















Pꝛologue ſur le
recueil ſommaire des
cronicques
francoyſes /
commance en vers meſurez paʀ le /
commandement
du tres creſtien / tres
heureux / et
tres victoꝛieux roy de f
rance
Francoys
pꝛemier
de ce nom.
L
an mil cinq cens et
quinze /
Et le
pꝛemier de ſon Regne჻
LE
philozophe
nous enſeigne
que dieu et
nature ne font
œuure
fruſtratoire et
ne pꝛo
duyſent choſe qui ne ſoit bonne
quant a
ſon eſtre. Le quel
en
ſeignement neſt beſoing
de monſtrer par diſcours
particullier
/. pource que tous bons
entendemens
le peuent congnoiſtre par appꝛehenſion et conſi
deration
des choſes terreſtes. Entre
les quelles eſt
euident que lhomme
obtient excellence ſur toutes
Car en dons naturelz dont
elles ſont douees /
lhomme y
participe / comme de vie auecq les
plantes et
herbes /. de ſentement auecq les beſtes
bꝛuttes /. Et oultre eſt garny
de deux ſingularitez
non
communicquees a autres creatures / Ceſt
aſſauoir . quant au
coꝛps. le quel
(
comme
dit
Ouide
) en ſes methamoꝛphoſes
)
eſt foꝛme dꝛoit et
hault eſleue au ciel /. ce qui neſt es bꝛuttes /. Et
quant a lame / auecques ce quelle
a ſentement /
Le createur
la aoꝛnee|de Raiſon en perfection telle
quelle fait lhomme qui eſt pure creature
appꝛo
cher et auoir ſimilitude a
ſon createur
Ainſi que
eſcript Lactence firmian au ſecond chappitre de
ſon liure de
la foꝛmation
de lhomme. diſant.
Certes
celluy noſtre ouurier et
pere dieu
a donne
a l
homme ſens et Raiſon.
Affin quil appareuſt
que
nous ſommes de
luy engendꝛez et creez /.
Car
il
eſt lintelligence /
Il eſt ſens /
et Raiſon
§Par
quoy fault conclure (
dautant que raiſon habonde
plus en lhomme / et quil ſeſlongne des conſiderati
ōs
et plaiſirs
bꝛutaulx
). plus doibt eſtre extime
en
nature.
§A ceſte cauſe. bonne
partie ont pꝛinſe
et pꝛenent ceulx qui
delaiſſans
ce
qui eſt commun
auecq les beſtes
par
ſuyure ſeullement leur deſir et
appetit ſenſitif / eſleuent leur eſperit et applicquent
leur coꝛps
a vertueux et memoꝛables faictz. Car
combien
que beaulte / foꝛce de coꝛps / richeſſes / et
ſeigneuries / quon appelle
dons de nature et de foꝛtune
ſoyent en recommandations aſſez pour eſtre
deſirees
.
touteſfoiz ſont telles choſes freſles et de petite duree
§Mais vertu / apꝛes
quelle a fait lhomme du
rant ſa vie reluyꝛe en ce monde par loz et honneᷣ
elle
perpetue ſa memoyꝛe /
ſi quil dure a touſiours
ou triumphe deternite.
§Celluy doncques tant
ſeullement peult on dire eſtre reppute viure en
homme qui en ceſte vie moꝛtelle ſe trauaille et
employe ſon temps a geſtes vertueux / œuures
louables /
et faictz dignes de memoyꝛe. Et dauan
taige. dautant que
entre les hommes aucuns ſont
eſleuez en pꝛincipaultez et puiſsſances / et que
leurs
Mais pource que Tulles en ſon liure
§Au ſemblable
la dignite
royalle et ſi ample ſeigneurie par vous
receue en voſtre floꝛiſſant
aaige / ont
appertement
eſclarcye voſtre vertueuſe
inclination et volunte /
en ce que
apꝛes auoir mys et donne
oꝛdꝛe
pour la
ſeurete
du royaulme voſtre noble cueur ne ſeſt
endoꝛmy en
delicieux plaiſirs auſquelz ieuneſſe
eſt naturellement encline /. mais par magnanimite
de
couraige et plus que virille auez chaſſe repos /
fouy toute oyſiuete / delaiſſe plaiſances et
embꝛaſſe
extreme traueil / Ainſi que fiſt Scipion
lAffricain
du quel parle tulles au
commancement du tiers
liure des offices. Et comme
il eſt vray ſemblable /
entre voz penſees
ſeſt offert lhonneur de france
aucunement foule et remys en la chaſſe des /
francoys du duche
de milan / que ennemys ſans
tiltre
vallable occupoient par vſurpation /.
