Livre I - Chapitre 24
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26









§ Ceſt . quil ny eut foy / promeſſes / ne veuz Qui Childerich et Clotaire empeſchaſſent Que par fureur cruelle ne peſchaſſent [4300] Emmy le ſang de leurs propres nepueuz.
§ Chapitre. xxiiiie .
Childebert et Clotaire machinent la mort des troys filz Clodomire.Fo XCIV Ce temps pendāt que les freres menerent Si foꝛte guerre / et tant ſe aguillonnerent Que lun euſt bien voulu auoir menge Le cueur de lautre / affin deſtre venge [4305]Du couroux plein de felonnye amere Dedans Paris Clotilde la leur mere Les trois enfans Clodomire tenoit En ſa maiſon / les amoit / maintenoit Et nourriſſoit tout vng et de meſme elle [4310]Dauſſi bon cueur que donne la mamelle Vne nourriſſe a ſon petit enfant De leur eſtat pꝛoſpere et triumphant Eut Childebert leur oncle telle enuie Quil machina ne les permectre en vie [4315]Penſant que ainſi les vouloit gouuerner Leur mere gꝛand / pour les faire regner Par quoy ne ſceut ce mauluais vouloir taire Quil ne le diſt a ſon frere Clotaire Le quel ſaiſy du deſir couuoyteux [4320]Se y accoꝛda /. et conclurent eulx deux Les mectre a moꝛt / pour faire le partaige De leur pays et royal heritaige Dont deſirans la pꝛoſecution Du crime mectre a execution [4325]Deuers leur mere enuoyerent meſſaiges
Clotilde enuoye les troys enfans a ſes deux oncles. La depꝛier que au iugement des eaiges De leurs nepueuz / ſon plaiſir feuſt pour veoir Sil ſeroit temps les faire tous pouruoir De leur totalle attente paternelle [4330]Les enuoyer arriere de ſon aelle Iuſques vers eulx / affin de leur monſtrer Lart militaire / et les faire adextrer §Clotilde loꝛs ioyeuſe du meſſaige Ne deſirant en ce mondain paſſaige [4335]Nul plus gꝛand bien actendꝛe ou eſperer Foꝛs veoir ces troys beaulx enfans pꝛoſperer Car bien penſoit les oncles debuoir pꝛendꝛe Ioye et ſoulaz a leurs nepueux appꝛendꝛe Et leur donner faueur / ayde et ſuppoꝛt [4340]Se conſentit den faire le tranſpoꝛt Mais ces peruers meurdꝛiers / quant ilz les veyꝛent Autre homme expꝛes deuers elle tranſmirent Sans differer iuſques au lendemain Qui luy poꝛta le glayue en vne main [4345]Et vne foꝛce a lautre /. Helas adoncques La bonne dame eut de lennuy plus qu oncques Si demanda raiſon luy aſſigner Que ce vouloit conclure et deſigner Et luy fut dit quil conuenoit eſlire [4350]Lun de ces deux / et que bien pouoit lire
Leſpee et forces a Clotilde enuoyes par ſes deux enfans.Fo XCV En celluy glayue eſtre l occiſion Des ditz enfans /. Autre deciſion Debuoit auſſi entendꝛe de la foꝛce Qui deſignoit le pꝛeſaige par foꝛce [4355]Les faire tondꝛe /. et en religion Les rendꝛe eulx troys /. Loꝛs vne legion De diuers maulx / et angoiſſes dolentes Son triſte cueur dempꝛainctes violentes Saiſirent tant / que a gꝛandz ruiſſeaulx de pleurs [4360]Fiſt regꝛetz / pleins dagꝛauantes douleurs Diſant ces motz /. O mere malheureuſe Laſſe dolente / afflicte et douloureuſe Comment teſt il ainſi meſaduenu ? Teſt auiourduy ſi gꝛand malheur venu ? [4365] Iuſques a veoir que enfans tant ſe deſuoyent De meurdꝛir ceulx que pꝛeſeruer debuoyent ? Sont oncles plains de telle cruaulte ? Ont ilz en eulx telle deſloyaulte ? Auſterite de fiere felonnie [4370] Mect elle gentz a telle tirannie Quelle les face a la moꝛt conſentir De leurs nepueuz / pour la fureur ſentir De ſi hoꝛrible et criminelle raige Leur pꝛopꝛe ſang eſpendꝛe par oultraige ? [4375] O mes enfans ſi tendꝛement nourriz
Plainctes de Clotilde pour les troys enfans de Clodomire En pleurs et plaings ſont conuertiz noz riz En douleurs veoy mes ioyes tranſpoꝛtees Oꝛ ay ie fait malheureuſes poꝛtees En ceulx que veoy (ainſi que dire puys) [4380] Meſtre peruers / que ie penſoye appuys Et ſeurs baſtons de ma foyble vieilleſſe Dont bien affiert que deſir et vueil laiſſe Diceulx aymer / que ay nourriz / alaictez Et tant cheriz / quant rendent alittez [4385] Tous mes cinq ſens / et fault quen dueil ie pleure Pour en regꝛetz piteux mauldire lheure Que oncques voulu la moꝛt faire venger Des miens parentz /. Car ce moꝛtel danger En veoy venir /. dont remoꝛs me impꝛopere [4390] Auoir cauſe la moꝛt deulx et leur pere O mere amere / oꝛ es tu miſe es laz Dennuyeux dueil plein dimmoꝛtelz helas Las chiers enfans /. ie ſuys la cauſe ſeulle De voſtre moꝛt /. O malheureuſe ayeulle [4395] Pour quoy as tu conſenty de partir Ceulx qui plaiſirs te ſceurent departir Pour quoy as tu ſi toſt menſonge creue Qui ſoubz dolent couroux te rend recreue Pour quoy nes tu allee auecques ceulx [4400] Dont te conuient poꝛter dueil angoiſſeux
La piteuſe reſponſe de Clotilde au meſſaige de ſon filz Clotaire.Fo XCVI Dieu eternel qui loyers / en reſerue Gardes aux bons /. Ie te ſupply pꝛeſerue Ces oꝛphenins /. Et ſe fiere Atropos Saiſit leurs coꝛps / donne aux ames repos [4405] La ſus au ciel / et naillent par les crimes . Des oncles leurs es infernaulx abiſmes. §Quant longuement eut ploure / lamente Et de ſouſpirs le ſien cueur tourmente Vers le poꝛteur tourna ſa triſte face [4410]Et diſt ainſi /. Amy affin que face Reſponſe a deux pꝛopos que mappoꝛtez Faictes aux roys voz maiſtres rappoꝛtz telz. Ceſt. puys quil fault que des deux lun eſliſe Pour riens ne vueil permectre eſtre degliſe [4415] Les leurs nepueuz /. Le ſurplus / deſoꝛmais Sur le peril de leurs ames remectz Cela diſoit / eſperant a par elle Que amour de ſang et pitie naturelle Diuertiroyent leurs durs et felons cueurs [4420]Dexecuter ſi cruelles rigueurs Et ne penſaſt iamais que tant voulſiſſent Eſtre cruelz / et que innocens occiſſent Mais autrement a celle heure en alla Car auſſitoſt que leur homme fut la [4425]Et eut poꝛte reſponſe de la royne
Clotaire occit deux enfans de ſon frere Clodomire. Ce faulx Clotaire / en rompant frein et reſne De foy / amour / et naturelz accoꝛdz Tira leſpee / et treſperſa le coꝛps De Thidouault filz aiſne /. Luy par terre [4430]Moꝛt extendu /. Gonthier fuyant gꝛand erre Se alla gecter aux bꝛaz de Childebert Luy ſuppliant ſur le peril appert L ire appaiſer de ſon oncle /. et tant faire Quil lempeſchaſt de loccire et deffaire [4435]Adoncq faignant auoir de luy pitie Pꝛia Clotaire / a ce que damytie Le delaiſſaſt / diſant aſſez ſouffire Lexploict ia fait /. Loꝛs ainſi que eſchauffe ire Vng cueur felon / luy diſt /. Ha meſchant /. Si [4440] Tu as eſte inuentif de cecy Veulx tu tenir maintenant de la lune En variant /. faiz de deux choſes lune Ou laiſſe aller celluy que en tes bꝛaz tiens Ou pꝛens conge du monde et tous les tiens [4445] Car de ma main mourras ceſte meſme heure Ce mot ouy /. Childebert ſans demeure Lenfant laſcha / qui fut en pieces mys Cloud le puiſne / par aulcuns ſes amys Voyans Clotaire au ſang des ſiens aſpꝛe eſtre [4450]Fut pꝛeſerue /. Depuys il ſe fiſt pꝛeſtre
De ſainct Cloud./ et la ſepulture de ſes deux petitz freres occis.Fo XCVII Et en leſtat durans ſes iours veſquit Si ſainctement en debuoir et acquit Dhonneſtete / fuyant tout vice immunde Quil eut la gꝛace et de Dieu et du monde [4455]Donnant la vie a maint poure indigent Luy decede eut ſepulchꝛe a nogent Pꝛes de paris /. Et pour ſa renommee La place fut / et eſt sainct cloud nommee Ou il reluyſt en miracles et faictz [4460]Signes monſtrans de tres dignes effectz Les coꝛps des deux enfans occis / fiſt pꝛendꝛe A gꝛand douleur / Clotilde pour les rendꝛe En ſepulture / enuiron le cercueil Du roy Clouys ſon eſpoux / leur ayeul. [4465] Iacoit pourtant que ceſte moꝛt cruelle Patiemment poꝛtaſt / en ſon cueur /. elle Ce neantmoins dennuyeuſe langueur Fut affligee en voyant la rigueur De ſes deux filz Childebert et Clotaire [4470] Dont demoura penſifue et ſolitaire Car peu de iours ilz maintindꝛent pꝛopos De donner paix lun a lautre / et repos Mais ſtimulans moyens daigꝛes diuoꝛſes A lourdz exces employerent leurs foꝛces [4475]§Sur ces debatz / noyſes / commotions
La mort de Thierry roy de metz et de lorraine. Inimitiez / fieres ſommations Murmures gꝛandz / menaces poꝛtans erres De durs aſſaultz et oultraigeuſes guerres La bonne dame a ſes amys pꝛiuez [4480]Plainctes faiſoit de tels maulx arriuez En ſouhaictant moꝛt pꝛouchaine luy eſtre Pour loſter hoꝛs de ce malheureux eſtre §Peu temps apꝛes / Thierry le roy de Metz Enfin ſeruy du froid et royde metz [4485]Dont la fatale humains ſert et appelle Pour les loger a coup de pic et pelle Au reng des coꝛps treſpaſſez actendans Le iugement / apꝛes regner trente ans Courans cinq centz quarante et quatre en nombꝛe [4490]Des ans de gꝛace / eut lieu au terreſtre vmbꝛe Theodebert ſon filz tint apꝛes luy Le ſien royaume /. Et treuue que celluy Fut adherant a Childebert / pour faire Guerre a Clotaire / en le voulant deffaire /. [4495]Ainſi voyt on combien diſcoꝛd / damys Trouble exceſſif enmy le monde a mys Et fait des maulx foꝛt pꝛeiuditiables Entre gꝛos cueurs dhommes inſatiables Si neſt la fin du conte a cela pꝛes [4500]Nous en verrons bien dautres cy apꝛes
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§C'est+L'est [Aix419] qu'il n'y eut foy, promesses, ne veuz, Qui Childebert+Childerich leçon rejetée [#BnFfr2817]Childebert [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514]Childebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
1 et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
empeschassent+empescherent [BnFfr17274] Que, par fureur crüelle, ne peschassent+pescherent [BnFfr17274] [4300] Emmy le sang de leurs propres nepveuz.
