Livre I - Chapitre 5
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§Sans prolonger trop ennuyeux ſermon / [600]Sera narre de lanticque cite Dicte Luteſſe /. Et auſſi recite Du premier roy de france Pharamon.
§ Chapitre. ve.
Fo XV
Luteſſe / par les francoys ediffiee. A Traict de temps / les Frācoys iouyſſans De ceſte terre et cite /. congnoiſſans [605]Eſtre beaucoup multipliez /. Et q̄ vmbꝛe Dun ſi gꝛād peuple / a lautre fait encōbꝛe Meurent pꝛopos / et conclurent dentendꝛe Eulx eſlargir / et leurs deſtroictz extendꝛe En diuers lieux et climatz ſeſcarterent [610]Dont les aucuns Allemaigne habiterent Trente et troys mil / tous dune compaignie Et bon accoꝛd / laiſſerent Germanie Et trauerſans gꝛand pays / arriuerent Iuſques en Gaulle /. ou vng fluue trouuerent [615]Au quel pꝛenans leur delectation Eſleurent place et habitation Quant le pays eurent conſidere La gꝛand doulceur de laer ſi modere Vignobles / bledz / boys / pꝛez / terres fertilles [620]Montz fructueux / valees tres vtilles Arbꝛes / fruictiers / doulces amenitez Fruictz delicatz / franches humanitez Mareſcz / vergiers / veines vifues / carrieres Fontaines / puiz / et commodes plaſtrieres [625] Loꝛs enuiron ce beau fluue de Seine Pꝛindꝛent aduis et oppinion ſaine Ville baſtir / quilz nommerent Luteſſe
De Marcomyre gouuerneur des francoys.Fo XVI Dicte a Luto. Auſſi celle part eſſe Fange en tout temps / ſi petit quil y pleuue [630]La firent ilz pꝛes les riues du fleuue Leur baſtiement de ville / et au millieu Dedans vne iſle aſſiſe en foꝛt beau lieu Fut la cite erigee et conſtruicte Par main / en lart darchitecture inſtruicte [635]Oꝛ pour pugnir entreulx les foꝛfaictures Des delinquans / ſelon iuſtes dꝛoictures Pource quencoꝛ homme de leur arroy Nauoit acquis leſtat et nom de roy Pꝛenans exemple a loꝛdꝛe des rommains [640]Quoy que ia pꝛes feuſſent hoꝛs de leurs mains Par chaſcun an deux conſulz eſliſoyent Qui a regir ceſtuy peuple aduiſoyent §Celluy ſur eulx ayant pꝛemierement La ſeigneurie et plain gouuernement [645]Fut Marcomyꝛe / homme puiſſant et riche Filz de Pꝛiam roy regnant en Auſtriche Yſſu du tronc et nobleſſe de troye Pluſieurs raiſons icy endꝛoit mectroye Pour quoy il fut leur gouuerneur eſleu [650]Mais en cueillant le bon de ce quay leu Fuyant lennuy de langaige pꝛolixe La cauſe fut. par ce quil miſt police.
De Pharamon premier roy de france filz de Marcomire. A foſſez faire et murs ediffier Pour fermer / cloꝛre / et bien foꝛtiffier [655]Contre ennemys / tous chaſteaux et citez Et quil rendit ſes gentz excercitez Armes poꝛter / et pꝛis dhonneur acquerre En demenant le meſtier de la guerre Vng filz auoit le deſſuſdit ſeigneur [660]Plein de vertus / de pꝛoueſſe et dhonneur Bon cheuallier / bien a cheual adextre Rude coureur ſelon poſſible deſtre Pꝛompt aux aſſaultz / couraigeux a combatre Durcy aux coups / et mal aiſe a batre [665]Ceſt ceſtuy la / que Pharamon ie nomme §Oꝛ les francoys voyans celluy ieune homme Foꝛt acomply pour peuples gouuerner Lont extime digne de long regner Si ont/ conclud en leurs affections [670]Dauoir vng roy comme autres nations Et en faueur des vertus agꝛeables Honneurs / bontez / et pꝛoueſſes louables Du pere ſien / et de luy / ſans deſroy Diceulx francoys fut eſleu pꝛemier roy [675]Et ce notez / que au temps de gꝛace aduint Dacte courant / Quatre centz ans et vingt Pour augmenter les francoys en renom
Luteſſe. par Pharamon nommee Paris.Fo XVII Et acquerir leur gꝛace / Pharamon Changea le nom de luteſſe fangeuſe [680]Lextimant eſtre ainſi dicte faſcheuſe Et non pourtant / bien dire cella ioſe Ce nom aſſez coꝛreſpondꝛe a la choſe Mais de Paris filz du bon roy Pꝛiam La denomma / pour le hault nom troyan [685]Faire floꝛir en longue renommee Oꝛ fut Luteſſe adonc Paris nommee Car quelque part que feuſſent demourans Troyans francoys / eurent cueurs deſirans Veoir exaulcer leurs pꝛimerains anceſtres [690]Et le nom deulx perpetuer en ſceptres De loz eterne et gloyꝛe perdurable §Ce Pharamon pꝛudent et honnoꝛable Tant quil veſquit entretint le royaulme Honneſtete gardant / que bon roy ayme [695]Vnze ans non plus / comme on treuue regna Et en repos ſon peuple gouuerna Il fut dhonneur / et bonnes meurs tuteur Et de la loy ſalicque inſtitueur De ceſte loy oppinerent aucuns [700]Differamment /. Et ont tenu les vngs Queſt a ce nom directement affecte Pour la raiſon du lieu pꝛopꝛe ou fut faicte
Du nom de la loy Salicque. Autres ont dit ſa deriuation Venir dailleurs / Et leur ſaluation [705]Fondent /. diſans /. Quainſi comme le ſel Garde et pꝛeſerue au monde vniuerſel Toute viande /. Auſſi eſt nourriture La loy ſalicque / appareil confiture Et dꝛoicte ſaulſe / a nourrir maintenir [710]Duyꝛe regir / gouuerner et tenir Iceulx francoys en vertueuſes meurs Diuertiſſant toutes males humeurs Par les humeurs indigeſtes / ſentendent Faictz inconſtans /. dont maintz vices deppendent
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§Sans prolonger trop ennuyeux sermon, [600]Sera narré de l'anticque cité Dicte Lutesse, et aussi recité Du premier roy de France, PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
.
