Livre I - Chapitre 11
Prologue en vers | Chapitre 1 | Chapitre 2 | Chapitre 3 | Chapitre 4 | Chapitre 5 | Chapitre 6 | Chapitre 7 | Chapitre 8 | Chapitre 9 | Chapitre 10 | Chapitre 11 | Chapitre 12 | Chapitre 13 | Chapitre 14 | Chapitre 15 | Chapitre 16 | Chapitre 17 | Chapitre 18 | Chapitre 19 | Chapitre 20 | Chapitre 21 | Chapitre 22 | Chapitre 23 | Chapitre 24 | Chapitre 25 | Chapitre 26








Fo XL
De Clouys filz de Childerich
§Sans regarder code / loix / ne digeſtes [1710]Ia neſt beſoing de liure ſe pouruoir Fors ſeullement de ceſtuy cy./ pour veoir Du roy Clouys les gentilz faictz et geſtes.
Chapitre. xie.COmme Clouis fut de foꝛme elegante Beaulte / facunde / et maniere allegante [1715]Doulceur en luy / gꝛace et benignite Auſſi fut il de magnanimite Foꝛce / vertus / bonnes meurs / et pꝛoueſſes Comble dhonneurs / et ſaiges hardieſſes Et tout ainſi quen puiſſance de coꝛps [1720]Commenca croiſtre /. On fait de luy recoꝛdz Que ayant honneurs et biens a pleines ſommes Il creut en loz / gꝛace et amour des hommes Luy roy cinquieſme en France couronne Comme heritier filz legitime ne [1725]Tant vint a chief dempꝛiſes gloꝛieuſes Par exploicter armes victoꝛieuſes Quon ne liſt point les ſiens pꝛedeceſſeurs Auoir eſte de tel bꝛuyt poſſeſſeurs Et pour venir a ſon pꝛemier chief dœuure.
Stagrius filz de Gillon mys en fuyte par les francoys.Fo XLI [1730]Affin que au nect la beſongne deſcoeuure Le ſiege miſt (ung iour) deuant Soiſſons Ou ſi tres hault ſonnerent Francoys ſons Quen fiers aſſaultz et furieux alarmes Fut la cite plongee en ſang et larmes [1735]Loꝛs le pays Soiſſonnois reuolte Mys et reduyt tout a ſa volunte Syagꝛius voyant que peu pꝛoufitte A reſiſter / ſe ſaulue et pꝛend la fuyte Ceſtuy fut filz de Gillon le Romain [1740]Dur aux Francoys / cruel et inhumain Comme deſſus auons mention faicte Qui audit lieu (congnoiſſant ſa deffaicte) Se retira. Et apꝛes ſon deces Ce filz y eut ſi bon et ſeur acces [1745]Que gouuerneur demoura / Iuſqua lheure Quon luy haſta vne ſi foꝛte alleure Dont tellement fouyt /. quoncques depuys Luy ne les ſiens ny trouuerent appuys §Durant ces iours /. la fiere et gꝛoſſe armee [1750]Du roy Clouis / en feu de ire allumee Depuys Soiſſons iuſques a Reins courut Dont maint manoir gꝛand dommaige encourut Mainte perſonne en ceſte dure courſe Y fut deſtruicte /. Et vint la cauſe /. Pource
Les francoys pillans ſur les creſtiens. [1755]Que iceulx Francoys meſcreans et payans Sur creſtiens furent foꝛt abayans Et eurent toſt les occaſions quiſes Temples rober et pꝛophaner egliſes Ainſi quon voit pays eſcoꝛnifler [1760]Peuples piller / et tous leurs biens rifler Celluy neſt loꝛs qui ſa gꝛiffe ne touille Pour y gaigner quelque gꝛoſſe deſpouille La firent ilz ſi terrible hutin Quil en ſoꝛtit foꝛt gꝛand et lourd butin [1765]Le quel poſe a Soiſſons en reſerue Lheure actendant que bon dꝛoit ſe y obſerue Et que chaſcun / par iuſte equalite Y pꝛengne part ſelon ſa qualite Au dur conflict de ceſte riblerie [1770]Ranſonnerie / et foꝛte pillerie Par quelque faulx et oultraigeux ſergent Fut deſrobee vne eſguiere dargent Daſſez bon poix et meſure tenante Laquelle eſguiere eſtoit appartenante [1775]A ſainct Remy archeueſque de Reins Qui vers le roy tranſmect foꝛt bonne erre / Ains Que le butin departy on ait guyere Le ſuppliant / que luy rende l eſguiere A quoy reſpond quil eſt content /. pourueu
Le reffus fait a Clouys de leſguyere a ſainct Remy.Fo XLII [1780] Que delle ſoit en ſon butin pourueu Et neantmoins doubtant le ſoꝛt tumber En main dautruy qui puiſſe deſtourber Le ſien deſir /. pour doubtes incertaines Mieulx aſſeurer /. Il pꝛie aux capitaines [1785]Que de la pꝛoye / Ayant pꝛopoꝛtion L eſguiere obtienne / oultre ſa poꝛtion Sur ce / chaſcun des ſeigneurs ſe contente Et dit au roy quil face a ſon entente Non de cela / ſans plus / mais du butin [1790]Entierement /. Loꝛs vng paillard mutin Tout furieux / et comme remply de ire Leſpee au poing / oſa bien ce mot dire Roy. tu nauras oultre le tien debuoir En ce butin / foꝛs ce que doibz auoir [1795]Diſant ces motz / donna de ſon eſpee Deſſus l eſguyere /. Ainſi lay ie frappee Souldardz ( diſt il ) Affin quen doubtez moins Et de ce cas / Ien appelle a teſmoings Ayde et ſecours noz dieux / et les coniure [1800]Le roy poꝛtāt patiemment liniure Ne ſonna mot /. Mais auant deſmarcher Loultraigeux fol ſceut tres bien remarcher Et croy aincoys que du pays ſen ſoꝛte De luy ſcaura pꝛendꝛe vengence / en ſoꝛte
La monſtre des gentilz hommes du roy Clouys [1805]Quil debura plaindꝛe et regꝛeter beaucoup Le iour / ou penſe auoir fait ce beau coup Mais malgꝛe luy / a temps et heure deue Fuſt ceſte eſguyere au ſainct homme rendue §Tantoſt apꝛes ( pour deſployer argentz [1810]Le roy commande acouſtrer tous ſes gentz Eſperant veoir leurs facons liberalles Selon le train de monſtres generalles Le iour venu / chaſcun ſe mect en point Au myeulx quil peut /. cela ne doubte point [1815]Luymeſme y va goꝛgias et honneſte Comme vouloir deſireux admonneſte Le cueur dun roy / a ſe monſtrer touſiours Franc et gaillard en ſes royaulx ſeiours Eſtant aux champs / Il voit bende apꝛes bende [1820]Lun rompt ſa lance /. et lautre ſon arc bende La fleche enfonce / et monſtre au deſcocher Que a bien tirer/ neſt repeu deſcot cher Dꝛoit la ſe font courſes / gꝛoſſes penades Saultz / vouſtes / tours / gambades et ruades [1825]Les dames ſont ſur eſchauffaultz / et hours Pour veoir paſſer les commenſaulx damours Qui vitte vont comme vol d arondelles Et de dꝛoit fil rompans pour lamour delles On dit que lun eſt aux armes gentil
Clouis reprend le mutin qui auoit reffuſe et frape leſguiere.Fo XLIII [1830]Lautre eſt tenu nyes et peu ſubtil Lun dit triumphe / et lautre fait merueilles Lun a beau nez /. Lautre belles aureilles Lun eſt vaillant / et na pas deux tournoys Lautre a de quoy. et ne vault en tournoys [1835] Ne faictz de guerre ./ Ainſi chacun deuiſe De pluſieurs gens / ains que bien les aduiſe Oꝛ neſt il feſte / ou quelcun / Indigne Ne ſoit touſiours / et ſouuent mau diſne Comme il aduint ſur lheure en malencontre [1840]A ce mutin que le roy la encontre Qui peu auant par ſa temerite Et ſot parler lauoit tant irrite En pꝛeſumant veoir ſa dextre occuppee Toucher l eſguyere au trenchant de leſpee [1845] Le malheureux de frayeur pꝛeſque oultre Eſtoit ce iour aſſez mal acouſtre Qui ne fut pas pour amander la choſe Ie meſbahys comme vng ſoudard laſche oſe Venir icy en ſi poure appareil ? [1850]Luy diſt le roy /. huy ne vey le pareil De toy / meſchant /. Entre tous mes gens darmes Nay vng ſeul veu poꝛtant ſi foybles armes Meſchant es tu /. et monſtres bien au cueur Nauoir vertu de foꝛce / ne vigueur
Clouys occit celluy qui frappa leſguiere de ſainct Remy. [1855] Oꝛ tien et veoy /. que te vault ſi aſpꝛe eſtre Quant tu frappas l eſguyere du bon pꝛeſtre Si armes as / mieulx recepuras le choc En ce diſant / luy planta ſon eſtoc Dedans le ſein /. dont il paſſa au nombꝛe [1860]Des ſouldayers du triſte et moꝛtel vmbꝛe Ce coup donna matiere a vng chaſcun De lourde craincte /. Et depuys neut aucun Qui oſaſt plus telle parolle empꝛandꝛe Voulſiſt le roy en laſcher ou en pꝛendꝛe [1865]Homme ny eut deulx tous a laduenir Qui a ſon vueil tendiſt contreuenir Enuers les bons / Il fut doulx et paiſible Et fier auſſi aux mauluais le poſſible
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
De ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
filz de ChilderichChildéric Ier (436 — 481) Roi des Francs saliens (457-481)
§Sans regarder code, loix ne digestes1, [1710]Ja n'est besoing de livre se pourvoir, Fors seullement de cestuy cy, pour veoir Du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
les gentilz faictz et gestes.
