Livre I - Chapitre 14
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26








§Cil qui de lire hyſtoyres leſbat ayme Verra en moins de fueillet et demy. Comme Clouis receut de ſainct Remy [2420]Le digne et ſainct ſacrement de bapteſme.
§ Chapitre. . xiiii.
La ſaincte ampolle trāſmiſe du ciel au bapteſme de Clouis.Fo LV Au iour eſleu et aſſigne / pour faire Songneuſement et par oꝛdꝛe / laffaire Le roy / la royne / a gꝛande et gꝛoſſe court Sen vont a Reims /. Loꝛs la nobleſſe court [2425]Seigneurs du ſang / les pꝛinces / ducz / et comtes Suyuent apꝛes / ſans y trouuer meſcontes Tous richement acouſtrez et parez Oꝛ ſont tantoſt les ſainctz fontz pꝛeparez La comparans archeueſques / eueſques [2430]Tout le clerge / nobleſſe et peuple auecques Le roy Clouis apꝛes confeſſion Se pꝛeſenta / monſtrant laffection Tres gꝛande auoir de receuoir bapteſme Mais au beſoing deffaillit le ſainct creſme [2435]Par le deffault du miniſtre /. ou de ceulx Ayans la charge / en cela pareſſeux Ou cela vint ce croy ie / et non deuine Par diſpoſee oꝛdonnance diuine Et comme on feuſt / ſans riens quelconcque ouurer [2440] Par non pouoir le creſme recouurer Soudainement vne blanche columbe Venant du ciel / deuant le peuple tumbe Et en volant a lentour / et parmy Toute la tourbe /. Es mains de ſainct Remy [2445]Viſiblement poſa vne fiolle
Clouys baptiſe incite tous ſes gentz a eſtre baptiſez. Que maintenant diſons la ſaincte ampolle Pleine de doulce et ſouefue liqueur Que croyꝛe doibt tout humble et deuot cueur Auoir eſte miniſtre par loffice [2450]Du ſainct Eſpꝛit / et diuin benefice De la liqueur tres bien receue a gꝛe Fut loꝛs le roy enoingt et conſacre Et auſſi ont eſte les roys de France Touſiours depuys/ ains que auoir deliurance [2455]Du pays leur / par entiere action De iouyſſante adminiſtration Apꝛes ce ſainct et ſollempnel bapteſme Le roy parlant a ſes gentz pꝛiſt ſon teſme Sur bon pꝛopos quen bꝛiefz motz leur deſcript [2460]Et les pꝛia de croyꝛe en Ieſus Criſt Dont tient auoir la victoyꝛe obtenue Et ſe repent que tant a ſouſtenue La faulſe loy / et ſuperſtition Qui ſes fauteurs meyne a perdition [2465]Il leur ſuade a laiſſer les ydolles Et de leurs dieux tous temples / capitolles Pꝛophanes lieux / ſimulachꝛes / aultiers Ne ſouffrir veoir et demourer entiers Mais tout bꝛiſer / rompꝛe / et a terre abatre [2470]Et pour la foy du Redempteur combatre
Clouis fonda legliſe du mont saincte Geneuefue a paris.Fo LVI En congnoiſſant que au rachapt des humains Son digne coꝛps / chef / coſte / piedz / et mains Souffrit percer ſur le perron doultrance Tenant le pas /. A ceſte remonſtrance [2475]Furent les cueurs des Francoys amoliz Si que leurs dieux laiſſez et aboliz Tous les pꝛeſens / et autres quant le ſceurent Le ſacrement de bapteſme receurent §Le roy apꝛes / pour augmenter touſiours [2480]La foy de Dieu /. fiſt en bien peu de iours Conſtruyꝛe vng temple a paris /. pꝛincipalle Cite tenue / et ville capitalle De ſon royaulme / et couſta maint eſcu Ce baſtyment sur le mont dit Aygu [2485]Ou il auoit la terre et place acquiſe Fut erigee vne bien belle egliſe Fondee au nom des apoſtres benoiſtz Sainct Pierre et Paul /. Et a ce quen congnoys Ceſt le lieu pꝛopꝛe / ou ſaincte Geneuefue [2490]Maint langoureux febꝛicitant relieue De ſa douleur / peine et calamite Donnant remede a toute infirmite Les roys de France en leurs armes poꝛtoyent Durant ce temps troys crapaulx / qui eſtoyent [2495]Armes par trop eſtranges a poꝛter
Les troys fleurs de liz enuoyees du ciel au roy Clouys. Mais Dieu voulut les faire tranſpoꝛter Quant a Clouis furent du ciel tranſmiſes Fleurs de liz doꝛ / pour eſtre en ce lieu miſes Sur champ dazur la celeſte couleur [2500]Les fiſt aſſeoir /. De ceſte digne fleur A Ioye en Val y a pꝛeuue certaine Par vne vifue et tres clere fontaine Ou lon maintient que fut fait ce tranſpoꝛt A vng pꝛeudhomme hermite /. Et au rappoꝛt [2505]De luy /. pꝛenant dun tel treſoꝛ moult ioye Fut pꝛis le nom du roy darmes Montioye La giſt a moins dun traict darc et demy Le benoiſt coꝛps de ſainct Barthelemy La pour teſmoing de ce diuin miſtere [2510] Pꝛent ioye en val ce deuot monaſtere Mais ceſt vng cas bien ſauuaige / et aſſez A repꝛimer /. que les roys treſpaſſez Nont eu ce lieu en plus gꝛand reuerence Y trouuez vous pꝛopos ne apparence ? [2515]Deuſſent ilz pas en ce ioyeux pourpꝛis Auoir baſty quelque ouuraige de pꝛis ? Laiſſer le lieu en ſi gꝛande ruyne Ou vint la fleur / dont fut ceſte bꝛuyne Des troys enflez et venimeux crapaulx [2520]Miſe ſoubz piedz /. De tous lieux pꝛincipaulx
Du mal des eſcrouelles dont le roy de france gueriſt.Fo LVII Ce ioye en Val vault bien pour debuoir eſtre Plus extime que autre nul royal eſtre Capable eſt il voire entre vng milion Dy baſtir lautre et ſecond Ylion [2525]La deuroit on ſur blanc marbꝛe et poꝛphire Faire entailler ymaiges a ſouffire Et beaulx eſcriptz / ou feuſſent contenuz Les excellentz faictz darmes que ont tenuz Tous roys francoys / pour en telz repertoyꝛes [2530]A lœil choyſir leurs heureuſes victoyꝛes. O roy des roys / et ſeigneur des ſeigneurs Quelz ſi gꝛandz biens / pꝛiuileiges / honneurs Quelz ſi beaux dons / et gꝛaces ſi affectes Ont autres euz / que aux roys francoys as faictes ? [2535]Certes il neſt ſi gꝛande nation Qui de ſes dieux ayt eu donation Si appꝛouchante a lheur dont cueur franc ſe ayſe Que a eu de toy la nation francoyſe Loue en ſoit ton ſainct nom pꝛecieux [2540]Et honnoꝛe en la terre et aux cieulx. Reſte adiouxter aux gꝛaces deſſus dictes Entre autres / deux / qui ne ſont pas petites Lune et plus gꝛande eſt ceſte /. Or la retien Ceſt que le roy nomme tres creſtien [2545]Dun ſeul toucher guariſt / ſans doubter / croy le
Des graces diuines que ont les roys de france. La malladie appellee eſcrouelle /. Miracle gꝛand /. Eſt il place ou deſtour Ou ſoit celluy qui puiſt faire vn tel tour ? On dit aſſez /. Mais ceſt le foꝛt du faire [2550]Ie ne croyꝛay iamais en ceſt affaire Que filz ſeptieſme a ce bien eſpꝛouue Soit ia de luy vng ſeul guary trouue Lautre gꝛace eſt / et tien ou que ie ſoye Auoir eſte vng dꝛap de rouge ſoye [2555]Tranſmys du ciel / iadis reſplendiſſant Au deſployer / comme ſoleil naiſſant Vers le matin / ſans ce que noyꝛe nue De ſa clarte en riens luy diminue Ce dꝛap de ſoye / en la facon eſtoit [2560]Dun eſtandart / et des roys ſe poꝛtoit Quant on fondoit querelles des batailles Ioindꝛe ſur l oſt de viles truendailles Turcz / meſcreans / ennemys de la foy On dit auſſi que a eſte fait lenuoy [2565]De ceſte enſeigne appellee auriflamme A Charlemaigne / ardant comme la flamme Et en ſon cueur / ayant le zele eſcript A ſouſtenir la foy de Ieſus Criſt Et obſeruer dꝛoit iuſte et canonicque [2570]Comme verrons en cueillant ſa cronicque
De lauriflamme enuoyee du ciel a ClouisFo LVIII Ceſte auriflamme auoit telle vertu Que quant vng oſt ſen trouuoit reueſtu Et deſployee au vent eſtoit ſinglee Partie aduerſe en venoit aueuglee [2575]Elle a eſte gardee bien longtemps A Sainct Denys en France /. Mais ientendz Ainſi que vent va ſouflant en ouye Que du lieu ſeſt pieca eſuanouye Et la raiſon /. pource que aucuns des roys [2580]Sur creſtiens par impourueuz deſroys Contre le vueil de Dieu mal en vſerent Et du diuin pꝛiuileige abuſerent Autre parolle icy tenir nen puys Foꝛs ſeullement que ay entendu depuys [2585]A la ſemblance vne a eſte beneyſte Et eſt dedans legliſe deſſus dicte Miſe et gardee aupꝛes du benoiſt coꝛps De ſainct Denys /. Qui ne croyt mes recoꝛdz Lœil en fera (ſil y va ) ſeure pꝛeuue [2590]Dire ne puys ſinon ce que ien treuue.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Cil, qui de lire hystoyres+histoire [BnFfr23145] l'esbat ayme, Verra, en moins de fueillet et demy, Comme ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
receut de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [2420]Le digne et sainct sacrement de baptesme1.
