Livre I - Chapitre 17
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26




[2995]§Sans long proces / cy deſſoubz ſera mys Comme Clouys de miracles inſignes Fut aduerty par prodiges et ſignes Auant combatre aux gotz ſes ennemys.
§Chapitre. xuiie .LE roy Clouys / ains ſe vouloir embatre [3000]Mectre ſes gentz au hazard de cōbatre Fiſt en lhonneur et contemplation De ſainct Martin / certaine oblation Poꝛter a tours / deuant la ſepulture Du digne coꝛps /. Eſperant de future [3005]Bonne victoyꝛe / vng ſigne receuoir En quoy ne fut fruſtre par deceuoir Car quant ſes gentz en legliſe arriuerent Pꝛeſtres chantantz / dedans le cueur trouuerent Et en offrant leurs dons au gꝛand aultier [3010]Ce beau verſet ouyꝛent du pſaultier Pꝛecinxiſti / me domine /. La lectre Dit en francoys / pour clerement le mectre Sire / tu mas tout arme / reueſtu
Clouis ſe delibere combatre les gotz hereticques arriens.Fo LXVII Et ſeinct de gꝛace en ta foꝛce et vertu [3015] Mes ennemys de fiere et rude taille As ſupplantez / ſoubz mes piedz en bataille §Ces motz ouyz et pꝛis daffection Loffrande faicte a gꝛand deuotion Les meſſaigiers allerent ce meſſaige [3020]Poꝛter au roy / qui le pꝛiſt a pꝛeſaige De bon effect / et en faueur de cueur Remercia le benoiſt Createur Loꝛs fiſt ſes gentz aſſembler pour leur dire Et remonſtrer la cauſe dont feu de ire [3025]Sur l oſt des gotz / fait armes pꝛeparer Diſant / que ceſt / affin de reparer Liniure faicte a Dieu par les pꝛacticques Deulx malheureux / et meſchantz hereticques Qui ſur lhonneur diuin ſont detracteurs [3030]Perſecuteurs / et pꝛeuaricateurs Des ſainctes loix /. entant que a ceulx qui poꝛtent Salutz de paix /. et vers eulx ſe tranſpoꝛtent Font mal ſouffrir / par laſche trahiſon Sur ce conclud / et dit que la raiſon [3035]De batailler encontre eulx vault /. Car elle Eſt bien fondee / et en iuſte querelle Genſdarmes loꝛs treſfoꝛt encouraigez De les chaſſer comme chiens enraigez
Clouys prie dieu pour ſon oſt contre les gotz. Apꝛes ſon dire / eurent ferme eſperance [3040] En la victoyꝛe / Et ſur telle aſſeurance Tout l oſt / dun bꝛanſle encommenca marcher Mais il ne peut de pꝛes les appꝛocher Sans trauerſer de vienne le fleuue Gꝛos et enfle / Car mys le cas quil pleuue [3045]Deux ou troys iours /. Rauyne deau toſt rend Ce fleuue tel / quil bꝛuyt comme vng toꝛrent Et ne peult on y trouuer fons ne ryue Le roy voyant ſon oſt qui la arriue Et ſi ne peult paſſer /. leuant ſes yeulx [3050]Pꝛetend auoir ſecours deuers les cieulx Et dit ainſi /. O Trinite vnie Trine vnite / et bonte infinie Conſolateur des poures deſolez Te plaiſe rendꝛe oꝛendꝛoit conſolez [3055] Tes ſeruiteurs / leſquelz pour la deffenſe De ton ſainct nom /. a peuple qui toffenſe Vont batailler / mectans ames et coꝛps En gꝛand peril /. Doulx Dieu miſericoꝛdz Enſeigne nous du paſſaige la voye [3060] A celle fin que ce peuple la voye Que a tes ſeruans veulx eſtre directeur Guyde / ſuppoꝛt / appuy / et pꝛotecteur. §Dieu / qui iamais loꝛaiſon ne meſpꝛiſe
Miracles et ſignes veuz en loſt du roy Clouis.Fo LXVIII Dun cueur loyal / quant le ſert ame et pꝛiſe [3065]Bien declaira eſtre aux ſiens ſeur garand Quant luy monſtra ſigne damour ſi gꝛand Quil enuoya par vng certain meſſaige De la riuiere enſeigner le paſſaige Ce fut vng cerf /. le quel ſans que homme ne [3070]Leuſt foꝛhue / chaſſe / ne mau mene Teſte poꝛtant ( de ſeze coꝛps ) ſommee Se vint offrir tout le long de larmee Vng beau matin des le ſoleil leuant Et en ce fleuue alla paſſer deuant [3075]De ryue a autre /. Ainſi mys hoꝛs de craincte Tous ceulx de l oſt paſſerent ſans contraincte §Dieu mercians / auant ſix iours entiers Clouys et l oſt logerent a Poictiers Et la au pꝛes du temple sainct Hillaire [3080](Ains que aſſaillir le roy des gotz / Allaire Son pauillon fiſt tendꝛe pour la nuyt Y repoſer /. La teſmoings ſept ou huyt Dignes de foy / vers mynuyt apperceurent Bꝛandon de feu / et bien congnoiſſance eurent [3085]Le veoir tumber ſur la tente du roy Sans faire mal / ne aucun deſarroy Par quoy tous eulx pꝛindꝛent augure et ſigne Quen cela / dieu / victoyꝛe leur aſſigne
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[2995]§Sans long procés, cy dessoubz sera mys Comme ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
de miracles insignes Fut adverty, par prodiges et signes, Avant combatre aux Gotz, ses ennemys.