Chapitre xie+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, Vat966]Chapitre.unziesme. [Cha514]Comme ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
fut de forme elegante, Beaulté, facunde et maniere allegante, [1715]Doulceur en luy, grace et benignité, Aussi fut il de magnanimité, Force, vertus, bonnes meurs et prouësses, Comblé d'honneurs et saiges hardïesses. Et tout ainsi qu'en puissance de corps, [1720]Commença croistre, on fait de luy recordz Que ayant honneurs et biens à pleines sommes, Il creut en loz, grace et amour des hommes. Luy, roy cinquiesme en France couronné, Comme heritier, filz legitime né, [1725]Tant vint à chief d'emprises glorïeuses, Par exploicter armes victorïeuses, Qu'on ne list point les siens predecesseurs Avoir esté de tel bruyt+telz biens [Vat966] possesseurs2. Et pour venir à son premier chief d'œuvre,
Si+t leçon rejetée [#BnFfr2817]agriusSyagrius (430 — 487) Général gallo-romain filz de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464) Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de Childéric mys en fuyte par les Françoys [1730]Affin que au nect la besongne descoeuvre, Le siege mist ung jour devant Soissons, Où si trés hault sonnerent Françoys sons, Qu'en fiers assaultz et furieux alarmes Fut la cité plongee en sang et larmes. [1735]Lors, le paÿs soissonnois revolté, Mys et reduyt tout à sa volunté, Sÿagrïus+Siragrius [BnFfr23145]Syagrius (430 — 487) Général gallo-romain, voyant que peu proufitte À+Le [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, Cha514, Vat966]De [BnFfr4967] resister, se saulve et prend la fuyte. Cestuy fut filz de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464) Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de Childéric le Romain, [1740]Dur aux Françoys, cruel et inhumain, Comme dessus avons mentïon faicte, Qui, audit lieu, congnoissant sa deffaicte, Se retira. Et, aprés son decés, Ce+Son [BnFfr17274]Se [Vat966, Cha514] filz y eut si bon et seur accés [1745]Que gouverneur demoura, jusqu'à l'heure Qu'on luy hasta une si forte alleure. Dont tellement fouÿt qu'oncques depuys Luy ne+et [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] les siens n'y trouverent appuys3. §Durant ces+ses [BnFfr23145]les [Vat966] jours, la fiere et grosse armee [1750]Du roy ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, en feu de ire allumee, Depuys Soissons jusques à Reins courut, Dont maint manoir grand+maint [BnFfr17274]grief [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] dommaige encourut. Mainte personne en ceste dure course Y fut destruicte. Et vint+om. [Aix419] la cause pource
Les Françoys pillans sur les crestiens [1755]Que iceulx Françoys, mescrëans et payans, Sur crestïens furent fort abayans Et eurent tost les occasïons quises, Temples rober et prophaner eglises, Ainsi qu'on voit paÿs escornifler, [1760]Peuples piller et tous leurs biens rifler. Celluy n'est lors qui +a [BnFfr4967] sa griffe ne touille Pour y gaigner quelque grosse despouille. Là firent ilz si terrible hutin Qu'il en sortit fort grand et lourd butin, [1765]Lequel posé à Soissons en reserve, L'heure actendant que bon+le [BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966] droit se y observe Et que+om. [BnFfr4967] chascun, par juste+de mesme [BnFfr17274, Vat966, Cha514]
de mesure [BnFfr23145, BnFfr5299] ;
de mesure [BnFfr4967]
equalité,
Y prengne part selon sa qualité4.
Au dur conflict de ceste
riblerie,
[1770]Ransonnerie et forte pillerie,
Par quelque faulx et oultraigeux sergent,
Fut desrobee une
esguiere
d'argent
D'assez+Assez [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514] bon poix et mesure tenante.
Laquelle
esguiere estoit
appartenante
[1775]À sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique,
archevesque de Reins,
Qui vers le roy transmect+
transmist
[BnFfr17274] fort bonne erre,
ains
Que, le butin departy, on+en [BnFfr23145]ont [Aix419] ait
guyere,
Le supplïant que luy rende l'
esguiere.
À quoy respond+om. [BnFfr4967] qu'il est content, pourveu
Le reffus fait à ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
de l'esguyere à sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [1780]Que+om. [Vat966] d'elle soit en son butin pourveu5. Et neantmoins doubtant le sort tumber En main d'autruy, qui+qu'il [BnFfr17274] puisse destourber Le sien desir, pour doubtes incertaines Mieulx asseurer, il prie aux capitaines [1785]Que de la proye+poye [BnFfr17274] ayant proportïon L' esguiere obtienne oultre sa portïon. Sur ce, chascun des seigneurs se contente Et dit au roy qu'il face à son entente Non de cela sans plus, mais du butin [1790]Entierement6. Lors ung paillard mutin, Tout furïeux et comme remply de ire, L'espee au poing, osa bien ce mot dire : « Roy, tu n'auras oultre le tien debvoir, En ce butin, fors ce que doibz avoir. » [1795]Disant ces motz, donna de son espee Dessus l' esguyere. « Ainsi l'ay je frappee, Souldardz, dist il , affin qu'en doubtez moins. Et, de ce cas, j'en appelle à tesmoings, Ayde et secours, noz dieux, et les conjure. » [1800]Le roy, portant patïemment l'injure, Ne sonna mot. Mais, avant desmarcher, L'oultraigeux fol sceut trés bien remarcher, Et croy, ainçoys que du paÿs s'en sorte, De luy sçaura prendre vengence, en sorte
La monstre des gentilzhommes du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
[1805]Qu'il debvra plaindre et regreter beaucoup Le jour où pense avoir fait ce beau coup. Mais malgré luy, à temps et heure deue, Fust ceste esguyere au sainct homme rendue7. §Tantost aprés, pour desployer argentz+argent [BnFfr17274, BnFfr23145], [1810]Le roy commande acoustrer tous ses gentz+tout sa gent [BnFfr17274], Esperant veoir leurs façons liberalles, Selon le train de monstres generalles. Le jour venu, chascun se mect en point Au myeulx qu'il peut, cela ne doubte point. [1815]Luy mesme y va gorgias et honneste, Comme vouloir desireux admonneste Le cueur d'un roy à se monstrer tousjours Franc et gaillard, en ses+om. [BnFfr23145] royaulx sejours. Estant aux champs, il+om. [Aix419] voit bende aprés bende : [1820]L'un rompt sa lance et l'autre son arc bende, La fleche enfonce et monstre au descocher Que à bien tirer n'est repeu d'escot cher8. Droit là, se font courses, grosses penades+panades [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514], Saultz, voustes, tours, gambades et ruades. [1825]Les dames sont sur eschauffaultz et hours Pour veoir passer les commensaulx d'amours Qui vitte vont comme vol d' arondelles. Et de droit fil rompans+rompent [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966], pour l'amour d'elles, On dit que l'un est aux armes gentil,
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
reprend le mutin qui avoit reffusé et frapé l'esguiere [1830]L'autre est tenu nyés et peu subtil, L'un dit triumphe et l'autre fait merveilles, L'un a beau nez, l'autre +a [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] belles aureilles, L'un est vaillant et n'a pas deux tournoys, L'autre a de quoy et ne vault en tournoys [1835]Ne+Au
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
occit celluy qui frappa l'esguiere de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [1855] Or tien et veoy que te vault si+
valut [BnFfr23145, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
valu [BnFfr4967]
vaulut si [Aix419]
aspre estre
Quant tu frappas l'
esguyere du bon prestre !