§ Chapitre xiiii+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre.quatorziesme. [Cha514]
La saincte ampolle transmise du ciel au baptesme de ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Au jour esleu et assigné pour faire Songneusement et par ordre l'affaire, Le roy, la+et
, aprés confessïon, Se presenta, monstrant l'affectïon+affection [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] Trés grande avoir de recevoir baptesme2. Mais au besoing deffaillit+deffault [BnFfr23145] le sainct cresme [2435]Par le deffault du ministre, ou de ceulx Ayans la charge, en cela paresseux. Ou cela vint, ce croy je et non devine, Par disposee ordonnance divine. Et comme on feust sans riens quelconcque+ quelzconques [BnFfr23145] ouvrer, [2440]Par+Pour [BnFfr23145] non pouoir le cresme recouvrer, Soudainement une blanche columbe, Venant du ciel, devant le peuple tumbe, Et en volant à l'entour+enlentour [Vat966] et parmy Toute la tourbe, es mains de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [2445]Visiblement posa une fïolle,
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
baptisé incite tous ses gentz à estre baptisez Que maintenant disons la saincte ampolle, Pleine de doulce et souefve liqueur, Que croyre doibt tout humble et devot cueur Avoir esté ministré par l'office [2450]Du sainct Esprit+Esperit [BnFfr23145]Saint-Esprit Concept de Dieu dans de nombreuses religions et divin benefice. De la liqueur trés bien receue à gré, Fut lors le roy enoingt et consacré. Et aussi ont esté les roys de France Tousjours depuys, ains que avoir delivrance [2455]Du paÿs leur, par entiere actïon De jouÿssante administratïon3. Aprés ce sainct et sollempnel baptesme, Le roy, parlant à ses gentz, prist son tesme Sur bon propos qu'en briefz motz+mot [Aix419] leur descript, [2460]Et les pria de croyre en Jesus CristJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens, Dont tient avoir la victoyre obtenue. Et se repent que tant a soustenue La faulse loy et superstitïon Qui ses fauteurs meyne à perditïon. [2465]Il leur+leurs [Aix419] suade à laisser les ydolles, Et de leurs dieux tous temples, capitolles+
temples et capitolles [BnFfr17274, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
temples et capitoles [BnFfr23145] ;
temples et cappitolles [Aix419]
,
Prophanes lieux, simulachres aultiers,
Ne souffrir veoir et demourer entiers,
Mais tout briser, rompre et à terre abatre,
[2470]Et pour la foy du RedempteurJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens combatre
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
fonda l'eglise du mont Saincte Genevefve à Paris En congnoissant que au+le [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] rachapt des humains Son digne corps, chef, costé, piedz+piedz [BnFfr4967] et mains Souffrit percer, sur le perron d'oultrance Tenant le pas45. À ceste remonstrance, [2475]Furent les cueurs des Françoys amoliz Si que, leurs dieux laissez et aboliz, Tous les presens et autres, quant le sceurent, Le sacrement de baptesme receurent6. §Le roy aprés, pour augmenter tousjours [2480]La foy de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, fist en bien peu de jours Construyre ung +peud
Les troys fleurs de liz envoyees du ciel au roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Mais DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme voulut les faire transporter, Quant à ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
furent du ciel transmises Fleurs de liz d'or, pour estre en ce lieu +et [BnFfr4967] mises. Sur champ d'azur, la celeste couleur, [2500]Les fist asseoir9. De ceste digne fleur, À Joye en Val y a preuve certaine, Par une vifve et trés clere fontaine Où l'on maintient que fut fait ce transport À ung preud'homme hermite. Et au rapport [2505]De luy, prenant d'un tel tresor moult joye, Fut pris+puis [BnFfr17274] le nom du roy d'armes : Montjoye. Là gist, à moins d'un+en moindz du [BnFfr17274]en moins d'ung [Aix419, Cha514] traict d'arc et demy, Le benoist corps de sainct BarthelemyBarthélemy, saint (Ier siècle avant J.C. — Ier siècle) Apôtre du Christ. Là, pour tesmoing de ce divin mistere [2510]Prent+Prens [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514] joye en val ce+le [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514] devot monastere10. Mais c'est ung cas bien sauvaige et assez À reprimer+reprouver [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514], que les roys trespassez N'ont eu ce lieu en plus grand reverence. Y+Il [BnFfr17274] trouvez vous propos ne+ny [BnFfr17274] apparence ? [2515]Deussent ilz pas en ce joyeux pourpris Avoir basty quelque ouvraige de pris ? Laisser le lieu en si grande rüyne, Où vint la fleur dont fut ceste brüyne Des+De [Vat966] troys enflez et venimeux crapaulx [2520]Mise soubz piedz ! De tous lieux principaulx,
Du mal des escrouelles dont le roy de France guerist Ce Joye en Val vault bien pour debvoir estre Plus extimé que autre nul royal estre+aistre [BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514]. Capable est il, voire entre ung milïon, D'y bastir l'autre et second Ylïon11. [2525]Là devroit on, sur blanc marbre et porphire, Faire entailler ymaiges à souffire Et beaulx escriptz où feussent contenuz Les excellentz faictz d'armes que ont tenuz Tous roys françoys, pour en telz repertoyres [2530]À l'œil choysir leurs heureuses victoyres. O roy des roys et seigneur des seigneurs, Quelz si grandz biens, privileiges, honneurs, Quelz si beaux dons+dont [BnFfr4967] et graces si affectes Ont autres euz, que aux roys françoys as faictes ? [2535]Certes il n'est si grande natïon Qui de ses+des [BnFfr4967] dieux ayt eu donatïon Si approuchante à l'heur, dont cueur franc+franc cueur [BnFfr23145] se ayse, Que a eu de toy la natïon françoyse. Loué+Lout [BnFfr4967] en soit ton sainct nom precïeux, [2540]Et honnoré en la terre et aux cieulx12. Reste adjouxter, aux graces dessus dictes, Entre autres deux qui ne sont pas petites. L'une et+om. [BnFfr17274]est [Vat966] plus grande est ceste, or la retien, C'est que le roy nommé trés crestïen [2545]D'un seul toucher guarist, sans doubter croy le,
Des graces divines que ont les roys de France La malladie appellee escrouelle13. Miracle grand ! Est il place ou destour Où soit celluy qui puist+peult [BnFfr17274]peust [Aix419] faire un tel tour ? On dit assez, mais c'est le fort du+de [BnFfr23145]à [BnFfr4967] faire. [2550]Je ne croyray jamais en cest+ceste [BnFfr17274] affaire Que filz septiesme a ce bien esprouvé+approuvé [BnFfr4967]14. Soit ja de luy ung seul guary trouvé15 ! L'autre grace est, et tien où que je soye, Avoir esté ung drap de rouge soye [2555]Transmys du ciel, jadis, resplendissant Au desployer comme soleil naissant Vers le matin, sans ce que noyre nue De sa clarté en riens luy diminue. Ce drap de soye, en la façon, estoit [2560]D'un estandart, et des roys se portoit Quant on fondoit querelles des+de [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514] batailles, Joindre sur l' ost de viles+villes [Aix419] truendailles, Turcz, mescrëans, ennemys de la foy. On dit+tient [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] aussi que a esté fait l'envoy [2565]De ceste enseigne appellee auriflamme À CharlemaigneCharlemagne (entre 06/04/742 et 06/04/748 — 01/02/814) Roi des Francs (13/10/768-01/02/814)
Roi des Lombards (14/07/774-01/02/814)
Empereur d'Occident (29/12/800-01/02/814)
Duc de Bavière (?-?)
ardant comme la flamme, Et en son cueur ayant le zele escript À soustenir la foy de Jesus CristJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens Et observer+En observant [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] droit juste et canonicque, [2570]Comme verrons en cueillant sa cronicque.
De l'auriflamme envoyee du ciel à ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Ceste auriflamme avoit telle vertu Que, quant ung ost s'en trouvoit revestu, Et desployee+
desployé [Aix419] ;
desploié [BnFfr17274]
au vent estoit+estoit au vent [BnFfr23145]
singlee+sanglee [Aix419],
Partie adverse en venoit aveuglee.
[2575]Elle a esté gardee bien longtemps
À Sainct Denys en
France,
mais j'entendz,
Ainsi que vent va souflant en ouÿe,
Que du lieu s'est
pieça
esvanouÿe16.
Et la raison : pour ce que aucuns+
aucune
[BnFfr17274]aucun [Aix419] des roys
[2580]Sur crestiens, par impourveuz desroys,
Contre le vueil de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, mal en
userent
Et du divin privileige abuserent.
Autre parolle icy tenir n'en puys
Fors seullement que ay entendu : depuys17,
[2585]À la semblance une a esté beneyste
Et est dedans l'eglise dessus dicte
Mise et+en [BnFfr4967] gardee auprés du benoist corps
De sainct DenysDenis, saint (IIIe siècle — 250) Saint catholique et orthodoxe18. Qui ne croyt mes
recordz,
L'œil en fera, s'il y va, seure preuve19.
[2590]Dire ne puys sinon ce que j'en treuve.
Note n°1
Sur ce chapitre, voir les études qui
ont été faites par Brix et Delvallée, 2025 ; ainsi que Brix 2024
(signalées en ref).