§Chapitre xviie +om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Le roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, ains se+que [Aix419] vouloir embatre+ combactre [Aix419] [3000]Mectre ses gentz au hazard de combatre Fist, en l'honneur et contemplatïon De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397) Saint catholique et orthodoxe, certaine oblatïon Porter à Tours, devant la sepulture Du digne corps, esperant, de future [3005]Bonne victoyre, ung signe recevoir. En quoy ne fut frustré par decevoir Car, quant ses gentz en l'eglise arriverent, Prestres chantantz dedans le cueur trouverent. Et en offrant leurs dons au grand aultier, [3010]Ce beau verset ouÿrent du psaultier : Precinxisti me Domine1. La lectre Dit en+aux [BnFfr17274] françoys, pour clerement le mectre : Sire, tu m'as tout armé+ armé [BnFfr17274] revestu
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
se delibere combatre les Gotz hereticques arriens Et seinct de grace en ta force et vertu. [3015] Mes ennemys de fiere et rude taille As supplantez soubz mes piedz en bataille2. §Ces motz ouÿz et pris d'affectïon, L'offrande faicte à grand devotïon, Les messaigiers allerent ce messaige [3020]Porter au roy, qui le prist à presaige De bon effect et, en+om. [BnFfr4967] faveur+ferveur [Aix419, Vat966, Cha514] de cueur, Remercia le benoist CreateurDieu Concept de Dieu dans le christianisme3. Lors fist ses gentz assembler, pour leur dire Et remonstrer la cause dont feu de ire, [3025]Sur l' ost des Gotz, fait armes preparer, Disant que c'est affin de reparer L'injure faicte à DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme par les practicques D'eulx, malheureux et meschantz hereticques, Qui sur l'honneur divin sont detracteurs, [3030]Persecuteurs et prevaricateurs Des sainctes loix, en tant que à ceulx qui portent+se transportent [BnFfr4967] Salutz de paix+poix [Aix419] et vers eulx se transportent,+om. [BnFfr4967] Font mal souffrir par lasche trahison. Sur ce, conclud et dit que la raison [3035]De batailler encontre eulx vault, car elle Est+om. [BnFfr23145] bien fondee et en+sur [Vat966] juste querelle. Gens d'armes , lors trés fort encouraigez De les chasser, comme chiens enraigez,
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
prie DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme pour son ost contre les Gotz Aprés son dire, eurent+eut [Aix419] ferme esperance [3040] En la victoyre. Et, sur telle asseurance,+om. [BnFfr4967] Tout l' ost, d'un bransle, encommença marcher4. Mais il ne peut de prés les approcher Sans traverser, de Vïenne, le fleuve Gros et enflé, car mys le cas qu'il pleuve [3045]Deux ou troys jours, ravyne d'eau tost rend Ce fleuve, tel qu'il bruyt comme ung torrent. Et ne peult on y trouver +ne [BnFfr23145] fons ne ryve. Le roy, voyant son ost qui là arrive Et si+s'il [Aix419] ne peult passer, levant ses yeulx, [3050]Pretend avoir secours devers les cieulx Et dit ainsi : « O Trinité unie, Trine unité et bonté infinie, Consolateur des povres desolez, Te plaise rendre orendroit consolez [3055] Tes serviteurs ! Lesquelz, pour la deffense De ton sainct nom, à+au [BnFfr17274] peuple qui t'offense Vont batailler, mectans ames et corps En grand peril. Doulx Dieu misericordz, Enseigne nous du+de [BnFfr17274] passaige la voye [3060] À celle fin que ce+le [BnFfr17274] peuple la voye Que à tes servans veulx estre directeur, Guyde, support, appuy et protecteur5 ! » §DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, qui jamais l'oraison ne mesprise
Miracles et signes veuz en l'ost du roy ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
D'un cueur loyal, quant le sert, ame et prise, [3065]Bien declaira estre aux siens seur garand, Quant luy monstra signe d'amour si grand 6 Qu'il envoya, par ung certain messaige, De la riviere enseigner le passaige. Ce fut ung cerf+serf [BnFfr4967], lequel sans que homme né [3070]L'eust forhué, chassé ne mau mené, Teste portant de seze corps+cornes [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] [Vat966] sommee7, Se vint offrir tout le long de l'armee, Ung beau matin, dès le soleil levant, Et en ce fleuve alla+va [BnFfr23145] passer devant [3075]De ryve à+ à [BnFfr17274] autre. Ainsi mys hors de craincte, Tous ceulx de l' ost passerent sans contraincte8. §DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme mercians, avant+et en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514] six jours entiers, ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
et l' ost logerent à+
furent dedans [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
furent dedens [BnFfr17274]
Poictiers.
Et là, auprés du temple Sainct Hillaire,
[3080]Ains que assaillir le roy des Gotz,
AllaireAlaric II (458 — 01/08/507) Roi des Wisigoths de 484 à 507,
Son pavillon fist tendre, pour la nuyt
Y reposer.
Là+Les [BnFfr17274], tesmoings sept ou huyt
Dignes de foy, vers mynuyt, apperceurent
Brandon de feu, et bien congnoissance eurent
[3085]Le veoir tumber sur la tente du roy,
Sans faire mal ne aucun desarroy.
Par quoy tous eulx+tous ceulx [BnFfr17274]eulx tous [Aix419] prindrent augure et signe
Qu'en cela
DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme victoyre leur assigne9.
Note n°1
Ps. 17 : 40.