Si armes as, mieulx recepvras le choc ! »
En ce disant, luy planta son
estoc
Dedans le sein, dont il passa au nombre
[1860]Des
souldayers du triste et
mortel umbre10.
Ce coup donna matiere à ung chascun
De lourde craincte. Et depuys n'eut aucun
Qui osast plus+
plus osast [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
plus ozast [Aix419]
telle parolle emprandre.
Voulsist le roy en lascher ou en prendre,
[1865]Homme n'y eut d'eulx tous, à l'advenir,
Qui à son vueil tendist contrevenir.
Envers les bons
il fut doulx et paisible,
Et fier aussi aux maulvais le possible11.
Note n°1
Recueils méthodiques des plus célèbres jurisconsultes
romains.
Note n°2
L'éloge de Clovis
dans la Chronique française est inspiré des deux
sources principales de Cretin. GCF, liv. I, chap. 15
(vol. 1, p. 55) : « [Clovis] moult estoit biaus et preuz et
gracieus ; ausi com il croissoit et amendoit en cors, ausi
profitoit-il en noblece de cuer et en bones meurs. Le roiaume
reçut par heritage et fu coronez après la mort son pere. Nobles
fu en batailles, glorieus en victoires plus que nus de ceus qui
devant lui ourent regné. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Le roy Clovys ainsi comme il estoit bel et elegant en
stature, aussi en magnanimité et excellantes meurs, facillement
acqueroit grace et honneur. »
Note n°3
Cretin amplifie le témoignage de ses deux sources.
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « Il
chaça hors de la cité de Soissons Siagre, le fil Gilon le
Romain, dou quel nous avons desus parlé ; la cité prist et
souzmist à sa juridition. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Premierement et avant toute oeuvre, il expulsa Siagrius
que son pere Gillon avoit laissé prince de Soyssons et avec ce
print la cité. »
Note n°4
Cretin développe ses sources. GCF,
liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « En ce tens coroient les oz
de France par tout le païs ; il toloient et roboient quanque il
povoient baillier et trover es mostiers et es eglises, comme cil
qui encor estoient paien et mescreant. » La mise en commun
du butin à Soissons et la répartition entre les différents guerriers
de Clovis est prise un peu plus loin dans les GCF
(voir les notes aux v. 1780 et 1790). Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Et de là en avant par incursions jusques à Rains, faisant
rapine des temples chrestiens, ... »
Note n°5
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 55-56) : « En ce tens estoit mesires sainz Remi
arcevesques de Rains ; dont il avint que entre les autres choses
que il li tolirent, il pristrent un orcel d'argent qui moult
estoit granz et pesanz. Li preudons manda au roi par un sien
message et li pria moult que, se autre grace ne li voloit faire,
que il li feist rendre son orcel. Li rois respondi au mes que il
alast après lui jusques à Soissons, car là seroient mises
ensembles et departies par sort toutes les choses que il avoient
préées : « Et se je ai, dist-il, à ma part cel orcel que tu
me demandes, je le te rendrai maintenant. » »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « emporta une esguiere à
l'arcevesque de Rains, pour laquelle recouvrer ledit arcevesque
envoya prier le roy, ... »
Note n°6
Cretin poursuit
sa réécriture des GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p.
56-57) : « Quant li rois et sa gent furent venu à Soissons, il
fist crier parmi l'ost que toute la proie fust mise ensemble
pour departir et rendre à chascun tel portion com il en devoit
avoir par droite sort ; mais pour ce que il se doutoit que uns
autres eust cel orcel, et que il ne li aferist pas à sa partie,
il apela ses princes et les plus nobles chevaliers, et leur dist
ensi : « Seigneur, mi chevalier et mi compagnon ,quant
princes ou rois veut acomplir sa volenté d'aucunes choses
envers sa gent, il est mieuz droiz et raisons selonc sa
dignité que il face par commandement que pa prroiere ; mais
toutevoies aim je mieuz à requerre aucunes choses de vous
par debonaireté et par grace que par austerité et par
auctorité de seigneurie. Car il apartient à tyrant à
accomplir sa volenté par cruels commandemenz, à bons princes
par debonaireté et par douceur de paroles. La dignité de mon
non doit ensivre les examples de mon debonaire pere ; si ai
plus chier que l'en me port honeur et reverence par la
raison de debonaireté que de paor. Dont je vous pri touz
plus par amor que par seigneurie, que vous me donez cel
orcel par desus ma portion, et je vous promet que je vous
guerredonerai bien ceste bonté en lieus et en tens, se je
puis vers vous empetrer ceste chose en amor et en bone
grace. » Li baron li respondit : « Sire, nobles
rois, nous recognoissons bien que nous t'avons fet sairement
et homage, et que nous somes tuit prest de morir se besoinz
est pour la prosperité de ton regne et por la santé de ton
cors deffendre. Donques, se la vie dou cors est plus chiere
chose que nule richece, est il nule chose que tu nous
requieres que nous te doions veher ne contredire. Nous ne
clamons nul droit en toutes ces despoilles ; à nous n'en
apartient de riens ; ta volenté en puez fere pleinement, ou
dou geter en flueves ou d'ardoir en feu. » Ensi com li
rois out oïe ceste response et il se merveilloit de la bone
volenté que li barons et tout li oz avoit envers lui. »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Lequel, rentré en la ville de
Soyssons, commanda que tout le pillage et la proye que prinse a
esté soit apportee en ung lieu pour la departir aux gens
d'armes, laquelle chose requist aux seigneurs que oultre la
portion qui luy appartenoit par droit de bataille, luy fust
l'esguiere laissee. Et comme les principaulx luy eussent
ottroyé, ... »
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 15 (vol. 1, p. 57) : « Uns des François, meuz de grant
legiereté de corage, sali avant et feri de s'espée en l'orcel,
puis dist au roi : « Tu n'enporteras riens de toutes ces
despoilles, fors ce que tu en auras par droit sort et par
droite porcion. » Moult se merveillierent tuit de sa
folie et de sa legiere hardiece, mais li rois, qui pas ne fist
grant semblant que il portast grief ceste chose, prist l'orcel
et le rendi au message saint Remi, si com il li avoit
promis. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « auchun de
ceulx qui là estoient, indigné et marry que le roy emportoit
plus du butin que les aultres, tira son espee, disant :
« Toy, roy, ja ne recevras de ce butin plus que les
aultres et ne auras sinon ce qui est tien. »
Neautmoins, le roy portant ceste injure, jusques à ung temps
restitua l'esguiere à l'ambassadeur de
l'arcevesque. »
Note n°8
Il montre qu'il ne se contente pas de ce qui lui
revient de droit.