§ Chapitre xxiiiie +om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre.vingt.iiiie. [Cha514]
ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
machinent la mort des troys filz ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
Ce temps pendant que les freres menerent Si forte guerre, et tant se aguillonnerent Que l'un eust bien voulu avoir mengé Le cueur de l'autre2, affin d'estre vengé [4305]Du couroux plein de felonnye amere, Dedans Paris, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, la leur mere, Les trois enfans ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
tenoit En sa maison, les amoit, maintenoit Et nourrissoit, tout ung et de mesme elle, [4310]D'aussi bon cueur que donne la mamelle Une nourrisse à son petit enfant3. De leur estat prospere et triumphant Eut ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, leur oncle, telle envie Qu'il machina ne les permectre en vie, [4315]Pensant que ainsi les vouloit gouverner Leur mere grand, pour les faire regner. Par quoy ne sceut ce maulvais vouloir taire, Qu'il ne le dist à son frere ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, Lequel saisy du desir+voulloir [BnFfr23145] couvoyteux, [4320]Se y accorda. Et conclurent eulx deux Les mectre+permectre [BnFfr4967] à mort, pour faire le partaige De leur paÿs et royal heritaige. Dont desirans la prosecutïon+persecutïon [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514] Du crime mectre à executïon, [4325]Devers leur mere envoyerent messaiges
ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
envoye les troys enfans à ses deux oncles La deprier que au jugement des eaiges De leurs nepveuz, son plaisir feust pour veoir S'il seroit temps les faire tous pourvoir De leur totalle attente paternelle, [4330]Les envoyer arriere de son aelle Jusques vers eulx, affin de leur monstrer L'art militaire et les faire adextrer. §ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, lors joyeuse du messaige, Ne desirant, en ce mondain+monde [Vat966] passaige, [4335]Nul plus grand bien actendre ou esperer, Fors veoir ces+ses [Aix419] troys beaulx enfans prosperer, Car bien pensoit les+leurs [BnFfr17274, BnFfr23145] oncles debvoir prendre Joye et soulaz, à leurs nepveux apprendre, Et+De [BnFfr4967] leur donner faveur, ayde et support, [4340]Se consentit d'en faire le transport4. Mais ces pervers meurdriers, quant ilz les veyrent, Autre homme exprés devers elle transmirent, Sans differer jusques au lendemain, Qui luy porta le+la [BnFfr17274] glayve en+à [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] une main [4345]Et une force à+en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966] l'autre. Helas ! Adoncques+Doncques [Aix419] La bonne dame eut de l'ennuy plus qu' oncques. Si demanda raison luy assigner Que ce vouloit conclure et+à [Vat966] designer, Et luy fut dit qu'il convenoit eslire [4350]L'un de ces deux, et que bien+om. [BnFfr17274] pouoit + bien [BnFfr17274] lire
L'espee et forces à ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
envoyés par ses deux enfans En celluy glayve estre l' occisïon Des ditz enfans. Autre decisïon Debvoit aussi entendre+entendre aussi [BnFfr23145] de la force Qui designoit le presaige : par force [4355]Les faire tondre et en religïon Les rendre eulx troys5. Lors, une legïon De divers maulx et angoisses dolentes Son triste cueur, d'emprainctes vïolentes, Saisirent tant que à grandz ruisseaulx de pleurs [4360]Fist regretz pleins d'agravantes douleurs, Disant ces motz : « O mere malheureuse, Lasse, dolente, afflicte et douloureuse, Comment t'est il ainsi mesadvenu ? T'est aujourd'uy si grand malheur venu [4365] Jusques à veoir que+om. [Aix419] enfans tant se+om. [Aix419] desvoyent, De meurdrir ceulx que preserver+garder [BnFfr23145] debvoyent ? Sont oncles plains de telle cruaulté ? Ont ilz en eulx telle desloyaulté ? Austerité de fiere felonnie [4370] Mect elle gentz à telle tirannie Qu'elle les face à la mort consentir De leurs nepveuz ? Pour la fureur sentir De si horrible et criminelle raige, Leur propre sang espendre par oultraige ? [4375] O+Or [Vat966] mes enfans, si tendrement nourriz,
Plainctes de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
pour les troys enfans de ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
. En pleurs et plaings sont convertiz noz riz ! En douleurs veoy mes joyës transportees ! Or ay je fait malheureuses portees En ceulx que veoy, ainsi que dire puys, [4380] M'estre pervers, que je pensoye appuys Et seurs bastons de ma foyble vieillesse ! Dont bien affiert que desir et vueil laisse D'iceulx aymer que ay nourriz, +et [BnFfr23145] alaictez, Et tant cheriz, quant rendent alittez [4385] Tous mes cinq sens . Et fault qu'en dueil je pleure, Pour, en regretz piteux, mauldire l'heure Que oncques voulu la mort faire venger Des+
De [BnFfr17274, Vat966] ;
Des [Aix419]
miens+mes [Vat966] parentz ! Car ce+se [Aix419] mortel danger
En veoy venir, dont remors me
impropere
[4390]
Avoir causé la mort d'eulx
et leur pere.
O mere amere, or es tu mise ès
laz+lacz [BnFfr17274, Aix419]lacs [BnFfr23145]
D'ennuyeux dueil, plein
d'immortelz helas !
Las, chiers enfans, je suys la cause seulle
De vostre mort ! O malheureuse ayeulle !
[4395]
Pourquoy as
tu consenty de
partir
Ceulx qui plaisirs te sceurent departir ?
Pourquoy as
tu si tost mensonge creue
Qui, soubz
dolent couroux, te rend
recreue ?
Pourquoy
n'es tu allee avecques ceulx+eulx [BnFfr17274]
[4400]
Dont te convient porter
dueil angoisseux ?
La piteuse response de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
au messaige de son filz ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme eternel, qui loyers en reserve Gardes aux bons, je te supply, preserve+om. [BnFfr4967] Ces orphenins ! Et se fiere AtroposAtropos Divinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la vie Saisit leurs corps, donne aux ames+armes [Vat966] repos [4405] La sus au ciel, et n'aillent, par les crimes+aux infimes [Vat966] Des oncles leurs, ès+De leurs parens, aux [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299]Lieux tenebreux des tartares [Vat966] infernaulx abismes6 ! » §Quant longuement eut plouré, lamenté Et, de souspirs, le sien cueur tourmenté, Vers le porteur tourna sa triste face [4410]Et dist ainsi : « Amy, affin que face Response à deux propos que m'apportez, Faictes aux roys voz maistres rapportz telz. C'est, puysqu'il fault que des deux l'un eslise, Pour riens ne vueil permectre estre d'eglise [4415] Les leurs nepveuz. Le surplus desormais Sur le peril de leurs ames remectz. » Cela disoit, esperant à par elle Que amour de sang et pitié naturelle Divertiroyent leurs durs et felons cueurs [4420]D'executer si crüelles rigueurs. Et ne pensast jamais que+pensoit que jamais [BnFfr23145]pensast que jamais [BnFfr4967, BnFfr5299] tant voulsissent Estre crüelz et que innocens occissent. Mais autrement à celle heure en alla7. Car aussitost que leur homme fut là [4425]Et eut porté response de la royne,
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
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occit deux enfans de son frere ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
Ce faulx+fault [Aix419] ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, en rompant frein et resne De foy, amour et naturelz accordz, Tira l'espee et trespersa le corps De ThidouaultThéodebald II ( — ) Prince franc, fils de Clodomir, filz aisné. Luy par terre, [4430]Mort, extendu, GonthierGonthier (VIe siècle — ) Prince mérovingien, fuyant grand erre, Se alla gecter aux braz de ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, Luy supplïant, sur le peril appert, L' ire appaiser de son oncle, et tant faire Qu'il l'empeschast+empeschast [BnFfr23145] de l'occire et deffaire. [4435]Adoncq faignant avoir de luy pitié, Pria ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
à ce que d'amytié Le delaissast+laissast [BnFfr23145], disant assez souffire L'exploict ja fait8. Lors, ainsi que eschauffe ire Ung cueur felon, luy dist : « Ha meschant ! Si [4440] Tu as esté inventif de cecy, Veulx tu tenir maintenant de la lune En varïant ? Faiz de+des [BnFfr23145, BnFfr5299] deux choses l'une : Ou laisse+laisser [Aix419] aller celluy que en tes braz tiens, Ou prens congé du monde et tous les tiens, [4445] Car de ma main+mes mains [BnFfr23145] mourras ceste mesme heure. » Ce mot ouÿ, ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, sans demeure, L'enfant lascha, qui fut en pieces mys9. CloudClodoald (524 — 07/09/560) Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de Clovis, le+om. [Vat966] puisné, par aulcuns ses amys Voyans ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
au sang des siens aspre estre, [4450]Fut preservé. Depuys il se fist prestre
De sainct CloudClodoald (524 — 07/09/560) Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de Clovis et la sepulture de ses deux petitz freres occis Et, en l'estat, durans ses jours, vesquit Si sainctement en debvoir et acquit D'honnesteté, fuyant tout vice immunde, Qu'il eut la grace et+om. [BnFfr23145] de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et du monde, [4455]Donnant la vie à maint povre indigent. Luy decedé, eut sepulchre à Nogent, Prés de Paris. Et pour sa renommee, La place fut et est Sainct Cloud nommee, Où il reluyst en miracles et faictz, [4460]Signes monstrans de trés dignes effectz10. Les+Le [BnFfr17274] corps des deux enfans occis fist prendre, À grand douleur, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, pour les rendre En sepulture+ung sepulcre [BnFfr17274] environ le cercueil Du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, son espoux, leur ayeul11. [4465]Jaçoit pourtant que ceste+c'estoit [BnFfr23145]ceston [BnFfr5299] mort crüelle Patïemment portast en son cueur, elle, Ce neantmoins, d'ennuyeuse langueur Fut affligee, en voyant la rigueur De ses deux filz, ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, [4470] Dont+Tout [BnFfr23145] demoura pensifve et solitaire, Car peu de jours ilz maintindrent propos De donner paix, l'un à l'autre, et repos. Mais stimulans moyens d'aigres divorses, À lourdz excés employerent leurs forces. [4475]§Sur ces debatz, noyses, commotïons,
La mort de ThierryThierry Ier (485 — 534) Roi des Francs de Metz (511-534)
roy de Metz et de Lorraine Inimitiez, fieres sommatïons, Murmures grandz, menaces portans erres De durs assaultz et oultraigeuses guerres, La bonne dame, à ses amys privez, [4480]Plainctes faisoit de+et [BnFfr4967] tels maulx arrivez, En souhaictant mort prouchaine luy estre, Pour l'oster hors de ce malheureux estre12. §Peu temps aprés, ThierryThierry Ier (485 — 534) Roi des Francs de Metz (511-534)
, le roy de Metz , Enfin servy du froid et royde+roy de [BnFfr23145, BnFfr5299] metz [4485]Dont la fatale humains sert et appelle Pour les loger, à coup de pic+pied [BnFfr4967] et pelle, Au reng des corps trespassez, actendans Le jugement, aprés regner trente ans, Courans cinq centz quarante et quatre en nombre [4490]Des ans de grace, eut lieu au+en [BnFfr23145] terrestre umbre. +Lors [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548) Roi des Francs de Metz (534-548)
, son filz, tint+tout [BnFfr23145] aprés luy Le sien royaume. Et treuve que celluy Fut adherant à ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, pour faire Guerre à ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
en le voulant deffaire13. [4495]Ainsi voyt on combien discord d'amys Trouble excessif enmy le monde a mys, Et fait des maulx fort+om. [BnFfr23145] prejuditïables, Entre gros cueurs d'hommes insatïables14. Si n'est la fin du conte à cela prés, [4500]Nous en verrons bien d'autres cy aprés.