§ Chapitre ve+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre cinquiesme. [Cha514]
Lutesse par les Françoys ediffiee À traict de+du [BnFfr17274] temps, les+que [BnFfr23145] Françoys jouyssans De ceste terre et cité, congnoissans [605]Estre beaucoup multipliez, et que umbre D'un si grand peuple à l'autre fait encombre, Meurent propos et conclurent d'entendre Eulx eslargir et leurs destroictz extendre. En divers lieux et climatz s'escarterent, [610]Dont les aucuns Allemaigne habiterent, Trente et+om. [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514] troys mil , tous+toutz [Aix419] d'une compaignie Et bon+ bonne [BnFfr17274] accord, laisserent Germanie. Et, traversans grand+grandz [BnFfr17274] paÿs, arriverent Jusques en Gaulle, où ung fluve trouverent [615]Auquel, prenans leur delectatïon, Esleurent place et habitatïon1. Quant le paÿs eurent consideré, La grand doulceur de l'aer si+se [BnFfr4967] moderé, Vignobles, bledz, boys, prez, terres fertilles, [620]Montz fructueux, valees trés utilles, Arbres fruictiers, doulces amenitez+suavitez [Vat966], Fruictz delicatz, franches humanitez+amenitez [Vat966], Marescz, vergiers, veines vifves, carrieres, Fontaines, puiz et commodes plastrieres, [625]Lors, environ+À l'environ [Aix419] ce beau fluve de Seine, Prindrent advis et oppinïon saine Ville+Villes [BnFfr4967] bastir, qu'ilz+qui [BnFfr17274] nommerent Lutesse,
De MarcomyreMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
gouverneur des Françoys Dicte a luto. Aussi celle part esse+est ce [BnFfr23145] Fange en tout+tous [BnFfr23145] temps, si petit qu'il y pleuve2. [630]Là firent ilz, prés les rives du fleuve, Leur bastiement de ville. Et au millieu, Dedans une isle assise en fort beau lieu, Fut la cité erigee et construicte3 Par main, en l'art d'architecture instruicte4. [635]Or, pour pugnir entr'eulx les forfaictures Des+Les [Aix419] delinquans, selon justes droictures, Pource qu'encor homme de leur arroy N'avoit acquis l'estat et nom de roy, Prenans exemple à l'ordre des Rommains, [640]Quoy que ja prés feussent+ja aprés furent [BnFfr4967]en aprés feussent [Vat966] hors de leurs mains, Par chascun an, deux consulz eslisoyent Qui à regir cestuy peuple advisoyent. §Celluy, sur eulx, ayant premierement La seigneurie et plain gouvernement [645]Fut MarcomyreMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
homme puissant et riche, Filz de PriamPriam d'Autriche ( — ) Roi légendaire d'Autriche, père de Marcomir, roy regnant en Austriche, Yssu du tronc et noblesse de Troye5. Plusieurs raisons, icy endroit, mectroye Pourquoy il fut leur gouverneur esleu, [650]Mais en cueillant le bon de ce qu'ay leu, Fuyant l'ennuy de langaige prolixe, La cause fut par ce qu'il mist police
De PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
premier roy de France, filz de MarcomireMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
À fossez faire et murs ediffïer Pour fermer, clorre et bien fortiffïer, [655]Contre ennemys, tous+tours [BnFfr17274, Aix419] chasteaux et citez, Et qu'il rendit ses gentz excercitez, Armes porter et pris d'honneur acquerre En demenant le mestier de la guerre6. Ung filz avoit le dessusdit seigneur, [660]Plein de vertus, de prouësse et d'honneur, Bon chevallier, bien à cheval adextre, Rude coureur, selon possible d'estre, Prompt aux assaultz, couraigeux à combatre, Durcy+Fort dur [BnFfr17274] aux coups et mal aisé à batre, [665]C'est cestuy là que PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
je nomme. §Or les Françoys, voyans celluy+ cestuy [BnFfr17274] jeune homme Fort acomply pour peuples+peuple [BnFfr17274] gouverner, L'ont extimé digne de long regner. Si ont conclud, en leurs affectïons, [670]D'avoir ung roy comme autres natïons. Et en faveur des vertus agreables, Honneurs, bontez et prouësses louables, Du pere sien et de luy, sans desroy, D'iceulx Françoys fut esleu premier roy7. [675]Et ce, notez que au temps de grace advint D'acte+Datte [BnFfr17274, Aix419]Date [BnFfr23145] courant, quatre centz ans et vingt8. Pour augmenter les Françoys en renom
Lutesse par PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
nommee Paris Et acquerir leur grace, PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
Changea le nom de Lutesse fangeuse, [680]L'extimant estre ainsi dicte fascheuse, Et non pourtant, bien dire cella j'ose, Ce nom assez correspondre à la chose, Mais de ParisPâris Personnage de la mythologique grecque, prince de Troie, fils du roi Priam, filz du bon roy PriamPriam Personnage de la mythologie grecque, dernier roi de Troie, fils et successeur de Laomédon, La denomma, pour le hault nom troyan [685]Faire florir en longue renommee. Or fut Lutesse adonc Paris nommee Car, quelque part que feussent demourans Troyans, Françoys eurent cueurs desirans Veoir exaulcer leurs primerains ancestres [690]Et le nom d'eulx perpetuer en sceptres De loz eterne et gloyre perdurable9. §Ce PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
, prudent et honnorable, Tant qu'il vesquit entretint le royaulme. Honnesteté gardant, que bon roy ayme+ame [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514]10, [695]Unze ans non plus, comme on treuve, regna Et en repos son peuple gouverna11. Il fut d'honneur et bonnes meurs tuteur Et de la loy salicque institueur. De ceste loy, oppinerent aucuns [700]Differamment, et ont tenu les ungs Qu'est, à ce nom, directement affecte Pour la raison du lieu propre où fut faicte ;
Du nom de la loy salicque Autres ont dit+on dict [BnFfr17274] sa+sans [BnFfr17274] derivatïon Venir d'ailleurs, et leur+leurs [BnFfr17274] salvatïon [705]Fondent, disans qu'ainsi comme le sel Garde et preserve au monde universel Toute vïande, +
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) :
« Toute cele gent ne demeura pas en celui païs, ainz s'en
departi une compagnie, XXIII M furent par nombre ; entre iaus
firent I duc por iaus governer qui out non Ybors. Il guerpirent
Alemaigne et Germenie pour querre novele habitation ; en Galle
arriverent ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du
Pré, fol. IIr-v) : « Les françoys joissans de ceste ville et
desirans eslargir leurs limites à cause qu'ilz estoient trop
pressez en leurs manoirs, delibera une partie d'iceulx de soy
transporter en aultre lieu. Se assemblerent bien en nombre troys
mille hommes, lesquelz soubz la banniere et conducte de Yvre,
leur cappittaine (la Germanie delaissee) descendirent en Gaulle,
traversans et courans par tout jusques à la riviere de
Seyne ».