Note n°9
Cretin amplifie considérablement les
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 57-58) :
« Un an après que ces choses furent avenues, li rois manda
ses princes et ses barons ; commandé fu generaument que chascuns
venist armez et garniz come pour son cors defendre et assaillir
ses anemis. Quant li oz fu assemblez et chascuns fu armez au
plus belement que il pout, li rois eissi pour son ost esgarder
et pour savoir comment et de quels armes chascuns estoit
apparelliez. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Ung peu
aprés, comme le roy Clovys revisitoit son armee,
... »
Note n°10
Cretin continue de
réécrire les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 58) :
« Quant il out tout l'ost avironé, il vint à celui qui en
l'année devant avoit feru de s'espée en l'orcel ; bien le
regarda et avisa, puis li dist : « Je ai tost l'ost veu, si
ai apris comment chascuns est d'armes atornez ; mais je n'en
ai nul veu plus mauvès de toi, ne armes mains souffisanz des
toues, car ta lance, tes escuz, tes hiaumes ne t'espée ne
valent noient. » Après ces paroles jeta la main à
l'espée de celui et la flati contre terre. Tandis com cil
s'abaissa pour prendre s'espée qui à terre gisoit, li rois sacha
la soue et le feri si grant cop parmi la teste que il le rua
mort. Puis li dist tant : « Ensi feris tu de t'espée en
l'orcel à Soissons. » » Gaguin-Desrey, fol. VIIr
: « voyant celluy lequel avoit esté temerateur de l'esguiere
(l'occasion prinse de ce qu'il n'estoit assez armé), mist la
main au gendarme, le prosterna contre terre, et de son glesve
l'occist en luy disant : « Tu avoyes frappé l'esguiere en
ceste maniere. » »
Note n°11
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 58) : « Après ce que cil fu morz en tel maniere,
li rois departi sa gent, si retorna chascuns en sa contrée. Cist
faiz espoanta si touz les François, que nus ne fu puis si hardiz
qui osast contredire sa volenté. Moult estoit li rois aperz et
de noble contenance ; meuretez, fierté et léece estoient
ensemble meslées en son vout et en son regart ; foertez pour les
pervers espoanter, léece pour les bons resléecier et
asouagier. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr ne comporte pas de
passage équivalent.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.unziesme.
Vat966 telz biens
Non num.
#BnFfr2817 t leçon rejetée
BnFfr23145 Siragrius
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 et
Aix419 om.
BnFfr4967 a
BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966 le
BnFfr4967 om.
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 Assez
BnFfr17274
transmist
BnFfr4967 om.
Vat966 om.
BnFfr17274 qu'il
BnFfr17274 poye
BnFfr17274, BnFfr23145 argent
BnFfr17274 tout sa gent
BnFfr23145 om.
Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 panades
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966 rompent
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 a
BnFfr17274 Aue
Vat966 de mise
BnFfr17274 matin
BnFfr17274 Que
Cha514 tout
Aix419 Ce
BnFfr17274
comment
BnFfr17274 om.
Aix419 À
BnFfr17274 monstre
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 plus osast ;
Aix419 plus ozast








Fo XL
De Clouys filz de Childerich
§Sans regarder code / loix / ne digeſtes [1710]Ia neſt beſoing de liure ſe pouruoir Fors ſeullement de ceſtuy cy./ pour veoir Du roy Clouys les gentilz faictz et geſtes.
Chapitre. xie.COmme Clouis fut de foꝛme elegante Beaulte / facunde / et maniere allegante [1715]Doulceur en luy / gꝛace et benignite Auſſi fut il de magnanimite Foꝛce / vertus / bonnes meurs / et pꝛoueſſes Comble dhonneurs / et ſaiges hardieſſes Et tout ainſi quen puiſſance de coꝛps [1720]Commenca croiſtre /. On fait de luy recoꝛdz Que ayant honneurs et biens a pleines ſommes Il creut en loz / gꝛace et amour des hommes Luy roy cinquieſme en France couronne Comme heritier filz legitime ne [1725]Tant vint a chief dempꝛiſes gloꝛieuſes Par exploicter armes victoꝛieuſes Quon ne liſt point les ſiens pꝛedeceſſeurs Auoir eſte de tel bꝛuyt poſſeſſeurs Et pour venir a ſon pꝛemier chief dœuure.
Stagrius filz de Gillon mys en fuyte par les francoys.Fo XLI [1730]Affin que au nect la beſongne deſcoeuure Le ſiege miſt (ung iour) deuant Soiſſons Ou ſi tres hault ſonnerent Francoys ſons Quen fiers aſſaultz et furieux alarmes Fut la cite plongee en ſang et larmes [1735]Loꝛs le pays Soiſſonnois reuolte Mys et reduyt tout a ſa volunte Syagꝛius voyant que peu pꝛoufitte A reſiſter / ſe ſaulue et pꝛend la fuyte Ceſtuy fut filz de Gillon le Romain [1740]Dur aux Francoys / cruel et inhumain Comme deſſus auons mention faicte Qui audit lieu (congnoiſſant ſa deffaicte) Se retira. Et apꝛes ſon deces Ce filz y eut ſi bon et ſeur acces [1745]Que gouuerneur demoura / Iuſqua lheure Quon luy haſta vne ſi foꝛte alleure Dont tellement fouyt /. quoncques depuys Luy ne les ſiens ny trouuerent appuys §Durant ces iours /. la fiere et gꝛoſſe armee [1750]Du roy Clouis / en feu de ire allumee Depuys Soiſſons iuſques a Reins courut Dont maint manoir gꝛand dommaige encourut Mainte perſonne en ceſte dure courſe Y fut deſtruicte /. Et vint la cauſe /. Pource
Les francoys pillans ſur les creſtiens. [1755]Que iceulx Francoys meſcreans et payans Sur creſtiens furent foꝛt abayans Et eurent toſt les occaſions quiſes Temples rober et pꝛophaner egliſes Ainſi quon voit pays eſcoꝛnifler [1760]Peuples piller / et tous leurs biens rifler Celluy neſt loꝛs qui ſa gꝛiffe ne touille Pour y gaigner quelque gꝛoſſe deſpouille La firent ilz ſi terrible hutin Quil en ſoꝛtit foꝛt gꝛand et lourd butin [1765]Le quel poſe a Soiſſons en reſerue Lheure actendant que bon dꝛoit ſe y obſerue Et que chaſcun / par iuſte equalite Y pꝛengne part ſelon ſa qualite Au dur conflict de ceſte riblerie [1770]Ranſonnerie / et foꝛte pillerie Par quelque faulx et oultraigeux ſergent Fut deſrobee vne eſguiere dargent Daſſez bon poix et meſure tenante Laquelle eſguiere eſtoit appartenante [1775]A ſainct Remy archeueſque de Reins Qui vers le roy tranſmect foꝛt bonne erre / Ains Que le butin departy on ait guyere Le ſuppliant / que luy rende l eſguiere A quoy reſpond quil eſt content /. pourueu
Le reffus fait a Clouys de leſguyere a ſainct Remy.Fo XLII [1780] Que delle ſoit en ſon butin pourueu Et neantmoins doubtant le ſoꝛt tumber En main dautruy qui puiſſe deſtourber Le ſien deſir /. pour doubtes incertaines Mieulx aſſeurer /. Il pꝛie aux capitaines [1785]Que de la pꝛoye / Ayant pꝛopoꝛtion L eſguiere obtienne / oultre ſa poꝛtion Sur ce / chaſcun des ſeigneurs ſe contente Et dit au roy quil face a ſon entente Non de cela / ſans plus / mais du butin [1790]Entierement /. Loꝛs vng paillard mutin Tout furieux / et comme remply de ire Leſpee au poing / oſa bien ce mot dire Roy. tu nauras oultre le tien debuoir En ce butin / foꝛs ce que doibz auoir [1795]Diſant ces motz / donna de ſon eſpee Deſſus l eſguyere /. Ainſi lay ie frappee Souldardz ( diſt il ) Affin quen doubtez moins Et de ce cas / Ien appelle a teſmoings Ayde et ſecours noz dieux / et les coniure [1800]Le roy poꝛtāt patiemment liniure Ne ſonna mot /. Mais auant deſmarcher Loultraigeux fol ſceut tres bien remarcher Et croy aincoys que du pays ſen ſoꝛte De luy ſcaura pꝛendꝛe vengence / en ſoꝛte
