Livre I - Chapitre 7
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26






§ Se lœil a droit lhiſtoire a eſprouuee. Il congnoiſtra mener a plein effect Sommairement / ce que iadis fut faict Ou temps du tiers roy francoys Merouee.
§ Chapitre viie.
Fo XXII
De Merouee .iiie. roy. de france. couſin de clodion [875]DE Clodion le treſpas aduenant Apꝛes vingt ans paſſez / quil fut regnant Filz ne laiſſa /. Dont pour cauſe pꝛouuee . Luy ſucceda ſon couſin Merouee . Comme extime de tous mieulx apparent [880]Et dicelluy le plus pꝛouchain parent De ceſtuy roy ainſi que congnoiſſance Certaine auons / commenca la naiſſance Sourſe / oꝛigine / et generation Des roys / dont puys / ſe fait narration [885]Iuſquau ſecond Pepin . Le quel fut pere De Charlemaigne /. Et affin quil appere Combien ce bon
Des maulx par les huns faiz aux francoys.Fo XXIII [900]A ſouſtenir dures aduerſitez Car en ce temps les Huns par ribleries Oppꝛeſſions / cruaultez / pilleries Courſes / aſſaultz / et foꝛſfaictz oultraigeux En leurs effoꝛtz furent ſi couraigeux [905]Que la cite de Treues aſſiegerent Et le pays denuiron fouraigerent Ribleurs / robeurs / ſatrappes / ſaquemens Et boutefeuz firent tant de tourmens Ains auoir paix paiſible recouuerte [910]Quen toute Gaule y eut terre couuerte De maulx plongez en deſolations Oultraiges / gꝛiefs / et tribulations Occiſions / rapines / violences / Maleuretez / tempeſtes / peſtilences [915] Chierte de biens / angoiſſeuſes douleurs Douloureux cris / regꝛetz ſangloutz / et pleurs Pays bꝛuſlez / pucelles effoꝛcees Rengꝛeigemens de plainctes diſpercees Si quen pillant iuſques a Oꝛleans [920]Fut la cite aſſieigee /. Oꝛ. leans Loꝛs floꝛiſſoit en ſainctete de vie Le bon eueſque Aignen qui toſt conuie Les citoyens a deuote oꝛaiſon Ieuſne et aulmoſne / Allegant pour raiſon
Orleans par les huns aſſiegee [925]L ire de Dieu encontre eulx pꝛouocquee Par leurs deffaultz diſant pour reuocquee Veoir la ſentence eſtre neceſſite Par penitence affliger la cite Loꝛs a ſa voix et parolle nayfue [930]Pꝛenans exemple au peuple de Niniue Cendꝛes et ſacz / extendent ſur leurs chefz Nudz piedz ſen vont en plourant leurs pechez Gꝛandz et petitz ieuſnent /. Et mais encoꝛes Tous les troppeaux des beſtes et peccoꝛes [935]Le bon pꝛelat fait interceſſions En celebꝛant belles pꝛoceſſions Et peuple induyt a ſi bonne doctrine Quen cueur contrict frappant ſur ſa poictrine Diſt / Peccaui /. Et rend vomiſſemens [940]De pleurs / ſouſpirs / et gꝛandz gemiſſemens En requerant a Dieu miſericoꝛde §O Sainct paſteur /. quant de toy me recoꝛde Ie fays ſouhait / et pꝛie a ioinctes mains Que les pꝛelatz / dont au monde y a maintz [945]Mal extimez / feuſſent a toy ſemblables Tant de pechez et maulz innumerables Quon voyt regner neuſſent pas ſi gꝛandz cours Ceſt incident diſons en deux motz courtz De ceſte gent inicque et ſcandaleuſe
Les huns vaincuz par le roy Merouee.Fo XXIV [950]Certes ce fut choſe miraculeuſe Car ſi ſoudain de la ſeſuanouyt Qu oncques depuys on ne la veit nouyt Mais touteſuoyes / Iay bien leu en hiſtoyꝛe Que Merouee obtint / belle victoyꝛe [955]En Chalonnois contre le roy des huns Nomme Attile / Et maintiennent les vngs Y auoir eu bataille ſi treſfoꝛte Que de la fiere et auſtere cohoꝛte Cent quatre vingtz mil hommes ſoubz le fais [960]De guerre hoſtille / y furent tous deffaiz Car Ecius le ſenateur rommain Au roy pꝛedict / alie tint la main Du bon endꝛoit /. et tant firent a lheure Que des deux partz obtindꝛent la meilleure [965]Thierry le roy des viſegotz / tenant La part diceulx /. et le choc ſouſtenant Y fuſt occis. Ainſi doncq terminee Des Huns la foꝛce / et toute exterminee Auec les ſiens / celluy roy ſeſiouyt [970]Et du royaulme en bonne paix iouyt Dix et huyt ans regna / dit leſcripture Et puys paya le tribut de nature.
