§Le cas
pourſuyt. que Maurice empereurA Chilperich grand
ſomme dor enuoyePour le ſien
oſt /
ſus
Lombardz mectre
en voye[2960]Terre occuppans en armes de fureur.
§
Chapitre. xuiiie.
GUerre qui fait vuyder coffres et bourſesQui mect en train
malheuretez rebourſesQui
lourdz
exces tourne de mal en pisQui fiers courroux aſſemble
ſus
deſpitz[2965]Et dueil ( aux cueurs
contriſtez) toſt
alieFiſt en ce temps es
marches ditalieLempereur enuoye a Chilperich force argent pour guerroyer les Lōbardz.Maulx
pulluler
/ et croiſtre en maintes partzPar le
deſroy
des genſdarmes lombardzFoꝛt oultraigeux /.
Loꝛs lempereur Maurice[2970]Bien aduerty de la foꝛte
auariceDont Chilperich auoit le
cueur feruLuy enuoya / pour eſtre ſecouruAmbaſſadeurs / auecq
gꝛande
cheuanceLuy
depꝛiant / que ſon armee auance[2975]En ſa faueur /. et Lombardz oꝛgueilleuxDebelle et chace hoꝛs
les
places et lieuxDont
par
puiſſance et a pointe deſpeeOnt contre luy
mainte place
vſurpee§Receue a gꝛe ceſte
legation[2980]Du differant et altercationNa
Childerich
fait queſtion
aulcuneMais bien
pꝛomect
/ en receuant pecuneQue lempereur de bon cueur ſeruiraReſte ſcauoir comme il ſen
cheuira /[2985]§Larriere ban publie / ſe appareilleArmee / ou
neut
/ foꝛce / pieca pareilleEt ſembloit bien quon deuſt au bataillerTous ces Lombardz / tant hault
que bas tailler /.Comme la chair en vne boucherie[2990]Mais
ce
ne fut en fin que faſcherieCar toſt apꝛes auoir
paſſe
les montzChilperich en
Italie contre les Lombardz
pour lempereur.FueiłComme
cheuaulx
reſtiuent aux lymonsLombardz ſaichans
francois
tenir
ceſte
oꝛdꝛeDoubterent foꝛt / de beaucoup
trop
ſe toꝛdꝛe[2995]Combatre a eulx /. Par quoy ſans
nulz
effoꝛsSe mirent tous en leurs places et foꝛtzTenans le train de guerre guerroyableCe que ne fut aux francois agꝛeableCar gentz de
guerre eſtansſusleᷣs
fumiers[3000]Qui du / meſtier ſont foꝛt bons couſtumiersRuzes et tours
dembuſches
ſcauent fairePour eſtrangiers enuahir et deffaire.Et meſmement / quant ſcauent les deſtoursDeulx retirer
en
foꝛtreſſes et tours[3005]§Francois font raige
a
la
pꝛemiere poincteMais ſi le choc de plain
vol
ne ſe appoincteEt au donner ample deuoir ne fontNy cherchez cueur qui vaille /. on ſe y moꝛfond /.Qui bien ne charge et donne
dune
traicte[3010]Ceſt temps perdu /.