Note n°1
Il s'agit bien de Childebert et non de
Childerich, comme cela apparaît dans le manuscrit de base. Cette
erreur évidente du copiste du manuscrit BnF fr. 2817 est
corrigée dans tous les autres témoins. La suite du chapitre,
ainsi que le titre courant qui succède immédiatement ce quatrain
introducteur, ne laissent aucun doute sur le fait que ce n'est
pas Cretin qui confond ces figures, mais qu'il s'agit bien d'une
erreur de copie.
Note n°2
Acte de vengeance par
excellence ; l'expression figure dans Le Voyage de
Naples d'André de La Vigne composé en 1497 (éd. Anna
Slerca, Milano, Vita e Pensiero, 1981, v. 1495).
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Cependant que les freres
s'eguillonnoient par hayne et inimitié, leur mere Clotilde
entretenoit et allimentoit à Paris ses nepveux, enfans de
Clovemyre, comme s'il fusent les siens propres. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) : « La
bone dame Crotilde, la roine, demoroit adonc à Paris ; là
norrissoit ses neveuz, les fiuz le roi Clodomire, en grant
chierté et en grant amor. »
Note n°4
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « De ceste suspicion
feru Childebert que la royne les nourrissoit pour regner,
appella son frere Clotaire auquel il declaira la pensee qu'il a
de sa mere et de ses nepvex. Leur pleust par ung nommé Archadye
envoyer vers eux afin de les veoir et congnoistre se leur aage
(l'héritaige party entre eux) seroit idoyne et suffisante pour
seigneurier et dominer. Clotilde, joyeuse de ces nouvelles,
laissa aller ses nepveux et les recommanda à leurs
oncles. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) :
« Childeberz, qui rois estoit de Paris, avoit moult grant
mautalent et moult grant envie de ce que il veoit que ele les
tenoit si chiers, car il cuidoit que l'amor et l'afection que sa
mere deust avoir envers lui fust amenuisié en ce que ele les
amoit tant. Pour occasion de ceste jalousie apelson frere
Clothaire le roi de Mez ; ensemble se conseillierent coment il
porroient avoir les enfanz par devers iaus pour ocire. Pour ce
que mauvais ont tost trové voie et achaison de parfaire leur
mal, il manderent à leur mere que ele leur envoiast leur neveuz,
car il les voloient vooir, et savoir se il estoient encor en
aage de leur terres tenir, que il leur voloient livrer. La
roine, qui pas ne savoir la desloiauté que cil avoient
pourpallée, leur envoia les enfanz. Moult avoit grant joie de ce
que il li sembloit que il les amoient et que il avoient bon
conseil vers iaus. Livré furent aus messages qui de par les rois
i estoient envoié. »
Note n°5
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130) :
« Quant cil [les messagers de Childebert et Clotaire] s'en
furent parti et il ourent les enfanz à leur oncles livrez,
autres messages revindrent maintenant à la roine de par ses
fiuz, qui li aporterent une espée et unes forces. Quant ele vit
ce, elle demanda que ce segnefoit. Li uns des messages, qui
Veridaires avoit non, li respondi : « Dame, ce te mandent ti
fil que tu eslises et prengnes lequel que tu vourras de II
choses, ou ti neveu soient mis en religion et tondu de ces
forces, ou que il soient ocis de ceste espée, car il covient
faire lequel que soit de ces II choses. » »
Gaguin-Desrey, fol. XIr ignore cet épisode à cet endroit du récit,
mais en donne un résumé plus loin, fol. XIv, après avoir relaté
l'assassinat des enfants de Clodomir : « Escrivent aucuns [...]
que avant la cruaulté de cestuy crime et le premier message de
Archadie de amener les enfans aux roys, avoir proposé aultre
chose non moyns inhumaine, c'est assavoir que par injunction
royalle ung nommé Vridan, domestique, estoit allé vers Clotilde,
à laquelle avoit offert et presenté ung cousteau et une force.
Clotilde, aprés qu'elle eut longuement pensé que signifioit ce
present doubteux, tantost fist la question à Vridan, lequel
respondit que par le glesve la mort et par la force l'ordre
presbiteral estoient prefigurez en ces nepveux, attendant cestuy
messager Vridan sçavoir lequel des deux la royne vouloit
choisir. ».
Note n°6
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130-131) :
« Quant la roine [Clotilde] oï ce, ele gemi et souspira
parfondement, puis respondi : « Ha ! pitiez est morte.
Bone chose est à moi que je muire ovec mes enfanz. Or
est li tens venuz que nus consauz n'a mestier à trover
remede contre cest mal. Ce est une novele maniere de
tormenz que li oncle convoitent la mort de leur neveuz
simples et innocens. Certes moult ai grant duel, quant
je ai enfantez fiuz homicides et murtriers de leur
parenz et de leur char maismes. Se il ont autres de leur
parenz ocis qui deservi l'avoient et pour vengier la
doleur de leur mere, de ciaus ne parole je mie, mais de
ciaus où l'en ne puet trover nule cause de haine ne de
mesprison ; il n'ont nule raison de leur omrt, mais pour
ce seulement les volent ocire, que il volent avoir leur
heritage et le roiaume de leur pere. Ha ! il perissent ;
mais leur mort leur est à profit et à moi à doleur.
Lasse, dolente, quel porteure ai je faite ? Pourquoi
tendi je ainques mes mameles à ciaus qui me tolent
l'amor que je avoie à mes douz neveuz ? Ha ! mi enfant,
je sui cause de vostre perdition, qui par mon mauvais
amonestement enbati vostre pere ou peril de mort, dou
quel vous demorastes orphelin. Je avoie esté mere
mauvaies et maleureuse ; or voloie estre aiole plus
beneureuse ; je veoie le terme de ma vie approchier, si
voloie à mes neveuz conseillier ; or les volent cil
ocirre qui les deussent vers touz homes garantir et en
qui il deussent trover pitié et misericorde selonc
nature. Soverains Diex, ne met pas les ames d'aus
oveques les mauvais, ne ne soient pas tormenté es paines
d'enfer, ainz vuilles que il soient en pardurable
vie. » » Gaguin-Desrey, fol. XIv ne reproduit
pas cette lamentation.
Note n°7
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p.
131-132) : « Quant la roine [Clotilde] out ensi faite sa
lamentation seur ses neveuz, la voiz li rompi en parlant par la
grant compassion et la tres grant dleur que ele sentoit au cuer.
Quant ele fu revenue, et ele out repris son esprit, ele dist :
« Puisque il est ensi que la condition d'eslire l'un des
II m'est offerte ; que que il aviegne d'aus, je ne vuil pas
que il soient clerc. » La bone dame eslut ceste voie,
car ele ne cuidast pour riens que il les occisissent, ainz avoit
esperance que pitiez et nature les flechesist à faire tel
desloiautez et tel felonie ; ja soit ce que ele seust bien la
cruauté Clothaire, ele ne povoit croire que il pardurast en sa
felonie jusques au murtre de ses neveuz. Moult autrement avint
que ele ne cuida ». Gaguin-Desrey, fol. XIv continue de
résumer cet épisode après le récit de l'assassinat des enfants de
Clodomir : « Finablement, elle doubant, respondit qu'elle ne
voulloit ses nepveux estre presbstres, disant qu'elle nullement
craignoit que aux innocens peult estre faicte aucune violence.
Mais à ceulx qui de royaulme et domination ambicieux sont,
misericorde est odieuse. »
Note n°8
Aucune des
deux sources principales de Cretin ne précise lequel des fils nommés
de Clodomir est l'aîné et, lequel le second. Cretin suppose
vraisemblablement que le premier nommé dans la liste qu'il reprend à
Gaguin-Desrey aux v. 3850-3851 est effectivement l'aîné. Les deux
sources principales de la Chronique française
signalent plus loin que Cloud est le benjamin.GCF,
liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132) : « car li desloiaus
Clothaires prist l'ainzné des enfanz, si le flati contre terre,
si li lança un coutel parmi les costez et li toli la vie et son
regne. Quant li mainnez vit que ses freres fu ocis, il fu moult
espoantez ; si ne fu pas de merveille ; au roi Childebert s'en
corut plorant, puis s'aerdi à ses jambes ; merci li cria moult
piteusement et li proia que il apaisast le mautalent son oncle
envers lui. Cil qui fu meuz de pitié, ou fist semblant que il en
fust meuz, dist à son frere que il amoliast l'ire de son cuer
par la contemplation de nature, et que il meist droit naturel
seur le movement d'ire, et se il voloit ce faire, il liprometoit
tel guerredon com il vorroit pour ceste chose et en lieu de
ceste bonté. » Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Devant
lesquelz [Clotaire et Childebert] [les enfants de Clodomir]
amenez, incontinent Clotaire mist la main au plus aisné, luy
traversa une espee parmy le ventre et mort le jetta contre
terre. L'autre, espouenté, se va mettre entre les bras de
Childebert, le suppliant qu'il le vousist de mort preserver,
lequel soit qu'il feignist misericorde ou que à la verité il
eust compassion de l'enfant, s'efforça appaiser
Clotaire. »
Note n°9
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132-133) :
« Li rois Clothaires li respondi : « Tu qui es
menistres de cest fait, pourquoi feis-tu semblant que tu
voilles avoir pitié de li ? Boute le en sus de toi, ou tu
morras en lieu de lui. » Childeberz qui douta la
cruauté son frere, ne ne pout ne ne vout aler contre sa volenté,
bouta l'enfant qui à lui s'estoit aers ; cil li combra tantost
et l'ocist en autel maniere com il avoit l'autre ocis. »
Gaguin-Desrey, fol. XIr-v : « Auquel [Childebert] le roy
[Clotaire] facille à couroucer et plain de felonnie, dit :
« Tu es (dit il) inventif et aucteur de ce crime, et
maintenant te repens du conseil. Fay de deux choses l'une :
jette hors de toy celluy que tu tiens, ou toy mesmes reçoy
mort par mes mains. » À ces parolles a laissé Clotaire
l'enfant mist en pieces. »
Note n°10
Cretin ne rapporte pas la fin de l'épisode tel que
le rapportent ses deux sources principales. GCF, liv.
I, chap. 9 (vol. 1, p. 133) : « Clodoualz li tierz des enfanz,
qui out veu ses II freres ocire, fu moult plus ententis à sauver
sa vie que à requerre son regne ; il eschapa de ce peril par
l'aide d'aucuns prodomes qui pitié en ourent, puis fu il
presrtes sacrez et hons de sainte vie et de sainte conversation.