Note n°2
Gaguin-Desrey,
fol. VIIIv : « Toutesvoyes, avant que y aller, [Clovis] envoya
quelques dons au sepulchre Sainct Martin, comme attendant
response de victoire future. Et si comme ceulx qui portoient les
dons approucherent des portes du temple, ouyrent les presbtres
chantans l'humne de David, disant : « Seigneur Dieu, par ta
vertu et puissance, m'as deffendu en
bataille. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 80-81) :
« Avant que li rois [Clovis] se combatist contre le roi
Alaric, il reçut certain signe de victoire, selonc l'anciene
costume, en tel maniere com nous vos dirons. Il envoia ses
messages au mostier Saint Martin de Tors, pour porter de par lui
dons et offrendes au cor saint, et leur dist : « Alez, et si
me raportez signe de victoire. » En ce point que li
message entroient en l'eglise, il entendirent que l'on chantoit
ce vers qui est escriz ou Sautier : « Precinxisti me,
Domine, virtute ad bellum, et inimicorum meorum dedisti mihi
dorsa. » Si vaut autant en françois : « Sire, tu
m'a ceint et armé de vertu à bataille, et m'as doné les dos
de mes anemis. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIIr : « Lequel hymne recevans pour
augure, c'est à dire comme prenostification de chose future, les
dons offers, legierement [les envoyés de Clovis] s'en
retournerent au roy, lequel par ce presage fait plus hardy et
couraigeux, s'en alla contre son ennemy. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « Li
messages, qui ce oïrent, furent moult lié. Leur offrendes
firent, puis retornerent au roi, et li raporterent le signe de
victoire de par Nostre Seigneur. Moult en fu liez et haliegres,
et ausi come touz seürs de victoire. »
Note n°4
Cretin reprend ici la matière d'un discours de
Clovis rapporté un peu plus tôt par les GCF, liv. I,
chap. 21 (vol. 1, p. 79-80) : « Quant tuit furent asemblé, il
[Clovis] les enorta par tels paroles : « O seigneur
François, mi compagnon et mi chevalier, je ne vous enorte
pas à bataille pour ce que je aie nule doute de vostre vertu
et de vostre ardiece, laquele nostre anemi ont tant redoutée
que il voloit ocire nostre message non apertement, mais en
traïson. Il ont bien mostré par cest fait que il ne
porroient pas souffrir l'ire de toute nostre gent, quant il
ont eu tel paor de la constance d'un seul message. Si vuel
bien que vous sachiez que nous ne nous combatons pas contre
iaus pour fames ne pour enfanz, ne pour terrienes richeces,
mais pour la Sainte Trinité qui est sanz division, que il,
come mauvais, devisent par leur errour escomenié. Après nous
nous combatons pour les divines et les humaines loys, qui
sentent et commandent que l'on ne face vilenie à ciaus qui
sont meheniez entre les oz, et qui portent come message les
paroles des uns aus autres, car entre les armes de anemis
doivent messagier estre asseur. Cil n'est mais anemis qui
est tramis en legation. Hastons nous donques d'aler à la
bataille, et nous férons hardiement entre noz adversaires,
seür et fi de l'aide Nostre Seigneur Jhesu Crist. »
Quant li rois out ensi perouré, li home de vertu furent si
fervent de combatre contre leur anemis, car il estoient trés
apareillié ou de morir, se mestiers fust, pour justice, ou
d'avoir victoire de ciaus qui contre iaus les avoient
esmeuz. »
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIIv : « Mais quant
l'armee marcha la riviere de Vienne luy estouppa et ferma le
passaige, enflee par continuelle pluye, tellement qu'on ne
la pouoit passer à gué n'y trouver le fons. Clovys, ayant
grant douleur et tristesse au cueur de ce que son armee
estoit arrestee, leva les yeulx au ciel, disant : « O
bon Dieu adjuteur en tribulation, entens que voys contre
tes ennemys donne aide et faveur à ta religion que je
garde et deffends, ne differe prendre vengeance du roy
goth hereticque et fay que ce fleuve qui nous empesche
puissons passer. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « À
un flueve vindrent François, qui est apelez Viene ; outre
cuiderent passer, mais il ne pourent, car les iaues
eurhabondoient plus que eles ne soloient pour les granz
pluies qui ourent esté. Dolenz fu li rois, quant il vi que
il, ne sa gent, ne pourroient outre passer ; tantost requist
l'aide Nostre Seigneur par tels paroles : « Sainte
Trinitez et uns seux Diex en majesté, done moi victoire
contre les anemis de la foi chrestiene, et si m'otroie
legier trespassement parmi ce
flueve. » »
Note n°6
Le vers est ajouté en marge dans le ms. BnF fr.
17274, avec la mention "faulte de ligne".
Note n°7
Bien que largement absent de l'Ancien et
du Nouveau Testament, le cerf est un symbole chrétien à plusieurs
égards : roi de la forêt, il relie le ciel et la terre, le monde
visible et le monde invisible ; ses bois qui repoussent l'associent
également à la résurrection. Voir Thierry Zarcone, Jean-Pierre
Laurant, Le cerf. Une symbolique chrétienne et
musulmane, Paris, Les Belles Lettres, 2017.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol.
VIIIv-IXr : « Dieu ne desprisa l'oraison de Clovys, car à la
premiere clarté du jour ensuyvant, de la forest va yssir ung
cerf (sans le cry de personne), lequel se presenta devant
l'armee, et espouenté par le cry des gens d'armes, passant le
fleuve comme explorateur du chemin, monstra le fons et passaige.