Il fault ſonner rectraicte.§Les chefz et ducz des
Lombardz /
pꝛeuoyansLeur
cas de loing / et de bien pꝛes voyansQue Chilperich ne
queroit foꝛs
ſembatreA les tirer en plains champs pour combatre[3015]Non aſſeurez de foꝛtune / et ſes ſoꝛtzPꝛindꝛent aduis luy deſployer treſoꝛsChilperich
corrumpu des Lombardz par argent.Et de ducatz
gꝛandz ſommes
firent offresQue a gꝛe receut / et fiſt mectre en ſes coffres /.Par tel moyen tantoſt ſe conuertit[3020]Que ſon armee hoꝛs
ces lieux
diuertit /.§Loꝛs lempereur
aduerty de la choſeSeſmerueillant
comme
ſon cueur laſche oſeDiceulx Lombardz tel argent recepuoirPour le vouloir faulſement deceuoir[3025]Le fiſt ſommer rendꝛe la ſomme pꝛiſeOu mectre
a
fin lœuure de ſon
empꝛiſeCeſt / quil chaſſaſt iceulx
ſes
ennemysHoꝛs ditalie /
Ainſi que auoit pꝛomys /.Touchant cela /
ſe
trouua
lourd meſconte[3030]Car
de reſpondꝛe il ne fiſt pas gꝛand conte.A toutes gentz ainſi en faiſoit ilLeſpꝛit auoit malicieux ſubtilEt
cauteleux pꝛompt et legier
a pꝛendꝛeMais
moult tardif / laſche et peſant a rendꝛe[3035]Si eut depuys matiere de ſoucy(Comme
dirons
) pour bien eſtre adoulcy.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Le cas
poursuyt que MauriceFlavius Mauricius Tiberius Augustus (539 — 30/11/602)Empereur romain d'Orient de 582 à 602 empereur,À ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , grand
somme d'or envoye,Pour le sien
ost
sus+surs [BnFfr23146]
Lombardz mectre en voye+envoie [BnFfr23146],[2960]Terre occuppans en armes de fureur.
§
Chapitre xviiie+Chapitre xix me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappitre xviiiie [Aix419]Chapitre xiee [BnFfr17274]Chappittre .xixe. [Cha515]
Guerre, qui fait vuyder coffres et bourses,Qui mect en train malheuretez rebourses,Qui lourdz+lourd [BnFfr23146] excés tourne de mal en pis,Qui fiers courroux assemble sus despitz,[2965]Et dueil aux cueurs contristez tost+contristé le [BnFfr23146] alie,Fist en ce temps, es
marches d'Italie,L'empereur envoye à ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) force argent pour guerroyer les LombardzMaulx pulluler+publïer [Aix419, BnFfr23146] et croistre en maintes partz,Par le
desroy+desir [BnFfr4964, Cha515] des gens d'armes lombardzFort oultraigeux1.
Lors l'empereur MauriceFlavius Mauricius Tiberius Augustus (539 — 30/11/602)Empereur romain d'Orient de 582 à 602,[2970]Bien adverty de la forte avariceDont ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) avoit le
cueur feru,Luy envoya, pour estre secouru,Ambassadeurs avecq grande
chevance+grandes chevances [BnFfr23146],Luy+Le [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965] depriant2 que son armee avance[2975]En sa faveur, et Lombardz orgueilleuxDebelle et chace hors les+le [Aix419] places et lieuxDont, par+à [BnFfr17274] puissance et à pointe d'espee,Ont contre luy mainte place+maintes places [BnFfr23146] usurpee3.§Receue à gré ceste
legatïon,[2980]Du differant et altercatïonN'a Chilperich+Childerich leçon rejetée [BnFfr2818]Chilperich [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964]4Chilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) fait questïon
aulcune,Mais bien promect+permect [Aix419], en recevant pecune,Que l'empereur de bon cueur servira.Reste sçavoir comme il s'en
chevira.[2985]§L'arriere ban publié, se appareilleArmee où n'eut+eut [BnFfr23146] force pieça pareille,Et sembloit bien qu'on deust, au batailler,Tous ces Lombardz tant hault
que bas tailler,Comme la chair en une boucherie5.[2990]Mais ce+se [BnFfr23146] ne fut en fin que fascherieCar tost aprés avoir passé+passez [Aix419, BnFfr17274, Cha515]passer [BnFfr23146] les montz,ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) en