La monſtre des gentilz hommes du roy Clouys [1805]Quil debura plaindꝛe et regꝛeter beaucoup Le iour / ou penſe auoir fait ce beau coup Mais malgꝛe luy / a temps et heure deue Fuſt ceſte eſguyere au ſainct homme rendue §Tantoſt apꝛes ( pour deſployer argentz [1810]Le roy commande acouſtrer tous ſes gentz Eſperant veoir leurs facons liberalles Selon le train de monſtres generalles Le iour venu / chaſcun ſe mect en point Au myeulx quil peut /. cela ne doubte point [1815]Luymeſme y va goꝛgias et honneſte Comme vouloir deſireux admonneſte Le cueur dun roy / a ſe monſtrer touſiours Franc et gaillard en ſes royaulx ſeiours Eſtant aux champs / Il voit bende apꝛes bende [1820]Lun rompt ſa lance /. et lautre ſon arc bende La fleche enfonce / et monſtre au deſcocher Que a bien tirer/ neſt repeu deſcot cher Dꝛoit la ſe font courſes / gꝛoſſes penades Saultz / vouſtes / tours / gambades et ruades [1825]Les dames ſont ſur eſchauffaultz / et hours Pour veoir paſſer les commenſaulx damours Qui vitte vont comme vol d arondelles Et de dꝛoit fil rompans pour lamour delles On dit que lun eſt aux armes gentil
Clouis reprend le mutin qui auoit reffuſe et frape leſguiere.Fo XLIII [1830]Lautre eſt tenu nyes et peu ſubtil Lun dit triumphe / et lautre fait merueilles Lun a beau nez /. Lautre belles aureilles Lun eſt vaillant / et na pas deux tournoys Lautre a de quoy. et ne vault en tournoys [1835] Ne faictz de guerre ./ Ainſi chacun deuiſe De pluſieurs gens / ains que bien les aduiſe Oꝛ neſt il feſte / ou quelcun / Indigne Ne ſoit touſiours / et ſouuent mau diſne Comme il aduint ſur lheure en malencontre [1840]A ce mutin que le roy la encontre Qui peu auant par ſa temerite Et ſot parler lauoit tant irrite En pꝛeſumant veoir ſa dextre occuppee Toucher l eſguyere au trenchant de leſpee [1845] Le malheureux de frayeur pꝛeſque oultre Eſtoit ce iour aſſez mal acouſtre Qui ne fut pas pour amander la choſe Ie meſbahys comme vng ſoudard laſche oſe Venir icy en ſi poure appareil ? [1850]Luy diſt le roy /. huy ne vey le pareil De toy / meſchant /. Entre tous mes gens darmes Nay vng ſeul veu poꝛtant ſi foybles armes Meſchant es tu /. et monſtres bien au cueur Nauoir vertu de foꝛce / ne vigueur
Clouys occit celluy qui frappa leſguiere de ſainct Remy. [1855] Oꝛ tien et veoy /. que te vault ſi aſpꝛe eſtre Quant tu frappas l eſguyere du bon pꝛeſtre Si armes as / mieulx recepuras le choc En ce diſant / luy planta ſon eſtoc Dedans le ſein /. dont il paſſa au nombꝛe [1860]Des ſouldayers du triſte et moꝛtel vmbꝛe Ce coup donna matiere a vng chaſcun De lourde craincte /. Et depuys neut aucun Qui oſaſt plus telle parolle empꝛandꝛe Voulſiſt le roy en laſcher ou en pꝛendꝛe [1865]Homme ny eut deulx tous a laduenir Qui a ſon vueil tendiſt contreuenir Enuers les bons / Il fut doulx et paiſible Et fier auſſi aux mauluais le poſſible
Afficher les surlignagesMasquer les surlignagesAfficher les appels de collationsMasquer les appels de collationsAfficher les appels de notesMasquer les appels de notes
De ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
filz de ChilderichChildéric Ier (436 — 481) Roi des Francs saliens (457-481)
§Sans regarder code, loix ne digestes1, [1710]Ja n'est besoing de livre se pourvoir, Fors seullement de cestuy cy, pour veoir Du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
les gentilz faictz et gestes.
Chapitre xie+om. [BnFfr23145, BnFfr4967, Vat966]Chapitre.unziesme. [Cha514]Comme ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
fut de forme elegante, Beaulté, facunde et maniere allegante, [1715]Doulceur en luy, grace et benignité, Aussi fut il de magnanimité, Force, vertus, bonnes meurs et prouësses, Comblé d'honneurs et saiges hardïesses. Et tout ainsi qu'en puissance de corps, [1720]Commença croistre, on fait de luy recordz Que ayant honneurs et biens à pleines sommes, Il creut en loz, grace et amour des hommes. Luy, roy cinquiesme en France couronné, Comme heritier, filz legitime né, [1725]Tant vint à chief d'emprises glorïeuses, Par exploicter armes victorïeuses, Qu'on ne list point les siens predecesseurs Avoir esté de tel bruyt+telz biens [Vat966] possesseurs2. Et pour venir à son premier chief d'œuvre,
Si+t leçon rejetée [#BnFfr2817]agriusSyagrius (430 — 487) Général gallo-romain filz de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464) Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de Childéric mys en fuyte par les Françoys [1730]Affin que au nect la besongne descoeuvre, Le siege mist ung jour devant Soissons, Où si trés hault sonnerent Françoys sons, Qu'en fiers assaultz et furieux alarmes Fut la cité plongee en sang et larmes. [1735]Lors, le paÿs soissonnois revolté, Mys et reduyt tout à sa volunté, Sÿagrïus+Siragrius [BnFfr23145]Syagrius (430 — 487) Général gallo-romain, voyant que peu proufitte À+Le [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299, Cha514, Vat966]De [BnFfr4967] resister, se saulve et prend la fuyte. Cestuy fut filz de GillonÆgidius (01/01/400 — 01/01/464) Général romain, à la tête du royaume des Francs durant l'exil de Childéric le Romain, [1740]Dur aux Françoys, cruel et inhumain, Comme dessus avons mentïon faicte, Qui, audit lieu, congnoissant sa deffaicte, Se retira. Et, aprés son decés, Ce+Son [BnFfr17274]Se [Vat966, Cha514] filz y eut si bon et seur accés [1745]Que gouverneur demoura, jusqu'à l'heure Qu'on luy hasta une si forte alleure. Dont tellement fouÿt qu'oncques depuys Luy ne+et [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] les siens n'y trouverent appuys3. §Durant ces+ses [BnFfr23145]les [Vat966] jours, la fiere et grosse armee [1750]Du roy ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
, en feu de ire allumee, Depuys Soissons jusques à Reins courut, Dont maint manoir grand+maint [BnFfr17274]grief [BnFfr23145, Aix419, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] dommaige encourut. Mainte personne en ceste dure course Y fut destruicte. Et vint+om. [Aix419] la cause pource
Les Françoys pillans sur les crestiens [1755]Que iceulx Françoys, mescrëans et payans, Sur crestïens furent fort abayans Et eurent tost les occasïons quises, Temples rober et prophaner eglises, Ainsi qu'on voit paÿs escornifler, [1760]Peuples piller et tous leurs biens rifler. Celluy n'est lors qui +a [BnFfr4967] sa griffe ne touille Pour y gaigner quelque grosse despouille. Là firent ilz si terrible hutin Qu'il en sortit fort grand et lourd butin, [1765]Lequel posé à Soissons en reserve, L'heure actendant que bon+le [BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966] droit se y observe Et que+om. [BnFfr4967] chascun, par juste+de mesme [BnFfr17274, Vat966, Cha514]
de mesure [BnFfr23145, BnFfr5299] ;
de mesure [BnFfr4967]
equalité,
Y prengne part selon sa qualité4.