Cestuy suivans, les gens d'armes eschapperent en l'aultre ryve
du fleuve. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81-82) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car au matin, au point dou
jor que li oz fu levez et apareilliez, une cerve aparut devant
iaus soudainement. Quant François, qui d'anciane costume ont que
il soient chaceor plus que nule autre gent, virent la beste, il
cuiderent avoir trové proie ; forment la pristrent à enchaucier
de toutse parz ; la cerve se feri en lève et passa tout outre
pour iaus ensegnier le passage. Par ce se pourent bien
apercevoir que Nostre Sires leur demostroit ensi la voie. Li
rois et touz li oz passerent outre par là où la cerve avoit
passé ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. IXr : « Et
l'armee tirant en oultre se arresta au temple Sainct Hylaire de
Poytiers, auquel lieu environ la mynuyt, reposant Clovys, fu veu
le feu tomber du ciel en sa tente, lequel signe plusieurs
interpretoient en bonne partie. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 82) : « Li
rois fist tendre son tref assez près dou mostier Saint Ylaire ;
il fu crié de par le roi parmi l'ost que nus ne fust si hardiz
que il preist ne vins ne viandes ne nule autre neccessaire par
force en toute la contree. Endroit la mie nuit, que toutes
choses sont en silence, uns granz rais de feu ardant eissi
soudainement de l'eglise Saint Hylaire et descendi seur le
paveillon le roi, là endroit où il dormoit. Aucuns, qui cest
signe virent, le tindrent à grant
senefiance. »
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Aix419 que
Aix419
combactre
BnFfr17274 aux
BnFfr17274
armé
BnFfr4967 om.
Aix419, Vat966, Cha514 ferveur
BnFfr4967 se transportent
BnFfr4967 om.
Aix419 poix
BnFfr23145 om.
Vat966 sur
Aix419 eut
BnFfr4967 om.
BnFfr23145 ne
Aix419 s'il
BnFfr17274 au
BnFfr17274 de
BnFfr17274 le
BnFfr23145 va
BnFfr17274
à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 et en
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 furent dedans ;
BnFfr17274 furent dedens
BnFfr17274 Les




[2995]§Sans long proces / cy deſſoubz ſera mys Comme Clouys de miracles inſignes Fut aduerty par prodiges et ſignes Auant combatre aux gotz ſes ennemys.
§Chapitre. xuiie .LE roy Clouys / ains ſe vouloir embatre [3000]Mectre ſes gentz au hazard de cōbatre Fiſt en lhonneur et contemplation De ſainct Martin / certaine oblation Poꝛter a tours / deuant la ſepulture Du digne coꝛps /. Eſperant de future [3005]Bonne victoyꝛe / vng ſigne receuoir En quoy ne fut fruſtre par deceuoir Car quant ſes gentz en legliſe arriuerent Pꝛeſtres chantantz / dedans le cueur trouuerent Et en offrant leurs dons au gꝛand aultier [3010]Ce beau verſet ouyꝛent du pſaultier Pꝛecinxiſti / me domine /. La lectre Dit en francoys / pour clerement le mectre Sire / tu mas tout arme / reueſtu
Clouis ſe delibere combatre les gotz hereticques arriens.Fo LXVII Et ſeinct de gꝛace en ta foꝛce et vertu [3015] Mes ennemys de fiere et rude taille As ſupplantez / ſoubz mes piedz en bataille §Ces motz ouyz et pꝛis daffection Loffrande faicte a gꝛand deuotion Les meſſaigiers allerent ce meſſaige [3020]Poꝛter au roy / qui le pꝛiſt a pꝛeſaige De bon effect / et en faueur de cueur Remercia le benoiſt Createur Loꝛs fiſt ſes gentz aſſembler pour leur dire Et remonſtrer la cauſe dont feu de ire [3025]Sur l oſt des gotz / fait armes pꝛeparer Diſant / que ceſt / affin de reparer Liniure faicte a Dieu par les pꝛacticques Deulx malheureux / et meſchantz hereticques Qui ſur lhonneur diuin ſont detracteurs [3030]Perſecuteurs / et pꝛeuaricateurs Des ſainctes loix /. entant que a ceulx qui poꝛtent Salutz de paix /. et vers eulx ſe tranſpoꝛtent Font mal ſouffrir / par laſche trahiſon Sur ce conclud / et dit que la raiſon [3035]De batailler encontre eulx vault /. Car elle Eſt bien fondee / et en iuſte querelle Genſdarmes loꝛs treſfoꝛt encouraigez De les chaſſer comme chiens enraigez
Clouys prie dieu pour ſon oſt contre les gotz. Apꝛes ſon dire / eurent ferme eſperance [3040] En la victoyꝛe / Et ſur telle aſſeurance Tout l oſt / dun bꝛanſle encommenca marcher Mais il ne peut de pꝛes les appꝛocher Sans trauerſer de vienne le fleuue Gꝛos et enfle / Car mys le cas quil pleuue [3045]Deux ou troys iours /. Rauyne deau toſt rend Ce fleuue tel / quil bꝛuyt comme vng toꝛrent Et ne peult on y trouuer fons ne ryue Le roy voyant ſon oſt qui la arriue Et ſi ne peult paſſer /. leuant ſes yeulx [3050]Pꝛetend auoir ſecours deuers les cieulx Et dit ainſi /. O Trinite vnie Trine vnite / et bonte infinie Conſolateur des poures deſolez Te plaiſe rendꝛe oꝛendꝛoit conſolez [3055] Tes ſeruiteurs / leſquelz pour la deffenſe De ton ſainct nom /. a peuple qui toffenſe Vont batailler / mectans ames et coꝛps En gꝛand peril /. Doulx Dieu miſericoꝛdz Enſeigne nous du paſſaige la voye [3060] A celle fin que ce peuple la voye Que a tes ſeruans veulx eſtre directeur Guyde / ſuppoꝛt / appuy / et pꝛotecteur. §Dieu / qui iamais loꝛaiſon ne meſpꝛiſe
Miracles et ſignes veuz en loſt du roy Clouis.Fo LXVIII Dun cueur loyal / quant le ſert ame et pꝛiſe [3065]Bien declaira eſtre aux ſiens ſeur garand Quant luy monſtra ſigne damour ſi gꝛand Quil enuoya par vng certain meſſaige De la riuiere enſeigner le paſſaige Ce fut vng cerf /. le quel ſans que homme ne [3070]Leuſt foꝛhue / chaſſe / ne mau mene Teſte poꝛtant ( de ſeze coꝛps ) ſommee Se vint offrir tout le long de larmee Vng beau matin des le ſoleil leuant Et en ce fleuue alla paſſer deuant [3075]De ryue a autre /. Ainſi mys hoꝛs de craincte Tous ceulx de l oſt paſſerent ſans contraincte §Dieu mercians / auant ſix iours entiers Clouys et l oſt logerent a Poictiers Et la au pꝛes du temple sainct Hillaire [3080](Ains que aſſaillir le roy des gotz / Allaire Son pauillon fiſt tendꝛe pour la nuyt Y repoſer /. La teſmoings ſept ou huyt Dignes de foy / vers mynuyt apperceurent Bꝛandon de feu / et bien congnoiſſance eurent [3085]Le veoir tumber ſur la tente du roy Sans faire mal / ne aucun deſarroy Par quoy tous eulx pꝛindꝛent augure et ſigne Quen cela / dieu / victoyꝛe leur aſſigne
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[2995]§Sans long procés, cy dessoubz sera mys Comme ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
de miracles insignes Fut adverty, par prodiges et signes, Avant combatre aux Gotz, ses ennemys.