Note n°2
Difficile d’imaginer
que Cretin ne fait pas preuve d’une certaine ironie quant à l’«
oppinïon saine » des Français (v. 626) et aux attentes étymologiques
de tout lecteur d’histoire, lorsqu’il indique que Lutèce tire son
nom de la « fange », alors même qu’il en a fait une description
digne d’un locus amœnus dans les douze vers
qui précèdent (le terme « aménitez » est même employé au v.
621).
Note n°3
Significativement, Cretin reprend pour Paris une construction
syntaxique que l'on trouve déjà pour Troie au vers 68 (« Fut la
grand Troye adnulle et destruicte. »), ce qui crée un parallèle et
une opposition forte entre les deux villes.
Note n°4
Cretin amplifie l'éloge de la Gaule et de Paris qu'il
trouve dans ses deux sources principales, mais escamote le repère
chronologique et les polémiques que la fixation de celui-ci génère.
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) : « li
païs et la terre leur plut moult, et moult leur sembla delitable
à demorer. Seur le flun de Saine habiterent et fonderent une
cité qui il nommerent Leuthece, qui or est apelée Paris, DCCC et
IIIIxx et XV anz devant
l'Incarnation Nostre Seigneur. Là habiterent, puis que leur
anceseur se furent parti de Sicambre, M CC et LXX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« auquel lieu [sur la Seine] delectez en la doulceur et
amenité des champs et du fleuve y ont fait leur habitation et
demeure. En ce lieu cy j'ay honte de l'ignorance du croniqueur,
lequel a dedyé l'ystoire imprimee au roy Charles huytiesme, car
non saichant assez le temps et les choses, escript que les
Françoys habitans sur la riviere de Seyne ediffierent Lutesse
(qui est la ville de Paris) troys cens nonante et cinq ans avant
la nativité de Jhesu Christ, en laquelle ilz habiterent depuis
qu'ilz eurent delaissé Sycambrie l'an mil deux cens soixante et
dix. En quoy (à cil qui le nombre du temps sçait et congnoist)
appert clairement qu'il a doublement erre. Car se les Françoys
par Valentinian expulsez de Sycambrie ont ediffié Lutesse (ce
qui a peu estre fait) parce que à rebelle Cesar par luy fut
reduicte en son obeissance, que l'on tient pour certani avoir
precedé Valentinian de quattre cens et environ dix ans, comment
donques est-il vray que Lutesse à present dit Paris ayt peu
estre ediffiee par les Françoys troys cens nonante et quinze ans
avant l'advenement de Nostre Seigneur Jhesu Christ ? Lesquelz
non expulsez ne chassez encores de Sycambrie n'avoient oncques
songé le pays de Gaulle, et qui aprés qu'ilz eurent perdu leur
siege longuement vagabons par la Germanie, finablement longtemps
aprés se sont assis sur la ryve du Rhyn, mais voye le
chroniqueur combien loing de la verité il a honteusement
escript, car au regard de moy je n'ay point trouvé la vraye
source et generation des Françoys. »
Note n°5
Le fait qu'il s'appelle
Priam, même si ce n'est pas souligné, rend plus crédible cette
ascendance troyenne.
Note n°6
Cretin fait semblant (v. 648-651) qu'il dispose de
documents très riches sur Marcomire dont il ne peut donner qu'un
résumé, alors qu'il se contente de réécrire ce que disent de lui ses
deux sources principales. GCF, liv. I, chap. 4 (vol.
1, p. 18) : « En celui tens vivoient simplement ; poi savoient
de l'us d'armes. Au tens de lors n'avoit n'avoit ainques eu roi
en France ; chascuns fesoit ce que bon li sembloit ; mais
toutevoies estoient il souget aus Romains et fesoient chascun an
noviaus conseleeurs de leur gent meimes pour le pople governer
ausi come cil de Rome. En ce tens entra marchomires en France.
Cil Marchomires avoit esté fiuz au roi Priant d'Osteriche, qui
estoit descenduz de la lignie le grant roi Priant de Troie. Cil
le reçurent moult honorablement, li et toute sa gent, et pour ce
que il leur enseigna l'us d'armes, et que il fist clorre les
citez et les chasteaus de murales pour les asauz des larrons,
l'establirent il governeor et defendeor dou païs, et pour ce
meismement que il estoit descenduz de la lignie de Troie ausi
com il estoient ; si furent tout I poples et une gent. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Au temps qu'ilz faisoient leur habitation sur la riviere
de Seyne, nul entre les Françoys avoit encores prins le nom de
roy. Et le premier de tous qui ait eu domination et seigneurie
sur eulx a esté Marcmyre [sic] que les Françoys gardoient en
grant honneur et veneration pour tant que par longue et ancienne
lignee estoit yssi et extraict de Priam, roy de Troye. Cestuy
n'a riens fait de noblesse et excellance sinon fortiffier les
villes de fossez bons et murailles. »
Note n°7
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p.
19-20) : « Cil Marchomires avoit I fil qui avoit non Pharamonz
; nobles chevaliers estoit et preuz aus armes. Li François, qui
vourent avoir roi ausi comme les autres nations, prisrent celi
Pharamont par le conseil Marchomire son pere ; seigneur et roi
le firent seur iaus et li laissierent le païs à governer. Cil
Pharamonz fu li premeirs rois de France, car à ce tens n'i avoit
ainques eu roi, ains estoit li païs sous l'emperere de
Rome. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « Mais il [Marcomir] avoit ung filz nommé
Pharamond, noble en excellance de corps et de couraige, lequel
par le conseil de son pere ilz constituerent leur roy avec
puisssance à luy permise de regir et gouvernez
[sic] ».
Note n°8
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « en l'an de nostre salut IIII C vingt. » Les
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) ne donnent
pas de date.
Note n°9
Cretin transforme sa source et attribue à Pharamond
ce qu'elle impute à Marcomir. GCF, liv. I, chap. 4
(vol. 1, p. 20) : « Pour ce que Marchomires voloit acquerre lor
grace et leur amor, mua le non de la cité, qui devant estoit
apelée Leuthece, qui vaut autant comme vile pleine de boue, et
li mist non Paris, pour Paris l'ainzné fil au grant roi Priant
de Troie, de cui lignie il estoit descendu. Car tuit cil qui de
cele generation estoient, en quelque terre que il fussent,
desirroient moult que leur noms et leur renommée fust espandue
et monteplié par tout le monde. » Gaguin-Desrey, liv. I,
chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) ne fait pas référence ici au
changement de nom de Lutèce.
Note n°10
La rime entre ces deux termes pourrait
surprendre, mais les deux mots se terminent bien par le son [amə].
Voir également : I, v. 4919 et II, v. 2513-2514.