Au dur conflict de ceste
riblerie,
[1770]Ransonnerie et forte pillerie,
Par quelque faulx et oultraigeux sergent,
Fut desrobee une
esguiere
d'argent
D'assez+Assez [BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514] bon poix et mesure tenante.
Laquelle
esguiere estoit
appartenante
[1775]À sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique,
archevesque de Reins,
Qui vers le roy transmect+
transmist
[BnFfr17274] fort bonne erre,
ains
Que, le butin departy, on+en [BnFfr23145]ont [Aix419] ait
guyere,
Le supplïant que luy rende l'
esguiere.
À quoy respond+om. [BnFfr4967] qu'il est content, pourveu
Le reffus fait à ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
de l'esguyere à sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [1780]Que+om. [Vat966] d'elle soit en son butin pourveu5. Et neantmoins doubtant le sort tumber En main d'autruy, qui+qu'il [BnFfr17274] puisse destourber Le sien desir, pour doubtes incertaines Mieulx asseurer, il prie aux capitaines [1785]Que de la proye+poye [BnFfr17274] ayant proportïon L' esguiere obtienne oultre sa portïon. Sur ce, chascun des seigneurs se contente Et dit au roy qu'il face à son entente Non de cela sans plus, mais du butin [1790]Entierement6. Lors ung paillard mutin, Tout furïeux et comme remply de ire, L'espee au poing, osa bien ce mot dire : « Roy, tu n'auras oultre le tien debvoir, En ce butin, fors ce que doibz avoir. » [1795]Disant ces motz, donna de son espee Dessus l' esguyere. « Ainsi l'ay je frappee, Souldardz, dist il , affin qu'en doubtez moins. Et, de ce cas, j'en appelle à tesmoings, Ayde et secours, noz dieux, et les conjure. » [1800]Le roy, portant patïemment l'injure, Ne sonna mot. Mais, avant desmarcher, L'oultraigeux fol sceut trés bien remarcher, Et croy, ainçoys que du paÿs s'en sorte, De luy sçaura prendre vengence, en sorte
La monstre des gentilzhommes du roy ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
[1805]Qu'il debvra plaindre et regreter beaucoup Le jour où pense avoir fait ce beau coup. Mais malgré luy, à temps et heure deue, Fust ceste esguyere au sainct homme rendue7. §Tantost aprés, pour desployer argentz+argent [BnFfr17274, BnFfr23145], [1810]Le roy commande acoustrer tous ses gentz+tout sa gent [BnFfr17274], Esperant veoir leurs façons liberalles, Selon le train de monstres generalles. Le jour venu, chascun se mect en point Au myeulx qu'il peut, cela ne doubte point. [1815]Luy mesme y va gorgias et honneste, Comme vouloir desireux admonneste Le cueur d'un roy à se monstrer tousjours Franc et gaillard, en ses+om. [BnFfr23145] royaulx sejours. Estant aux champs, il+om. [Aix419] voit bende aprés bende : [1820]L'un rompt sa lance et l'autre son arc bende, La fleche enfonce et monstre au descocher Que à bien tirer n'est repeu d'escot cher8. Droit là, se font courses, grosses penades+panades [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514], Saultz, voustes, tours, gambades et ruades. [1825]Les dames sont sur eschauffaultz et hours Pour veoir passer les commensaulx d'amours Qui vitte vont comme vol d' arondelles. Et de droit fil rompans+rompent [BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966], pour l'amour d'elles, On dit que l'un est aux armes gentil,
ClovisClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
reprend le mutin qui avoit reffusé et frapé l'esguiere [1830]L'autre est tenu nyés et peu subtil, L'un dit triumphe et l'autre fait merveilles, L'un a beau nez, l'autre +a [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299] belles aureilles, L'un est vaillant et n'a pas deux tournoys, L'autre a de quoy et ne vault en tournoys [1835]Ne+Au
ClovysClovis Ier (466 — 29/11/511) Roi des Francs (481-511)
occit celluy qui frappa l'esguiere de sainct RemyRémi de Reims, saint (437 — 13/01/553) Saint catholique [1855] Or tien et veoy que te vault si+
valut [BnFfr23145, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
valu [BnFfr4967]
vaulut si [Aix419]
aspre estre
Quant tu frappas l'
esguyere du bon prestre !
Si armes as, mieulx recepvras le choc ! »
En ce disant, luy planta son
estoc
Dedans le sein, dont il passa au nombre
[1860]Des
souldayers du triste et
mortel umbre10.
Ce coup donna matiere à ung chascun
De lourde craincte. Et depuys n'eut aucun
Qui osast plus+
plus osast [BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514] ;
plus ozast [Aix419]
telle parolle emprandre.
Voulsist le roy en lascher ou en prendre,
[1865]Homme n'y eut d'eulx tous, à l'advenir,
Qui à son vueil tendist contrevenir.
Envers les bons
il fut doulx et paisible,
Et fier aussi aux maulvais le possible11.
Note n°1
Recueils méthodiques des plus célèbres jurisconsultes
romains.
Note n°2
L'éloge de Clovis
dans la Chronique française est inspiré des deux
sources principales de Cretin. GCF, liv. I, chap. 15
(vol. 1, p. 55) : « [Clovis] moult estoit biaus et preuz et
gracieus ; ausi com il croissoit et amendoit en cors, ausi
profitoit-il en noblece de cuer et en bones meurs. Le roiaume
reçut par heritage et fu coronez après la mort son pere. Nobles
fu en batailles, glorieus en victoires plus que nus de ceus qui
devant lui ourent regné. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Le roy Clovys ainsi comme il estoit bel et elegant en
stature, aussi en magnanimité et excellantes meurs, facillement
acqueroit grace et honneur. »
Note n°3
Cretin amplifie le témoignage de ses deux sources.
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « Il
chaça hors de la cité de Soissons Siagre, le fil Gilon le
Romain, dou quel nous avons desus parlé ; la cité prist et
souzmist à sa juridition. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Premierement et avant toute oeuvre, il expulsa Siagrius
que son pere Gillon avoit laissé prince de Soyssons et avec ce
print la cité. »
Note n°4
Cretin développe ses sources. GCF,
liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « En ce tens coroient les oz
de France par tout le païs ; il toloient et roboient quanque il
povoient baillier et trover es mostiers et es eglises, comme cil
qui encor estoient paien et mescreant. » La mise en commun
du butin à Soissons et la répartition entre les différents guerriers
de Clovis est prise un peu plus loin dans les GCF
(voir les notes aux v. 1780 et 1790). Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Et de là en avant par incursions jusques à Rains, faisant
rapine des temples chrestiens, ... »
Note n°5
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 55-56) : « En ce tens estoit mesires sainz Remi
arcevesques de Rains ; dont il avint que entre les autres choses
que il li tolirent, il pristrent un orcel d'argent qui moult
estoit granz et pesanz. Li preudons manda au roi par un sien
message et li pria moult que, se autre grace ne li voloit faire,
que il li feist rendre son orcel. Li rois respondi au mes que il
alast après lui jusques à Soissons, car là seroient mises
ensembles et departies par sort toutes les choses que il avoient
préées : « Et se je ai, dist-il, à ma part cel orcel que tu
me demandes, je le te rendrai maintenant. » »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « emporta une esguiere à
l'arcevesque de Rains, pour laquelle recouvrer ledit arcevesque
envoya prier le roy, ... »
Note n°6
Cretin poursuit
sa réécriture des GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p.