§Chapitre xviie +om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Le roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, ains se+que [Aix419] vouloir embatre+ combactre [Aix419] [3000]Mectre ses gentz au hazard de combatre Fist, en l'honneur et contemplatïon De sainct MartinMartin de Tours, saint (316 — 08/11/397) Saint catholique et orthodoxe, certaine oblatïon Porter à Tours, devant la sepulture Du digne corps, esperant, de future [3005]Bonne victoyre, ung signe recevoir. En quoy ne fut frustré par decevoir Car, quant ses gentz en l'eglise arriverent, Prestres chantantz dedans le cueur trouverent. Et en offrant leurs dons au grand aultier, [3010]Ce beau verset ouÿrent du psaultier : Precinxisti me Domine1. La lectre Dit en+aux [BnFfr17274] françoys, pour clerement le mectre : Sire, tu m'as tout armé+ armé [BnFfr17274] revestu
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
se delibere combatre les Gotz hereticques arriens Et seinct de grace en ta force et vertu. [3015] Mes ennemys de fiere et rude taille As supplantez soubz mes piedz en bataille2. §Ces motz ouÿz et pris d'affectïon, L'offrande faicte à grand devotïon, Les messaigiers allerent ce messaige [3020]Porter au roy, qui le prist à presaige De bon effect et, en+om. [BnFfr4967] faveur+ferveur [Aix419, Vat966, Cha514] de cueur, Remercia le benoist CreateurDieu Concept de Dieu dans le christianisme3. Lors fist ses gentz assembler, pour leur dire Et remonstrer la cause dont feu de ire, [3025]Sur l' ost des Gotz, fait armes preparer, Disant que c'est affin de reparer L'injure faicte à DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme par les practicques D'eulx, malheureux et meschantz hereticques, Qui sur l'honneur divin sont detracteurs, [3030]Persecuteurs et prevaricateurs Des sainctes loix, en tant que à ceulx qui portent+se transportent [BnFfr4967] Salutz de paix+poix [Aix419] et vers eulx se transportent,+om. [BnFfr4967] Font mal souffrir par lasche trahison. Sur ce, conclud et dit que la raison [3035]De batailler encontre eulx vault, car elle Est+om. [BnFfr23145] bien fondee et en+sur [Vat966] juste querelle. Gens d'armes , lors trés fort encouraigez De les chasser, comme chiens enraigez,
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
prie DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme pour son ost contre les Gotz Aprés son dire, eurent+eut [Aix419] ferme esperance [3040] En la victoyre. Et, sur telle asseurance,+om. [BnFfr4967] Tout l' ost, d'un bransle, encommença marcher4. Mais il ne peut de prés les approcher Sans traverser, de Vïenne, le fleuve Gros et enflé, car mys le cas qu'il pleuve [3045]Deux ou troys jours, ravyne d'eau tost rend Ce fleuve, tel qu'il bruyt comme ung torrent. Et ne peult on y trouver +ne [BnFfr23145] fons ne ryve. Le roy, voyant son ost qui là arrive Et si+s'il [Aix419] ne peult passer, levant ses yeulx, [3050]Pretend avoir secours devers les cieulx Et dit ainsi : « O Trinité unie, Trine unité et bonté infinie, Consolateur des povres desolez, Te plaise rendre orendroit consolez [3055] Tes serviteurs ! Lesquelz, pour la deffense De ton sainct nom, à+au [BnFfr17274] peuple qui t'offense Vont batailler, mectans ames et corps En grand peril. Doulx Dieu misericordz, Enseigne nous du+de [BnFfr17274] passaige la voye [3060] À celle fin que ce+le [BnFfr17274] peuple la voye Que à tes servans veulx estre directeur, Guyde, support, appuy et protecteur5 ! » §DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, qui jamais l'oraison ne mesprise
Miracles et signes veuz en l'ost du roy ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
D'un cueur loyal, quant le sert, ame et prise, [3065]Bien declaira estre aux siens seur garand, Quant luy monstra signe d'amour si grand 6 Qu'il envoya, par ung certain messaige, De la riviere enseigner le passaige. Ce fut ung cerf+serf [BnFfr4967], lequel sans que homme né [3070]L'eust forhué, chassé ne mau mené, Teste portant de seze corps+cornes [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] [Vat966] sommee7, Se vint offrir tout le long de l'armee, Ung beau matin, dès le soleil levant, Et en ce fleuve alla+va [BnFfr23145] passer devant [3075]De ryve à+ à [BnFfr17274] autre. Ainsi mys hors de craincte, Tous ceulx de l' ost passerent sans contraincte8. §DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme mercians, avant+et en [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514] six jours entiers, ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
et l' ost logerent à+
furent dedans [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
furent dedens [BnFfr17274]
Poictiers.