Note n°2
Cretin amplifie considérablement le récit de
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Jour fut assigné pour le roy
baptiser, et les saincts fons preparez et richement
aornez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 71) :
« Mesires sains Remis fist tout maintenant les fonz
aparellier pour le roi baptizier et ciaus quipar sa predication
estoient converti. Quant tout fut apresté, li rois descendi es
fonz ausi com uns autres Costantins. Ensi come sains Remis
recitoit la maniere de la passion Jhesu Crist, com il fu liez à
l'estache, batuz et escopiz et puis crucifiez, li rois, qui
moult avoit grant compassion des griés qu'il ooit reciter que on
li avoit faiz, dist un bel mot : « Certes, dist il, se je
eusse là esté atout mes François, je eusse bien vanchiés les
outrages que on li fesoit. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Comme nul n'eust apporté le
sainct cresme, duquel on oing ceulx qui sont baptisez, fust par
la negligence des ministres ou par la volunté de Dieu, voicy
venir soubdainement une columbe du ciel, laquelle apporta entre
les mains de saint Remy une phiolle (que nous disons ampoulle),
pleine de liqueur trés odorifferante, laquelle chose on dit
estre faicte par le service et benefice du Sainct Esprit. De
ceste liqueur fut sacré le roy Clovys et de là en avant tous les
roys de France, avant que administrer le royaulme, jusques à
maintenant sont sacrez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 70-71) :
« Nostre Sires monstra bien apertement combien il avoit
acceptable la foi dou roi novelement converti par le grant
miracle qui là avint. Car droit en ce point que l'on dut faire
l'oncion, et cil qui le saint cresme devoit aministrer ne pout
avant venir pour la presse dou pople, uns coluns avola
soudainement devers le ciel, non mie coluns, mais Sainz Esperiz
en semblance de colum. En son bec, qui moult estoit clers et
resplendissanz, aporta la sainte ontion en un petit vaisselez,
puis le mist ès mains dou saint archevesque qui benoissoit les
fonz. »
Note n°4
L'expression évoque le
Pas du Perron Fée, le récit d'un tournoi qui
s'est tenu à Bruges en 1463 (Le Pas du Perron fée. Édition
des manuscrits Paris, BnF fr. 5739 et Lille, BU 104, éd.
Chloé Horn, Anne Rochebouet et Michelle Szkilnik. Les classiques
français du Moyen Âge 169. Paris, Champion, 2013). Même si Cretin ne
renvoie peut-être pas explicitement à ce texte ici, il associe
volontairement une expression relevant du domaine de la chevalerie à
la description de la Passion.
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Le mystere du
baptiesme accomply, Clovys, faisant briefve oraison à la
noblesse estant à l'entour de luy, et semblablement à tout le
peuple, les enhorta de renoncer la faulce religion des dieux et
confesser et advouer la foy de Jhesu Christ, filz de Dieu, par
l'aide duquel il avoit surmonté les Allemans, ses
ennemis. » Dans les GCF, liv. I, chap. 19
(vol. 1, p. 68-70), c'est avant son baptême que Clovis exhorte les
Francs à se converir par un long dicours. Dans cet appel à renoncer
au paganisme et à lutter pour le christianisme, Cretin ne se
contente pas de réorganiser le discours correspondant dans les
GCF afin de placer le commentaire de Clovis sur
le sacrement après que celui-ci a eu lieu (plutôt qu’avant) ; il
réduit également considérablement le discours du roi, en limitant sa
portée à l’acte de foi. Cette condensation des éléments narratifs
permet à Cretin de passer d’un principe chronologique, qui organise
le récit du baptême, au principe pédagogique présidant à la
discussion des attributs et des symboles du roi de France. Le
discours reporté joue un rôle de transition entre les deux pratiques
littéraires à l’œuvre dans ce chapitre, qui passe ici de l’histoire
à la théorie politique, avec le développement des attributs de la
religion royale.
Note n°6
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Les couraiges des
Franoys, frappéz et amolliz par l'oraison du roy, confessans
Jhesu Christ, receurent le sainct baptesme. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Moult
ourent grant joie et grant leece tuit cil qui là estoient ; tuit
commencierent à crier graces et loenges à Nostre Seigneur ; si
fu là baptiziée une partie dou pople. »
Note n°7
Ce v. est identique au v. 2209.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. VIIv :
« Clovys, afin qu'il esclarcist et enluminast la foy
catholicque par quelque noble et excellan oeuvre, fist
construyre ung temple depuis les fondemens jusques en hault sur
le Mont Agu de Paris, que l'on dit maintenant le Mont Saincte
Geneviefve, lequel il dedia aux benoistz apostres sainct Pierre
et sainct Paul. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Il
mostra bien la foi et la devocion de son cuer en ce que il fonda
asez tost après, par l'amonestement la roine, une eglise en
Paris en l'eneur dou prince des apostres, qui or est apelée
Sainte Geneveve ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « En ce lieu ne omettray à
adjouxter ce que par nul certain aucteur ay trouvé, mais ay ouy
reciter et affermer notoirement par la commune renommee : que
les roys françoys avoient en leur armoyrie pour le signe de leur
noblesse troys crapos, mais après que Clovys eut receu les
sacremens chrestiens, luy fut envoyé du ciel ce que de present
portent les roys, c'est assavoir troys fleurs de liz d'or, soubz
lesquelles est la couleur du ciel serain, que les Françous
appellent azur. » Les GCF ne rapportent pas
cet épisode.
Note n°10
Sans parvenir
à expliciter davantage que sa source en quoi la fontaine est une
preuve de l'origine divine des armoiries royales, Cretin continue de
suivre Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « A ceste chose me consent le
monastere Sainct Barthelemy que nous appellons Joye en Val,
auquel par les habitans du lieu est monstré une fontaine
tesmoing de ce muracle. » Il enrichit cependant sa source
principale en introduisant la figure traditionnelle de l'ermite de
Joyenval, qu'il désigne d'une formule qui trahit le recours aux
Annales de Nicole Gilles (f. XVr-v) : « On
lit aussi en aucunes escriptures que en ce temps avoit ung
hermite preudhomme et de saincte vie qui habitoit en ung boys
près d'une fontaine au lieu qui de present est appellé Joye en
Val, en la chastellenie de Poissy, près Paris, auquel hermite
ladicte Clotilde, femme du roy Clovis, avoit grande fiance, et
pour sa saincteté le visitoit souvent, et luy administroit ses
necessitez. Et advint ung jour que ledit hermite estoit en
oraison, ung ange s'apparut à luy, et luy disant qu'il fist
raser les armes des trois croissans que ledit Clovis portoit en
son escu, combien que aucuns dyent que c'estoient trois
crapaulx... »
Note n°11
Rime riche mais convenue. Pierre de Ronsard fera encore
rimer ces deux mêmes mots dans la Franciade, liv. 1,
vers 35-36.
Note n°12
Ce passage n'a pas d'équivalent dans les sources de
Cretin, qui suggère que le rôle traditionnel de l'abbaye de
Saint-Denis, gardien du souvenir de la dynastie et dépositaire de la
mémoire royale, soit transféré à Joyenval. Ainsi s'exprime la
relative hostilité de Cretin vis-à-vis de l'abbaye bénédictine de
Saint-Denis, qui transparaît encore plus loin dans ce chapitre, au
moment où la Chronique française évoque la perte de
l'oriflamme.
Note n°13
Même dans un
pronom monosyllabique (icy « le » dans « croy le »), a priori
tonique donc, le « e » final est considéré comme surnuméraire, puis
qu'il rime avec « ecrouelle ». Le cas revient à plusieurs reprises
dans la Chronique, par exemple, rien que pour le
livre I, aux v. 2805-2806, où « querelle » rime avec « querez le »
ou encore aux v. 3785-3786, où « jaçoit ce » rime avec « congnoisse
».
Note n°14
Référence à la croyance populaire selon
laquelle un septième fils a le pouvoir de guérir des écrouelles.
Voir Marc Bloch, "Une contamination des croyances: Les rois de
France, guérisseurs d'écrouelles, saint Marcoul et les septièmes
fils", Compte rendu du Ve Congrès international des sciences
historiques, éd. Guillaume Des Marez et François-Louis
Ganshof, Bruxelles, Weissenbruch, 1923, p. 315-316.
Note n°15
Aucune des deux sources principales de Cretin
n'évoque la guérison miraculeuse des écrouelles.
Note n°16
De nouveau, Cretin glisse dans ses
vers une attaque contre l'institution dyonisienne.
Note n°17
Une
autre lecture possible de ce vers ferait de l'adverbe "depuys" un
commentaire de Cretin sur sa propre composition de la
Chronique, plutôt que sur la bénédiction d'un
nouvel étendart. Une telle interprétation, cependant, suggère que
Cretin aurait ajouté ces vers a posteriori, après avoir écrit le
livre IV de sa Chronique, qui traite de Charlemagne.
Or Cretin semble avoir offert ses livres au roi à mesure qu'il les
écrivait, ce qu'indiquent les liminaires dans lesquels il témoigne
de son engagement à produire douze livres, entravé par sa fatigue.
Voir en particulier le livre II, BnF fr. 2818, f. Ar et CXIVr.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « L'on
tient aussi pour certain que du ciel a esté envoyé ung grap de
soye rouge et quarré, en façon d'une enseigne de guerre
resplendissant à merveilles, duquel pour enseigne useroient les
roys françoys en leurs batailles contre les ennemys de la foy
catholique, et à cest estendard jusques à present est demouré le
nom de auriflamme, laquelle longuement a esté gardée par les
religieux et couvent de Sainct Denys en France. Mais les roys
abusans de ce signe contre les chresties, c'est evanouy. Ung
aultre toutesvoyes a esté fait et restauré à l'exemple et
semblance de cestuy, lequel, consacré par les evesques et l'abbé
du lieu, est dignement gardé avecques les aultres sainctes
reliques. Et sont aucuns lesquelz dient ce benefice celeste
avoir esté conferé à Charlemaigne. » Les
GCF n'évoquent pas l'origine de l'oriflamme de
Saint-Denis.