Morz fu mis en sepouture ou terreoir de Paris, en une vile qui a
non Nojent. Li miracle que Nostre Sires fist puis pour lui sont
signe que il soit en pardurable vie. Quant li desloiaus out ensi
ses neveuz occis, ce ne le fu pas assez, ainz occist les
norrices en autel maniere come les enfanz, puis onta entre lui
et sa gent, si se departi de Paris. » Gaguin-Desrey, fol.
XIv est plus lapidaire : « Voyant Cloud les roys [Clotaire et
Childebert] ententifs à la mort de leurs nepveux, avec l'aide
des seigneurs eschappa et print l'ordre de clargise et fut
presbtre. Mena vie trés religieuse. Escrivent aucuns que les
nourices furent occises avec les enfans. »
Note n°11
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 133) :
« La sainte roine Crothilde prist les cors de ses neveuz en
granz pleurs et en granz lermes ; atorner et enbasmer les fist,
puis les fist enterrer en l'eglise Saint Pere, qui ore est dite
Sainte Geneveve, delez leur aïel le fort roi Clodovée. »
Gaguin-Desrey, fol. XIv ne donne pas le lieu d'inhumation des
enfants de Clodomir.
Note n°12
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Jaçoit que la royne
Clotilde portst patientement et prudamment la tant cruelle mort
de ses nepveux, toutesvoyes les esmeutes des guerres ensuyvans
la consommerent en miserable sollicitude. » Les
GCF ne font pas référence à la réaction de
Clotilde aux guerres dont le récit suit.
Note n°13
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Thierry (que j'ay cy dessus
escript avoir eu la seigneurie de Metz en Lorrainne) de ce monde
appellé, Thidebert son filz print le royaulme paternel, lequel
au mandement de Childebert, roy de Paris, luy donna aide et
faveur, associé en la guerre que par longtemps avoit icelluy
Childebert machiné en son couraige à l'encontre de Clotaire. Par
quoy leurs armees joinctes en pareille foy, delibererent aller
contre Clotaire. » Cretin reprend la longueur du règne aux
GCF, liv. II, chap. 11 (vol. 1, p. 138), qui
rapportent cet épisode après plusieurs des comptes rendus que la
Chronique française ne rapporte pas : « Li
rois Theoderis fu forment agregiez de maladie ; de cest siecle
trespassa, quant il out regne XXX anz. Le regne reçut après sa
mort Theodeberz ses fiuz. »
Note n°14
Cette morale
conclusive est de Cretin.
Aix419 L'est
#BnFfr2817 Childerich leçon rejetée
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Childebert
BnFfr17274 empescherent
BnFfr17274 pescherent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.vingt.iiiie.
BnFfr23145 voulloir
BnFfr4967 permectre
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 persecutïon
Vat966 monde
Aix419 ses
BnFfr17274, BnFfr23145 leurs
BnFfr4967 De
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 en
Aix419 Doncques
Vat966 à
BnFfr17274 om.
BnFfr17274
bien
BnFfr23145 entendre aussi
Aix419 om.
Aix419 om.
BnFfr23145 garder
Vat966 Or
BnFfr23145 et
BnFfr17274, Vat966 De ;
Aix419 Des
Vat966 mes
Aix419 se
BnFfr17274 eulx
BnFfr4967 om.
Vat966 armes
Vat966 aux infimes
Aix419 fault
BnFfr23145 empeschast
BnFfr23145 laissast
BnFfr23145, BnFfr5299 des
Aix419 laisser
BnFfr23145 mes mains
Vat966 om.
BnFfr23145 om.
BnFfr17274 Le
BnFfr17274 ung sepulcre
BnFfr23145 Tout
BnFfr4967 et
BnFfr23145, BnFfr5299 roy de
BnFfr23145 en
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Lors
BnFfr23145 tout
BnFfr23145 om.









§ Ceſt . quil ny eut foy / promeſſes / ne veuz Qui Childerich et Clotaire empeſchaſſent Que par fureur cruelle ne peſchaſſent [4300] Emmy le ſang de leurs propres nepueuz.
§ Chapitre. xxiiiie .
Childebert et Clotaire machinent la mort des troys filz Clodomire.Fo XCIV Ce temps pendāt que les freres menerent Si foꝛte guerre / et tant ſe aguillonnerent Que lun euſt bien voulu auoir menge Le cueur de lautre / affin deſtre venge [4305]Du couroux plein de felonnye amere Dedans Paris Clotilde la leur mere Les trois enfans Clodomire tenoit En ſa maiſon / les amoit / maintenoit Et nourriſſoit tout vng et de meſme elle [4310]Dauſſi bon cueur que donne la mamelle Vne nourriſſe a ſon petit enfant De leur eſtat pꝛoſpere et triumphant Eut Childebert leur oncle telle enuie Quil machina ne les permectre en vie [4315]Penſant que ainſi les vouloit gouuerner Leur mere gꝛand / pour les faire regner Par quoy ne ſceut ce mauluais vouloir taire Quil ne le diſt a ſon frere Clotaire Le quel ſaiſy du deſir couuoyteux [4320]Se y accoꝛda /. et conclurent eulx deux Les mectre a moꝛt / pour faire le partaige De leur pays et royal heritaige Dont deſirans la pꝛoſecution Du crime mectre a execution [4325]Deuers leur mere enuoyerent meſſaiges
Clotilde enuoye les troys enfans a ſes deux oncles. La depꝛier que au iugement des eaiges De leurs nepueuz / ſon plaiſir feuſt pour veoir Sil ſeroit temps les faire tous pouruoir De leur totalle attente paternelle [4330]Les enuoyer arriere de ſon aelle Iuſques vers eulx / affin de leur monſtrer Lart militaire / et les faire adextrer §Clotilde loꝛs ioyeuſe du meſſaige Ne deſirant en ce mondain paſſaige [4335]Nul plus gꝛand bien actendꝛe ou eſperer Foꝛs veoir ces troys beaulx enfans pꝛoſperer Car bien penſoit les oncles debuoir pꝛendꝛe Ioye et ſoulaz a leurs nepueux appꝛendꝛe Et leur donner faueur / ayde et ſuppoꝛt [4340]Se conſentit den faire le tranſpoꝛt Mais ces peruers meurdꝛiers / quant ilz les veyꝛent Autre homme expꝛes deuers elle tranſmirent Sans differer iuſques au lendemain Qui luy poꝛta le glayue en vne main [4345]Et vne foꝛce a lautre /. Helas adoncques La bonne dame eut de lennuy plus qu oncques Si demanda raiſon luy aſſigner Que ce vouloit conclure et deſigner Et luy fut dit quil conuenoit eſlire [4350]Lun de ces deux / et que bien pouoit lire
Leſpee et forces a Clotilde enuoyes par ſes deux enfans.Fo XCV En celluy glayue eſtre l occiſion Des ditz enfans /. Autre deciſion Debuoit auſſi entendꝛe de la foꝛce Qui deſignoit le pꝛeſaige par foꝛce [4355]Les faire tondꝛe /. et en religion Les rendꝛe eulx troys /. Loꝛs vne legion De diuers maulx / et angoiſſes dolentes Son triſte cueur dempꝛainctes violentes Saiſirent tant / que a gꝛandz ruiſſeaulx de pleurs [4360]Fiſt regꝛetz / pleins dagꝛauantes douleurs Diſant ces motz /. O mere malheureuſe Laſſe dolente / afflicte et douloureuſe Comment teſt il ainſi meſaduenu ? Teſt auiourduy ſi gꝛand malheur venu ? [4365] Iuſques a veoir que enfans tant ſe deſuoyent De meurdꝛir ceulx que pꝛeſeruer debuoyent ? Sont oncles plains de telle cruaulte ? Ont ilz en eulx telle deſloyaulte ? Auſterite de fiere felonnie [4370] Mect elle gentz a telle tirannie Quelle les face a la moꝛt conſentir De leurs nepueuz / pour la fureur ſentir De ſi hoꝛrible et criminelle raige Leur pꝛopꝛe ſang eſpendꝛe par oultraige ? [4375] O mes enfans ſi tendꝛement nourriz
Plainctes de Clotilde pour les troys enfans de Clodomire En pleurs et plaings ſont conuertiz noz riz En douleurs veoy mes ioyes tranſpoꝛtees Oꝛ ay ie fait malheureuſes poꝛtees En ceulx que veoy (ainſi que dire puys) [4380] Meſtre peruers / que ie penſoye appuys Et ſeurs baſtons de ma foyble vieilleſſe Dont bien affiert que deſir et vueil laiſſe Diceulx aymer / que ay nourriz / alaictez Et tant cheriz / quant rendent alittez [4385] Tous mes cinq ſens / et fault quen dueil ie pleure Pour en regꝛetz piteux mauldire lheure Que oncques voulu la moꝛt faire venger Des miens parentz /. Car ce moꝛtel danger En veoy venir /. dont remoꝛs me impꝛopere [4390] Auoir cauſe la moꝛt deulx et leur pere O mere amere / oꝛ es tu miſe es laz Dennuyeux dueil plein dimmoꝛtelz helas Las chiers enfans /. ie ſuys la cauſe ſeulle De voſtre moꝛt /. O malheureuſe ayeulle [4395] Pour quoy as tu conſenty de partir Ceulx qui plaiſirs te ſceurent departir Pour quoy as tu ſi toſt menſonge creue Qui ſoubz dolent couroux te rend recreue Pour quoy nes tu allee auecques ceulx [4400] Dont te conuient poꝛter dueil angoiſſeux
La piteuſe reſponſe de Clotilde au meſſaige de ſon filz Clotaire.Fo XCVI Dieu eternel qui loyers / en reſerue Gardes aux bons /. Ie te ſupply pꝛeſerue Ces oꝛphenins /. Et ſe fiere Atropos Saiſit leurs coꝛps / donne aux ames repos [4405] La ſus au ciel / et naillent par les crimes . Des oncles leurs es infernaulx abiſmes. §Quant longuement eut ploure / lamente Et de ſouſpirs le ſien cueur tourmente Vers le poꝛteur tourna ſa triſte face [4410]Et diſt ainſi /. Amy affin que face Reſponſe a deux pꝛopos que mappoꝛtez Faictes aux roys voz maiſtres rappoꝛtz telz. Ceſt. puys quil fault que des deux lun eſliſe Pour riens ne vueil permectre eſtre degliſe [4415] Les leurs nepueuz /. Le ſurplus / deſoꝛmais Sur le peril de leurs ames remectz Cela diſoit / eſperant a par elle Que amour de ſang et pitie naturelle Diuertiroyent leurs durs et felons cueurs [4420]Dexecuter ſi cruelles rigueurs Et ne penſaſt iamais que tant voulſiſſent Eſtre cruelz / et que innocens occiſſent Mais autrement a celle heure en alla Car auſſitoſt que leur homme fut la [4425]Et eut poꝛte reſponſe de la royne
