17274 faire
BnFfr4965, BnFfr23146 et
BnFfr23146 tant
BnFfr17274, BnFfr23146 en
BnFfr23146 se pendent
BnFfr23146 se
Aix419 ce
BnFfr23146 fames vindicatives
BnFfr4965 furieuse
BnFfr23146 trasser
BnFfr17274, BnFfr23146 om.
BnFfr17274, BnFfr23146 tout
BnFfr4965 om.
BnFfr17274 On
Aix419 om.
Aix419 Escheut
BnFfr23146 se
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 om.
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr4965 qu'il
BnFfr23146 à
BnFfr4964, Cha515 om.
BnFfr23146 ber
BnFfr17274, BnFfr23146 que
BnFfr4964, Cha515 om.
Cha515 luy
Aix419 Et
Aix419 icy
BnFfr23146 se
BnFfr17274 faict
BnFfr4964
BnFfr23146 en
BnFfr23146 je
BnFfr4965 om.
BnFfr23146 se
Non num.
BnFfr4965, Aix419 om.