Note n°19
Valorisation traditionnelle de
l’autopsie dans l’écriture historiographique, c’est-à-dire du
témoignage de première main par quelqu’un qui a vu les faits. Le
témoignage direct était alors considéré comme le gage de vérité le
plus fiable : plus un historiographe est proche des faits, plus il
est estimé avoir de l’autorité sur son récit (rôle d'assertor, pour reprendre la
terminologie de B. Guenée). Contrairement aux pratiques modernes et
contemporaines, les historiographes qui, avec recul, confrontent les
sources, n’occupent qu’une seconde place en termes de valeur de leur
écrit (ils sont des (rôle d'compilatores). Voir B. Guenée, Histoire et
culture historique dans l’Occident médiéval, Paris,
Aubier-Montaigne, 1980, p. 140-147 ; P. Ainsworth, « Contemporary
and “Eyewitness History” », dans Historiography in the Middle
Ages, éd. D. Mauskopf, Leiden-Boston, Brill, 2003, chap.
8, p. 249-276. Cretin fera néanmoins la critique de l’autorité
absolue du témoignage de première main dans sa déploration funèbre
de 1525, L’apparition du Mareschal sans reproche :
voir E. Delvallée, Poétiques de la filiation, Genève,
Droz, 2021, p. 316-339. La justification des faits allégués, par
l’observation directe de preuves, revient à plusieurs reprises,
souvent en fin de chapitre, comme dans le livre I, chap. 20, v.
3533-3534 « Quoy qu'il en soit, plusieurs donnent adveuz / Que sur
la tumbe ont veu tout plein de veuz ».
BnFfr23145 histoire
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.quatorziesme.
BnFfr17274 et la
BnFfr17274 et
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 affection
BnFfr23145 deffault
BnFfr23145
quelzconques
BnFfr23145 Pour
Vat966 enlentour
BnFfr23145 Esperit
Aix419 mot
Aix419 leurs
BnFfr17274, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 temples et capitolles ;
BnFfr23145 temples et capitoles ;
Aix419 temples et cappitolles
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 le
BnFfr4967 piedz
BnFfr4967 peud peuple
Aix419 Cest
Aix419, Cha514 Sainctz
Aix419
que
Vat966 om.
BnFfr4967 sainct
Aix419 subricitant
BnFfr4967 et
BnFfr17274 puis
BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514 Prens
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 le
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 reprouver
BnFfr17274 Il
BnFfr17274 ny
Vat966 De
BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 aistre
BnFfr4967 dont
BnFfr4967 des
BnFfr23145 franc cueur
BnFfr4967 Lout
BnFfr17274 ceste
BnFfr4967 approuvé
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514 de
Aix419 villes
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 tient
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 En observant
Aix419 desployé ;
BnFfr17274 desploié
BnFfr23145 estoit au vent
Aix419 sanglee
BnFfr4967 en








§Cil qui de lire hyſtoyres leſbat ayme Verra en moins de fueillet et demy. Comme Clouis receut de ſainct Remy [2420]Le digne et ſainct ſacrement de bapteſme.
§ Chapitre. . xiiii.
La ſaincte ampolle trāſmiſe du ciel au bapteſme de Clouis.Fo LV Au iour eſleu et aſſigne / pour faire Songneuſement et par oꝛdꝛe / laffaire Le roy / la royne / a gꝛande et gꝛoſſe court Sen vont a Reims /. Loꝛs la nobleſſe court [2425]Seigneurs du ſang / les pꝛinces / ducz / et comtes Suyuent apꝛes / ſans y trouuer meſcontes Tous richement acouſtrez et parez Oꝛ ſont tantoſt les ſainctz fontz pꝛeparez La comparans archeueſques / eueſques [2430]Tout le clerge / nobleſſe et peuple auecques Le roy Clouis apꝛes confeſſion Se pꝛeſenta / monſtrant laffection Tres gꝛande auoir de receuoir bapteſme Mais au beſoing deffaillit le ſainct creſme [2435]Par le deffault du miniſtre /. ou de ceulx Ayans la charge / en cela pareſſeux Ou cela vint ce croy ie / et non deuine Par diſpoſee oꝛdonnance diuine Et comme on feuſt / ſans riens quelconcque ouurer [2440] Par non pouoir le creſme recouurer Soudainement vne blanche columbe Venant du ciel / deuant le peuple tumbe Et en volant a lentour / et parmy Toute la tourbe /. Es mains de ſainct Remy [2445]Viſiblement poſa vne fiolle
Clouys baptiſe incite tous ſes gentz a eſtre baptiſez. Que maintenant diſons la ſaincte ampolle Pleine de doulce et ſouefue liqueur Que croyꝛe doibt tout humble et deuot cueur Auoir eſte miniſtre par loffice [2450]Du ſainct Eſpꝛit / et diuin benefice De la liqueur tres bien receue a gꝛe Fut loꝛs le roy enoingt et conſacre Et auſſi ont eſte les roys de France Touſiours depuys/ ains que auoir deliurance [2455]Du pays leur / par entiere action De iouyſſante adminiſtration Apꝛes ce ſainct et ſollempnel bapteſme Le roy parlant a ſes gentz pꝛiſt ſon teſme Sur bon pꝛopos quen bꝛiefz motz leur deſcript [2460]Et les pꝛia de croyꝛe en Ieſus Criſt Dont tient auoir la victoyꝛe obtenue Et ſe repent que tant a ſouſtenue La faulſe loy / et ſuperſtition Qui ſes fauteurs meyne a perdition [2465]Il leur ſuade a laiſſer les ydolles Et de leurs dieux tous temples / capitolles Pꝛophanes lieux / ſimulachꝛes / aultiers Ne ſouffrir veoir et demourer entiers Mais tout bꝛiſer / rompꝛe / et a terre abatre [2470]Et pour la foy du Redempteur combatre
Clouis fonda legliſe du mont saincte Geneuefue a paris.Fo LVI En congnoiſſant que au rachapt des humains Son digne coꝛps / chef / coſte / piedz / et mains Souffrit percer ſur le perron doultrance Tenant le pas /. A ceſte remonſtrance [2475]Furent les cueurs des Francoys amoliz Si que leurs dieux laiſſez et aboliz Tous les pꝛeſens / et autres quant le ſceurent Le ſacrement de bapteſme receurent §Le roy apꝛes / pour augmenter touſiours [2480]La foy de Dieu /. fiſt en bien peu de iours Conſtruyꝛe vng temple a paris /. pꝛincipalle Cite tenue / et ville capitalle De ſon royaulme / et couſta maint eſcu Ce baſtyment sur le mont dit Aygu [2485]Ou il auoit la terre et place acquiſe Fut erigee vne bien belle egliſe Fondee au nom des apoſtres benoiſtz Sainct Pierre et Paul /. Et a ce quen congnoys Ceſt le lieu pꝛopꝛe / ou ſaincte Geneuefue [2490]Maint langoureux febꝛicitant relieue De ſa douleur / peine et calamite Donnant remede a toute infirmite Les roys de France en leurs armes poꝛtoyent Durant ce temps troys crapaulx / qui eſtoyent [2495]Armes par trop eſtranges a poꝛter
Les troys fleurs de liz enuoyees du ciel au roy Clouys. Mais Dieu voulut les faire tranſpoꝛter Quant a Clouis furent du ciel tranſmiſes Fleurs de liz doꝛ / pour eſtre en ce lieu miſes Sur champ dazur la celeſte couleur [2500]Les fiſt aſſeoir /. De ceſte digne fleur A Ioye en Val y a pꝛeuue certaine Par vne vifue et tres clere fontaine Ou lon maintient que fut fait ce tranſpoꝛt A vng pꝛeudhomme hermite /. Et au rappoꝛt [2505]De luy /. pꝛenant dun tel treſoꝛ moult ioye Fut pꝛis le nom du roy darmes Montioye La giſt a moins dun traict darc et demy Le benoiſt coꝛps de ſainct Barthelemy La pour teſmoing de ce diuin miſtere [2510] Pꝛent ioye en val ce deuot monaſtere Mais ceſt vng cas bien ſauuaige / et aſſez A repꝛimer /. que les roys treſpaſſez Nont eu ce lieu en plus gꝛand reuerence Y trouuez vous pꝛopos ne apparence ? [2515]Deuſſent ilz pas en ce ioyeux pourpꝛis Auoir baſty quelque ouuraige de pꝛis ? Laiſſer le lieu en ſi gꝛande ruyne Ou vint la fleur / dont fut ceſte bꝛuyne Des troys enflez et venimeux crapaulx [2520]Miſe ſoubz piedz /. De tous lieux pꝛincipaulx
Du mal des eſcrouelles dont le roy de france gueriſt.Fo LVII Ce ioye en Val vault bien pour debuoir eſtre Plus extime que autre nul royal eſtre Capable eſt il voire entre vng milion Dy baſtir lautre et ſecond Ylion [2525]La deuroit on ſur blanc marbꝛe et poꝛphire Faire entailler ymaiges a ſouffire Et beaulx eſcriptz / ou feuſſent contenuz Les excellentz faictz darmes que ont tenuz Tous roys francoys / pour en telz repertoyꝛes [2530]A lœil choyſir leurs heureuſes victoyꝛes. O roy des roys / et ſeigneur des ſeigneurs Quelz ſi gꝛandz biens / pꝛiuileiges / honneurs Quelz ſi beaux dons / et gꝛaces ſi affectes Ont autres euz / que aux roys francoys as faictes ? [2535]Certes il neſt ſi gꝛande nation Qui de ſes dieux ayt eu donation Si appꝛouchante a lheur dont cueur franc ſe ayſe Que a eu de toy la nation francoyſe Loue en ſoit ton ſainct nom pꝛecieux [2540]Et honnoꝛe en la terre et aux cieulx. Reſte adiouxter aux gꝛaces deſſus dictes Entre autres / deux / qui ne ſont pas petites Lune et plus gꝛande eſt ceſte /. Or la retien Ceſt que le roy nomme tres creſtien [2545]Dun ſeul toucher guariſt / ſans doubter / croy le
Des graces diuines que ont les roys de france. La malladie appellee eſcrouelle /. Miracle gꝛand /. Eſt il place ou deſtour Ou ſoit celluy qui puiſt faire vn tel tour ? On dit aſſez /. Mais ceſt le foꝛt du faire [2550]Ie ne croyꝛay iamais en ceſt affaire Que filz ſeptieſme a ce bien eſpꝛouue Soit ia de luy vng ſeul guary trouue Lautre gꝛace eſt / et tien ou que ie ſoye Auoir eſte vng dꝛap de rouge ſoye [2555]Tranſmys du ciel / iadis reſplendiſſant Au deſployer / comme ſoleil naiſſant Vers le matin / ſans ce que noyꝛe nue De ſa clarte en riens luy diminue Ce dꝛap de ſoye / en la facon eſtoit [2560]Dun eſtandart / et des roys ſe poꝛtoit Quant on fondoit querelles des batailles Ioindꝛe ſur l oſt de viles truendailles Turcz / meſcreans / ennemys de la foy On dit auſſi que a eſte fait lenuoy [2565]De ceſte enſeigne appellee auriflamme A Charlemaigne / ardant comme la flamme Et en ſon cueur / ayant le zele eſcript A ſouſtenir la foy de Ieſus Criſt Et obſeruer dꝛoit iuſte et canonicque [2570]Comme verrons en cueillant ſa cronicque
