Livre I - Chapitre 6
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26









[715]§Iay orendroit la maniere aduiſee Toucher ſelon lordre que tiens et faiz Du ſecond roy Clodion / et ſes faictz Et comme fut la Gaulle diuiſee ჻
§ Chapitre. § vie.
Fo XVIII
De Clodion ſecond roy de france filz de Pharamon. VNg filz laiſſa Pharamon decedant [720]Dit Clodion / Au regne ſuccedant Pour ſecond roy des francoys fut eſleu Et ſurnōme de tous /. Le cheuelu Ce nom receut pour la ſeulle achoyſon Que auoit cheueux habondante foyſon [725]Il ſe monſtra en tout Imitateur Des bonnes meurs du ſien pꝛogeniteur Et tant voulut ſes geſtes honnoꝛer Suyuans ſes faictz / que ſans degenerer Ce qui ſouloit ou nom du pere bꝛuyꝛe [730]Fiſt par effect en ſoymeſmes reluyꝛe Si quon diſoit /. Tel le pere viuant Tel eſt le filz ſes facons enſuyuant Il faut noter pour reigles generalles Que iceulx payans / toutes vertus moꝛalles [735]Songneuſement furent contregardans Et a leur loy obſeruer regardans Iacoit que eulx tous de la ſecte hayneuſe Par cecite derreur caligineuſe Feuſſent bendez de vmbꝛaigeux deceuoir [740]Sans la ſplendeur de gꝛace receuoir Ne le treſoꝛ du coffre apoſtolicque Deſloꝛs ouuert au peuple catholicque Si furent ilz dhonneſtete veſtus
Du Roy Clodion.Fo XIX Vices fuyans / et appꝛouchans vertus [745]Et leur ſembloit eſtre pernicieuſe Loy creſtienne et ſuperſticieuſe Dont aueuglez des ſens / du cueur / et de yeulx Pꝛindꝛent plaiſir de croyꝛe en pluſieurs dieux Les adoꝛans par folle ydolaſtrie [750]De feuz / encens / culture de lattrie Offrandes / veuz / diſmes oblations Sacrifians en Immolations Thaureaux bꝛebiz / et aigneaux pour augures En recepuoir / de leurs ſongneuſes cures [755]Mectans vouloirs et couraiges entiers A decoꝛer leurs temples et autiers Et touteſuoyes / comme auons dit deſſus Les poures ſotz en ont eſte deceus §Oꝛ a ſcauoir / Se leur ſimple ignoꝛance [760]En obſeruant la loy fut eſperance Den meriter lieu deternel repos Dieu ſcet cella /. Retournons au pꝛopos >Ce Clodion congnoiſſant les limites De Germanie / eſtre a ſoy trop petites [765]Apꝛes auoir les Thuringes ſubmys A ſa puiſſance /. et en Hiſhargue mys Sieige royal / pour ville pꝛincipalle De ſon royaulme et cite capitalle
Clodion vainct les rommains a Cambray et a Tournay Conſiderant auſſi ia les rommains [770]En declinant tumber du plus au moins Et que nalloit des Gaulles plus guere homme Foꝛs les Belgeoys / vers lempereur de romme Foꝛt deſirant ſondit royaulme accroiſtre Oultre le Rhin enuoya pour congnoiſtre [775]Quel appareil de deffence y auoit Par vng eſpie aduerty / toſt pꝛeuoit Lexpediant de ſa queſte foꝛmee Si paſſa oultre et toute ſon armee Loꝛs la cite de Cambꝛay aſſiegea [780]La pꝛiſt daſſault /. Puys ſoudain deſlogea Et trauerſant la foꝛeſt charbonniere Vint a Tournay /. Ou enſeigne et baniere Deſploye aux champs /. dont Rommains eſbahys Cuydans deffendꝛe et garder le pays [785]Eurent combat de tres male aduenture Qui cauſe fut de leur deſconfiture Eulx affoibliz / et francoys renfoꝛcez Furent ſoudain de bꝛanſler perfoꝛcez Moult fut ce iour par bataille rengee [790]La nation rommaine endommaigee Car Clodion poꝛtant armes deffectz Rendit ſouldardz rommains moꝛtz et deffaiz §Puys que de Gaule auons fait mention
De la diuiſion de Gaulle.Fo XX Dicte oꝛes France / et franche nation [795]Il ſembleroit choſe bien raiſonnable Bonne / licite / et aſſez conuenable Pour en toucher Icy endꝛoit / quon quiſt Loppinion Ceſar qui la conquiſt Toute en dix ans / veu que a la diſcipline [800]Du ſien recit / ſe accoꝛde et lenſuyt Pline Si font de meſme autres pluſieurs auſſi Diſans⋅ la Gaule eſtre partie ainſi Et diuiſee en troys pꝛouinces /. telles Que obtiennent loz de gloyꝛes Immoꝛtelles [805]Si fault noter leur commancement pꝛis Dilluſtres roys extimez gentz de pꝛis Qui les pꝛemiers en icelle regnerent Et pareilz noms deulx meſmes leur donnerent §De Celte roy / par renommee anticque [810]Iadis nommee en fut Gaule Celticque De Belgius. la Belgicque pꝛiſt nom Et Acquitaine auſſi acquiſt renom Du roy nomme Galatheus /. Dont toute Gaule fut dicte. Il ny a point de doubte [815]Mais cauſe auons / et la raiſon certaine Pour quoy ainſi la nommons Acquitaine Ceſt pour la gꝛande habondance des eaux
Des riuieres et cites en Gaulle celtique. Quelle contient en fluues et ruyſſeaux Si fault afin que erreur ne nous eſuince [820]Toucher vng mot de chaſcune pꝛouince Gaule celticque Ainſi quen veoy les pꝛeuues Eſt ſituee entre ces troys beaux fleuues Le Rhone / Saine / et Marne Auſſi y ſont Fleuues parmy /. dont aucuns le cours ont [825]Impetueux / Liſere et la Durance En ſont teſmoings / Autres a dapparance Comme Aube / Soꝛgue / et Vienne /. Oꝛ voyon Quelles citez elle contient /. Lyon Authun / Maſcon / Chalon / Troyes / Auxerre. [830]Sens / Paris / Meaux / Chartres /. Mais il fault / ſe erre En mon chemin accueillir Oꝛleans Et ſen aller par Eureux et le Mans Et ſans laiſſer Seez / Auranches / Liſieux Paſſer parmy
Villes/ foreſtz / et riuieres de la Gaulle belgicque.Fo XXI Tarbe / Sainct flour / Carcaſſonne / Caours Condon / Alby / Perigoꝛt / Bourges / Tours [845]Lodeue / Foix / Albꝛet / Sainct pons / Boꝛdeaux Xainctes / Lombees / Lymoges / Leſtoꝛe / Aux Et Montauban / Plus ny en ſcay de poix Sinō Poictiers
Des Villes de france. Loſanne / donne / Ageneſue le Son De Chambery /. Se plus en a ou moins [870]Comme innocent ien laue icy mes mains .
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[715]§J'ay orendroit la maniere advisee Toucher, selon l'ordre que tiens et faiz, Du second roy ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
et ses faictz, Et comme fut la Gaulle divisee.
§ Chapitre § vie+Chapitre sixiesme [Cha514]om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
De ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
second roy de France filz de PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
Ung filz laissa PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
decedant, [720]Dit ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
. Au regne succedant, Pour second roy des Françoys fut esleu Et surnommé de tous « le chevelu ». Ce nom receut pour la seulle achoyson Que avoit cheveux habondante+d'habondante [BnFfr17274] foyson. [725]Il se monstra en tout imitateur Des+De [Cha514] bonnes meurs du sien progeniteur+Et tant voulut ses gestes honnorer, [BnFfr4967] Et tant voulut ses gestes honnorer,+Des bonnes meurs du sien progeniteur [BnFfr4967] Suyvans ses faictz, que sans degenerer, Ce qui souloit ou nom du pere bruyre [730]Fist, par effect, en soy mesmes reluyre, Si qu'on disoit : « Tel le pere vivant, Tel est le filz, ses façons ensuyvant1. » Il faut noter pour reigles generalles Que iceulx payans toutes vertus moralles [735]Songneusement furent contregardans Et à leur loy observer regardans. Jaçoit que eulx tous de la secte hayneuse, Par cecité d'erreur caligineuse, Feussent bendez+bridez [Cha514] de umbraigeux decevoir, [740]Sans la splendeur de grace recevoir Ne le tresor du coffre apostolicque Dès lors ouvert au peuple catholicque, Si furent ilz+feussent [BnFfr4967] d'honnesteté vestus,
Du roy ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
Vices fuyans et approuchans vertus2. [745]Et leur sembloit estre pernicïeuse Loy crestïenne et supersticïeuse, Dont aveuglez des+de [BnFfr23145, BnFfr5299] sens, du cueur et de+des [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] yeulx Prindrent plaisir de croyre en plusieurs dieux, Les adorans par folle ydolastrie [750]De feuz, encens, +de [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] culture de lattrie, Offrandes, veuz, dismes, oblatïons, Sacrifians en immolatïons Thaureaux, brebiz et aigneaux, pour augures En recepvoir de leurs songneuses cures, [755]Mectans vouloirs+voullans [Aix419] et couraiges entiers À decorer leurs temples et autiers. Et toutesvoyes, comme avons dit dessus, Les povres sotz+folz [BnFfr23145, Cha514] en ont esté deceus3. §Or à sçavoir se leur simple ignorance, [760]En observant la loy, fut esperance D'en meriter lieu d'eternel repos, DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme scet+
, congnoissant les limites De Germanie estre à soy trop petites, [765]Aprés avoir les Thuringes submys À sa puissance et en Hishargue+hishargne [Vat966] mys Sieige royal pour ville principalle De son royaulme et cité capitalle,
ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
vainct les Rommains à Cambray et à Tournay Considerant aussi ja les Rommains, [770]En declinant, tumber du plus au moins, Et que n'alloit, des Gaulles, plus guere homme Fors les Belgeoys, vers l'empereur de Romme5, Fort desirant sondit royaulme accroistre Oultre le Rhin, envoya pour congnoistre [775]Quel appareil de deffence y avoit. Par ung+une [BnFfr17274] espie adverty, tost prevoit L'expedïant de sa queste formee, Si passa oultre et toute son armee. Lors la cité de Cambray assiegea, [780]La prist d'assault puys soudain deslogea Et, traversant la forest Charbonniere, Vint à Tournay, où enseigne et baniere Desploye+Deslpoyee [BnFfr17274] aux champs, dont Rommains esbahys, Cuydans deffendre et garder le paÿs, [785]Eurent combat de trés male adventure Qui cause fut de leur desconfiture. Eulx affoibliz et Françoys renforcez, Furent soudain de bransler perforcez. Moult fut ce jour par bataille rengee [790]La natïon rommaine endommaigee, Car ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
, portant armes d'effectz, Rendit souldardz rommains mortz et deffaiz6. §Puysque de+de [Vat966] Gaule avons fait mentïon
De la division de Gaulle Dicte ores France et franche+est france [BnFfr17274] natïon, [795]Il sembleroit chose bien raisonnable, Bonne, licite et assez convenable, Pour en toucher icy endroit, qu'on quist L'oppinïon CesarCésar, Jules (entre 12/07/100 et 13/07/100 — 15/03/44 av J.C.) Général et homme d'État romain qui la conquist Toute en dix ans, veu que à la discipline [800]Du sien recit se accorde et l'ensuyt PlinePline l'Ancien (entre 23 et 24 — entre 24/08/79 et 25/08/79) Homme politique, naturaliste et philosophe romain. Si font de mesme autres plusieurs aussi, Disans la Gaule estre partie ainsi Et divisee en troys provinces telles Que obtiennent loz de gloyres immortelles7. [805]Si fault noter leur commancement pris D'illustres roys, extimez gentz de pris, Qui les premiers en icelle+icelles [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966] regnerent Et+om. [Aix419] pareilz+parelz [BnFfr23145] noms d'eulx mesmes leur donnerent. §De CelteCelte Personnage légendaire8 roy, par renommee anticque, [810]Jadis nommee en fut Gaule celticque ; De BelgïusBolgios (Ve siècle avant J.C. — ) Chef guerrier gaulois, la Belgicque prist nom Et Acquitaine aussi acquist renom Du roy nommé GalatheusGalates Fils d'Hercule dans la mythologie grecque, dont toute Gaule fut dicte, il n'y a point de doubte9.+om. [BnFfr4967] [815]Mais cause avons et la raison certaine Pourquoy ainsi la nommons Acquitaine. C'est pour la grande habondance des eaux
Des rivieres et cités en Gaulle celtique Qu'elle contient en fluves et ruysseaux10. Si fault, afin que erreur ne nous esvince, [820]Toucher ung mot de chascune province11. Gaule celticque, ainsi qu'en veoy les preuves, Est +ci [BnFfr4967] situee entre ces troys beaux fleuves : Le Rhone, Saine et Marne. Aussi y sont Fleuves parmy, dont aucuns le cours ont [825]Impetueux : l'Isere et la Durance En sont tesmoings. Autres a+et [BnFfr4967] d'apparance Comme Aube, Sorgue+Sorbe [Aix419]
Sorgne [Cha514] ;
et Sorgne [Vat966]
et
Vïenne12.