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) :
« Cil rois Pharamonz governa noblement le roiaume tant com
il vesqui ; morz fu quant il out regné XX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Sa puissance de regir vertueusement administree, le
unziesme an de son regne fut de mort
assoupi. »
Note n°12
Cretin réécrit de très
près Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv),
reprenant à son compte les images et les choix lexicaux de sa
sources : « Lequel Pharamond on dit estre aucteur et
instituteur de la loy salique, car quant les Françoys furent
arrivez jusques au Rhyn où ilz vivoient en meurs cruelles et
estranges, il esleut et choysit quattre saiges princes des
Sycambriens qui bailleroient loy au peuple, c'est assavoir
Usugaste, Losogaste, Sologaste et Visogaste, lesquelz ayans
l'auctorité des aultres princes des seigneurs du pays et de tout
le peuple ont escript la loy que Pharamond a promulguee, ayant
bruyt jusques à nostre temps. Aucuns afferment qu'elle est
nommee selon le nom du lieu auquel elle a esté faicte. Les
aultres disent que sa derivation est descendue du sel, car
sicomme l'apareil et le gardien des viandes c'est le sel, aussi
la loy saliques est la conficture, la saulce et l'apareil des
meurs des Françoys pour les instruire et enseigner à mieux
vivre ». Les GCF n'évoquent pas l'origine
de la loi salique.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre cinquiesme.
BnFfr17274 du
BnFfr23145 que
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514 om.
Aix419 toutz
BnFfr17274
bonne
BnFfr17274 grandz
BnFfr4967 se
Vat966 suavitez
Vat966 amenitez
Aix419 À l'environ
BnFfr4967 Villes
BnFfr17274 qui
BnFfr23145 est ce
BnFfr23145 tous
Aix419 Les
BnFfr17274, Aix419 tours
BnFfr17274 Fort dur
BnFfr17274
cestuy
BnFfr17274 peuple
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514 ame
BnFfr17274 on dict
BnFfr17274 sans
BnFfr17274 leurs
BnFfr17274 et







§Sans prolonger trop ennuyeux ſermon / [600]Sera narre de lanticque cite Dicte Luteſſe /. Et auſſi recite Du premier roy de france Pharamon.
§ Chapitre. ve.
Fo XV
Luteſſe / par les francoys ediffiee. A Traict de temps / les Frācoys iouyſſans De ceſte terre et cite /. congnoiſſans [605]Eſtre beaucoup multipliez /. Et q̄ vmbꝛe Dun ſi gꝛād peuple / a lautre fait encōbꝛe Meurent pꝛopos / et conclurent dentendꝛe Eulx eſlargir / et leurs deſtroictz extendꝛe En diuers lieux et climatz ſeſcarterent [610]Dont les aucuns Allemaigne habiterent Trente et troys mil / tous dune compaignie Et bon accoꝛd / laiſſerent Germanie Et trauerſans gꝛand pays / arriuerent Iuſques en Gaulle /. ou vng fluue trouuerent [615]Au quel pꝛenans leur delectation Eſleurent place et habitation Quant le pays eurent conſidere La gꝛand doulceur de laer ſi modere Vignobles / bledz / boys / pꝛez / terres fertilles [620]Montz fructueux / valees tres vtilles Arbꝛes / fruictiers / doulces amenitez Fruictz delicatz / franches humanitez Mareſcz / vergiers / veines vifues / carrieres Fontaines / puiz / et commodes plaſtrieres [625] Loꝛs enuiron ce beau fluue de Seine Pꝛindꝛent aduis et oppinion ſaine Ville baſtir / quilz nommerent Luteſſe
De Marcomyre gouuerneur des francoys.Fo XVI Dicte a Luto. Auſſi celle part eſſe Fange en tout temps / ſi petit quil y pleuue [630]La firent ilz pꝛes les riues du fleuue Leur baſtiement de ville / et au millieu Dedans vne iſle aſſiſe en foꝛt beau lieu Fut la cite erigee et conſtruicte Par main / en lart darchitecture inſtruicte [635]Oꝛ pour pugnir entreulx les foꝛfaictures Des delinquans / ſelon iuſtes dꝛoictures Pource quencoꝛ homme de leur arroy Nauoit acquis leſtat et nom de roy Pꝛenans exemple a loꝛdꝛe des rommains [640]Quoy que ia pꝛes feuſſent hoꝛs de leurs mains Par chaſcun an deux conſulz eſliſoyent Qui a regir ceſtuy peuple aduiſoyent §Celluy ſur eulx ayant pꝛemierement La ſeigneurie et plain gouuernement [645]Fut Marcomyꝛe / homme puiſſant et riche Filz de Pꝛiam roy regnant en Auſtriche Yſſu du tronc et nobleſſe de troye Pluſieurs raiſons icy endꝛoit mectroye Pour quoy il fut leur gouuerneur eſleu [650]Mais en cueillant le bon de ce quay leu Fuyant lennuy de langaige pꝛolixe La cauſe fut. par ce quil miſt police.
De Pharamon premier roy de france filz de Marcomire. A foſſez faire et murs ediffier Pour fermer / cloꝛre / et bien foꝛtiffier [655]Contre ennemys / tous chaſteaux et citez Et quil rendit ſes gentz excercitez Armes poꝛter / et pꝛis dhonneur acquerre En demenant le meſtier de la guerre Vng filz auoit le deſſuſdit ſeigneur [660]Plein de vertus / de pꝛoueſſe et dhonneur Bon cheuallier / bien a cheual adextre Rude coureur ſelon poſſible deſtre Pꝛompt aux aſſaultz / couraigeux a combatre Durcy aux coups / et mal aiſe a batre [665]Ceſt ceſtuy la / que Pharamon ie nomme §Oꝛ les francoys voyans celluy ieune homme Foꝛt acomply pour peuples gouuerner Lont extime digne de long regner Si ont/ conclud en leurs affections [670]Dauoir vng roy comme autres nations Et en faueur des vertus agꝛeables Honneurs / bontez / et pꝛoueſſes louables Du pere ſien / et de luy / ſans deſroy Diceulx francoys fut eſleu pꝛemier roy [675]Et ce notez / que au temps de gꝛace aduint Dacte courant / Quatre centz ans et vingt Pour augmenter les francoys en renom
Luteſſe. par Pharamon nommee Paris.Fo XVII Et acquerir leur gꝛace / Pharamon Changea le nom de luteſſe fangeuſe [680]Lextimant eſtre ainſi dicte faſcheuſe Et non pourtant / bien dire cella ioſe Ce nom aſſez coꝛreſpondꝛe a la choſe Mais de Paris filz du bon roy Pꝛiam La denomma / pour le hault nom troyan [685]Faire floꝛir en longue renommee Oꝛ fut Luteſſe adonc Paris nommee Car quelque part que feuſſent demourans Troyans francoys / eurent cueurs deſirans Veoir exaulcer leurs pꝛimerains anceſtres [690]Et le nom deulx perpetuer en ſceptres De loz eterne et gloyꝛe perdurable §Ce Pharamon pꝛudent et honnoꝛable Tant quil veſquit entretint le royaulme Honneſtete gardant / que bon roy ayme [695]Vnze ans non plus / comme on treuue regna Et en repos ſon peuple gouuerna Il fut dhonneur / et bonnes meurs tuteur Et de la loy ſalicque inſtitueur De ceſte loy oppinerent aucuns [700]Differamment /. Et ont tenu les vngs Queſt a ce nom directement affecte Pour la raiſon du lieu pꝛopꝛe ou fut faicte
Du nom de la loy Salicque. Autres ont dit ſa deriuation Venir dailleurs / Et leur ſaluation [705]Fondent /. diſans /. Quainſi comme le ſel Garde et pꝛeſerue au monde vniuerſel Toute viande /. Auſſi eſt nourriture La loy ſalicque / appareil confiture Et dꝛoicte ſaulſe / a nourrir maintenir [710]Duyꝛe regir / gouuerner et tenir Iceulx francoys en vertueuſes meurs Diuertiſſant toutes males humeurs Par les humeurs indigeſtes / ſentendent Faictz inconſtans /. dont maintz vices deppendent
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§Sans prolonger trop ennuyeux sermon, [600]Sera narré de l'anticque cité Dicte Lutesse, et aussi recité Du premier roy de France, PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
.