Et là, auprés du temple Sainct Hillaire,
[3080]Ains que assaillir le roy des Gotz,
AllaireAlaric II (458 — 01/08/507) Roi des Wisigoths de 484 à 507,
Son pavillon fist tendre, pour la nuyt
Y reposer.
Là+Les [BnFfr17274], tesmoings sept ou huyt
Dignes de foy, vers mynuyt, apperceurent
Brandon de feu, et bien congnoissance eurent
[3085]Le veoir tumber sur la tente du roy,
Sans faire mal ne aucun desarroy.
Par quoy tous eulx+tous ceulx [BnFfr17274]eulx tous [Aix419] prindrent augure et signe
Qu'en cela
DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme victoyre leur assigne9.
Note n°1
Ps. 17 : 40.
Note n°2
Gaguin-Desrey,
fol. VIIIv : « Toutesvoyes, avant que y aller, [Clovis] envoya
quelques dons au sepulchre Sainct Martin, comme attendant
response de victoire future. Et si comme ceulx qui portoient les
dons approucherent des portes du temple, ouyrent les presbtres
chantans l'humne de David, disant : « Seigneur Dieu, par ta
vertu et puissance, m'as deffendu en
bataille. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 80-81) :
« Avant que li rois [Clovis] se combatist contre le roi
Alaric, il reçut certain signe de victoire, selonc l'anciene
costume, en tel maniere com nous vos dirons. Il envoia ses
messages au mostier Saint Martin de Tors, pour porter de par lui
dons et offrendes au cor saint, et leur dist : « Alez, et si
me raportez signe de victoire. » En ce point que li
message entroient en l'eglise, il entendirent que l'on chantoit
ce vers qui est escriz ou Sautier : « Precinxisti me,
Domine, virtute ad bellum, et inimicorum meorum dedisti mihi
dorsa. » Si vaut autant en françois : « Sire, tu
m'a ceint et armé de vertu à bataille, et m'as doné les dos
de mes anemis. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIIr : « Lequel hymne recevans pour
augure, c'est à dire comme prenostification de chose future, les
dons offers, legierement [les envoyés de Clovis] s'en
retournerent au roy, lequel par ce presage fait plus hardy et
couraigeux, s'en alla contre son ennemy. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « Li
messages, qui ce oïrent, furent moult lié. Leur offrendes
firent, puis retornerent au roi, et li raporterent le signe de
victoire de par Nostre Seigneur. Moult en fu liez et haliegres,
et ausi come touz seürs de victoire. »
Note n°4
Cretin reprend ici la matière d'un discours de
Clovis rapporté un peu plus tôt par les GCF, liv. I,
chap. 21 (vol. 1, p. 79-80) : « Quant tuit furent asemblé, il
[Clovis] les enorta par tels paroles : « O seigneur
François, mi compagnon et mi chevalier, je ne vous enorte
pas à bataille pour ce que je aie nule doute de vostre vertu
et de vostre ardiece, laquele nostre anemi ont tant redoutée
que il voloit ocire nostre message non apertement, mais en
traïson. Il ont bien mostré par cest fait que il ne
porroient pas souffrir l'ire de toute nostre gent, quant il
ont eu tel paor de la constance d'un seul message. Si vuel
bien que vous sachiez que nous ne nous combatons pas contre
iaus pour fames ne pour enfanz, ne pour terrienes richeces,
mais pour la Sainte Trinité qui est sanz division, que il,
come mauvais, devisent par leur errour escomenié. Après nous
nous combatons pour les divines et les humaines loys, qui
sentent et commandent que l'on ne face vilenie à ciaus qui
sont meheniez entre les oz, et qui portent come message les
paroles des uns aus autres, car entre les armes de anemis
doivent messagier estre asseur. Cil n'est mais anemis qui
est tramis en legation. Hastons nous donques d'aler à la
bataille, et nous férons hardiement entre noz adversaires,
seür et fi de l'aide Nostre Seigneur Jhesu Crist. »
Quant li rois out ensi perouré, li home de vertu furent si
fervent de combatre contre leur anemis, car il estoient trés
apareillié ou de morir, se mestiers fust, pour justice, ou
d'avoir victoire de ciaus qui contre iaus les avoient
esmeuz. »
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIIv : « Mais quant
l'armee marcha la riviere de Vienne luy estouppa et ferma le
passaige, enflee par continuelle pluye, tellement qu'on ne
la pouoit passer à gué n'y trouver le fons. Clovys, ayant
grant douleur et tristesse au cueur de ce que son armee
estoit arrestee, leva les yeulx au ciel, disant : « O
bon Dieu adjuteur en tribulation, entens que voys contre
tes ennemys donne aide et faveur à ta religion que je
garde et deffends, ne differe prendre vengeance du roy
goth hereticque et fay que ce fleuve qui nous empesche
puissons passer. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « À
un flueve vindrent François, qui est apelez Viene ; outre
cuiderent passer, mais il ne pourent, car les iaues
eurhabondoient plus que eles ne soloient pour les granz
pluies qui ourent esté. Dolenz fu li rois, quant il vi que
il, ne sa gent, ne pourroient outre passer ; tantost requist
l'aide Nostre Seigneur par tels paroles : « Sainte
Trinitez et uns seux Diex en majesté, done moi victoire
contre les anemis de la foi chrestiene, et si m'otroie
legier trespassement parmi ce
flueve. » »
Note n°6
Le vers est ajouté en marge dans le ms. BnF fr.