De lauriflamme enuoyee du ciel a ClouisFo LVIII Ceſte auriflamme auoit telle vertu Que quant vng oſt ſen trouuoit reueſtu Et deſployee au vent eſtoit ſinglee Partie aduerſe en venoit aueuglee [2575]Elle a eſte gardee bien longtemps A Sainct Denys en France /. Mais ientendz Ainſi que vent va ſouflant en ouye Que du lieu ſeſt pieca eſuanouye Et la raiſon /. pource que aucuns des roys [2580]Sur creſtiens par impourueuz deſroys Contre le vueil de Dieu mal en vſerent Et du diuin pꝛiuileige abuſerent Autre parolle icy tenir nen puys Foꝛs ſeullement que ay entendu depuys [2585]A la ſemblance vne a eſte beneyſte Et eſt dedans legliſe deſſus dicte Miſe et gardee aupꝛes du benoiſt coꝛps De ſainct Denys /. Qui ne croyt mes recoꝛdz Lœil en fera (ſil y va ) ſeure pꝛeuue [2590]Dire ne puys ſinon ce que ien treuue.
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
§Cil, qui de lire hystoyres+histoire [BnFfr23145] l'esbat ayme, Verra, en moins de fueillet et demy, Comme ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
receut de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [2420]Le digne et sainct sacrement de baptesme1.
§ Chapitre xiiii+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966]Chapitre.quatorziesme. [Cha514]
La saincte ampolle transmise du ciel au baptesme de ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Au jour esleu et assigné pour faire Songneusement et par ordre l'affaire, Le roy, la+et
, aprés confessïon, Se presenta, monstrant l'affectïon+affection [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] Trés grande avoir de recevoir baptesme2. Mais au besoing deffaillit+deffault [BnFfr23145] le sainct cresme [2435]Par le deffault du ministre, ou de ceulx Ayans la charge, en cela paresseux. Ou cela vint, ce croy je et non devine, Par disposee ordonnance divine. Et comme on feust sans riens quelconcque+ quelzconques [BnFfr23145] ouvrer, [2440]Par+Pour [BnFfr23145] non pouoir le cresme recouvrer, Soudainement une blanche columbe, Venant du ciel, devant le peuple tumbe, Et en volant à l'entour+enlentour [Vat966] et parmy Toute la tourbe, es mains de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [2445]Visiblement posa une fïolle,
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
baptisé incite tous ses gentz à estre baptisez Que maintenant disons la saincte ampolle, Pleine de doulce et souefve liqueur, Que croyre doibt tout humble et devot cueur Avoir esté ministré par l'office [2450]Du sainct Esprit+Esperit [BnFfr23145]Saint-Esprit Concept de Dieu dans de nombreuses religions et divin benefice. De la liqueur trés bien receue à gré, Fut lors le roy enoingt et consacré. Et aussi ont esté les roys de France Tousjours depuys, ains que avoir delivrance [2455]Du paÿs leur, par entiere actïon De jouÿssante administratïon3. Aprés ce sainct et sollempnel baptesme, Le roy, parlant à ses gentz, prist son tesme Sur bon propos qu'en briefz motz+mot [Aix419] leur descript, [2460]Et les pria de croyre en Jesus CristJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens, Dont tient avoir la victoyre obtenue. Et se repent que tant a soustenue La faulse loy et superstitïon Qui ses fauteurs meyne à perditïon. [2465]Il leur+leurs [Aix419] suade à laisser les ydolles, Et de leurs dieux tous temples, capitolles+
temples et capitolles [BnFfr17274, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
temples et capitoles [BnFfr23145] ;
temples et cappitolles [Aix419]
,
Prophanes lieux, simulachres aultiers,
Ne souffrir veoir et demourer entiers,
Mais tout briser, rompre et à terre abatre,
[2470]Et pour la foy du RedempteurJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens combatre
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
fonda l'eglise du mont Saincte Genevefve à Paris En congnoissant que au+le [BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299] rachapt des humains Son digne corps, chef, costé, piedz+piedz [BnFfr4967] et mains Souffrit percer, sur le perron d'oultrance Tenant le pas45. À ceste remonstrance, [2475]Furent les cueurs des Françoys amoliz Si que, leurs dieux laissez et aboliz, Tous les presens et autres, quant le sceurent, Le sacrement de baptesme receurent6. §Le roy aprés, pour augmenter tousjours [2480]La foy de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, fist en bien peu de jours Construyre ung +peud
Les troys fleurs de liz envoyees du ciel au roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Mais DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme voulut les faire transporter, Quant à ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
furent du ciel transmises Fleurs de liz d'or, pour estre en ce lieu +et [BnFfr4967] mises. Sur champ d'azur, la celeste couleur, [2500]Les fist asseoir9. De ceste digne fleur, À Joye en Val y a preuve certaine, Par une vifve et trés clere fontaine Où l'on maintient que fut fait ce transport À ung preud'homme hermite. Et au rapport [2505]De luy, prenant d'un tel tresor moult joye, Fut pris+puis [BnFfr17274] le nom du roy d'armes : Montjoye. Là gist, à moins d'un+en moindz du [BnFfr17274]en moins d'ung [Aix419, Cha514] traict d'arc et demy, Le benoist corps de sainct BarthelemyBarthélemy, saint (Ier siècle avant J.C. — Ier siècle) Apôtre du Christ. Là, pour tesmoing de ce divin mistere [2510]Prent+Prens [BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514] joye en val ce+le [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514] devot monastere10. Mais c'est ung cas bien sauvaige et assez À reprimer+reprouver [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514], que les roys trespassez N'ont eu ce lieu en plus grand reverence. Y+Il [BnFfr17274] trouvez vous propos ne+ny [BnFfr17274] apparence ? [2515]Deussent ilz pas en ce joyeux pourpris Avoir basty quelque ouvraige de pris ? Laisser le lieu en si grande rüyne, Où vint la fleur dont fut ceste brüyne Des+De [Vat966] troys enflez et venimeux crapaulx [2520]Mise soubz piedz ! De tous lieux principaulx,
Du mal des escrouelles dont le roy de France guerist Ce Joye en Val vault bien pour debvoir estre Plus extimé que autre nul royal estre+aistre [BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514]. Capable est il, voire entre ung milïon, D'y bastir l'autre et second Ylïon11. [2525]Là devroit on, sur blanc marbre et porphire, Faire entailler ymaiges à souffire Et beaulx escriptz où feussent contenuz Les excellentz faictz d'armes que ont tenuz Tous roys françoys, pour en telz repertoyres [2530]À l'œil choysir leurs heureuses victoyres. O roy des roys et seigneur des seigneurs, Quelz si grandz biens, privileiges, honneurs, Quelz si beaux dons+dont [BnFfr4967] et graces si affectes Ont autres euz, que aux roys françoys as faictes ? [2535]Certes il n'est si grande natïon Qui de ses+des [BnFfr4967] dieux ayt eu donatïon Si approuchante à l'heur, dont cueur franc+franc cueur [BnFfr23145] se ayse, Que a eu de toy la natïon françoyse. Loué+Lout [BnFfr4967] en soit ton sainct nom precïeux, [2540]Et honnoré en la terre et aux cieulx12. Reste adjouxter, aux graces dessus dictes, Entre autres deux qui ne sont pas petites. L'une et+om. [BnFfr17274]est [Vat966] plus grande est ceste, or la retien, C'est que le roy nommé trés crestïen [2545]D'un seul toucher guarist, sans doubter croy le,
Des graces divines que ont les roys de France La malladie appellee escrouelle13. Miracle grand ! Est il place ou destour Où soit celluy qui puist+peult [BnFfr17274]peust [Aix419] faire un tel tour ? On dit assez, mais c'est le fort du+de [BnFfr23145]à [BnFfr4967] faire. [2550]Je ne croyray jamais en cest+ceste [BnFfr17274] affaire Que filz septiesme a ce bien esprouvé+approuvé [BnFfr4967]14. Soit ja de luy ung seul guary trouvé15 ! L'autre grace est, et tien où que je soye, Avoir esté ung drap de rouge soye [2555]Transmys du ciel, jadis, resplendissant Au desployer comme soleil naissant Vers le matin, sans ce que noyre nue De sa clarté en riens luy diminue. Ce drap de soye, en la façon, estoit [2560]D'un estandart, et des roys se portoit Quant on fondoit querelles des+de [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514] batailles, Joindre sur l' ost de viles+villes [Aix419] truendailles, Turcz, mescrëans, ennemys de la foy. On dit+tient [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] aussi que a esté fait l'envoy [2565]De ceste enseigne appellee auriflamme À CharlemaigneCharlemagne (entre 06/04/742 et 06/04/748 — 01/02/814) Roi des Francs (13/10/768-01/02/814)
Roi des Lombards (14/07/774-01/02/814)
Empereur d'Occident (29/12/800-01/02/814)
Duc de Bavière (?-?)
ardant comme la flamme, Et en son cueur ayant le zele escript À soustenir la foy de Jesus CristJésus-Christ Messie et fils unique de Dieu pour les chrétiens Et observer+En observant [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] droit juste et canonicque, [2570]Comme verrons en cueillant sa cronicque.