Italie contre les Lombardz
pour l'empereurComme chevaulx restivent aux lymons,Lombardz saichans
François
tenir ceste+cest [Aix419] ordre,Doubterent fort de beaucoup
trop se tordre[2995]Combatre à eulx. Par quoy sans nulz effors,Se mirent tous en leurs places et fortz,Tenans le train de guerre guerroyable.Ce que ne fut aux François agreable,Car gentz de guerre estans+guerres estant [BnFfr23146]susleurs
fumiers,[3000]Qui du mestier sont fort bons coustumiers,Ruzes et tours d'embusches+d'embuche [BnFfr23146] sçavent fairePour estrangiers envahir et deffaire,Et mesmement, quant sçavent les destours,D'eulx retirer en+es [Aix419] fortresses et tours.[3005]§François font raige à+en [Aix419] la
premiere poincte,Mais si le choc de plain vol+veil [BnFfr23146] ne se appoincteEt au donner ample devoir ne font,N'y cherchez cueur qui vaille, on se y morfond :Qui bien ne charge et donne d'une traicte,[3010]C'est temps perdu,
il fault sonner rectraicte6.§Les chefz et ducz des
Lombardz,
prevoyans+prevoiant [BnFfr23146]Leur+Leurs [BnFfr17274] cas de loing, et de bien près voyansQue ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) ne
queroit fors s'embatre+sans battre [BnFfr23146]À les tirer en plains champs pour combatre,[3015]Non asseurez de fortune et ses sortz,Prindrent advis luy desployer tresors.ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584)
corrumpu des Lombardz par argentEt de ducatz grandz sommes+grand summe [BnFfr23146] firent offres,Que à gré receut et fist mectre en ses coffres.Par tel moyen, tantost se convertit[3020]Que son armee hors ces lieux divertit.§Lors, l'empereur,
adverty de la chose,S'esmerveillant comme+comment [BnFfr4965] son cueur lasche oseD'iceulx Lombardz tel argent recepvoir,Pour le vouloir faulsement decevoir,[3025]Le fist sommer rendre la somme priseOu mectre à+en [BnFfr23146] fin l'œuvre de son emprise,C'est qu'il chassast iceulx ses+ces [BnFfr23146] ennemysHors d'Italie,
ainsi que avoit promys.Touchant cela,
se+ce [BnFfr23146] trouva lourd mesconte,[3030]Car de respondre il ne fist pas grand conte.À toutes gentz ainsi en faisoit il,L'esprit avoit malicïeux, subtilEt
cauteleux, prompt et legier
à prendre,Mais moult tardif, lasche et pesant à rendre.[3035]Si eut depuys matiere de soucyComme dirons+verrons [BnFfr23146] pour bien estre adoulcy7.
Les usages
transitifs direct et indirect du verbe « deprier » sont
attestées, même si la forme indirecte, privilégiée par le manuscrit
BnF, fr. 2818 à l'inverse de tous les autres témoins, semble plus
rare.
Rappel du v. 2800, la
référence de Cretin à l'avarice de Chilpéric est à nouveau une prise
de liberté vis-à-vis de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr, qui n'attribue à l'empereur
Maurice aucune prescience des turpitudes du roi mérovingien. Il
s'agit plutôt de rétribuer les services militaires demandés : «
Tenta Chilperic par pecune afin qu'il luy baillast son armee pour
les expusler de Italye. »
Nous corrigeons « Childerich »
en « Chilperich », en nous appuyant sur les leçons
des autres manuscrits, parce que le BnF fr. 2818 est de toute
évidence fautif.
Le récit des préparatifs de la campagne contre les
Lombards est un ajout de Cretin. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr dit simplement que « tantost
[Chilpéric] fist la guerre aux Lombars ». Les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 275-276) signalent qu'« Il
[Chilpéric] apareilla ses oz et entra soudainement em Lombardie.