Clotaire occit deux enfans de ſon frere Clodomire. Ce faulx Clotaire / en rompant frein et reſne De foy / amour / et naturelz accoꝛdz Tira leſpee / et treſperſa le coꝛps De Thidouault filz aiſne /. Luy par terre [4430]Moꝛt extendu /. Gonthier fuyant gꝛand erre Se alla gecter aux bꝛaz de Childebert Luy ſuppliant ſur le peril appert L ire appaiſer de ſon oncle /. et tant faire Quil lempeſchaſt de loccire et deffaire [4435]Adoncq faignant auoir de luy pitie Pꝛia Clotaire / a ce que damytie Le delaiſſaſt / diſant aſſez ſouffire Lexploict ia fait /. Loꝛs ainſi que eſchauffe ire Vng cueur felon / luy diſt /. Ha meſchant /. Si [4440] Tu as eſte inuentif de cecy Veulx tu tenir maintenant de la lune En variant /. faiz de deux choſes lune Ou laiſſe aller celluy que en tes bꝛaz tiens Ou pꝛens conge du monde et tous les tiens [4445] Car de ma main mourras ceſte meſme heure Ce mot ouy /. Childebert ſans demeure Lenfant laſcha / qui fut en pieces mys Cloud le puiſne / par aulcuns ſes amys Voyans Clotaire au ſang des ſiens aſpꝛe eſtre [4450]Fut pꝛeſerue /. Depuys il ſe fiſt pꝛeſtre
De ſainct Cloud./ et la ſepulture de ſes deux petitz freres occis.Fo XCVII Et en leſtat durans ſes iours veſquit Si ſainctement en debuoir et acquit Dhonneſtete / fuyant tout vice immunde Quil eut la gꝛace et de Dieu et du monde [4455]Donnant la vie a maint poure indigent Luy decede eut ſepulchꝛe a nogent Pꝛes de paris /. Et pour ſa renommee La place fut / et eſt sainct cloud nommee Ou il reluyſt en miracles et faictz [4460]Signes monſtrans de tres dignes effectz Les coꝛps des deux enfans occis / fiſt pꝛendꝛe A gꝛand douleur / Clotilde pour les rendꝛe En ſepulture / enuiron le cercueil Du roy Clouys ſon eſpoux / leur ayeul. [4465] Iacoit pourtant que ceſte moꝛt cruelle Patiemment poꝛtaſt / en ſon cueur /. elle Ce neantmoins dennuyeuſe langueur Fut affligee en voyant la rigueur De ſes deux filz Childebert et Clotaire [4470] Dont demoura penſifue et ſolitaire Car peu de iours ilz maintindꝛent pꝛopos De donner paix lun a lautre / et repos Mais ſtimulans moyens daigꝛes diuoꝛſes A lourdz exces employerent leurs foꝛces [4475]§Sur ces debatz / noyſes / commotions
La mort de Thierry roy de metz et de lorraine. Inimitiez / fieres ſommations Murmures gꝛandz / menaces poꝛtans erres De durs aſſaultz et oultraigeuſes guerres La bonne dame a ſes amys pꝛiuez [4480]Plainctes faiſoit de tels maulx arriuez En ſouhaictant moꝛt pꝛouchaine luy eſtre Pour loſter hoꝛs de ce malheureux eſtre §Peu temps apꝛes / Thierry le roy de Metz Enfin ſeruy du froid et royde metz [4485]Dont la fatale humains ſert et appelle Pour les loger a coup de pic et pelle Au reng des coꝛps treſpaſſez actendans Le iugement / apꝛes regner trente ans Courans cinq centz quarante et quatre en nombꝛe [4490]Des ans de gꝛace / eut lieu au terreſtre vmbꝛe Theodebert ſon filz tint apꝛes luy Le ſien royaume /. Et treuue que celluy Fut adherant a Childebert / pour faire Guerre a Clotaire / en le voulant deffaire /. [4495]Ainſi voyt on combien diſcoꝛd / damys Trouble exceſſif enmy le monde a mys Et fait des maulx foꝛt pꝛeiuditiables Entre gꝛos cueurs dhommes inſatiables Si neſt la fin du conte a cela pꝛes [4500]Nous en verrons bien dautres cy apꝛes
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§C'est+L'est [Aix419] qu'il n'y eut foy, promesses, ne veuz, Qui Childebert+Childerich leçon rejetée [#BnFfr2817]Childebert [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514]Childebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
1 et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
empeschassent+empescherent [BnFfr17274] Que, par fureur crüelle, ne peschassent+pescherent [BnFfr17274] [4300] Emmy le sang de leurs propres nepveuz.
§ Chapitre xxiiiie +om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre.vingt.iiiie. [Cha514]
ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
machinent la mort des troys filz ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
Ce temps pendant que les freres menerent Si forte guerre, et tant se aguillonnerent Que l'un eust bien voulu avoir mengé Le cueur de l'autre2, affin d'estre vengé [4305]Du couroux plein de felonnye amere, Dedans Paris, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, la leur mere, Les trois enfans ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
tenoit En sa maison, les amoit, maintenoit Et nourrissoit, tout ung et de mesme elle, [4310]D'aussi bon cueur que donne la mamelle Une nourrisse à son petit enfant3. De leur estat prospere et triumphant Eut ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, leur oncle, telle envie Qu'il machina ne les permectre en vie, [4315]Pensant que ainsi les vouloit gouverner Leur mere grand, pour les faire regner. Par quoy ne sceut ce maulvais vouloir taire, Qu'il ne le dist à son frere ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, Lequel saisy du desir+voulloir [BnFfr23145] couvoyteux, [4320]Se y accorda. Et conclurent eulx deux Les mectre+permectre [BnFfr4967] à mort, pour faire le partaige De leur paÿs et royal heritaige. Dont desirans la prosecutïon+persecutïon [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514] Du crime mectre à executïon, [4325]Devers leur mere envoyerent messaiges
ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
envoye les troys enfans à ses deux oncles La deprier que au jugement des eaiges De leurs nepveuz, son plaisir feust pour veoir S'il seroit temps les faire tous pourvoir De leur totalle attente paternelle, [4330]Les envoyer arriere de son aelle Jusques vers eulx, affin de leur monstrer L'art militaire et les faire adextrer. §ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, lors joyeuse du messaige, Ne desirant, en ce mondain+monde [Vat966] passaige, [4335]Nul plus grand bien actendre ou esperer, Fors veoir ces+ses [Aix419] troys beaulx enfans prosperer, Car bien pensoit les+leurs [BnFfr17274, BnFfr23145] oncles debvoir prendre Joye et soulaz, à leurs nepveux apprendre, Et+De [BnFfr4967] leur donner faveur, ayde et support, [4340]Se consentit d'en faire le transport4. Mais ces pervers meurdriers, quant ilz les veyrent, Autre homme exprés devers elle transmirent, Sans differer jusques au lendemain, Qui luy porta le+la [BnFfr17274] glayve en+à [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] une main [4345]Et une force à+en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966] l'autre. Helas ! Adoncques+Doncques [Aix419] La bonne dame eut de l'ennuy plus qu' oncques. Si demanda raison luy assigner Que ce vouloit conclure et+à [Vat966] designer, Et luy fut dit qu'il convenoit eslire [4350]L'un de ces deux, et que bien+om. [BnFfr17274] pouoit + bien [BnFfr17274] lire
L'espee et forces à ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
envoyés par ses deux enfans En celluy glayve estre l' occisïon Des ditz enfans. Autre decisïon Debvoit aussi entendre+entendre aussi [BnFfr23145] de la force Qui designoit le presaige : par force [4355]Les faire tondre et en religïon Les rendre eulx troys5. Lors, une legïon De divers maulx et angoisses dolentes Son triste cueur, d'emprainctes vïolentes, Saisirent tant que à grandz ruisseaulx de pleurs [4360]Fist regretz pleins d'agravantes douleurs, Disant ces motz : « O mere malheureuse, Lasse, dolente, afflicte et douloureuse, Comment t'est il ainsi mesadvenu ? T'est aujourd'uy si grand malheur venu [4365] Jusques à veoir que+om. [Aix419] enfans tant se+om. [Aix419] desvoyent, De meurdrir ceulx que preserver+garder [BnFfr23145] debvoyent ? Sont oncles plains de telle cruaulté ? Ont ilz en eulx telle desloyaulté ? Austerité de fiere felonnie [4370] Mect elle gentz à telle tirannie Qu'elle les face à la mort consentir De leurs nepveuz ? Pour la fureur sentir De si horrible et criminelle raige, Leur propre sang espendre par oultraige ? [4375] O+Or [Vat966] mes enfans, si tendrement nourriz,
Plainctes de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
pour les troys enfans de ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
. En pleurs et plaings sont convertiz noz riz ! En douleurs veoy mes joyës transportees ! Or ay je fait malheureuses portees En ceulx que veoy, ainsi que dire puys, [4380] M'estre pervers, que je pensoye appuys Et seurs bastons de ma foyble vieillesse ! Dont bien affiert que desir et vueil laisse D'iceulx aymer que ay nourriz, +et [BnFfr23145] alaictez, Et tant cheriz, quant rendent alittez [4385] Tous mes cinq sens . Et fault qu'en dueil je pleure, Pour, en regretz piteux, mauldire l'heure Que oncques voulu la mort faire venger Des+
De [BnFfr17274, Vat966] ;
Des [Aix419]
miens+mes [Vat966] parentz ! Car ce+se [Aix419] mortel danger
En veoy venir, dont remors me
impropere
[4390]
Avoir causé la mort d'eulx
et leur pere.
O mere amere, or es tu mise ès
laz+lacz [BnFfr17274, Aix419]lacs [BnFfr23145]
D'ennuyeux dueil, plein
d'immortelz helas !
Las, chiers enfans, je suys la cause seulle
De vostre mort ! O malheureuse ayeulle !
[4395]
Pourquoy as
tu consenty de
partir
Ceulx qui plaisirs te sceurent departir ?
Pourquoy as
tu si tost mensonge creue
Qui, soubz
dolent couroux, te rend
recreue ?
Pourquoy
n'es tu allee avecques ceulx+eulx [BnFfr17274]
[4400]
Dont te convient porter
dueil angoisseux ?