De l'auriflamme envoyee du ciel à ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
Ceste auriflamme avoit telle vertu Que, quant ung ost s'en trouvoit revestu, Et desployee+
desployé [Aix419] ;
desploié [BnFfr17274]
au vent estoit+estoit au vent [BnFfr23145]
singlee+sanglee [Aix419],
Partie adverse en venoit aveuglee.
[2575]Elle a esté gardee bien longtemps
À Sainct Denys en
France,
mais j'entendz,
Ainsi que vent va souflant en ouÿe,
Que du lieu s'est
pieça
esvanouÿe16.
Et la raison : pour ce que aucuns+
aucune
[BnFfr17274]aucun [Aix419] des roys
[2580]Sur crestiens, par impourveuz desroys,
Contre le vueil de DieuDieu Concept de Dieu dans le christianisme, mal en
userent
Et du divin privileige abuserent.
Autre parolle icy tenir n'en puys
Fors seullement que ay entendu : depuys17,
[2585]À la semblance une a esté beneyste
Et est dedans l'eglise dessus dicte
Mise et+en [BnFfr4967] gardee auprés du benoist corps
De sainct DenysDenis, saint (IIIe siècle — 250) Saint catholique et orthodoxe18. Qui ne croyt mes
recordz,
L'œil en fera, s'il y va, seure preuve19.
[2590]Dire ne puys sinon ce que j'en treuve.
Note n°1
Sur ce chapitre, voir les études qui
ont été faites par Brix et Delvallée, 2025 ; ainsi que Brix 2024
(signalées en ref).
Note n°2
Cretin amplifie considérablement le récit de
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Jour fut assigné pour le roy
baptiser, et les saincts fons preparez et richement
aornez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 71) :
« Mesires sains Remis fist tout maintenant les fonz
aparellier pour le roi baptizier et ciaus quipar sa predication
estoient converti. Quant tout fut apresté, li rois descendi es
fonz ausi com uns autres Costantins. Ensi come sains Remis
recitoit la maniere de la passion Jhesu Crist, com il fu liez à
l'estache, batuz et escopiz et puis crucifiez, li rois, qui
moult avoit grant compassion des griés qu'il ooit reciter que on
li avoit faiz, dist un bel mot : « Certes, dist il, se je
eusse là esté atout mes François, je eusse bien vanchiés les
outrages que on li fesoit. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Comme nul n'eust apporté le
sainct cresme, duquel on oing ceulx qui sont baptisez, fust par
la negligence des ministres ou par la volunté de Dieu, voicy
venir soubdainement une columbe du ciel, laquelle apporta entre
les mains de saint Remy une phiolle (que nous disons ampoulle),
pleine de liqueur trés odorifferante, laquelle chose on dit
estre faicte par le service et benefice du Sainct Esprit. De
ceste liqueur fut sacré le roy Clovys et de là en avant tous les
roys de France, avant que administrer le royaulme, jusques à
maintenant sont sacrez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 70-71) :
« Nostre Sires monstra bien apertement combien il avoit
acceptable la foi dou roi novelement converti par le grant
miracle qui là avint. Car droit en ce point que l'on dut faire
l'oncion, et cil qui le saint cresme devoit aministrer ne pout
avant venir pour la presse dou pople, uns coluns avola
soudainement devers le ciel, non mie coluns, mais Sainz Esperiz
en semblance de colum. En son bec, qui moult estoit clers et
resplendissanz, aporta la sainte ontion en un petit vaisselez,
puis le mist ès mains dou saint archevesque qui benoissoit les
fonz. »
Note n°4
L'expression évoque le
Pas du Perron Fée, le récit d'un tournoi qui
s'est tenu à Bruges en 1463 (Le Pas du Perron fée. Édition
des manuscrits Paris, BnF fr. 5739 et Lille, BU 104, éd.
Chloé Horn, Anne Rochebouet et Michelle Szkilnik. Les classiques
français du Moyen Âge 169. Paris, Champion, 2013). Même si Cretin ne
renvoie peut-être pas explicitement à ce texte ici, il associe
volontairement une expression relevant du domaine de la chevalerie à
la description de la Passion.
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Le mystere du
baptiesme accomply, Clovys, faisant briefve oraison à la
noblesse estant à l'entour de luy, et semblablement à tout le
peuple, les enhorta de renoncer la faulce religion des dieux et
confesser et advouer la foy de Jhesu Christ, filz de Dieu, par
l'aide duquel il avoit surmonté les Allemans, ses
ennemis. » Dans les GCF, liv. I, chap. 19
(vol. 1, p. 68-70), c'est avant son baptême que Clovis exhorte les
Francs à se converir par un long dicours. Dans cet appel à renoncer
au paganisme et à lutter pour le christianisme, Cretin ne se
contente pas de réorganiser le discours correspondant dans les
GCF afin de placer le commentaire de Clovis sur
le sacrement après que celui-ci a eu lieu (plutôt qu’avant) ; il
réduit également considérablement le discours du roi, en limitant sa
portée à l’acte de foi. Cette condensation des éléments narratifs
permet à Cretin de passer d’un principe chronologique, qui organise
le récit du baptême, au principe pédagogique présidant à la
discussion des attributs et des symboles du roi de France. Le
discours reporté joue un rôle de transition entre les deux pratiques
littéraires à l’œuvre dans ce chapitre, qui passe ici de l’histoire
à la théorie politique, avec le développement des attributs de la
religion royale.
Note n°6
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Les couraiges des
Franoys, frappéz et amolliz par l'oraison du roy, confessans
Jhesu Christ, receurent le sainct baptesme. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Moult
ourent grant joie et grant leece tuit cil qui là estoient ; tuit
commencierent à crier graces et loenges à Nostre Seigneur ; si
fu là baptiziée une partie dou pople. »
Note n°7
Ce v. est identique au v. 2209.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. VIIv :
« Clovys, afin qu'il esclarcist et enluminast la foy
catholicque par quelque noble et excellan oeuvre, fist
construyre ung temple depuis les fondemens jusques en hault sur
le Mont Agu de Paris, que l'on dit maintenant le Mont Saincte
Geneviefve, lequel il dedia aux benoistz apostres sainct Pierre
et sainct Paul. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Il
mostra bien la foi et la devocion de son cuer en ce que il fonda
asez tost après, par l'amonestement la roine, une eglise en
Paris en l'eneur dou prince des apostres, qui or est apelée
Sainte Geneveve ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « En ce lieu ne omettray à
adjouxter ce que par nul certain aucteur ay trouvé, mais ay ouy
reciter et affermer notoirement par la commune renommee : que
les roys françoys avoient en leur armoyrie pour le signe de leur
noblesse troys crapos, mais après que Clovys eut receu les
sacremens chrestiens, luy fut envoyé du ciel ce que de present
portent les roys, c'est assavoir troys fleurs de liz d'or, soubz
lesquelles est la couleur du ciel serain, que les Françous
appellent azur. » Les GCF ne rapportent pas
cet épisode.
Note n°10
Sans parvenir
à expliciter davantage que sa source en quoi la fontaine est une
preuve de l'origine divine des armoiries royales, Cretin continue de
suivre Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « A ceste chose me consent le
monastere Sainct Barthelemy que nous appellons Joye en Val,
auquel par les habitans du lieu est monstré une fontaine
tesmoing de ce muracle. » Il enrichit cependant sa source
principale en introduisant la figure traditionnelle de l'ermite de
Joyenval, qu'il désigne d'une formule qui trahit le recours aux
Annales de Nicole Gilles (f. XVr-v) : « On
lit aussi en aucunes escriptures que en ce temps avoit ung
hermite preudhomme et de saincte vie qui habitoit en ung boys
près d'une fontaine au lieu qui de present est appellé Joye en
Val, en la chastellenie de Poissy, près Paris, auquel hermite
ladicte Clotilde, femme du roy Clovis, avoit grande fiance, et
pour sa saincteté le visitoit souvent, et luy administroit ses
necessitez. Et advint ung jour que ledit hermite estoit en
oraison, ung ange s'apparut à luy, et luy disant qu'il fist
raser les armes des trois croissans que ledit Clovis portoit en
son escu, combien que aucuns dyent que c'estoient trois
crapaulx... »
Note n°11
Rime riche mais convenue. Pierre de Ronsard fera encore
rimer ces deux mêmes mots dans la Franciade, liv. 1,
vers 35-36.