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§Se l'œil,+Soleil [BnFfr4967] à droit, l'histoire a esprouvee, Il congnoistra+pourra bien [Aix419] mener à plein effect, Sommairement, ce que jadis fut+Ce que jadiz fut demené et [Aix419] faict Ou temps du tiers roy françoys MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
.
§ Chapitre viie+Chapitre septiesme [Cha514]om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
De MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
iiie roy de France, cousin de ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
[875]De ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
le trespas advenant, Aprés vingt ans passez qu'il fut regnant, Filz ne laissa. Dont, pour cause prouvee+Dont, pour cause approuvee [Aix419]par quoy à la couronne [Vat966], Luy succeda son+ung sien [Aix419]le sien [Vat966] cousin Merovee+Meronne [Vat966]Mérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
, Comme extimé, de tous, mieulx apparent [880]Et d'icelluy le plus prouchain parent. De cestuy roy+ce Meronne [Vat966], ainsi que congnoissance Certaine avons, commença la naissance, Sourse, origine et generatïon Des roys dont puys se fait narratïon, [885]Jusqu'au second PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, lequel fut pere De CharlemaigneCharlemagne (entre 06/04/742 et 06/04/748 — 01/02/814) Roi des Francs (13/10/768-01/02/814)
Roi des Lombards (14/07/774-01/02/814)
Empereur d'Occident (29/12/800-01/02/814)
Duc de Bavière (?-?)
1. Et affin qu'il appere Combien +il fut [Aix419] ce bon+ luy [BnFfr17274]i bon [Aix419]+cestuy [Vat966] preud'homme+ et [Aix419] vertueux Eut florissant renom, et sumptueux, On treuve assez, par anticques histoyres, [890]Les siens haultz faictz apparentz et notoyres. Et tout ainsi qu'en grande infirmité De lourd traveil, peine et calamité, Vertu se monstre en degré d'excellence, Aussi aprés la cruelle insolence, [895]Divers travaulx, peines, vexatïons, Bruictz scandaleux et persecutïons De guerre fiere, austere et fort doubtable, Il se monstra utille et prouffitable Aux siens subjectz, pour lors excercitez
Des maulx par les Huns faiz aux Françoys [900]À soustenir dures adversitez2. Car, en ce temps, les Huns+ungs [BnFfr17274, Aix419, Vat966], par ribleries, Oppressïons, cruaultez, pilleries, Courses, assaultz et forsfaictz+
excez, faictz [BnFfr17274, Cha514] ;
excés, faictz [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
oultraigeux,
En leurs effortz furent si couraigeux
[905]Que la cité de Treves assiegerent
Et le paÿs d'environ fouraigerent.
Ribleurs,
robeurs,
satrappes,
saquemens,
Et
boutefeuz firent tant de
tourmens,
Ains avoir paix paisible
recouverte,
[910]Qu'en toute Gaule y eut terre couverte
De maulx plongez en desolatïons,
Oultraiges, griefs et tribulatïons,
Occisïons, rapines,
vïolences+pestilences [Aix419]insolences [Vat966],
Maleuretez, tempestes,
pestilences+violences [Aix419],
[915]Chierté+Chiertez [BnFfr17274]Chertez [BnFfr23145, Aix419, Cha514] de biens, angoisseuses douleurs,
Douloureux cris, regretz, sangloutz et pleurs,
Paÿs bruslez, pucelles efforcees,
Rengreigemens de plainctes dispercees,
Si qu'en+quant [BnFfr4967] pillant jusques à Orlëans
[920]Fut la cité assieigee3.
Or, lëans,
Lors florissoit en saincteté de vie
Le bon evesque AignenAignan d'Orléans (358 — 17/11/452) Evêque d’Orléans, qui tost convie
Les citoyens à devote oraison,
Jeusne et aulmosne+Jeusnez Orleans par les Huns assiegee [925]L' ire de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, encontre eulx provocquee Par leurs deffaultz, disant pour revocquee+om. [BnFfr4967] Veoir la sentence, estre necessité Par penitence affliger la cité. Lors à sa voix et parolle naÿfve, [930]Prenans exemple au peuple de Ninive, Cendres et sacz extendent sur leurs+leurs [Vat966] chefz, Nudz piedz s'en vont en plourant leurs pechez, Grandz et petitz jeusnent, et mais encores, Tous les troppeaux des bestes et peccores4. [935]Le bon prelat fait intercessïons, En celebrant belles processïons, Et+Le [BnFfr4967] peuple induyt à si bonne doctrine Qu'en cueur contrict, frappant sur sa poictrine, Dist « peccavi5 » et rend vomissemens [940]De pleurs, souspirs et grandz gemissemens, En requerant à DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme misericorde6. §O sainct pasteur, quant de toy me recorde, Je fays souhait et prie à joinctes mains Que les prelatz, dont au monde y a maintz [945]Mal extimez, feussent à toy semblables ! Tant de pechez et maulz innumerables Qu'on voyt regner n'eussent pas si grandz cours7 ! Cest incident, disons en deux motz courtz, De ceste gent inicque et scandaleuse,
Les Huns vaincuz par le roy MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