La quelle auenture ne vous pouoit
eſtre impu
tee ou tourner a honte / et neſtiez tenu la
reparer
actendu que par vous nen auoit eſte loccaſion
et ſi neſtoit aduenue de voſtre temps / Ce nean
tmoins voſtre hault vouloir et nobleſſe de cueur
ne ſe ſont
peu contenir quilz nen ayent eu dueil
et regꝛet auecques parfaicte
et entiere deliberatiō
de
recouurer tant lhonneur abatu que le pays
§Ceſte gloꝛieuſe victoire
ſire doibt eſtre
gꝛandement extimee. et meſmemēt
par
les francoys
ioyeuſement
pꝛeconiſee. non tant
ſeullement
pour les ennemys vaincuz
et le pays
gaigne
. mais en contemplation que
ceſt le
§Icy peult on dire (ſire) que auez enſuyuy
Alexandꝛe le gꝛand. le quel apꝛes le deces
de
Philippes
roy de macedoyne
ſon pere commenca a regner en
laaige de vingt ans
.
et en ceſte aaige
qui eſt
enuiron ſemblable au voſtre. celluy Alexandꝛe
congnoiſſant
que les eſclauons
nauoient peu
eſtre vaincuz par ſondit pere / les aſſaillit ſi vertu
euſement quil en vint a chef et les vainquit. En
telle
maniere ſire par le voſtre
pꝛemier chief
dœuure en domptant ceulx qui ſe diſoyent invīci
bles vous eſtes monſtre vray imitateur des vaillās
pꝛeux
qui iadis acquirent nom gloꝛieux et loz
de haulte pꝛoueſſe.
entre les quelz ſainct charlemaigne
uoſtre anteceſſeur roy des francoys par ſemblables
faictz reluyt en la memoire des
hommes
/ et ſon
§Valere
dit que
honneur eſt le meilleur et le
plus
gꝛas
nourriſſement de vertu
. Et tules en
ſes
offices
auſſi tient que peu de gens ſe trouueroient
uoulans traueiller pour
icelle vertu ſilz nauoient
eſpoir den eſtre remunerez
de quelque loyer. Pour ce
eſt
bien choſe conuenable que les noms des haultz
entrepꝛeneurs qui ont mys
et mectent a execution
faictz ſi louables ſoyent remunerez
par honneur
et
louenge de riche loz et durable renommee.
La
quelle choſe ne ſe peult
bonnement faire ſinon
que par eſcriptures et hiſtoires ſe redigent
leurs
actes dignes de recommandation ſi que les vivās
apꝛes
eulx
voyent
par ample deſcription ce que
iceulx cheualereux gloꝛieuſement ont fait
en
lexcercice des armes. Et combien que plus gꝛand
merite
ayent deſſeruy ceulx qui telz faictz
tant
memoꝛables
ont executez / neantmoins neſt ce
choſe
a repꝛouuer (aincoys digne de louenge) faire
telles
deſcriptions qui vallent et ſeruent de repertoires
aux pꝛeſens et a
venir.
§A ces cauſes ont
anciennement
eſte foꝛt pꝛiſez et auctoꝛiſez
hiſtoꝛio
gꝛaphes comme reputez non ſeulement auoir
ueſcu
pour eulx / mais auſſi pour leurs
ſucceſſeurs /
auſquelx ont laiſſe
par eſcript ce que auoit eſte
§De ce
ſire) peult on auoir clere
experience cōme
ſelon
la diuerſite des temps / des pays / et
nations
ſeſt trouue deffault ou habondance de
hiſtoꝛiens
qui
faictz anciens ayent enregiſtez. Entre autres
les Grecz
neurent gꝛand ſoing dauoir gentz qui a
la verite
feiſſent ample deſcription de leurs faictz
Bien eurent ilz aucteurs de
ſubtilz et inuentifz eſpe
ritz qui pour les
congꝛatuler par eſcripture adulatifue
§Les
r
ōmains
.
ſoubz leſquelz
aduindꝛent pluſieurs faictz
moult
dignes
de memoire deſirans leur regne bꝛuyt /
et
loz eſtre diuulguez et auoir longue duree par le
monde
vniuerſel / eurent en ſpeciale recommādatiō
expers
hiſtoꝛiens qui en langue latine au plus
pꝛes de la verite redigerent en
liures et volumes leurs
geſtes et faictz / dont aduint que leur
ſeigneurie
ſur toute nation fut honnoꝛee / et gꝛandement
en
accreut leur empire.