»
Cretin amplifie considérablement ce qu'il trouve chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIr, qui
dit uniquement : « Mais comme deffenduz es lieux munyz, ne osassent
yssir en champ de bataille ». L'évocation d'une retraite
hypothétique des Lombards, dans l'éventualité d'une sortie, est
peut-être inspirée du bref récit que donnent les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 276) à l'endroit correspondant : « Li
Lombart ne s'oserent à lui combatre, ainz se retraistrent en leur
chastel et en leur fortereces. »
Cretin reprend à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr l'annonce des ennuis futurs de
Chilpéric, prenant à son compte l'aise que sa source attribue à
l'empereur Maurice de voir Chilpéric finalement puni : « Mais
Chilperic, faisant peu de conte de l'empereur, comme il faisoit
formant de tous aultres, ne luy rendit aucune response, lequel
neautmoins, par ce que tantost reciterons, fut bien adoulcy.
»
§Le cas
pourſuyt. que Maurice empereurA Chilperich grand
ſomme dor enuoyePour le ſien
oſt /
ſus
Lombardz mectre
en voye[2960]Terre occuppans en armes de fureur.
§
Chapitre. xuiiie.
GUerre qui fait vuyder coffres et bourſesQui mect en train
malheuretez rebourſesQui
lourdz
exces tourne de mal en pisQui fiers courroux aſſemble
ſus
deſpitz[2965]Et dueil ( aux cueurs
contriſtez) toſt
alieFiſt en ce temps es
marches ditalieLempereur enuoye a Chilperich force argent pour guerroyer les Lōbardz.Maulx
pulluler
/ et croiſtre en maintes partzPar le
deſroy
des genſdarmes lombardzFoꝛt oultraigeux /.
Loꝛs lempereur Maurice[2970]Bien aduerty de la foꝛte
auariceDont Chilperich auoit le
cueur feruLuy enuoya / pour eſtre ſecouruAmbaſſadeurs / auecq
gꝛande
cheuanceLuy
depꝛiant / que ſon armee auance[2975]En ſa faueur /. et Lombardz oꝛgueilleuxDebelle et chace hoꝛs
les
places et lieuxDont
par
puiſſance et a pointe deſpeeOnt contre luy
mainte place
vſurpee§Receue a gꝛe ceſte
legation[2980]Du differant et altercationNa
Childerich
fait queſtion
aulcuneMais bien
pꝛomect
/ en receuant pecuneQue lempereur de bon cueur ſeruiraReſte ſcauoir comme il ſen
cheuira /[2985]§Larriere ban publie / ſe appareilleArmee / ou
neut
/ foꝛce / pieca pareilleEt ſembloit bien quon deuſt au bataillerTous ces Lombardz / tant hault
que bas tailler /.Comme la chair en vne boucherie[2990]Mais
ce
ne fut en fin que faſcherieCar toſt apꝛes auoir
paſſe
les montzChilperich en
Italie contre les Lombardz
pour lempereur.FueiłComme
cheuaulx
reſtiuent aux lymonsLombardz ſaichans
francois
tenir
ceſte
oꝛdꝛeDoubterent foꝛt / de beaucoup
trop
ſe toꝛdꝛe[2995]Combatre a eulx /. Par quoy ſans
nulz
effoꝛsSe mirent tous en leurs places et foꝛtzTenans le train de guerre guerroyableCe que ne fut aux francois agꝛeableCar gentz de
guerre eſtansſusleᷣs
fumiers[3000]Qui du / meſtier ſont foꝛt bons couſtumiersRuzes et tours
dembuſches
ſcauent fairePour eſtrangiers enuahir et deffaire.Et meſmement / quant ſcauent les deſtoursDeulx retirer
en
foꝛtreſſes et tours[3005]§Francois font raige
a
la
pꝛemiere poincteMais ſi le choc de plain
vol
ne ſe appoincteEt au donner ample deuoir ne fontNy cherchez cueur qui vaille /. on ſe y moꝛfond /.Qui bien ne charge et donne
dune
traicte[3010]Ceſt temps perdu /.