Or voyon
Quelles citez elle contient :
Lÿon,
Authun
,
Mascon
,
Chalon
,
Troyës
,
Auxerre,
[830]Sens,
Paris,
Meaux,
Chartres. Mais il fault se
erre
En+À [BnFfr17274] mon chemin accueillir Orlëans
Et s'en aller par Evreux et Le Mans
Et sans laisser Seez,
Avranches,
Lisieux,
Passer parmy
Constances+Coustances [Cha514]
et+à [BnFfr4967]
Bayeux,
[835]Vannes aussi,
Renes,
Nantes,
Angiers,
Nevers,
Vïenne,
Embrun,
Gap et
Viviers,
Sistron,
Grenoble,
Orenges,
Avignon,
Arles,
Marseille,
Aix,
Nice et
Cavaillon13.
§Toute
Acquitaine est à l'aise entendue
[840]Par les citez que tient son extendue,
Qui sont Clermont,
Le Puy,
Luxon,
Narbonne,
Rodays,
Thouloze,
Angoulesme,
Bayonne,
Villes, forestz et rivieres de la Gaulle belgicque Tarbe, Sainct Flour, Carcassonne, Cäours, Condon, Alby, Perigort, Bourges, Tours, [845]Lodeve, Foix, Albret+Alebret [Aix419] , Sainct Pons, Bordeaux, Xainctes , Lombees , Lymoges , Lestore , Aux Et Montauban. Plus n'y en sçay de poix Sinon Poictiers +Fors seullement [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, BnFfr17274, Cha514], Nymes et Mirepoix14. Ses+Des [Aix419] fleuves grandz sont Gironde, Dordonne, [850]Loyre, l'Alier, Cher, Charente et Garonne15. §Gaule belgicque est des fleuves+fleuve [BnFfr17274] pourveue, Cy contenuz qu'on voyt à plaine veue. Dix +bien [Aix419] bien comptez se y trouveront en somme Et sont : le Rhin, la Sambre, la+om. [BnFfr17274]le [BnFfr23145, Aix419] Lys, Somme, [855] Soone+ Soene [BnFfr17274] Sorne [BnFfr23145, BnFfr5299] Sosne [Aix419] , l' Escault , Meuse , Moselle+Moiselle [Cha514] , Saine Et Marne aussi qui parfaict la disaine16. §Les grandz forestz, se le liseur ne tenne En les nommant, sont : Mormault et Ardenne17 ; §Les plus haultz montz Sainct Claude, les Faucilles [860]Et Vosegus18. Quant aux citez et villes Plus de renom, neufves et ancïennes, Ce sont Cambray, Uttrecht, Valencïennes Treves, Strabourg, Aix, Coulongne, Maiance, Liege, Tournay, Arras, Basle, Constance, [865]Amyans, Soissons, Noyon, Senlis, Beauvais, Reims, Meaulx, Roüan, Laon, Chalons, Langres, Metz, Dole+Tole [BnFfr4967], +Saulins [BnFfr4967] Salins, Toul, Verdun, Besançon,
Des villes de France Losanne donne à Genesve le son De Chambery19. Se plus en a ou moins, [870]Comme innocent+ignocent [BnFfr23145]20, j'en lave icy mes mains 21 .
Note n°1
Cet éloge de
Clodion est une originalité de Cretin vis-à-vis de ses sources.
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) fait
une première fois référence à Clodion entre le récit de la mort
de Pharamond et celui des origines de la loi salique : « Il
[Pharamond] delaissa son filz Clodion heritier du
royaulme »Ensuite commence le récit du règne de
Clodion, Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, f.
IIIr) : « Cestuy Clodion pour l'abondance de ses cheveulx
dit Chevelu... » Les GCF, liv. I, chap.
5 (vol. 1, p. 20-21) donnent d'abord un petit résumé que Cretin
ne reproduit pas avant d'en venir à l'histoire de Clodion :
« Jusques ci vous avons recitées les oppinions d'aucuns
actors, mais pour ce que nous ne volons pas que nuls puisse
trover contrarieté en ceste lettre, nous prendrons la
matiere si comme ele gist es croniques, qui ensi dient que
puis que li François se furent parti de Sicambre et il
ourent Alemaigne et Germenie conquise et les Romains
desconfit par II batailles, il coronerent un roi qui out non
Pharamonz. Cil Pharamonz engendra Clodio, qui après lui fu
rois ; apelez fu Clodio li cheveluz, car en ce tens estoient
li roi chevelu. »
Note n°2
Cretin manifeste ici une lecture anagogique de
l’histoire, selon les modes d’interprétation définis par Thomas
d’Aquin (Somme théologique, I, qu. I), en vertu de
laquelle des événements anciens préfigurent un devenir
chrétien.
Note n°3
Cretin
s'inspire ici d'une brève mention que Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[4] (Galliot du Pré, fol. IIv) place après le récit de l'origine de
la loi salique : « lesquelz [les Français] paravant icelle loy
[salique] mal vivoient et riens ne faisoient assez
attrempement. » Il n'y a pas d'équivalent dans les
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
20-21).
Note n°4
Cette réflexion de Cretin
renvoie à une discussion théologique très ancienne sur le salut des
païens.
Note n°5
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, fol. IIIr) :
« [Clodion] estant enserré es estroictes fins et limitez de
Germanie, desirant augmenter son royaulme, mist les Thuringes
soubz sa puissance et domination et occupa la ville d'Ishargue,
où le siege du royoaulme constitué, comme ja desfailloit la
puissance rommaine et n'y avoit plus que les Belgeois qui
suyvissent... » Cretin ignore la fin du paragraphe :
« l'empereur envoya ses ambassadeurs en Gaulle Belgique,
car en ce temps les Bourguignons avoient subjugué Lyon et les
Gothz Acquitaine. »
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 21) : « En poi
de tens après que li rois Clodio fut coronez, il et si François
pristrent à envaïr les terres vesines et à courre sus à ciaus
qui à aus marchissoient. Ils degasterent la contrée d'une gent
qui auques près d'iaus habitoient, que on apeloit Toringiens.
Cele terre siet en une partie d'Alemaigne. Un chastel pristrent
qui estoit nomez Dispergue ; en ce chastel establi li rois le
siege de son regne. Dès lors començoit jà li empires de Rome à
abaissieret à dechaoir, et la force des Romains, qui soloit
estre comparée à force de fer, estoit jà chaüe en la fragilité
qui est comparée à pieces de poz de terre. » Cretin ignore
la fin du paragraphe : « Car li Borgoignon avoient jà porprise
et saisie la province de Lyons et li Gocien cele d'Aquitaine, ne
li Romain ne tenoient plus de toute Galle fors cele partie qui
est enclose entre Loyre et le Rim. » Le nom que Cretin
donne à la capitale de Clodion, repris à Gaguin-Desrey, reste
incompréhensible. Celui que donnent les GCF
(« Dispergue ») est un calque du latin Dipsargum, qui n'est pas clairement
identifiée, mais les éditions anciennes qu'utilisait Cretin ne
donnaient même pas ce nom du fait d'un saut du même au même
(« Un chastel pristrent qui estoit
nomez Dispergue ; en ce chastel
establi »). Voir Bonhomme, vol. 1, vue 20a ; Vérard, vol.
1, fol. IIIrb ; Eustace, vol. 1, fol. IIvb.
Note n°6
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
21-22) : « Li rois Clodio, qui moult desiroit à eslargir les
bonnes de son roiaume, envoia ses espies outre le Rin pour
savoir quel defense li païs avoit ; puis passa outre o tout son
ost. La cité de Cambrai assist et prist ; outre passa parmi la
forest de la Charboniere, à la cité de Tornai vint, le siege
mist entor la vile ; assez tost après la prist ; tous les
Romains qui contre lui vindrent pour le païs defendre ocist et
mist à mort. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot
du Pré, fol. Vr) rapporte cet épisode plus loin, après la
description des différentes régions de la Gaule : « Par quoy
donques par les Françoys fut donné le premier assault aux
Belgeois. Les messaigers du roy Clodion (après qu'ilz eurent vey
et congneu l'estat de la region) rapporterent pour response la
terre estre tenue en petite puissance, au moyen de quoy sans
demeure se transporta le roy aux Belgeois, et les champs
largement couruz et pillez, print la ville de Cambray par luy
assiegee. D'illec par la forest nommee Charbonnyere s'en alla à
Tournay qui estoit detenue par le secours des Rommains, Mais les
gens d'armes yssuz de la ville surmonta et chassa par dure
bataille et jouyst de la cité. ».
Note n°7
Cretin reprend à
ses sources principales les références aux auteurs antiques, qu'il
n'a pas lui-même consultés. GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 22) : « Mais pour ce que nous avons ci fait mencion
de II provinces de Galles, qui or est apelée France, avenant
chose est que ci endroit soit mise la descrition de toute Galle
en la maniere que Jules Cesar la descrist, qui en X anz la
conquist ; à li s'acorde, Plines et maint autre
philosophe. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr) ne contient pas d'introduction à l'énumération des
villes et cours d'eau des différentes régions.
Note n°8
Personnage vraisemblablement
forgé par Cretin ou l'une de ses sources pour faire correspondre un
nom de roi à une région.
Note n°9
Cretin invente des personnages que ne
mentionnent pas ses deux sources principales.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 22) :
« En III provinces principaus est toute Galle
devisée : la premeire si est Celte, qui vaut autant
comme cele de Lyons, la seconde cele de Belge, et la
tierce cele d'Aquitaine. » Cretin ignore la
mention des « frontières naturelles qui se trouve chez
»Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré,
fol. IIIr) : « Le pays de Gaulle est divisé en troys
parties, l'une est appellee Belgique, l'aultre Celtique,
et l'aultre Acquitainique, tout lequel pays est clos et
environné du Rhyn, des Alpes et monts Pyrenees et de la
mer Britannique. »
Note n°10
Cretin place ici l'explication étymologique que sa
source principale insère au terme de la description de l'Aquitaine.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) : « Si
est nomée ceste province Aquitaine pour ce que ele est plus
habundanz de fonteines et de flueves que nule des
autres. »
Note n°11
À partir de là et jusqu’à
la fin du chapitre, Cretin énumère les fleuves, massifs (montagneux
et forestiers) et villes de chaque province. Il se conforme, ce
faisant, à une tradition encyclopédique dont l’illustrateur le plus
renommé (et cité au v. 800) est Pline l’Ancien, dont
l’Histoire naturelle consacre les livres 3 à 6
(sur 37) à la description géographique des parties de la Terre
connues des anciens. Ce passage est aussi l’occasion, pour le jeune
roi François, de visiter, au moins par l’imaginaire, son royaume.
Cretin décrit d'abord la Gaule Celtique, puis l'Aquitaine et enfin
la Gaule Belgique, ce qui ne correspond à l'ordre d'aucune de ses
deux sources principales. Les GCF, liv. I, chap. 5
évoquent d'abord la Gaule Celtique, puis la Gaule Belgique, et enfin
l'Aquitaine ; tandis que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5]-[7] parle
d'abord de la Gaule Belgique avant de décrire la Gaule Celtique et
l'Aquitaine.
Note n°12
Cretin entame sa description en
s'inspirant de deux passages de Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [6]
(Galliot du Pré, fol. IIIv) : « Gaulle Celtique commence à la
riviere de Seyne et s'estend jusques à Loire, mais elle court
depuis la riviere de Marne jusques au Rhosne » ; liv. I,
chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr] : « Les fleuves dont
Gaulle celtique est influee et enrosee sont : Seyne, de laquelle
les Belgeois sont separez des Celtes voisins, des Espaignaulx,
Loyre, Vienne, Yonne, Oobe, le Rhose, Sorde, Durante, sans les
ruysseaulx et petis fleuves, lesquelz courent des Alpes au
Rhosne, ou des montaignes d'Auvergne en la mer descendent à
Narbonne. » Les GCF, liv. I, chap. 5 (vol.