[950]Certes ce fut chose miraculeuse Car si soudain de là s'esvanouyt, Qu' oncques depuys on ne la veit n'oüyt8. Mais toutesvoyes, j'ay bien leu en histoyre Que MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
obtint+eut fort [Aix419] belle+Meronne eut glorieuse [Vat966] victoyre, [955]En Chalonnois, contre le roy des Huns Nommé AttileAttila (395 — 453) Roi des Huns de 434 à 453. Et maintiennent les ungs Y avoir eu bataille si trés forte Que, de la fiere et austere cohorte, Cent quatre vingtz mil hommes, soubz le fais [960]De guerre hostille, y furent tous deffaiz. Car EcïusAetius (390 — 21/09/454) Général romain, le senateur rommain, Au roy predict+À Merovee [Aix419]Au roy Meronne [Vat966], alïé, tint la main Du bon endroit. Et tant firent à l'heure Que des deux partz obtindrent la meilleure, [965]ThierryThéodoric Ier (393 — 20/06/451) Roi des Wisigoths le roy des Visegotz, tenant La part d'iceulx+leur partye [Aix419]part Meronne [Vat966] et le choc soustenant, Y fust occis9. Ainsi doncq terminee, Des Huns+ungs [BnFfr17274], la force et toute exterminee Avec les siens, celluy roy s'esjouyt [970]Et du royaulme en bonne paix+paix
Note n°1
Cretin réécrit les GCF,
liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Quant li rois Clodio out
regné XX anz, il paia le treü de nature. Après lui regna
Merovées. Cil Merovées ne fu pas ses fius, mais il fu de son
lignage. De cetui eissi la premiere generation des rois de
France ; si dura sanz faillir d'oir en hoir jusques à la
generation Pepin le secont, le pere le grant
Challemaine. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. 7 (Galliot du Pré, fol. Vr) propose un récit
très proche : « Mais peu de temps aprés, nulz enfans delaisséz,
le XX an de son regne, Clodion alla de vie à trespas, au lieu
duquel Meroneus, qui estoit son plus prochain parent, fut
institué roy, duquel jusques au roy Pepin, pere de Charlemaigne,
dure et persevere sans discord la lignee et ordre des
roys. »
Note n°2
Cretin amplifie une simple mention des GCF, liv. I,
chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Cist rois fu moult profitables au
roiaume. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) a un texte proche :
« Meroneus fut trés utile et proffitable au
royaulme. »
Note n°3
Cretin
s'appuie sur les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p.
26-27) : « En ce tens passerent le Rim une gente qui estoient
apelé li Hun ; la cité de Treves craventerent, tout le païs
d'entor Tongres ardirent et gasterent. En tel maniere estoit
toute Galle en batailles, en persecutions ; partout resonnoit
cri, pleur, doleurs et pestilences, occisions et rapines ; si
dura ceste male aventure jusques à la cité d'Orliens ; la vile
assistrent, et mistrent gardes aus portes que nus ne peust
eissir. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) est beaucoup plus
lacunaire : « Combien que moult ait souffert des Hunes courans
sus aux Tugres et mettoys et riblans par le residu du pays de
Gaulle... »
Note n°4
Référence à la prédication de Jonas et au jeûne de Ninive (Jonas 3 :
1-10).
Note n°5
Mot latin, utilisé
pour reconnaître et se repentir de ses propres
péchés.
Note n°6
Cretin
continue de suivre les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1,
p. 27), amplifiant la prière d'Aignan qui n'existe pas chez
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) : « En ce tens estoit Sainz Agniens
evesques d'Orliens ; li sainz hons fist sa proiere vers Nostre
Seigneur que il confortast le païs et la cité. » Du reste,
la présence de discours inventés (par Cretin ou ses sources) ne
contrevient pas au travail historiographique. Les grands historiens
de l’Antiquité tels Tite-Live, Hérodote ou Thucydide inséraient déjà
des discours dans leurs récits historiques. Ces moments d’éloquence
ne sont pas présentés comme une copie fidèle de ce qui a été dit ou
entendu par un témoin, ils correspondent à ce que l’historien pense
qu’il a été dit, en fonction de l’éthos de
l’orateur et de son auditoire, ou encore des circonstances. Ils sont
donc pure invention, mais d’une invention qui donne à voir et à
entendre les réalités du moment, et que l’historien connait par son
travail, ses lectures (voir Andrew Laird, Powers of
expression, expressions of power. Speech presentation and Latin
Literature, Oxford University Press, 1999 ; Ragnar
Ullmann, La technique des discours dans Salluste, Tite-Live
et Tacite. La Matière et la composition, I kommisjon
hos. J. Dybwad, Oslo, 1927). Dans le contexte d'une lecture orale de
la Chronique à la cour, la création ou
l'amplification de ces discours par Cretin sert aussi à animer la
performance de la mise en voix.
Note n°7
Cette insertion est de la plume de Cretin.