Il fault ſonner rectraicte.§Les chefz et ducz des
Lombardz /
pꝛeuoyansLeur
cas de loing / et de bien pꝛes voyansQue Chilperich ne
queroit foꝛs
ſembatreA les tirer en plains champs pour combatre[3015]Non aſſeurez de foꝛtune / et ſes ſoꝛtzPꝛindꝛent aduis luy deſployer treſoꝛsChilperich
corrumpu des Lombardz par argent.Et de ducatz
gꝛandz ſommes
firent offresQue a gꝛe receut / et fiſt mectre en ſes coffres /.Par tel moyen tantoſt ſe conuertit[3020]Que ſon armee hoꝛs
ces lieux
diuertit /.§Loꝛs lempereur
aduerty de la choſeSeſmerueillant
comme
ſon cueur laſche oſeDiceulx Lombardz tel argent recepuoirPour le vouloir faulſement deceuoir[3025]Le fiſt ſommer rendꝛe la ſomme pꝛiſeOu mectre
a
fin lœuure de ſon
empꝛiſeCeſt / quil chaſſaſt iceulx
ſes
ennemysHoꝛs ditalie /
Ainſi que auoit pꝛomys /.Touchant cela /
ſe
trouua
lourd meſconte[3030]Car
de reſpondꝛe il ne fiſt pas gꝛand conte.A toutes gentz ainſi en faiſoit ilLeſpꝛit auoit malicieux ſubtilEt
cauteleux pꝛompt et legier
a pꝛendꝛeMais
moult tardif / laſche et peſant a rendꝛe[3035]Si eut depuys matiere de ſoucy(Comme
dirons
) pour bien eſtre adoulcy.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Le cas
poursuyt que MauriceFlavius Mauricius Tiberius Augustus (539 — 30/11/602)Empereur romain d'Orient de 582 à 602 empereur,À ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) , grand
somme d'or envoye,Pour le sien
ost
sus+surs [BnFfr23146]
Lombardz mectre en voye+envoie [BnFfr23146],[2960]Terre occuppans en armes de fureur.
§
Chapitre xviiie+Chapitre xix me [BnFfr4964]om. [BnFfr4965, BnFfr23146]Chappitre xviiiie [Aix419]Chapitre xiee [BnFfr17274]Chappittre .xixe. [Cha515]
Guerre, qui fait vuyder coffres et bourses,Qui mect en train malheuretez rebourses,Qui lourdz+lourd [BnFfr23146] excés tourne de mal en pis,Qui fiers courroux assemble sus despitz,[2965]Et dueil aux cueurs contristez tost+contristé le [BnFfr23146] alie,Fist en ce temps, es
marches d'Italie,L'empereur envoye à ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) force argent pour guerroyer les LombardzMaulx pulluler+publïer [Aix419, BnFfr23146] et croistre en maintes partz,Par le
desroy+desir [BnFfr4964, Cha515] des gens d'armes lombardzFort oultraigeux1.