1, p. 23-24) ne mentionnent pas autant de cours d'eau : « La
province donques de Lyons, qui commence au Rôle et fenist à
Gironde [...] Maint fleuve corent par ceste province, des quels
li Rones et li plus granz. »
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 23) :
« [La Gaule Belgique] contient mainte noble cité, desquels
nous avons ci mis les noms, car par les noms des citez sera plus
legierement la descrition entendue. La premiere si est Lyons,
Chalon, Ostun, Sanz, Troies, Auceuerre, Miauz, Paris, Orliens,
Chartres, Rouen, Evreues, Lisieues, Avrences, li Mans, Nantes,
Renes, Vanes, Angiers, Nevers, Tors et Boorges. »
Gaguin-Desrey, vol. 1, chap. [6] (Galliot du Pré, fol. IIIv) :
« Elle [la Gaule Celtique] est aussi esclarvie et decoree
des villes cy aprés escriptes, c'est assavoir de Lutesse dit
Paris, laquelle est la plus excellente et magnifique escolle qui
soit en Chrestienté et le principal siege des roys de France,
Sens, Nemours, Moret, Troyes, Auxerre, Aultun, Digeon, Belne,
Germone, Arge, Mascon, Chalons, Anse, Lyon, Ambrun, Sainct
Saphorin, Vienne, Daulpine, Grasse, Grenoble, Valence,
Montlimart, Diene, le Vivier, Aurase, Sainct Esperit, Avignon,
Villeneufve, Carpentras, Tarascon, Arelate, Marseille, Eauxex,
Apres, Regene, Vapinte ou Vapine, Sistarique, Fouriule, Tollone,
Nice que aucuns afferment appartenir à Italie, car c'est la
porte de Gaulle qui regarde Gennes, Canali, Vason, Tricaste,
Biterve, Lunay, Montpellier et autres qui appartiennent à la
viconté de Nerbonne, exceptez les chasteaulx dont ceste region
est grandement multipliee, Pesignan et vers la riviere de Loyre,
Nevers, Moulins, Clugny, Sainct Gengon, Montargis, Castillon,
Orleans qui au temps passé estoit nommé Genabe, Jenuville ou
Gerenville, Estampes, Chartres, Bonneval, Evreux, Sees, Lisieux,
Argentan, Falaise, Arreflour, port de Seyne, Caen, Bayeux,
Pontorson, Avrenches, Coustances, et des villes de Bretaigne,
lesquelles dedans la riviere de Loire tournent en la mer et par
leur nom ancien sont nommees Armoriques, le Mans, Alenczon,
Mortaigne, Mante, Vernon, Meulan. »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) :
« Mainte noble cité contient [l'Aquitaine] ; la premiere
est Clermont, Narbone, Kaors, Tholouse, Gaeste, Rodais, Limoges,
Pierregort, Poitiers, Bordiaus, Saintes et Angolesme. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr) :
« Les noms des places plus renommees sont celles ycy.
Bourges, Mauge, Dun le Roy, Clairmont, Usson trés forte tour de
nature et par artifice puissante et deffensable, Monnette qui
est ung chasteau sis sur le sommet d'une montaigne, Beyonde, Le
Puy où est le temple de la glorieuse Vierge Marie, trés
religieux aux Françoys, Sainct Flour, Lymoges, Tutelle, Cahors,
Rochemadour, Rouarge, Vabre, Alby, Mimay, Montauban, Chasteau
Cordon, Carcassonne, Gallache, Tholouze, noble escolle et
exercice de droit canon et civil, Appemer, Ryvene, Sainct Paul,
Lombees, Montlyon, Myrepoix, Foix, Vaurene, Conues, Myrande,
Lestoire, Condone, Ausque, Baignere, Conserane, Tarbe, Olere,
Vasite Lascurre, Montmarsant, Morlois, Hortois, Bayonne, Lebret,
Rigene, Adure, Agate, Utique, Electe, Limoy, Sainct Ponce,
Chasteaudarry, Elne, Lodesve, Tours, Chynon, Vendosme, Bloys,
Chastellerault, Lomelle, Poytiers, Partenay, Malache, La
Rochelle, le Lude, Touars, Luxon, Xaintonge, Engoulesme,
Coignac, Perigort, Pierrebussiere, bergerat, Sarlat, Agenest,
Condon, Lesignan, Le Bourg, Bloye, Villeroy, Liburne,
Bourdeaulx, Sainct Jehan Angelic, TAillebourg, la Guierche,
Nantes, Regnes et tout ce que les Bretons attouchent oultre la
riviere de Loyre, gouferes, Sainct Paul, Lamballe, Sainct
Maclou, Dolle, Dinan, Sainct Briou. »
Note n°15
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24-24) : « La tierce province si est cele
d'Aquitaine selonc la descrition Pline et Jule Cesar ; si
commence au flueve de Gironde [...]. Mainte riche forest
contient et maint grant flueve ; II des plus renomez sont
Gironde et Dordone. Cest flueves qui est nomez Dordone retient
le non de II fontaines dont il sourt, dont l'une est apelée Dor
et l'autre Done. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7]
(Galliot du Pré, fol. IVr) : « Elle [l'Aquitaine] est enrosee
de fleuves trés renommez, de Loir, du Loir, du Cher, de
Chalente, Dordonne et Geronne, auxquelz sont meslez et
conjoinctz plusieurs petis fleuves navigables de chaalns et
petites nasselles. »
Note n°16
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) : « Mainz
fleuves court par cele province, dont li Rins, Matrone et Muese
sont li plus grant. »
Note n°17
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24) : « Mainte riche forest contient, des quels
Ardane est la plus grande ; si grant est que ele dure plus de D
miles de lonc. »
Note n°18
Ces lieux ne sont pas mentionnés dans
les GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25).
Note n°19
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) :
« Après la descrition de la province de Lyons met Jules
Cesar cele de Belge, qui commence aus darreennes parties de
Galles par devers le Rim et dure jusques à la cité de Senliz, et
s'estent tout contremont vers Orient, dont les plus nobles citez
sont ci nomées. La premiere est Coloigne, Tongres, Trevez, Mez,
Toul, Verdun, Rains, Chaalons, Loon, Soissons, Amiens, Noion,
Biauvez, Vermans, Arraz, Tornai, Cambrai et maintes
autres. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr-v) : « La premiere partie de Gaule commance aux
rivieres de Marne et de Seyne, et finist au Rhyn vers
Septentrion et partie vers Orient et du costé de Occident est
close de la mer. En ceste Gaulle sont les principalles villes
qui s'ensuyvent : Colloigne, Agrippine, Trajecte, Magonse,
Treve, Confluence, Argentine ou Strasbourg, Basle, Constance,
laquelle au temps passé nommee Vitudare, de present a retenu le
nom de Constance par le pere de Constantin. Les villages des
Helveces que maintenant nous appellons Suisses (assez loing du
mont Jura où grandement est honnoré et reveré le monastere
Sainct Claude) desquelz et de leur exercice les roys françoys
usent maintenant en bataille. Le duché de Juliance et le duché
de Clyeves, auquel sont les nobles et excellentes villes qui
s'ensuyvent : Embrique, Rees, Wesalie, L'Esperon. Le duché de
Gueldres, duquel la ville principalle est Noymage, les autres
sont Arne, Ruremonde et Walaf. Et de Hollande par ung flot de
merest separé. Liege, Hastale, Huye, Dynan, Bovine, Bruxelles,
Nyvelle, Amvers où il y a une trés belle et noble foyre aux
Flagmens, Bergues, Malignes, Louvain, escolle et estude des
lettres, Balduc, Mons en Henaud, Valentiennes, Avenne qui fut
desolee et destruicte par le roy Loys unziesme, Le Chesne au
Conte, Gand, Aldernarde, Bruges que Ptholomee appelle la nef, ou
gouvernail des nefz, Escluse, Courtray, Tendremonde, Ypre,
Tournay, Lysle, Orches, Douay, Sainct Omer, Gravelignes,
Ostende, Neufport, Terouenne, Aere, Perne, Hesdin, Bethune,
Sainct Paul, Dorlen, Cales, Huissant à present rompu, Boulongne,
Moustereul, Arras, Bapaulme, Cambray, Sainct Quentin, Peronne,
Corbie, Amians, Abbeville, Augus, Sainct Riquier, Crotoy, Cray,
Beauvays, Senlis, Compiengne, Mondidier, Roye, Ponthoise, Rouen,
Sainct Denys sepulchre des roys de France, Noyon, Soyssons,
Meaulx, Chasteau Tierry, la cité de Rains où les roys de France
sont commencez et couronnez, Asprenay, Chalons, Sandiger,
Langres, Bar, Ligny, la Marche, Chaulmont, Metz, Nanmure,
Luxembourg, Nancy excellent et notable lieu à cause de la mort
de Charles de Bourgogne, le mont Rollant, Sammueil, Marcheneuf,
Verdun, Tulle, Montbelliard repute noble nom tant pour sa clarté
comme pour les myrouez qui sont renommez estre faictz en ce
lieu, Beaulne, Dole, université et couvent d'esolliers, Salins
en laquelle reluyst une belle fontaine dont on fait du sel blanc
de grant prouffict et revenu se l'esmolument appartenoit
seullement à ung prince, Losane, Gebane, Chambery sans les
fortresses, tours, chasteaulx et aultres petites villes. Il y a
aussi des fleuves de grant renommee, legiers et merveilleusement
propices à toutes navifations : Seyne, Somme, Ysoire, Lyse,
Scalde, Enne, Mose, Moselle, Dube, Arar, aultrement dicte
Sogonne que Boccace faulcement attribue à Germanye. Mais au
regard du Rhyn il est commun aux Belgeois et Alemans dont
plusieurs ysles comme Hollande et Zellande quant il approche de
la mer sont toutes closes et inundees. En ce traict y avoit
plusieurs notables villages et esglises que l'on dit par les
influences et impetuositez de la mer (les rivages rompuz) estre
perilz. Et disent les habitans d'icelle region (certains de
ceste chos) que au fons de la mer sont encores les vestiges et
apparoissances des eglises et aultres excellentes et notables
places, car l'eaue n'est haulte ne trouble en cest endroit
tellement que l'on peult veoir jusques au fons. En l'autre
partie y a plusieurs villages fort peuplez esquelz habitent tous
marchans excersans le faict de marchandise en terre et en mer.
Mais les nobles et excellentes villes de Hollande sont Leyde,
Harle, Austerdame, Dordraque, et celles de Zellande sont
Middelburg, Ziericze, Bryelle et Penysle. Les habitans de l'une
et de l'aultre et principallement ceux de Hollande ont
habondance de poissons, ourdissent et tissent des toilles
delyees et trés blanches lesquelles portees aux estranges pays
sont grandement estimees. Davantage ceste region est la region
des oyes, oysons et oyseaulx de mer, la plus grant part desquelz
portent les habitans à leurs voisins et aultres qui habitent
loing d'eulx pour avoir argent. »
Note n°20
La variante orthographique du manuscrit BnF
fr. 23145, qui donne ici "ignocent", rattache le terme au latin
ignoscere, "excuser" et non à
innocens, "qui ne fait pas de
mal". Par ce changement, le copiste semble vouloir excuser la fin
brutale de l'énumération, au lieu de l'assumer pleinement.
Note n°21
La fin de la longue
description des provinces de Gaule est pour le moins abrupte et
Henri Guy, dans son édition partielle de la Chronique
française, la donne pour exemple de la désinvolture de
Cretin quant au savoir historiographique. C’est ignorer, d’une part,
l’ironie complice de cette phrase prononcée au moment de clore la
lecture : l’absence de conclusion à la liste est, en soi, une
conclusion ; elle est même ici une façon de souligner la richesse du
royaume dont la description pourrait s’étendre ad nauseam. C’est
aussi négliger un discret aveu que semble ici faire Cretin : à
partir de maintenant, son travail ne consistera pas tant à réunir le
savoir historiographique (par la confrontation des sources) qu’à le
mettre en vers. Il est dès lors significatif que dès le chapitre
suivant, il se fasse une règle de respecter l’alternance des rimes
féminines et masculines (et ce jusqu’à ses derniers vers du livre
V), devenant ainsi le premier à se conformer à cet usage d’une
manière aussi massive et rigoureuse (le précédent Saint-Gelais ne
l’était pas tant). Sur ce point, voir Léon Emile Kastner, «
L’alternance des rimes depuis Octavien de Saint-Gelais jusqu’à
Ronsard », Revue des langues romanes, vol. 47, 1904,
p. 336-347 et Georges Lote, Histoire du vers
français, Aix-en-Provence, Presses universitaires de
Provence, 1990 [1949 1951], en particulier t. II, 1ère partie, Le Moyen Âge, chap. iv, « Rimes masculines et féminines », p.
111-124, ref, et t.V, 2e partie, Le
XVIe et le XVIIe siècles, chap. iv, « L’alternance des rimes », p. 267-287, ref.