§ Chapitre ve+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre cinquiesme. [Cha514]
Lutesse par les Françoys ediffiee À traict de+du [BnFfr17274] temps, les+que [BnFfr23145] Françoys jouyssans De ceste terre et cité, congnoissans [605]Estre beaucoup multipliez, et que umbre D'un si grand peuple à l'autre fait encombre, Meurent propos et conclurent d'entendre Eulx eslargir et leurs destroictz extendre. En divers lieux et climatz s'escarterent, [610]Dont les aucuns Allemaigne habiterent, Trente et+om. [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514] troys mil , tous+toutz [Aix419] d'une compaignie Et bon+ bonne [BnFfr17274] accord, laisserent Germanie. Et, traversans grand+grandz [BnFfr17274] paÿs, arriverent Jusques en Gaulle, où ung fluve trouverent [615]Auquel, prenans leur delectatïon, Esleurent place et habitatïon1. Quant le paÿs eurent consideré, La grand doulceur de l'aer si+se [BnFfr4967] moderé, Vignobles, bledz, boys, prez, terres fertilles, [620]Montz fructueux, valees trés utilles, Arbres fruictiers, doulces amenitez+suavitez [Vat966], Fruictz delicatz, franches humanitez+amenitez [Vat966], Marescz, vergiers, veines vifves, carrieres, Fontaines, puiz et commodes plastrieres, [625]Lors, environ+À l'environ [Aix419] ce beau fluve de Seine, Prindrent advis et oppinïon saine Ville+Villes [BnFfr4967] bastir, qu'ilz+qui [BnFfr17274] nommerent Lutesse,
De MarcomyreMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
gouverneur des Françoys Dicte a luto. Aussi celle part esse+est ce [BnFfr23145] Fange en tout+tous [BnFfr23145] temps, si petit qu'il y pleuve2. [630]Là firent ilz, prés les rives du fleuve, Leur bastiement de ville. Et au millieu, Dedans une isle assise en fort beau lieu, Fut la cité erigee et construicte3 Par main, en l'art d'architecture instruicte4. [635]Or, pour pugnir entr'eulx les forfaictures Des+Les [Aix419] delinquans, selon justes droictures, Pource qu'encor homme de leur arroy N'avoit acquis l'estat et nom de roy, Prenans exemple à l'ordre des Rommains, [640]Quoy que ja prés feussent+ja aprés furent [BnFfr4967]en aprés feussent [Vat966] hors de leurs mains, Par chascun an, deux consulz eslisoyent Qui à regir cestuy peuple advisoyent. §Celluy, sur eulx, ayant premierement La seigneurie et plain gouvernement [645]Fut MarcomyreMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
homme puissant et riche, Filz de PriamPriam d'Autriche ( — ) Roi légendaire d'Autriche, père de Marcomir, roy regnant en Austriche, Yssu du tronc et noblesse de Troye5. Plusieurs raisons, icy endroit, mectroye Pourquoy il fut leur gouverneur esleu, [650]Mais en cueillant le bon de ce qu'ay leu, Fuyant l'ennuy de langaige prolixe, La cause fut par ce qu'il mist police
De PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
premier roy de France, filz de MarcomireMarcomir (IVe siècle — circa 400) Roi des Francs (380-400)
À fossez faire et murs ediffïer Pour fermer, clorre et bien fortiffïer, [655]Contre ennemys, tous+tours [BnFfr17274, Aix419] chasteaux et citez, Et qu'il rendit ses gentz excercitez, Armes porter et pris d'honneur acquerre En demenant le mestier de la guerre6. Ung filz avoit le dessusdit seigneur, [660]Plein de vertus, de prouësse et d'honneur, Bon chevallier, bien à cheval adextre, Rude coureur, selon possible d'estre, Prompt aux assaultz, couraigeux à combatre, Durcy+Fort dur [BnFfr17274] aux coups et mal aisé à batre, [665]C'est cestuy là que PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
je nomme. §Or les Françoys, voyans celluy+ cestuy [BnFfr17274] jeune homme Fort acomply pour peuples+peuple [BnFfr17274] gouverner, L'ont extimé digne de long regner. Si ont conclud, en leurs affectïons, [670]D'avoir ung roy comme autres natïons. Et en faveur des vertus agreables, Honneurs, bontez et prouësses louables, Du pere sien et de luy, sans desroy, D'iceulx Françoys fut esleu premier roy7. [675]Et ce, notez que au temps de grace advint D'acte+Datte [BnFfr17274, Aix419]Date [BnFfr23145] courant, quatre centz ans et vingt8. Pour augmenter les Françoys en renom
Lutesse par PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
nommee Paris Et acquerir leur grace, PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
Changea le nom de Lutesse fangeuse, [680]L'extimant estre ainsi dicte fascheuse, Et non pourtant, bien dire cella j'ose, Ce nom assez correspondre à la chose, Mais de ParisPâris Personnage de la mythologique grecque, prince de Troie, fils du roi Priam, filz du bon roy PriamPriam Personnage de la mythologie grecque, dernier roi de Troie, fils et successeur de Laomédon, La denomma, pour le hault nom troyan [685]Faire florir en longue renommee. Or fut Lutesse adonc Paris nommee Car, quelque part que feussent demourans Troyans, Françoys eurent cueurs desirans Veoir exaulcer leurs primerains ancestres [690]Et le nom d'eulx perpetuer en sceptres De loz eterne et gloyre perdurable9. §Ce PharamonPharamond (365 — 430) Roi des Francs (?-430)
, prudent et honnorable, Tant qu'il vesquit entretint le royaulme. Honnesteté gardant, que bon roy ayme+ame [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514]10, [695]Unze ans non plus, comme on treuve, regna Et en repos son peuple gouverna11. Il fut d'honneur et bonnes meurs tuteur Et de la loy salicque institueur. De ceste loy, oppinerent aucuns [700]Differamment, et ont tenu les ungs Qu'est, à ce nom, directement affecte Pour la raison du lieu propre où fut faicte ;
Du nom de la loy salicque Autres ont dit+on dict [BnFfr17274] sa+sans [BnFfr17274] derivatïon Venir d'ailleurs, et leur+leurs [BnFfr17274] salvatïon [705]Fondent, disans qu'ainsi comme le sel Garde et preserve au monde universel Toute vïande, +
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) :
« Toute cele gent ne demeura pas en celui païs, ainz s'en
departi une compagnie, XXIII M furent par nombre ; entre iaus
firent I duc por iaus governer qui out non Ybors. Il guerpirent
Alemaigne et Germenie pour querre novele habitation ; en Galle
arriverent ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du
Pré, fol. IIr-v) : « Les françoys joissans de ceste ville et
desirans eslargir leurs limites à cause qu'ilz estoient trop
pressez en leurs manoirs, delibera une partie d'iceulx de soy
transporter en aultre lieu. Se assemblerent bien en nombre troys
mille hommes, lesquelz soubz la banniere et conducte de Yvre,
leur cappittaine (la Germanie delaissee) descendirent en Gaulle,
traversans et courans par tout jusques à la riviere de
Seyne ».