Note n°8
Cretin poursuit sa
réécriture des GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car par ses oresons et par sa
merite fu li orgueuz de ce pople si triblez que il s'enfuirent
et se perdirent en tel maniere que l'en ne pout ainques puis
savoir que il devinrent ne où il habiterent »
Note n°9
Cretin reprend à
la fin de ce chapitre la matière que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) consacre
à Mérovée : « ... car en Chalonnoys avec Ecius senateur rommain
glorieusement batailla contre Attille, roy des Hunes, où l'on
dit que centre quattre vingtz mille hommes moururent, entre
lesquelz Thierry, roy des Visegothz, suyvant Meroneus et Ecius,
fut occis. » Les GCF, liv. I, chap. 6 (vol.
1, p. 26-27) ne mentionnent ici ni le Chalonnois, ni Attila, ni une
bataille, ni Aetius, ni Théodoric Ier.
Note n°10
Cette mention ne figure
ni dans les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27), ni
chez Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr), et semble être une originalité de
Cretin.
Note n°11
Cretin revient aux GCF, liv. I, chap.
6 (vol. 1, p. 27) auxquelles il emprunte la durée du règne de
Mérovée : « Morz fu li rois Merovées après ce que il out regné
XVIII anz. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) n'en fait pas
mention.
BnFfr4967 Soleil
Aix419 pourra bien
Aix419 Ce que jadiz fut demené et
Non num.
Cha514 Chapitre septiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Vat966 Meronne
Vat966 ce Meronne
Aix419 il fut
Vat966 cestuy
Aix419 et
BnFfr17274, Aix419, Vat966 ungs
BnFfr17274, Cha514 excez, faictz ;
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 excés, faictz
Aix419 violences
BnFfr4967 quant
BnFfr17274 Jeusnez aulmosnes et
aulmosnes
BnFfr4967 om.
Vat966 leurs
BnFfr4967 Le
Vat966 Meronne eut glorieuse
Aix419 eut fort
BnFfr17274 ungs
Aix419 paix jouyt
Aix419 om.
Cha514 c'est






§ Se lœil a droit lhiſtoire a eſprouuee. Il congnoiſtra mener a plein effect Sommairement / ce que iadis fut faict Ou temps du tiers roy francoys Merouee.
§ Chapitre viie.
Fo XXII
De Merouee .iiie. roy. de france. couſin de clodion [875]DE Clodion le treſpas aduenant Apꝛes vingt ans paſſez / quil fut regnant Filz ne laiſſa /. Dont pour cauſe pꝛouuee . Luy ſucceda ſon couſin Merouee . Comme extime de tous mieulx apparent [880]Et dicelluy le plus pꝛouchain parent De ceſtuy roy ainſi que congnoiſſance Certaine auons / commenca la naiſſance Sourſe / oꝛigine / et generation Des roys / dont puys / ſe fait narration [885]Iuſquau ſecond Pepin . Le quel fut pere De Charlemaigne /. Et affin quil appere Combien ce bon
Des maulx par les huns faiz aux francoys.Fo XXIII [900]A ſouſtenir dures aduerſitez Car en ce temps les Huns par ribleries Oppꝛeſſions / cruaultez / pilleries Courſes / aſſaultz / et foꝛſfaictz oultraigeux En leurs effoꝛtz furent ſi couraigeux [905]Que la cite de Treues aſſiegerent Et le pays denuiron fouraigerent Ribleurs / robeurs / ſatrappes / ſaquemens Et boutefeuz firent tant de tourmens Ains auoir paix paiſible recouuerte [910]Quen toute Gaule y eut terre couuerte De maulx plongez en deſolations Oultraiges / gꝛiefs / et tribulations Occiſions / rapines / violences / Maleuretez / tempeſtes / peſtilences [915] Chierte de biens / angoiſſeuſes douleurs Douloureux cris / regꝛetz ſangloutz / et pleurs Pays bꝛuſlez / pucelles effoꝛcees Rengꝛeigemens de plainctes diſpercees Si quen pillant iuſques a Oꝛleans [920]Fut la cite aſſieigee /. Oꝛ. leans Loꝛs floꝛiſſoit en ſainctete de vie Le bon eueſque Aignen qui toſt conuie Les citoyens a deuote oꝛaiſon Ieuſne et aulmoſne / Allegant pour raiſon