§Non ſans cauſe doncques
ſire pꝛenez vous
a cueur que hiſtoires et
ſemblables
autres
œuures dignes deſtre veues ſe refreſchiſſent
et renouuellent. Car
ceſt
le moyen
de faire fleurir
le renom dun pꝛince / et durer par
longue memoire
Et
combien que par cy deuant les francoys
ayent
eu aſſez peu de regard a rediger par eſcript leurs
geſtes et
recommandables faictz / tellement que a
la
verite on peult dire que trop plus ont faict que
dict ou eſcript / ſi treuue len aucunes
cronicques
tant en pꝛoſe latine que francoyſe
contenantes
pluſieurs
haultes empꝛiſes / excellentes pꝛoueſſes
et victoires pleines de triumphes faictes et obtenues
par
les roys et pꝛinces qui en france
ont regne et
domine. Touteſuoyes
nul eſt qui
iuſques a
pꝛeſent ſe ſoit employe de iceulx faictz et geſtes
§Soubz ces conſidera
tions(ſire) non ayant la ſcience
odieuſe mais
comme vray amateur dicelle vous a
pleu com
mander a moy voſtre tres humble
et
tres obeiſsāt
et
le moindꝛe de voz ſeruiteurs faire vng recueil
ſommaire des
pꝛincipaulx et plus notables faictz
contenuz es anciennes cronicques de france
et
de ce en vers heroicques et meſurez
compoſer
liures
contenans en bꝛief les geſtes de tous les roys
paſſez a
commancer depuys Pharamon pꝛemier
roy des francoys iuſques au treſpas du roy Loys
douzieſme
dernier decede. Et iaſoit que bonnes
raiſons vous ayent meu a
ce deſir meſmement
§Vous plaiſe doncq
ſire lœuure
benignement recepuoir ayant plus
eſgard a la volunte de leſcripuant
que en la
puis
ſance
du ſcauoir et
du
voſtre treſhumble Cretin
auoir memoire et ſouuenance
⁖ Mievlx qve pis ჻
Mieulx que pis +om. [BnFfr4967, BnFfr5299, BnFfr23145]
















Pꝛologue ſur le
recueil ſommaire des
cronicques
francoyſes /
commance en vers meſurez paʀ le /
commandement
du tres creſtien / tres
heureux / et
tres victoꝛieux roy de f
rance
Francoys
pꝛemier
de ce nom.
L
an mil cinq cens et
quinze /
Et le
pꝛemier de ſon Regne჻
LE
philozophe
nous enſeigne
que dieu et
nature ne font
œuure
fruſtratoire et
ne pꝛo
duyſent choſe qui ne ſoit bonne
quant a
ſon eſtre. Le quel
en
ſeignement neſt beſoing
de monſtrer par diſcours
particullier
/. pource que tous bons
entendemens
le peuent congnoiſtre par appꝛehenſion et conſi
deration
des choſes terreſtes. Entre
les quelles eſt
euident que lhomme
obtient excellence ſur toutes
Car en dons naturelz dont
elles ſont douees /
lhomme y
participe / comme de vie auecq les
plantes et
herbes /. de ſentement auecq les beſtes
bꝛuttes /. Et oultre eſt garny
de deux ſingularitez
non
communicquees a autres creatures / Ceſt
aſſauoir . quant au
coꝛps. le quel
(
comme
dit
Ouide
) en ſes methamoꝛphoſes
)
eſt foꝛme dꝛoit et
hault eſleue au ciel /. ce qui neſt es bꝛuttes /. Et
quant a lame / auecques ce quelle
a ſentement /
Le createur
la aoꝛnee|de Raiſon en perfection telle
quelle fait lhomme qui eſt pure creature
appꝛo
cher et auoir ſimilitude a
ſon createur
Ainſi que
eſcript Lactence firmian au ſecond chappitre de
ſon liure de
la foꝛmation
de lhomme. diſant.
Certes
celluy noſtre ouurier et
pere dieu
a donne
a l
homme ſens et Raiſon.
Affin quil appareuſt
que
nous ſommes de
luy engendꝛez et creez /.
Car
il
eſt lintelligence /
Il eſt ſens /
et Raiſon
§Par
quoy fault conclure (
dautant que raiſon habonde
plus en lhomme / et quil ſeſlongne des conſiderati
ōs
et plaiſirs
bꝛutaulx
). plus doibt eſtre extime
en
nature.