Note n°2
Difficile d’imaginer
que Cretin ne fait pas preuve d’une certaine ironie quant à l’«
oppinïon saine » des Français (v. 626) et aux attentes étymologiques
de tout lecteur d’histoire, lorsqu’il indique que Lutèce tire son
nom de la « fange », alors même qu’il en a fait une description
digne d’un locus amœnus dans les douze vers
qui précèdent (le terme « aménitez » est même employé au v.
621).
Note n°3
Significativement, Cretin reprend pour Paris une construction
syntaxique que l'on trouve déjà pour Troie au vers 68 (« Fut la
grand Troye adnulle et destruicte. »), ce qui crée un parallèle et
une opposition forte entre les deux villes.
Note n°4
Cretin amplifie l'éloge de la Gaule et de Paris qu'il
trouve dans ses deux sources principales, mais escamote le repère
chronologique et les polémiques que la fixation de celui-ci génère.
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) : « li
païs et la terre leur plut moult, et moult leur sembla delitable
à demorer. Seur le flun de Saine habiterent et fonderent une
cité qui il nommerent Leuthece, qui or est apelée Paris, DCCC et
IIIIxx et XV anz devant
l'Incarnation Nostre Seigneur. Là habiterent, puis que leur
anceseur se furent parti de Sicambre, M CC et LXX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« auquel lieu [sur la Seine] delectez en la doulceur et
amenité des champs et du fleuve y ont fait leur habitation et
demeure. En ce lieu cy j'ay honte de l'ignorance du croniqueur,
lequel a dedyé l'ystoire imprimee au roy Charles huytiesme, car
non saichant assez le temps et les choses, escript que les
Françoys habitans sur la riviere de Seyne ediffierent Lutesse
(qui est la ville de Paris) troys cens nonante et cinq ans avant
la nativité de Jhesu Christ, en laquelle ilz habiterent depuis
qu'ilz eurent delaissé Sycambrie l'an mil deux cens soixante et
dix. En quoy (à cil qui le nombre du temps sçait et congnoist)
appert clairement qu'il a doublement erre. Car se les Françoys
par Valentinian expulsez de Sycambrie ont ediffié Lutesse (ce
qui a peu estre fait) parce que à rebelle Cesar par luy fut
reduicte en son obeissance, que l'on tient pour certani avoir
precedé Valentinian de quattre cens et environ dix ans, comment
donques est-il vray que Lutesse à present dit Paris ayt peu
estre ediffiee par les Françoys troys cens nonante et quinze ans
avant l'advenement de Nostre Seigneur Jhesu Christ ? Lesquelz
non expulsez ne chassez encores de Sycambrie n'avoient oncques
songé le pays de Gaulle, et qui aprés qu'ilz eurent perdu leur
siege longuement vagabons par la Germanie, finablement longtemps
aprés se sont assis sur la ryve du Rhyn, mais voye le
chroniqueur combien loing de la verité il a honteusement
escript, car au regard de moy je n'ay point trouvé la vraye
source et generation des Françoys. »
Note n°5
Le fait qu'il s'appelle
Priam, même si ce n'est pas souligné, rend plus crédible cette
ascendance troyenne.
Note n°6
Cretin fait semblant (v. 648-651) qu'il dispose de
documents très riches sur Marcomire dont il ne peut donner qu'un
résumé, alors qu'il se contente de réécrire ce que disent de lui ses
deux sources principales. GCF, liv. I, chap. 4 (vol.
1, p. 18) : « En celui tens vivoient simplement ; poi savoient
de l'us d'armes. Au tens de lors n'avoit n'avoit ainques eu roi
en France ; chascuns fesoit ce que bon li sembloit ; mais
toutevoies estoient il souget aus Romains et fesoient chascun an
noviaus conseleeurs de leur gent meimes pour le pople governer
ausi come cil de Rome. En ce tens entra marchomires en France.
Cil Marchomires avoit esté fiuz au roi Priant d'Osteriche, qui
estoit descenduz de la lignie le grant roi Priant de Troie. Cil
le reçurent moult honorablement, li et toute sa gent, et pour ce
que il leur enseigna l'us d'armes, et que il fist clorre les
citez et les chasteaus de murales pour les asauz des larrons,
l'establirent il governeor et defendeor dou païs, et pour ce
meismement que il estoit descenduz de la lignie de Troie ausi
com il estoient ; si furent tout I poples et une gent. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Au temps qu'ilz faisoient leur habitation sur la riviere
de Seyne, nul entre les Françoys avoit encores prins le nom de
roy. Et le premier de tous qui ait eu domination et seigneurie
sur eulx a esté Marcmyre [sic] que les Françoys gardoient en
grant honneur et veneration pour tant que par longue et ancienne
lignee estoit yssi et extraict de Priam, roy de Troye. Cestuy
n'a riens fait de noblesse et excellance sinon fortiffier les
villes de fossez bons et murailles. »
Note n°7
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p.