Non num.
Cha514 Chapitre sixiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr17274 d'habondante
BnFfr4967 Et tant voulut ses gestes honnorer,
Cha514 De
BnFfr4967 Des bonnes meurs du sien progeniteur
Cha514 bridez
BnFfr4967 feussent
BnFfr23145, BnFfr5299 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 de
Aix419 voullans
BnFfr23145, Cha514 folz
BnFfr17274 scet sçayt
BnFfr4967 retournans
Vat966 hishargne
BnFfr17274 une
BnFfr17274 Deslpoyee
Vat966 de
BnFfr17274 est france
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 icelles
Aix419 om.
BnFfr23145 parelz
BnFfr4967 om.
BnFfr4967 ci
BnFfr4967 et
BnFfr17274 À
Cha514 Coustances
BnFfr4967 à
Aix419 Alebret
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, BnFfr17274, Cha514 Fors seullement
Aix419 Des
BnFfr17274 fleuve
Aix419 bien
Cha514 Moiselle
BnFfr4967 Tole
BnFfr4967 Saulins
BnFfr23145 ignocent









[715]§Iay orendroit la maniere aduiſee Toucher ſelon lordre que tiens et faiz Du ſecond roy Clodion / et ſes faictz Et comme fut la Gaulle diuiſee ჻
§ Chapitre. § vie.
Fo XVIII
De Clodion ſecond roy de france filz de Pharamon. VNg filz laiſſa Pharamon decedant [720]Dit Clodion / Au regne ſuccedant Pour ſecond roy des francoys fut eſleu Et ſurnōme de tous /. Le cheuelu Ce nom receut pour la ſeulle achoyſon Que auoit cheueux habondante foyſon [725]Il ſe monſtra en tout Imitateur Des bonnes meurs du ſien pꝛogeniteur Et tant voulut ſes geſtes honnoꝛer Suyuans ſes faictz / que ſans degenerer Ce qui ſouloit ou nom du pere bꝛuyꝛe [730]Fiſt par effect en ſoymeſmes reluyꝛe Si quon diſoit /. Tel le pere viuant Tel eſt le filz ſes facons enſuyuant Il faut noter pour reigles generalles Que iceulx payans / toutes vertus moꝛalles [735]Songneuſement furent contregardans Et a leur loy obſeruer regardans Iacoit que eulx tous de la ſecte hayneuſe Par cecite derreur caligineuſe Feuſſent bendez de vmbꝛaigeux deceuoir [740]Sans la ſplendeur de gꝛace receuoir Ne le treſoꝛ du coffre apoſtolicque Deſloꝛs ouuert au peuple catholicque Si furent ilz dhonneſtete veſtus
Du Roy Clodion.Fo XIX Vices fuyans / et appꝛouchans vertus [745]Et leur ſembloit eſtre pernicieuſe Loy creſtienne et ſuperſticieuſe Dont aueuglez des ſens / du cueur / et de yeulx Pꝛindꝛent plaiſir de croyꝛe en pluſieurs dieux Les adoꝛans par folle ydolaſtrie [750]De feuz / encens / culture de lattrie Offrandes / veuz / diſmes oblations Sacrifians en Immolations Thaureaux bꝛebiz / et aigneaux pour augures En recepuoir / de leurs ſongneuſes cures [755]Mectans vouloirs et couraiges entiers A decoꝛer leurs temples et autiers Et touteſuoyes / comme auons dit deſſus Les poures ſotz en ont eſte deceus §Oꝛ a ſcauoir / Se leur ſimple ignoꝛance [760]En obſeruant la loy fut eſperance Den meriter lieu deternel repos Dieu ſcet cella /. Retournons au pꝛopos >Ce Clodion congnoiſſant les limites De Germanie / eſtre a ſoy trop petites [765]Apꝛes auoir les Thuringes ſubmys A ſa puiſſance /. et en Hiſhargue mys Sieige royal / pour ville pꝛincipalle De ſon royaulme et cite capitalle
Clodion vainct les rommains a Cambray et a Tournay Conſiderant auſſi ia les rommains [770]En declinant tumber du plus au moins Et que nalloit des Gaulles plus guere homme Foꝛs les Belgeoys / vers lempereur de romme Foꝛt deſirant ſondit royaulme accroiſtre Oultre le Rhin enuoya pour congnoiſtre [775]Quel appareil de deffence y auoit Par vng eſpie aduerty / toſt pꝛeuoit Lexpediant de ſa queſte foꝛmee Si paſſa oultre et toute ſon armee Loꝛs la cite de Cambꝛay aſſiegea [780]La pꝛiſt daſſault /. Puys ſoudain deſlogea Et trauerſant la foꝛeſt charbonniere Vint a Tournay /. Ou enſeigne et baniere Deſploye aux champs /. dont Rommains eſbahys Cuydans deffendꝛe et garder le pays [785]Eurent combat de tres male aduenture Qui cauſe fut de leur deſconfiture Eulx affoibliz / et francoys renfoꝛcez Furent ſoudain de bꝛanſler perfoꝛcez Moult fut ce iour par bataille rengee [790]La nation rommaine endommaigee Car Clodion poꝛtant armes deffectz Rendit ſouldardz rommains moꝛtz et deffaiz §Puys que de Gaule auons fait mention
De la diuiſion de Gaulle.Fo XX Dicte oꝛes France / et franche nation [795]Il ſembleroit choſe bien raiſonnable Bonne / licite / et aſſez conuenable Pour en toucher Icy endꝛoit / quon quiſt Loppinion Ceſar qui la conquiſt Toute en dix ans / veu que a la diſcipline [800]Du ſien recit / ſe accoꝛde et lenſuyt Pline Si font de meſme autres pluſieurs auſſi Diſans⋅ la Gaule eſtre partie ainſi Et diuiſee en troys pꝛouinces /. telles Que obtiennent loz de gloyꝛes Immoꝛtelles [805]Si fault noter leur commancement pꝛis Dilluſtres roys extimez gentz de pꝛis Qui les pꝛemiers en icelle regnerent Et pareilz noms deulx meſmes leur donnerent §De Celte roy / par renommee anticque [810]Iadis nommee en fut Gaule Celticque De Belgius. la Belgicque pꝛiſt nom Et Acquitaine auſſi acquiſt renom Du roy nomme Galatheus /. Dont toute Gaule fut dicte. Il ny a point de doubte [815]Mais cauſe auons / et la raiſon certaine Pour quoy ainſi la nommons Acquitaine Ceſt pour la gꝛande habondance des eaux
Des riuieres et cites en Gaulle celtique. Quelle contient en fluues et ruyſſeaux Si fault afin que erreur ne nous eſuince [820]Toucher vng mot de chaſcune pꝛouince Gaule celticque Ainſi quen veoy les pꝛeuues Eſt ſituee entre ces troys beaux fleuues Le Rhone / Saine / et Marne Auſſi y ſont Fleuues parmy /. dont aucuns le cours ont [825]Impetueux / Liſere et la Durance En ſont teſmoings / Autres a dapparance Comme Aube / Soꝛgue / et Vienne /. Oꝛ voyon Quelles citez elle contient /. Lyon Authun / Maſcon / Chalon / Troyes / Auxerre. [830]Sens / Paris / Meaux / Chartres /. Mais il fault / ſe erre En mon chemin accueillir Oꝛleans Et ſen aller par Eureux et le Mans Et ſans laiſſer Seez / Auranches / Liſieux Paſſer parmy
Villes/ foreſtz / et riuieres de la Gaulle belgicque.Fo XXI Tarbe / Sainct flour / Carcaſſonne / Caours Condon / Alby / Perigoꝛt / Bourges / Tours [845]Lodeue / Foix / Albꝛet / Sainct pons / Boꝛdeaux Xainctes / Lombees / Lymoges / Leſtoꝛe / Aux Et Montauban / Plus ny en ſcay de poix Sinō Poictiers
Des Villes de france. Loſanne / donne / Ageneſue le Son De Chambery /. Se plus en a ou moins [870]Comme innocent ien laue icy mes mains .
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
[715]§J'ay orendroit la maniere advisee Toucher, selon l'ordre que tiens et faiz, Du second roy ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
et ses faictz, Et comme fut la Gaulle divisee.
§ Chapitre § vie+Chapitre sixiesme [Cha514]om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]
De ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
second roy de France filz de PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
Ung filz laissa PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
decedant, [720]Dit ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
. Au regne succedant, Pour second roy des Françoys fut esleu Et surnommé de tous « le chevelu ». Ce nom receut pour la seulle achoyson Que avoit cheveux habondante+d'habondante [BnFfr17274] foyson. [725]Il se monstra en tout imitateur Des+De [Cha514] bonnes meurs du sien progeniteur+Et tant voulut ses gestes honnorer, [BnFfr4967] Et tant voulut ses gestes honnorer,+Des bonnes meurs du sien progeniteur [BnFfr4967] Suyvans ses faictz, que sans degenerer, Ce qui souloit ou nom du pere bruyre [730]Fist, par effect, en soy mesmes reluyre, Si qu'on disoit : « Tel le pere vivant, Tel est le filz, ses façons ensuyvant1. » Il faut noter pour reigles generalles Que iceulx payans toutes vertus moralles [735]Songneusement furent contregardans Et à leur loy observer regardans. Jaçoit que eulx tous de la secte hayneuse, Par cecité d'erreur caligineuse, Feussent bendez+bridez [Cha514] de umbraigeux decevoir, [740]Sans la splendeur de grace recevoir Ne le tresor du coffre apostolicque Dès lors ouvert au peuple catholicque, Si furent ilz+feussent [BnFfr4967] d'honnesteté vestus,
Du roy ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
Vices fuyans et approuchans vertus2. [745]Et leur sembloit estre pernicïeuse Loy crestïenne et supersticïeuse, Dont aveuglez des+de [BnFfr23145, BnFfr5299] sens, du cueur et de+des [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] yeulx Prindrent plaisir de croyre en plusieurs dieux, Les adorans par folle ydolastrie [750]De feuz, encens, +de [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] culture de lattrie, Offrandes, veuz, dismes, oblatïons, Sacrifians en immolatïons Thaureaux, brebiz et aigneaux, pour augures En recepvoir de leurs songneuses cures, [755]Mectans vouloirs+voullans [Aix419] et couraiges entiers À decorer leurs temples et autiers. Et toutesvoyes, comme avons dit dessus, Les povres sotz+folz [BnFfr23145, Cha514] en ont esté deceus3. §Or à sçavoir se leur simple ignorance, [760]En observant la loy, fut esperance D'en meriter lieu d'eternel repos, DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme scet+
, congnoissant les limites De Germanie estre à soy trop petites, [765]Aprés avoir les Thuringes submys À sa puissance et en Hishargue+hishargne [Vat966] mys Sieige royal pour ville principalle De son royaulme et cité capitalle,
ClodionClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
vainct les Rommains à Cambray et à Tournay Considerant aussi ja les Rommains, [770]En declinant, tumber du plus au moins, Et que n'alloit, des Gaulles, plus guere homme Fors les Belgeoys, vers l'empereur de Romme5, Fort desirant sondit royaulme accroistre Oultre le Rhin, envoya pour congnoistre [775]Quel appareil de deffence y avoit. Par ung+une [BnFfr17274] espie adverty, tost prevoit L'expedïant de sa queste formee, Si passa oultre et toute son armee. Lors la cité de Cambray assiegea, [780]La prist d'assault puys soudain deslogea Et, traversant la forest Charbonniere, Vint à Tournay, où enseigne et baniere Desploye+Deslpoyee [BnFfr17274] aux champs, dont Rommains esbahys, Cuydans deffendre et garder le paÿs, [785]Eurent combat de trés male adventure Qui cause fut de leur desconfiture. Eulx affoibliz et Françoys renforcez, Furent soudain de bransler perforcez. Moult fut ce jour par bataille rengee [790]La natïon rommaine endommaigee, Car ClodïonClodion le Chevelu (393 — 448) Roi des Francs saliens (428-448)
, portant armes d'effectz, Rendit souldardz rommains mortz et deffaiz6. §Puysque de+de [Vat966] Gaule avons fait mentïon
De la division de Gaulle Dicte ores France et franche+est france [BnFfr17274] natïon, [795]Il sembleroit chose bien raisonnable, Bonne, licite et assez convenable, Pour en toucher icy endroit, qu'on quist L'oppinïon CesarCésar, Jules (entre 12/07/100 et 13/07/100 — 15/03/44 av J.C.) Général et homme d'État romain qui la conquist Toute en dix ans, veu que à la discipline [800]Du sien recit se accorde et l'ensuyt PlinePline l'Ancien (entre 23 et 24 — entre 24/08/79 et 25/08/79) Homme politique, naturaliste et philosophe romain. Si font de mesme autres plusieurs aussi, Disans la Gaule estre partie ainsi Et divisee en troys provinces telles Que obtiennent loz de gloyres immortelles7. [805]Si fault noter leur commancement pris D'illustres roys, extimez gentz de pris, Qui les premiers en icelle+icelles [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966] regnerent Et+om. [Aix419] pareilz+parelz [BnFfr23145] noms d'eulx mesmes leur donnerent. §De CelteCelte Personnage légendaire8 roy, par renommee anticque, [810]Jadis nommee en fut Gaule celticque ; De BelgïusBolgios (Ve siècle avant J.C. — ) Chef guerrier gaulois, la Belgicque prist nom Et Acquitaine aussi acquist renom Du roy nommé GalatheusGalates Fils d'Hercule dans la mythologie grecque, dont toute Gaule fut dicte, il n'y a point de doubte9.+om. [BnFfr4967] [815]Mais cause avons et la raison certaine Pourquoy ainsi la nommons Acquitaine. C'est pour la grande habondance des eaux
Des rivieres et cités en Gaulle celtique Qu'elle contient en fluves et ruysseaux10. Si fault, afin que erreur ne nous esvince, [820]Toucher ung mot de chascune province11. Gaule celticque, ainsi qu'en veoy les preuves, Est +ci [BnFfr4967] situee entre ces troys beaux fleuves : Le Rhone, Saine et Marne. Aussi y sont Fleuves parmy, dont aucuns le cours ont [825]Impetueux : l'Isere et la Durance En sont tesmoings. Autres a+et [BnFfr4967] d'apparance Comme Aube, Sorgue+Sorbe [Aix419]
Sorgne [Cha514] ;
et Sorgne [Vat966]
et
Vïenne12.