Note n°12
Ce passage n'a pas d'équivalent dans les sources de
Cretin, qui suggère que le rôle traditionnel de l'abbaye de
Saint-Denis, gardien du souvenir de la dynastie et dépositaire de la
mémoire royale, soit transféré à Joyenval. Ainsi s'exprime la
relative hostilité de Cretin vis-à-vis de l'abbaye bénédictine de
Saint-Denis, qui transparaît encore plus loin dans ce chapitre, au
moment où la Chronique française évoque la perte de
l'oriflamme.
Note n°13
Même dans un
pronom monosyllabique (icy « le » dans « croy le »), a priori
tonique donc, le « e » final est considéré comme surnuméraire, puis
qu'il rime avec « ecrouelle ». Le cas revient à plusieurs reprises
dans la Chronique, par exemple, rien que pour le
livre I, aux v. 2805-2806, où « querelle » rime avec « querez le »
ou encore aux v. 3785-3786, où « jaçoit ce » rime avec « congnoisse
».
Note n°14
Référence à la croyance populaire selon
laquelle un septième fils a le pouvoir de guérir des écrouelles.
Voir Marc Bloch, "Une contamination des croyances: Les rois de
France, guérisseurs d'écrouelles, saint Marcoul et les septièmes
fils", Compte rendu du Ve Congrès international des sciences
historiques, éd. Guillaume Des Marez et François-Louis
Ganshof, Bruxelles, Weissenbruch, 1923, p. 315-316.
Note n°15
Aucune des deux sources principales de Cretin
n'évoque la guérison miraculeuse des écrouelles.
Note n°16
De nouveau, Cretin glisse dans ses
vers une attaque contre l'institution dyonisienne.
Note n°17
Une
autre lecture possible de ce vers ferait de l'adverbe "depuys" un
commentaire de Cretin sur sa propre composition de la
Chronique, plutôt que sur la bénédiction d'un
nouvel étendart. Une telle interprétation, cependant, suggère que
Cretin aurait ajouté ces vers a posteriori, après avoir écrit le
livre IV de sa Chronique, qui traite de Charlemagne.
Or Cretin semble avoir offert ses livres au roi à mesure qu'il les
écrivait, ce qu'indiquent les liminaires dans lesquels il témoigne
de son engagement à produire douze livres, entravé par sa fatigue.
Voir en particulier le livre II, BnF fr. 2818, f. Ar et CXIVr.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « L'on
tient aussi pour certain que du ciel a esté envoyé ung grap de
soye rouge et quarré, en façon d'une enseigne de guerre
resplendissant à merveilles, duquel pour enseigne useroient les
roys françoys en leurs batailles contre les ennemys de la foy
catholique, et à cest estendard jusques à present est demouré le
nom de auriflamme, laquelle longuement a esté gardée par les
religieux et couvent de Sainct Denys en France. Mais les roys
abusans de ce signe contre les chresties, c'est evanouy. Ung
aultre toutesvoyes a esté fait et restauré à l'exemple et
semblance de cestuy, lequel, consacré par les evesques et l'abbé
du lieu, est dignement gardé avecques les aultres sainctes
reliques. Et sont aucuns lesquelz dient ce benefice celeste
avoir esté conferé à Charlemaigne. » Les
GCF n'évoquent pas l'origine de l'oriflamme de
Saint-Denis.
Note n°19
Valorisation traditionnelle de
l’autopsie dans l’écriture historiographique, c’est-à-dire du
témoignage de première main par quelqu’un qui a vu les faits. Le
témoignage direct était alors considéré comme le gage de vérité le
plus fiable : plus un historiographe est proche des faits, plus il
est estimé avoir de l’autorité sur son récit (rôle d'assertor, pour reprendre la
terminologie de B. Guenée). Contrairement aux pratiques modernes et
contemporaines, les historiographes qui, avec recul, confrontent les
sources, n’occupent qu’une seconde place en termes de valeur de leur
écrit (ils sont des (rôle d'compilatores). Voir B. Guenée, Histoire et
culture historique dans l’Occident médiéval, Paris,
Aubier-Montaigne, 1980, p. 140-147 ; P. Ainsworth, « Contemporary
and “Eyewitness History” », dans Historiography in the Middle
Ages, éd. D. Mauskopf, Leiden-Boston, Brill, 2003, chap.
8, p. 249-276. Cretin fera néanmoins la critique de l’autorité
absolue du témoignage de première main dans sa déploration funèbre
de 1525, L’apparition du Mareschal sans reproche :
voir E. Delvallée, Poétiques de la filiation, Genève,
Droz, 2021, p. 316-339. La justification des faits allégués, par
l’observation directe de preuves, revient à plusieurs reprises,
souvent en fin de chapitre, comme dans le livre I, chap. 20, v.
3533-3534 « Quoy qu'il en soit, plusieurs donnent adveuz / Que sur
la tumbe ont veu tout plein de veuz ».
BnFfr23145 histoire
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.quatorziesme.
BnFfr17274 et la
BnFfr17274 et
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 affection
BnFfr23145 deffault
BnFfr23145
quelzconques
BnFfr23145 Pour
Vat966 enlentour
BnFfr23145 Esperit
Aix419 mot
Aix419 leurs
BnFfr17274, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 temples et capitolles ;
BnFfr23145 temples et capitoles ;
Aix419 temples et cappitolles
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 le
BnFfr4967 piedz
BnFfr4967 peud peuple
Aix419 Cest
Aix419, Cha514 Sainctz
Aix419
que
Vat966 om.
BnFfr4967 sainct
Aix419 subricitant
BnFfr4967 et
BnFfr17274 puis
BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514 Prens
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 le
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 reprouver
BnFfr17274 Il
BnFfr17274 ny
Vat966 De
BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 aistre
BnFfr4967 dont
BnFfr4967 des
BnFfr23145 franc cueur
BnFfr4967 Lout
BnFfr17274 ceste
BnFfr4967 approuvé
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514 de
Aix419 villes
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 tient
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 En observant
Aix419 desployé ;
BnFfr17274 desploié
BnFfr23145 estoit au vent
Aix419 sanglee
BnFfr4967 en
Note n°1
Sur ce chapitre, voir les études qui
ont été faites par Brix et Delvallée, 2025 ; ainsi que Brix 2024
(signalées en ref).
Note n°2
Cretin amplifie considérablement le récit de
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Jour fut assigné pour le roy
baptiser, et les saincts fons preparez et richement
aornez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 71) :
« Mesires sains Remis fist tout maintenant les fonz
aparellier pour le roi baptizier et ciaus quipar sa predication
estoient converti. Quant tout fut apresté, li rois descendi es
fonz ausi com uns autres Costantins. Ensi come sains Remis
recitoit la maniere de la passion Jhesu Crist, com il fu liez à
l'estache, batuz et escopiz et puis crucifiez, li rois, qui
moult avoit grant compassion des griés qu'il ooit reciter que on
li avoit faiz, dist un bel mot : « Certes, dist il, se je
eusse là esté atout mes François, je eusse bien vanchiés les
outrages que on li fesoit. » »
Note n°3
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Comme nul n'eust apporté le
sainct cresme, duquel on oing ceulx qui sont baptisez, fust par
la negligence des ministres ou par la volunté de Dieu, voicy
venir soubdainement une columbe du ciel, laquelle apporta entre
les mains de saint Remy une phiolle (que nous disons ampoulle),
pleine de liqueur trés odorifferante, laquelle chose on dit
estre faicte par le service et benefice du Sainct Esprit. De
ceste liqueur fut sacré le roy Clovys et de là en avant tous les
roys de France, avant que administrer le royaulme, jusques à
maintenant sont sacrez. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 70-71) :
« Nostre Sires monstra bien apertement combien il avoit
acceptable la foi dou roi novelement converti par le grant
miracle qui là avint. Car droit en ce point que l'on dut faire
l'oncion, et cil qui le saint cresme devoit aministrer ne pout
avant venir pour la presse dou pople, uns coluns avola
soudainement devers le ciel, non mie coluns, mais Sainz Esperiz
en semblance de colum. En son bec, qui moult estoit clers et
resplendissanz, aporta la sainte ontion en un petit vaisselez,
puis le mist ès mains dou saint archevesque qui benoissoit les
fonz. »
Note n°4
L'expression évoque le
Pas du Perron Fée, le récit d'un tournoi qui
s'est tenu à Bruges en 1463 (Le Pas du Perron fée. Édition
des manuscrits Paris, BnF fr. 5739 et Lille, BU 104, éd.
Chloé Horn, Anne Rochebouet et Michelle Szkilnik. Les classiques
français du Moyen Âge 169. Paris, Champion, 2013). Même si Cretin ne
renvoie peut-être pas explicitement à ce texte ici, il associe
volontairement une expression relevant du domaine de la chevalerie à
la description de la Passion.
Note n°5
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Le mystere du
baptiesme accomply, Clovys, faisant briefve oraison à la
noblesse estant à l'entour de luy, et semblablement à tout le
peuple, les enhorta de renoncer la faulce religion des dieux et
confesser et advouer la foy de Jhesu Christ, filz de Dieu, par
l'aide duquel il avoit surmonté les Allemans, ses
ennemis. » Dans les GCF, liv. I, chap. 19
(vol. 1, p. 68-70), c'est avant son baptême que Clovis exhorte les
Francs à se converir par un long dicours. Dans cet appel à renoncer
au paganisme et à lutter pour le christianisme, Cretin ne se
contente pas de réorganiser le discours correspondant dans les
GCF afin de placer le commentaire de Clovis sur
le sacrement après que celui-ci a eu lieu (plutôt qu’avant) ; il
réduit également considérablement le discours du roi, en limitant sa
portée à l’acte de foi. Cette condensation des éléments narratifs
permet à Cretin de passer d’un principe chronologique, qui organise
le récit du baptême, au principe pédagogique présidant à la
discussion des attributs et des symboles du roi de France. Le
discours reporté joue un rôle de transition entre les deux pratiques
littéraires à l’œuvre dans ce chapitre, qui passe ici de l’histoire
à la théorie politique, avec le développement des attributs de la
religion royale.