Orleans par les huns aſſiegee [925]L ire de Dieu encontre eulx pꝛouocquee Par leurs deffaultz diſant pour reuocquee Veoir la ſentence eſtre neceſſite Par penitence affliger la cite Loꝛs a ſa voix et parolle nayfue [930]Pꝛenans exemple au peuple de Niniue Cendꝛes et ſacz / extendent ſur leurs chefz Nudz piedz ſen vont en plourant leurs pechez Gꝛandz et petitz ieuſnent /. Et mais encoꝛes Tous les troppeaux des beſtes et peccoꝛes [935]Le bon pꝛelat fait interceſſions En celebꝛant belles pꝛoceſſions Et peuple induyt a ſi bonne doctrine Quen cueur contrict frappant ſur ſa poictrine Diſt / Peccaui /. Et rend vomiſſemens [940]De pleurs / ſouſpirs / et gꝛandz gemiſſemens En requerant a Dieu miſericoꝛde §O Sainct paſteur /. quant de toy me recoꝛde Ie fays ſouhait / et pꝛie a ioinctes mains Que les pꝛelatz / dont au monde y a maintz [945]Mal extimez / feuſſent a toy ſemblables Tant de pechez et maulz innumerables Quon voyt regner neuſſent pas ſi gꝛandz cours Ceſt incident diſons en deux motz courtz De ceſte gent inicque et ſcandaleuſe
Les huns vaincuz par le roy Merouee.Fo XXIV [950]Certes ce fut choſe miraculeuſe Car ſi ſoudain de la ſeſuanouyt Qu oncques depuys on ne la veit nouyt Mais touteſuoyes / Iay bien leu en hiſtoyꝛe Que Merouee obtint / belle victoyꝛe [955]En Chalonnois contre le roy des huns Nomme Attile / Et maintiennent les vngs Y auoir eu bataille ſi treſfoꝛte Que de la fiere et auſtere cohoꝛte Cent quatre vingtz mil hommes ſoubz le fais [960]De guerre hoſtille / y furent tous deffaiz Car Ecius le ſenateur rommain Au roy pꝛedict / alie tint la main Du bon endꝛoit /. et tant firent a lheure Que des deux partz obtindꝛent la meilleure [965]Thierry le roy des viſegotz / tenant La part diceulx /. et le choc ſouſtenant Y fuſt occis. Ainſi doncq terminee Des Huns la foꝛce / et toute exterminee Auec les ſiens / celluy roy ſeſiouyt [970]Et du royaulme en bonne paix iouyt Dix et huyt ans regna / dit leſcripture Et puys paya le tribut de nature.
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§Se l'œil,+Soleil [BnFfr4967] à droit, l'histoire a esprouvee, Il congnoistra+pourra bien [Aix419] mener à plein effect, Sommairement, ce que jadis fut+Ce que jadiz fut demené et [Aix419] faict Ou temps du tiers roy françoys MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
.
§ Chapitre viie+Chapitre septiesme [Cha514]om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
De MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
iiie roy de France, cousin de ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
[875]De ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
le trespas advenant, Aprés vingt ans passez qu'il fut regnant, Filz ne laissa. Dont, pour cause prouvee+Dont, pour cause approuvee [Aix419]par quoy à la couronne [Vat966], Luy succeda son+ung sien [Aix419]le sien [Vat966] cousin Merovee+Meronne [Vat966]Mérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
, Comme extimé, de tous, mieulx apparent [880]Et d'icelluy le plus prouchain parent. De cestuy roy+ce Meronne [Vat966], ainsi que congnoissance Certaine avons, commença la naissance, Sourse, origine et generatïon Des roys dont puys se fait narratïon, [885]Jusqu'au second PepinPépin le Bref (714 — 24/09/768) Maire du Palais de Neustrie (741-751)
Roi des Francs (751-768)
, lequel fut pere De CharlemaigneCharlemagne (entre 06/04/742 et 06/04/748 — 01/02/814) Roi des Francs (13/10/768-01/02/814)
Roi des Lombards (14/07/774-01/02/814)
Empereur d'Occident (29/12/800-01/02/814)
Duc de Bavière (?-?)
1. Et affin qu'il appere Combien +il fut [Aix419] ce bon+ luy [BnFfr17274]i bon [Aix419]+cestuy [Vat966] preud'homme+ et [Aix419] vertueux Eut florissant renom, et sumptueux, On treuve assez, par anticques histoyres, [890]Les siens haultz faictz apparentz et notoyres. Et tout ainsi qu'en grande infirmité De lourd traveil, peine et calamité, Vertu se monstre en degré d'excellence, Aussi aprés la cruelle insolence, [895]Divers travaulx, peines, vexatïons, Bruictz scandaleux et persecutïons De guerre fiere, austere et fort doubtable, Il se monstra utille et prouffitable Aux siens subjectz, pour lors excercitez
Des maulx par les Huns faiz aux Françoys [900]À soustenir dures adversitez2. Car, en ce temps, les Huns+ungs [BnFfr17274, Aix419, Vat966], par ribleries, Oppressïons, cruaultez, pilleries, Courses, assaultz et forsfaictz+
excez, faictz [BnFfr17274, Cha514] ;
excés, faictz [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
oultraigeux,
En leurs effortz furent si couraigeux
[905]Que la cité de Treves assiegerent
Et le paÿs d'environ fouraigerent.