Or voyon
Quelles citez elle contient :
Lÿon,
Authun
,
Mascon
,
Chalon
,
Troyës
,
Auxerre,
[830]Sens,
Paris,
Meaux,
Chartres. Mais il fault se
erre
En+À [BnFfr17274] mon chemin accueillir Orlëans
Et s'en aller par Evreux et Le Mans
Et sans laisser Seez,
Avranches,
Lisieux,
Passer parmy
Constances+Coustances [Cha514]
et+à [BnFfr4967]
Bayeux,
[835]Vannes aussi,
Renes,
Nantes,
Angiers,
Nevers,
Vïenne,
Embrun,
Gap et
Viviers,
Sistron,
Grenoble,
Orenges,
Avignon,
Arles,
Marseille,
Aix,
Nice et
Cavaillon13.
§Toute
Acquitaine est à l'aise entendue
[840]Par les citez que tient son extendue,
Qui sont Clermont,
Le Puy,
Luxon,
Narbonne,
Rodays,
Thouloze,
Angoulesme,
Bayonne,
Villes, forestz et rivieres de la Gaulle belgicque Tarbe, Sainct Flour, Carcassonne, Cäours, Condon, Alby, Perigort, Bourges, Tours, [845]Lodeve, Foix, Albret+Alebret [Aix419] , Sainct Pons, Bordeaux, Xainctes , Lombees , Lymoges , Lestore , Aux Et Montauban. Plus n'y en sçay de poix Sinon Poictiers +Fors seullement [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, BnFfr17274, Cha514], Nymes et Mirepoix14. Ses+Des [Aix419] fleuves grandz sont Gironde, Dordonne, [850]Loyre, l'Alier, Cher, Charente et Garonne15. §Gaule belgicque est des fleuves+fleuve [BnFfr17274] pourveue, Cy contenuz qu'on voyt à plaine veue. Dix +bien [Aix419] bien comptez se y trouveront en somme Et sont : le Rhin, la Sambre, la+om. [BnFfr17274]le [BnFfr23145, Aix419] Lys, Somme, [855] Soone+ Soene [BnFfr17274] Sorne [BnFfr23145, BnFfr5299] Sosne [Aix419] , l' Escault , Meuse , Moselle+Moiselle [Cha514] , Saine Et Marne aussi qui parfaict la disaine16. §Les grandz forestz, se le liseur ne tenne En les nommant, sont : Mormault et Ardenne17 ; §Les plus haultz montz Sainct Claude, les Faucilles [860]Et Vosegus18. Quant aux citez et villes Plus de renom, neufves et ancïennes, Ce sont Cambray, Uttrecht, Valencïennes Treves, Strabourg, Aix, Coulongne, Maiance, Liege, Tournay, Arras, Basle, Constance, [865]Amyans, Soissons, Noyon, Senlis, Beauvais, Reims, Meaulx, Roüan, Laon, Chalons, Langres, Metz, Dole+Tole [BnFfr4967], +Saulins [BnFfr4967] Salins, Toul, Verdun, Besançon,
Des villes de France Losanne donne à Genesve le son De Chambery19. Se plus en a ou moins, [870]Comme innocent+ignocent [BnFfr23145]20, j'en lave icy mes mains 21 .
Note n°1
Cet éloge de
Clodion est une originalité de Cretin vis-à-vis de ses sources.
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) fait
une première fois référence à Clodion entre le récit de la mort
de Pharamond et celui des origines de la loi salique : « Il
[Pharamond] delaissa son filz Clodion heritier du
royaulme »Ensuite commence le récit du règne de
Clodion, Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, f.
IIIr) : « Cestuy Clodion pour l'abondance de ses cheveulx
dit Chevelu... » Les GCF, liv. I, chap.
5 (vol. 1, p. 20-21) donnent d'abord un petit résumé que Cretin
ne reproduit pas avant d'en venir à l'histoire de Clodion :
« Jusques ci vous avons recitées les oppinions d'aucuns
actors, mais pour ce que nous ne volons pas que nuls puisse
trover contrarieté en ceste lettre, nous prendrons la
matiere si comme ele gist es croniques, qui ensi dient que
puis que li François se furent parti de Sicambre et il
ourent Alemaigne et Germenie conquise et les Romains
desconfit par II batailles, il coronerent un roi qui out non
Pharamonz. Cil Pharamonz engendra Clodio, qui après lui fu
rois ; apelez fu Clodio li cheveluz, car en ce tens estoient
li roi chevelu. »
Note n°2
Cretin manifeste ici une lecture anagogique de
l’histoire, selon les modes d’interprétation définis par Thomas
d’Aquin (Somme théologique, I, qu. I), en vertu de
laquelle des événements anciens préfigurent un devenir
chrétien.
Note n°3
Cretin
s'inspire ici d'une brève mention que Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[4] (Galliot du Pré, fol. IIv) place après le récit de l'origine de
la loi salique : « lesquelz [les Français] paravant icelle loy
[salique] mal vivoient et riens ne faisoient assez
attrempement. » Il n'y a pas d'équivalent dans les
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
20-21).
Note n°4
Cette réflexion de Cretin
renvoie à une discussion théologique très ancienne sur le salut des
païens.
Note n°5
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, fol. IIIr) :
« [Clodion] estant enserré es estroictes fins et limitez de
Germanie, desirant augmenter son royaulme, mist les Thuringes
soubz sa puissance et domination et occupa la ville d'Ishargue,
où le siege du royoaulme constitué, comme ja desfailloit la
puissance rommaine et n'y avoit plus que les Belgeois qui
suyvissent... » Cretin ignore la fin du paragraphe :
« l'empereur envoya ses ambassadeurs en Gaulle Belgique,
car en ce temps les Bourguignons avoient subjugué Lyon et les
Gothz Acquitaine. »
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 21) : « En poi
de tens après que li rois Clodio fut coronez, il et si François
pristrent à envaïr les terres vesines et à courre sus à ciaus
qui à aus marchissoient. Ils degasterent la contrée d'une gent
qui auques près d'iaus habitoient, que on apeloit Toringiens.
Cele terre siet en une partie d'Alemaigne. Un chastel pristrent
qui estoit nomez Dispergue ; en ce chastel establi li rois le
siege de son regne. Dès lors començoit jà li empires de Rome à
abaissieret à dechaoir, et la force des Romains, qui soloit
estre comparée à force de fer, estoit jà chaüe en la fragilité
qui est comparée à pieces de poz de terre. » Cretin ignore
la fin du paragraphe : « Car li Borgoignon avoient jà porprise
et saisie la province de Lyons et li Gocien cele d'Aquitaine, ne
li Romain ne tenoient plus de toute Galle fors cele partie qui
est enclose entre Loyre et le Rim. » Le nom que Cretin
donne à la capitale de Clodion, repris à Gaguin-Desrey, reste
incompréhensible. Celui que donnent les GCF
(« Dispergue ») est un calque du latin Dipsargum, qui n'est pas clairement
identifiée, mais les éditions anciennes qu'utilisait Cretin ne
donnaient même pas ce nom du fait d'un saut du même au même
(« Un chastel pristrent qui estoit
nomez Dispergue ; en ce chastel
establi »). Voir Bonhomme, vol. 1, vue 20a ; Vérard, vol.
1, fol. IIIrb ; Eustace, vol. 1, fol. IIvb.
Note n°6
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
21-22) : « Li rois Clodio, qui moult desiroit à eslargir les
bonnes de son roiaume, envoia ses espies outre le Rin pour
savoir quel defense li païs avoit ; puis passa outre o tout son
ost. La cité de Cambrai assist et prist ; outre passa parmi la
forest de la Charboniere, à la cité de Tornai vint, le siege
mist entor la vile ; assez tost après la prist ; tous les
Romains qui contre lui vindrent pour le païs defendre ocist et
mist à mort. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot
du Pré, fol. Vr) rapporte cet épisode plus loin, après la
description des différentes régions de la Gaule : « Par quoy
donques par les Françoys fut donné le premier assault aux
Belgeois. Les messaigers du roy Clodion (après qu'ilz eurent vey
et congneu l'estat de la region) rapporterent pour response la
terre estre tenue en petite puissance, au moyen de quoy sans
demeure se transporta le roy aux Belgeois, et les champs
largement couruz et pillez, print la ville de Cambray par luy
assiegee. D'illec par la forest nommee Charbonnyere s'en alla à
Tournay qui estoit detenue par le secours des Rommains, Mais les
gens d'armes yssuz de la ville surmonta et chassa par dure
bataille et jouyst de la cité. ».
Note n°7
Cretin reprend à
ses sources principales les références aux auteurs antiques, qu'il
n'a pas lui-même consultés. GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 22) : « Mais pour ce que nous avons ci fait mencion
de II provinces de Galles, qui or est apelée France, avenant
chose est que ci endroit soit mise la descrition de toute Galle
en la maniere que Jules Cesar la descrist, qui en X anz la
conquist ; à li s'acorde, Plines et maint autre
philosophe. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr) ne contient pas d'introduction à l'énumération des
villes et cours d'eau des différentes régions.
Note n°8
Personnage vraisemblablement
forgé par Cretin ou l'une de ses sources pour faire correspondre un
nom de roi à une région.
Note n°9
Cretin invente des personnages que ne
mentionnent pas ses deux sources principales.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 22) :
« En III provinces principaus est toute Galle
devisée : la premeire si est Celte, qui vaut autant
comme cele de Lyons, la seconde cele de Belge, et la
tierce cele d'Aquitaine. » Cretin ignore la
mention des « frontières naturelles qui se trouve chez
»Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré,
fol. IIIr) : « Le pays de Gaulle est divisé en troys
parties, l'une est appellee Belgique, l'aultre Celtique,
et l'aultre Acquitainique, tout lequel pays est clos et
environné du Rhyn, des Alpes et monts Pyrenees et de la
mer Britannique. »
Note n°10
Cretin place ici l'explication étymologique que sa
source principale insère au terme de la description de l'Aquitaine.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) : « Si
est nomée ceste province Aquitaine pour ce que ele est plus
habundanz de fonteines et de flueves que nule des
autres. »
Note n°11
À partir de là et jusqu’à
la fin du chapitre, Cretin énumère les fleuves, massifs (montagneux
et forestiers) et villes de chaque province. Il se conforme, ce
faisant, à une tradition encyclopédique dont l’illustrateur le plus
renommé (et cité au v. 800) est Pline l’Ancien, dont
l’Histoire naturelle consacre les livres 3 à 6
(sur 37) à la description géographique des parties de la Terre
connues des anciens. Ce passage est aussi l’occasion, pour le jeune
roi François, de visiter, au moins par l’imaginaire, son royaume.
Cretin décrit d'abord la Gaule Celtique, puis l'Aquitaine et enfin
la Gaule Belgique, ce qui ne correspond à l'ordre d'aucune de ses
deux sources principales. Les GCF, liv. I, chap. 5
évoquent d'abord la Gaule Celtique, puis la Gaule Belgique, et enfin
l'Aquitaine ; tandis que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5]-[7] parle
d'abord de la Gaule Belgique avant de décrire la Gaule Celtique et
l'Aquitaine.