§A ceſte cauſe. bonne
partie ont pꝛinſe
et pꝛenent ceulx qui
delaiſſans
ce
qui eſt commun
auecq les beſtes
par
ſuyure ſeullement leur deſir et
appetit ſenſitif / eſleuent leur eſperit et applicquent
leur coꝛps
a vertueux et memoꝛables faictz. Car
combien
que beaulte / foꝛce de coꝛps / richeſſes / et
ſeigneuries / quon appelle
dons de nature et de foꝛtune
ſoyent en recommandations aſſez pour eſtre
deſirees
.
touteſfoiz ſont telles choſes freſles et de petite duree
§Mais vertu / apꝛes
quelle a fait lhomme du
rant ſa vie reluyꝛe en ce monde par loz et honneᷣ
elle
perpetue ſa memoyꝛe /
ſi quil dure a touſiours
ou triumphe deternite.
§Celluy doncques tant
ſeullement peult on dire eſtre reppute viure en
homme qui en ceſte vie moꝛtelle ſe trauaille et
employe ſon temps a geſtes vertueux / œuures
louables /
et faictz dignes de memoyꝛe. Et dauan
taige. dautant que
entre les hommes aucuns ſont
eſleuez en pꝛincipaultez et puiſsſances / et que
leurs
Mais pource que Tulles en ſon liure
§Au ſemblable
la dignite
royalle et ſi ample ſeigneurie par vous
receue en voſtre floꝛiſſant
aaige / ont
appertement
eſclarcye voſtre vertueuſe
inclination et volunte /
en ce que
apꝛes auoir mys et donne
oꝛdꝛe
pour la
ſeurete
du royaulme voſtre noble cueur ne ſeſt
endoꝛmy en
delicieux plaiſirs auſquelz ieuneſſe
eſt naturellement encline /. mais par magnanimite
de
couraige et plus que virille auez chaſſe repos /
fouy toute oyſiuete / delaiſſe plaiſances et
embꝛaſſe
extreme traueil / Ainſi que fiſt Scipion
lAffricain
du quel parle tulles au
commancement du tiers
liure des offices. Et comme
il eſt vray ſemblable /
entre voz penſees
ſeſt offert lhonneur de france
aucunement foule et remys en la chaſſe des /
francoys du duche
de milan / que ennemys ſans
tiltre
vallable occupoient par vſurpation /.
La quelle auenture ne vous pouoit
eſtre impu
tee ou tourner a honte / et neſtiez tenu la
reparer
actendu que par vous nen auoit eſte loccaſion
et ſi neſtoit aduenue de voſtre temps / Ce nean
tmoins voſtre hault vouloir et nobleſſe de cueur
ne ſe ſont
peu contenir quilz nen ayent eu dueil
et regꝛet auecques parfaicte
et entiere deliberatiō
de
recouurer tant lhonneur abatu que le pays
§Ceſte gloꝛieuſe victoire
ſire doibt eſtre
gꝛandement extimee. et meſmemēt
par
les francoys
ioyeuſement
pꝛeconiſee. non tant
ſeullement
pour les ennemys vaincuz
et le pays
gaigne
. mais en contemplation que
ceſt le
§Icy peult on dire (ſire) que auez enſuyuy
Alexandꝛe le gꝛand. le quel apꝛes le deces
de
Philippes
roy de macedoyne
ſon pere commenca a regner en
laaige de vingt ans
.
et en ceſte aaige
qui eſt
enuiron ſemblable au voſtre. celluy Alexandꝛe
congnoiſſant
que les eſclauons
nauoient peu
eſtre vaincuz par ſondit pere / les aſſaillit ſi vertu
euſement quil en vint a chef et les vainquit. En
telle
maniere ſire par le voſtre
pꝛemier chief
dœuure en domptant ceulx qui ſe diſoyent invīci
bles vous eſtes monſtre vray imitateur des vaillās
pꝛeux
qui iadis acquirent nom gloꝛieux et loz
de haulte pꝛoueſſe.
entre les quelz ſainct charlemaigne
uoſtre anteceſſeur roy des francoys par ſemblables
faictz reluyt en la memoire des
hommes
/ et ſon
§Valere
dit que
honneur eſt le meilleur et le
plus
gꝛas
nourriſſement de vertu
. Et tules en
ſes
offices
auſſi tient que peu de gens ſe trouueroient
uoulans traueiller pour
icelle vertu ſilz nauoient
eſpoir den eſtre remunerez
de quelque loyer. Pour ce
eſt
bien choſe conuenable que les noms des haultz
entrepꝛeneurs qui ont mys
et mectent a execution
faictz ſi louables ſoyent remunerez
par honneur
et
louenge de riche loz et durable renommee.