19-20) : « Cil Marchomires avoit I fil qui avoit non Pharamonz
; nobles chevaliers estoit et preuz aus armes. Li François, qui
vourent avoir roi ausi comme les autres nations, prisrent celi
Pharamont par le conseil Marchomire son pere ; seigneur et roi
le firent seur iaus et li laissierent le païs à governer. Cil
Pharamonz fu li premeirs rois de France, car à ce tens n'i avoit
ainques eu roi, ains estoit li païs sous l'emperere de
Rome. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « Mais il [Marcomir] avoit ung filz nommé
Pharamond, noble en excellance de corps et de couraige, lequel
par le conseil de son pere ilz constituerent leur roy avec
puisssance à luy permise de regir et gouvernez
[sic] ».
Note n°8
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « en l'an de nostre salut IIII C vingt. » Les
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) ne donnent
pas de date.
Note n°9
Cretin transforme sa source et attribue à Pharamond
ce qu'elle impute à Marcomir. GCF, liv. I, chap. 4
(vol. 1, p. 20) : « Pour ce que Marchomires voloit acquerre lor
grace et leur amor, mua le non de la cité, qui devant estoit
apelée Leuthece, qui vaut autant comme vile pleine de boue, et
li mist non Paris, pour Paris l'ainzné fil au grant roi Priant
de Troie, de cui lignie il estoit descendu. Car tuit cil qui de
cele generation estoient, en quelque terre que il fussent,
desirroient moult que leur noms et leur renommée fust espandue
et monteplié par tout le monde. » Gaguin-Desrey, liv. I,
chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) ne fait pas référence ici au
changement de nom de Lutèce.
Note n°10
La rime entre ces deux termes pourrait
surprendre, mais les deux mots se terminent bien par le son [amə].
Voir également : I, v. 4919 et II, v. 2513-2514.
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) :
« Cil rois Pharamonz governa noblement le roiaume tant com
il vesqui ; morz fu quant il out regné XX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Sa puissance de regir vertueusement administree, le
unziesme an de son regne fut de mort
assoupi. »
Note n°12
Cretin réécrit de très
près Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv),
reprenant à son compte les images et les choix lexicaux de sa
sources : « Lequel Pharamond on dit estre aucteur et
instituteur de la loy salique, car quant les Françoys furent
arrivez jusques au Rhyn où ilz vivoient en meurs cruelles et
estranges, il esleut et choysit quattre saiges princes des
Sycambriens qui bailleroient loy au peuple, c'est assavoir
Usugaste, Losogaste, Sologaste et Visogaste, lesquelz ayans
l'auctorité des aultres princes des seigneurs du pays et de tout
le peuple ont escript la loy que Pharamond a promulguee, ayant
bruyt jusques à nostre temps. Aucuns afferment qu'elle est
nommee selon le nom du lieu auquel elle a esté faicte. Les
aultres disent que sa derivation est descendue du sel, car
sicomme l'apareil et le gardien des viandes c'est le sel, aussi
la loy saliques est la conficture, la saulce et l'apareil des
meurs des Françoys pour les instruire et enseigner à mieux
vivre ». Les GCF n'évoquent pas l'origine
de la loi salique.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre cinquiesme.
BnFfr17274 du
BnFfr23145 que
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514 om.
Aix419 toutz
BnFfr17274
bonne
BnFfr17274 grandz
BnFfr4967 se
Vat966 suavitez
Vat966 amenitez
Aix419 À l'environ
BnFfr4967 Villes
BnFfr17274 qui
BnFfr23145 est ce
BnFfr23145 tous
Aix419 Les
BnFfr17274, Aix419 tours
BnFfr17274 Fort dur
BnFfr17274
cestuy
BnFfr17274 peuple
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514 ame
BnFfr17274 on dict
BnFfr17274 sans
BnFfr17274 leurs
BnFfr17274 et
Note n°1
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) :
« Toute cele gent ne demeura pas en celui païs, ainz s'en
departi une compagnie, XXIII M furent par nombre ; entre iaus
firent I duc por iaus governer qui out non Ybors. Il guerpirent
Alemaigne et Germenie pour querre novele habitation ; en Galle
arriverent ». Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du
Pré, fol. IIr-v) : « Les françoys joissans de ceste ville et
desirans eslargir leurs limites à cause qu'ilz estoient trop
pressez en leurs manoirs, delibera une partie d'iceulx de soy
transporter en aultre lieu. Se assemblerent bien en nombre troys
mille hommes, lesquelz soubz la banniere et conducte de Yvre,
leur cappittaine (la Germanie delaissee) descendirent en Gaulle,
traversans et courans par tout jusques à la riviere de
Seyne ».
Note n°2
Difficile d’imaginer
que Cretin ne fait pas preuve d’une certaine ironie quant à l’«
oppinïon saine » des Français (v. 626) et aux attentes étymologiques
de tout lecteur d’histoire, lorsqu’il indique que Lutèce tire son
nom de la « fange », alors même qu’il en a fait une description
digne d’un locus amœnus dans les douze vers
qui précèdent (le terme « aménitez » est même employé au v.
621).
Note n°3
Significativement, Cretin reprend pour Paris une construction
syntaxique que l'on trouve déjà pour Troie au vers 68 (« Fut la
grand Troye adnulle et destruicte. »), ce qui crée un parallèle et
une opposition forte entre les deux villes.
Note n°4
Cretin amplifie l'éloge de la Gaule et de Paris qu'il
trouve dans ses deux sources principales, mais escamote le repère
chronologique et les polémiques que la fixation de celui-ci génère.
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 18) : « li
païs et la terre leur plut moult, et moult leur sembla delitable
à demorer. Seur le flun de Saine habiterent et fonderent une
cité qui il nommerent Leuthece, qui or est apelée Paris, DCCC et
IIIIxx et XV anz devant
l'Incarnation Nostre Seigneur. Là habiterent, puis que leur
anceseur se furent parti de Sicambre, M CC et LXX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« auquel lieu [sur la Seine] delectez en la doulceur et
amenité des champs et du fleuve y ont fait leur habitation et
demeure. En ce lieu cy j'ay honte de l'ignorance du croniqueur,
lequel a dedyé l'ystoire imprimee au roy Charles huytiesme, car
non saichant assez le temps et les choses, escript que les
Françoys habitans sur la riviere de Seyne ediffierent Lutesse
(qui est la ville de Paris) troys cens nonante et cinq ans avant
la nativité de Jhesu Christ, en laquelle ilz habiterent depuis
qu'ilz eurent delaissé Sycambrie l'an mil deux cens soixante et
dix. En quoy (à cil qui le nombre du temps sçait et congnoist)
appert clairement qu'il a doublement erre. Car se les Françoys
par Valentinian expulsez de Sycambrie ont ediffié Lutesse (ce
qui a peu estre fait) parce que à rebelle Cesar par luy fut
reduicte en son obeissance, que l'on tient pour certani avoir
precedé Valentinian de quattre cens et environ dix ans, comment
donques est-il vray que Lutesse à present dit Paris ayt peu
estre ediffiee par les Françoys troys cens nonante et quinze ans
avant l'advenement de Nostre Seigneur Jhesu Christ ? Lesquelz
non expulsez ne chassez encores de Sycambrie n'avoient oncques
songé le pays de Gaulle, et qui aprés qu'ilz eurent perdu leur
siege longuement vagabons par la Germanie, finablement longtemps
aprés se sont assis sur la ryve du Rhyn, mais voye le
chroniqueur combien loing de la verité il a honteusement
escript, car au regard de moy je n'ay point trouvé la vraye
source et generation des Françoys. »
Note n°5
Le fait qu'il s'appelle
Priam, même si ce n'est pas souligné, rend plus crédible cette
ascendance troyenne.