Note n°12
Cretin entame sa description en
s'inspirant de deux passages de Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [6]
(Galliot du Pré, fol. IIIv) : « Gaulle Celtique commence à la
riviere de Seyne et s'estend jusques à Loire, mais elle court
depuis la riviere de Marne jusques au Rhosne » ; liv. I,
chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr] : « Les fleuves dont
Gaulle celtique est influee et enrosee sont : Seyne, de laquelle
les Belgeois sont separez des Celtes voisins, des Espaignaulx,
Loyre, Vienne, Yonne, Oobe, le Rhose, Sorde, Durante, sans les
ruysseaulx et petis fleuves, lesquelz courent des Alpes au
Rhosne, ou des montaignes d'Auvergne en la mer descendent à
Narbonne. » Les GCF, liv. I, chap. 5 (vol.
1, p. 23-24) ne mentionnent pas autant de cours d'eau : « La
province donques de Lyons, qui commence au Rôle et fenist à
Gironde [...] Maint fleuve corent par ceste province, des quels
li Rones et li plus granz. »
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 23) :
« [La Gaule Belgique] contient mainte noble cité, desquels
nous avons ci mis les noms, car par les noms des citez sera plus
legierement la descrition entendue. La premiere si est Lyons,
Chalon, Ostun, Sanz, Troies, Auceuerre, Miauz, Paris, Orliens,
Chartres, Rouen, Evreues, Lisieues, Avrences, li Mans, Nantes,
Renes, Vanes, Angiers, Nevers, Tors et Boorges. »
Gaguin-Desrey, vol. 1, chap. [6] (Galliot du Pré, fol. IIIv) :
« Elle [la Gaule Celtique] est aussi esclarvie et decoree
des villes cy aprés escriptes, c'est assavoir de Lutesse dit
Paris, laquelle est la plus excellente et magnifique escolle qui
soit en Chrestienté et le principal siege des roys de France,
Sens, Nemours, Moret, Troyes, Auxerre, Aultun, Digeon, Belne,
Germone, Arge, Mascon, Chalons, Anse, Lyon, Ambrun, Sainct
Saphorin, Vienne, Daulpine, Grasse, Grenoble, Valence,
Montlimart, Diene, le Vivier, Aurase, Sainct Esperit, Avignon,
Villeneufve, Carpentras, Tarascon, Arelate, Marseille, Eauxex,
Apres, Regene, Vapinte ou Vapine, Sistarique, Fouriule, Tollone,
Nice que aucuns afferment appartenir à Italie, car c'est la
porte de Gaulle qui regarde Gennes, Canali, Vason, Tricaste,
Biterve, Lunay, Montpellier et autres qui appartiennent à la
viconté de Nerbonne, exceptez les chasteaulx dont ceste region
est grandement multipliee, Pesignan et vers la riviere de Loyre,
Nevers, Moulins, Clugny, Sainct Gengon, Montargis, Castillon,
Orleans qui au temps passé estoit nommé Genabe, Jenuville ou
Gerenville, Estampes, Chartres, Bonneval, Evreux, Sees, Lisieux,
Argentan, Falaise, Arreflour, port de Seyne, Caen, Bayeux,
Pontorson, Avrenches, Coustances, et des villes de Bretaigne,
lesquelles dedans la riviere de Loire tournent en la mer et par
leur nom ancien sont nommees Armoriques, le Mans, Alenczon,
Mortaigne, Mante, Vernon, Meulan. »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) :
« Mainte noble cité contient [l'Aquitaine] ; la premiere
est Clermont, Narbone, Kaors, Tholouse, Gaeste, Rodais, Limoges,
Pierregort, Poitiers, Bordiaus, Saintes et Angolesme. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr) :
« Les noms des places plus renommees sont celles ycy.
Bourges, Mauge, Dun le Roy, Clairmont, Usson trés forte tour de
nature et par artifice puissante et deffensable, Monnette qui
est ung chasteau sis sur le sommet d'une montaigne, Beyonde, Le
Puy où est le temple de la glorieuse Vierge Marie, trés
religieux aux Françoys, Sainct Flour, Lymoges, Tutelle, Cahors,
Rochemadour, Rouarge, Vabre, Alby, Mimay, Montauban, Chasteau
Cordon, Carcassonne, Gallache, Tholouze, noble escolle et
exercice de droit canon et civil, Appemer, Ryvene, Sainct Paul,
Lombees, Montlyon, Myrepoix, Foix, Vaurene, Conues, Myrande,
Lestoire, Condone, Ausque, Baignere, Conserane, Tarbe, Olere,
Vasite Lascurre, Montmarsant, Morlois, Hortois, Bayonne, Lebret,
Rigene, Adure, Agate, Utique, Electe, Limoy, Sainct Ponce,
Chasteaudarry, Elne, Lodesve, Tours, Chynon, Vendosme, Bloys,
Chastellerault, Lomelle, Poytiers, Partenay, Malache, La
Rochelle, le Lude, Touars, Luxon, Xaintonge, Engoulesme,
Coignac, Perigort, Pierrebussiere, bergerat, Sarlat, Agenest,
Condon, Lesignan, Le Bourg, Bloye, Villeroy, Liburne,
Bourdeaulx, Sainct Jehan Angelic, TAillebourg, la Guierche,
Nantes, Regnes et tout ce que les Bretons attouchent oultre la
riviere de Loyre, gouferes, Sainct Paul, Lamballe, Sainct
Maclou, Dolle, Dinan, Sainct Briou. »
Note n°15
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24-24) : « La tierce province si est cele
d'Aquitaine selonc la descrition Pline et Jule Cesar ; si
commence au flueve de Gironde [...]. Mainte riche forest
contient et maint grant flueve ; II des plus renomez sont
Gironde et Dordone. Cest flueves qui est nomez Dordone retient
le non de II fontaines dont il sourt, dont l'une est apelée Dor
et l'autre Done. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7]
(Galliot du Pré, fol. IVr) : « Elle [l'Aquitaine] est enrosee
de fleuves trés renommez, de Loir, du Loir, du Cher, de
Chalente, Dordonne et Geronne, auxquelz sont meslez et
conjoinctz plusieurs petis fleuves navigables de chaalns et
petites nasselles. »
Note n°16
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) : « Mainz
fleuves court par cele province, dont li Rins, Matrone et Muese
sont li plus grant. »
Note n°17
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24) : « Mainte riche forest contient, des quels
Ardane est la plus grande ; si grant est que ele dure plus de D
miles de lonc. »
Note n°18
Ces lieux ne sont pas mentionnés dans
les GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25).
Note n°19
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) :
« Après la descrition de la province de Lyons met Jules
Cesar cele de Belge, qui commence aus darreennes parties de
Galles par devers le Rim et dure jusques à la cité de Senliz, et
s'estent tout contremont vers Orient, dont les plus nobles citez
sont ci nomées. La premiere est Coloigne, Tongres, Trevez, Mez,
Toul, Verdun, Rains, Chaalons, Loon, Soissons, Amiens, Noion,
Biauvez, Vermans, Arraz, Tornai, Cambrai et maintes
autres. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr-v) : « La premiere partie de Gaule commance aux
rivieres de Marne et de Seyne, et finist au Rhyn vers
Septentrion et partie vers Orient et du costé de Occident est
close de la mer. En ceste Gaulle sont les principalles villes
qui s'ensuyvent : Colloigne, Agrippine, Trajecte, Magonse,
Treve, Confluence, Argentine ou Strasbourg, Basle, Constance,
laquelle au temps passé nommee Vitudare, de present a retenu le
nom de Constance par le pere de Constantin. Les villages des
Helveces que maintenant nous appellons Suisses (assez loing du
mont Jura où grandement est honnoré et reveré le monastere
Sainct Claude) desquelz et de leur exercice les roys françoys
usent maintenant en bataille. Le duché de Juliance et le duché
de Clyeves, auquel sont les nobles et excellentes villes qui
s'ensuyvent : Embrique, Rees, Wesalie, L'Esperon. Le duché de
Gueldres, duquel la ville principalle est Noymage, les autres
sont Arne, Ruremonde et Walaf. Et de Hollande par ung flot de
merest separé. Liege, Hastale, Huye, Dynan, Bovine, Bruxelles,
Nyvelle, Amvers où il y a une trés belle et noble foyre aux
Flagmens, Bergues, Malignes, Louvain, escolle et estude des
lettres, Balduc, Mons en Henaud, Valentiennes, Avenne qui fut
desolee et destruicte par le roy Loys unziesme, Le Chesne au
Conte, Gand, Aldernarde, Bruges que Ptholomee appelle la nef, ou
gouvernail des nefz, Escluse, Courtray, Tendremonde, Ypre,
Tournay, Lysle, Orches, Douay, Sainct Omer, Gravelignes,
Ostende, Neufport, Terouenne, Aere, Perne, Hesdin, Bethune,
Sainct Paul, Dorlen, Cales, Huissant à present rompu, Boulongne,
Moustereul, Arras, Bapaulme, Cambray, Sainct Quentin, Peronne,
Corbie, Amians, Abbeville, Augus, Sainct Riquier, Crotoy, Cray,
Beauvays, Senlis, Compiengne, Mondidier, Roye, Ponthoise, Rouen,
Sainct Denys sepulchre des roys de France, Noyon, Soyssons,
Meaulx, Chasteau Tierry, la cité de Rains où les roys de France
sont commencez et couronnez, Asprenay, Chalons, Sandiger,
Langres, Bar, Ligny, la Marche, Chaulmont, Metz, Nanmure,
Luxembourg, Nancy excellent et notable lieu à cause de la mort
de Charles de Bourgogne, le mont Rollant, Sammueil, Marcheneuf,
Verdun, Tulle, Montbelliard repute noble nom tant pour sa clarté
comme pour les myrouez qui sont renommez estre faictz en ce
lieu, Beaulne, Dole, université et couvent d'esolliers, Salins
en laquelle reluyst une belle fontaine dont on fait du sel blanc
de grant prouffict et revenu se l'esmolument appartenoit
seullement à ung prince, Losane, Gebane, Chambery sans les
fortresses, tours, chasteaulx et aultres petites villes. Il y a
aussi des fleuves de grant renommee, legiers et merveilleusement
propices à toutes navifations : Seyne, Somme, Ysoire, Lyse,
Scalde, Enne, Mose, Moselle, Dube, Arar, aultrement dicte
Sogonne que Boccace faulcement attribue à Germanye. Mais au
regard du Rhyn il est commun aux Belgeois et Alemans dont
plusieurs ysles comme Hollande et Zellande quant il approche de
la mer sont toutes closes et inundees. En ce traict y avoit
plusieurs notables villages et esglises que l'on dit par les
influences et impetuositez de la mer (les rivages rompuz) estre
perilz. Et disent les habitans d'icelle region (certains de
ceste chos) que au fons de la mer sont encores les vestiges et
apparoissances des eglises et aultres excellentes et notables
places, car l'eaue n'est haulte ne trouble en cest endroit
tellement que l'on peult veoir jusques au fons. En l'autre
partie y a plusieurs villages fort peuplez esquelz habitent tous
marchans excersans le faict de marchandise en terre et en mer.
Mais les nobles et excellentes villes de Hollande sont Leyde,
Harle, Austerdame, Dordraque, et celles de Zellande sont
Middelburg, Ziericze, Bryelle et Penysle. Les habitans de l'une
et de l'aultre et principallement ceux de Hollande ont
habondance de poissons, ourdissent et tissent des toilles
delyees et trés blanches lesquelles portees aux estranges pays
sont grandement estimees. Davantage ceste region est la region
des oyes, oysons et oyseaulx de mer, la plus grant part desquelz
portent les habitans à leurs voisins et aultres qui habitent
loing d'eulx pour avoir argent. »
Note n°20
La variante orthographique du manuscrit BnF
fr. 23145, qui donne ici "ignocent", rattache le terme au latin
ignoscere, "excuser" et non à
innocens, "qui ne fait pas de
mal". Par ce changement, le copiste semble vouloir excuser la fin
brutale de l'énumération, au lieu de l'assumer pleinement.