La piteuse response de ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
au messaige de son filz ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme eternel, qui loyers en reserve Gardes aux bons, je te supply, preserve+om. [BnFfr4967] Ces orphenins ! Et se fiere AtroposAtropos Divinité de la mythologie grecque, une des Moires, coupant le fil de la vie Saisit leurs corps, donne aux ames+armes [Vat966] repos [4405] La sus au ciel, et n'aillent, par les crimes+aux infimes [Vat966] Des oncles leurs, ès+De leurs parens, aux [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299]Lieux tenebreux des tartares [Vat966] infernaulx abismes6 ! » §Quant longuement eut plouré, lamenté Et, de souspirs, le sien cueur tourmenté, Vers le porteur tourna sa triste face [4410]Et dist ainsi : « Amy, affin que face Response à deux propos que m'apportez, Faictes aux roys voz maistres rapportz telz. C'est, puysqu'il fault que des deux l'un eslise, Pour riens ne vueil permectre estre d'eglise [4415] Les leurs nepveuz. Le surplus desormais Sur le peril de leurs ames remectz. » Cela disoit, esperant à par elle Que amour de sang et pitié naturelle Divertiroyent leurs durs et felons cueurs [4420]D'executer si crüelles rigueurs. Et ne pensast jamais que+pensoit que jamais [BnFfr23145]pensast que jamais [BnFfr4967, BnFfr5299] tant voulsissent Estre crüelz et que innocens occissent. Mais autrement à celle heure en alla7. Car aussitost que leur homme fut là [4425]Et eut porté response de la royne,
ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
occit deux enfans de son frere ClodomireClodomir (01/01/495 — 21/06/524) Roi des Francs d'Orléans (511-524)
Ce faulx+fault [Aix419] ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, en rompant frein et resne De foy, amour et naturelz accordz, Tira l'espee et trespersa le corps De ThidouaultThéodebald II ( — ) Prince franc, fils de Clodomir, filz aisné. Luy par terre, [4430]Mort, extendu, GonthierGonthier (VIe siècle — ) Prince mérovingien, fuyant grand erre, Se alla gecter aux braz de ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, Luy supplïant, sur le peril appert, L' ire appaiser de son oncle, et tant faire Qu'il l'empeschast+empeschast [BnFfr23145] de l'occire et deffaire. [4435]Adoncq faignant avoir de luy pitié, Pria ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
à ce que d'amytié Le delaissast+laissast [BnFfr23145], disant assez souffire L'exploict ja fait8. Lors, ainsi que eschauffe ire Ung cueur felon, luy dist : « Ha meschant ! Si [4440] Tu as esté inventif de cecy, Veulx tu tenir maintenant de la lune En varïant ? Faiz de+des [BnFfr23145, BnFfr5299] deux choses l'une : Ou laisse+laisser [Aix419] aller celluy que en tes braz tiens, Ou prens congé du monde et tous les tiens, [4445] Car de ma main+mes mains [BnFfr23145] mourras ceste mesme heure. » Ce mot ouÿ, ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, sans demeure, L'enfant lascha, qui fut en pieces mys9. CloudClodoald (524 — 07/09/560) Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de Clovis, le+om. [Vat966] puisné, par aulcuns ses amys Voyans ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
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au sang des siens aspre estre, [4450]Fut preservé. Depuys il se fist prestre
De sainct CloudClodoald (524 — 07/09/560) Saint catholique et orthodoxe du VIe siècle, ermite et moine, petit-fils de Clovis et la sepulture de ses deux petitz freres occis Et, en l'estat, durans ses jours, vesquit Si sainctement en debvoir et acquit D'honnesteté, fuyant tout vice immunde, Qu'il eut la grace et+om. [BnFfr23145] de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme et du monde, [4455]Donnant la vie à maint povre indigent. Luy decedé, eut sepulchre à Nogent, Prés de Paris. Et pour sa renommee, La place fut et est Sainct Cloud nommee, Où il reluyst en miracles et faictz, [4460]Signes monstrans de trés dignes effectz10. Les+Le [BnFfr17274] corps des deux enfans occis fist prendre, À grand douleur, ClotildeClotilde (entre 474 et 475 — 03/06/545) Princesse burgonde (474-493)
Reine des Francs (493-511)
, pour les rendre En sepulture+ung sepulcre [BnFfr17274] environ le cercueil Du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, son espoux, leur ayeul11. [4465]Jaçoit pourtant que ceste+c'estoit [BnFfr23145]ceston [BnFfr5299] mort crüelle Patïemment portast en son cueur, elle, Ce neantmoins, d'ennuyeuse langueur Fut affligee, en voyant la rigueur De ses deux filz, ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
et ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
, [4470] Dont+Tout [BnFfr23145] demoura pensifve et solitaire, Car peu de jours ilz maintindrent propos De donner paix, l'un à l'autre, et repos. Mais stimulans moyens d'aigres divorses, À lourdz excés employerent leurs forces. [4475]§Sur ces debatz, noyses, commotïons,
La mort de ThierryThierry Ier (485 — 534) Roi des Francs de Metz (511-534)
roy de Metz et de Lorraine Inimitiez, fieres sommatïons, Murmures grandz, menaces portans erres De durs assaultz et oultraigeuses guerres, La bonne dame, à ses amys privez, [4480]Plainctes faisoit de+et [BnFfr4967] tels maulx arrivez, En souhaictant mort prouchaine luy estre, Pour l'oster hors de ce malheureux estre12. §Peu temps aprés, ThierryThierry Ier (485 — 534) Roi des Francs de Metz (511-534)
, le roy de Metz , Enfin servy du froid et royde+roy de [BnFfr23145, BnFfr5299] metz [4485]Dont la fatale humains sert et appelle Pour les loger, à coup de pic+pied [BnFfr4967] et pelle, Au reng des corps trespassez, actendans Le jugement, aprés regner trente ans, Courans cinq centz quarante et quatre en nombre [4490]Des ans de grace, eut lieu au+en [BnFfr23145] terrestre umbre. +Lors [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] TheodebertThéodebert Ier (entre 496 et 505 — 548) Roi des Francs de Metz (534-548)
, son filz, tint+tout [BnFfr23145] aprés luy Le sien royaume. Et treuve que celluy Fut adherant à ChildebertChildebert Ier (01/01/497 — entre 13/12/558 et 25/12/558) Roi des Francs de Paris (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
, pour faire Guerre à ClotaireClotaire Ier (circa 498 — entre 29/11/561 et 31/12/561) Roi des Francs (558-561)
Roi des Francs de Soissons (511-558)
Roi des Francs d'Orléans (524-558)
Roi des Francs d'Austrasie (555-558)
en le voulant deffaire13. [4495]Ainsi voyt on combien discord d'amys Trouble excessif enmy le monde a mys, Et fait des maulx fort+om. [BnFfr23145] prejuditïables, Entre gros cueurs d'hommes insatïables14. Si n'est la fin du conte à cela prés, [4500]Nous en verrons bien d'autres cy aprés.
Note n°1
Il s'agit bien de Childebert et non de
Childerich, comme cela apparaît dans le manuscrit de base. Cette
erreur évidente du copiste du manuscrit BnF fr. 2817 est
corrigée dans tous les autres témoins. La suite du chapitre,
ainsi que le titre courant qui succède immédiatement ce quatrain
introducteur, ne laissent aucun doute sur le fait que ce n'est
pas Cretin qui confond ces figures, mais qu'il s'agit bien d'une
erreur de copie.
Note n°2
Acte de vengeance par
excellence ; l'expression figure dans Le Voyage de
Naples d'André de La Vigne composé en 1497 (éd. Anna
Slerca, Milano, Vita e Pensiero, 1981, v. 1495).
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Cependant que les freres
s'eguillonnoient par hayne et inimitié, leur mere Clotilde
entretenoit et allimentoit à Paris ses nepveux, enfans de
Clovemyre, comme s'il fusent les siens propres. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) : « La
bone dame Crotilde, la roine, demoroit adonc à Paris ; là
norrissoit ses neveuz, les fiuz le roi Clodomire, en grant
chierté et en grant amor. »
Note n°4
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « De ceste suspicion
feru Childebert que la royne les nourrissoit pour regner,
appella son frere Clotaire auquel il declaira la pensee qu'il a
de sa mere et de ses nepvex. Leur pleust par ung nommé Archadye
envoyer vers eux afin de les veoir et congnoistre se leur aage
(l'héritaige party entre eux) seroit idoyne et suffisante pour
seigneurier et dominer. Clotilde, joyeuse de ces nouvelles,
laissa aller ses nepveux et les recommanda à leurs
oncles. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) :
« Childeberz, qui rois estoit de Paris, avoit moult grant
mautalent et moult grant envie de ce que il veoit que ele les
tenoit si chiers, car il cuidoit que l'amor et l'afection que sa
mere deust avoir envers lui fust amenuisié en ce que ele les
amoit tant. Pour occasion de ceste jalousie apelson frere
Clothaire le roi de Mez ; ensemble se conseillierent coment il
porroient avoir les enfanz par devers iaus pour ocire. Pour ce
que mauvais ont tost trové voie et achaison de parfaire leur
mal, il manderent à leur mere que ele leur envoiast leur neveuz,
car il les voloient vooir, et savoir se il estoient encor en
aage de leur terres tenir, que il leur voloient livrer. La
roine, qui pas ne savoir la desloiauté que cil avoient
pourpallée, leur envoia les enfanz. Moult avoit grant joie de ce
que il li sembloit que il les amoient et que il avoient bon
conseil vers iaus. Livré furent aus messages qui de par les rois
i estoient envoié. »
Note n°5
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130) :
« Quant cil [les messagers de Childebert et Clotaire] s'en
furent parti et il ourent les enfanz à leur oncles livrez,
autres messages revindrent maintenant à la roine de par ses
fiuz, qui li aporterent une espée et unes forces. Quant ele vit
ce, elle demanda que ce segnefoit. Li uns des messages, qui
Veridaires avoit non, li respondi : « Dame, ce te mandent ti
fil que tu eslises et prengnes lequel que tu vourras de II
choses, ou ti neveu soient mis en religion et tondu de ces
forces, ou que il soient ocis de ceste espée, car il covient
faire lequel que soit de ces II choses. » »
Gaguin-Desrey, fol. XIr ignore cet épisode à cet endroit du récit,
mais en donne un résumé plus loin, fol. XIv, après avoir relaté
l'assassinat des enfants de Clodomir : « Escrivent aucuns [...]
que avant la cruaulté de cestuy crime et le premier message de
Archadie de amener les enfans aux roys, avoir proposé aultre
chose non moyns inhumaine, c'est assavoir que par injunction
royalle ung nommé Vridan, domestique, estoit allé vers Clotilde,
à laquelle avoit offert et presenté ung cousteau et une force.
Clotilde, aprés qu'elle eut longuement pensé que signifioit ce
present doubteux, tantost fist la question à Vridan, lequel
respondit que par le glesve la mort et par la force l'ordre
presbiteral estoient prefigurez en ces nepveux, attendant cestuy
messager Vridan sçavoir lequel des deux la royne vouloit
choisir. ».
Note n°6
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130-131) :
« Quant la roine [Clotilde] oï ce, ele gemi et souspira
parfondement, puis respondi : « Ha ! pitiez est morte.
Bone chose est à moi que je muire ovec mes enfanz. Or
est li tens venuz que nus consauz n'a mestier à trover
remede contre cest mal. Ce est une novele maniere de
tormenz que li oncle convoitent la mort de leur neveuz
simples et innocens. Certes moult ai grant duel, quant
je ai enfantez fiuz homicides et murtriers de leur
parenz et de leur char maismes. Se il ont autres de leur
parenz ocis qui deservi l'avoient et pour vengier la
doleur de leur mere, de ciaus ne parole je mie, mais de
ciaus où l'en ne puet trover nule cause de haine ne de
mesprison ; il n'ont nule raison de leur omrt, mais pour
ce seulement les volent ocire, que il volent avoir leur
heritage et le roiaume de leur pere. Ha ! il perissent ;
mais leur mort leur est à profit et à moi à doleur.
Lasse, dolente, quel porteure ai je faite ? Pourquoi
tendi je ainques mes mameles à ciaus qui me tolent
l'amor que je avoie à mes douz neveuz ? Ha ! mi enfant,
je sui cause de vostre perdition, qui par mon mauvais
amonestement enbati vostre pere ou peril de mort, dou
quel vous demorastes orphelin. Je avoie esté mere
mauvaies et maleureuse ; or voloie estre aiole plus
beneureuse ; je veoie le terme de ma vie approchier, si
voloie à mes neveuz conseillier ; or les volent cil
ocirre qui les deussent vers touz homes garantir et en
qui il deussent trover pitié et misericorde selonc
nature. Soverains Diex, ne met pas les ames d'aus
oveques les mauvais, ne ne soient pas tormenté es paines
d'enfer, ainz vuilles que il soient en pardurable
vie. » » Gaguin-Desrey, fol. XIv ne reproduit
pas cette lamentation.