56-57) : « Quant li rois et sa gent furent venu à Soissons, il
fist crier parmi l'ost que toute la proie fust mise ensemble
pour departir et rendre à chascun tel portion com il en devoit
avoir par droite sort ; mais pour ce que il se doutoit que uns
autres eust cel orcel, et que il ne li aferist pas à sa partie,
il apela ses princes et les plus nobles chevaliers, et leur dist
ensi : « Seigneur, mi chevalier et mi compagnon ,quant
princes ou rois veut acomplir sa volenté d'aucunes choses
envers sa gent, il est mieuz droiz et raisons selonc sa
dignité que il face par commandement que pa prroiere ; mais
toutevoies aim je mieuz à requerre aucunes choses de vous
par debonaireté et par grace que par austerité et par
auctorité de seigneurie. Car il apartient à tyrant à
accomplir sa volenté par cruels commandemenz, à bons princes
par debonaireté et par douceur de paroles. La dignité de mon
non doit ensivre les examples de mon debonaire pere ; si ai
plus chier que l'en me port honeur et reverence par la
raison de debonaireté que de paor. Dont je vous pri touz
plus par amor que par seigneurie, que vous me donez cel
orcel par desus ma portion, et je vous promet que je vous
guerredonerai bien ceste bonté en lieus et en tens, se je
puis vers vous empetrer ceste chose en amor et en bone
grace. » Li baron li respondit : « Sire, nobles
rois, nous recognoissons bien que nous t'avons fet sairement
et homage, et que nous somes tuit prest de morir se besoinz
est pour la prosperité de ton regne et por la santé de ton
cors deffendre. Donques, se la vie dou cors est plus chiere
chose que nule richece, est il nule chose que tu nous
requieres que nous te doions veher ne contredire. Nous ne
clamons nul droit en toutes ces despoilles ; à nous n'en
apartient de riens ; ta volenté en puez fere pleinement, ou
dou geter en flueves ou d'ardoir en feu. » Ensi com li
rois out oïe ceste response et il se merveilloit de la bone
volenté que li barons et tout li oz avoit envers lui. »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Lequel, rentré en la ville de
Soyssons, commanda que tout le pillage et la proye que prinse a
esté soit apportee en ung lieu pour la departir aux gens
d'armes, laquelle chose requist aux seigneurs que oultre la
portion qui luy appartenoit par droit de bataille, luy fust
l'esguiere laissee. Et comme les principaulx luy eussent
ottroyé, ... »
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 15 (vol. 1, p. 57) : « Uns des François, meuz de grant
legiereté de corage, sali avant et feri de s'espée en l'orcel,
puis dist au roi : « Tu n'enporteras riens de toutes ces
despoilles, fors ce que tu en auras par droit sort et par
droite porcion. » Moult se merveillierent tuit de sa
folie et de sa legiere hardiece, mais li rois, qui pas ne fist
grant semblant que il portast grief ceste chose, prist l'orcel
et le rendi au message saint Remi, si com il li avoit
promis. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « auchun de
ceulx qui là estoient, indigné et marry que le roy emportoit
plus du butin que les aultres, tira son espee, disant :
« Toy, roy, ja ne recevras de ce butin plus que les
aultres et ne auras sinon ce qui est tien. »
Neautmoins, le roy portant ceste injure, jusques à ung temps
restitua l'esguiere à l'ambassadeur de
l'arcevesque. »
Note n°8
Il montre qu'il ne se contente pas de ce qui lui
revient de droit.
Note n°9
Cretin amplifie considérablement les
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 57-58) :
« Un an après que ces choses furent avenues, li rois manda
ses princes et ses barons ; commandé fu generaument que chascuns
venist armez et garniz come pour son cors defendre et assaillir
ses anemis. Quant li oz fu assemblez et chascuns fu armez au
plus belement que il pout, li rois eissi pour son ost esgarder
et pour savoir comment et de quels armes chascuns estoit
apparelliez. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Ung peu
aprés, comme le roy Clovys revisitoit son armee,
... »
Note n°10
Cretin continue de
réécrire les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 58) :
« Quant il out tout l'ost avironé, il vint à celui qui en
l'année devant avoit feru de s'espée en l'orcel ; bien le
regarda et avisa, puis li dist : « Je ai tost l'ost veu, si
ai apris comment chascuns est d'armes atornez ; mais je n'en
ai nul veu plus mauvès de toi, ne armes mains souffisanz des
toues, car ta lance, tes escuz, tes hiaumes ne t'espée ne
valent noient. » Après ces paroles jeta la main à
l'espée de celui et la flati contre terre. Tandis com cil
s'abaissa pour prendre s'espée qui à terre gisoit, li rois sacha
la soue et le feri si grant cop parmi la teste que il le rua
mort. Puis li dist tant : « Ensi feris tu de t'espée en
l'orcel à Soissons. » » Gaguin-Desrey, fol. VIIr
: « voyant celluy lequel avoit esté temerateur de l'esguiere
(l'occasion prinse de ce qu'il n'estoit assez armé), mist la
main au gendarme, le prosterna contre terre, et de son glesve
l'occist en luy disant : « Tu avoyes frappé l'esguiere en
ceste maniere. » »
Note n°11
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 58) : « Après ce que cil fu morz en tel maniere,
li rois departi sa gent, si retorna chascuns en sa contrée. Cist
faiz espoanta si touz les François, que nus ne fu puis si hardiz
qui osast contredire sa volenté. Moult estoit li rois aperz et
de noble contenance ; meuretez, fierté et léece estoient
ensemble meslées en son vout et en son regart ; foertez pour les
pervers espoanter, léece pour les bons resléecier et
asouagier. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr ne comporte pas de
passage équivalent.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.unziesme.
Vat966 telz biens
Non num.
#BnFfr2817 t leçon rejetée
BnFfr23145 Siragrius
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 et
Aix419 om.
BnFfr4967 a
BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966 le
BnFfr4967 om.
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 Assez
BnFfr17274
transmist
BnFfr4967 om.
Vat966 om.
BnFfr17274 qu'il
BnFfr17274 poye
BnFfr17274, BnFfr23145 argent
BnFfr17274 tout sa gent
BnFfr23145 om.
Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 panades
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966 rompent
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 a
BnFfr17274 Aue
Vat966 de mise
BnFfr17274 matin
BnFfr17274 Que
Cha514 tout
Aix419 Ce
BnFfr17274
comment
BnFfr17274 om.
Aix419 À
BnFfr17274 monstre
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 plus osast ;
Aix419 plus ozast
Note n°1
Recueils méthodiques des plus célèbres jurisconsultes
romains.
Note n°2
L'éloge de Clovis
dans la Chronique française est inspiré des deux
sources principales de Cretin. GCF, liv. I, chap. 15
(vol. 1, p. 55) : « [Clovis] moult estoit biaus et preuz et
gracieus ; ausi com il croissoit et amendoit en cors, ausi
profitoit-il en noblece de cuer et en bones meurs. Le roiaume
reçut par heritage et fu coronez après la mort son pere. Nobles
fu en batailles, glorieus en victoires plus que nus de ceus qui
devant lui ourent regné. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Le roy Clovys ainsi comme il estoit bel et elegant en
stature, aussi en magnanimité et excellantes meurs, facillement
acqueroit grace et honneur. »
Note n°3
Cretin amplifie le témoignage de ses deux sources.