Note n°6
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « Les couraiges des
Franoys, frappéz et amolliz par l'oraison du roy, confessans
Jhesu Christ, receurent le sainct baptesme. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Moult
ourent grant joie et grant leece tuit cil qui là estoient ; tuit
commencierent à crier graces et loenges à Nostre Seigneur ; si
fu là baptiziée une partie dou pople. »
Note n°7
Ce v. est identique au v. 2209.
Note n°8
Gaguin-Desrey, fol. VIIv :
« Clovys, afin qu'il esclarcist et enluminast la foy
catholicque par quelque noble et excellan oeuvre, fist
construyre ung temple depuis les fondemens jusques en hault sur
le Mont Agu de Paris, que l'on dit maintenant le Mont Saincte
Geneviefve, lequel il dedia aux benoistz apostres sainct Pierre
et sainct Paul. »
GCF, liv. I, chap. 20 (vol. 1, p. 72) : « Il
mostra bien la foi et la devocion de son cuer en ce que il fonda
asez tost après, par l'amonestement la roine, une eglise en
Paris en l'eneur dou prince des apostres, qui or est apelée
Sainte Geneveve ».
Note n°9
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « En ce lieu ne omettray à
adjouxter ce que par nul certain aucteur ay trouvé, mais ay ouy
reciter et affermer notoirement par la commune renommee : que
les roys françoys avoient en leur armoyrie pour le signe de leur
noblesse troys crapos, mais après que Clovys eut receu les
sacremens chrestiens, luy fut envoyé du ciel ce que de present
portent les roys, c'est assavoir troys fleurs de liz d'or, soubz
lesquelles est la couleur du ciel serain, que les Françous
appellent azur. » Les GCF ne rapportent pas
cet épisode.
Note n°10
Sans parvenir
à expliciter davantage que sa source en quoi la fontaine est une
preuve de l'origine divine des armoiries royales, Cretin continue de
suivre Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « A ceste chose me consent le
monastere Sainct Barthelemy que nous appellons Joye en Val,
auquel par les habitans du lieu est monstré une fontaine
tesmoing de ce muracle. » Il enrichit cependant sa source
principale en introduisant la figure traditionnelle de l'ermite de
Joyenval, qu'il désigne d'une formule qui trahit le recours aux
Annales de Nicole Gilles (f. XVr-v) : « On
lit aussi en aucunes escriptures que en ce temps avoit ung
hermite preudhomme et de saincte vie qui habitoit en ung boys
près d'une fontaine au lieu qui de present est appellé Joye en
Val, en la chastellenie de Poissy, près Paris, auquel hermite
ladicte Clotilde, femme du roy Clovis, avoit grande fiance, et
pour sa saincteté le visitoit souvent, et luy administroit ses
necessitez. Et advint ung jour que ledit hermite estoit en
oraison, ung ange s'apparut à luy, et luy disant qu'il fist
raser les armes des trois croissans que ledit Clovis portoit en
son escu, combien que aucuns dyent que c'estoient trois
crapaulx... »
Note n°11
Rime riche mais convenue. Pierre de Ronsard fera encore
rimer ces deux mêmes mots dans la Franciade, liv. 1,
vers 35-36.
Note n°12
Ce passage n'a pas d'équivalent dans les sources de
Cretin, qui suggère que le rôle traditionnel de l'abbaye de
Saint-Denis, gardien du souvenir de la dynastie et dépositaire de la
mémoire royale, soit transféré à Joyenval. Ainsi s'exprime la
relative hostilité de Cretin vis-à-vis de l'abbaye bénédictine de
Saint-Denis, qui transparaît encore plus loin dans ce chapitre, au
moment où la Chronique française évoque la perte de
l'oriflamme.
Note n°13
Même dans un
pronom monosyllabique (icy « le » dans « croy le »), a priori
tonique donc, le « e » final est considéré comme surnuméraire, puis
qu'il rime avec « ecrouelle ». Le cas revient à plusieurs reprises
dans la Chronique, par exemple, rien que pour le
livre I, aux v. 2805-2806, où « querelle » rime avec « querez le »
ou encore aux v. 3785-3786, où « jaçoit ce » rime avec « congnoisse
».
Note n°14
Référence à la croyance populaire selon
laquelle un septième fils a le pouvoir de guérir des écrouelles.
Voir Marc Bloch, "Une contamination des croyances: Les rois de
France, guérisseurs d'écrouelles, saint Marcoul et les septièmes
fils", Compte rendu du Ve Congrès international des sciences
historiques, éd. Guillaume Des Marez et François-Louis
Ganshof, Bruxelles, Weissenbruch, 1923, p. 315-316.
Note n°15
Aucune des deux sources principales de Cretin
n'évoque la guérison miraculeuse des écrouelles.
Note n°16
De nouveau, Cretin glisse dans ses
vers une attaque contre l'institution dyonisienne.
Note n°17
Une
autre lecture possible de ce vers ferait de l'adverbe "depuys" un
commentaire de Cretin sur sa propre composition de la
Chronique, plutôt que sur la bénédiction d'un
nouvel étendart. Une telle interprétation, cependant, suggère que
Cretin aurait ajouté ces vers a posteriori, après avoir écrit le
livre IV de sa Chronique, qui traite de Charlemagne.
Or Cretin semble avoir offert ses livres au roi à mesure qu'il les
écrivait, ce qu'indiquent les liminaires dans lesquels il témoigne
de son engagement à produire douze livres, entravé par sa fatigue.
Voir en particulier le livre II, BnF fr. 2818, f. Ar et CXIVr.
Note n°18
Gaguin-Desrey, fol. VIIv : « L'on
tient aussi pour certain que du ciel a esté envoyé ung grap de
soye rouge et quarré, en façon d'une enseigne de guerre
resplendissant à merveilles, duquel pour enseigne useroient les
roys françoys en leurs batailles contre les ennemys de la foy
catholique, et à cest estendard jusques à present est demouré le
nom de auriflamme, laquelle longuement a esté gardée par les
religieux et couvent de Sainct Denys en France. Mais les roys
abusans de ce signe contre les chresties, c'est evanouy. Ung
aultre toutesvoyes a esté fait et restauré à l'exemple et
semblance de cestuy, lequel, consacré par les evesques et l'abbé
du lieu, est dignement gardé avecques les aultres sainctes
reliques. Et sont aucuns lesquelz dient ce benefice celeste
avoir esté conferé à Charlemaigne. » Les
GCF n'évoquent pas l'origine de l'oriflamme de
Saint-Denis.
Note n°19
Valorisation traditionnelle de
l’autopsie dans l’écriture historiographique, c’est-à-dire du
témoignage de première main par quelqu’un qui a vu les faits. Le
témoignage direct était alors considéré comme le gage de vérité le
plus fiable : plus un historiographe est proche des faits, plus il
est estimé avoir de l’autorité sur son récit (rôle d'assertor, pour reprendre la
terminologie de B. Guenée). Contrairement aux pratiques modernes et
contemporaines, les historiographes qui, avec recul, confrontent les
sources, n’occupent qu’une seconde place en termes de valeur de leur
écrit (ils sont des (rôle d'compilatores). Voir B. Guenée, Histoire et
culture historique dans l’Occident médiéval, Paris,
Aubier-Montaigne, 1980, p. 140-147 ; P. Ainsworth, « Contemporary
and “Eyewitness History” », dans Historiography in the Middle
Ages, éd. D. Mauskopf, Leiden-Boston, Brill, 2003, chap.
8, p. 249-276. Cretin fera néanmoins la critique de l’autorité
absolue du témoignage de première main dans sa déploration funèbre
de 1525, L’apparition du Mareschal sans reproche :
voir E. Delvallée, Poétiques de la filiation, Genève,
Droz, 2021, p. 316-339. La justification des faits allégués, par
l’observation directe de preuves, revient à plusieurs reprises,
souvent en fin de chapitre, comme dans le livre I, chap. 20, v.
3533-3534 « Quoy qu'il en soit, plusieurs donnent adveuz / Que sur
la tumbe ont veu tout plein de veuz ».
BnFfr23145 histoire
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.quatorziesme.
BnFfr17274 et la
BnFfr17274 et
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 affection
BnFfr23145 deffault
BnFfr23145
quelzconques
BnFfr23145 Pour
Vat966 enlentour
BnFfr23145 Esperit
Aix419 mot
Aix419 leurs
BnFfr17274, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 temples et capitolles ;
BnFfr23145 temples et capitoles ;
Aix419 temples et cappitolles
BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299 le
BnFfr4967 piedz
BnFfr4967 peud peuple
Aix419 Cest
Aix419, Cha514 Sainctz
Aix419
que
Vat966 om.
BnFfr4967 sainct
Aix419 subricitant
BnFfr4967 et
BnFfr17274 puis
BnFfr17274, Aix419, Vat966, Cha514 Prens
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 le
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, BnFfr4967, Vat966, Cha514 reprouver
BnFfr17274 Il
BnFfr17274 ny
Vat966 De
BnFfr23145, Aix419, Vat966, Cha514 aistre
BnFfr4967 dont
BnFfr4967 des
BnFfr23145 franc cueur
BnFfr4967 Lout
BnFfr17274 ceste
BnFfr4967 approuvé
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Aix419, Cha514 de
Aix419 villes
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 tient
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 En observant
Aix419 desployé ;
BnFfr17274 desploié
BnFfr23145 estoit au vent
Aix419 sanglee
BnFfr4967 en