Note n°7
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p.
131-132) : « Quant la roine [Clotilde] out ensi faite sa
lamentation seur ses neveuz, la voiz li rompi en parlant par la
grant compassion et la tres grant dleur que ele sentoit au cuer.
Quant ele fu revenue, et ele out repris son esprit, ele dist :
« Puisque il est ensi que la condition d'eslire l'un des
II m'est offerte ; que que il aviegne d'aus, je ne vuil pas
que il soient clerc. » La bone dame eslut ceste voie,
car ele ne cuidast pour riens que il les occisissent, ainz avoit
esperance que pitiez et nature les flechesist à faire tel
desloiautez et tel felonie ; ja soit ce que ele seust bien la
cruauté Clothaire, ele ne povoit croire que il pardurast en sa
felonie jusques au murtre de ses neveuz. Moult autrement avint
que ele ne cuida ». Gaguin-Desrey, fol. XIv continue de
résumer cet épisode après le récit de l'assassinat des enfants de
Clodomir : « Finablement, elle doubant, respondit qu'elle ne
voulloit ses nepveux estre presbstres, disant qu'elle nullement
craignoit que aux innocens peult estre faicte aucune violence.
Mais à ceulx qui de royaulme et domination ambicieux sont,
misericorde est odieuse. »
Note n°8
Aucune des
deux sources principales de Cretin ne précise lequel des fils nommés
de Clodomir est l'aîné et, lequel le second. Cretin suppose
vraisemblablement que le premier nommé dans la liste qu'il reprend à
Gaguin-Desrey aux v. 3850-3851 est effectivement l'aîné. Les deux
sources principales de la Chronique française
signalent plus loin que Cloud est le benjamin.GCF,
liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132) : « car li desloiaus
Clothaires prist l'ainzné des enfanz, si le flati contre terre,
si li lança un coutel parmi les costez et li toli la vie et son
regne. Quant li mainnez vit que ses freres fu ocis, il fu moult
espoantez ; si ne fu pas de merveille ; au roi Childebert s'en
corut plorant, puis s'aerdi à ses jambes ; merci li cria moult
piteusement et li proia que il apaisast le mautalent son oncle
envers lui. Cil qui fu meuz de pitié, ou fist semblant que il en
fust meuz, dist à son frere que il amoliast l'ire de son cuer
par la contemplation de nature, et que il meist droit naturel
seur le movement d'ire, et se il voloit ce faire, il liprometoit
tel guerredon com il vorroit pour ceste chose et en lieu de
ceste bonté. » Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Devant
lesquelz [Clotaire et Childebert] [les enfants de Clodomir]
amenez, incontinent Clotaire mist la main au plus aisné, luy
traversa une espee parmy le ventre et mort le jetta contre
terre. L'autre, espouenté, se va mettre entre les bras de
Childebert, le suppliant qu'il le vousist de mort preserver,
lequel soit qu'il feignist misericorde ou que à la verité il
eust compassion de l'enfant, s'efforça appaiser
Clotaire. »
Note n°9
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132-133) :
« Li rois Clothaires li respondi : « Tu qui es
menistres de cest fait, pourquoi feis-tu semblant que tu
voilles avoir pitié de li ? Boute le en sus de toi, ou tu
morras en lieu de lui. » Childeberz qui douta la
cruauté son frere, ne ne pout ne ne vout aler contre sa volenté,
bouta l'enfant qui à lui s'estoit aers ; cil li combra tantost
et l'ocist en autel maniere com il avoit l'autre ocis. »
Gaguin-Desrey, fol. XIr-v : « Auquel [Childebert] le roy
[Clotaire] facille à couroucer et plain de felonnie, dit :
« Tu es (dit il) inventif et aucteur de ce crime, et
maintenant te repens du conseil. Fay de deux choses l'une :
jette hors de toy celluy que tu tiens, ou toy mesmes reçoy
mort par mes mains. » À ces parolles a laissé Clotaire
l'enfant mist en pieces. »
Note n°10
Cretin ne rapporte pas la fin de l'épisode tel que
le rapportent ses deux sources principales. GCF, liv.
I, chap. 9 (vol. 1, p. 133) : « Clodoualz li tierz des enfanz,
qui out veu ses II freres ocire, fu moult plus ententis à sauver
sa vie que à requerre son regne ; il eschapa de ce peril par
l'aide d'aucuns prodomes qui pitié en ourent, puis fu il
presrtes sacrez et hons de sainte vie et de sainte conversation.
Morz fu mis en sepouture ou terreoir de Paris, en une vile qui a
non Nojent. Li miracle que Nostre Sires fist puis pour lui sont
signe que il soit en pardurable vie. Quant li desloiaus out ensi
ses neveuz occis, ce ne le fu pas assez, ainz occist les
norrices en autel maniere come les enfanz, puis onta entre lui
et sa gent, si se departi de Paris. » Gaguin-Desrey, fol.
XIv est plus lapidaire : « Voyant Cloud les roys [Clotaire et
Childebert] ententifs à la mort de leurs nepveux, avec l'aide
des seigneurs eschappa et print l'ordre de clargise et fut
presbtre. Mena vie trés religieuse. Escrivent aucuns que les
nourices furent occises avec les enfans. »
Note n°11
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 133) :
« La sainte roine Crothilde prist les cors de ses neveuz en
granz pleurs et en granz lermes ; atorner et enbasmer les fist,
puis les fist enterrer en l'eglise Saint Pere, qui ore est dite
Sainte Geneveve, delez leur aïel le fort roi Clodovée. »
Gaguin-Desrey, fol. XIv ne donne pas le lieu d'inhumation des
enfants de Clodomir.
Note n°12
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Jaçoit que la royne
Clotilde portst patientement et prudamment la tant cruelle mort
de ses nepveux, toutesvoyes les esmeutes des guerres ensuyvans
la consommerent en miserable sollicitude. » Les
GCF ne font pas référence à la réaction de
Clotilde aux guerres dont le récit suit.
Note n°13
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Thierry (que j'ay cy dessus
escript avoir eu la seigneurie de Metz en Lorrainne) de ce monde
appellé, Thidebert son filz print le royaulme paternel, lequel
au mandement de Childebert, roy de Paris, luy donna aide et
faveur, associé en la guerre que par longtemps avoit icelluy
Childebert machiné en son couraige à l'encontre de Clotaire. Par
quoy leurs armees joinctes en pareille foy, delibererent aller
contre Clotaire. » Cretin reprend la longueur du règne aux
GCF, liv. II, chap. 11 (vol. 1, p. 138), qui
rapportent cet épisode après plusieurs des comptes rendus que la
Chronique française ne rapporte pas : « Li
rois Theoderis fu forment agregiez de maladie ; de cest siecle
trespassa, quant il out regne XXX anz. Le regne reçut après sa
mort Theodeberz ses fiuz. »
Note n°14
Cette morale
conclusive est de Cretin.
Aix419 L'est
#BnFfr2817 Childerich leçon rejetée
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Childebert
BnFfr17274 empescherent
BnFfr17274 pescherent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.vingt.iiiie.
BnFfr23145 voulloir
BnFfr4967 permectre
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 persecutïon
Vat966 monde
Aix419 ses
BnFfr17274, BnFfr23145 leurs
BnFfr4967 De
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 en
Aix419 Doncques
Vat966 à
BnFfr17274 om.
BnFfr17274
bien
BnFfr23145 entendre aussi
Aix419 om.
Aix419 om.
BnFfr23145 garder
Vat966 Or
BnFfr23145 et
BnFfr17274, Vat966 De ;
Aix419 Des
Vat966 mes
Aix419 se
BnFfr17274 eulx
BnFfr4967 om.
Vat966 armes
Vat966 aux infimes
Aix419 fault
BnFfr23145 empeschast
BnFfr23145 laissast
BnFfr23145, BnFfr5299 des
Aix419 laisser
BnFfr23145 mes mains
Vat966 om.
BnFfr23145 om.
BnFfr17274 Le
BnFfr17274 ung sepulcre
BnFfr23145 Tout
BnFfr4967 et
BnFfr23145, BnFfr5299 roy de
BnFfr23145 en
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Lors
BnFfr23145 tout
BnFfr23145 om.
Note n°1
Il s'agit bien de Childebert et non de
Childerich, comme cela apparaît dans le manuscrit de base. Cette
erreur évidente du copiste du manuscrit BnF fr. 2817 est
corrigée dans tous les autres témoins. La suite du chapitre,
ainsi que le titre courant qui succède immédiatement ce quatrain
introducteur, ne laissent aucun doute sur le fait que ce n'est
pas Cretin qui confond ces figures, mais qu'il s'agit bien d'une
erreur de copie.
Note n°2
Acte de vengeance par
excellence ; l'expression figure dans Le Voyage de
Naples d'André de La Vigne composé en 1497 (éd. Anna
Slerca, Milano, Vita e Pensiero, 1981, v. 1495).
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Cependant que les freres
s'eguillonnoient par hayne et inimitié, leur mere Clotilde
entretenoit et allimentoit à Paris ses nepveux, enfans de
Clovemyre, comme s'il fusent les siens propres. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) : « La
bone dame Crotilde, la roine, demoroit adonc à Paris ; là
norrissoit ses neveuz, les fiuz le roi Clodomire, en grant
chierté et en grant amor. »
Note n°4
Gaguin-Desrey, fol. XIr : « De ceste suspicion
feru Childebert que la royne les nourrissoit pour regner,
appella son frere Clotaire auquel il declaira la pensee qu'il a
de sa mere et de ses nepvex. Leur pleust par ung nommé Archadye
envoyer vers eux afin de les veoir et congnoistre se leur aage
(l'héritaige party entre eux) seroit idoyne et suffisante pour
seigneurier et dominer. Clotilde, joyeuse de ces nouvelles,
laissa aller ses nepveux et les recommanda à leurs
oncles. »
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 129) :
« Childeberz, qui rois estoit de Paris, avoit moult grant
mautalent et moult grant envie de ce que il veoit que ele les
tenoit si chiers, car il cuidoit que l'amor et l'afection que sa
mere deust avoir envers lui fust amenuisié en ce que ele les
amoit tant. Pour occasion de ceste jalousie apelson frere
Clothaire le roi de Mez ; ensemble se conseillierent coment il
porroient avoir les enfanz par devers iaus pour ocire. Pour ce
que mauvais ont tost trové voie et achaison de parfaire leur
mal, il manderent à leur mere que ele leur envoiast leur neveuz,
car il les voloient vooir, et savoir se il estoient encor en
aage de leur terres tenir, que il leur voloient livrer. La
roine, qui pas ne savoir la desloiauté que cil avoient
pourpallée, leur envoia les enfanz. Moult avoit grant joie de ce
que il li sembloit que il les amoient et que il avoient bon
conseil vers iaus. Livré furent aus messages qui de par les rois
i estoient envoié. »
Note n°5
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130) :
« Quant cil [les messagers de Childebert et Clotaire] s'en
furent parti et il ourent les enfanz à leur oncles livrez,
autres messages revindrent maintenant à la roine de par ses
fiuz, qui li aporterent une espée et unes forces. Quant ele vit
ce, elle demanda que ce segnefoit. Li uns des messages, qui
Veridaires avoit non, li respondi : « Dame, ce te mandent ti
fil que tu eslises et prengnes lequel que tu vourras de II
choses, ou ti neveu soient mis en religion et tondu de ces
forces, ou que il soient ocis de ceste espée, car il covient
faire lequel que soit de ces II choses. » »
Gaguin-Desrey, fol. XIr ignore cet épisode à cet endroit du récit,
mais en donne un résumé plus loin, fol. XIv, après avoir relaté
l'assassinat des enfants de Clodomir : « Escrivent aucuns [...]
que avant la cruaulté de cestuy crime et le premier message de
Archadie de amener les enfans aux roys, avoir proposé aultre
chose non moyns inhumaine, c'est assavoir que par injunction
royalle ung nommé Vridan, domestique, estoit allé vers Clotilde,
à laquelle avoit offert et presenté ung cousteau et une force.