Ribleurs,
robeurs,
satrappes,
saquemens,
Et
boutefeuz firent tant de
tourmens,
Ains avoir paix paisible
recouverte,
[910]Qu'en toute Gaule y eut terre couverte
De maulx plongez en desolatïons,
Oultraiges, griefs et tribulatïons,
Occisïons, rapines,
vïolences+pestilences [Aix419]insolences [Vat966],
Maleuretez, tempestes,
pestilences+violences [Aix419],
[915]Chierté+Chiertez [BnFfr17274]Chertez [BnFfr23145, Aix419, Cha514] de biens, angoisseuses douleurs,
Douloureux cris, regretz, sangloutz et pleurs,
Paÿs bruslez, pucelles efforcees,
Rengreigemens de plainctes dispercees,
Si qu'en+quant [BnFfr4967] pillant jusques à Orlëans
[920]Fut la cité assieigee3.
Or, lëans,
Lors florissoit en saincteté de vie
Le bon evesque AignenAignan d'Orléans (358 — 17/11/452) Evêque d’Orléans, qui tost convie
Les citoyens à devote oraison,
Jeusne et aulmosne+Jeusnez Orleans par les Huns assiegee [925]L' ire de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, encontre eulx provocquee Par leurs deffaultz, disant pour revocquee+om. [BnFfr4967] Veoir la sentence, estre necessité Par penitence affliger la cité. Lors à sa voix et parolle naÿfve, [930]Prenans exemple au peuple de Ninive, Cendres et sacz extendent sur leurs+leurs [Vat966] chefz, Nudz piedz s'en vont en plourant leurs pechez, Grandz et petitz jeusnent, et mais encores, Tous les troppeaux des bestes et peccores4. [935]Le bon prelat fait intercessïons, En celebrant belles processïons, Et+Le [BnFfr4967] peuple induyt à si bonne doctrine Qu'en cueur contrict, frappant sur sa poictrine, Dist « peccavi5 » et rend vomissemens [940]De pleurs, souspirs et grandz gemissemens, En requerant à DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme misericorde6. §O sainct pasteur, quant de toy me recorde, Je fays souhait et prie à joinctes mains Que les prelatz, dont au monde y a maintz [945]Mal extimez, feussent à toy semblables ! Tant de pechez et maulz innumerables Qu'on voyt regner n'eussent pas si grandz cours7 ! Cest incident, disons en deux motz courtz, De ceste gent inicque et scandaleuse,
Les Huns vaincuz par le roy MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
[950]Certes ce fut chose miraculeuse Car si soudain de là s'esvanouyt, Qu' oncques depuys on ne la veit n'oüyt8. Mais toutesvoyes, j'ay bien leu en histoyre Que MeroveeMérovée Ier (415 — 457) Roi des Francs saliens (451-457)
obtint+eut fort [Aix419] belle+Meronne eut glorieuse [Vat966] victoyre, [955]En Chalonnois, contre le roy des Huns Nommé AttileAttila (395 — 453) Roi des Huns de 434 à 453. Et maintiennent les ungs Y avoir eu bataille si trés forte Que, de la fiere et austere cohorte, Cent quatre vingtz mil hommes, soubz le fais [960]De guerre hostille, y furent tous deffaiz. Car EcïusAetius (390 — 21/09/454) Général romain, le senateur rommain, Au roy predict+À Merovee [Aix419]Au roy Meronne [Vat966], alïé, tint la main Du bon endroit. Et tant firent à l'heure Que des deux partz obtindrent la meilleure, [965]ThierryThéodoric Ier (393 — 20/06/451) Roi des Wisigoths le roy des Visegotz, tenant La part d'iceulx+leur partye [Aix419]part Meronne [Vat966] et le choc soustenant, Y fust occis9. Ainsi doncq terminee, Des Huns+ungs [BnFfr17274], la force et toute exterminee Avec les siens, celluy roy s'esjouyt [970]Et du royaulme en bonne paix+paix
Note n°1
Cretin réécrit les GCF,
liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Quant li rois Clodio out
regné XX anz, il paia le treü de nature. Après lui regna
Merovées. Cil Merovées ne fu pas ses fius, mais il fu de son
lignage. De cetui eissi la premiere generation des rois de
France ; si dura sanz faillir d'oir en hoir jusques à la
generation Pepin le secont, le pere le grant
Challemaine. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. 7 (Galliot du Pré, fol. Vr) propose un récit
très proche : « Mais peu de temps aprés, nulz enfans delaisséz,
le XX an de son regne, Clodion alla de vie à trespas, au lieu
duquel Meroneus, qui estoit son plus prochain parent, fut
institué roy, duquel jusques au roy Pepin, pere de Charlemaigne,
dure et persevere sans discord la lignee et ordre des
roys. »
Note n°2
Cretin amplifie une simple mention des GCF, liv. I,
chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Cist rois fu moult profitables au
roiaume. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) a un texte proche :
« Meroneus fut trés utile et proffitable au
royaulme. »
Note n°3
Cretin
s'appuie sur les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p.