Note n°6
Cretin fait semblant (v. 648-651) qu'il dispose de
documents très riches sur Marcomire dont il ne peut donner qu'un
résumé, alors qu'il se contente de réécrire ce que disent de lui ses
deux sources principales. GCF, liv. I, chap. 4 (vol.
1, p. 18) : « En celui tens vivoient simplement ; poi savoient
de l'us d'armes. Au tens de lors n'avoit n'avoit ainques eu roi
en France ; chascuns fesoit ce que bon li sembloit ; mais
toutevoies estoient il souget aus Romains et fesoient chascun an
noviaus conseleeurs de leur gent meimes pour le pople governer
ausi come cil de Rome. En ce tens entra marchomires en France.
Cil Marchomires avoit esté fiuz au roi Priant d'Osteriche, qui
estoit descenduz de la lignie le grant roi Priant de Troie. Cil
le reçurent moult honorablement, li et toute sa gent, et pour ce
que il leur enseigna l'us d'armes, et que il fist clorre les
citez et les chasteaus de murales pour les asauz des larrons,
l'establirent il governeor et defendeor dou païs, et pour ce
meismement que il estoit descenduz de la lignie de Troie ausi
com il estoient ; si furent tout I poples et une gent. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Au temps qu'ilz faisoient leur habitation sur la riviere
de Seyne, nul entre les Françoys avoit encores prins le nom de
roy. Et le premier de tous qui ait eu domination et seigneurie
sur eulx a esté Marcmyre [sic] que les Françoys gardoient en
grant honneur et veneration pour tant que par longue et ancienne
lignee estoit yssi et extraict de Priam, roy de Troye. Cestuy
n'a riens fait de noblesse et excellance sinon fortiffier les
villes de fossez bons et murailles. »
Note n°7
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p.
19-20) : « Cil Marchomires avoit I fil qui avoit non Pharamonz
; nobles chevaliers estoit et preuz aus armes. Li François, qui
vourent avoir roi ausi comme les autres nations, prisrent celi
Pharamont par le conseil Marchomire son pere ; seigneur et roi
le firent seur iaus et li laissierent le païs à governer. Cil
Pharamonz fu li premeirs rois de France, car à ce tens n'i avoit
ainques eu roi, ains estoit li païs sous l'emperere de
Rome. » Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « Mais il [Marcomir] avoit ung filz nommé
Pharamond, noble en excellance de corps et de couraige, lequel
par le conseil de son pere ilz constituerent leur roy avec
puisssance à luy permise de regir et gouvernez
[sic] ».
Note n°8
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré,
fol. IIv) : « en l'an de nostre salut IIII C vingt. » Les
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) ne donnent
pas de date.
Note n°9
Cretin transforme sa source et attribue à Pharamond
ce qu'elle impute à Marcomir. GCF, liv. I, chap. 4
(vol. 1, p. 20) : « Pour ce que Marchomires voloit acquerre lor
grace et leur amor, mua le non de la cité, qui devant estoit
apelée Leuthece, qui vaut autant comme vile pleine de boue, et
li mist non Paris, pour Paris l'ainzné fil au grant roi Priant
de Troie, de cui lignie il estoit descendu. Car tuit cil qui de
cele generation estoient, en quelque terre que il fussent,
desirroient moult que leur noms et leur renommée fust espandue
et monteplié par tout le monde. » Gaguin-Desrey, liv. I,
chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) ne fait pas référence ici au
changement de nom de Lutèce.
Note n°10
La rime entre ces deux termes pourrait
surprendre, mais les deux mots se terminent bien par le son [amə].
Voir également : I, v. 4919 et II, v. 2513-2514.
Note n°11
GCF, liv. I, chap. 4 (vol. 1, p. 20) :
« Cil rois Pharamonz governa noblement le roiaume tant com
il vesqui ; morz fu quant il out regné XX anz. »
Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv) :
« Sa puissance de regir vertueusement administree, le
unziesme an de son regne fut de mort
assoupi. »
Note n°12
Cretin réécrit de très
près Gaguin-Desrey, liv. I, chap. [4] (Galliot du Pré, fol. IIv),
reprenant à son compte les images et les choix lexicaux de sa
sources : « Lequel Pharamond on dit estre aucteur et
instituteur de la loy salique, car quant les Françoys furent
arrivez jusques au Rhyn où ilz vivoient en meurs cruelles et
estranges, il esleut et choysit quattre saiges princes des
Sycambriens qui bailleroient loy au peuple, c'est assavoir
Usugaste, Losogaste, Sologaste et Visogaste, lesquelz ayans
l'auctorité des aultres princes des seigneurs du pays et de tout
le peuple ont escript la loy que Pharamond a promulguee, ayant
bruyt jusques à nostre temps. Aucuns afferment qu'elle est
nommee selon le nom du lieu auquel elle a esté faicte. Les
aultres disent que sa derivation est descendue du sel, car
sicomme l'apareil et le gardien des viandes c'est le sel, aussi
la loy saliques est la conficture, la saulce et l'apareil des
meurs des Françoys pour les instruire et enseigner à mieux
vivre ». Les GCF n'évoquent pas l'origine
de la loi salique.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre cinquiesme.
BnFfr17274 du
BnFfr23145 que
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, Vat966, Cha514 om.
Aix419 toutz
BnFfr17274
bonne
BnFfr17274 grandz
BnFfr4967 se
Vat966 suavitez
Vat966 amenitez
Aix419 À l'environ
BnFfr4967 Villes
BnFfr17274 qui
BnFfr23145 est ce
BnFfr23145 tous
Aix419 Les
BnFfr17274, Aix419 tours
BnFfr17274 Fort dur
BnFfr17274
cestuy
BnFfr17274 peuple
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Cha514 ame
BnFfr17274 on dict
BnFfr17274 sans
BnFfr17274 leurs
BnFfr17274 et