Clotilde, aprés qu'elle eut longuement pensé que signifioit ce
present doubteux, tantost fist la question à Vridan, lequel
respondit que par le glesve la mort et par la force l'ordre
presbiteral estoient prefigurez en ces nepveux, attendant cestuy
messager Vridan sçavoir lequel des deux la royne vouloit
choisir. ».
Note n°6
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 130-131) :
« Quant la roine [Clotilde] oï ce, ele gemi et souspira
parfondement, puis respondi : « Ha ! pitiez est morte.
Bone chose est à moi que je muire ovec mes enfanz. Or
est li tens venuz que nus consauz n'a mestier à trover
remede contre cest mal. Ce est une novele maniere de
tormenz que li oncle convoitent la mort de leur neveuz
simples et innocens. Certes moult ai grant duel, quant
je ai enfantez fiuz homicides et murtriers de leur
parenz et de leur char maismes. Se il ont autres de leur
parenz ocis qui deservi l'avoient et pour vengier la
doleur de leur mere, de ciaus ne parole je mie, mais de
ciaus où l'en ne puet trover nule cause de haine ne de
mesprison ; il n'ont nule raison de leur omrt, mais pour
ce seulement les volent ocire, que il volent avoir leur
heritage et le roiaume de leur pere. Ha ! il perissent ;
mais leur mort leur est à profit et à moi à doleur.
Lasse, dolente, quel porteure ai je faite ? Pourquoi
tendi je ainques mes mameles à ciaus qui me tolent
l'amor que je avoie à mes douz neveuz ? Ha ! mi enfant,
je sui cause de vostre perdition, qui par mon mauvais
amonestement enbati vostre pere ou peril de mort, dou
quel vous demorastes orphelin. Je avoie esté mere
mauvaies et maleureuse ; or voloie estre aiole plus
beneureuse ; je veoie le terme de ma vie approchier, si
voloie à mes neveuz conseillier ; or les volent cil
ocirre qui les deussent vers touz homes garantir et en
qui il deussent trover pitié et misericorde selonc
nature. Soverains Diex, ne met pas les ames d'aus
oveques les mauvais, ne ne soient pas tormenté es paines
d'enfer, ainz vuilles que il soient en pardurable
vie. » » Gaguin-Desrey, fol. XIv ne reproduit
pas cette lamentation.
Note n°7
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p.
131-132) : « Quant la roine [Clotilde] out ensi faite sa
lamentation seur ses neveuz, la voiz li rompi en parlant par la
grant compassion et la tres grant dleur que ele sentoit au cuer.
Quant ele fu revenue, et ele out repris son esprit, ele dist :
« Puisque il est ensi que la condition d'eslire l'un des
II m'est offerte ; que que il aviegne d'aus, je ne vuil pas
que il soient clerc. » La bone dame eslut ceste voie,
car ele ne cuidast pour riens que il les occisissent, ainz avoit
esperance que pitiez et nature les flechesist à faire tel
desloiautez et tel felonie ; ja soit ce que ele seust bien la
cruauté Clothaire, ele ne povoit croire que il pardurast en sa
felonie jusques au murtre de ses neveuz. Moult autrement avint
que ele ne cuida ». Gaguin-Desrey, fol. XIv continue de
résumer cet épisode après le récit de l'assassinat des enfants de
Clodomir : « Finablement, elle doubant, respondit qu'elle ne
voulloit ses nepveux estre presbstres, disant qu'elle nullement
craignoit que aux innocens peult estre faicte aucune violence.
Mais à ceulx qui de royaulme et domination ambicieux sont,
misericorde est odieuse. »
Note n°8
Aucune des
deux sources principales de Cretin ne précise lequel des fils nommés
de Clodomir est l'aîné et, lequel le second. Cretin suppose
vraisemblablement que le premier nommé dans la liste qu'il reprend à
Gaguin-Desrey aux v. 3850-3851 est effectivement l'aîné. Les deux
sources principales de la Chronique française
signalent plus loin que Cloud est le benjamin.GCF,
liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132) : « car li desloiaus
Clothaires prist l'ainzné des enfanz, si le flati contre terre,
si li lança un coutel parmi les costez et li toli la vie et son
regne. Quant li mainnez vit que ses freres fu ocis, il fu moult
espoantez ; si ne fu pas de merveille ; au roi Childebert s'en
corut plorant, puis s'aerdi à ses jambes ; merci li cria moult
piteusement et li proia que il apaisast le mautalent son oncle
envers lui. Cil qui fu meuz de pitié, ou fist semblant que il en
fust meuz, dist à son frere que il amoliast l'ire de son cuer
par la contemplation de nature, et que il meist droit naturel
seur le movement d'ire, et se il voloit ce faire, il liprometoit
tel guerredon com il vorroit pour ceste chose et en lieu de
ceste bonté. » Gaguin-Desrey, fol. XIr : « Devant
lesquelz [Clotaire et Childebert] [les enfants de Clodomir]
amenez, incontinent Clotaire mist la main au plus aisné, luy
traversa une espee parmy le ventre et mort le jetta contre
terre. L'autre, espouenté, se va mettre entre les bras de
Childebert, le suppliant qu'il le vousist de mort preserver,
lequel soit qu'il feignist misericorde ou que à la verité il
eust compassion de l'enfant, s'efforça appaiser
Clotaire. »
Note n°9
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 132-133) :
« Li rois Clothaires li respondi : « Tu qui es
menistres de cest fait, pourquoi feis-tu semblant que tu
voilles avoir pitié de li ? Boute le en sus de toi, ou tu
morras en lieu de lui. » Childeberz qui douta la
cruauté son frere, ne ne pout ne ne vout aler contre sa volenté,
bouta l'enfant qui à lui s'estoit aers ; cil li combra tantost
et l'ocist en autel maniere com il avoit l'autre ocis. »
Gaguin-Desrey, fol. XIr-v : « Auquel [Childebert] le roy
[Clotaire] facille à couroucer et plain de felonnie, dit :
« Tu es (dit il) inventif et aucteur de ce crime, et
maintenant te repens du conseil. Fay de deux choses l'une :
jette hors de toy celluy que tu tiens, ou toy mesmes reçoy
mort par mes mains. » À ces parolles a laissé Clotaire
l'enfant mist en pieces. »
Note n°10
Cretin ne rapporte pas la fin de l'épisode tel que
le rapportent ses deux sources principales. GCF, liv.
I, chap. 9 (vol. 1, p. 133) : « Clodoualz li tierz des enfanz,
qui out veu ses II freres ocire, fu moult plus ententis à sauver
sa vie que à requerre son regne ; il eschapa de ce peril par
l'aide d'aucuns prodomes qui pitié en ourent, puis fu il
presrtes sacrez et hons de sainte vie et de sainte conversation.
Morz fu mis en sepouture ou terreoir de Paris, en une vile qui a
non Nojent. Li miracle que Nostre Sires fist puis pour lui sont
signe que il soit en pardurable vie. Quant li desloiaus out ensi
ses neveuz occis, ce ne le fu pas assez, ainz occist les
norrices en autel maniere come les enfanz, puis onta entre lui
et sa gent, si se departi de Paris. » Gaguin-Desrey, fol.
XIv est plus lapidaire : « Voyant Cloud les roys [Clotaire et
Childebert] ententifs à la mort de leurs nepveux, avec l'aide
des seigneurs eschappa et print l'ordre de clargise et fut
presbtre. Mena vie trés religieuse. Escrivent aucuns que les
nourices furent occises avec les enfans. »
Note n°11
GCF, liv. II, chap. 9 (vol. 1, p. 133) :
« La sainte roine Crothilde prist les cors de ses neveuz en
granz pleurs et en granz lermes ; atorner et enbasmer les fist,
puis les fist enterrer en l'eglise Saint Pere, qui ore est dite
Sainte Geneveve, delez leur aïel le fort roi Clodovée. »
Gaguin-Desrey, fol. XIv ne donne pas le lieu d'inhumation des
enfants de Clodomir.
Note n°12
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Jaçoit que la royne
Clotilde portst patientement et prudamment la tant cruelle mort
de ses nepveux, toutesvoyes les esmeutes des guerres ensuyvans
la consommerent en miserable sollicitude. » Les
GCF ne font pas référence à la réaction de
Clotilde aux guerres dont le récit suit.
Note n°13
Gaguin-Desrey, fol. XIv : « Thierry (que j'ay cy dessus
escript avoir eu la seigneurie de Metz en Lorrainne) de ce monde
appellé, Thidebert son filz print le royaulme paternel, lequel
au mandement de Childebert, roy de Paris, luy donna aide et
faveur, associé en la guerre que par longtemps avoit icelluy
Childebert machiné en son couraige à l'encontre de Clotaire. Par
quoy leurs armees joinctes en pareille foy, delibererent aller
contre Clotaire. » Cretin reprend la longueur du règne aux
GCF, liv. II, chap. 11 (vol. 1, p. 138), qui
rapportent cet épisode après plusieurs des comptes rendus que la
Chronique française ne rapporte pas : « Li
rois Theoderis fu forment agregiez de maladie ; de cest siecle
trespassa, quant il out regne XXX anz. Le regne reçut après sa
mort Theodeberz ses fiuz. »
Note n°14
Cette morale
conclusive est de Cretin.
Aix419 L'est
#BnFfr2817 Childerich leçon rejetée
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Childebert
BnFfr17274 empescherent
BnFfr17274 pescherent
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.vingt.iiiie.
BnFfr23145 voulloir
BnFfr4967 permectre
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Vat966, Cha514 persecutïon
Vat966 monde
Aix419 ses
BnFfr17274, BnFfr23145 leurs
BnFfr4967 De
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 en
Aix419 Doncques
Vat966 à
BnFfr17274 om.
BnFfr17274
bien
BnFfr23145 entendre aussi
Aix419 om.
Aix419 om.
BnFfr23145 garder
Vat966 Or
BnFfr23145 et
BnFfr17274, Vat966 De ;
Aix419 Des
Vat966 mes
Aix419 se
BnFfr17274 eulx
BnFfr4967 om.
Vat966 armes
Vat966 aux infimes
Aix419 fault
BnFfr23145 empeschast
BnFfr23145 laissast
BnFfr23145, BnFfr5299 des
Aix419 laisser
BnFfr23145 mes mains
Vat966 om.
BnFfr23145 om.
BnFfr17274 Le
BnFfr17274 ung sepulcre
BnFfr23145 Tout
BnFfr4967 et
BnFfr23145, BnFfr5299 roy de
BnFfr23145 en
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 Lors
BnFfr23145 tout
BnFfr23145 om.