La
quelle choſe ne ſe peult
bonnement faire ſinon
que par eſcriptures et hiſtoires ſe redigent
leurs
actes dignes de recommandation ſi que les vivās
apꝛes
eulx
voyent
par ample deſcription ce que
iceulx cheualereux gloꝛieuſement ont fait
en
lexcercice des armes. Et combien que plus gꝛand
merite
ayent deſſeruy ceulx qui telz faictz
tant
memoꝛables
ont executez / neantmoins neſt ce
choſe
a repꝛouuer (aincoys digne de louenge) faire
telles
deſcriptions qui vallent et ſeruent de repertoires
aux pꝛeſens et a
venir.
§A ces cauſes ont
anciennement
eſte foꝛt pꝛiſez et auctoꝛiſez
hiſtoꝛio
gꝛaphes comme reputez non ſeulement auoir
ueſcu
pour eulx / mais auſſi pour leurs
ſucceſſeurs /
auſquelx ont laiſſe
par eſcript ce que auoit eſte
§De ce
ſire) peult on auoir clere
experience cōme
ſelon
la diuerſite des temps / des pays / et
nations
ſeſt trouue deffault ou habondance de
hiſtoꝛiens
qui
faictz anciens ayent enregiſtez. Entre autres
les Grecz
neurent gꝛand ſoing dauoir gentz qui a
la verite
feiſſent ample deſcription de leurs faictz
Bien eurent ilz aucteurs de
ſubtilz et inuentifz eſpe
ritz qui pour les
congꝛatuler par eſcripture adulatifue
§Les
r
ōmains
.
ſoubz leſquelz
aduindꝛent pluſieurs faictz
moult
dignes
de memoire deſirans leur regne bꝛuyt /
et
loz eſtre diuulguez et auoir longue duree par le
monde
vniuerſel / eurent en ſpeciale recommādatiō
expers
hiſtoꝛiens qui en langue latine au plus
pꝛes de la verite redigerent en
liures et volumes leurs
geſtes et faictz / dont aduint que leur
ſeigneurie
ſur toute nation fut honnoꝛee / et gꝛandement
en
accreut leur empire.
§Non ſans cauſe doncques
ſire pꝛenez vous
a cueur que hiſtoires et
ſemblables
autres
œuures dignes deſtre veues ſe refreſchiſſent
et renouuellent. Car
ceſt
le moyen
de faire fleurir
le renom dun pꝛince / et durer par
longue memoire
Et
combien que par cy deuant les francoys
ayent
eu aſſez peu de regard a rediger par eſcript leurs
geſtes et
recommandables faictz / tellement que a
la
verite on peult dire que trop plus ont faict que
dict ou eſcript / ſi treuue len aucunes
cronicques
tant en pꝛoſe latine que francoyſe
contenantes
pluſieurs
haultes empꝛiſes / excellentes pꝛoueſſes
et victoires pleines de triumphes faictes et obtenues
par
les roys et pꝛinces qui en france
ont regne et
domine. Touteſuoyes
nul eſt qui
iuſques a
pꝛeſent ſe ſoit employe de iceulx faictz et geſtes
§Soubz ces conſidera
tions(ſire) non ayant la ſcience
odieuſe mais
comme vray amateur dicelle vous a
pleu com
mander a moy voſtre tres humble
et
tres obeiſsāt
et
le moindꝛe de voz ſeruiteurs faire vng recueil
ſommaire des
pꝛincipaulx et plus notables faictz
contenuz es anciennes cronicques de france
et
de ce en vers heroicques et meſurez
compoſer
liures
contenans en bꝛief les geſtes de tous les roys
paſſez a
commancer depuys Pharamon pꝛemier
roy des francoys iuſques au treſpas du roy Loys
douzieſme
dernier decede. Et iaſoit que bonnes
raiſons vous ayent meu a
ce deſir meſmement
§Vous plaiſe doncq
ſire lœuure
benignement recepuoir ayant plus
eſgard a la volunte de leſcripuant
que en la
puis
ſance
du ſcauoir et
du
voſtre treſhumble Cretin
auoir memoire et ſouuenance
⁖ Mievlx qve pis ჻
Mieulx que pis +om. [BnFfr4967, BnFfr5299, BnFfr23145]