17274, avec la mention "faulte de ligne".
Note n°7
Bien que largement absent de l'Ancien et
du Nouveau Testament, le cerf est un symbole chrétien à plusieurs
égards : roi de la forêt, il relie le ciel et la terre, le monde
visible et le monde invisible ; ses bois qui repoussent l'associent
également à la résurrection. Voir Thierry Zarcone, Jean-Pierre
Laurant, Le cerf. Une symbolique chrétienne et
musulmane, Paris, Les Belles Lettres, 2017.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol.
VIIIv-IXr : « Dieu ne desprisa l'oraison de Clovys, car à la
premiere clarté du jour ensuyvant, de la forest va yssir ung
cerf (sans le cry de personne), lequel se presenta devant
l'armee, et espouenté par le cry des gens d'armes, passant le
fleuve comme explorateur du chemin, monstra le fons et passaige.
Cestuy suivans, les gens d'armes eschapperent en l'aultre ryve
du fleuve. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81-82) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car au matin, au point dou
jor que li oz fu levez et apareilliez, une cerve aparut devant
iaus soudainement. Quant François, qui d'anciane costume ont que
il soient chaceor plus que nule autre gent, virent la beste, il
cuiderent avoir trové proie ; forment la pristrent à enchaucier
de toutse parz ; la cerve se feri en lève et passa tout outre
pour iaus ensegnier le passage. Par ce se pourent bien
apercevoir que Nostre Sires leur demostroit ensi la voie. Li
rois et touz li oz passerent outre par là où la cerve avoit
passé ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. IXr : « Et
l'armee tirant en oultre se arresta au temple Sainct Hylaire de
Poytiers, auquel lieu environ la mynuyt, reposant Clovys, fu veu
le feu tomber du ciel en sa tente, lequel signe plusieurs
interpretoient en bonne partie. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 82) : « Li
rois fist tendre son tref assez près dou mostier Saint Ylaire ;
il fu crié de par le roi parmi l'ost que nus ne fust si hardiz
que il preist ne vins ne viandes ne nule autre neccessaire par
force en toute la contree. Endroit la mie nuit, que toutes
choses sont en silence, uns granz rais de feu ardant eissi
soudainement de l'eglise Saint Hylaire et descendi seur le
paveillon le roi, là endroit où il dormoit. Aucuns, qui cest
signe virent, le tindrent à grant
senefiance. »
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Aix419 que
Aix419
combactre
BnFfr17274 aux
BnFfr17274
armé
BnFfr4967 om.
Aix419, Vat966, Cha514 ferveur
BnFfr4967 se transportent
BnFfr4967 om.
Aix419 poix
BnFfr23145 om.
Vat966 sur
Aix419 eut
BnFfr4967 om.
BnFfr23145 ne
Aix419 s'il
BnFfr17274 au
BnFfr17274 de
BnFfr17274 le
BnFfr23145 va
BnFfr17274
à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 et en
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 furent dedans ;
BnFfr17274 furent dedens
BnFfr17274 Les
Note n°1
Ps. 17 : 40.
Note n°2
Gaguin-Desrey,
fol. VIIIv : « Toutesvoyes, avant que y aller, [Clovis] envoya
quelques dons au sepulchre Sainct Martin, comme attendant
response de victoire future. Et si comme ceulx qui portoient les
dons approucherent des portes du temple, ouyrent les presbtres
chantans l'humne de David, disant : « Seigneur Dieu, par ta
vertu et puissance, m'as deffendu en
bataille. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 80-81) :
« Avant que li rois [Clovis] se combatist contre le roi
Alaric, il reçut certain signe de victoire, selonc l'anciene
costume, en tel maniere com nous vos dirons. Il envoia ses
messages au mostier Saint Martin de Tors, pour porter de par lui
dons et offrendes au cor saint, et leur dist : « Alez, et si
me raportez signe de victoire. » En ce point que li
message entroient en l'eglise, il entendirent que l'on chantoit
ce vers qui est escriz ou Sautier : « Precinxisti me,
Domine, virtute ad bellum, et inimicorum meorum dedisti mihi
dorsa. » Si vaut autant en françois : « Sire, tu
m'a ceint et armé de vertu à bataille, et m'as doné les dos
de mes anemis. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIIr : « Lequel hymne recevans pour
augure, c'est à dire comme prenostification de chose future, les
dons offers, legierement [les envoyés de Clovis] s'en
retournerent au roy, lequel par ce presage fait plus hardy et
couraigeux, s'en alla contre son ennemy. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « Li
messages, qui ce oïrent, furent moult lié. Leur offrendes
firent, puis retornerent au roi, et li raporterent le signe de
victoire de par Nostre Seigneur. Moult en fu liez et haliegres,
et ausi come touz seürs de victoire. »
Note n°4
Cretin reprend ici la matière d'un discours de
Clovis rapporté un peu plus tôt par les GCF, liv. I,
chap. 21 (vol. 1, p. 79-80) : « Quant tuit furent asemblé, il
[Clovis] les enorta par tels paroles : « O seigneur
François, mi compagnon et mi chevalier, je ne vous enorte
pas à bataille pour ce que je aie nule doute de vostre vertu
et de vostre ardiece, laquele nostre anemi ont tant redoutée
que il voloit ocire nostre message non apertement, mais en
traïson. Il ont bien mostré par cest fait que il ne