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « Il
chaça hors de la cité de Soissons Siagre, le fil Gilon le
Romain, dou quel nous avons desus parlé ; la cité prist et
souzmist à sa juridition. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Premierement et avant toute oeuvre, il expulsa Siagrius
que son pere Gillon avoit laissé prince de Soyssons et avec ce
print la cité. »
Note n°4
Cretin développe ses sources. GCF,
liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 55) : « En ce tens coroient les oz
de France par tout le païs ; il toloient et roboient quanque il
povoient baillier et trover es mostiers et es eglises, comme cil
qui encor estoient paien et mescreant. » La mise en commun
du butin à Soissons et la répartition entre les différents guerriers
de Clovis est prise un peu plus loin dans les GCF
(voir les notes aux v. 1780 et 1790). Gaguin-Desrey, fol. VIIr :
« Et de là en avant par incursions jusques à Rains, faisant
rapine des temples chrestiens, ... »
Note n°5
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 55-56) : « En ce tens estoit mesires sainz Remi
arcevesques de Rains ; dont il avint que entre les autres choses
que il li tolirent, il pristrent un orcel d'argent qui moult
estoit granz et pesanz. Li preudons manda au roi par un sien
message et li pria moult que, se autre grace ne li voloit faire,
que il li feist rendre son orcel. Li rois respondi au mes que il
alast après lui jusques à Soissons, car là seroient mises
ensembles et departies par sort toutes les choses que il avoient
préées : « Et se je ai, dist-il, à ma part cel orcel que tu
me demandes, je le te rendrai maintenant. » »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « emporta une esguiere à
l'arcevesque de Rains, pour laquelle recouvrer ledit arcevesque
envoya prier le roy, ... »
Note n°6
Cretin poursuit
sa réécriture des GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p.
56-57) : « Quant li rois et sa gent furent venu à Soissons, il
fist crier parmi l'ost que toute la proie fust mise ensemble
pour departir et rendre à chascun tel portion com il en devoit
avoir par droite sort ; mais pour ce que il se doutoit que uns
autres eust cel orcel, et que il ne li aferist pas à sa partie,
il apela ses princes et les plus nobles chevaliers, et leur dist
ensi : « Seigneur, mi chevalier et mi compagnon ,quant
princes ou rois veut acomplir sa volenté d'aucunes choses
envers sa gent, il est mieuz droiz et raisons selonc sa
dignité que il face par commandement que pa prroiere ; mais
toutevoies aim je mieuz à requerre aucunes choses de vous
par debonaireté et par grace que par austerité et par
auctorité de seigneurie. Car il apartient à tyrant à
accomplir sa volenté par cruels commandemenz, à bons princes
par debonaireté et par douceur de paroles. La dignité de mon
non doit ensivre les examples de mon debonaire pere ; si ai
plus chier que l'en me port honeur et reverence par la
raison de debonaireté que de paor. Dont je vous pri touz
plus par amor que par seigneurie, que vous me donez cel
orcel par desus ma portion, et je vous promet que je vous
guerredonerai bien ceste bonté en lieus et en tens, se je
puis vers vous empetrer ceste chose en amor et en bone
grace. » Li baron li respondit : « Sire, nobles
rois, nous recognoissons bien que nous t'avons fet sairement
et homage, et que nous somes tuit prest de morir se besoinz
est pour la prosperité de ton regne et por la santé de ton
cors deffendre. Donques, se la vie dou cors est plus chiere
chose que nule richece, est il nule chose que tu nous
requieres que nous te doions veher ne contredire. Nous ne
clamons nul droit en toutes ces despoilles ; à nous n'en
apartient de riens ; ta volenté en puez fere pleinement, ou
dou geter en flueves ou d'ardoir en feu. » Ensi com li
rois out oïe ceste response et il se merveilloit de la bone
volenté que li barons et tout li oz avoit envers lui. »
Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Lequel, rentré en la ville de
Soyssons, commanda que tout le pillage et la proye que prinse a
esté soit apportee en ung lieu pour la departir aux gens
d'armes, laquelle chose requist aux seigneurs que oultre la
portion qui luy appartenoit par droit de bataille, luy fust
l'esguiere laissee. Et comme les principaulx luy eussent
ottroyé, ... »
Note n°7
GCF, liv.
I, chap. 15 (vol. 1, p. 57) : « Uns des François, meuz de grant
legiereté de corage, sali avant et feri de s'espée en l'orcel,
puis dist au roi : « Tu n'enporteras riens de toutes ces
despoilles, fors ce que tu en auras par droit sort et par
droite porcion. » Moult se merveillierent tuit de sa
folie et de sa legiere hardiece, mais li rois, qui pas ne fist
grant semblant que il portast grief ceste chose, prist l'orcel
et le rendi au message saint Remi, si com il li avoit
promis. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « auchun de
ceulx qui là estoient, indigné et marry que le roy emportoit
plus du butin que les aultres, tira son espee, disant :
« Toy, roy, ja ne recevras de ce butin plus que les
aultres et ne auras sinon ce qui est tien. »
Neautmoins, le roy portant ceste injure, jusques à ung temps
restitua l'esguiere à l'ambassadeur de
l'arcevesque. »
Note n°8
Il montre qu'il ne se contente pas de ce qui lui
revient de droit.
Note n°9
Cretin amplifie considérablement les
GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 57-58) :
« Un an après que ces choses furent avenues, li rois manda
ses princes et ses barons ; commandé fu generaument que chascuns
venist armez et garniz come pour son cors defendre et assaillir
ses anemis. Quant li oz fu assemblez et chascuns fu armez au
plus belement que il pout, li rois eissi pour son ost esgarder
et pour savoir comment et de quels armes chascuns estoit
apparelliez. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr : « Ung peu
aprés, comme le roy Clovys revisitoit son armee,
... »
Note n°10
Cretin continue de
réécrire les GCF, liv. I, chap. 15 (vol. 1, p. 58) :
« Quant il out tout l'ost avironé, il vint à celui qui en
l'année devant avoit feru de s'espée en l'orcel ; bien le
regarda et avisa, puis li dist : « Je ai tost l'ost veu, si
ai apris comment chascuns est d'armes atornez ; mais je n'en
ai nul veu plus mauvès de toi, ne armes mains souffisanz des
toues, car ta lance, tes escuz, tes hiaumes ne t'espée ne
valent noient. » Après ces paroles jeta la main à
l'espée de celui et la flati contre terre. Tandis com cil
s'abaissa pour prendre s'espée qui à terre gisoit, li rois sacha
la soue et le feri si grant cop parmi la teste que il le rua
mort. Puis li dist tant : « Ensi feris tu de t'espée en
l'orcel à Soissons. » » Gaguin-Desrey, fol. VIIr
: « voyant celluy lequel avoit esté temerateur de l'esguiere
(l'occasion prinse de ce qu'il n'estoit assez armé), mist la
main au gendarme, le prosterna contre terre, et de son glesve
l'occist en luy disant : « Tu avoyes frappé l'esguiere en
ceste maniere. » »
Note n°11
Cretin réécrit les GCF, liv. I, chap.
15 (vol. 1, p. 58) : « Après ce que cil fu morz en tel maniere,
li rois departi sa gent, si retorna chascuns en sa contrée. Cist
faiz espoanta si touz les François, que nus ne fu puis si hardiz
qui osast contredire sa volenté. Moult estoit li rois aperz et
de noble contenance ; meuretez, fierté et léece estoient
ensemble meslées en son vout et en son regart ; foertez pour les
pervers espoanter, léece pour les bons resléecier et
asouagier. » Gaguin-Desrey, fol. VIIr ne comporte pas de
passage équivalent.
Non num.
BnFfr23145, BnFfr4967, Vat966 om.
Cha514 Chapitre.unziesme.
Vat966 telz biens
Non num.
#BnFfr2817 t leçon rejetée
BnFfr23145 Siragrius
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 et
Aix419 om.
BnFfr4967 a
BnFfr4967, BnFfr5299, Cha514, Vat966 le
BnFfr4967 om.
BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 Assez
BnFfr17274
transmist
BnFfr4967 om.
Vat966 om.
BnFfr17274 qu'il
BnFfr17274 poye
BnFfr17274, BnFfr23145 argent
BnFfr17274 tout sa gent
BnFfr23145 om.
Aix419 om.
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, BnFfr5299, Cha514 panades
BnFfr17274, BnFfr23145, Aix419, Vat966 rompent
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr5299 a
BnFfr17274 Aue
Vat966 de mise
BnFfr17274 matin
BnFfr17274 Que
Cha514 tout
Aix419 Ce
BnFfr17274
comment
BnFfr17274 om.
Aix419 À
BnFfr17274 monstre
BnFfr17274, BnFfr23145, BnFfr4967, BnFfr5299, Vat966, Cha514 plus osast ;
Aix419 plus ozast