26-27) : « En ce tens passerent le Rim une gente qui estoient
apelé li Hun ; la cité de Treves craventerent, tout le païs
d'entor Tongres ardirent et gasterent. En tel maniere estoit
toute Galle en batailles, en persecutions ; partout resonnoit
cri, pleur, doleurs et pestilences, occisions et rapines ; si
dura ceste male aventure jusques à la cité d'Orliens ; la vile
assistrent, et mistrent gardes aus portes que nus ne peust
eissir. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) est beaucoup plus
lacunaire : « Combien que moult ait souffert des Hunes courans
sus aux Tugres et mettoys et riblans par le residu du pays de
Gaulle... »
Note n°4
Référence à la prédication de Jonas et au jeûne de Ninive (Jonas 3 :
1-10).
Note n°5
Mot latin, utilisé
pour reconnaître et se repentir de ses propres
péchés.
Note n°6
Cretin
continue de suivre les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1,
p. 27), amplifiant la prière d'Aignan qui n'existe pas chez
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) : « En ce tens estoit Sainz Agniens
evesques d'Orliens ; li sainz hons fist sa proiere vers Nostre
Seigneur que il confortast le païs et la cité. » Du reste,
la présence de discours inventés (par Cretin ou ses sources) ne
contrevient pas au travail historiographique. Les grands historiens
de l’Antiquité tels Tite-Live, Hérodote ou Thucydide inséraient déjà
des discours dans leurs récits historiques. Ces moments d’éloquence
ne sont pas présentés comme une copie fidèle de ce qui a été dit ou
entendu par un témoin, ils correspondent à ce que l’historien pense
qu’il a été dit, en fonction de l’éthos de
l’orateur et de son auditoire, ou encore des circonstances. Ils sont
donc pure invention, mais d’une invention qui donne à voir et à
entendre les réalités du moment, et que l’historien connait par son
travail, ses lectures (voir Andrew Laird, Powers of
expression, expressions of power. Speech presentation and Latin
Literature, Oxford University Press, 1999 ; Ragnar
Ullmann, La technique des discours dans Salluste, Tite-Live
et Tacite. La Matière et la composition, I kommisjon
hos. J. Dybwad, Oslo, 1927). Dans le contexte d'une lecture orale de
la Chronique à la cour, la création ou
l'amplification de ces discours par Cretin sert aussi à animer la
performance de la mise en voix.
Note n°7
Cette insertion est de la plume de Cretin.
Note n°8
Cretin poursuit sa
réécriture des GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car par ses oresons et par sa
merite fu li orgueuz de ce pople si triblez que il s'enfuirent
et se perdirent en tel maniere que l'en ne pout ainques puis
savoir que il devinrent ne où il habiterent »
Note n°9
Cretin reprend à
la fin de ce chapitre la matière que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) consacre
à Mérovée : « ... car en Chalonnoys avec Ecius senateur rommain
glorieusement batailla contre Attille, roy des Hunes, où l'on
dit que centre quattre vingtz mille hommes moururent, entre
lesquelz Thierry, roy des Visegothz, suyvant Meroneus et Ecius,
fut occis. » Les GCF, liv. I, chap. 6 (vol.
1, p. 26-27) ne mentionnent ici ni le Chalonnois, ni Attila, ni une
bataille, ni Aetius, ni Théodoric Ier.
Note n°10
Cette mention ne figure
ni dans les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27), ni
chez Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr), et semble être une originalité de
Cretin.
Note n°11
Cretin revient aux GCF, liv. I, chap.
6 (vol. 1, p. 27) auxquelles il emprunte la durée du règne de
Mérovée : « Morz fu li rois Merovées après ce que il out regné
XVIII anz. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) n'en fait pas
mention.
BnFfr4967 Soleil
Aix419 pourra bien
Aix419 Ce que jadiz fut demené et
Non num.
Cha514 Chapitre septiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Vat966 Meronne
Vat966 ce Meronne
Aix419 il fut
Vat966 cestuy
Aix419 et
BnFfr17274, Aix419, Vat966 ungs
BnFfr17274, Cha514 excez, faictz ;
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 excés, faictz
Aix419 violences
BnFfr4967 quant
BnFfr17274 Jeusnez aulmosnes et
aulmosnes
BnFfr4967 om.
Vat966 leurs
BnFfr4967 Le
Vat966 Meronne eut glorieuse
Aix419 eut fort
BnFfr17274 ungs
Aix419 paix jouyt
Aix419 om.
Cha514 c'est
Note n°1
Cretin réécrit les GCF,
liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Quant li rois Clodio out
regné XX anz, il paia le treü de nature. Après lui regna
Merovées. Cil Merovées ne fu pas ses fius, mais il fu de son
lignage. De cetui eissi la premiere generation des rois de
France ; si dura sanz faillir d'oir en hoir jusques à la
generation Pepin le secont, le pere le grant
Challemaine. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. 7 (Galliot du Pré, fol. Vr) propose un récit
très proche : « Mais peu de temps aprés, nulz enfans delaisséz,
le XX an de son regne, Clodion alla de vie à trespas, au lieu
duquel Meroneus, qui estoit son plus prochain parent, fut
institué roy, duquel jusques au roy Pepin, pere de Charlemaigne,
dure et persevere sans discord la lignee et ordre des
roys. »
Note n°2
Cretin amplifie une simple mention des GCF, liv. I,
chap. 6 (vol. 1, p. 26) : « Cist rois fu moult profitables au
roiaume. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) a un texte proche :
« Meroneus fut trés utile et proffitable au
royaulme. »
Note n°3
Cretin
s'appuie sur les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p.