Note n°21
La fin de la longue
description des provinces de Gaule est pour le moins abrupte et
Henri Guy, dans son édition partielle de la Chronique
française, la donne pour exemple de la désinvolture de
Cretin quant au savoir historiographique. C’est ignorer, d’une part,
l’ironie complice de cette phrase prononcée au moment de clore la
lecture : l’absence de conclusion à la liste est, en soi, une
conclusion ; elle est même ici une façon de souligner la richesse du
royaume dont la description pourrait s’étendre ad nauseam. C’est
aussi négliger un discret aveu que semble ici faire Cretin : à
partir de maintenant, son travail ne consistera pas tant à réunir le
savoir historiographique (par la confrontation des sources) qu’à le
mettre en vers. Il est dès lors significatif que dès le chapitre
suivant, il se fasse une règle de respecter l’alternance des rimes
féminines et masculines (et ce jusqu’à ses derniers vers du livre
V), devenant ainsi le premier à se conformer à cet usage d’une
manière aussi massive et rigoureuse (le précédent Saint-Gelais ne
l’était pas tant). Sur ce point, voir Léon Emile Kastner, «
L’alternance des rimes depuis Octavien de Saint-Gelais jusqu’à
Ronsard », Revue des langues romanes, vol. 47, 1904,
p. 336-347 et Georges Lote, Histoire du vers
français, Aix-en-Provence, Presses universitaires de
Provence, 1990 [1949 1951], en particulier t. II, 1ère partie, Le Moyen Âge, chap. iv, « Rimes masculines et féminines », p.
111-124, ref, et t.V, 2e partie, Le
XVIe et le XVIIe siècles, chap. iv, « L’alternance des rimes », p. 267-287, ref.
Non num.
Cha514 Chapitre sixiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr17274 d'habondante
BnFfr4967 Et tant voulut ses gestes honnorer,
Cha514 De
BnFfr4967 Des bonnes meurs du sien progeniteur
Cha514 bridez
BnFfr4967 feussent
BnFfr23145, BnFfr5299 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 de
Aix419 voullans
BnFfr23145, Cha514 folz
BnFfr17274 scet sçayt
BnFfr4967 retournans
Vat966 hishargne
BnFfr17274 une
BnFfr17274 Deslpoyee
Vat966 de
BnFfr17274 est france
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 icelles
Aix419 om.
BnFfr23145 parelz
BnFfr4967 om.
BnFfr4967 ci
BnFfr4967 et
BnFfr17274 À
Cha514 Coustances
BnFfr4967 à
Aix419 Alebret
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, BnFfr17274, Cha514 Fors seullement
Aix419 Des
BnFfr17274 fleuve
Aix419 bien
Cha514 Moiselle
BnFfr4967 Tole
BnFfr4967 Saulins
BnFfr23145 ignocent
Note n°1
Cet éloge de
Clodion est une originalité de Cretin vis-à-vis de ses sources.
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) fait
une première fois référence à Clodion entre le récit de la mort
de Pharamond et celui des origines de la loi salique : « Il
[Pharamond] delaissa son filz Clodion heritier du
royaulme »Ensuite commence le récit du règne de
Clodion, Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, f.
IIIr) : « Cestuy Clodion pour l'abondance de ses cheveulx
dit Chevelu... » Les GCF, liv. I, chap.
5 (vol. 1, p. 20-21) donnent d'abord un petit résumé que Cretin
ne reproduit pas avant d'en venir à l'histoire de Clodion :
« Jusques ci vous avons recitées les oppinions d'aucuns
actors, mais pour ce que nous ne volons pas que nuls puisse
trover contrarieté en ceste lettre, nous prendrons la
matiere si comme ele gist es croniques, qui ensi dient que
puis que li François se furent parti de Sicambre et il
ourent Alemaigne et Germenie conquise et les Romains
desconfit par II batailles, il coronerent un roi qui out non
Pharamonz. Cil Pharamonz engendra Clodio, qui après lui fu
rois ; apelez fu Clodio li cheveluz, car en ce tens estoient
li roi chevelu. »
Note n°2
Cretin manifeste ici une lecture anagogique de
l’histoire, selon les modes d’interprétation définis par Thomas
d’Aquin (Somme théologique, I, qu. I), en vertu de
laquelle des événements anciens préfigurent un devenir
chrétien.
Note n°3
Cretin
s'inspire ici d'une brève mention que Gaguin-Desrey, liv. I, chap.
[4] (Galliot du Pré, fol. IIv) place après le récit de l'origine de
la loi salique : « lesquelz [les Français] paravant icelle loy
[salique] mal vivoient et riens ne faisoient assez
attrempement. » Il n'y a pas d'équivalent dans les
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
20-21).
Note n°4
Cette réflexion de Cretin
renvoie à une discussion théologique très ancienne sur le salut des
païens.
Note n°5
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré, fol. IIIr) :
« [Clodion] estant enserré es estroictes fins et limitez de
Germanie, desirant augmenter son royaulme, mist les Thuringes
soubz sa puissance et domination et occupa la ville d'Ishargue,
où le siege du royoaulme constitué, comme ja desfailloit la
puissance rommaine et n'y avoit plus que les Belgeois qui
suyvissent... » Cretin ignore la fin du paragraphe :
« l'empereur envoya ses ambassadeurs en Gaulle Belgique,
car en ce temps les Bourguignons avoient subjugué Lyon et les
Gothz Acquitaine. »
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 21) : « En poi
de tens après que li rois Clodio fut coronez, il et si François
pristrent à envaïr les terres vesines et à courre sus à ciaus
qui à aus marchissoient. Ils degasterent la contrée d'une gent
qui auques près d'iaus habitoient, que on apeloit Toringiens.
Cele terre siet en une partie d'Alemaigne. Un chastel pristrent
qui estoit nomez Dispergue ; en ce chastel establi li rois le
siege de son regne. Dès lors començoit jà li empires de Rome à
abaissieret à dechaoir, et la force des Romains, qui soloit
estre comparée à force de fer, estoit jà chaüe en la fragilité
qui est comparée à pieces de poz de terre. » Cretin ignore
la fin du paragraphe : « Car li Borgoignon avoient jà porprise
et saisie la province de Lyons et li Gocien cele d'Aquitaine, ne
li Romain ne tenoient plus de toute Galle fors cele partie qui
est enclose entre Loyre et le Rim. » Le nom que Cretin
donne à la capitale de Clodion, repris à Gaguin-Desrey, reste
incompréhensible. Celui que donnent les GCF
(« Dispergue ») est un calque du latin Dipsargum, qui n'est pas clairement
identifiée, mais les éditions anciennes qu'utilisait Cretin ne
donnaient même pas ce nom du fait d'un saut du même au même
(« Un chastel pristrent qui estoit
nomez Dispergue ; en ce chastel
establi »). Voir Bonhomme, vol. 1, vue 20a ; Vérard, vol.
1, fol. IIIrb ; Eustace, vol. 1, fol. IIvb.
Note n°6
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p.
21-22) : « Li rois Clodio, qui moult desiroit à eslargir les
bonnes de son roiaume, envoia ses espies outre le Rin pour
savoir quel defense li païs avoit ; puis passa outre o tout son
ost. La cité de Cambrai assist et prist ; outre passa parmi la
forest de la Charboniere, à la cité de Tornai vint, le siege
mist entor la vile ; assez tost après la prist ; tous les
Romains qui contre lui vindrent pour le païs defendre ocist et
mist à mort. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot
du Pré, fol. Vr) rapporte cet épisode plus loin, après la
description des différentes régions de la Gaule : « Par quoy
donques par les Françoys fut donné le premier assault aux
Belgeois. Les messaigers du roy Clodion (après qu'ilz eurent vey
et congneu l'estat de la region) rapporterent pour response la
terre estre tenue en petite puissance, au moyen de quoy sans
demeure se transporta le roy aux Belgeois, et les champs
largement couruz et pillez, print la ville de Cambray par luy
assiegee. D'illec par la forest nommee Charbonnyere s'en alla à
Tournay qui estoit detenue par le secours des Rommains, Mais les
gens d'armes yssuz de la ville surmonta et chassa par dure
bataille et jouyst de la cité. ».
Note n°7
Cretin reprend à
ses sources principales les références aux auteurs antiques, qu'il
n'a pas lui-même consultés. GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 22) : « Mais pour ce que nous avons ci fait mencion
de II provinces de Galles, qui or est apelée France, avenant
chose est que ci endroit soit mise la descrition de toute Galle
en la maniere que Jules Cesar la descrist, qui en X anz la
conquist ; à li s'acorde, Plines et maint autre
philosophe. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr) ne contient pas d'introduction à l'énumération des
villes et cours d'eau des différentes régions.
Note n°8
Personnage vraisemblablement
forgé par Cretin ou l'une de ses sources pour faire correspondre un
nom de roi à une région.
Note n°9
Cretin invente des personnages que ne
mentionnent pas ses deux sources principales.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 22) :
« En III provinces principaus est toute Galle
devisée : la premeire si est Celte, qui vaut autant
comme cele de Lyons, la seconde cele de Belge, et la
tierce cele d'Aquitaine. » Cretin ignore la
mention des « frontières naturelles qui se trouve chez
»Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du Pré,
fol. IIIr) : « Le pays de Gaulle est divisé en troys
parties, l'une est appellee Belgique, l'aultre Celtique,
et l'aultre Acquitainique, tout lequel pays est clos et
environné du Rhyn, des Alpes et monts Pyrenees et de la
mer Britannique. »
Note n°10
Cretin place ici l'explication étymologique que sa
source principale insère au terme de la description de l'Aquitaine.
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) : « Si
est nomée ceste province Aquitaine pour ce que ele est plus
habundanz de fonteines et de flueves que nule des
autres. »
Note n°11
À partir de là et jusqu’à
la fin du chapitre, Cretin énumère les fleuves, massifs (montagneux
et forestiers) et villes de chaque province. Il se conforme, ce
faisant, à une tradition encyclopédique dont l’illustrateur le plus
renommé (et cité au v. 800) est Pline l’Ancien, dont
l’Histoire naturelle consacre les livres 3 à 6
(sur 37) à la description géographique des parties de la Terre
connues des anciens. Ce passage est aussi l’occasion, pour le jeune
roi François, de visiter, au moins par l’imaginaire, son royaume.
Cretin décrit d'abord la Gaule Celtique, puis l'Aquitaine et enfin
la Gaule Belgique, ce qui ne correspond à l'ordre d'aucune de ses
deux sources principales. Les GCF, liv. I, chap. 5
évoquent d'abord la Gaule Celtique, puis la Gaule Belgique, et enfin
l'Aquitaine ; tandis que Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5]-[7] parle
d'abord de la Gaule Belgique avant de décrire la Gaule Celtique et
l'Aquitaine.
Note n°12
Cretin entame sa description en
s'inspirant de deux passages de Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [6]
(Galliot du Pré, fol. IIIv) : « Gaulle Celtique commence à la
riviere de Seyne et s'estend jusques à Loire, mais elle court
depuis la riviere de Marne jusques au Rhosne » ; liv. I,
chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr] : « Les fleuves dont
Gaulle celtique est influee et enrosee sont : Seyne, de laquelle
les Belgeois sont separez des Celtes voisins, des Espaignaulx,
Loyre, Vienne, Yonne, Oobe, le Rhose, Sorde, Durante, sans les
ruysseaulx et petis fleuves, lesquelz courent des Alpes au
Rhosne, ou des montaignes d'Auvergne en la mer descendent à
Narbonne. » Les GCF, liv. I, chap. 5 (vol.
1, p. 23-24) ne mentionnent pas autant de cours d'eau : « La
province donques de Lyons, qui commence au Rôle et fenist à
Gironde [...] Maint fleuve corent par ceste province, des quels
li Rones et li plus granz. »
Note n°13
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 23) :
« [La Gaule Belgique] contient mainte noble cité, desquels
nous avons ci mis les noms, car par les noms des citez sera plus
legierement la descrition entendue. La premiere si est Lyons,
Chalon, Ostun, Sanz, Troies, Auceuerre, Miauz, Paris, Orliens,
Chartres, Rouen, Evreues, Lisieues, Avrences, li Mans, Nantes,
Renes, Vanes, Angiers, Nevers, Tors et Boorges. »
Gaguin-Desrey, vol. 1, chap. [6] (Galliot du Pré, fol. IIIv) :
« Elle [la Gaule Celtique] est aussi esclarvie et decoree
des villes cy aprés escriptes, c'est assavoir de Lutesse dit
Paris, laquelle est la plus excellente et magnifique escolle qui
soit en Chrestienté et le principal siege des roys de France,
Sens, Nemours, Moret, Troyes, Auxerre, Aultun, Digeon, Belne,
Germone, Arge, Mascon, Chalons, Anse, Lyon, Ambrun, Sainct
Saphorin, Vienne, Daulpine, Grasse, Grenoble, Valence,
Montlimart, Diene, le Vivier, Aurase, Sainct Esperit, Avignon,
Villeneufve, Carpentras, Tarascon, Arelate, Marseille, Eauxex,
Apres, Regene, Vapinte ou Vapine, Sistarique, Fouriule, Tollone,
Nice que aucuns afferment appartenir à Italie, car c'est la
porte de Gaulle qui regarde Gennes, Canali, Vason, Tricaste,
Biterve, Lunay, Montpellier et autres qui appartiennent à la
viconté de Nerbonne, exceptez les chasteaulx dont ceste region
est grandement multipliee, Pesignan et vers la riviere de Loyre,
Nevers, Moulins, Clugny, Sainct Gengon, Montargis, Castillon,
Orleans qui au temps passé estoit nommé Genabe, Jenuville ou
Gerenville, Estampes, Chartres, Bonneval, Evreux, Sees, Lisieux,
Argentan, Falaise, Arreflour, port de Seyne, Caen, Bayeux,
Pontorson, Avrenches, Coustances, et des villes de Bretaigne,
lesquelles dedans la riviere de Loire tournent en la mer et par
leur nom ancien sont nommees Armoriques, le Mans, Alenczon,
Mortaigne, Mante, Vernon, Meulan. »
Note n°14
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25) :
« Mainte noble cité contient [l'Aquitaine] ; la premiere
est Clermont, Narbone, Kaors, Tholouse, Gaeste, Rodais, Limoges,
Pierregort, Poitiers, Bordiaus, Saintes et Angolesme. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7] (Galliot du Pré, fol. IVr) :
« Les noms des places plus renommees sont celles ycy.