Lors l'empereur MauriceFlavius Mauricius Tiberius Augustus (539 — 30/11/602)Empereur romain d'Orient de 582 à 602,[2970]Bien adverty de la forte avariceDont ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) avoit le
cueur feru,Luy envoya, pour estre secouru,Ambassadeurs avecq grande
chevance+grandes chevances [BnFfr23146],Luy+Le [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4964, BnFfr4965] depriant2 que son armee avance[2975]En sa faveur, et Lombardz orgueilleuxDebelle et chace hors les+le [Aix419] places et lieuxDont, par+à [BnFfr17274] puissance et à pointe d'espee,Ont contre luy mainte place+maintes places [BnFfr23146] usurpee3.§Receue à gré ceste
legatïon,[2980]Du differant et altercatïonN'a Chilperich+Childerich leçon rejetée [BnFfr2818]Chilperich [Aix419, BnFfr17274, BnFfr23146, Cha515, BnFfr4965, BnFfr4964]4Chilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) fait questïon
aulcune,Mais bien promect+permect [Aix419], en recevant pecune,Que l'empereur de bon cueur servira.Reste sçavoir comme il s'en
chevira.[2985]§L'arriere ban publié, se appareilleArmee où n'eut+eut [BnFfr23146] force pieça pareille,Et sembloit bien qu'on deust, au batailler,Tous ces Lombardz tant hault
que bas tailler,Comme la chair en une boucherie5.[2990]Mais ce+se [BnFfr23146] ne fut en fin que fascherieCar tost aprés avoir passé+passez [Aix419, BnFfr17274, Cha515]passer [BnFfr23146] les montz,ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) en
Italie contre les Lombardz
pour l'empereurComme chevaulx restivent aux lymons,Lombardz saichans
François
tenir ceste+cest [Aix419] ordre,Doubterent fort de beaucoup
trop se tordre[2995]Combatre à eulx. Par quoy sans nulz effors,Se mirent tous en leurs places et fortz,Tenans le train de guerre guerroyable.Ce que ne fut aux François agreable,Car gentz de guerre estans+guerres estant [BnFfr23146]susleurs
fumiers,[3000]Qui du mestier sont fort bons coustumiers,Ruzes et tours d'embusches+d'embuche [BnFfr23146] sçavent fairePour estrangiers envahir et deffaire,Et mesmement, quant sçavent les destours,D'eulx retirer en+es [Aix419] fortresses et tours.[3005]§François font raige à+en [Aix419] la
premiere poincte,Mais si le choc de plain vol+veil [BnFfr23146] ne se appoincteEt au donner ample devoir ne font,N'y cherchez cueur qui vaille, on se y morfond :Qui bien ne charge et donne d'une traicte,[3010]C'est temps perdu,
il fault sonner rectraicte6.§Les chefz et ducz des
Lombardz,
prevoyans+prevoiant [BnFfr23146]Leur+Leurs [BnFfr17274] cas de loing, et de bien près voyansQue ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584) ne
queroit fors s'embatre+sans battre [BnFfr23146]À les tirer en plains champs pour combatre,[3015]Non asseurez de fortune et ses sortz,Prindrent advis luy desployer tresors.ChilperichChilpéric Ier (537 — 29/09/584)Roi des Francs de Neustrie (561-584)
corrumpu des Lombardz par argentEt de ducatz grandz sommes+grand summe [BnFfr23146] firent offres,Que à gré receut et fist mectre en ses coffres.Par tel moyen, tantost se convertit[3020]Que son armee hors ces lieux divertit.§Lors, l'empereur,
adverty de la chose,S'esmerveillant comme+comment [BnFfr4965] son cueur lasche oseD'iceulx Lombardz tel argent recepvoir,Pour le vouloir faulsement decevoir,[3025]Le fist sommer rendre la somme priseOu mectre à+en [BnFfr23146] fin l'œuvre de son emprise,C'est qu'il chassast iceulx ses+ces [BnFfr23146] ennemysHors d'Italie,
ainsi que avoit promys.Touchant cela,
se+ce [BnFfr23146] trouva lourd mesconte,[3030]Car de respondre il ne fist pas grand conte.À toutes gentz ainsi en faisoit il,L'esprit avoit malicïeux, subtilEt
cauteleux, prompt et legier
à prendre,Mais moult tardif, lasche et pesant à rendre.[3035]Si eut depuys matiere de soucyComme dirons+verrons [BnFfr23146] pour bien estre adoulcy7.
Les usages
transitifs direct et indirect du verbe « deprier » sont
attestées, même si la forme indirecte, privilégiée par le manuscrit
BnF, fr. 2818 à l'inverse de tous les autres témoins, semble plus
rare.