26-27) : « En ce tens passerent le Rim une gente qui estoient
apelé li Hun ; la cité de Treves craventerent, tout le païs
d'entor Tongres ardirent et gasterent. En tel maniere estoit
toute Galle en batailles, en persecutions ; partout resonnoit
cri, pleur, doleurs et pestilences, occisions et rapines ; si
dura ceste male aventure jusques à la cité d'Orliens ; la vile
assistrent, et mistrent gardes aus portes que nus ne peust
eissir. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) est beaucoup plus
lacunaire : « Combien que moult ait souffert des Hunes courans
sus aux Tugres et mettoys et riblans par le residu du pays de
Gaulle... »
Note n°4
Référence à la prédication de Jonas et au jeûne de Ninive (Jonas 3 :
1-10).
Note n°5
Mot latin, utilisé
pour reconnaître et se repentir de ses propres
péchés.
Note n°6
Cretin
continue de suivre les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1,
p. 27), amplifiant la prière d'Aignan qui n'existe pas chez
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) : « En ce tens estoit Sainz Agniens
evesques d'Orliens ; li sainz hons fist sa proiere vers Nostre
Seigneur que il confortast le païs et la cité. » Du reste,
la présence de discours inventés (par Cretin ou ses sources) ne
contrevient pas au travail historiographique. Les grands historiens
de l’Antiquité tels Tite-Live, Hérodote ou Thucydide inséraient déjà
des discours dans leurs récits historiques. Ces moments d’éloquence
ne sont pas présentés comme une copie fidèle de ce qui a été dit ou
entendu par un témoin, ils correspondent à ce que l’historien pense
qu’il a été dit, en fonction de l’éthos de
l’orateur et de son auditoire, ou encore des circonstances. Ils sont
donc pure invention, mais d’une invention qui donne à voir et à
entendre les réalités du moment, et que l’historien connait par son
travail, ses lectures (voir Andrew Laird, Powers of
expression, expressions of power. Speech presentation and Latin
Literature, Oxford University Press, 1999 ; Ragnar
Ullmann, La technique des discours dans Salluste, Tite-Live
et Tacite. La Matière et la composition, I kommisjon
hos. J. Dybwad, Oslo, 1927). Dans le contexte d'une lecture orale de
la Chronique à la cour, la création ou
l'amplification de ces discours par Cretin sert aussi à animer la
performance de la mise en voix.
Note n°7
Cette insertion est de la plume de Cretin.
Note n°8
Cretin poursuit sa
réécriture des GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car par ses oresons et par sa
merite fu li orgueuz de ce pople si triblez que il s'enfuirent
et se perdirent en tel maniere que l'en ne pout ainques puis
savoir que il devinrent ne où il habiterent »
Note n°9
Cretin reprend à
la fin de ce chapitre la matière que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) consacre
à Mérovée : « ... car en Chalonnoys avec Ecius senateur rommain
glorieusement batailla contre Attille, roy des Hunes, où l'on
dit que centre quattre vingtz mille hommes moururent, entre
lesquelz Thierry, roy des Visegothz, suyvant Meroneus et Ecius,
fut occis. » Les GCF, liv. I, chap. 6 (vol.
1, p. 26-27) ne mentionnent ici ni le Chalonnois, ni Attila, ni une
bataille, ni Aetius, ni Théodoric Ier.
Note n°10
Cette mention ne figure
ni dans les GCF, liv. I, chap. 6 (vol. 1, p. 27), ni
chez Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr), et semble être une originalité de
Cretin.
Note n°11
Cretin revient aux GCF, liv. I, chap.
6 (vol. 1, p. 27) auxquelles il emprunte la durée du règne de
Mérovée : « Morz fu li rois Merovées après ce que il out regné
XVIII anz. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [8] (Galliot du Pré, fol. Vr) n'en fait pas
mention.
BnFfr4967 Soleil
Aix419 pourra bien
Aix419 Ce que jadiz fut demené et
Non num.
Cha514 Chapitre septiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Vat966 Meronne
Vat966 ce Meronne
Aix419 il fut
Vat966 cestuy
Aix419 et
BnFfr17274, Aix419, Vat966 ungs
BnFfr17274, Cha514 excez, faictz ;
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 excés, faictz
Aix419 violences
BnFfr4967 quant
BnFfr17274 Jeusnez aulmosnes et
aulmosnes
BnFfr4967 om.
Vat966 leurs
BnFfr4967 Le
Vat966 Meronne eut glorieuse
Aix419 eut fort
BnFfr17274 ungs
Aix419 paix jouyt
Aix419 om.
Cha514 c'est