porroient pas souffrir l'ire de toute nostre gent, quant il
ont eu tel paor de la constance d'un seul message. Si vuel
bien que vous sachiez que nous ne nous combatons pas contre
iaus pour fames ne pour enfanz, ne pour terrienes richeces,
mais pour la Sainte Trinité qui est sanz division, que il,
come mauvais, devisent par leur errour escomenié. Après nous
nous combatons pour les divines et les humaines loys, qui
sentent et commandent que l'on ne face vilenie à ciaus qui
sont meheniez entre les oz, et qui portent come message les
paroles des uns aus autres, car entre les armes de anemis
doivent messagier estre asseur. Cil n'est mais anemis qui
est tramis en legation. Hastons nous donques d'aler à la
bataille, et nous férons hardiement entre noz adversaires,
seür et fi de l'aide Nostre Seigneur Jhesu Crist. »
Quant li rois out ensi perouré, li home de vertu furent si
fervent de combatre contre leur anemis, car il estoient trés
apareillié ou de morir, se mestiers fust, pour justice, ou
d'avoir victoire de ciaus qui contre iaus les avoient
esmeuz. »
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIIv : « Mais quant
l'armee marcha la riviere de Vienne luy estouppa et ferma le
passaige, enflee par continuelle pluye, tellement qu'on ne
la pouoit passer à gué n'y trouver le fons. Clovys, ayant
grant douleur et tristesse au cueur de ce que son armee
estoit arrestee, leva les yeulx au ciel, disant : « O
bon Dieu adjuteur en tribulation, entens que voys contre
tes ennemys donne aide et faveur à ta religion que je
garde et deffends, ne differe prendre vengeance du roy
goth hereticque et fay que ce fleuve qui nous empesche
puissons passer. » »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81) : « À
un flueve vindrent François, qui est apelez Viene ; outre
cuiderent passer, mais il ne pourent, car les iaues
eurhabondoient plus que eles ne soloient pour les granz
pluies qui ourent esté. Dolenz fu li rois, quant il vi que
il, ne sa gent, ne pourroient outre passer ; tantost requist
l'aide Nostre Seigneur par tels paroles : « Sainte
Trinitez et uns seux Diex en majesté, done moi victoire
contre les anemis de la foi chrestiene, et si m'otroie
legier trespassement parmi ce
flueve. » »
Note n°6
Le vers est ajouté en marge dans le ms. BnF fr.
17274, avec la mention "faulte de ligne".
Note n°7
Bien que largement absent de l'Ancien et
du Nouveau Testament, le cerf est un symbole chrétien à plusieurs
égards : roi de la forêt, il relie le ciel et la terre, le monde
visible et le monde invisible ; ses bois qui repoussent l'associent
également à la résurrection. Voir Thierry Zarcone, Jean-Pierre
Laurant, Le cerf. Une symbolique chrétienne et
musulmane, Paris, Les Belles Lettres, 2017.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol.
VIIIv-IXr : « Dieu ne desprisa l'oraison de Clovys, car à la
premiere clarté du jour ensuyvant, de la forest va yssir ung
cerf (sans le cry de personne), lequel se presenta devant
l'armee, et espouenté par le cry des gens d'armes, passant le
fleuve comme explorateur du chemin, monstra le fons et passaige.
Cestuy suivans, les gens d'armes eschapperent en l'aultre ryve
du fleuve. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 81-82) :
« Nostre Sires oï sa proiere, car au matin, au point dou
jor que li oz fu levez et apareilliez, une cerve aparut devant
iaus soudainement. Quant François, qui d'anciane costume ont que
il soient chaceor plus que nule autre gent, virent la beste, il
cuiderent avoir trové proie ; forment la pristrent à enchaucier
de toutse parz ; la cerve se feri en lève et passa tout outre
pour iaus ensegnier le passage. Par ce se pourent bien
apercevoir que Nostre Sires leur demostroit ensi la voie. Li
rois et touz li oz passerent outre par là où la cerve avoit
passé ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. IXr : « Et
l'armee tirant en oultre se arresta au temple Sainct Hylaire de
Poytiers, auquel lieu environ la mynuyt, reposant Clovys, fu veu
le feu tomber du ciel en sa tente, lequel signe plusieurs
interpretoient en bonne partie. »
GCF, liv. I, chap. 22 (vol. 1, p. 82) : « Li
rois fist tendre son tref assez près dou mostier Saint Ylaire ;
il fu crié de par le roi parmi l'ost que nus ne fust si hardiz
que il preist ne vins ne viandes ne nule autre neccessaire par
force en toute la contree. Endroit la mie nuit, que toutes
choses sont en silence, uns granz rais de feu ardant eissi
soudainement de l'eglise Saint Hylaire et descendi seur le
paveillon le roi, là endroit où il dormoit. Aucuns, qui cest
signe virent, le tindrent à grant
senefiance. »
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Aix419 que
Aix419
combactre
BnFfr17274 aux
BnFfr17274
armé
BnFfr4967 om.
Aix419, Vat966, Cha514 ferveur
BnFfr4967 se transportent
BnFfr4967 om.
Aix419 poix
BnFfr23145 om.
Vat966 sur
Aix419 eut
BnFfr4967 om.
BnFfr23145 ne
Aix419 s'il
BnFfr17274 au
BnFfr17274 de
BnFfr17274 le
BnFfr23145 va
BnFfr17274
à
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 et en
BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 furent dedans ;
BnFfr17274 furent dedens
BnFfr17274 Les