Rappel du v. 2800, la
référence de Cretin à l'avarice de Chilpéric est à nouveau une prise
de liberté vis-à-vis de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr, qui n'attribue à l'empereur
Maurice aucune prescience des turpitudes du roi mérovingien. Il
s'agit plutôt de rétribuer les services militaires demandés : «
Tenta Chilperic par pecune afin qu'il luy baillast son armee pour
les expusler de Italye. »
Nous corrigeons « Childerich »
en « Chilperich », en nous appuyant sur les leçons
des autres manuscrits, parce que le BnF fr. 2818 est de toute
évidence fautif.
Le récit des préparatifs de la campagne contre les
Lombards est un ajout de Cretin. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr dit simplement que « tantost
[Chilpéric] fist la guerre aux Lombars ». Les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 275-276) signalent qu'« Il
[Chilpéric] apareilla ses oz et entra soudainement em Lombardie.
»
Cretin amplifie considérablement ce qu'il trouve chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIr, qui
dit uniquement : « Mais comme deffenduz es lieux munyz, ne osassent
yssir en champ de bataille ». L'évocation d'une retraite
hypothétique des Lombards, dans l'éventualité d'une sortie, est
peut-être inspirée du bref récit que donnent les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 276) à l'endroit correspondant : « Li
Lombart ne s'oserent à lui combatre, ainz se retraistrent en leur
chastel et en leur fortereces. »
Cretin reprend à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr l'annonce des ennuis futurs de
Chilpéric, prenant à son compte l'aise que sa source attribue à
l'empereur Maurice de voir Chilpéric finalement puni : « Mais
Chilperic, faisant peu de conte de l'empereur, comme il faisoit
formant de tous aultres, ne luy rendit aucune response, lequel
neautmoins, par ce que tantost reciterons, fut bien adoulcy.
»
Les usages
transitifs direct et indirect du verbe « deprier » sont
attestées, même si la forme indirecte, privilégiée par le manuscrit
BnF, fr. 2818 à l'inverse de tous les autres témoins, semble plus
rare.
Rappel du v. 2800, la
référence de Cretin à l'avarice de Chilpéric est à nouveau une prise
de liberté vis-à-vis de [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr, qui n'attribue à l'empereur
Maurice aucune prescience des turpitudes du roi mérovingien. Il
s'agit plutôt de rétribuer les services militaires demandés : «
Tenta Chilperic par pecune afin qu'il luy baillast son armee pour
les expusler de Italye. »
Nous corrigeons « Childerich »
en « Chilperich », en nous appuyant sur les leçons
des autres manuscrits, parce que le BnF fr. 2818 est de toute
évidence fautif.
Le récit des préparatifs de la campagne contre les
Lombards est un ajout de Cretin. [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr dit simplement que « tantost
[Chilpéric] fist la guerre aux Lombars ». Les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 275-276) signalent qu'« Il
[Chilpéric] apareilla ses oz et entra soudainement em Lombardie.
»
Cretin amplifie considérablement ce qu'il trouve chez [La
Chesnaye], Les Grandes Chroniques, fol. XVIIIr, qui
dit uniquement : « Mais comme deffenduz es lieux munyz, ne osassent
yssir en champ de bataille ». L'évocation d'une retraite
hypothétique des Lombards, dans l'éventualité d'une sortie, est
peut-être inspirée du bref récit que donnent les GCF,
liv. III, chap. 13 (vol. 1, p. 276) à l'endroit correspondant : « Li
Lombart ne s'oserent à lui combatre, ainz se retraistrent en leur
chastel et en leur fortereces. »
Cretin reprend à [Nicolas de La Chesnaye], Les Grandes
Chroniques, fol. XVIIIr l'annonce des ennuis futurs de
Chilpéric, prenant à son compte l'aise que sa source attribue à
l'empereur Maurice de voir Chilpéric finalement puni : « Mais
Chilperic, faisant peu de conte de l'empereur, comme il faisoit
formant de tous aultres, ne luy rendit aucune response, lequel
neautmoins, par ce que tantost reciterons, fut bien adoulcy.
»