Bourges, Mauge, Dun le Roy, Clairmont, Usson trés forte tour de
nature et par artifice puissante et deffensable, Monnette qui
est ung chasteau sis sur le sommet d'une montaigne, Beyonde, Le
Puy où est le temple de la glorieuse Vierge Marie, trés
religieux aux Françoys, Sainct Flour, Lymoges, Tutelle, Cahors,
Rochemadour, Rouarge, Vabre, Alby, Mimay, Montauban, Chasteau
Cordon, Carcassonne, Gallache, Tholouze, noble escolle et
exercice de droit canon et civil, Appemer, Ryvene, Sainct Paul,
Lombees, Montlyon, Myrepoix, Foix, Vaurene, Conues, Myrande,
Lestoire, Condone, Ausque, Baignere, Conserane, Tarbe, Olere,
Vasite Lascurre, Montmarsant, Morlois, Hortois, Bayonne, Lebret,
Rigene, Adure, Agate, Utique, Electe, Limoy, Sainct Ponce,
Chasteaudarry, Elne, Lodesve, Tours, Chynon, Vendosme, Bloys,
Chastellerault, Lomelle, Poytiers, Partenay, Malache, La
Rochelle, le Lude, Touars, Luxon, Xaintonge, Engoulesme,
Coignac, Perigort, Pierrebussiere, bergerat, Sarlat, Agenest,
Condon, Lesignan, Le Bourg, Bloye, Villeroy, Liburne,
Bourdeaulx, Sainct Jehan Angelic, TAillebourg, la Guierche,
Nantes, Regnes et tout ce que les Bretons attouchent oultre la
riviere de Loyre, gouferes, Sainct Paul, Lamballe, Sainct
Maclou, Dolle, Dinan, Sainct Briou. »
Note n°15
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24-24) : « La tierce province si est cele
d'Aquitaine selonc la descrition Pline et Jule Cesar ; si
commence au flueve de Gironde [...]. Mainte riche forest
contient et maint grant flueve ; II des plus renomez sont
Gironde et Dordone. Cest flueves qui est nomez Dordone retient
le non de II fontaines dont il sourt, dont l'une est apelée Dor
et l'autre Done. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [7]
(Galliot du Pré, fol. IVr) : « Elle [l'Aquitaine] est enrosee
de fleuves trés renommez, de Loir, du Loir, du Cher, de
Chalente, Dordonne et Geronne, auxquelz sont meslez et
conjoinctz plusieurs petis fleuves navigables de chaalns et
petites nasselles. »
Note n°16
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) : « Mainz
fleuves court par cele province, dont li Rins, Matrone et Muese
sont li plus grant. »
Note n°17
GCF, liv. I, chap. 5
(vol. 1, p. 24) : « Mainte riche forest contient, des quels
Ardane est la plus grande ; si grant est que ele dure plus de D
miles de lonc. »
Note n°18
Ces lieux ne sont pas mentionnés dans
les GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 25).
Note n°19
GCF, liv. I, chap. 5 (vol. 1, p. 24) :
« Après la descrition de la province de Lyons met Jules
Cesar cele de Belge, qui commence aus darreennes parties de
Galles par devers le Rim et dure jusques à la cité de Senliz, et
s'estent tout contremont vers Orient, dont les plus nobles citez
sont ci nomées. La premiere est Coloigne, Tongres, Trevez, Mez,
Toul, Verdun, Rains, Chaalons, Loon, Soissons, Amiens, Noion,
Biauvez, Vermans, Arraz, Tornai, Cambrai et maintes
autres. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [5] (Galliot du
Pré, fol. IIIr-v) : « La premiere partie de Gaule commance aux
rivieres de Marne et de Seyne, et finist au Rhyn vers
Septentrion et partie vers Orient et du costé de Occident est
close de la mer. En ceste Gaulle sont les principalles villes
qui s'ensuyvent : Colloigne, Agrippine, Trajecte, Magonse,
Treve, Confluence, Argentine ou Strasbourg, Basle, Constance,
laquelle au temps passé nommee Vitudare, de present a retenu le
nom de Constance par le pere de Constantin. Les villages des
Helveces que maintenant nous appellons Suisses (assez loing du
mont Jura où grandement est honnoré et reveré le monastere
Sainct Claude) desquelz et de leur exercice les roys françoys
usent maintenant en bataille. Le duché de Juliance et le duché
de Clyeves, auquel sont les nobles et excellentes villes qui
s'ensuyvent : Embrique, Rees, Wesalie, L'Esperon. Le duché de
Gueldres, duquel la ville principalle est Noymage, les autres
sont Arne, Ruremonde et Walaf. Et de Hollande par ung flot de
merest separé. Liege, Hastale, Huye, Dynan, Bovine, Bruxelles,
Nyvelle, Amvers où il y a une trés belle et noble foyre aux
Flagmens, Bergues, Malignes, Louvain, escolle et estude des
lettres, Balduc, Mons en Henaud, Valentiennes, Avenne qui fut
desolee et destruicte par le roy Loys unziesme, Le Chesne au
Conte, Gand, Aldernarde, Bruges que Ptholomee appelle la nef, ou
gouvernail des nefz, Escluse, Courtray, Tendremonde, Ypre,
Tournay, Lysle, Orches, Douay, Sainct Omer, Gravelignes,
Ostende, Neufport, Terouenne, Aere, Perne, Hesdin, Bethune,
Sainct Paul, Dorlen, Cales, Huissant à present rompu, Boulongne,
Moustereul, Arras, Bapaulme, Cambray, Sainct Quentin, Peronne,
Corbie, Amians, Abbeville, Augus, Sainct Riquier, Crotoy, Cray,
Beauvays, Senlis, Compiengne, Mondidier, Roye, Ponthoise, Rouen,
Sainct Denys sepulchre des roys de France, Noyon, Soyssons,
Meaulx, Chasteau Tierry, la cité de Rains où les roys de France
sont commencez et couronnez, Asprenay, Chalons, Sandiger,
Langres, Bar, Ligny, la Marche, Chaulmont, Metz, Nanmure,
Luxembourg, Nancy excellent et notable lieu à cause de la mort
de Charles de Bourgogne, le mont Rollant, Sammueil, Marcheneuf,
Verdun, Tulle, Montbelliard repute noble nom tant pour sa clarté
comme pour les myrouez qui sont renommez estre faictz en ce
lieu, Beaulne, Dole, université et couvent d'esolliers, Salins
en laquelle reluyst une belle fontaine dont on fait du sel blanc
de grant prouffict et revenu se l'esmolument appartenoit
seullement à ung prince, Losane, Gebane, Chambery sans les
fortresses, tours, chasteaulx et aultres petites villes. Il y a
aussi des fleuves de grant renommee, legiers et merveilleusement
propices à toutes navifations : Seyne, Somme, Ysoire, Lyse,
Scalde, Enne, Mose, Moselle, Dube, Arar, aultrement dicte
Sogonne que Boccace faulcement attribue à Germanye. Mais au
regard du Rhyn il est commun aux Belgeois et Alemans dont
plusieurs ysles comme Hollande et Zellande quant il approche de
la mer sont toutes closes et inundees. En ce traict y avoit
plusieurs notables villages et esglises que l'on dit par les
influences et impetuositez de la mer (les rivages rompuz) estre
perilz. Et disent les habitans d'icelle region (certains de
ceste chos) que au fons de la mer sont encores les vestiges et
apparoissances des eglises et aultres excellentes et notables
places, car l'eaue n'est haulte ne trouble en cest endroit
tellement que l'on peult veoir jusques au fons. En l'autre
partie y a plusieurs villages fort peuplez esquelz habitent tous
marchans excersans le faict de marchandise en terre et en mer.
Mais les nobles et excellentes villes de Hollande sont Leyde,
Harle, Austerdame, Dordraque, et celles de Zellande sont
Middelburg, Ziericze, Bryelle et Penysle. Les habitans de l'une
et de l'aultre et principallement ceux de Hollande ont
habondance de poissons, ourdissent et tissent des toilles
delyees et trés blanches lesquelles portees aux estranges pays
sont grandement estimees. Davantage ceste region est la region
des oyes, oysons et oyseaulx de mer, la plus grant part desquelz
portent les habitans à leurs voisins et aultres qui habitent
loing d'eulx pour avoir argent. »
Note n°20
La variante orthographique du manuscrit BnF
fr. 23145, qui donne ici "ignocent", rattache le terme au latin
ignoscere, "excuser" et non à
innocens, "qui ne fait pas de
mal". Par ce changement, le copiste semble vouloir excuser la fin
brutale de l'énumération, au lieu de l'assumer pleinement.
Note n°21
La fin de la longue
description des provinces de Gaule est pour le moins abrupte et
Henri Guy, dans son édition partielle de la Chronique
française, la donne pour exemple de la désinvolture de
Cretin quant au savoir historiographique. C’est ignorer, d’une part,
l’ironie complice de cette phrase prononcée au moment de clore la
lecture : l’absence de conclusion à la liste est, en soi, une
conclusion ; elle est même ici une façon de souligner la richesse du
royaume dont la description pourrait s’étendre ad nauseam. C’est
aussi négliger un discret aveu que semble ici faire Cretin : à
partir de maintenant, son travail ne consistera pas tant à réunir le
savoir historiographique (par la confrontation des sources) qu’à le
mettre en vers. Il est dès lors significatif que dès le chapitre
suivant, il se fasse une règle de respecter l’alternance des rimes
féminines et masculines (et ce jusqu’à ses derniers vers du livre
V), devenant ainsi le premier à se conformer à cet usage d’une
manière aussi massive et rigoureuse (le précédent Saint-Gelais ne
l’était pas tant). Sur ce point, voir Léon Emile Kastner, «
L’alternance des rimes depuis Octavien de Saint-Gelais jusqu’à
Ronsard », Revue des langues romanes, vol. 47, 1904,
p. 336-347 et Georges Lote, Histoire du vers
français, Aix-en-Provence, Presses universitaires de
Provence, 1990 [1949 1951], en particulier t. II, 1ère partie, Le Moyen Âge, chap. iv, « Rimes masculines et féminines », p.
111-124, ref, et t.V, 2e partie, Le
XVIe et le XVIIe siècles, chap. iv, « L’alternance des rimes », p. 267-287, ref.
Non num.
Cha514 Chapitre sixiesme
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
BnFfr17274 d'habondante
BnFfr4967 Et tant voulut ses gestes honnorer,
Cha514 De
BnFfr4967 Des bonnes meurs du sien progeniteur
Cha514 bridez
BnFfr4967 feussent
BnFfr23145, BnFfr5299 de
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 de
Aix419 voullans
BnFfr23145, Cha514 folz
BnFfr17274 scet sçayt
BnFfr4967 retournans
Vat966 hishargne
BnFfr17274 une
BnFfr17274 Deslpoyee
Vat966 de
BnFfr17274 est france
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 icelles
Aix419 om.
BnFfr23145 parelz
BnFfr4967 om.
BnFfr4967 ci
BnFfr4967 et
BnFfr17274 À
Cha514 Coustances
BnFfr4967 à
Aix419 Alebret
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, BnFfr17274, Cha514 Fors seullement
Aix419 Des
BnFfr17274 fleuve
Aix419 bien
Cha514 Moiselle
BnFfr4967 Tole
BnFfr4967 Saulins
BnFfr23145 ignocent